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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 16:13

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Une brochure à 5 euros prix de port compris où vous trouvez deux rééditions de poésies de Delthil.

 

Camille Delthil, enfant de 1851

 

Camille Delthil(1834-1902) est l’autre face d’une pièce souvent présente sur ce blog : Léon Cladel (1835-1892). Les deux collégiens qui étaient dans la même classe à Moissac peuvent être présentés comme la thèse et l’antithèse. Cladel, fils du peuple qui décide de monter à Paris pour devenir écrivain ; Delthil fils de bourgeois qui décide de rester à Moissac pour vivre son écriture. Ils sont pourtant, toute leur vie, comme les deux doigts d’une même main. Si Delthil reste à Moissac, il publie à Paris grâce au soutien sans faille de son ami Cladel.

Si Cladel reste à Paris, c’est grâce au soutien financier sans faille de son ami Delthil.

Ce qui les unit c’est le terrible coup d’Etat de 1851, qui en fera des républicains authentiques, sincères et fidèles.

 

Pour Cladel, on peut dire que l’engagement républicain est un héritage familial et l’écrivain considèrera toujours que c’est par la famille que se transmet ce « patrimoine ».

Pour le bourgeois Delthil, il avait tout socialement pour se placer du côté du pouvoir et pourtant il restera fidèle à une république démocratique et sociale qu’il défendra activement, plus activement que l’écrivain Cladel qui n’agira que par son art. En effet, Delthil crée à Moissac un journal, La Feuille villageoise où, au moins toutes les semaines, il affiche ses idées radicales. Il finira comme sénateur radical-socialiste et le lecteur imagine aussitôt qu’avec l’âge il s’est rangé. Pas du tout. Il est un radical clairement favorable à l’alliance avec les socialistes ce qui conduira à son élection tardive comme sénateur. Il est un radical anticlérical est c’est sans doute sa conception de la Franc-maçonnerie qui l’incitera à se placer en permanence du côté des pauvres. La Franc-maçonnerie comme toutes les organisations, a plusieurs facettes : celle de Moissac a été interdite pendant la seconde république conservatrice et est de venue la bête noire du Second empire.

 

Par son engagement républicain, Delthil symbolise cette part de la bourgeoisie plus soucieuse de l’intérêt général que de son intérêt propre. Il est une des originalités de la France qui tient à l’alliance entre bourgeoisie et petite bourgeoisie en 1792. Delthil est un fidèle à 1793.

 

Mais l’écrivain ? Je ne sais par contre si c’est une originalité nationale, mais entre 1850 et 1914 les hommes politiques poètes sont très nombreux dans presque tous les partis. Clovis Hugues (un autre ami de Cladel) en est un symbole dans le courant socialiste et Lamartine dans un courant plus centriste. Quant à Hugo…

Je ne sais si ce phénomène a fait l’objet d’une étude mais elle me passionnerait. Pas de poésie sans politique et pas de politique sans poésie. Cladel souhaitant rester artiste, a une position politique claire mais il ne s’exprimera jamais par rapport à tel ou tel projet de loi. Il condamnera sans appel l’opportunisme de Gambetta mais pas une nouvelle, pas par un article de politique stricte.

Inversement son ami Camille Delthil crée un journal dont le titre dit bien l’esprit « La Feuille villageoise » : une simple feuille, et qui plus est une feuille de village, la modestie affichée !

Dans ce journal, au moins toutes les semaines, Delthil rappelle son engagement radical et anticlérical, un engagement aux côtés du PS quand ce parti se développera. Si je titre, enfant de 1851, c’est qu’il puisera là le fond de sa fidélité à la république sociale et démocratique. Il était de ceux qui pensaient que même les bourgeois avaient intérêt à ce que cette république se développe. Après bien des combats il sera enfin élu sénateur. Auparavant il était battu par des radicaux de droite ou du centre. JPD

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 09:39

Voici la présentation du livre posthume de Cladel, La Juive-Errante, qui ranime la mémoire de son ami Camille Delthil. JPD

 

Moissac le 5 mai 1897

Juive-Errante

 

Par un matin de mai, déjeunant avec Cladel, chez Lemerre, en cette villa Corot où l’éditeur, dont le nom restera célèbre tout comme ceux des Alde et des Elzévir, avait coutume d’inviter ce qu’en style parisien on appelait alors les nourrissons des muses, «que diriez-vous d’un livre de moi, s’écria tout à coup mon ami, où je raconterais mes souvenirs littéraires et politiques, où je ferais, parler, agir, se démener toutes les personnalités grandiloquentes ou falotes, blagueuses ou convaincues, loyales ou cafardes, énergiques ou pleutres, que j’ai rencontrées au cours de ma vie accidentée, depuis le quartier latin jusqu’à Montmartre, en passant par le carrefour de l'Europe et le café Racine, où je connus Pelloquet, Bataille, Amédée Rolland ; jusqu’à la librairie Poulet-Malassis où je rencontrai Barbey d’Aurevilly et Baudelaire ;

depuis le Belge de la rue Dauphine jusqu'à la Brasserie de la rue des Martyrs; depuis la Rôtisseuse jusqu'à Dinochau; depuis le Procope où tonitruait Gambetta, jusqu'au Café de Madrid, où prophétisait Delescluse ; depuis l’Europe de Francfort de Grégory Canesco où collaboraient Ranc, Spuller, Isambert, Castagnary, jusqu’au Figaro, de Villemessant, qui publia Sarah la dompteuse ; depuis les dîners de Victor Hugo où quelques vieux toutous s'effrayaient de ma crinière, jusqu’à l’Evénement, qui vit condamner comme outrageant la morale publique cette Maudite que, depuis, j'ai imprimée en toute liberté ; jusqu'au jour, enfin, où vous découvrîtes dans le pavillon de ce petit parc quatre chefs-d'œuvre du maître peintre Corot, qui valent deux fois le prix de l'immeuble que vous avez acquis de par l'autorité de M. le juge, hein ! qu'en dites-vous ?

— Ce serait très bien, ça, dit Lemerre, empoigné par la verve de cette tirade, et quel titre donneriez-vous à cet ouvrage ?

Paris en travail !

— Parfait. La vente d'un tel livre serait certaine.

 Vous croyez ?

 J’en suis sûr.

 Je le crois aussi, reprit Cladel, mais mener l’œuvre à bonne fin, pour la rendre vivante, pour mettre en mouvement les multiples personnages, pour draper le décor, il me faudrait trois années de tranquillité absolue.

— ça se trouve.

 Et du pain, dit avec un triste sourire l’auteur du Bouscassié, c’est cela qui ne se trouve pas, cela s’achète. Oui, il me faudrait trois années d’une existence assurée. Voulez-vous me faire les avances ?

— Nous verrons ça, dit Lemerre, qui avec son coup d’œil de Normand, avait examiné les chances pour et contre, nous verrons ça…

Et l’on parla d'autre chose.

Cladel n'a jamais trouvé le temps d'exécuter le travail rêvé, il a emporté son chef-d'œuvre dans la tombe.

Une phrase de d’Echérac, dans la belle préface qui décore le roman posthume de notre ami, a réveillé tous ces vieux souvenirs :

« Oui, cette œuvre hâtive, dit-il en parlant de Juive-Errante, est vraiment une petite sœur inconsciente de Paris en travail. En faisant ce livre, Cladel essayait ses forces, tirait au mur,  garnissait ses cartons. C'est la dernière passe indicatrice de la souplesse et de la vigueur nécessaires pour détourner l'épée et frapper droit dans ce duel formidable et définitif qu'il considérait comme devant être le dernier. »

« Ah ! quel livre eût surgi de cette indignation ! » dit-il encore. Ecrit en cette langue de feu qui lui était familière, en quelles pages incomparables n'aurions-nous pas vu défiler sous le fouet les hâbleurs, les tripoteurs, les concussionnaires, vermine acharnée sur la carcasse de la République… »

 

D’Echérac peut, certes, avoir raison. Dans Juive-Errante, la manière de Cladel s’est modifiée. Ce n’est plus ce style descriptif, abondant, coloré, ce n’est plus cette phrase aux multiples incidentes qui se déroule avec une savante lenteur, la tournure d’esprit est plus vive et la grammaticale plus variée et plus prompte.

Comme l’a fort bien dit l'auteur de la préface, Cladel se préparait au combat.

Sous la trame du roman de Juive-Errante apparaissent cependant de furtifs souvenirs de la vie vécue. Ici c'est un profil que l'on croit reconnaître, là une silhouette à qui l'on donnerait un nom. Rien de précis encore, Cladel se réservait. La Mort a tout emporté.

Mais tel quel, le livre est d'une belle allure. Cette grande artiste à l'âme fière qui plane, sublime justicière, au- dessus des infamies, des hontes, des turpitudes du temps où elle vit et qui, rêvant d'idéal et presque « ensevelie dans l'extase », comme dit Cladel, se livre en ce moment même à une brute et plonge dans l'abîme stupéfaite de sa chute d'où elle sort meilleure et comme plus aguerrie, n'est-elle pas une remarquable création de poète ?

Certaines scènes de ce livre ont ce grandiose épique où se plaît l'imagination hardie du romancier ; quant au dénouement, il est d'une originalité rare.

Bref, Juive-Errante nous montre un Cladel toujours vigoureux, mais ayant acquis des qualités nouvelles de précision et de souplesse, à qui l'on pourrait appliquer cette phrase, qui se trouve à la dernière page du livre : « Encore et toujours artiste jusqu’à mon dernier soupir. »

Camille Delthil

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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 15:56

Cladel et Marcel-Lenoir dans la même revue

 

 

Marcel-Lenoir était un peintre né à Montauban en 1870 et mort à Montricoux en 1931. Il est arrivé à Paris en 1889 donc il a pu croiser Léon Cladel qui meurt à Sèvres en 1892. Il m’a été demandé s’il pouvait y avoir un lien entre les deux hommes. Ce qui est sûr c’est qu’ils avaient le même visage de christ sévère. Pour le reste je ne sais pas. J’ai simplement découvert que sur la revue L’art et les artistes, les enfants Cladel et Marcel-Lenoir avaient une petite place, parfois dans le même numéro ! Voici les extraits de la rebue. JPD

 

 

L'Art et les artistes. 1931/03-1931/07.

 

MANIFESTATIOND'ATELIER DE MARCEL LENOIR, 86, rue Notre-Dame-des-Champs.

Pendant tout le mois dernier, comme chaque année, Marcel-Lenoir a exposé dans son atelier des dessins, gouaches, aquarelles, études, esquisses... Très certainement ce fut une des manifestations d'art la plus prodigieusement intéressante, la plus riche en beauté et en enseignement. Marcel-Lenoir a présenté lui-même son exposition en une savoureuse préface, où on lit par exemple : « L'image ignore la puissance du dessin et toute peinture vierge de dessin n'est même pas une image ». Utile à faire méditer à quelques-uns.

 

L'Art et les artistes. 1931/03-1931/07.

EN L'HÔTELJEANCHARPENTIER, 76, faubourg Saint-Honoré. —

Ce mois, qui a vu glorifier Rodin au musée d'Anvers et qui a vu aussi l'entrée au musée de M. Georges Grappe d'un exemplaire de l'édition princeps, rarissime, des Fleurs du Mal, illustré de dessins originaux du grand maître, s'est terminé par une très belle exposition de cent cinquante environ de ses études, réunies par Mlle Judith Cladel au profit de la Mutuelle de la Fédération Française des Artistes. Une telle exposition, comprenant dessins, aquarelles, lavis, ne peut présenter que le plus prodigieux intérêt d'autant plus que ceux-ci datent des dernières années du maître, de cette époque où il étudiait les peintres chinois des XVIe et XVIIe siècles et japonais du XVIIIe. On y voit aussi combien Rodin, génial dessinateur autant que génial sculpteur, était fervent de la beauté des formes féminines et avec quelle étonnante souplesse, avec quelle puissance d'évocation et quelle légèreté rapide et décisive il savait la rendre dans ses expressions et ses attitudes les plus diverses.

 

L'Art et les artistes. 1928/03-1928/07.

Au salon de 1928 :

SCULPTURE.— Bourdelle est représenté cette année par une Sapho, statue en bronze d'un

style plein de noblesse — que nous reproduisons ici en hors-texte — et par une tête d'homme en pâte de verre d'un modelé admirable. Drivier nous donne un vrai chef-d'œuvre : un Torse de femme (bronze), qui soutiendrait la comparaison avec les antiques ; Guénôt, une Flore (bois) et une jolie statuette en bronze cire perdue ; José Clara, des statues de pierre destinées à la décoration de la place de Catalogne, à Barcelone ; Yvonne Serruys un groupe (pierre),

inspiré du Polyphème d'Albert Samain et destiné au monument du poète, qui sera érigé dans un parc de Lille : toutes ces œuvres sont d'un fort beau style. Parmi les pièces capitales de cette section de sculpture — qui, dans son ensemble, est excellente — voici encore le Torse de femme de Tombros, le nu de Popineau (Après le bain, pierre), les bronzes de Youriévitch, de Dario Viterbo, de Marius Cladel, de Loutchansky, d'Anna Bass ; le Bon Pasteur (bois) de A. Dubos; les études (bronze et pierre) de Vigoureux...

Et puis, des bustes : les Têtes de jeunes filles, d'Arnold, les têtes de Martiniquaise et d'Enfant, de Mme de Bayser-Gratry, les bustes en bronze de Poisson (Mlle M. G.), d'Anna Quinquaud, de Lamourdedieu, de Mme Bernières-Henraux, de D. Bacqué; les bustes en marbre ou plâtre de Saupiquè, Halou, G. Contesse (Mlle M.), le buste de M. An. de Monzie, taillé directement en pierre par Abbal, la Tête de jeune fille, de Marcel Gimond, le masque féminin en terre émaillée d'or, de Mika Mikoun. Côté des animaliers : l’Oie en pierre, de Jean Pavie, la Panthère, en pierre lithographique, de Pompon, le Cheval (bronze), de Mme Berthe Martinie, et enfin le magnifique Chien de berger allemand, en diorite noir, de Mateo Hernandez, que nous avons reproduit et dont nous avons signalé l'incomparable mérite dans notre numéro d'avril (voir page 233).

 

L'Art et les artistes. 1905/10-1906/03.

Un article sur Manet où nous apprenons qu’il animait le « groupe des Batignolles, qui tint ses assises au Café Guerbois, et où figurèrent les peintres Cézanne, Bazille, Guillemet, Monet, Renoir, Fantin-Latour, les graveurs Desboutins, Belot, le modèle du Bon Bock, les hommes de lettres, Duranty, Zola, Cladel, Philippe Burty.

 

L'Art et les artistes. 1933/10-1934/02.

Les Rétrospectives.

Les guirlandes, les danseuses, les Pierrots et Colombines, les fêtes galantes de Jules Chéret illuminent de leur féerie aimable et preste la première salle. C'est M. Frantz Jourdain qui a présenté lui-même cette rétrospective qui fait honneur au maître disparu. Un tout autre son donne celle d'A. de la Patellière où il n'y a ni joie ni rire, mais une sorte de tragique profond, un mysticisme qui lui permet « d'exprimer le divin au moyen des signes humains », selon l'expression de M. Roger Brielle, dans la préface de cette rétrospective passionnante et émouvante. Dans la même salle, quelques œuvres de D. O. Widhopff, et six toiles de Georges Menier, — le fabricant de chocolat, — dont trois au moins, un panneau et deux fleurs, sont d'une qualité exquise et d'un goût des plus fins. Marcel Leprin était un peintre pur, fidèle par misère à Montmartre ; il peignait avec sentiment, précision et un peu de naïveté.

Avant le vernissage, nous avions vu une intéressante rétrospective de Marcel-Lenoir, laquelle disparut avant l'ouverture du Salon. Sans doute, Marcel-Lenoir méritait un plus large hommage que celui qu'on lui préparait, mais ce n'était qu'un commencement. Regrettons cependant de ne pouvoir rappeler ici la mémoire d'un des plus beaux artistes de notre temps.

 

L'Art et les artistes. 1923/10-1924/02. Les Fresques de Lenoir

L'Art et les artistes. 1931/10-1932/02. Lenoir l’actualité et la curiosité

 

L'Art et les artistes. 1928/03-1928/07. 

ATELIER DE MARCEL-LENOIR,86, rue Notre-Dame-des-Champs. —Jusqu'au 31 mars, peintures, dessins, gouaches et aquarelles de Marcel-Lenoir.

 

 

L'Art et les artistes. 1933/10-1934/02.

Acquisitions du Musée du Luxembourg

Que ce soit par dons particuliers ou par achat de l'État, les nouvelles œuvres introduites dans cet avant-Louvre qu'est le Musée du Luxembourg ont été choisies avec beaucoup de bonheur et d'éclectisme. Braque et Fernand Léger voisinent avec Bonnard, Derain (Vue de Saint-Maximin), Marquet, Goerg, Luc-Albert Moreau et Dunoyer de Segonzac (Environs de Paris). Parmi ceux qu'on appelle les jeunes : un paysage de la séduction la plus raffinée par Legueult, une Martiniquaise de Planson, un Coin de ferme de Lestrille, une nature morte pleine de bravoure de Charles Blanc, le Nu au foulard bleu, reproduit ici naguère, de Chapelain-Midy, une très belle figure de Roland Oudot.

Nous avons encore noté Péterelle, Yves Alix (la Reddition), Charles Dufresne avec une symphonie de couleurs et de lignes qu'il appelle Galatée, Antral (Pluie au Pont-Neuf). Des dessins et aquarelles provenant du legs Koechlin, et d'autres, de Maillol, Matisse, Bourdelle, Cross, Seurat, Lemordant, Marcel-Lenoir, Bernard Naudin, Boussingault, etc., et la Tête à la Draperie de Jean Peyrissac que nos lecteurs connaissent bien.

En sculpture, on a donné la place d'honneur au Bélier Rétif de Bourdelle et à son bel élan contrasté et symétrique ; et l'entourent des bustes de Despiau, Gimond, Paul Cornet,

Henry Arnold, un beau masque de Coubine, le groupe breton de Bachelet, les chevaux de Jeanne Piffard, une Salomé noyée dans sa chevelure, de Naoum Aronson. Et le chef-d'œuvre : un nu à mi jambe, de jeune fille, cambré, fier, par Maillol.

 

L'Art et les artistes. 1932/03-1932/07.

Lenoir est présent :

Autour d'une noble académie d'homme par Sicard, se groupent d'autres nus : celui, féminin, aux formes pleines, gracieuses jusqu'à une certaine mais agréable préciosité par Traverse ; celui de D. Bacqué ; les jeunes filles de Sausse, d'Ambrosio, de Lenoir qui ont du charme

 

Et Marius Cladel aussi :

LA SCULPTURE

Il semble que les formes des nus deviennent plus amples et plus pleines, comme dans la femme à belle allure de Marg. Mackain, celle des Premiers Pas de Biaggi, du Repos de Marius Cladel, dans l'Abondance et dans la Baigneuse de Popineau, et dans la puissante Vénus de Bachelet.


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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:21

Des lecteurs attentifs comprendront pourquoi j'ai retenu cet article... JPD

 

 

Le Matin 12 septembre 1898

A PARIS

LES OBSÈQUES D'UN POÈTE

Stéphane Mallarmé

Les poètes à Valvins

Ce fut une cérémonie des plus touchantes. Stéphane Mallarmé étant mort loin de Paris, on pensait que peu de poètes assisteraient à ses funérailles. Les déplacements coûtent fort cher, Pour se rendre à Vulaines-sur-Seine, il faut débourser au moins quatre francs quatre-vingt-dix. Et, pour ce prix, on est enfermé dans un compartiment de troisième classe. Combien de jeunes écrivains admirateurs enthousiastes de l'auteur de l'Après-midi d'un faune n'ont pu, faute d'argent, l'accompagner à sa dernière demeure ! On n'est point riche dans le métier, comme disait Paul Verlaine.

Deux cents personnes, cependant, se trouvaient réunies à Vulaines, hier, à quatre heures, devant la petite maison dans laquelle s'est éteint Stéphane Mallarmé. Celui que les poètes avaient nommé leur prince à la mort de Paul Verlaine a été accompagné au cimetière de Valvins par des confrères respectueux et attristés, et cette manifestation spontanée et touchante, Stéphane Mallarmé lui-même, dans son orgueil, ne l'aurait pas rêvée.

Tout le long de la Seine, derrière le cercueil, chargé de fleurs, marchaient les amis du poète MM. Henry Roujon, Catulle Mendès, Léon Dierx, Edouard Dujardin, Jean Rameau, Robert Scheffer, Henry de Régnier, Paul Valéry, Paul Fort, Henry Degrau, Stuart Merrill, Alcanter deBrahm, Degas, Octave Uzanne, Rochegrosse, Demolder, Alfred Jarry, Hugues Rebell, René Boislève, Gabriel Fabre, Rodin, José-Maria de Heredia, Romain Coolus, Alfred Valette ; Mmes Cladel, Mendès, Rachilde, etc., etc.

Au cimetière, M. Henry Roujon a prononcé un discours émouvant et sentimental.

M. Paul Valéry a dit quelques mots au nom des jeunes.

La cérémonie s'est terminée au crépuscule, Stéphane Mallarmé, dans sa tombe, doit

dormir heureux d'avoir été honoré de ces obsèques intimes et poétiques.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:42

 

Dans les actes des journées Léon Cladel (10 euros), Fabrice Michaux propose ce poème que j’ai retrouvé car sous ce poème il y a une peinture que je recherchais, son auteur m’ayant rappelé son existence et notre négligence puisque nous n’avons pas publié son nom : Daniel Boulangeot. En attendant de savoir si je peux reprendre cette très belle peinture, voici le poème. JPD

Léon Cladel

 

Il n'est plus le puissant créateur d'Albe Ompdrailles,

Le peintre génial des épiques batailles

Et des paysans du Quercy.

Celui qui, dans ses bras, me reçut comme un frère,

Cladel, le vieux lutteur, l'artiste, le bon père,

Et l'ami des jeunes, aussi !

 

Il n'est plus le penseur austère, au front morose,

Le maître joaillier qui sertît dans sa prose

L'héroïsme des va-nu-pieds.

Il n'est plus l'écrivain, vigoureux comme un chêne,

L'athlète qui resta jusqu'au bout dans l'arène,

Nous prodiguant ses amitiés.

 

Il n'est plus ce cœur d'or, ce vaillant et ce juste,

Ce poète nerveux au talent si robuste

Qui cisela le Bouscassié.

Il n'est plus le charmeur que je revis à Sèvres,

Avec ses longs cheveux et le sourire aux lèvres,

Tel, un vieux Christ émacié!...

 

Il n'est plus celui qui dans l'ardente mêlée,

Releva des vaincus l'espérance ébranlée ;

Fier rejeton de Montauban,

Il n'oublia jamais son moulin de la Lande,

Où son âne broutait le trèfle et la lavande

Et gambadait en titubant !...

 

Il n'est plus celui qui nous conta les prouesses

De ses chiens qu'il aimait à combler de caresses,

Et qui le suivaient, tout joyeux,

Quand parfois il partait, son manteau sur l'épaule,

Au printemps, pour rêver à l'ombre d'un vieux saule,

Sous la douce clarté des cieux !

 

Il n'est plus celui qui se montrait doux, affable,

Envers ceux qui venaient pour s'asseoir à sa table,

 

En proie aux caprices du sort !...

Il savait d'un seul mot relever leur courage,

Et lorsqu'ils s'éloignaient de son humble ermitage,

Leur cœur, d'espoir, battait plus fort !

 

Il n'est plus celui qui devant sa maison blanche,

Accrochée au flanc d'un coteau fleuri, qui penche,

Regardait jouer ses enfants :

Marius, Eve, Esther, Judith, Rachel la blonde,

Qui, rieurs, poursuivaient leur course vagabonde,

Et le contemplaient, triomphants !...

 

Il n'est plus ; la maison est triste, désolée,

Et ses chiens sont muets dans leur niche isolée ;

Leur maître ne reviendra plus !...

On ne le verra plus, pensif, sur la terrasse,

Où, naguère, un beau soir d'été, j'avais pris place,

Entre Lemonnier et Reclus !

 

O Maître ! dors en paix, ton œuvre n'est pas morte,

Elle resplendira plus sublime et plus forte ;

Je la relis avec orgueil !

Je me laisse bercer au rythme de ta phrase,

Et j'aime tes héros dont le souffle m'embrase,

Titi Foÿssac et N'a-qu'un-œil !...

 

Oui, j'aime comme toi, le soleil, la nature,

Les bois ombreux où la source claire murmure,

Les gars courbés sur le sillon !...

J'aime les grands bœufs roux aux regards nostalgiques,

Les filles aux yeux bleus, doux et mélancoliques,

Avec leur teint vermillon !

 

J'aime le sol natal et les fraîches idylles,

Les parias, les gueux des champs et ceux des villes ;

Le gai refrain de leurs chansons !...

J'aime quand le zéphyr fait palpiter la feuille,

Le bruit des voix et des doux baisers que l'on cueille,

Blottis, derrière les buissons !...

 

J'aime tes paysans à la mine farouche,

Qui regardent passer les bourgeois d'un œil louche,

Et vont par les sentiers herbeux,

Sourds au chant de l'oiseau sur la blanche aubépine,

Farandol, le tambour, le rusé Margouylne,

Et Celui de la Croix-aux-Bœufs...

 

J'aime tes fiancés, Inot et sa Janille,

Margaridô, la fleur du Quercy, si gentille,

Et la Roumanenque, à l'œil sec ;

J'aime tes va-nu-pieds : Eral, le noctambule,

Vyr, Nazi, Eljaënz, Çardoc, Dogan, l'Hercule,

Les Auryentys, Kerkadec !...

 

J'aime tes faubouriens aux allures si franches,

Tes révoltés, songeant aux futures revanches,

Ton Paul des Blés, au front pâli !

Quouael, le vagabond, amoureux d'une étoile,

Et ton vieux chiffonnier, plus vivant que la toile

Où l'a tracé Raffaëlli.

 

Va, dors en paix, dompteur fier du verbe rebelle,

Toi, qui jusqu'à la mort es demeuré fidèle

A l'impérissable Beauté !...

Maître, pieusement nous gardons ta mémoire,

Car tu fus le meilleur de tous ceux que la gloire

Conduit à l'immortalité !                                        Auguste G

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:41

Cladel fêté à Montauban

 

 

Je retrouve avec une certaine émotion cet article du Gaulois du 8 août 1894. Presque un siècle après je me suis penché longuement sur ce moment d’histoire quand j’ai écrit le livre Qui a tué Léon Cladel ? car le buste a ensuite été déplacé au Musée Ingres, et la peinture ayant elle disparu. Par ces quelques mots on voit revivre une époque où la démocratie allait de l’avant.  J-P Damaggio

 

Hier a eu lieu, à Montauban, l'inauguration du monument élevé, par ses compatriotes, à la mémoire de Léon Cladel. Ce monument, dû à M. Bourdelle, consiste en une stèle en marbre de Carrare bleu turquin, surmontée du buste en bronze de l'écrivain.

Cladel est représenté dans une attitude méditative, qui lui était familière, surtout dans les dernières années de sa vie, une large houppelande jetée sur ses épaules où flottent ses longs cheveux.

Un certain nombre d'amis de Léon Cladel étaient venus de Paris MM. François Coppée, de l'Académie française ; Catulle Mendès, Armand Sylvestre, Clovis Hugues, François Fabié, Maurice Rollinat, etc.

La cérémonie a gardé un caractère privé et littéraire, le gouvernement ayant borné sa participation à l'érection du monument, en donnant une subvention de 1,500 francs au comité, et en rendant un décret autorisant l'érection du monument sur une place publique de Montauban.

Au moment où le voile traditionnel est tombé, les deux sociétés chorales de la ville ont exécuté une cantate sur le Midi, écrite expressément pour la circonstance, sur des paroles de M. A. Quercy, par M. Paul Vidal, grand prix de Rome.

Puis MM. Armand Silvestre, Emile Pouvillon, président du comité, ont prononcé des discours. M. Adrien Hébrard, président du syndicat de la presse parisienne, avait chargé M. Lapauze de remettre en son nom à la ville de Montauban un portrait de Cladel, par Guth.

M. Aicard, président de la Société des Gens de lettres, et M. Zola ne sont pas venus.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:40

Dans le livre présenté par Fabrice Michaux, Poésies de Léon Cladel, 14 euros éditions Arelire (on peut le commande à La Brochure) nous retrouvons cette information que nous reproduisons ici avec l’introduction de Gouzien. Comme le signale Michaux la bataille de Mentana est du 3 novembre 1867. JPD

P.S. Nous avons déjà publié deux fois cette poésie sur ce blog.

 

 

Armand Gouzien dans Le Gaulois 3 décembre 1868

 

J’ai omis dans l’énumération des artistes qui concourent au volume des Sonnets et eux-fortes de Lemerre, Gustave Doré et Léon Cladel, qui ont dessiné et rimé le sonne le sonnet du Lion. En échange de cette rectification, je puis bien commettre une indiscrétion à votre profit, en escamotant au poète un sonnet, adressé à Garibaldi après Mentana.

AUX VELITES.

Indocile à la bride et réfractaire au bât,

Toujours au feu, toujours au fort de la bataille

Exaspéré, frappant et d'estoc et de taille,

J'ai combattu trente ans et plus le bon combat.

 

«Amis, le clairon chante ; amis le tambour bat ! »

On se ceignait les reins, on grandissait sa taille,

On offrait en riant sa poitrine à l'entaille

Du fer ; on courait sus aux hommes en rabat.

 

A ces grands souvenirs si j'ai l'âme occupée,

Ma main cherche à mon flanc la garde d'une épée,

Et je vois l'étendard rouge dans le ciel bleu !

 

Debout ! debout enfants, et si mon bras infirme,

Ne peut plus soutenir ce que ma bouche affirme,

C'est vous ! vous qui tiendrez notre drapeau. De feu !

 

A ses vers, M. Léon Cladel joignit ces quelques mots :

« Ce sonnet devait paraître dans le Nain Jaune. Au moment du tirage, on se ravisa, bien que j'eusse, afin de satisfaire la censure, tronqué le dernier vers du second quatrain.

Pardonnez-moi, général, de mettre dans votre bouche un si petit langage, mais je n'en avais pas d'autre à mon service et voulais à tout prix rendre hommage à l'homme que beaucoup admirent parce qu'il est grand, et que certains, je suis de ceux-là, vénèrent parce qu'il est honnête et fidèle à la chose publique.

A vous de cœur, d'esprit et de bras.

LÉON CLADEL.

 

 

Voici la réponse de Garibaldi au poète :

Caprera, 19 novembre 1868.

Mon cher monsieur Cladel,

Merci pour votre magnifique sonnet et surtout pour votre noble prophétie, dont j'accepte l'augure de cœur. Je suis, avec reconnaissance, votre dévoué.

GIUSSEPPE GARIBALDI.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 14:38

Le Gaulois, 9 septembre 1886

 

LEON CLADEL

Un farouche doublé d'un bon père de famille.

Le vigoureux auteur de Mes Paysans habite depuis plusieurs années déjà son Ermitage de Sèvres.

L'habitation, d'un aspect étrange, demi-italienne, demi-turque, est précédée d'une avant-cour clôturée par un mur percé d'une porte basse !

Un perron vermoulu donne accès au salon, encombré de meubles poussiéreux sur lesquels traînent partout des livres et des journaux.

Un jardin inculte s'élève en pente derrière la maison et sert à la fois de chenil pour les chiens, de basse-cour pour les poules et de lieu de récréation pour les enfants.

Avec sa barbe inculte, sa longue chevelure grisonnante et son large chapeau mou, aux bords graisseux, Léon Cladel a véritablement l'air d'un paysan des Abruzzes.

Un grenier éclairé par une large fenêtre s'ouvrant sur la campagne et sommairement meublé d'une table et d'une chaise en bois blanc, lui sert de cabinet de travail.

De cette fenêtre, l'on aperçoit les magnifiques futaies des bois de Sèvres, Meudon, Ville-d'Avray et la splendide propriété de Brimborion.

L'auteur des Va-nu-pieds vit là, entouré de ses enfants et de ses deux vieux chiens, Famine et Paf qu'il affectionne tout particulièrement.

L'aîné de ses enfants, une ravissante brune de quatorze ans, a un goût très marqué pour la littérature. Cela chagrine son père, qui sait, hélas ! combien ingrate est cette profession.

Léon Cladel reçoit très peu d'amis. Mentionnons parmi eux Champfleury, son voisin, et M. d'Echerac, maire de Sèvres.

L'original écrivain prépare un recueil de nouvelles qui doit paraître chez Lemerre et le deuxième volume de ses Mémoires, intitulés, comme on le sait, Léon Cladel et sa kyrielle de chiens.

MARIUS FENOUIL

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 12:47

premiere-signature-cladel-blog.jpg

 

Dossier des Archives départementales du 82 : 1 M 307.

Il contient les dossiers autour des suites du Coup d’Etat de 1851.

J’ai déjà évoqué l’interrogatoire du jeune Léon Cladel qui avait 16 ans (article Cladel-Poumarède).

Un lecteur de ce blog m’ayant demandé la signature du personnage utilisée à ce moment-là, je l’ajoute aux articles du blog.

JPD

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 16:55

 cladel-commune.jpg

Nous sommes heureux de pouvoir commenter l’édition présentée et annotée par Fabrice Michaux où il a rassemblé des écrits de Cladel, D’un été à l’autre, à savoir de l’été 1870 à l’été 1871 (dans les faits il déborde un peu).

L’érudition de Fabrice Michaux permet de lire des extraits d’œuvre mis dans le contexte de l’époque. Si Cladel est du côté des communards, il ne faut pas oublier qu’ils furent rares les écrivains à se positionner ainsi. De relire Daudet ou Flaubert sur cette question, c’est une bonne manière d’approcher Cladel qui n’a pas le souci des événements précis mais seulement des êtres, hommes et femmes (surtout les femmes jusqu’à sa réécriture de Paul et Virginie). Faut-il y lire du « sentimentalisme » ? Les revendications des héros cladéliens, « le magique programme de la démocratie militante » (expression que je préfère à la supposée démocratie participative quand on sait que par définition la démocratie est participative) se réduisent à quelques généralités : abolition des oligarchies, souveraineté nationale, paix, . Toutes les bagarres entre les divers courants qui dirigent la Commune apparaissent secondaires par rapport au sacrifice populaire.

Et les femmes ne sont donc pas au dernier rang des sacrifiés aussi Fabrice Michaux a raison de rappeler cette phrase d’Alexandre Dumas fils en bonne ^lace au Musée des horreurs : « Nous ne dirons rien de leurs femmes par respect pour les femmes à qui elles ressemblent – quand elles sont mortes. » En 1793 il y avait eu les tricoteuses, en 1871 ce furent les pétroleuses…

Je ne connaissais par l’opinion de Flaubert : « Je trouve qu’on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Mais cela aurait blessé l’humanité. On est tendre pour les chiens enragés, et point pour ceux qu’ils ont mordus. »

Pour conclure donnons la parole à un survivant de la Commune, exilé en Suisse, au moment où le narrateur le quitte :

« Au moment même où ce preux de la démocratie prononçait ces paroles, une corne vachère résonna dans la montagne et presque aussitôt le pâtre suisse qui m'avait conduit à la demeure rustique du proscrit et qui se proposait de me ramener aux abords du chef-lieu du canton, apparut non loin de nous, derrière un nombreux troupeau ; Joseph Eljaênz et moi, nous nous donnâmes alors une fraternelle accolade, et tandis que je m'éloignais sous les claires étoiles, lui, debout entre deux cimes blanches comme les neiges éternelles de la Jungfrau, perdue dans les nues, agitait d'une main son chapeau de feutre, cependant que de l'autre il me montrait à l'extrême horizon, avec un geste fatidique, la France, immense et glorieuse arène prédestinée où, selon lui, vaincu, rejeton de tant de vaincs, le peuple, enfin vainqueur des oisifs et des débauchés qui l'oppriment depuis si longtemps afin de perpétuer dans on ne sait quel farniente leur domination et leur monopole, arborerait sur tous les clochers, sur toutes les tours, sur tous les remparts devenus inutiles, sur les ruines de toutes les bastilles liberticides, au faîte de tous les palais nationaux et municipaux, à jamais radieuse et triomphante, l'oriflamme internationale des travailleurs : ouvriers, artistes et paysans ! »

(Eljaênz, extrait)

Nouvelle parue dans le recueil Raca (1888), datée de février 1879.

 

En une phrase Cladel résume toute une longue histoire….

23-08-2011 Jean-Paul Damaggio

 

D’un été à l’autre, 1870-1871 Sous le regard de Léon Cladel, 180 pages, 15 euros, Editions Arelire, arelire@aol.com

 

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