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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 23:14

razoua-photo.jpg

 

Razoua signataire de ce texte annonce avec ses deuxc complices la date du 18 mars 1871... JPD

 

 

Demande de Mise en accusation du Gouvernement du 4 septembre

Déposée à l'Assemblée nationale le 6 Mars 1871

PARLESCITOYENS CH. DELESCLUZE, F. COURNET & EUG. RAZOUA

REPRESENTANTS DE LA SEINE.

 

Considérant que si les désastres dont la France est la victime depuis sept mois, sont d'abord imputables à Bonaparte, à ses ministres et à ses généraux, la dictature qui s'est installée le 4 septembre à l'Hôtel-de-Ville n'en est pas moins responsable des faits qui, s'étant produits sous son administration, ont amené la criminelle capitulation de Paris, et par suite, l'abandon du territoire et de l'honneur de la France ;

Qu'en effet, le Gouvernement qui s'était donné pour mission d'organiser la Défense nationale, n'a rien fait pour justifier le mandat qu'il s'était attribué ;

Qu'au lieu de tenter le moindre effort pour délivrer nos forteresses de l'Est, il semble n'avoir eu d'autre but que de ménager leur chute afin de mieux préparer celle de Paris ;

Que, du 4 au 19 septembre, il n'a pris aucune mesure efficace pour compléter et assurer l'approvisionnement de Paris ;

Que l'investissement de Paris n'a jamais existé, à proprement parler, que dans les rapports complaisants des états-majors ; qu'à part deux ou trois positions isolées qu'une défense intelligente ne leur aurait jamais laissé occuper, les Prussiens n'avaient, quoiqu'on en ait dit, aucun travail sérieux de fortifications, comme il a été facile de s'en assurer, depuis la réouverture des communications ;

Qu'en moyenne l'armée prussienne n'a jamais compté plus de 150 000combattants autour de Paris ; que notamment, au moment du bombardement, il était de notoriété publique qu'il n'y avait pas 80 000hommes dans les lignes prussiennes ;

Que si large part qu'on fasse à l'incapacité ou à l'aveuglement des dictateurs de septembre, il est impossible de comprendre comment, avec une armée d'opération de plus de 300 000 hommes et une garde nationale sédentaire de 200 000hommes Paris, appuyé par ses forts demeurés intacts, ses redoutes et ses remparts, n'ait pu briser le cercle dans lequel il se croyait emprisonné ;

Qu'au contraire, en admettant l'idée préconçue de livrer Paris et la France aux Prussiens, pour arriver ainsi à la suppression de la République, tout devient lumineux, et la politique du 4 septembre cesse d’être une énigme; elle se rattache aux détestables inspirations du comité de la rue de Poitiers, en 1848 ;

Qu'alors s'expliquent les échecs de Châtillon, de la Malmaison, de Chevilly, du Bourget, la retraite incroyable de Champigny, l'abandon du plateau d'Avron, enfin, la tentative dernière du 19 janvier, entreprise pour dégoûter la Garde nationale et justifier la capitulation, convenue déjà depuis le 17 ;

Que, sans rechercher les motifs auxquels ont pu obéir les dictateurs du 4 Septembre, les faits parlent contre eux avec une irrésistible éloquence ;

Qu'ainsi, en maintenant en place tous les anciens généraux et états-majors de l'empire, en laissant subsister cette magistrature, dont la main sanglante s'est toujours jointe à celle de Bonaparte pour frapper les meilleurs citoyens ; en conservant dans leurs fonctions la plupart des séides du 2 Décembre, en s'entourant des monarchistes les plus compromis, le Gouvernement a donné la mesure de son éloignement pour les institutions républicaines ;

Qu'en repoussant systématiquement le concours de la population pour la défense et l'armement de la capitale ; qu'en refusant à la population parisienne le droit absolu qu'elle avait d'intervenir dans la gestion de ses intérêts et dans la direction des opérations militaires qui devaient avoir pour but de la protéger et non de la livrer ; qu'enfin, en laissant impunément crier « Vive la paix ! » par les régiments de la ligne et de la mobile, le Gouvernement a suffisamment témoigné de ses coupables projets, si dignement réalisés par la capitulation de Paris, capitulation la plus honteuse qui ait jamais été signée;

Qu'en dehors de Paris, l'action du Gouvernement n'a été ni plus loyale, ni plus efficace; que le mensonge, le charlatanisme et la mise de la vérité sous le boisseau ont été partout les instruments de règne de ces autocrates au petit pied, qui n'ont su trouver de vigueur et d'énergie que contre les républicains, et promettaient, d'un côté, aux départements, l'arrivée de l'armée de Paris, comme ils promettaient, à Paris, la délivrance par la province;

Qu'à Paris, le guet-apens du 22 janvier, les assassinats commis sur la place de l'Hôtel-de-Ville par les prétoriens de M. Trochu, confirment surabondamment la culpabilité des dictateurs du 4 Septembre ;

Les soussignés,

Représentants du Peuple, ont l'honneur de proposer à l'Assemblée nationale la résolution suivante :

« Sont décrétés d'accusation du chef de HAUTE TRAHISON les membres du Gouvernement dit de la Défense nationale, acclamés le 4 Septembre. »

 

Une Commission d'instruction de quinze membres sera nommée au scrutin par appel nominal, délivrera les mandats de dépôt contre les accusés, et procédera à l'instruction dont elle devra rendre compte à l'Assemblée dans la quinzaine de ce jour.

Si, au cours de l'instruction, la Commission d'accusation trouve qu'il y ait lieu de comprendre, dans les poursuites, des fonctionnaires quelconques de l'ordre civil ou militaire, elle est autorisée à ordonner leur arrestation, sur laquelle se réserve de statuer l'Assemblée nationale.

 

Bordeaux, 6 Mars 1871.

 

Charles DELESCLUZE, Frédéric COURNET, Eugène RAZOUA,

Représentants du Peuple pour le département de la Seine.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 20:02

 grands-jours.jpg

Je viens de recevoir ce livre de 330 pages que j’avais déjà pu lire à la BM de Montauban. Les Editions La brochure vont pouvoir le rééditer. Dans ce blog il y a déjà la préface que fit Cladel pour ce livre paru après la mort de l’auteur mais rassemblant des textes déjà publiés. La table des matières montrent que les grands jours de la république sont de grandes défaites mais parfois les défaites valent autant que les fausses victoires.

 

TABLE DES MATIERES

Préfaces

Léon Cladel

Tony Revillon

Arthur Arnould.

 

LES GRANDS JOURS DE LA RÉPUBLIQUE.

 

PREMIER ÉPISODE. La Croix-Rousse (novembre 1831).

DEUXIÈME ÉPISODE. Le Cloître Saint-Merry (juin 1832).

TROISIÈME ÉPISODE. L'Église des Cordeliers (avril 1834).

QUATRIÈME ÉPISODE. La Maison n° 12 de la rue Transnonain (avril 1834)

CINQUIÈME ÉPISODE. La Confession du sergent (février-juin 1848)

SIXIÈME ÉPISODE. Le Malheur du paysan (1851).

SEPTIÈME ÉPISODE. Testament d'un transporté (1852).

 

Paris. — Imprimerie A. CISQUALBRE, 54, rue des Écoles.

 

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 22:34

Clovis Hugues est aussi extraordinaire que Cladel. Voici une petite partie du « discours » qui sert de préface à Kerkadec garde-barrière et qui concerne… les cheveux longs que les deux hommes ont affectionné toute leur vie. Et dire qu’en 68 certains pensèrent inventer le fil à couper le beurre… JPD

 

 

J'avais bien lu Cladel, je m'étais pris à l'aimer comme un frère aîné dont on vous révèle subitement l'existence, et je l'avais vu tel qu'il est : un Christ régence, avant le crucifiement, ou bien, pour quelqu'un qui observerait en artiste capillaire, une sorte de Bonaparte au siège de Toulon, avant l'embonpoint. J'avais tout deviné : l'allure de l'artiste reste un peu paysan, la tournure du paysan corrigé par le bohème, la physionomie du bohème transfiguré en père de famille, et même la mélancolie profonde des yeux fauves, et surtout les longs cheveux roulant en boucles sur la feuille de papier, encadrant le front, taquinant la plume qui court.

            Oh ! les cheveux ! les longs cheveux ébouriffés, hérissés, tourmentés, en coup de vent, faisant concurrence à l'astre et à la broussaille ! On me trouvera peut-être sévère ; mais je suis de ceux qui pensent — une expression d'homme d'État préparant un effet à la tribune ! — que le sacrifice des chevelures est la plus dangereuse des concessions à la bourgeoisie moderne. En politique, couper ses cheveux, c'est couper sa queue : le programme de Belleville a été tué par le cosmétique. Floquet a remisé son chapeau légendaire au musée des souvenirs de jeunesse ; mais il a gardé ses cheveux : je salue Floquet. Malric, député socialiste de Narbonne, sacrifia son chapeau et ses cheveux : il n'a pas été réélu. Alfred Naquet a laissé entamer sa toison ; il est sénateur. Dante, modifiant son grand vers de la désespérance, pourrait écrire sur la porte du Palais-Bourbon :

 

Chi si taglia i capelli !

 

            En littérature, il y a une affinité entre la disparition subite des chevelures connues et l'abandon des braves camarades du temps de misère. La transformation opérée, on a quelquefois encore beaucoup d'esprit, — tout le monde comprendra que je fais une concession à mes contemporains, — mais on a cessé d'être un bon garçon. Méfions-nous des tribuns et des poètes qui nouent des relations avec les garçons coiffeurs !

            On annonça un matin, dans une feuille du midi, que je venais de me faire couper les cheveux. — Encore un tour des jésuites ! m'écriai-je en baissant la tête ; et je fus aussi désolé qu'Annibal sur les ruines de Carthage. O reporters, mes amis, dites de moi tout ce que vous voudrez ! Dites que j'ai mangé la grenouille de mon comité ! Dites que je fais partie d'une agence de renseignements pour les séparations de corps ! Mais ne dites plus que je me suis fait couper les cheveux ? Et si je commets jamais cette faute, rappelez-vous que je vous ai souvent fourni de la copie : ne divulguez pas ma trahison !

            J'aurais été cruellement désappointé, si j'avais rencontré quelque part un Cladel peigné à la manière des vers classiques. Ce désappointement me fut épargné. Le jour ou les hasards de la vie parisienne nous mirent en présence, nos cœurs se mêlèrent, nos cheveux aussi. A présent, lorsqu’il nous arrive d'entrer ensemble, bras dessus, bras dessous, dans quelque grand café du boulevard, les bourgeois nous prennent pour deux joueurs de clarinette qui viennent compter leur recette du pont des Arts. Et je ris sous cape, tandis que mon Cladel, à moitié enseveli sous l'avalanche des boucles entortillées, me lit, avec des roucoulements d'auteur, en scandant la période, en appuyant sur l'épithète trouvée, sur le verbe mis en relief, en modulant sa prose toute trempée de musique et de rythme, quelque chronique attendue par le metteur en pages, quelque chapitre inédit d'un roman qui fera sensation dans le monde des purs amateurs.

Clovis Hugues

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 23:16

« Arabe et Gascon » disait-on de lui : son nom est la forme arabe du mot razzia. Aussi dans la Revue du monde musulman Décembre 1922 il a droit à une biographie reprise pour l’essentiel des préfaces à son livre sur les Grands Jours de la République. JPD

 

 

Eugène Razoua.

 

Né à Beaumont-de-Lomagne le 16 juillet 183o, Eugène Razoua était parent du comte de Raousset-Boulbon, et, descendant sans doute de quelque famille de Sarrasins d'Espagne établi en Gascogne, il portait, ainsi que ses probables ancêtres, un nom africain. Elève du petit séminaire de Moissac, dirigé alors par un prêtre qui, lecteur assidu de Lamennais, rêvait la réconciliation du catholicisme et de la démocratie, Razoua, vers sa quinzième année, s'échappa de cet établissement pour s'embarquer sur un navire de commerce qui partait pour le Pérou ; il raconte lui-même, dans ses Aventures de terre de mer, les péripéties de son voyage dans l'Amérique du Sud.

Rentré en France à vingt ans, Eugène Razoua s'engage au 5ème chasseurs à cheval, à Vendôme, d'où il fut bientôt détaché à l'École de Saumur. Son attitude au 2 décembre le fait envoyer en disgrâce au 3éme spahis et il parcourt l'Algérie, de Guelma à Souk-Ahras et à Bône, fréquentant le plus possible les indigènes, dont il parle couramment la langue et qui lui inspirent une vive sympathie. « Ils sont mes frères, disait-il, et je leur prouverai bien, parbleu que je les aime »

Nul, autant que lui ne déplore les injustices dont ils sont victimes forcé de se battre contre eux, il fait preuve de la plus grande bravoure, mais déplore de les avoir pour ennemis. Sous-officier à 24 ans, il est proposé pour la médaille militaire après une action d'éclat mais ne l'obtient que neuf ans plus tard, en 1863 ; le colonel Guérin de Waldenbach, qui, passé du 5ème chasseurs au 3ème spahis, était resté son chef, lui promet l’épaulette dans un avenir prochain mais Razoua est las de la vie militaire.

Il vient à Paris en 1864, et sur la recommandation de Tony RevilIon, Aurélien Scholl le prend au Nain Jaune, dont il est directeur, comme comptable d'abord, comme rédacteur ensuite. Il publie, dans cet organe et dans la Vie Parisienne, ses Souvenirs d'un spahis, réunis ensuite en volume.

 Les Grands jours de la République, réunis également en volume, eurent plusieurs éditions, parurent d'abord dans la Revue Politique et le Réveil, que venait de fonder Ch. Delescluze dont Razoua fut, dès la première heure, le collaborateur et l'ami dévoué.

Razoua inculpé de complot en 1870, après six mois de détention préventive, est acquitté par la Haute Cour de Blois. La guerre éclate; il est élu chef du 60ème bataillon de la garde nationale, qui, au 3 octobre, marche sur l'Hôtel de Ville. Cassé de son grade pour ce fait, Razoua est réélu. L'élection ayant été annulée, le bataillon refuse de remplacer son ancien chef qui, devenu simple garde, alla aux tranchées avec les bataillons de marche.

 

Élu à l'Assemblée Nationale le 8 février, Razoua vote pour la continuation de la guerre. Au 18 mars, il donne sa démission de député, et prend le parti de la Commune qui le nomme lieutenant-colonel commandant de l'École Militaire et président de la Cour martiale. La Commune vaincue, Razoua trouva un asile à Paris chez un homme de cœur qui, sans partager ses idées, estimait son caractère et son courage. Un autre de nos amis, un ancien officier de l'Empire, voulut l'accompagner lui-même jusqu'à la frontière (i).

 

Le 2  juin 1871, Razoua arrivait à Genève. Le Gouvernement français réclama bientôt son extradition sous l'inculpation d'assassinat, de pillage, de séquestration de personnes et d'incendie; mais, la preuve de ces allégations n'ayant pas été faite, la demande d'extradition fut rejetée. Remis en liberté après une nouvelle captivité de six semaines, Razoua, qui avait été, en France, condamné à mort par contumace, reprit sa carrière de journaliste, collaborant à l'Emancipation de Toulouse, aux Droits de l'Homme, au Radical au Mot d'Ordre, à la Marseillaise, et publiant, en outre, des nouvelles et des romans. Son arrestation l'avait rendu populaire en Suisse, et il resta à Genève, où il mourut subitement le 29 juin 1878.

 

«  Qui de nous, dit son biographe, Arthur Arnould, ne se rappelle, ne se rappellera toujours sa physionomie si caractéristique, au type arabe. Il avait évidemment du sang sarrazin dans les veines. Tout le disait, notamment sa faculté contemplative et l'horreur du mouvement physique inutile. Il fut bon et dévoué, mieux que cela, simple dans la bonté, simple dans le dévouement, simple dans la vie, simple dans l'héroïsme, simple dans cette lente agonie, épreuve des caractères, qu'on appelle l'exil. »

 

(i) Le sauveur de Razoua était M. Sylvère d'Ezpeleta; voir MAXIME VUILLAUME, Mes cahiers rouges au temps de la Commune, p. 395-397.

 

Cette bio de Razoua est dans le dossier sur LA COMMUNE DE PARIS (1871) ET L'ORIENT, le numéro de la revue étant consacré au Bolchévisme et l’islam.

 

Voici le début du dossier :

Au commencement de1921 mourait à Paris le délégué à la Justice de la Commune, dont il était resté le seul survivant, Eugène Protot. Son rôle politique est connu, mais on sait beaucoup moins que Protot était un orientaliste, diplômé de l’Ecole des langues orientales pour l'arabe et le persan, langues dont la connaissance l'aida à vivre pendant ses dernières années, et auxquelles il aurait voulu pouvoir consacrer plus de temps. On ignore de même, ou on a oublié, que parmi les hommes de 1871 se trouvait un linguiste émérite, le général La Cécilia, mort en Égypte, pays ses études de prédilection l'avaient amené des combattants d'Afrique, de Crimée et du Caucase, comme le général Cluseret, le romancier Hector France, Razoua, un parent et émule du comte de Raousset-Boulbon, et le général Dombrowski le commandant en chef de la garde siamoise, qu'il avait organisée à l'européenne: Ganier d'Abin ; des chefs de l'insurrection crétoise Flourens et Cipriani ; un journaliste qui, après avoir combattu dans l'armée turque, Cluseret demandait lui-même à servir en 1878, alla mourir au Soudan, il était devenu ministre du Mahdi : Olivier Pain, et l'auteur de remarquables travaux sur la musique arabe : Francisco Salvador-Daniel. Le colonel Rossel, délégué à la Guerre, avait étudié le sanscrit et l'hébreu il avait pour officier d'ordonnance un prince Bagration qui descendait des rois de Géorgie.

 

Quelques noms de Communards amis des arabes :

Anys-el-Bittar

Général Napoléon la Cécilia

Eugène Protot

Colonel Louis-Nathaniel Rossel

Colonel Augustin Avril de la haute Garonne (Revel)

Prince Bagration (Russe)

Colonel Amilcare Cipriani

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 14:38

 

Des personnes plus savantes que moi pourraient m’indiquer une publication sur la Commune de Toulouse (18 à 25 mars 1871). Pour le moment, je ne connais que le livre d’Armand Duportal diffusé en 1871 quand il est emprisonné suite à la dite Commune, et qu’il écrivit pour assurer ainsi sa défense. Il évoque une coïncidence qui nous renvoie vers Eugène Razoua qui de Bordeaux passe à Toulouse voir sa mère (sans doute pour la dernière fois), avant de revenir à Paris où il participer à La Commune. Duportal veut démontrer qu’il n’a pas suscité La Commune de Toulouse. JPD

 

L’épisode Razoua

 

Pendant que tout ceci se passait à Toulouse, quelques jours avant peut-être (je n'ai aucun repère pour fixer ma mémoire à ce sujet), Razoua vint à Toulouse, Razoua du Réveil, Razoua le député de Paris., Razoua de la Commune, Razoua des conseils de guerre, Razoua le commandant de l'Ecole militaire, Razoua le contumace mystérieux de la justice expéditive des généraux de l'Empire devenus les instruments de l'esprit de conciliation et de tolérance de M. Thiers. On comprend quelle aubaine c'était pour tout Ponson du Terrail du réquisitoire, et quel parti on en pouvait tirer avec un peu de bonne volonté, de l'imagination, quelques rapports de police ou la déposition d'un imbécile[i].

 

D'autant mieux que Razoua avait assisté à une réunion politique, que je l'y avais accompagné, après avoir dîné avec lui, non pas à la préfecture, comme cela fut arrivé sans le deuil paternel dans lequel j'étais plongé mais chez un ami commun, et que nous avions l'un et l'autre prononcé quelques paroles dans cette réunion. Voilà le fait dans toute sa simplicité[ii]. J'ignore les déductions criminelles que l'instruction en aura tirées. Voici sa raison d'être et les explications auxquelles il me faut descendre pour dissiper les ingénieux et faciles ombrages de la Justice.

 

Razoua est né à Beaumont-de-Lomagne — un sol volcanique qui produit des journalistes, des ferblantiers, des astronomes et des chiffonniers. — Sa famille habite cette petite ville. Etant venu à Bordeaux pour contribuer comme député de Paris aux succès oratoires de M. Depeyre et au pacte d'où est sortie là République provisoire et expérimentale de M. Thiers, Razoua, en ennemi de la famille, vint voir sa mère, et, par un caprice d'itinéraire, ou une combinaison infernale de Karl Marx, poussa jusqu'à Toulouse son criminel pèlerinage. Le Réveil et l'Emancipation[iii] ayant toujours vécu en bonne intelligence, il lui sembla que l'on ne devait pas se bouder et se tourner le dos parce que la Révolution du 4 septembre était allée chercher dans le premier de ces journaux trois députés de Paris, et avait fait du rédacteur du second un préfet. Il vint me rendre à la préfecture la visite que je lui avais faite quelques jours auparavant au Café de Bordeaux.

 

Razoua fut moins cérémonieux vis-à-vis de la Société l'Alliance républicaine, dont il est un des membres-fondateurs et qui a des adhérents nombreux à Toulouse. Une réunion eut lieu à son intention, et Razoua, qui tient mieux la plume et l'épée que le crachoir, ne s'y rendit pas, tant étaient machiavéliques les instructions que ce conspirateur émérite avait reçues de la Sainte-Wehme du communalisme parisien. On avait pourtant mal pris la chose parmi les frères et amis. Le clubiste toulousain n'aime pas qu'on fasse fi des cérémonies de son culte démocratique. J'en parlai à Razoua ; et, comme j'aime mes amis, comme je ne pouvais pas oublier que, pendant le siège de Paris, il avait vertement tancé et contraint à se taire un certain Rebut de la Drôlerie qui m'insultait dans le Figaro, je lui offris de l'accompagner à la réunion du lendemain et de l'aider ainsi à rentrer en grâce auprès de nos amis mécontents de l'Alliance républicaine.

 

Ma proposition ayant été acceptée, nous nous rendîmes à la réunion, où Razoua parla de l'organisation de l'Alliance, puis, en chroniqueur militaire, raconta les principaux épisodes de la défense de Paris par l'héroïque garde nationale dont il avait été l'un des commandants. Est-ce assez criminel ! assez communaliste ! assez organisateur de guerre civile !

 

Il est vrai qu'interpellé, à mon tour, par quelques citoyens non compris dans la garde nationale et dont l'idée fixe, bien naturelle d'ailleurs, était d'avoir un fusil et des cartouches au besoin, je répondis que cela regardait la Mairie, et que, d'après mon entente avec le maire de Toulouse, tout citoyen dont le capitaine du quartier certifierait la moralité et le civisme devait être immatriculé sur les contrôles et armé.

Et, comme on insistait pour la distribution des cartouches, je répondis que fusils et cartouches ne manquaient pas, qu'il y en avait au Capitole et à la préfecture, et que la distribution ne pouvait en être faite qu'en présence d'une urgente et inévitable nécessité.

 

Razoua partit le lendemain pour Versailles, ignorant les événements qui l'obligeraient à se prévaloir de son titre de député pour y arriver, et ne soupçonnant certainement pas que, peu de jours après, les sentiments d'intime solidarité qui l'unissaient à Courbet et à Delescluze l'amèneraient à échanger ce mandat contre celui de la Commune. Mais n'est-ce pas bien naïf d'essayer de faire accroire tant d'imprévoyance, de désintéressement et d'innocent fatalisme à des gens qui passent leur vie à requérir, instruire, juger et prononcer des condamnations contre leurs semblables !...

 Armand Duportal



[i] On comprend que le passage de Razoua le révolutionnaire est utilisé contre Duportal pour le faire passer pour plus rouge qu’il n’est. Duportal est alors emprisonné en tant que préfet ayant porté atteinte à l’ordre public. Cet ancien proscrit, comme le député du Tarn et Garonne Pierre Flamens, semble destiné à souffrir des révolutions.

[ii] Il ne donne pas la teneur des propos prononcés.

[iii] Le Réveil est le journal de Delescluze où travaille Razoua et l’Emancipation est le journal toulousain de Duportal qu’il avait déjà créé sous la seconde République et qu’il a relancé en 1870.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 21:03

 

Cet article de 1931 d’Edmond Campagnac me permet de découvrir le nom d’un autre communard du Tarn-et-Garonne, Jules Kinceler. Je connaissais Razoua mais pas ce natif de Lauzerte. Et j’imagine toute cette histoire révolutionnaire encore cachée jusqu’à aujourd’hui… JPD

 

Le Quercynol crucifié

 

Dans ce roman posthume[i] qui paraît aujourd’hui, le romancier Léon Cladel évoque le drame sanglant de la Commune. Il y peint Paris, le Paris des années douloureuses, le grouillement de sa population qui fermente d’espoir, puis d’indignation et de révolte sous la douleur de la défaite, Paris ivre de courage et de foi libertaire, mené à la catastrophe par des chefs sans envergure et des généraux sans talent.

Dans ces tableaux qui se succèdent comme une suite d’images d’Epinal, tableaux dessinés de main de maître, Cladel fait revivre magnifiquement deux héros qu’il pare de toutes les vertus populaires : Urbaine Hélioz, la fille du peuple, la Parisienne fanatique de justice et d’équité, et le capitaine Jacques Râtas, « un pacant » du Quercy, un simple et un preux.

Ce Jacques Râtas, ancien zouave promu capitaine sur les champs de bataille de Woerth et de Fraeschviller, vibre d’un patriotisme exaspéré, comme ce peuple de Paris qui se révolte contre les humiliations d’un traité de paix que son orgueil ne peut accepter. Mais ce patriote sous l’influence de son amante, la citoyenne Hélioz tourne ses yeux vers une humanité meilleure. Tout à la fois patriote et humain, comme un jacobin de 1793, il veut que la guerre civile imposée à Paris soit un effort vers la création d'une cité où l'esprit de justice et de fraternité régnera. Au cours des journées de lutte contre les Versaillais, Jacques Râtas et la citoyenne Hélioz exaltent le courage des insurgés et, au jour de la défaite, quand il n'y a plus d'espoir de vaincre, ils luttent encore pied à pied, résistant jusqu'au bout dans cette atroce guerre de rues où le vainqueur ne fait pas de quartier, et dans ce Paris, « Christ des cités » Jacques Râtas meurt lui aussi sur la croix, comme autrefois Jésus, le doux insurgé.

Dans des pages magnifiques qui font penser aux meilleurs morceaux de son œuvre, Cladel dépeint l'horrible supplice infligé au communard vaincu par les Versaillais, qui le clouent sur une croix improvisée. Il meurt sur la croix, en prononçant le mot magique d'espoir : Fraternité ; il meurt après qu'un moblot, tel autrefois le centurion perçant avec sa lance le sein du Christ, a percé de sa baïonnette sa vaillante poitrine et qu’un plaisantin est venu inscrire au-dessus de sa tête expirante les lettres évocatrices : I.N.R.I., « l’inscription, si belle en sa dérision, qui a traversé les âges sur le front du Nazaréen. »

 

A quel héros de la Commune pensait Cladel en burinant de son style âpre et tourmenté le portrait de Jacques Râtas ? Lucien Descaves, qui a préfacé le livre, semble croire que Cladel a voulu dépeindre le sergent Bourgeois, mort lui aussi à Sartory comme le capitaine Rossel, le 25 novembre 1871. Sans doute ni Rossel, ni Bourgeois, ni Ferré, mort avec eux, n’étaient originaires du Quercy, et pourtant Cladel a fait naître en Quercy son héros.

Pourquoi ? Sans doute parce que Cladel, paysan du Quercy lui-même, voulait rattacher à son pays natal un héros qu’il avait créé grand et magnanime, et aussi, parce que Cladel, en écrivant son livre, se souvenait des valeureux compagnons d’armes, ses compatriotes, qui avaient mené avec lui le bon combat contre l’empire.

En évoquant le souvenir de ces compagnons d’armes de Cladel, je pense notamment à Jules Kinceler et à Eugène Razoua[ii]. Chevalier des lettres pour qui la plume était une épée, Jules Kinceler était né à Lauzerte en 1845. Venu tout jeune à Paris, camarade de son « pays » Léon Gambetta, il se lie rapidement avec Jules Vallès, Ranc, Victor Noir, Carjat. Collaborateur du fameux journal de Delescluze, Le Réveil, il est arrêté pour machinations contre la sûreté de l’Etat et enfermé à Mazas. En 1870, il a l’honneur d’être compris parmi les inculpés du fameux complot dit « de Blois », inventé pour permettre l’arrestation en masses des démocrates militants ; mais il parvient, avec l’aide de Cladel, à gagne la Belgique ; pas pour longtemps. Il revient crânement prendre sa place de combat dans le Paris révolutionnaire. D’une plume ardente il bataille au Réveil et il s’attache à Delescluze, qu’il ne quitte pas un instant pendant le siège, pendant la Commune, pendant la semaine sanglante. Et puis, quand la Commune est vaincue, c'est à nouveau l'exil, la vie errante en Suisse, en Portugal, en République d’Argentine et, enfin, le retour à Paris où la misère et la mort l'attendent.

Philosophe souriant et résigné devant l'adversité, Eugène Razoua était né à Beaumont-de-Lomagne, vers 1830, d'une famille d'ancienne bourgeoisie. Soldat tout d'abord comme Râlas, il avait connu la vie africaine ; il s'était en effet, engagé dans les spahis. Puis, libéré de ses obligations militaires, il vient à Paris où il adhère au parti blanquiste. En 1871, il est élu député de la Seine à l'Assemblée nationale, Mais il donne sa démission avec Rochefort, Delescluze, Félix Pyat, Cournet, Tridon, Malon et le poète des Châtiments, pour protester contre l’attitude de l’Assemblée de Bordeaux et de son vote sur la paix. De retour à Paris, Razoua est nommé commandant de l’un des bataillons de la Garde nationale. Après la victoire des Versaillais il peut d’évader grâce à l’amitié de Tony Révillon et à la complicité d’une grande dame italienne, Mme Ratazzi. Il est condamnée à mort par contumace et vit à Genève ; c’est là qu’il écrit Les Grands Jours de la République, brochure de combat, qu’il peut faire imprimer grâce à l’amitié agissante de Cladel. De Genève, il ne cessa, en effet, de correspondre avec Cladel, auquel il demande l'hospitalité pour ses écrits dans le Supplément du Réveil, que celui-ci dirige. Il lui envoie notamment, à la fin de 1877, une nouvelle rustique intitulée « Luc Tauran » et Cladel lui ayant fait connaître à quelles conditions il serait rétribué, Razoua lui répond : « Tu me dis que la reproduction du « Supplément » se paie un sou la ligne. Un sou vaut mieux que rien pour de pauvres hères comme nous. « Luc Tauran » a 712 lignes, 35 fr. 6o. Est-ce à toi qu'il faut s'adresser pour toucher cette fortune ? »

Comme Kinceler, comme tant d'autres fidèles au souvenir de la Commune, Razoua meurt dans la misère ; il meurt à Genève, et son enterrement donne lieu à une imposante manifestation de tous les exilés qui vivaient là, en terre étrangère, à une imposante manifestation, dis-je, en même temps qu'à un incident curieux. Le deuil — enterrement civil — fut, en effet, conduit par le frère du défunt, en habit de ville, comme un simple bourgeois, mais ce frère était curé de Puylaroque, en Quercy. Respectueux de la volonté fraternelle, il s'était incliné devant les hommages rendus par les francs-maçons et les socialistes à la dépouille mortelle du vaillant communeux qu'avait été Eugène Razoua. Mais, quand les discours sont terminés, le prêtre se recueille et penché sur la tombe encore ouverte, il dit les prières des morts.

Jules Kinceler, Eugène Razoua la vie fut souvent cruelle pour vous ;  mais vous avez la gloire d'appartenir à cette phalange de vieux démocrates dont le souvenir faisait dire à Henri Rochefort, dans une boutade célèbre : « La Commune est le seul gouvernement honnête que la France ait jamais eu. » Dans ce jugement sommaire, il entre sans doute une grande part d’exagération, mais, ainsi que l’écrit Lucien Descaves « qu'on le veuille ou non, la Commune est entré dans l’histoire par ce portique de lumière », par cette auréole de gloire qui surent rester pauvres et fidèles à leurs convictions.

La mort de Jacques Râtas, expirant sur la croix pour la défense de ses idées révolutionnaires, a la valeur d'un symbole. Jacques Râtas  n’est-ce pas l’image de tous ces héros qui soutinrent le bon combat pour la défense de leur idéal ? Jacques Râtas, le crucifié quercynol, n’est-ce pas Cladel lui-même qu’un de ses contemporains, Alfred Le Petit, avait caricaturé sous les traits d’un Christ, ployant sous le faix de sa croix ?  N’est-ce pas Cladel lui-même, mourant pauvre dans sa retraite de Sèvres, après avoir mené toute sa vie un combat acharné pour la défense des idées de justice auxquelles il avait juré tout jeune un indéfectible attachement ?

Edmond CAMPAGNAC



[i] Il s’agit d’I.N.R.I. que Cladel n’a pas pu publié de son vivant. L’édition de 1931 est en fait une édition partielle. Il faudra attendre 1997 pour découvrir la vraie version de ce roman sur la Commune.

[ii] Razoua est déjà présent sur de blog.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:04

En rangeant mes dossiers "Cladel" je tombe sur cet article oublié, dont je m'étonne de l'actualité. Il est peut-être dans le dossier Vazquez Montalban mais je juge utile de le mettre ici aussi dans le dossier Cladel. 30-05-2011 JPD

 

 

Léon Cladel (1835-1892) est un écrivain natif de Montauban qui défendit par son art, son ancrage occitan, tout en étant accroché à sa vie parisienne qui fait que sa tombe est au Père Lachaise.

Vazquez Montalban (1939-2003) est un écrivain  natif de Barcelone qui défendit par son art, son ancrage catalan, tout en étant accroché à sa vie madrilène et à la langue espagnole.

On pourrait les imaginer porteurs d’un pays à cheval sur les Pyrénées, allant de Valence à Bordeaux en passant par Limoges et Nice, pour un retour par Marseille et Barcelone, pays dont des occitanistes aiment vendre la carte imaginaire. Ils portent beaucoup plus que des mythes.

 

Léon Cladel avait 36 ans quand il participa à la Commune et Vazquez Montalban 29 ans quand il observa le Mai 68 planétaire, de son poste stratégique qu’était l’Espagne franquiste. Tous deux sont des écrivains politiques ce que je différencie de l’étiquette « écrivains sociaux » et encore plus de celle «écrivains engagés ». Leur double ancrage géographique et historique les a incité à placer le peuple au cœur de leur œuvre, le peuple dans sa complexité tout comme dans ses luttes.

 

Evoquer ensemble ces deux écrivains doit permettre de saisir une philosophie qu’ils partagent contre tous les pouvoirs établis ! Pour eux, le contraire de la fidélité n’est pas l’infidélité, pas plus que le contraire de lent n’est rapide. La contradiction n’est pas à l’extérieur mais à l’intérieur des réalités : la fidélité à la soumission doit être combattu par la fidélité à l’émancipation. Et si j’évoque en premier lieu la notion de fidélité c’est quelle charpente les deux œuvres. Prenez toutes les autres notions et vous aboutissez au même constat : l’adversaire n’est pas celui qui sort du chapeau de l’idéologie dominante mais celui que l’on arrache aux serres de cette même idéologie. Le socialisme n’est pas le contraire du capitalisme mais l’expression des contradictions du capitalisme.

 

Cladel vivait encore en un temps très rural et il rassembla des nouvelles sous le titre : Urbains et Ruraux. Il savait très bien que la Commune fut exécutée par le déferlement des « Ruraux » mais n’en déduisit jamais que les Ruraux se réduisaient aux massacreurs de la Commune et les Urbains aux glorieux « communalistes ». Cladel avait du mal à reprendre le mot « communard ». Les contradictions se situent autant au sein des ruraux que des urbains dont certains peuvent donc s’unir sur les valeurs de « la Belle », à savoir bien sûr la république sociale.

Vazquez Montalban vécut en urbain et eut aucun mal à saisir les contradictions de villes partout en mutation, de Prague à Moscou en passant par sa chère Barcelone.

 

L’idéologie dominante active les plus fausses contradictions pour éviter l’unité de son véritable adversaire. Diviser pour régner, c’est opposer le blanc et le noir, la France et l’Allemagne, la campagne et la ville, les hommes et les femmes. Sur ce point encore, même si les féministes conduisirent des combats utiles, pas question pour Cladel et Vazquez Montalban d’oublier la contradiction de fond sous prétexte de céder aux facilités. Léon Cladel, à la différence de Proudhon par exemple, considérant que la place des femmes devait être égale à celle des hommes, fit le portrait de femmes diverses, toutes femmes du peuple, parfois grandioses et parfois inhumaines. Vazquez Montalban procéda autrement car il semble avoir eu plus de mal à se positionner entre la femme mythique (La Pasionaria) et la femme réelle, celle qui conduit l’enquête dans son roman fabuleux, Galindez, et qui devient, au fil des pages plus glorieuse que l’homme dont elle trace le portrait.

 

Ce cheminent conduit à une fracture qui concerne la place accordée à la joie ! Pour Léon Cladel, la joie s’appelle la postérité, tandis que pour Vazquez Montalban, la joie est clle du moment. Cette question me semble fondamentale chez les révolutionnaires. Se lever face aux misères du monde, c’est s’accrocher aux dites misères avec le risque d’y sombrer. Faire l’éloge des vaincus de 1871, c’est revivre très douloureusement un moment qui ne prête pas à sourire. Cladel dans son œuvre n’a rien à voir avec Alphonse Allais ou Alphonse Daudet. Cladel vécut la prison pour ses idées (30 jours en 1876) et quand il raconte ce séjour, à indiquer le nom des visiteurs, il commence justement par Alphonse Daudet puis Stéphane Mallarmé en finissant par le jeune Jules Guesde. Il savait apprécier les autres écrivains pour leurs qualités, mais lui était triste parmi les tristes. Sa joie, il la puisait chez ses enfants qui en effet lui assurèrent une postérité : Judith Cladel par ses écrits, Marius par ses statues et même sa petite fille Dominique Rollin si présente chez Gallimard. Il pensait que son œuvre comme celle de Zola (qui fit son éloge funèbre) ou celle de Baudelaire (son premier préfacier) toucherait les générations futures. Il n’en a rien été.

Vazquez Montalban en quête de joie présente - la postérité n’ayant aucun intérêt à ses yeux – a eu une femme féministe qui dès 1967 décréta qu’elle ne ferait pas la cuisine. Il se mit aux casseroles, y trouva grand plaisir, et n’en sortit jamais sauf pour écrire. Voilà pourquoi, très tôt, il s’opposa à Mac Do, mais plus encore au Ketchup car le Ketchup peut même détruire un bon plat que vous avez préparé chez vous.

Les deux écrivains n’ont jamais aimé le culte du héros mais Cladel restait marqué par une culture religieuse qui place le bonheur après la mort, tandis que Vazquez Montalban préférait les hédonistes.

 

Puis-je terminer par une conséquence pratique ? A lire des écrivains politiques pourquoi ne pas conclure par une considération politique ? Croire que la droite c’est le contraire de la gauche (ou l’inverse) c’est faire un cadeau à la droite. D’où la nullité du slogan bien connu : « battre la droite ». La gauche peut gagner seulement si elle surmonte ses propres contradictions et idem pour la droite. La victoire de la gauche n’est jamais sur ce faux adversaire qu’est la droite mais sur elle-même. Tout son travail est là, et qu’elle laisse la droite vivre sa propre vie ! Quand la gauche veut se cacher à elle-même ses contradictions, alors elle s’autodétruit. Mais quand la gauche a-t-elle été la gauche ? Chaque fois que le peuple politique se releva, chaque fois que la fidélité à l’émancipation l’emporta sur les creux appels à l’espoir.

15-02-2009 Jean-Paul Damaggio

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:01

 judith-ecrit-a-Hugo.jpg

Par un entrefilet du 20 février 1881 dans L’Evénement nous apprenons ceci :

« On sait combien notre grand Victor Hugo aime les enfants. Qu’il sache donc que ceux-ci le lui rendent bien. Une des filles de M. Léon Cladel, qui a bien hui ou neuf ans et qui est particulièrement l’objet de l’affection du poète, compose en ce moment, avec grand mystère, une Nouvelle, à l’occasion des fêtes qu’on prépare en l’honneur de l’anniversaire de Victor Hugo.

Elle veille presque tous les soirs jusqu’à onze heures pour achever son œuvre, et les parents font semblant de ne rien savoir, bien entendu. « C’est pour son grand ami » dit-elle. N’est ce pas vraiment charmant ? Ce ne sera certainement pas là le moindre hommage aux yeux du poète.

 

C’est l’Express qui publiera la nouvelle en question que nous donnons avec l’orthographe de l’auteur.

 

Mon Grand ami

Nous avons le plaisir de présenter aux lecteurs de l’Express un nouveau collaborateur âgé de sept ans, Melle Judith-Jeanne Cladel, qui pour début dédie à l’auteur de l’Art d’être grand-père les lignes qui suivent

 

Ce grand ami est né à Besançon. Quand il eut trois ans, il courait après les papillons, leur donnait à manger et ne leurs faisait jamais mal, et quand ils avaient fini de manger, il les renvoyait dans les champs. Tout les matins, il ne manquait pas daller chercher un ou deux papillons pour leur offrire la plus splendide rose qu’il pouvait trouver et cette rose fesait le ravissement des papillons. Il y à unepetite de mes amies qui a bien moins bon cœur que le grand ami ; elle tue les pauvres petites bêtes et elle les collectionne sur du papier blanc ; Quand il eut fini de soigner les papillons, il s’occupa des oiseaux, des petits chats, des petits chiens, et il aima les hommes. Parceque quand on est petit, on aime les petites choses et quand on est grand, on aime les grandes choses. Etant jeune, il a du beaucoup travailler pour faire les beaux livres qu’il fait maintenant. Maman ne me permet pas de toucher aux beaux livres ; mais quand j’ai bien travaillé, ma grande récompense est quand il m’est permis de les lire. Alors le soir je me mets près du feu verte de sommeil, mais lisant tout de  même avec plaisir et je me dis tout bas : je trouve que le grand ami à un superbe tallent, il doit aussi connaître beaucoup de choses puisqu’il à voyagé en Espagne. Je travaillerai beaucoup pour tâcher d’en savoir autant que lui et je voyagerai tout les six ou sept ans pour écrire des livres la dessu. J’ai lu des vers qui m’ont toucher beaucoup. LE CRAPAUD, APRES LA BATAILLE, et LES PAUVRES GENS, et je trouve ces vers la bien beau. Je me rappelle bien la belle soirée que le grand ami a fait et moi j’ai voulu crier aussi vive l’Amnistie, mais j’ai crier vive l’Amistique. A ces mots, le grand ami ouvrit la fenêtre et la cage ou étaient enfermer les moineaux qui attendaient depuis une heure et tout d’un coup les petits pierrots s’en allère à tire d’aille. Un jour qui viendra bientôt le Grand Ami crira en nous délivrant tous des Rois, des empereurs et des Guillaumes : Vive la République, Vive la liberté.

La petite ami du grand Victor Hugo

Judith-Jeanne Cladel

Sèvres, 24 février 1881

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 20:53

J'étais fâché avec Charlie Hebdo mais voici qu'ils viennent de publier un spécial féminisme à l'utilité appréciable. Il commence par une BD sur le journal La Fronde aussi voici un article sur le sujet au cas où quelques lecteurs de ce supplément voudraient en savoir plus sur cette expérience.  

 

En décembre 1897, Marguerite Durand fonde le journal La Fronde pour traiter des domaines de la politique, des sports et de la haute finance. Le journal se distinguait plus particulièrement des autres quotidiens par le fait que la publication, la rédaction et aussi la typographie étaient exclusivement faites par des femmes. Le tirage fut de 50 000 exemplaires en 1898.

Pour réussir ce pari, M. Durand réunit autour d'elle une équipe de femmes extraordinaires, parmi lesquelles se trouvaient Clémence Royer, philosophe et femmes de sciences, traductrice de l'œuvre de Darwin en français et la première femme à donner un cours en Sorbonne ; Séverine (Caroline Rémy) qui avait déjà à l'époque atteint une réputation nationale de journaliste ; Daniel Lesueur (Jeanne Loiseau), dramaturge et romancière, une des premières femmes à recevoir la Légion d'honneur ; Jeanne Chauvin, avocate et une des toutes premières femmes inscrites au barreau de Paris ; Blanche Galien, la première pharmacienne en France ; et Melle Klumke, la première femme astronome admise à l'observatoire de Paris.

Daniel Lesueur était l’épouse d’Henry Lapauze, lui-même Montalbanais comme Léon Cladel qu’il admirait, ce dernier étant le père de Judith Cladel, très active… à La Fronde.

 

La Fronde avait son siège dans les locaux nouvellement aménagés du 14 de la rue Saint-Georges, où des femmes en uniforme vert clair fraîchement amidonné composaient les textes destinés à l'impression du journal dans une atmosphère élégante aux murs gris-bleu. Marguerite Durand insistait pour que ses typographes soient payées au même tarif que leurs équivalents masculins ; il fallait aussi qu'elle observe la législation du travail qui interdisait aux femmes de travailler la nuit

 

Le journal de référence, Le Temps, dirigé par un autre Tarn-et-Garonnais, Adrien Hébard, considérait que le journal manquait de doctrine : un jour, un article exigeait les droits politiques pour les femmes, le lendemain un second article déclarait qu'ils étaient inutiles. Ainsi, observait Le Temps, il n'y avait pas de différence entre La Fronde et les autres journaux qui tenaient ses lecteurs aux courant des questions féministes mais ne faisait pas office de « journal de combat ». Le journal ajoutait que « ce journal rédigé par des femmes, pour servir les intérêts des femmes, est en réalité extrêmement peu féminin ». On avait espéré que le nouveau quotidien allait apporter au journalisme « les qualités spécialement féminines » qui donnaient aux lettres de madame de Sévigné tant de charme, et aurait pu ainsi diriger la culture française vers « une renaissance de l'esprit léger et de la grâce délicate ». Mais, « si l'on n'était pas averti, si l'on ne faisait point attention aux signatures, on pourrait croire que ces longs et consciencieux articles, très informés et souvent fort instructifs, ont été écrits par des savants austères ou par des paisibles professeurs ».

 

Pour les contemporains de sexe masculin, La Fronde n'était ni féminin ni féministe. Marguerite Durand rendit intentionnellement le contenu féministe du journal assez ambigu, même si des personnes de renom comme Maria Pognon et Hubertine Auclert y publiaient des articles : « notre journal sera l'organe de toutes les femmes françaises... ». La rédactrice en chef, madame Fournier, le définissait comme « l'agent d'un sexe et non d'un parti ni d'aucune autre secte féministe ».

Si les lecteurs semblaient déroutés plutôt que soulagés par le manque de tendance féministe discernable dans le journal, cela était probablement parce que, pour eux, le féminisme était la seule narration culturellement possible à travers laquelle les femmes s'attaquaient aux idéologies de genre. Le manque manifeste de discours féministe les déconcertait.

Alexandre Dumas, Guy de Maupassant ou Proudhon, connu pour avoir lancé la phrase « ménagère ou courtisane »,étaient passés au feu de la critique. De son côté, Judith Cladel prit à partie tous les écrivains pour avoir créé dans la littérature la femme qui « incarne les rêves, les désirs de son âme et qui existe déjà en son imagination avant qu'il ait croisé créature terrestre lui ressemblant ».

De fait, les frondeuses qui examinaient la question de l'identité des femmes ne visaient pas à arriver à une notion « vraie » ou « réelle » du féminin. « Eh bien, la femme est mieux et moins que les livres ont voulu le dire », avançait Paule Vigneron, « nous avons le droit de ne pas ressembler les unes aux autres, d'avoir des idées et des sentiments divers ». Elle demandait le droit de réponse aux siècles de fantaisies masculines et contestait la catégorisation des femmes - l'attribution de toute caractéristique au sexe féminin. Elle n'était pas la seule chez les frondeuses à penser ainsi. Quelques jours plus tôt, sa collègue Marie-Anne de Bovet questionnait les notions de « l'éternel féminin » et de « l'éternel mystère de la femme » : « [J]amais on n'a parlé de l'éternel masculin », « Il y a bien le mystère de chaque femme, mais ce n'est pas un mystère essentiel, propre à son sexe ». Judith Cladel suit le même argument : « Non, là, la femme est libre de dire ce qui lui chante, des grandes pensées et des bêtises comme vous autres ». Le danger, prévenait-elle, était quand les femmes grandissaient « sous la main de mauvais jardiniers » qui les traitaient « sans égard pour leur différence et leur variété ».

Judith Cladel fit là un apprentissage professionnel de l’écriture. Ancienne secrétaire de Rodin, elle passera plus tard à la direction du Prix Femina, le prix Vie heureuse en étant l’ancêtre (1904), dont elle sera une fondatrice (1919).

Rappelons qu’il faudra attendre 1971 pour que l’Académie française enregistre comme valable une candidature féminine (celle de Françoise Parturier, journaliste) et qu’elle admette comme valide un vote en faveur d’une femme. Ce n’est que dix ans plus tard, en 1981, qu’a lieu la réception de Marguerite Yourcenar, première femme à siéger à l’Académie française.

La correspondance de Judith Cladel, membre du jury de 1916 à 1958 du prix Femina, contient des lettres de Paul Valéry et de Colette, entre autres, qui ont usé de leur influence auprès de ce membre influent du jury pour appuyer des romans qui, malgré leur intervention, ne figurent pas dans le palmarès Femina (Fonds Cladel, Lilly Library, Indiana University). 30-05-2011 Jean-Paul Damaggio

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 16:05

Ce texte a souvent été cité mais nous le publions ici en entier. Les Annales du Rouergue et du Quercy venaient de naître en cette année 1888, et aussitôt le vieux Cladel se porte à leur secours. Libre-penseurs les Cathares ? Je ne peux me retrouver dans cette appréciation que j’attribuerais même avec peine aux Albigeois ! Et ce raccourci qui conduit sous sa plume aux troubadours n’est pas anodin au moment où l’écrivain côtoie le Boulangisme. Disons qu’il s’agit ici d’une nouvelle pierre à l’édifice d’une lutte à saisir dans ses contradictions internes à l'histoire de Léon Cladel. 25-05-2011 JPD

PS : Je n’ai pu m’empêcher ce rapide retour à Cladel !

 

Annales du Rouergue et du Quercy

1 juin 1888

Une lettre au directeur

Sèvres 17 avril 1888

Oui, de même que vous, cher confrère, je souhaiterais que notre province natale vécût à présent, ainsi que jadis, des sa vie propre. Ah ! que de ruines à relever et quelle lourde tâche vous vous proposez d’assumer pour cela. Mais elle est belle et je suis dès aujourd’hui des vôtres. En 1208, ils florissaient le Rouergue et le Quercy, quand l’ignare et forcené Simon de Montfort l’Amaury vint avec ses moines et ses gens d’armes y détruire les institutions que s’étaient données les libres-penseurs ou, si vous préférez, les Cathares, nos pères, avec la magnifique langue qu’ils parlaient et la gaie science que leurs troubadours avaient déjà répandue de la Loire aux Pyrénées et même au-delà.

Rétablir maintenant, en 1888, tout ce qui fut alors aboli dans la partie des Gaules où nous naquîmes, vous et loi, me paraît un rêve, une utopie, une chimère, oui ; mais nous pouvons du moins introduire dans l’idiome, que nous imposèrent les Français, les barbares dont nous portons le nom (et pourquoi ? car qu’avons-nous de Germanique,  nous Gallo-Romains, nous celtes, nous latins !) et que Rabelais en nous empruntant mille et mille expressions des plus pittoresques a tant embelli, des mots, des verbes, des phrases, qui non moins clairs que les anémiques et ternes vocables de Voltaire (un méchant poète et des plus hardis, vraiment, celui-là qui se permit un jour de corriger le grand Corneille et de trahir Shakespeare en tirant d’Othello quoi , Zaire, hélas ! Zaïre), auraient en plus la couleur de nos plaines et de nos montagnes, ainsi que la splendeur de notre ciel, et c’est par ainsi que notre jargon, ainsi que disent tous les journalistes de Paris qui nous servent de l’argot soir et matin, serait sinon restauré du moins rajeuni pour longtemps et peut-être toujours.

Etre soi, d’ailleurs, il vaut la peine de le tenter en ce temps-ci, surtout où chacun s’’efforce à n’être personne. Allons, en avant. Volces, Arvernes, Cadurques et Ruthènes, un peuple, même conquis, ne meurt jamais, et c’est ce que nous devons prouver à ceux du Nord, nous du Midi.

J’espère, en vous serrant la main, mon cher confrère, que bientôt nous fêterons à Rodez, à Cahors, à Montauban comme à Paris, le réveil de ces Gaëls dont en nos veines, le sang court, ardent et vif comme un rai de soleil.

Léon Cladel

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