Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 22:15

cladel-coll-Toc-2.jpg

Accueil sympathique à la Bibliothèque, une vingtaine de personnes, les Cladéliens sont là et je retiens tout d’abord ce dessin inconnu de Cladel apporté par Michel Delpérié. La Une de la République anticléricale qui fait de Cladel un drapeau. Un Cladel moins tourmenté que d’habitude. Mais je commenterai plus tard, ce soir le temps me manque. Ce qui est sûr : le corps de Cladel a toujours été un spectacle.

René Pautal a apporté sa connaissance de Moissac avec des documents inédits qui confirment que Cladel ne pouvait pas mieux vivre l’excitation de la Seconde République qu’en étant à Moissac. Informations que j’ai pu compléter en parlant de Camille Delthil. A Moissac l’hôpital est entouré d’un côté par le boulevard Camille Delthil et de l’autre pour les urgences par la rue Léon Cladel. Une métaphore.

Fabrice Michaux a présenté le livre qu’il publie en tant qu’éditeur, livre qui rassemble les poésies de Cladel et qui est annoté par Thanh-Vân Ton That, livre qui était dans le ton de la journée qui a été surtout portée par la poésie.

Christian Delpérié a pu expliquer qu’en publiant Xilder il a eu conscience qu’il ne publiait pas un inédit majeur de l’auteur mais ce roman écrit en 1889, peu avant la mort de l’auteur témoigne par de beaux passages, des idées et des obsessions de l’écrivain.

Il revenait à Norbert Sabatié de présenter la publication des actes et l’heure de la fermeture avait sonné. Il serait totalement injuste d’oublier l’absent, Frédéric Joli, l’amoureux d’Icres, ce dernier étant un défenseur acharné de Cladel. Il était totalement excusé car ses responsabilités sont grandes et j’en ai donc profité pour le remplacer de façon sommaire en lisant quelques lettres d’Icres que vous trouvez sur ce blog. D’autres viendront car cette amitié entre les deux hommes est symbolique d’un humanisme partagé, un humanisme sans frontière et de tous les temps, un humanisme qui fait chaud au cœur.

Les deux photos témoignent de l’intervention d’un lecteur, Michel Veyres et d’une lectrice Isabelle Castelli, chacun nous faisant vivre avec sa passion, un Cladel toujours aussi géant.

Au total, la moisson est là : depuis le mois d’octobre trois livres nouveaux sur Cladel sont à la disposition du public. Il reste à élargir le cercle. A trouver des personnes capables de porter plus loin la parole de Cladel et son témoignage optimisme en un monde plus juste, plus égalitaire. Xilder est un drôle de titre pour un roman. Cladel poussait son amour de l’égalité jusqu’à vouloir honorer équitablement toutes les lettres de l’alphabet : il fallait donc un roman dont le titre commence par X !  Comme l’a dit Christian Delpérié : on peut ne pas être d’accord avec Cladel mais son indiscutable sincérité est touchante.

Il suffit de consulter ce blog à la partie Cladel pour comprendre que de telles journées, de telles rencontres sont une heureuse incitation à rendre Léon Cladel, sa fille, son fils, sa petite-fille plus présents que jamais. A suivre.

9-04-2011 Jean-Paul Damaggio

isabelle-lisant-le-bouscassie-2.jpgveyres-damaggio-2.jpg

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 22:13

 

Voici d’autres lettres de Fernand Icres. Il mentionne un travail pour un portrait de Cladel car s’il était instituteur, il avait auparavant été dans une école dessin. Ce portrait existe-t-il quelque part ? Ces lettres témoignent d’une amitié qui serait né quand Icres avait 20 ans et qui dura jusqu’à la mort du plus jeune  en 1888. Il y aurait beaucoup à dire mais pour le moment j’en reste à ces textes bruts en attirant l’attention sur ce moment très vivant où dans un café de l’Ariège Icres apprend que le roman Ompdrailles doit passer au théâtre, évènement qui malheureusement n’arrivera pas. JPD

 

Mon cher Parrain

Une lettre d’Haraucourt me presse de faire votre portrait pour Charpentier. Je vous aurais écrit dès la réception de votre dernière lettre mais je n’avais pas encore achevé. Le portrait sera fini du jour au lendemain dès que je le voudrai ; j’aurais besoin, seulement de savoir au juste l’époque et le moment où je dois le remettre. Si, d’ici là, nous avions le temps d’avoir de vous une photographie plus satisfaisante encore nous pourrions en profiter : nous choisirions. Il faudrait pour cela que vous eussiez assez tôt l’occasion de passer chez Cohl ( ?) qui vous attend depuis un mois, 18 rue St Laurent, près de la gare de l’Est. Il en tirerait aussitôt une épreuve à la hâte. Deux jours après, ou trois, tout au plus, l’affaire serait terminée. Qu’en pensez-vous et qu’en dîtes-vous ? En attendant votre réponse, je vais toujours travailler au portrait que j’ai commencé. On verra ensuite…

J’ai été tenu tout cet hiver dans ma chambre par la mise en ordre de mes Farouches que je destine à Lemerre. Ce dernier ne s’est pas encore décidé entre l’acceptation ou le refus de mon Justicier, ce roman, pourtant, m’inquiète moins que le Café de l’autre : il me semble que j’en trouverai plus aisément le placement.

J’ai le plus vif désir d’aller vous voir, mais, jusqu’à présent je n’ai pas eu le temps : il y a si peu de jeudis par semaine. Les bataillons scolaires m’en dévorent la plus grande part. Je guette un hasard propice qui me permette de m’échapper.

A bientôt j’espère.

Veuillez présenter mes meilleurs respects à madame Cladel et embrassez pour moi les enfants.

Comptez toujours cher maître et parrain sur l’absolu dévouement de votre filleul.

Fernand Icres

186 Faubourg Saint Denis

21 février 85

 

Mon cher Parrain

Voilà bien bien longtemps que vous êtes sans nouvelles de votre ingrat filleul, lequel cependant, quoique coupable d’une si noire négligence, éprouve une joie des plus vives à apprendre de temps à autre que son parrain ne parle pas encore de laisser tomber la plume mais bien au contraire continue à la manier encore de main de maître. Cher parrain, vous êtes la cause d’un des rares bonheurs de mon existence et avant d’aller plus loin il est nécessaire que je vous en remercie.

Voilà, hier soir, au Café Anacharsis, aux Bordes sur Arize, en parcourant l’Intransigeant que je venais de recevoir mes yeux sont tombés sur les « théâtres ». J’y ai lu (avec qu’elle fièvre !) que votre Ompdrailles allait enfin se présenter dans la lice pour la grande lutte avec cet adversaire redoutable qu’on appelle le public.

Je ne sais pas si vous avez quelques inquiétudes sur le dénouement de la séance mais je vous assure que je suis, pour mon compte, complètement rassuré là-dessus, malgré que je m’intéresse à cette question presque autant que vous-mêmes. Tous les combats livrés par le carrier de la Grésigne, je l’ai appris dans votre livre sont et ne peuvent être qu’autant de triomphes.. ; Enfin !!

C’est ainsi qu’à deux cents lieues de distance vous m’aurez fait tressaillir d’aise par l’intermédiaire d’un entrefilet de journal, si bien qu’aussitôt après la lecture, brandissant le journal comme un drapeau, j’ai poussé un si formidable juron que tous les clients de l’établissement m’ont regardé, me croyant subitement fou, avec un effarement indescriptible.

Mon Dieu ! pourvu que les auteurs soient à la hauteur du sujet ! Qu’en pensez-vous ? Ompdrailles, Arribial, la Scorpionne sont des rôles d’un poids de plusieurs quintaux sur les grêles épaules de nos cabotins.

Mais je ne veux pas y songer ; cela me gâterait tant, le plaisir que je me promets à cette fête. Elle sera solennelle, j’en réponds et si les lauriers que vous moissonnerez certainement empêchent quelqu’un de dormir, ce ne sera pas moi qui vous applaudirez avec tout ce que j’ai de cœur et de mains.

Dès à présent, je vous envoie l’expression de mon enthousiasme ; puisse-t-il servir à me retremper en mettant, devant les efforts, votre grand exemple, cher maître ; puissé-je tirer de là comme leçon dont beaucoup devraient profiter avec moi, que le travail, la patience, la persévérance, l’opiniâtreté dont vous avez toujours fait preuve doivent être les qualités primordiales de l’écrivain digne et consciencieux qui sait sacrifier le succès immédiat et superficiel à la satisfaction d’avoir bien accompli sa tâche.

Me voilà aux Pyrénées, en convalescence d’une bronchite aigue qui m’a tenu dans ma chambre à Paris pendant de longs mois. Je n’ai malgré cela pas perdu complètement mon temps. Je crois qu’un ou deux livres paraîtront cet hiver et j’en prépare un troisième. Je me porte aujourd’hui fort bien. L’air natal m’a ressuscité et fortifié pour l’avenir. Je suis de nouveau prêt et armé de pied en cap. En avant !

Veuillez présenter mes respects à madame Cladel auprès de laquelle j’ai beaucoup à me faire pardonner et certifiez lui qu’à mon retour à Paris ma première visite sera pour vous. Ne m’oubliez pas auprès de votre adorable famille.

Votre absolument dévoué Fernand Icres aux Bordes sur Arize Ariège

 

Mon cher Parrain,

Je viens de recevoir le volume de Quelques sires et de lire la très flatteuse dédicace que vous avez bien voulu inscrire en mon honneur au devant d’Histrion, une nouvelle que je vais d’abord dévorer, avant les autres. Merci un million des fois du glorieux témoignage de votre sympathie ainsi accordée par vous, le maître impeccable, au plus humble des élèves, au plus reconnaissant des filleuls, au plus sincère des admirateurs.

J’ai une grande hâte de voir arriver les congés de pâques pour aller à Sèvres vous présenter tous mes sentiments de gratitude et me retremper enfin un peu dans votre encourageante bienveillance.

Ne m’oubliez pas auprès de Madame Cladel et des chers enfants et considérez moi toujours comme votre absolument dévoué

Fernand Icres

186 Faubourg Saint Denis

28 ars 1885

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 15:20

portrait-cahier-2.jpg

Léon Cladel et Camille Delthil furent dans la même classe au collège de Moissac à la rentrée 1848-1849. Rentrée particulière si l’on en croit Léon puisqu’il avait été renvoyé du collège précédent à Montauban, pour avoir sonné les cloches de joie en apprenant la Révolution de Février !

Il est donc émouvant de feuilleter le cahier de devoirs de Cladel qui est aux archives départementales du TetG (17 J 1 ). Il s’agit de devoirs de latin et de grec mais le cahier est agrémenté de quelques dessins dont il est impossible de dire l’auteur.

Le passage le plus amusant se trouve en dernière page quand on découvre un tableau qui semble être un relevé de notes d’enfants de la classe où le premier de la liste est Cladel et le dernier Delthil, l’un se défendant très bien pour le thème latin et l’autre pour la version. Ils se complétaient à merveille semble-t-il.

Aujourd’hui, dans la géographie de Moissac les deux hommes se donnent la main autour d’un hôpital que la population tente de défendre. La grande entrée sur trouve sur le boulevard Delthil et les urgences sur la rue Léon Cladel.

Un poème ouvre le cahier mais un poème écrit bien plus tard.

Toute l’Europe est sous les armes

C’est le dernier râle des rois

Soldats, ne soyons pas gendarmes

Soutenons le peuple et ses droits

les républiques nos voisines

Que les Alpes soient des collines

pour nos chevaux et nos canons (bis)

aux armes (bis) et courons aux frontières

qu’on mette au bout de nos fusils

les oppresseurs de nos pays

les Changarnier, le ( ?)

les peuples sont pour nous des frères

des frères, des frères

et les tyrans des ennemis.

 

notes-cahier-2.jpg

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 15:17

 lettre-icres-2.jpg

Les Archives Départementales du Tarn-et-Garonne possèdent quelques lettres de Icres à Cladel. Nous avons déjà évoqué deux fois les liens entre les deux écrivains

Cladel présente Icres

Cladel et Icres

 Voici aujourd’hui la copie de trois lettres du dossier 17 j 7 qui contient le manuscrit du texte de Cladel présentant Icres. 6-04-2011 JPD

 

Mon cher Parrain,

Je sors de lire Ompdailles. Vous avez bâti là, prodigieux maçon de notre chère langue française, un monument cyclopéen, un cirque immense et impérissable, tout de granit et de fer, auquel une rapsodie d’Homère ne pouvait servir que de portique ou de vestibule.

Quelle œuvre, Triple Dieu !

Je suis encore pantelant des émotions terribles qui m’ont serré la gorge pendant 300 pages. Vous m’avez tour à tour glacé de terreur, paigné d’angoisse, transporté d’enthousiasme, et, je le dis sans honte, bien des fois dans le cours de ce beau poème j’ai senti se mouiller mes yeux où cependant les larmes montent guère facilement.

Ah ! ami, notre arène littéraire compte de nombreux et vaillants lutteurs ; bien des hercules y manient la lourde plume avec une vigueur et une adresse qui leur méritent certainement les applaudissements de la foule… Soit. Je les ai tous en très profonde vénération et je m’incline devant leurs noms si souvent acclamés et à si juste titre.

Mais Ompdrailles a surgi.

Et, mon cher Parrain, vous les terrassez tous aujourd’hui, tous, même le Vétéran blanchi dans le harnais à qui vous dédiez le livre avec la modestie qui vous honore sans doute mais qui doit l’honorer encore davantage, lui qui désormais n’est auprès de vous que ce que pouvait être le vieil Arribial devant son magnifique vainqueur.

Donc, laissez-moi crier bravo de toutes mes forces, à votre éclatante victoire, mais votre dévot admirateur que vous avez-vous-même produit si jeune et si novice dans le redoutable calysée de l’Art. Je m’efforcerai de m’y montrer digne de votre patronage. Et si, à de certains moments, je me sens faiblir du jarret et du cœur, ô Maître, soutenez de votre bras et enflammez de votre exemple, comme vous l’avez fait jusqu’à présent, celui qui s’enorgueillit d’être

Votre filleul et votre élève

Fernand Crésy

5 rue Gambetta

 

Mon cher Parrain

J’ai pu passer chez Ollendorf le voir et faire la commission dont vous m’avez chargé. Il est généralement chez lui tous les jours à 10 heures du matin. Pour plus de sûreté vous pourriez lui écrire ; il sera disposé à s’entendre avec vous sur le jour et l’heure d’une entrevue.

Je suis malade depuis déjà deux mois de violentes douleurs dans les reins et dans le dos. J’ai besoin de suivre un traitement et dans ce but je suis en train de solliciter un congé que je n’ai encore pu obtenir après une foule de démarches.

Rollinat que j’ai vu hier au soir et qui part aujourd’hui même pour la campagne, m’a dit qu’il vous avait vu récemment et m’a annoncé que la petite manou était souffrante. Qu’a-t-elle donc, cette chère enfant ? La dernière fois que je suis allé à Sèvres, madame Cladel prétendait qu’elle allait mieux. Serait-elle retombée plus malade ?

J’irai peut-être vous voir cette semaine, où plutôt dimanche prochain avec Haraucourt. En attendant, donnez-moi, je vous prie, des nouvelles de la petit manou.

Veuillez présenter mes plus respectueuses salutations à madame Cladel.

A vous mon entier dévouement

Fernand Crésy

Voici l’adresse de Paul Ollendorf : 28 bis rue de Richelieu

 

Mon cher Parrain

Je viens de recevoir votre nouveau volume : la Kyrielle des chiens. Avec vous, un livre n’attend pas l’autre.

Demain nous allons vous voir avec Haraucourt sur la Vesprée. Son emploi au ministère ne lui permettant pas de s’absenter très tôt nous ne serons guère là-bas avant cinq heures.

Il y avait beau temps que je soupirais après ce voyage. Il me tarde beaucoup de causer un peu avec vous. Enfin !

Veuillez me rappeler au bon soin de madame Cladel et de la petite famille.

A vous cher parrain et maître de tout cœur et pour toujours

Fernand Icres

186 Fg Saint Denis

7 avril 1885

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 19:38

 

Le pavillon des princes : histoire complète de la prison politique de Sainte-Pélagie depuis sa fondation jusqu'à nos jours

Émile Couret ; avec quelques mots en forme de préface d'Achille Ballière

Éditeur : E. Flammarion (Paris),  1891

 

Extrait :

En 1877, vint le tour de Gabriel Deville, révolutionnaire-socialiste de l'école de Jules Guesde et qui, plus tard, fut rédacteur au Cri du Peuple et au Socialiste; de Léon Cladel ; de Filiâtre, gérant, de l'Evénement, son complice, ancien chasseur d'Afrique ; et du cordonnier Bolâtre, écroué plusieurs fois sous l'Empire, comme gérant de la Marseillaise de Rochefort, et alors comme gérant des Droits de l'Homme.

Léon Cladel avait publié, dans l'Evénement, un article littéraire intitulé, une maudite, sorte de plaidoyer en faveur de la Commune vaincue.

N'osant pas le poursuivre, pour délit d'apologie d'un fait qualifié crime, le Parquet fouilla sa belle prose pour y trouver quelques expressions outrageantes pour la morale publique, et on lui infligea un mois de prison.

Arrêté à la sortie de l'audience, il fut conduit à Sainte-Pélagie, entre deux gardes municipaux, passé à la toise, fouillé, examiné, et placé dans le Salon de la Gomme.

A cette époque, on fermait les cellules à cinq heures du soir.

Léon Cladel s'ennuya beaucoup.

Poète, il souffrait entre les murs de sa cellule, où les impressions et les couleurs lui manquaient, où toutes ses sensations étaient douloureuses.

Il déjeunait, le plus souvent, avec sa femme et sa fille aînée, se promenait le reste du temps dans la cour, pensant et méditant, mais ne pouvant travailler, tant la prison lui causait d'ennui et de lassitude.

Vingt-quatre heures après son départ, Jean Richepin vint occuper sa cellule.

La Chanson des Gueux fut traitée d'immorale cette œuvre superbe insultait à la pudibonderie de l'Elysée et de la Réaction, et Richepin, le grand poète, dut aller à Sainte-Pélagie méditer sur l'hypocrisie de ses juges.

Il s'est vengé de cette condamnation par une belle poésie.

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 14:32

En attendant la réédition prochaine des œuvres du Cladel poète (présentation à Moissac le 9 avril) voici ce court texte issu d’un site que vous pouvez retrouver en cliquant sur le titre. JPD

 

Léon CLADEL : EAUX-FORTES

Revue nouvelle, 2ème livraison, 1er janvier 1864

La Déesse

Il est trois heures ; il pleut ; elle n’ira pas au bois. Ses femmes l’entourent. On la maquille, on la peigne, on l’attife ; elle recevra. On la maquille, et pourtant telle que la fit la nature, elle est belle à séduire d’Arbricelle, à donner le satyriasis à saint Antoine. Ni grande ni petite, ni brune ni blonde, pâle sous son énorme chevelure aux reflets de jais et de cuivre, elle a des yeux hautains comme Athénaïs de Solanges, familiers comme Dorine. Taillée comme l’Aphrodite de Gnide, elle minaude à la façon de madame Arnould-Plessy, elle rit ainsi que Bernerette.

On annonce le marquis du Rosaire : « Qu’il attende ! Clotilde, dit-elle, mettez-moi mon collier de reliques. »

On annonce lord Ryde of Rydonshire : « Qu’il attende ! Clotilde, mes éperons, ma cravache ! »

On annonce madame d’Omps : « Qu’elle attende, la chère belle ! Clotilde, mes diamants, des diamants aux mains, aux pieds, partout ! »

On annonce l’abbé chevalier de Régillis : « Qu’il attende ! Clotilde, vite, une mouche au coin de l’oeil… plus fine, plus assassine que cela. »

On annonce le général Goret, duc de San-Luca : « Qu’il attende, qu’il attende, Clotilde, mes sels ! »

On annonce le poète Aloysius Bertram [sic] : « J’y vais… Clotilde, du noir aux yeux, du blanc… O Clotilde, fais-moi pâle, fais-moi mélancolique ! »

****

Note : Léon Cladel et le poème en prose

Léon Cladel (1834-1892) est surtout connu pour avoir débuté par un roman, Les Martyrs ridicules, publié chez Poulet-Malassis et préfacé par Baudelaire (1862), récit que devaient suivre notamment plusieurs romans paysans évoquant son Quercy natal. Il devrait être mieux connu pour avoir écrit un des plus grands romans sur la Commune, après L’Insurgé de Jules Vallès : I.N.R.I. qu’aucun éditeur n’a voulu prendre le risque de publier de son vivant. Ce texte ne paraîtra qu’en 1931, presque 40 ans après la mort du romancier, sous une forme tronquée avec une préface de Lucien Descaves (autre romancier de la Commune et, par ailleurs, grand admirateur de Gaspard de la Nuit). Il faudra attendre 1997 pour que les éditions du Lérot en donnent enfin la version intégrale.

L’oeuvre poétique de Cladel est nettement moins connue. Elle comprend, outre des poésies en vers dispersées dans les petites revues et regroupées tardivement en 1936, une série de poèmes en prose dont certains seulement ont été recueillis en volume en 1880 et 1889. Ce n’est pas le cas du texte reproduit ci-dessus, La Déesse, le premier sans doute à faire d’Aloysius Bertrand un personnage de fiction. C’est le deuxième poème en prose d’une série de neuf publiée par la Revue nouvelle, le 1er janvier 1864, sous le titre Eaux-fortes.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 16:16

Journée Cladel, 9 avril Médiathèque de Moissac

14 h 30- 17 h

 

 Cette journée permettra surtout de présenter l’édition des actes issus des deux journées précédentes.

Voici un programme soumis à des modifications possibles de dernière minute.

 

14 h 30 René Pautal présentera Moissac au moment où Cladel y fait ses études (au tournant de 1848).

15 h Jean-Paul Damaggio évoquera les rapports entre Camille Delthil et Léon Cladel

15 h 20 Frédéric Joli témoignera des liens entre le poète Icres et Cladel

15 h 40 Fabrice Michaux présentera la réédition prochaine des poésies de Cladel

16 h Christian Delpérié sera présent avec l’édition d’un inédit de Cladel : Xilder

16 h 20 Norbert Sabatié fera le point sur l’édition des actes.

 

Des lectures seront proposées par Michel Veyres et Isabelle Castelli.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 11:22

 

cladel-moissac.jpgLe 9 avril à partir de 14 h 30 à la Médiathèque de Moissac vont se tenir les troisièmes journées Léon Cladel organisées par la Compagnie des Ecrivains du Tarn-et-Garonne.

Elles permettront la présentation des actes qui concernent les deux journées précédentes tenues avec la participation d’Isabelle Castelli, Jean-Paul Damaggio, Cédric Gonnet, Fabrice Michaux, Norbert Sabatié, André Serres, Thanh-Vân Ton-That, Michel Veyres et Jean-Bernard Verdoux.

A cette diversité d’intervenants, la publication des actes ajoute une iconographie réunie par Norbert Sabatié qui, pour un certain nombre d’éléments est totalement inédite.

Les liens de Cladel avec Moissac étaient très forts et seront largement évoqués.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 23:29

cladeldelperie.jpg

Le Petit Journal du 10 mars publie un très bel article sur l’édition de l’inédit Xilder, de Cladel. Nous l’avions présenté dès sa sortie dans l’article suivant :

Xilder de Léon Cladel

Il donne la parole à Christian Delpérié (sur la photo) qui a eu le mérite de décrypter l’écriture de Cladel (les Editions la Brochure ont publié également un inédit de Cladel mais recopié par sa fille…) et d’annoter de belle manière le livre.

11-03-2011 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article
9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 18:26

xilder-cladel.jpg

 

Dans une rue de Montauban je croise un ami qui m’indique la publication d’un livre de Cladel disponible chez Deloche. Comme c’était là ma direction, j’entre dans le magasin et je demande le livre. Première surprise, ce n’est pas une réédition mais l’édition d’un inédit que j’avais consulté à la BM de Montauban. Deuxième surprise, le libraire m’indique que c’est son serrurier qui est l’auteur de ce travail : recopier le manuscrit, trouver un éditeur (Publibook éditeur à la commande) et présenter puis annoter le livre.

Je félicite Christian Delpérié pour ce travail courageux et je suis sûr que Cladel aurait été heureux d’apprendre qu’un artisan se soit lancé dans une telle opération.

Nous reviendrons sur le contenu du roman. JPD

Xilder, Léon Cladel, Publibook, 184 pages, 20 euros

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure
  • Le blog des Editions la Brochure
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche