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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 17:49

Mercredi 14 mai : la grève se généralise dans l’Education

 

1 ) Plus que jamais c’est l’heure de suivre les infos locales et nationales, professionnelles et interprofessionnelles, syndicales et non syndicales etc. Parmi toutes ces infos, le tri s’impose. La question majeure est de savoir qui va continuer la grève. Localement La Dépêche indique ce que je savais dès lundi soir : la grève reconduite aux impôts, peut-être à la gare et dans les écoles. Et ailleurs ? A midi la télé montre des images du blocage maintenu à la RATP. Sur France 3 le reportage donne même la température à l’intérieur d’une AG : les responsables syndicaux FO et CGT annoncent que la reconduite de la grève, ce n’est pas le moment puisqu’ailleurs c’est calme et résultat, l’AG reconduit la grève avec des responsables qui s’y rallient.

 

2 ) Pour l’Education nationale La Dépêche rend compte du développement du mouvement sur le caussadais alors qu’au collectif montalbanais peu de discussions portèrent sur ce secteur. Une manifestation locale y est annoncée pour le lundi 19 à 18h30 ce qui pourra permettre à tous de participer. Première manif de cet ordre qui sera un test à sa façon. Après les réunions d’information voici donc la décentralisation des manifestations.

 

3 ) Sur Internet, j’ai un écho de la réunion de Moissac de la veille. Une collègue en sort motivée pour susciter la même chose sur le calme secteur de Valence d’Agen. Elle constate en effet une bonne écoute de la part des parents, bonne écoute qui va jusqu’à susciter des piquets de grève dans des écoles rurales. Encore une innovation qu’il faudra analyser sur le tas à Saint-Nicolas par exemple.

 

4 ) Côté information je suis satisfait par l’appel de l’AG des grévistes du Tarn car il pointe avec précision des objectifs à atteindre. Je pense que c’est un des premiers du genre.

 

5 ) Les piquets de grève ont bien fonctionné à Castelsarrasin et Moissac si bien qu’à Castelsarrasin la majorité des présents décide de les reconduire. Il y avait pourtant le besoin d’avoir du monde pour la manif de Rodez, et, renouveler cette forme d’action, ça risque d’être contre-productif. Le barrage n’était pas du même type qu’à Bourdelle puisque les élèves purent rentrer. Il s’agissait d’être dissuasif pour l’entrée du personnel.

 

6 ) Sur les objectifs de la grève, ma compagne dans son compte-rendu de sa participation au piquet de grève et à l’AG qui suivit, constate que son souhait d’un slogan moins vague que « pour l’avenir de vos enfants » a été mieux entendu.

 

7 ) L’après-midi la petite réunion de constitution du syndicat SUD éducation en TetG a permis un bel échange et la mise en place de décisions pratiques. Il y aura à la rentrée un syndicat « SUD éduc », comme disent les initiés, au service de ceux qui veulent y participer.

 

8 ) L’idée n’est plus celle d’un grand syndicat rassemblant beaucoup de salariés (malheureusement cette époque est achevée) ; un petit regroupement permettra à chacun d’y agir librement tout en participant à la construction d’une action collective. Incontestablement la tâche est un peu folle car beaucoup de collègues, parmi les plus jeunes, ont surtout besoin du syndicat pour régler des questions pratiques et personnelles en lien avec le mouvement, les promotions, les stages etc. L’administration néglige ce rôle.

 

9 ) Un fait encourageant : dans d’autres départements, en quelques mois, des militants réussirent à bâtir de vraies structures, preuve que SUD éducation a le vent en poupe.

 

10 ) L’analyse du mouvement, faite au cours de cette mini-réunion, démontre que les non-syndiqués y prennent une grande part. Une preuve de la crise du syndicalisme et le fait que des enseignants préfèrent s’activer fortement sur le court terme plutôt que de « s’enraciner » dans une structure pour affronter les problèmes au quotidien. Obliger les responsables syndicaux à une rotation des responsabilités permettrait peut-être une meilleure rencontre entre les deux cultures, celle du sprinter et celle du coureur de fond.

 

11 ) Mais laissons à plus tard des réflexions qui risquent d’énerver ceux qui sont sur le terrain jusqu’au cou, mobilisés à 100 à l’heure pour emporter le morceau. Je pense à mon ami Claude Rossignol à Castres.

 

12 ) Je décide de compléter ma pancarte pour la manif de Rodez, une manif qui sera surtout celle du personnel de l’Education nationale. Je vais y installer une face contre la décentralisation-privatisation avec le même dessin mais en changeant les bulles.

 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 17:46

1 ) Tout commence par l’AG des enseignants qui décide de reconduire la grève jusqu’à samedi. Je constate une participation équivalente à celle du mardi précédent. Les premières interventions dénotent une importante volonté d’action puisque pour le lendemain 3 lycées préparent un blocage :  Castelsarrasin, Moissac, Capou.

 

2 ) Pour le même jour, le mercredi, une distribution de tracts est prévue au plus grand carrefour de la zone industrielle à Montauban. L’action part dans tous les sens puisque j’apprendrai dans la manif de l’après-midi que sur le secteur de Caussade, il y aura aussi des piquets de grève vers les collèges de Nègrepelisse et Saint-Antonin.

 

3 ) L’AG se centrera sur la poursuite du programme d’action élaboré par le Comité de grève : le jeudi manif à Rodez, le vendredi blocage de l’Inspection Académique (IA) (aujourd’hui environ 30% du personnel y est en grève – un chiffre que l’IA a du mal à calculer !) et nouvelle AG pour décider de la suite. Si les chiffres de la participation à la grève sont très importants pour aujourd’hui (dès 10h l’IA sait que 82% du Premier degré est en grève !) par contre, rien pour les journées non nationales. Dans les collèges la grève serait très suivie.

 

4 ) Le responsable du secteur de Moissac indiquera qu’à l’AG une instit présenta un dossier sur la question des retraites et qu’en effet, il faudrait penser aussi à ce sujet (peut-être pour le débat le soir même à Moissac avec les parents ? ). Quelqu’un interviendra au sujet du Lycée Michelet pour préciser que ça bouge aussi.

 

5 ) A l’heure du repas, aux informations, le responsable national de la CGT menace le gouvernement d’une grève reconductible début juin après la grande manif du 25 mai. Une fois de plus nous entrons dans la grande programmation de la révolte ! Par ailleurs. Les sondages indiquent un bon soutien populaire à la grève d’aujourd’hui.


6 ) A l’heure de la manif
, j’y suis avec mon panneau personnalisé. Lieu de retrouvailles et de bonnes discussions. Le mardi précédent les enseignants furent 650 dans la rue et aujourd’hui nous sommes 5000. Puis-je en déduire que chez les enseignants la coordination des deux luttes, décentralisation et retraite, est plus vitale que jamais ? Dans le mouvement syndical j’ai dénonceé très tôt la privatisation rampante qu’on appelle poliment décentralisation, donc je ne sous-estime pas cette revendication, mais pour battre Raffarin, le rapport de force interprofessionnel est indispensable comme il l’est pour sortir de notre corporatisme. Un échec du pouvoir sur les retraites entraînerait une mise à mal de la décentralisation : l’inverse je n’y crois pas.

 

7 ) La manif  est une manif monstre qui remet dans l’air l’esprit de 95. Avec bien sûr les petites guerres entre organisations syndicales. Cette fois-ci, en guise de banderole unique la CGT des Cheminots a mis la sienne, qui mène le train. Ces querelles apparaîtront au grand jour au moment de l’AG interprofessionnelle dotée d’une bonne sono.

 

8 ) Pour cette AG il devait y avoir de rapides prises de position des dirigeants pour laisser la parole aux secteurs en lutte. En fait, le responsable de la CGT me laissa le temps d’aller déposer ma pellicule photo achevée, à 800 m de la manif, et de revenir, avant d’achever ses propos. Viendra le tour de la CFTC, puis le responsable de l’UNSA indiquera que la manif sur l’emploi prévue pour le samedi matin a été annulée pour cause d’absence de Sarkozy. Peu après, le responsable de la FSU mit au voix le maintien de cette manifestation, obtenant l’adhésion de la foule. Moment étrange car le responsable de la FSU avait toujours évoqué l’unité comme une religion.

 

9 ) Ce matin les enseignants, à leur AG, avaient programmé pour ce fameux samedi, une chaîne humaine autour du marché. Ce sera plus qu’une chaîne car nous allons assister à une nouvelle manifestation monstre. Une observation : il est bien de fédérer les revendications (la manif se centrera sur la défense de l’emploi) mais à condition de ne pas perdre de vue le but final.

 

10 ) Ce but final a été rappelé à la tribune par le responsable du G10 Solidaires : faire céder le gouvernement ce qui passe par l’appel à la grève reconductible dès aujourd’hui sinon le calendrier risque de nous piéger. Ce but final a été rappelé par deux membres du collectif de grève des enseignants : arriver aux 40 ans, ce sera l’échec, donc il appartient aux gens en lutte de contrôler les éventuelles négociations. Une question reste entière dans l’éducation : pourquoi, l’appel à la reconduction de la grève par tous, possible à Montauban, reste impossible nationalement ? En effet, je n’ai pas connaissance que la FSU ou l’UNSA à Paris appellent à cette grève reconductible que la CGT projette pour Juin. Il est vrai, le responsable de la CGT rappela que les organisations syndicales vont se rencontrer demain pour décider de la suite. Alors tous à l’écoute des infos !

 

11 ) Pour être concret, en plus des enseignants, seul le responsable CGT du secteur santé de l’hôpital est intervenu pour rendre compte de son secteur. Il indiqua que la lutte allait se poursuivre sous diverses formes sans employer le terme poursuite de la grève. Et les cheminots ? Et les PTT ? Et la DDE ? et tant d’autres ? Je reste sur ma faim. Après cette belle journée, si le prochain rendez-vous c’est le 25 mai, espérons que d’ici là les enseignants auront gagné sur la décentralisation : ça mettra du baume au cœur.

 

12 ) Aujourd’hui 13 mai, en Autriche, manifs monstres contre le projet de retraites et en Allemagne mouvement social important sur les mêmes sujets. Nos gouvernants ont vendu presque tous les bijoux de famille sous prétexte de privatisation : il leur reste à vendre les droits sociaux et en dernier ressort pour Raffarin, la Tour Eiffel. J’ai beaucoup économisé pour pouvoir l’ajouter au jour J, mais voilà, avec les retraites qu’on me prépare, elle va me passer sous le nez. Quelle tristesse !

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 15:27

Extraits d'un journal de la grève : Lundi 12 mai 2003

Paroles enfantines :
Un enfant de 8 ans déclara tout d’un coup au maître :

- Je trouve que la vie adulte c’est la vraie vie.

 

 

1 ) En ce jour de grève l’emploi du temps se bouscule : piquet de grève au Lycée Bourdelle, réunion de secteur à Beaumont ou réunion du collectif à Montauban ? Je privilégie la réunion de secteur d’autant qu’en milieu rural la situation est plutôt calme. En fait, je vais la rater et je file à la réunion du collectif.

 

2 ) Donc que se passe-t-il à Montauban ? L’opération « Lycée mort » devant le Lycée Bourdelle a réussi. L’établissement a été bloqué dès le matin, et pendant ce temps le collectif essaie de travailler. Peu de banderoles « école en lutte » ont été utilisées sur les écoles primaires. Un ami me faisait remarquer qu’il aurait aimé connaître la raison de la lutte mais, bon, c’est ainsi, on avance dans le flou. La circulation de l’information devrait finir par le renseigner et, à cet effort auquel s’attache le collectif de grève, il s’en ajoute un autre : rassembler toujours plus de monde. Un journal de la grève est réalisé à cet effet.

 

3 ) Les responsables de la FSU et de l’UNSA arrivent à la réunion du collectif. Ils annoncent qu’il faut s’organiser pour le déplacement à Rodez et que la manifestation prévue le samedi matin à Montauban est annulée puisque Sarkozy ne vient pas. Le responsable de la FSU précise qu’il regrette cette décision. Y en a-t-il une académique de prévu ce jour-là ? Celle du Samedi 10 a déjà eu lieu, répond le responsable de l’UNSA (une façon d’éviter toute référence à des projets toulousains). Certains regrettent cette annulation du samedi matin. D’autant qu’on nous renvoie à la grande manif nationale du 25 !

 

4 ) L’Assemblée générale devant Bourdelle est très paisible : c’est la première fois qu’aucune décision n’est prise. C’est vrai, des propositions se font jour : un autre lycée bloqué ? le départ à Rodez ? appeler les écoles ? Tout ça manque de répondant. Un intervenant indique qu’il regrette l’abandon de la manif du samedi matin, sans recevoir la moindre réaction. Etre entrain de pique-niquer et construire une action ne vont pas forcément ensemble.

Sur ce piquet de grève toute banderole syndicale a été écartée.

 

5 ) Alors que l’action de blocage est une réussite (elle a donné lieu à diverses discussions avec quelques récalcitrants) je ressens déjà comme un flottement, comme une fatigue. Pourtant, en même temps, la mobilisation se fait réelle avec des grévistes un peu partout. Les enseignants de Bourdelle annonce la poursuite de la grève pour mercredi sans s’engager au-delà. Un responsable du SNES remercie les participants par un discours creux, où il s’écoute un peu parler.

 

6 ) Plusieurs amis ressentent l’attentisme des organisations syndicales nationales comme un frein car le calendrier est clair : plus les jours passent et plus il sera difficile de poursuivre la lutte. Je rentre chez moi en prévision d’une autre réunion où nous sommes attendus avec ma compagne.

 

7 ) Je rassemble diverses informations sur les journaux et sur internet avec un site sur les bahuts, un site surtout élaboré par la Seine St Denis. La diversité du mouvement est source de sa force et de sa faiblesse. Sa force car chacun se met en grève sur la base de ses propres revendications et sa faiblesse car, à l’heure des comptes, il sera difficile de savoir si les dites revendications ont été satisfaites.

 

9 ) Un ami m’indique que la réunion de SUD éducation ne pourra pas avoir lieu comme prévu car les calendriers se chevauchent. Il va falloir réfléchir à sa réorganisation pour tenter une discussion minimum quant à l’avenir de la structure.

 

10 ) Avec le G10, nous faisons le point, à une quinzaine, sur l’état de l’action contre le projet Fillon. Le mouvement enseignant est à peine connu, par contre ce qui semble évident, à tous, c’est que le calendrier du gouvernement sur les retraites est bien ficelé et que la riposte fait de la journée du 13, le pivot central de l’éventuel déclenchement d’un mouvement plus dur. Fixer le regard sur la journée du 25 c’est plier la révolte dans une grande messe qui apportera quelques satisfactions aux revendications les plus maigres, mais pas une victoire plus fondamentale. Aujourd’hui, nous payons la note du mouvement de 95 qui, tout en sauvant les retraites du public, laissa en l’état celles du privé. La loi Balladur n’ayant pas été remise en cause, ni hier, ni pendant le gouvernement de la gauche, le prétexte de l’alignement du public sur le privé reste une ficelle entre les mains du pouvoir.

 

11 ) Pour mesurer la combativité d’un syndicat, il suffit de chercher ceux qui organisent des assemblées générales de grévistes sur le lieu de travail. Dans l’éducation, elles se sont plus ou moins généralisées depuis le 6 avril, mais ailleurs elles sont inexistantes. Dans le secteur du Trésor et chez des cheminots l’appel à reconduire la grève aura lieu mais, s’ils ne sont pas suivis majoritairement, alors ça s’arrêtera aussitôt. Observons à cette occasion que l’esprit interprofessionnel a aussi ses propres limites au sein du G10 Solidaires. Il sera par exemple impossible de savoir ce qu’a décidé localement SUD PTT alors que la réunion se tient dans le local de SUD PTT.

 

12 ) Je me prépare aux interventions de demain pour demander l’articulation bataille contre Fillon et bataille contre Ferry, en bref une bataille contre la politique de Raffarin. Peut-on à cette occasion alimenter une réflexion plus générale sur le pouvoir ? Côté pouvoirs syndicaux, j’observe qu’ils se font discrets dans l’Education, apportant tout de même la logistique.

 

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 15:12

Le 12 mai 2009, les Editions La Brochure sont à Mazamet pour évoquer la grande grève victorieuse du premier trimestre 1909, une grève en pleine guerre sociale évoquée au même moment dans L'Humanité par Jean Jaurès.

12 mai 1909
L’Humanité

A Jeudi

C'est une atmosphère lourde qui pesait hier sur la majorité. Un parti pris d'ignorance et de violence réactionnaire. Par moment il semblait qu'elle fut résolue à ne rien voir, à ne rien entendre et à frapper. Pourtant, l’effort des deux orateurs socialistes n'aura pas été inutile. Sembat dans une argumentation précise et forte a montré à tous les républicains qu'ils ne pouvaient approuver les poursuites contre les postiers sans installer décidément en France un régime de basse tyrannie et d'abjecte police. Willm, en détaillant le dossier des agents révoqués, en montrant sous quels. misérables prétextes, ils ont été frappé, a éveillé dans plus d’une conscience des lueurs d’inquiétude et de doute. Et même si ces lueurs s’éteignent sous la volonté ministérielle, la force morale de la réaction est dès maintenant amoindrie. Mais je n’offenserai point nos amis en disant que c'est le discours de M. Barthou qui a le mieux révélé aux radicaux vers quel abîme de réaction ils allaient.

C'est tout le Barthou du ministère Méline qui reparaissait avec ses évocations du spectre rouge, avec ses appels à la peur, avec son exploitation, cyniquement réactionnaire du patriotisme. Ceux des radicaux qui espéraient encore que la réaction clémenciste sauverait du moins quelques apparences et ménagerait en eux un reste de pudeur, ont été avertis par le discours de M. Barthou qu'on attendait d'eux maintenant la réaction déclarée, brutale, grossièrement policière.

A mesure que parlait le ministre de Méline-Clemenceau un malaise envahissait la majorité et ce malaise remontait lourdement vers l'orateur lui-même, épouvanté par intervalle de l’effet inquiétant produit par cette reprise d'un vieux rôle. La Chambre a remis à jeudi la suite du débat, comme si elle avait honte de la besogne qu'on attend d'elle, comme si elle voulait se donner encore un peu de temps pour chercher une issue.

Le parti radical saura-t-il profiter de ce délai pour se ressaisir, nous le verrons bien. On dit que quelques-uns voudraient aussitôt après le vote sur les postiers soulever un débat sur la politique générale. Mais c'est dans les procédés de police et d'iniquité appliqué à la répression du mouvement des postes que se marque le mieux la politique générale du ministère ; c'est là qu'il faut l’atteindre et la frapper si on ne veut pas se condamner à gesticuler dans le vide.

En tout cas, la remise du débat à jeudi a paru indisposer et alarmer les ministres ; ils avaient espéré enlever le vote d'un tour de main, et voilà que leurs sophismes, leurs mensonges, pourront être analysés à fond. Voilà que la politique de réaction brutale affirmée par M. Barthou avec des fanfares manquées qui sentaient parfois la chamade, pourra être dénoncée au pays.

Les gouvernants n'échapperont pas aux responsabilités formidables qui pèsent sur eux.
Jean Jaurès

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 11:09

1 ) Si l’on reprend le point 10 du précédent journal, il était noté au programme du 7-05 : « éventuellement un rassemblement devant l’I.A. à 15 h ». Vu que, pour le Premier degré en général et pour une part du Second degré, le 7 était journée de grève, en fin d’AG du 6 quelqu’un proposa, alors que l’attention était au plus bas, cette idée de rassemblement. La proposition a été reprise, le téléphone a fonctionné, et environ 150 personnes se sont retrouvées devant l’IA avec décision d’une nouvelle AG au Collège Ingres de 16h à 18h.

 

2 ) Cette AG a rassemblé environ 80 personnes dans un lieu plus propice au débat que la cour du lycée Bourdelle. Après un tour d’horizon de la lutte, sa mise en place est apparue comme très sérieuse. En commençant par le Lycée de Capou où la grève a continué avec 30% du personnel environ.

 

3 ) Point chaud, le Lycée Bourdelle. De 54% de grévistes la veille, le pourcentage a baissé à 30% avec une AG le matin même, forte en moyenne d’une soixantaine de personnes qui décidèrent une action exceptionnelle pour le lundi : blocage du lycée toute la journée par des piquets de grève. Ainsi, personne ne se déclarerait gréviste pour cause d’impossibilité de travailler. Le blocage débutant le matin très tôt, à 6 h.

 

4 ) Pour le Premier degré largement majoritaire dans l’AG, un comité de grève s’est mis en place le matin avec une soixantaine de personnes rassemblées à l’Ecole de Linon à Montauban. Il décida : la mise au point d’une lettre en direction des parents, la rédaction d’article envoyé aux médias et la proposition d’une banderole aux écoles : « école en lutte » plutôt qu’ « école en grève » pour tenir compte des situations. Le comité de grève a obtenu une salle à sa disposition à la Maison du Peuple à Montauban (des questions pratiques importantes).

 

5 ) Une autre assemblée, rassemblant l’ensemble des grévistes du secteur, eut lieu le matin à Moissac. Le débat porta sur la reconduite du mouvement et l’info aux parents. Là comme ailleurs l’idée retenue a été de reprendre le travail vendredi et de relancer le mouvement mardi. Après Castelsarrasin, Moissac aura sa réunion publique avec les parents le mardi 13 mai à 18h30. Incroyable ! Alors que tous les efforts de la journée porteront sur les retraites voilà que deux réunions poussent vers des discussions sur la décentralisation. Etrangement les défenseurs des retraites sont accusés aussitôt d’être peu solidaires des « décentralisés » mais inversement, les « motivés » de la décentralisation n’admettent pas qu’on constate leur silence sur les retraites (dans un Lycée, après quatre réunions des personnels, pas l’ombre d’une discussion sur la question des retraites malgré des demandes diverses !) . Pour moi, les deux combats se tiennent avec une différence : l’un peut mettre beaucoup plus de monde dans la rue que l’autre.

Le refus du débat sur les retraites masque les difficultés d’organisations syndicales désavouées par le personnel EDF et qui pourraient l’être à nouveau.

 

6 ) Pour UNSA et FSU l’appel est « grève dès lundi » avec effort de mobilisation autour du Lycée Bourdelle. Il a été rappelé que cette action n’a de chance de succès que par une forte présence, si on se réfère à la répression vécue au Lycée de Borde-Basse à Castres, contre une manifestation moins dure que le blocage total. Le proviseur a indiqué qu’il ne ferait pas appel à la police.

 

7 ) Appel est lancé à tous pour que le mouvement se donne les moyens de faire suivre l’information rapidement. Une décision prise le soir pour le lendemain pose, pour le Premier degré, des problèmes pratiques de lien avec des parents que l’on souhaite gagner à notre cause.

 

8 ) En matière de compte-rendu, terminons par le secteur rural. Le secteur de Lafrançaise et Lauzerte ont été mentionnés. Personnellement, je doute des pourcentages de grévistes donnés officiellement par l’Inspection académique à savoir pour le 6 mai : 60,34% dans le Premier degré, 43,75% dans le Second, 26,58% pour les Administratifs techniques, 65,86% chez les Conseillers d’orientations. Bien sûr le chiffre pour les assistances sociales 85,71% est lui tout à fait crédible puisqu’il s’agit de 6 grévistes sur 7 (plus tard elles diront être 9). Une façon de noter le peu d’attention au social dans nos établissements. Pour le Premier degré, avec 1200 personnes dispersées sur tout le département, comment, le jour même, savoir la situation ? Du mardi au mercredi la grève a généralement régressé de moitié. Nous verrons donc les chiffres demain de l’IA.

9 ) Quelles décisions concrètes pour poursuivre le mouvement ? Pour le vendredi situation assez calme. Pour le lundi action autour de Bourdelle. Pour le mardi  matin A.G. des enseignants avec manifestation l’après-midi en direction de l’hôpital, les pompiers étant en tête car ils sont en grève depuis 45 jours. Une AG interprofessionnelle clôturera la journée, c’est la bonne nouvelle annoncée par le responsable de la FSU. Le jeudi Xavier Darcos et Luc Ferry seront à Rodez. Faut-il projeter le voyage dans l’Aveyron ?

 

10 ) La question a été posée : cette AG interprofessionnelle pourra-t-elle se prononcer sur la suite de la grève ? Le responsable de la FSU a répondu qu’il n’est pas pensable que, par exemple, une telle AG prenne une décision pour les hospitaliers. Mais dans l’AG des enseignants, quand la reconduite de la grève est votée, ça ne signifie pas que tous les établissements s’exécutent. Un vote en AG donne une indication de la mobilisation mais nous savons qu’ensuite, chacun se détermine dans sa profession. Les cheminots sont assez grands pour décider eux-mêmes. D’où l’idée de l’AG des enseignants le matin, pour indiquer à l’AG interprofessionnelle l’orientation qu’ils choisiront.

 

11 ) Ce souci de l’interprofessionnel a aussi été évoqué localement par exemple à Lafrançaise ; cet ancrage local permettant un dialogue sans doute plus approfondi qu’à l’AG générale et donc plus fructueux. Les rencontres de la postière et de l’institutrice, du retraité et de l’actif etc. constituent un outil fabuleux pour dépasser les divisions.

 

12 ) Peut-être que de telles décisions permettront de répondre à la déclaration d’une femme en début d’AG : « à partir du 13 on ne lâche pas jusqu’à ce que le gouvernement lâche quelque chose ». Oui mais quoi ? La grève devra-t-elle durer jusqu’à épuisement ou jusqu’à un objectif à travailler en commun ?

Voici trois ans, des grèves et manifs d’enseignants ont obtenu un succès : la fin d’Allègre comme Ministre de l’Education nationale, mais avec la même politique poursuivie par Jack Lang ! Se battre oui, pour se faire rouler dans la farine, merci. D’accord, tout le monde n’a pas la même conception de la farine.
7 mai 3003 J-P Damaggio

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 11:06

En mai-juin 2003 un lutte considérable se produisit dans l’Education nationale et plus largement dans toutes les couches sociales pour défendre le droit à la retraite et pour s’opposer à la décentralisation de certains secteurs de l’Education nationale. J’avais tenu un journal quotidien sur cette lutte que je vais essayer d’installer sur le blog.

 

Mardi 6 mai 2003 : Début de grève hésitante chez les enseignants

 

1 ) Manifestation à Montauban : 350 participants selon les renseignements généraux, 650 selon nos calculs. Pour les seuls enseignants, ce résultat est bon (les chiffres du journal La Dépêche seront pris en référence car corrects pour le Tarn-et-Garonne).

 

2 ) Pour la première fois en Tarn-et-Garonne, la grève est suivie d’une assemblée de grévistes. Encore fallait-il en connaître le lieu. Certains retardataires ont attendu devant la Maison du Peuple ou devant l’Ancien Collège faute d’un panneau indiquant le changement de point de rendez-vous. Au Lycée de Castelsarrasin un panneau syndical indiqua même qu’elle était annulée. C’est dur d’organiser. Heureusement la FSU avait une petite sono pour assurer les prises de parole au Lycée Bourdelle..

 

3 ) Des informations ont été apportées sur la mobilisation. Premier degré, la grève est sur deux jours à l’initiative du SNUipp et du SE-UNSA (les deux syndicats du premier degré). Que faire le mercredi pour populariser la grève ?

Second degré : situations diverses. Le Lycée Bourdelle est en pointe puisque dès le lundi une intervention au péage de l’autoroute fut organisée. Le Lycée agricole de Capou est très mobilisé et à Moissac, le mouvement organise une rencontre entre les différents secteurs : écoles, collèges et lycées. Cette diversité de situations entraîne un débat sur la façon de reconduire. Grèves tournantes ? grèves par étapes (deux jours de grève puis deux jours de reprise puis deux jours de grève …) ?

 

4 ) Les motifs de la grève ? En début de débat, une dame est intervenue pour donner timidement son point de vue : « la question des retraites est essentielle » (observons en passant que la parole a été largement distribuée dans le cadre d’un échange qui resta calme et posé). Pour les participants, la grève avait deux faces (comme le tract distribué par la FSU) : la décentralisation et les retraites. Une question demeure : la grève reconductible devra-t-elle se poursuivre jusqu’à satisfaction sur les deux revendications ? Les médecins s’étaient donnés un objectif parmi leurs diverses réclamations : 20 euros la consultation … et ils ont gagné. Pouvons-nous gagner sur tous les tableaux ?

 

5 ) Le 13 mai prochaine grande manif, comment va-t-il être organisé ? Avec une AG interprofessionnelle des grévistes pour décider de la reconduction ? Après information venant des autres départements, il apparaît que le mot d’ordre de reconduction est prévu pour le lendemain du 13 mai dans 30 départements, avec 22 départements en grève dès le 7, et 36 départements où aucune reconduction n’est envisagée dont Paris. Ce mouvement semble avoir un fort potentiel dont il faut saisir les limites.

 

6) Le débat sur les moyens d’action fut relancé en particulier sur le sujet : grève des examens ou pas ? Il y a ceux qui pensent que c’est un moyen puissant et ceux qui le refusent pour ne pas se mettre à dos les parents (intervention dans ce sens de la représentante de la FCPE). Le débat mérite d’avoir lieu en sachant que très prochainement des instituteurs sont convoqués pour surveiller un concours,  un mercredi après-midi, sans que les syndicats n’aient pu empêcher ce mauvais coup ! Un syndicat a demandé que les personnes concernées refusent, mais comment refuser seul, sans connaître les conséquences ?  Nous savons que l’âge des réquisitions est arrivée de la part de l’administration, et la stratégie syndicale pour dire non n’est pas au point. Par ailleurs la grève devra se faire en lien avec de puissantes manifestations.

 

7 ) Les parents sont aussi des salariés du public ou du privé et sur le thème de la défense des retraites, il peut y avoir convergence encore plus forte que sur les questions de la décentralisation. Bloquer les examens jusqu’à obtenir les 37,5 annuités pour tous n’est pas la même chose que les bloquer sur la décentralisation. C’est seulement une opinion à verser au débat qui doit être ouvert.

 

8 ) Ce qui conduit à réfléchir sur le rapport entre les revendications. Toutes ont leur importance mais toutes ne sont pas de nature à entraîner un mouvement de même ampleur. Qui peut nier la force de l’interprofessionnel si le mouvement s’enclenche, par rapport au mouvement strictement Education nationale ? Qui peut nier, qu’après le vote à EDF, où les directions syndicales majoritaires ont été désavouées sur la question des retraites, on sent comme un malaise entre les revendications des salariés et les orientations générales des syndicats ?

 

9 ) En conséquence quand des organisations syndicales organisent, comme à Castelsarrasin, un débat sur la décentralisation le 13 mai (il fut annoncé avec joie par une responsable SGEN), au moment même où tout l’effort doit porter sur la reconduction de la grève, n’y a-t-il pas là, une source de confusion ? Surtout si on sait que la majorité de l’assemblée du personnel du Lycée Jean de Prades de Castelsarrasin avait obtenu que la réunion soit organisée le lundi 12 ! Je n’ai pu m’empêcher d’intervenir sur ce point pour préciser trois choses : appuyer ceux qui souhaitaient une action pour le lendemain, expliquer que face au gouvernement, seule une union de tous, possible le 13 mai, serait de nature à le faire plier, et se coordonner pour ne pas perdre comme ont perdu les pions, et d’autres.

 

10) Total, qu’est-il ressorti de l’AG des grévistes ? Pour le mercredi, des assemblées de secteur le matin ,avec éventuellement un rassemblement devant l’I.A. à 15h. L’AG du mercredi devant fixer la suite du mouvement.

 

11) Au même moment se tenait une riche rencontre profs-parents au Collège de Caussade avec banderoles à l’entrée du pour annoncer « la grève pour l’avenir de nos enfants ».

 

12) Dernière remarque ? La CGT défend depuis plusieurs jours l’idée d’une manif nationale le 25 mai. Quand on veut établir un calendrier d’action, pourquoi anticiper à ce point ? Les grèves qui se lancent à nouveau, n’auront pas emporté le morceau d’ici là ? Avec le syndicat SUD éducation et le Groupe des Dix une nouvelle approche du combat syndical s’impose, pour ridiculiser le corporatisme et dynamiser les luttes en inventant de nouveaux moyens d’intervention. Pour le moment, des assemblées quotidiennes de grévistes devraient organiser l’action.

6 mai 2001 J-P Damaggio

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