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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 11:49

 ramey-la-tricoteuse.jpghebrard-bennett

Quand, en 1942, Henry Ramey illustre un livre de poème intitulé Douce Province, accepte-t-il de se mettre dans l’air du temps, un air où la province est magnifiée pour faire avaler la collaboration ? Non, Ramey fait ce qu’il a toujours fait, rendre hommage au peuple.

 

Je ne connais pas la poète, Marguerite Hébrard-Bennett. J’ai noté que Frédérique Hébrard parle souvent dans le Goûter chez dieu d’une tante Marguerite mais je n’en sais pas plus. Dans le livre 800 auteurs qui rassemble tous les écrivains passés par le Tarn-et-Garonne, elle n’y est pas, or, en plus de Douce province elle indique la publication d’Un coin de France et l’annonce celle d’un roman Les Enfants des autres et de poèmes sur Toulouse la Belle.

Douce province est imprimé à Montauban chez Forestié.

 

La mairie, l’église, l’école la trilogie du village, puis le docteur, le cantonnier, le facteur, une trilogie de la vie, la rue, le marché, la fête autre trilogie, celle de la joie et enfin la trilogie de la mort : le cimetière, le fossoyeur et la barque abandonnée.

J’ai retenu le portrait de la tricoteuse avec le dessin d’Henry Ramey qui entre plutôt dans la trilogie de l’oubli comme tout ce que font les femmes.

 

Le dessin de Ramey est, dans ce livre, suggestif. Sans l’appui de la couleur, il choisit d’évoquer plus que de montrer. Il y a un dessin par poèmes. Un travail à confronter aux autres travaux de ces deux artistes. 1-09-2011 JPD

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 14:30

Ramey-Lara.jpg

 

 

Au moment où je retrouve enfin un de mes écrits sur Henry Ramey (à propos de son illustration de : Douce province, un livre de Marguerite Hébrard-Bennett, Publié par Ed. Chantal , 1942, 74 p. 21 cm) Diego Lara me fait parvenir ce portrait dont il vient de faire l’acquisition et qui complète sa belle collection.

Il m’indique et j’approuve totalement son propos : « Sans doute une jeune fille de Bruniquel, foyer de son inspiration. C'est un portrait superbe, dans une pâte nourrie, un peu feutrée, dont le chromatisme reste toujours clair et harmonieux. C'est l'œuvre d'un grand coloriste, un peintre de talent. »

 

Si j’avais parlé du livre de Marguerite Hébrard-Bennett c’est parce que c’est la seule référence à Henry Ramey à la BM de Montauban. Il faudra aller plus loin. JPD

Sur notre blog, les images ,ne sont pas géniales mais c’est une incitation à voir les originaux à la ville des peintres.

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 16:47

La visite à la villa des peintres à Montricoux, où j'ai découvert la photo originale d'Henry Ramey avec Zadkine m'ayant poussé à en savoir plus, j'ai eu le plaisir de trouver ce texte sur le site de la mairie de Caylus que je relais ici. En cliquant sur le titre on peut aller à l'original avec photos à l'appui. A qui veut en cire plus sur Henry Ramey, le site est à disposition. JPD 

 

Un souvenir de Louis-Gaston Marchal, disciple et ami du sculpteur Zadkine:

 

 « ZADKINE ET CAYLUS »

Ossip Zadkine s’était fondamentalement attaché au Quercy (pierres et arbres des paysages ; murs et monuments des villages et bourgades ; paysannerie essentielle et simplicité somptueuse ; climat plutôt sec…) dès le premier contact, quand le peintre tarn-et-garonnais Henry Ramey l’eût fait venir en 1918 à Bruniquel. Le Russe, parisien d’adoption, y avait retrouvé à se souvenir des décors et primitivité fructueuse de terroirs de son enfance ; désormais, Zadkine serait parisien pour promouvoir sa vie d’artiste, voyagerait pour exposer ses œuvres à Londres et Bruxelles (dès 1927), à Philadelphie (en 1931) … mais viendra VIVRE le plus possible en ce Quercy qu’il comparait quelquefois à la Grèce qu’il avait tant aimée lors d’un voyage en 1929…

 

C’est à Bruniquel qu’il tiendra à se marier, avec Valentine (avec le Quercy en même temps ?), le 14 août 1920. Et c’est à partir de Bruniquel qu’il connaîtra Caylus où il s’installera en 1923 parce qu’il avait trouvé à y acheter une maison à cause de « son beau portrail RENAISSANCE ». Zadkine avait pu faire cet achat grâce aux « 4000 Francs qu’il avait gagné en vendant une Vénus à la femme-peintre Jacqueline Marval. C’était la deuxième sculpture que Zadkine vendait depuis que je vivais avec lui » m’écrira Valentine Prax (a savoir qu’en les « 20 – 30 », Valentine vendait assez bien ses tableaux, dont grand nombre peints à Caylus).

 

Caylus s’avéra alors, pour Zadkine, lieu idéal de séjour et de travail. Nombre de ses lettres à des amis flamands (Belgique et Hollande ont apprécié très tôt l’art de Zadkine) le prouvent en le style zadkinien si imagé, si poétique :

 

        « Je rentre de CAYLUS où je suis resté deux semaines, échappé à l’écrasante Paris et à son vertige. J’ai bu, là, du calme et du sommeil comme le petit lait pour un pourceau. Et j’y ai déridé mes soucis, mon cerveau et toute cette bonne vieille casserole qui demandait une purge salutaire » (à André de Ridder ; fin avril 1928).

 

        « Je viens de rentrer à Paris après un court, très court séjour à CAYLUS, car je n’ai jamais assez de cette riante campagne où le printemps est un médicament si désirable aux âmes intoxiquées de Paris » (au même ; 30 avril 1929).

 

        « Caylus,… cette coquille où des instants de notre vie se passent parfois dans le bonheur mais toujours en un labeur sain et vivifiant » (au même ; fin août 1929). 

 

Si, aux regards de certains, Zadkine pouvait ne paraître q’un « drôle de Russe avec femme aux cheveux coupés » (la police montalbanaise viendra enquêter) ou un « artiste parisien en vacances », Zadkine s’y révélerait, de fait et surtout, en tant qu’artiste particulièrement travailleur qui, partout, mais alors surtout à Caylus, pensait et produisait : « C’est à Caylus que j’ai taillé mon premier Homo sapiens en bois d’orme femelle (…). C’est encore à Caylus que j’ai taillé mon premier Orphée en bois (vers1930) et Le Sculpteur que j’ai polychromé, et l’Hommage à Bach, ces trois grands bois que l’ai tirés d’un même arbre colossal et multiséculaire qui vivait parmi des semblables à Saint-Antonin, charmant village à douze kilomètres » Souvenirs ; 1968).  Pour y sculpter, Zadkine avait pu heureusement trouver une grange à Caylus… Valentine Prax a confirmé : Zadkine dessinait également et peignait des gouaches, cela surtout à Caylus (…). Lorsqu’il y taillait l’Orphée dans une grange, au milieu de petites carrioles à repeindre, les paysans s’approchaient pour regarder avec étonnement (…). A Caylus, Zadkine me demandait : « Si, quand tu vas chez des paysans, tu vois des morceaux assez gros de buis, achète les moi ; mais seulement s’ils sont déjà coupés. Je ne veux pas, moi, tuer des arbres »… Un jour, j’ai trouvé, et Zadkine fut très heureux de travailler ce bois très dur ; il en a fait des masques et Confidence ». 

 

De même qu’il avait –vainement- proposé aux édiles de Bruniquel, de sculpter leur Monument aux morts de la guerre de 1914 – 1918, Zadkine a –vainement aussi, vers 1925- « proposé à la municipalité de Caylus de sculpter le monument que la ville voulait ériger à la mémoire d’un enfant de Caylus, le Père Huc, premier explorateur français au Tibet (…) mais l’air (l’art ?) de Zadkine paraissait tellement révolutionnaire que cette proposition ne fut pas acceptée » (Claire Charles-Géniaux, in « Revue du Tarn » n° 34 en 1964).

 

A Caylus, Zadkine sait voir et chérir les humbles mais vraies ressources minéralogiques, végétales et animales des sols, herbes et bois quercynois ; il s’adonne quelquefois (allant vers Saint-Antonin) à la recherche d’ammonites et autres fossiles, ce qui surprend les paysans : « Ah, ces artistes ! ». Les petites bêtes l’interpellent et il leur accorde intérêt, attention et soins. L’épouse se souviendra « comme compagnon d’été, nous avions un hérisson charmant. Une autre fois, un gros lézard qui, réchauffé le matin dans mon lit, mordait ma main sans scrupule ; de dus m’en séparer. Zadkine et moi-même aimions infiniment les plantes et les animaux. Il protégeait fourmis et araignées (mon amour des bêtes n’allait pas jusque –là (…). Zadkine aimait particulièrement les arbres (…) » (Souvenirs : 1973).

 

Mais, déjà en les années « 30 », la circulation automobile gêna Zadkine : « Notre maison agréable était située, à Caylus, sur la route de Saint-Antonin, où des camions nauséabonds faisaient un bruit trop infernal » (Souvenirs : 1968). Et Zadkine, ne pouvant pour autant renoncer à son cher Quercy, s’installera en septembre 1933 aux Arques, près de Cazals au nord-ouest de Cahors.

 

En tout cas à Caylus, en son église, Zadkine reste présent avec l’immense et émouvant Christ qui, cloué par un bras à un mur, bénit de l’autre bras toute personne qui veut s’en approcher. Ce Christ date de 1952, époque où, « juif » réfugié aux Etats-Unis en 1941, il était tôt revenu en Quercy pour y « vérifier que j’étais encore capable de créer quelque chose, de FAIRE, avec mon cœur, ma tête et mes dix doigts »  (souvenirs). Zadkine a conté l’histoire de ce Christ : « Il y avait  longtemps que je ressentais l’envie de tailler un crucifix ; mais pas un de ces crucifix qui ornent les églises à la campagne (…). J’avais envie de tailler une vrais sculpture qui aurait représenté un être crucifié mais dans laquelle l’arbre serait resté présent, comme dans certaines tables anciennes en lesquelles l’unité de la table et la présence du bois peuvent se lire ensemble (…). Cette envie de tailler put se réaliser plus tôt que je ne le pensais. Dans le bas du village des Arques, on décida tout à coup de couper un très bel ormeau : or, les deux branches principales de cet orme s’écartaient  assez fortement du tronc pour qu’on puisse y voir deux bras d’un corps d’homme. J’achetai l’arbre et quand, arrivé dans ma grange, il fallut le mettre debout, tous les costauds du village vinrent m’aider. Un dimanche après-midi l’ormeau était à nouveau dressé chez moi, avec ses deux grosses branches attachées à une poutre maîtresse. Il fallut construire un échafaudage autour de lui pour que je puisse le travailler car n’existait pas dans le village l’échelle de cinq mètres dont j’avais besoin. Ce fut l’énorme plaisir, sain et profond, que je ressentis après mon retour d’Amérique. J’ai taillé ce Christ avec une joie intense et intime, aussi concentrée que silencieuse. (à savoir qu’en 1939-1940, Zadkine avait déjà taillé un gigantesque Christ en bois qui, en 2007, se retrouve à 46-Les Arques , exposé en l’église). J’étais pris par lui, j’en rêvais la nuit, sans pourtant en parler, (…). D’ailleurs, pour moi, c’était une épreuve, un examen ; était-je encore capable (…) ? … A dire vrai, je me sentais ébéniste et, le disant encore à mes amis qui peuvent sourire, je pense vraiment que je suis ébéniste. Depuis ce retour à la taille du bois, en Quercy, chaque fois que je recommence à tailler une sculpture en cette belle matière, mes repas –après la fatigue de plonger le ciseau avec rage ou attendrissement dans le bois- sont des repos silencieux que je partage avec ma pipe, en une sorte d’exaucement du corps et de l’âme mêlés, comme, le soir, dans l’amour » (souvenirs : 1968).

 

Et quand il taillait ce Christ aux Arques, Zadkine n’avait pas oublié Caylus car le curé-doyen de Caylus, Emile Aiguilhanes, venait le voir et discuter (quelquefois avec l’abbé Jacques Guiral). Zadkine s’en est souvenu auprès de moi, le 18 août 1962  à Caylus : « J’aimais bien discuter avec le cher curé de Caylus. Sans lui, le Christ de son église n’existerait peut-être pas, en tout cas pas tel qu’il est… Il me conseillait la lecture du Prologue de l’Evangile de Saint Jean ». N’est-ce donc pas ce prêtre qui dynamisa l’idée de tailler le Christ, n’est-ce pas ce prêtre qui agit pour que le dit Christ fut acheté par l’Etat afin d’être placé à Caylus ? (André Malraux, alors ministre de la Culture, appréciait l’art de Zadkine et écouta celui-ci pour restaurer l’église romane des Arques).

  

A relire mon Journal personnel à la date de ce 18 août 1962 vécu à Caylus, je puis encore extraire ce qui suit : « Nous faisons grand détour pour, de Caylus, rentrer aux Arques (moi, au volant de l’automobile) et nous nous arrêtons en bien des endroits que Zadkine voulait revoir : Lacapelle-Livron (…), la grotte Saint-Géry, puis l’abbaye de Beaulieu (…). Voyant un énorme tronc d’arbre gisant, tordu, au milieu d’un champ près de Cornusson, Zadkine éclate : « Quel chef-d’œuvre ! Regardez, Marchal ! Il n’y a plus qu’à le signer ! ». Et le spectacle d’autres arbres, tantôt solitaires, tantôt groupés, nous fait engager une conversation un peu technique. Quel bois se prête le mieux à la sculpture ? J’interroge et Zadkine renseigne (…). Et nous parlons de « sujets » de sculpture, et Zadkine assure : « Un pupitre pour y déposer la Bible ! Mais ça doit être taillé dans un seul morceau de bois, et non être un assemblage de bouts de planches… Vous rendez-vous compte, servir de support aux Saintes Ecritures § ».

  

Zadkine mourra cinq ans après ce retour à  Caylus, dans la nuit du 24 au 25 novembre 1967 en région parisienne (il va y avoir quarante ans et, en 1962, j’avais quarante ans). Zadkine est décédé à 77 ans 4 mois et, moi –n’y a-t-il de quoi méditer ?- je signe le présent témoignage à … 80 ans…

 

 … le 23 de ce mois de février 2007, à Biarritz…

 

Gaston-Louis Marchal

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 23:47

peinture-bruniquel-cazottes.jpg 

Un musée sans équivalent vient d’ouvrir à Montricoux dans le Tarn-et-Garonne. Vraiment, sans équivalent ? Il s’appelle « la villa des peintres » et est l’œuvre d’un passionné, Diego Lara qui ouvre les vendredi, samedi et dimanche après-midi de 15 h à 19 h deux étages d’une maison aux murs adroitement couverts de sculptures, dessins et tableaux.

Sans équivalent parce qu’il s’agit d’artistes régionaux ? « Régionaux » est aux yeux de certains un terme par avance disqualifiant. Or réfléchissons un peu…

Les événements de la vie firent passer Zadkine par le Tarn-et-Garonne et à ce titre il se retrouve dans le musée. Desnoyer est parti de Montauban pour se retrouver avec un beau musée à Saint-Cyprien. Bourdelle a été un artiste régional pour mieux devenir artiste tout court, sans oublier qu’il tenait à ce que les socles de ses sculptures soient en pierre de Bruniquel. L’art va et vient pour être l’art ; le terme régional permet lui de situer géographiquement des artistes. A chacun ses repères, mais nul n’étant prophète dans son pays certains pensent que retrouver en peinture un paysage que l’on a sous les yeux au quotidien n’a plus aucun charme. Depuis longtemps je pense le contraire aussi j’ai participé avec grand plaisir au livre « Ballade en Midi-Pyrénées » permettant, comme « la villa des peintres » de situer des artistes dont parfois on a oublié qu’ils viennent de quelque part. Ce musée est donc un défi pour être artiste avec son pays et à ce titre Diego s’est fait artiste.

 

Dans cette villa, j’ai donc retrouvé avec émotion L. Andrieu, H. Ramey, Marcel-Lenoir. J’ai découvert Louis Cazottes que je ne connaissais pas, celui qui peint le tableau illustrant cet article (désolé pour la faible qualité des images de ce blog).

 

Sans équivalent le musée parce que l’accueil est celui de la générosité ? Il existe des projets tombés du ciel et qui ont parfois leurs mérites. Dans la villa, il s’agit d’un projet né de l’esprit d’un homme qui, sans le soutien de personne, veut faire partager sa passion. Un projet né du sol de la vie qui rend vivant ce qu’il présente.

 

Au Musée Ingres bien des peintures que j’aimerais voir sont dans les réserves car même là tous les murs ne suffisent pas pour tout montrer. Et Diego Lara a ses propres réserves avec l’idée que les artistes régionaux, c’est une porte d’entrée dans l’art général, une porte d’entrée sous-estimée, qui aurait besoin de son propre musée, plus grand qu’une villa.

 

Les classes des écoles pourraient trouver là une façon de faire entrer les enfants dans la vie artiste, car une villa, c’est comme mettre l’art dans sa propre maison. Et c’est là le premier pas pour regarder ensuite plus loin beaucoup plus loin.

 

De mon côté je suis sorti du musée avec mille questions : Louis Cazottes serait-il le père de Yvan Cazottes (1881-1960) ? Vais-je retrouver ce qu’il m’arriva d’écrire sur Henri Ramey ?

Autant de recherches pour vivre avec au cœur ces créateurs. A suivre.

8-08-2011 Jean-Paul Damaggio

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