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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 14:38

Les paradoxes des Amériques

 

 

La Révolution française a débuté par une revendication « électorale » : voter non par ordre mais par tête. Bien sûr, la revendication électorale était là pour imposer les revendications sociales de la bourgeoisie et elle s’appuyait sur une « erreur » de l’adversaire : avoir constitué des ordres très clairs permettant au Tiers-Etat de faire « classe ».

Avec la Révolution de 1848 la revendication électorale (le suffrage universel masculin) fut une revendication en soi de « démocratie ». Il a donc été facile de vérifier ensuite que le vote avec suffrage universel masculin apportait à la chambre les mêmes notables qu’avec le suffrage censitaire. Sauf que les démocrates sociaux surent s’emparer de cet outil pour marquer des points (je renvoie à l’article éclairant sur la question de René Merle).

Mais très vite, de Marx à Lénine, la question de la révolution française est revenue au premier plan : quelle classe sociale pour quelle révolution ? Et la réponse est connue : la classe ouvrière avec la dictature du prolétariat. Pourquoi le système n’a pas fonctionné ? Par manque d’une théorie de l’Etat ! En effet, le pouvoir est vite passé de la classe ouvrière à la classe bureaucratique, et la dictature, à l’origine tournée contre la classe dominante, a pu se retourner contre toute la société. Un constat banal qui fait que nous sommes revenus à la case départ avec toute une mémoire historique qui s’est ajoutée à celle des siècles passés.

 

Aujourd’hui les Amériques donnent le ton de la vie planétaire et la « crise » n’y changera rien même si elle doit apporter une monde dit « multipolaire ». Car la « crise » en question n’est que l’existence même du capitalisme et non sa dégénérescence qui n’aura de réalité qu’à partir du moment où une classe sociale apparaîtra clairement comme alternative, avec une théorie adaptée de l’Etat pour imposer sa loi.

 

J’étudie la vie des Amériques car depuis longtemps je suis fasciné par ce paradoxe : d’un côté avec les USA nous avons l’avant-garde capitaliste, mais en même temps, dans le Sud des Amériques (comme hier dans le Sud des USA), la classe paysanne, considérée par le système capitaliste comme un vestige du passé, a continué à jouer un grand rôle au moins jusqu’au tournant du millénaire. En Equateur, au Pérou et au Brésil, en Bolivie et au Mexique, au Guatemala et à Cuba aussi, des paysans organisés contribuèrent à des révolutions non négligeables, même si elles n’entraient dans aucun des cadres fixés par l’orthodoxie marxiste-léniniste. Le Québec a eu l’immense privilège de se retrouver au carrefour de ces deux phénomènes, en tant que part intégrale du monde US, mais avec cependant une paysannerie catholique puissante jusqu’aux années 60, comme en France d’ailleurs.

 

Aujourd’hui, une révolution paysanne d’hier, celle des sandinistes au Nicaragua, est devenue d’après Ernesto Cardenal, une « dictature familiale ». Et l’ancien ministre de Daniel Ortega sait de quoi il parle, quand il emploie même le terme de « fascisme » pour désigner le gouvernement actuel de cet ancien sandiniste : « Nous sommes dans un régime fasciste. Ce gouvernement n’est pas de gauche, c’est simplement une dictature familiale ». En tant que curé, la politique criminelle de ce clan contre le droit à l’avortement aurait pu l’inciter à calmer ses critiques mais comme vous le voyez il n’en est rien. Or cette analyse concerne un fait mineur, l’interdiction faite à Sergio Ramirez de préfacer un livre d’œuvres poétiques de Carlos Martinez Rivas. Un fait qui malheureusement s’ajoute à tant d’autres comme l’interdiction du parti de la rénovation sandiniste ou des attaques en règle contre les associations féministes. Je sais que mon propos va de suite être qualifié de concession aux mensonges honteux de la presse de l’empire car même au sein de « la démocratie » on ne discute plus sur la qualité des pièces de la maison, mais seulement sur la beauté des façades. Tant pis !

 

J’aime le Nicaragua qui est traversé par d’autres contradictions, mais je retiens seulement pour cet article, cet autre échec flagrant de prise en compte des droits sociaux, par d’anciennes forces de gauche. Que peut-il alors se passer ? Les sociétés paysannes en voie de démantèlement ne constituant plus des forces capables de résistance, comment la révolution peut-elle renaître de cendres toujours rouges ? Le levier que la crise actuelle peut paradoxalement nous apporter, c’est le retour de l’Etat dans le monde politique. Un Etat qui faute de pouvoir être social (à la mode de Keynes) doit être socialisé par la masse des salariés constitués en Quatrième-Etat. Obama c’est une force du système dans lequel nous devons trouver la faille. Mais à écrire on ne risque pas grand chose… sauf à se tromper. 16-12-2008 Jean-Paul Damaggio

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 10:48

Elections européennes : les tromperies de 2009

 

Après l’analyse de trente ans d’élections européennes (1) comment se présente la nouvelle mouture ?

 

A l’UMPS

Sarkozy est à la manœuvre. S’il ne peut espérer de miracle, n’étant pas à la tête des sept listes, il ne peut pas faire moins que le PS sous peine de subir quelques discrédits. Donc, côté Front national, il accentue les querelles internes pour que, comme en 1999, dans la guerre avec Mégret, le FN recule jusqu’à perdre définitivement tous ses élus européens, Marine Le Pen étant alors marginalisée. Il en a sept pour le moment dont deux dans le Nord (d’où la bataille entre Marine et Carl) et deux dans le Sud-Est. Il y a aussi celui du grand Sud, J-Cl Martinez que Marine veut remplacer par son bras droit Louis Aliot. Côté Philippe de Villiers, à qui il arriva de jouer de grands rôles dans cette élection (mais seulement 3 sortants avec le mode de scrutin de 2OO4), un marché est proposé : se présenter dans sa seule grande région Ouest et gagner une place, où se présenter partout et subir les coups de l’UMP pouvant le faire descendre sous la barre de 5%.

Pour Sarko, l’essentiel est cependant ailleurs : dans le duo UM-PS. Le coup de génie c’est la liste Cohn-Bendit. Le 6 novembre les deux Nicolas (Sarko-Hulot) firent la longue liste de leurs convergences qui permettent à Jean-Paul Besset, bras politique de Hulot en tant que responsable de sa fondation, d’aider Cohn-Bendit sous la bénédiction de José Bové. Je donne en entier le communiqué de l’Elysée car il me semble génial même si bien sûr il ne dit rien des futures élections ! (2) Voilà au moins une liste qui, faisant autour de 10%, prendra quelques points au PS, et peut-être aussi à Bayrou qui risque fort de prendre sa revanche sur les désastreuses législatives. Avec environ 10%, le Béarnais peut se rappeler à l’attention générale et se positionner pour les futures régionales mais il risque gros, avec 11 sortants du temps de l’UDF, qu’il ne peut perdre même en ayant remplacé le J-M Cavada d’hier par le J-F Kahn d’aujourd’hui. Il a récupéré il est vrai un élu européen des Verts : Jean-Luc Benhamias.

 

A Gauche

Après ces cinq listes, que dire de la situation du camp du NON de gauche au TCE ? D’une part, il est déjà allégé de Bové et de Fabius, mais là n’est pas l’essentiel. Depuis trois ans, le NON de gauche ayant démontré son incapacité à s’organiser de façon unitaire, il s’est disqualifié aux yeux de l’opinion. Ressortir du chapeau quelque chose qui n’a pas su se donner des suites claires, c’est repasser des plats. Après l’atomisation des présidentielles, il ne suffit pas de faire comme si rien ne s’était passé. Parce que la LCR est l’organisation aux positions les plus claires, et qu’elle a su s’élargir sous la forme du NPA, tout indique qu’elle peut devenir la première organisation à la gauche du PS (avec 8%). Faire croire qu’une unité serait possible de Mélenchon à Besancenot c’est encore une fois raconter des salades aux citoyens qui aimeraient manger des plats plus consistants. Si tout le monde est d’accord avec l’unité, c’est à condition qu’elle se fasse sous le drapeau de l’un ou de l’autre (LCR ou PCF).

L’intervention, dans le débat, d’un nouveau parti (Parti de Gauche) développe la division sous l’inévitable besoin… d’unifier, donc ce parti proclame le « Front de Gauche ». Un peu comme Bové en 2007, Mélenchon se considère bien placé pour articuler LCR et PCF, tout comme Cohn-Bendit a pu articuler Bové et Besset. C’est ne tenir aucun compte des réalités. Le NPA ne va pas naître pour se fondre à la première élection venue avec une nébuleuse qui a montré en 2007 que l’électorat n’en veut pas. Le PCF a ses problèmes internes (aussi cruciaux que ceux du PS) qui existaient déjà en 2004, quand M-G Buffet avait été mise, en interne, en minorité pour les Européennes d’alors, où elle voulait ouvrir les listes. Le PG est un allié évident mais le PCF ne peut ni lui fournir un marche-pied, car ça serait se tirer une balle dans la tête, ni le rejeter. Avec sept listes à construire, deux têtes de liste pourraient être octroyés à Mélenchon. Est-ce suffisant pour ce parti ? Bref, à trois mois du bouclage des listes, la foire d’empoigne va aller bon train. Avec trois sortants le PCF est obligé de garder les têtes de liste du Nord, de l’Ile-de-France et de l’Outre-mer (Vergès classé dans le PCF).

Il est frappant de constater qu’un appel de Politis en faveur de listes unitaires à gauche, s’il concerne le PG (et un allié potentiel comme la tendance Unir de la LCR), ne concerne pas le PCF, sauf une de ses franges que justement M-G Buffet veut écarter de sa direction ! Une division en perspective ? Malgré les difficultés, cette union PCF-PG se fera pour atteindre peut-être 8% et disputer à la LCR la fonction de porte-parole de la gauche authentique. Mais nous sommes loin d’une force politique clairement identifiée et la référence au modèle allemand ne change rien à l’affaire.

 

Où sont les tromperies ?

Raoul-Marc Jennar avait dès 2005 lancé un appel pour que les élections européennes deviennent l’élection à l’Assemblée constituante d’une nouvelle Europe. Actif à présent avec le NPA, où en est-il de cette revendication ? Cet objectif est de la plus haute importance si l’on veut travailler sur la forme et sur le fond, en même temps (ne pas le faire en même temps c’est se disqualifier). S’il concerne la constitution de notre pays, à l’approche des européennes il concerne encore plus l’Europe. Tout démontre depuis longtemps que l’élection est piégée par avance (je veux dire plus piégée que les autres) avec, qui plus est, des pouvoirs marginaux chez les élus, donc, si on reste dans le même cadre, on s’enfonce dans l’illusion. L’électeur, qui comprend qu’on peut s’amuser aux Européennes plus qu’aux autres élections, décide alors de se jouer de la politique ou de s’abstenir massivement. Je pense qu’il devient impératif de changer l’ordre des priorités : la construction d’une force politique authentique doit se faire avant toute présence aux élections, quitte à laisser un temps les loups se dévorer entre eux.

Mais je rêve encore. 12-12-2008 Jean-Paul Damaggio

 

Notes :

1) http://la-brochure.over-blog.com/article-24994633.html

(européennes trente ans en trompe l’œil)

2) Communiqué de l’Elysée

Le Président de la République a reçu aujourd’hui, jeudi 6 novembre 2008, M. Nicolas HULOT, Président de la Fondation Nicolas HULOT pour la Nature et l’Homme, accompagné des économistes Alain GRANDJEAN et Jacques WEBER, pour une réunion de travail au Palais de l’Elysée.

Le Chef de l’Etat et Nicolas HULOT partagent le diagnostic que la crise économique actuelle n’est pas qu’une crise financière. Nos difficultés actuelles trouvent également leur origine dans l’épuisement des ressources naturelles de notre planète, notamment du pétrole.

Pour dramatique qu’elle soit, la crise actuelle peut offrir au monde une occasion d’établir les bases d’une croissance véritablement durable, respectueuse des hommes et de la planète. Plus que jamais, il existe une opportunité unique d’organiser collectivement la lutte contre le changement climatique et d’investir dans la transition de nos sociétés vers l’après-pétrole.

Au niveau national, l’engagement de Nicolas SARKOZY en faveur du Grenelle de l'Environnement, rappelé avec force à Vaujours, le 4 novembre dernier, marque la volonté de la France d’être absolument exemplaire dans cette ambition. Le Président de la République et Nicolas HULOT ont convenu d’unir leurs efforts pour mettre le développement durable au cœur de la refondation du système économique et financier, à l’occasion de toutes les réunions internationales prévues dans les semaines et les mois à venir.

 

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 11:21

De François Simon à Mélenchon

 

Depuis le congrès d’Epinay le PS n’a jamais cessé de se renforcer sur sa gauche tout en rendant sa politique plus droitière. Il a accueilli en grand nombre des dirigeants et membres du PSU, de la LCR, du PCF et autres. Ce phénomène est habituel et assez général : en vieillissant c’est vers la droite que les dirigeants évoluent. Je pense à une exception : Jaurès.

Cependant, depuis quelques années, des membres du PS le quittent par la porte de gauche. Parmi ces dirigeants du PS, je veux observer deux cas qui riment : Simon et Mélenchon.

Le tête de liste PS des municipales toulousaines de 2001 décide, en 2003, de quitter son parti pour se lancer peu après, avec d’autres, dans la préparation des élections régionales.

En 2007, le sénateur Mélenchon et le député Dolez décident de quitter leur parti pour se lancer aussitôt dans la préparation des élections européennes. D’un cas à l’autre les similitudes ne l’emportent pas.

 

Régionales face à Européennes

Pour la construction d’une liste régionale, avec le nouveau mode de scrutin de 2004, il fallait x candidats (la moitié étant des candidates). La démarche consista à proposer une liste allant du PCF à la LCR en passant par les Verts et les Motivé-e-s qui avaient émergé aux municipales de 2001. Le point crucial touchait au type d’alliance avec le PS. Réponse : autonomie au premier tour, en proposant une alliance au second tour, position qui fut celle des Verts dans plusieurs régions, et du PCF en Ile-de-France. Partout ailleurs, l’alliance a pu se faire au second tour mais pas en Midi-Pyrénées. Etrange ? La liste avait eu le soutien des Verts et de communistes mis en minorité après un vote des adhérents (beaucoup se souviennent des résultats massivement favorables à l’alliance avec le PS dès le premier tour, dans le département de Marie-Pierre Vieu). Le résultat frôla le 10%. Pour l’alliance, une seule place fut accordée au tête de liste pour qu’il devienne un otage. Ce manque de respect de la démocratie (PCF-PS-PRG), chez certains qui prônent la proportionnelle, est significatif.

Avec les Européennes, le type d’alliance avec le PS est reporté à plus tard et c’est pour ça que Chevènement a aussi quitté le PS pour se lancer dans des Européennes, en 1994. Autre élément masqué : pour toute la région Grand Sud-Ouest il suffit de peu de candidats et Mélenchon peut en cette occasion faire alliance facilement avec le PCF.

De cette situation électorale on peut déduire deux différences : sur le positionnement politique et sur la stratégie d’organisation.

 

Le positionnement politique

François Simon a quitté le PS avec la volonté de faire se rencontrer l’écologie et le social, deux combats que la gauche a trop séparé (voire nié pour l’écologie) quand l’un est lié à l’autre. Aucun combat social n’est possible s’il n’est pas écolo, et aucun combat écolo n’est possible s’il n’inclut pas le social. En conséquence, pas étonnant si l’alliance a pu se faire plus facilement avec des Verts Midi-Pyrénées loin, alors, de la position Cohn-Bendit, qu’avec la gauche plurielle.

Tout commença par une réunion publique dans une arrière-salle de bistro toulousaine, que deux hommes, Jean-Michel Clavel et Jean-Pierre Bataille (à qui je tiens à rendre hommage) osaient animer, pour l’impossible liste aux Régionales devant unir du PCF à la LCR en passant par les Verts. François Simon s’activa comme un simple militant dans la construction d’une organisation qui ne fut jamais simple. Le système électoral imposa un travail au plus près des huit départements de Midi-Pyrénées.

Mélenchon a quitté le PS avec la volonté de renouer avec une histoire bafouée par la gauche officielle, choix honorable mais qui semble plus tourné vers le passé que vers l’avenir. Sans me lancer dans des supputations, que je reproche à d’autres, je pense que l’intelligence de Mélenchon peut le pousser à évoluer mais, globalement, au-delà de la personne, son courant est connu, c’est celui du « plus à gauche », à la place de celui « être autrement à gauche ». Il semble ne tenir aucun compte des expériences passées. Dire on va unir de la LCR au PCF, c’est à présent se moquer du monde : la LCR dotée de 8% dans les sondages n’a pas besoin de Mélenchon pour conduire ce qui lui tient à cœur, une action autonome.

Cette union impossible de toute la gauche du PS, qui a déjà entraîné pas mal de découragements, a des limites connues et expérimentées en 2004 comme à la présidentielle de 2007. Le prétexte du NON de gauche au TCE est déjà très loin. Nous savons qu’il a alimenté la confusion plus que la clarté, faute d’une organisation démocratique capable de le structurer.

 

La stratégie d’organisation

Après les élections régionales en Midi-Pyrénées une association des ami-e-s de cette liste (AMP) s’est constituée sur des bases claires et démocratiques où il est possible d’avoir une double appartenance mais où les votes se font sur la base un homme, une voix. Il s’est agi de construire à partir de la base (sans basisme pour autant). A présent, l’AMP transporte avec elle une expérience étrange. Liste unitaire en 2004, voilà qu’aux municipales de 2008, l’union a été possible seulement avec les citoyens (sous le nom l’Autre liste ! qui a fait 5,8%) tandis que la LCR (5,1%) put obtenir l’appui de divers courants tous soucieux de faire barrage à « François Simon ». Entre les deux dates, les propriétaires actuels de la politique (PCF, PS, Verts, LCR) virent d’un très mauvais œil l’installation durable dans le paysage politique d’une force alternative autonome capable d’allier le combat social et le combat écologiste, avec bien sûr un équilibre interne toujours difficile. En décrétant François Simon, « bête noire », les éléments critiques de chacun des partis ne furent pas les moins hargneux, et Jean-Luc Mélenchon découvrira le même phénomène. Sa lune de miel avec le PCF durera ce que dureront les Européennes (sauf s’il finit par adhérer au PCF).

 

D’autant qu’avec Mélenchon, c’est une stratégie par en haut, avec une alliance de sommet qui se met en place, sans attendre la moindre ORGANISATION du nouveau parti. Et le système se déplace vers les départements où ses amis s’autoproclament dirigeants du nouveau parti quand le plus souvent, aux yeux des électeurs, ils ne représentent rien de nouveau (justement, c’est beaucoup le cas à Toulouse). Décréter tout de suite que le parti s’appellera Parti de Gauche, peut donner l’illusion d’une efficacité, mais ça fait l’impasse sur le débat inévitable qui tourne autour du mot gauche, et qui, sans qualificatif, est pernicieux.

 

La gauche de la gauche championne en impasses

Ici Simon et Mélenchon se retrouvent sur le même bateau face à la gauche de la gauche qui dit plus ou moins, que leur départ ne vise qu’à créer un PS bis, et qu’en conséquence ils sont encore plus dangereux qu’un PS officiel plus facile à combattre. Or, tout comme l’AMP à Toulouse, la création du Parti de Gauche est un parti concurrent du PS. Le parti de Chevènement joua la même carte puis est revenu dans le giron du PS. Le Parti de Gauche va-t-il, comme le PRG, organiser un lobby auprès du PS ? Si tel est le cas, c’est peine perdue. Et les déclarations enflammées de Mélenchon sur le rêve de faire électoralement mieux que le PS m’amuse car je l’ai déjà entendu si souvent !

Je l’écris sans hésiter, au nom du combat démocratique je juge très positif tout ce qui peut affaiblir le PS, mais je crains les impasses possibles qui deviennent deux fois plus décourageantes que l’action de l’adversaire (je pense à la candidature Bové). Première impasse : s’enfermer dans le marketing politique, les médias étant considérés comme le vecteur majeur de la construction d’une nouvelle force politique (Bové-Mélenchon même combat sur ce point). Deuxième impasse : le modèle allemand Die Linke (en 1987 Pierre Juquin a jugé qu’il pouvait quitter le PCF pour fonder un mouvement à l’image des Verts allemands, mouvement que la présidentielle de 1988 devait dynamiser).

Pour le moment, j’essaie de comprendre tout en craignant le pire ! La stratégie « rouge et verte » que je défends depuis 20 ans risque, une fois de plus, de faire les frais de calculs électoraux.

6-12-2008 Jean-Paul Damaggio

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 17:15

Vol d’apécés au-dessus des villages

 

Chapitre 1 : La parole au groupe La Poste

Les apécés, Agences Postales Communales, sont des oiseaux devenus nuisibles qui se reproduisent en juillet. Un groupe d’ornithologue dénommé Les Archaïques a découvert qu’ils avaient deux cousins, les Bureaux et les Relais, tous membres du groupe La Poste. Dans la nature, chacun peut trouver une place et les apécés ont commencé à se multiplier avec l’accord des maires de villages très heureux d’offrir un nid à de tels volatiles. Prochainement va d’ailleurs se tenir le Congrès national des maires et vous pouvez assister à la remise du 3ème Grand Prix Compli’Cité organisé par La Poste, le mercredi 21 novembre à 11 h 00, qui récompense cette année les meilleures communications courrier des collectivités locales selon 3 catégories : développement durable, communication de proximité, meilleure enveloppe personnalisée. Le durable, la proximité et le personnalisé sont les valeurs majeures du marketing commercial de La Poste.

L’objectif du maintien de la proximité (règle floue et législative des 90% de la population de chaque département à moins de 5 km et de 20 minutes d’un point de présence de La Poste) passe par des réponses diversifiées, dans le cadre d’une approche intercommunale. Aussi, La Poste compte aujourd’hui plus de 17 004 oiseaux appelés points de contact. Une nouvelle organisation dynamique validée par la loi de régulation des activités postales.

La Poste explique donc sans rire, qu’elle propose une gamme complète et renforcée de services liés avec le bureau centre. Afin que tout ce dispositif fonctionne, La Poste a signé une convention nationale avec l’Association des Maires de France le 28 avril 2005 pour la mise en place des apécés. Concrètement, La Poste s’engage notamment à verser à la commune ou à l’intercommunalité dans laquelle est implantée l’apécé, une indemnité compensatrice : 800 euros pour 60 heures d’ouverture et 900 euros si l’apécé est située en zone de revitalisation rurale (ZRR) ou en zone urbaine sensible (ZUS). Cette somme comprend la part de rémunération brute de l’agent et la part des charges de l’employeur, la part du coût du local affecté à l’agence postale communale, comprenant l’amortissement et les assurances, la part des frais d’entretien du local affecté à l’agence postale communale (eau, électricité, téléphone, chauffage, …). Pas de problème avec une telle somme vous payez largement toutes ces charges !

Le travail des ornithologues permet de repérer en France, 3 200 apécés et 1 300 Relais Poste, donc le réseau de « points de contact » de La Poste se fortifie !!! Malheureusement la communication du groupe La Poste ne dit pas combien de Bureaux en moins !

Mais quelle est la notoriété et la perception des apécés par les différentes parties prenantes (élus, population, commerçants) ? Réponses grâce à l’étude menée en juin 2006 par TNS-Sofres, dans les communes accueillant ce type de partenariat postal.

Des élus satisfaits à 87%. « La qualité de service, dans son ensemble, remporte un vif succès », affirme Agnès Balle, du département Stratégies d’opinion à TNS-Sofres. Les élus se montrent aussi très positifs sur l’impact des apécés. Ils contribuent notamment à pérenniser les services publics dans les petites communes, à concrétiser une politique d’aménagement équitable du territoire, à renforcer les liens entre les habitants, à maintenir ou créer un emploi... Mieux que chez les élus : 92% des habitants reconnaissent que l’existence d’une APC ou d’une RP est « une bonne chose ». « Ils sont 83% à déclarer que les APC ou RP répondent bien à leurs besoins d’opérations postales », poursuit Agnès Balle.

Intoxication car en fait, les habitants, avec le temps, découvrirent que le service était moindre et les coûts plus importants. Sauf qu’en lisant les treize articles de la CONVENTION RELATIVE A L’ORGANISATION D’UNE AGENCE POSTALE COMMUNALE, il est facile de tout savoir à l’avance ! « Quoi, 13 articles ! » Mais ça porte malheur déclara un Archaïque !

De toute façon, la France est une démocratie où il existe des législateurs qui décident de ce qui est nuisible, et de ce qui ne l’est pas, et c’est fin mai 2005 que députés et sénateurs décidèrent de la multiplication des apécés. Le groupe La Poste ne fait qu’appliquer la loi (à contre-cœur pensent certains !).

 

Chapitre 2 : les élus français

 

Les Archaïques interrogèrent leurs sénateurs et députés pour savoir qui avait osé mépriser les bureaux de poste. « Pourquoi, juste avant le vote au sujet du Traité Constitutionnel Européen, avez-vous pu voter une loi de régulation postale? » Un des sénateurs leur rappela alors une anecdote : à la fin des débats, une dame, Hélène Luc, déclara de manière laconique : « Avec ce vote, le « non » va encore progresser ! ». Il s’agissait du NON au TCE qui, une semaine après, deviendrait majoritaire en France ! Mais la réponse sur le fond ?

 

La date ne pouvait être reportée : presque dix-huit mois - de l'examen par le Parlement du projet de loi relatif à la régulation [ce qu’il faut lire dérégulation] des activités postales, commencé le 18 janvier 2004 à la décision finale ! Ce qui fit dire au présentateur du travail final : « Il faut saluer l'ampleur du travail parlementaire et gouvernemental qui a été accompli. Le passage par la navette parlementaire est loin de n'avoir été qu'une simple formalité, puisque le texte en est ressorti profondément enrichi et amélioré. De simple transposition des deux directives postales de 1997 et 2002, le projet de loi est devenu aussi, peu à peu, un instrument du rééquilibrage de la situation de La Poste dans le contexte de concurrence de plus en plus intense à laquelle celle-ci doit faire face. Les travaux au sein de la commission des affaires économiques ont été nourris, vivants, et mes collègues, toutes sensibilités confondues, ont montré, par leurs critiques souvent constructives et leurs propositions nouvelles, leur forte implication sur ce sujet. Si j'ai eu l'honneur de piloter ces travaux en tant que rapporteur, le président de notre commission, M. Patrick Ollier, m'a toujours apporté un soutien précieux, sachant, aux moments critiques, désamorcer les tensions en trouvant les bons équilibres entre autonomie du Parlement, solidarité gouvernementale et prise en compte des propositions constructives de l'opposition. »

 

Et en fait, pour certains, toute la responsabilité du développement des apécés vient du gouvernement de 2005. Un député fit remarquer à la fin des débats : « Je l'ai dit l'autre jour à M. Copé, je le redis aujourd'hui : vous demandez à La Poste de courir le cent mètres plus vite que ses concurrents en lui attachant des boulets aux pieds. J'avais déjà noté cette contradiction dans le rapport rédigé par votre majorité sur la gestion des entreprises publiques et je l'avais dénoncée : chaque fois que vous comparez La Poste à un opérateur concurrent en Europe, vous oubliez, comme par enchantement, de rappeler toutes les contraintes que l'État lui impose, contraintes que n'ont pas à assumer les autres. L'honnêteté consiste à comparer ce qui est comparable, monsieur le ministre. »

Pourquoi parler de directives demandèrent les Archaïques à leur élus ? Le développement des apécés n’est pas de la responsabilité de La Poste, ni de celle des élus français car tout a été piloté de Bruxelles et de Strasbourg par des directives anciennes, la première datant en effet de 1997. Voyez, 10 ans avant de passer au vote du Parlement français et trois ans avant que les manifestants entrent en scène contre les apécés. La vie va lentement.

 

Chapitre 3 : les élus européens

 

Les Archaïques découvraient donc que les apécés sont des oiseaux migrateurs qui de Bruxelles passent par Strasbourg et Paris avant d’atteindre les villages. Ils décidèrent donc d’aller à la source. La loi française de mai 2005 est relative à la transposition de la directive 97/67/ce du parlement européen et du conseil du 15 décembre 1997 concernant des règles communes pour le développement du marché intérieur des services postaux de la Communauté et leur amélioration ! Nous n’entrerons pas dans les détails.

A Bruxelles ils furent aimablement accueillis par des personnes au langage simple. Les nuisibles sont ceux qui n’ont pas de prédateurs. Pensez aux étourneaux qui causent tant de dégâts car ils n’ont pas de concurrence ! Pensez aux sangliers qui provoquent des accidents sur les routes car des races prolifiques ont été introduites par l’homme ! Les nuisibles s’étaient les bureaux de Poste qui font la pluie et le beau temps. Pilotés en dehors du contrôle des maires, les bureaux font ce qu’ils veulent ! Le marché ne peut admettre une telle situation. Avec les apécés, d’un côté on redonne le pouvoir aux élus et donc aux citoyens, et les bureaux n’ont alors qu’à bien se tenir, sinon on les dégrade ; de l’autre La Poste s’envole enfin vers des horizons européens.

Fascinant d’apprendre l’avenir européen de La Poste !

« Parce que l’avenir de La Poste passe aussi par l’Europe, elle poursuit son ouverture à l’international. « Les opérateurs postaux doivent réussir leur évolution, sous peine de disparaître », affirme Inès Ayala Sender, députée européenne espagnole. Les concurrents de La Poste sont déjà en France : Koba, la filiale de la poste allemande qui intervient sur le marché français du routage et du traitement de fichiers ; Astérion, la filiale de la poste belge ; Spring, une filiale commune aux postes hollandaise, singapourienne et britannique. Pour accélérer sa croissance dans le domaine du courrier, La Poste étoffe son réseau de commerciaux en Europe continentale et s’appuie sur des filiales opérationnelles et commerciales en Angleterre avec La Poste UK Ltd et aux Etats-Unis avec, notamment Brokers Worldwide. Une stratégie en adéquation avec les besoins des entreprises, comme les Editions Atlas ou Photoways, qui sont de plus en plus présentes dans les différents pays européens. GeoPost, la société-mère des filiales colis et express, en France et en Europe, du groupe La Poste, poursuit son axe stratégique : accélérer son expansion sur les marchés domestiques européens et capter les flux internationaux sur le segment porteur du colis rapide. Même La Banque Postale se positionne déjà à l’international en lançant, avec Poste Italiane, un Fonds Commun de Placement commercialisé simultanément en France et en Italie. La Poste Grand Public entend répondre aux besoins et aux attentes des étrangers. Par exemple, La Poste d’Issigeac, commune touristique au cœur de la Dordogne, accueille une nouvelle génération de postiers parlant plusieurs langues, notamment l’anglais.»

 

A écouter ce discours tout devient plus clair pensèrent les Archaïques : « être en adéquation avec les besoins des entreprises » c’est concrètement dans les bureaux à plusieurs guichets proposer un guichet spécial pour les entreprises. Que les citoyens fassent la queue mais pas les professionnels ! Il y a eu d’abord les timbres à deux vitesses ; il y a maintenant les queues à deux vitesses.

 

Les Archaïques n’avaient pas pensé à un tel raisonnement de bon sens qu’ils pensèrent globaliser ! La race humaine est sans concurrence sur la planète et il serait donc temps d’inventer des êtres capables d’assurer sa dégradation, elle qui est devenue si prétentieuse ! Les Archaïques rodèrent en conséquence dans les rues de Bruxelles au milieu des milliers de lobbies qui fabriquent les directives pour savoir dans quel bureau on préparait le règlement qui permettra que l’homme soit soumis aux règles d’une concurrence libre et non faussée. C’est seulement en arrivant dans un coin perdu qu’un individu leur fit signe pour les attirer :

- Je sais ce que vous cherchez et j’ai de quoi vous satisfaire. Oui, il existe un moyen pour en finir avec la domination humaine sur la planète, il faut se débarrasser de la domination des lobbies sur les hommes ! Ce sont les lobbies qui sous prétexte de lutter contre la concurrence vivent au-dessus de toute concurrence. Ils sont suicidaires pour les autres !

- Les nuisibles, ne sont pas toujours ceux que l’on pense ?

- La grande masse des humains n’a aucun goût pour le suicide collectif, pour la mort de la planète, pour le développement des apécés quand, depuis des générations, ils vivent avec des bureaux de Poste certes améliorables, mais de référence. Les experts ont souvent beaucoup d’utiles connaissances à apporter mais les bailleurs de fond les tiennent très souvent. Alors ils informent dans un seul sens !

 

Donc, périodiquement les hommes sont obligés de faire des révolutions pour se donner d’autres pouvoirs capables d’articuler pour TOUS le possible et le souhaitable. Pour le moment, les Grands maîtres dotés d’outils luxueux, d’une force de frappe sans égale, inventent des machineries nuisibles et les employés de la Poste ne s’y trompent pas quand, chez eux, ils l’appellent la moulinette. Les apécés sont les fils de cette moulinette : il faut donc en finir avec la moulinette pour résoudre le mal mais voilà, personne ne sait trop par quoi la remplacer ! Les Grands maîtres survivent plus par manque d’opposition constructive que par intelligence destructrice.

15-11-2008 Jean-Paul Damaggio

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 15:15

Elections européennes : trente ans de trompe l’œil

 

 

La fébrilité actuelle au sujet des prochaines européennes n’incite à ce rapide rappel historique.

En 1979 le PCF est aux anges : enfin une élection à la proportionnelle sur liste nationale (tous les pourcentages donnés sont par rapport aux exprimés). Et le résultat sera à la hauteur de ses espérances. Georges Marchais passe le 20% (avec une liste ouverte à Maffre-Baugé) alors que Mitterrand arrive seulement à 23% avec l’aide des radicaux. La direction du PCF en déduit que Marchais sera en tête de la gauche en 1981 ! Erreur d’analyse catastrophique (une parmi d’autres) qui nous conduit en 1984 où une liste vient briser le monde des quatre (les deux autres en 79 étaient Simone Veil pour Giscard et Chirac qui fut K.O. (chaos).

Jean-Marie Le Pen crée la surprise en 1984 : avec 10% il lui manque seulement 50 000 voix pour passer devant le PCF. Certains en déduiront que l’électorat PCF (tombé à 11%) est passé au FN.

Les surprises ne vont pas cesser si bien qu’en 1989 c’est au tour des Verts d’atteindre la barre des 10%, Waechter ayant été favorisé par l’élection présidentielle de 1988 et pensant qu’enfin sa stratégie du ni-ni va s’imposer dans l’écologie (5 ans après Isler-Beguin le remplacera dans un cadre différent).

Il fallait compter avec l’esprit manœuvrier du président Mitterrand qui, conscient que le PCF est devenu un allié secondaire, a besoin de s’en inventer d’autres. Il fera entrer au gouvernement Brice Lalonde et un certain Bernard Tapie. Brice Lalonde s’était déjà distingué aux Européennes de 84 en s’alliant avec le centriste Olivier Stirn contre l’écologiste Didier Anger (chacun faisant 3%). Avec l’aide du PS il crée à l’aube des années 90 Génération Ecologie pour contrer les Verts et Bernard Tapie est désigné pour limiter l’effet FN.

Voilà comment en 1994 nous aurons l’élection européenne la plus bouffonne de l’histoire de France. La « bande des quatre » est à présent représenté par Baudis (25%), Rocard (14%), De Villiers et Tapie 13% chacun. Le Pen est après avec 11% et le PCF avec 6% obtient encore 7 élus.

Cette fois c’est Mitterrand qui est aux anges. Rocard et Chirac sont discrédités pour sa succession et Tapie est là pour une grande carrière avec les radicaux. Qui peut alors imaginer que 1999 sera une élections aux surprises encore surprenantes !

Cette année là Sarkozy arrive seulement en troisième place et fait moins que Rocard en 1994. Tout le monde pense que son destin politique c’est du passé. Avant lui, nous trouvons un PS revenu en première ligne avec 22% sous la conduite de François Hollande, et en deuxième place un tandem comme les Européennes les aiment bien : Pasqua-De Villiers. Un tandem qui sera comme l’avenir politique de Tapie : sans suite. Le coup électoral est génial mais il n’en restera que De Villiers. Enfin Daniel Cohn-Bendit termine la bande des quatre avec les Verts (mais Bayrou obtient lui aussi 9%). L’élection comporte cependant une autre surprise dans le bas du tableau : Alain Krivine et Arlette Laguiller passent enfin la barre des 5% et deviennent députés ! (Krivine prendra alors un jeune attaché parlementaire du nom de Besancenot). Pour la première fois ils sont neuf groupes à se partager les postes de 87 élus. Le Pen frôle la disqualification avec 5,6% des voix (en dessous de 5% pas d’élus) car un de ses lieutenants a cru qu’il était temps de lancer le MNR. Bruno Mégret comme d’autres avant lui a fait un très mauvais calcul (3%). Qui d’autre avant lui a fait un mauvais calcul ? Pensons à J-P Chevènement qui a quitté le PS assez tôt pour préparer l’élection européenne de 1994 dont les résultats devaient le propulser aux premières places à la présidentielle de 1995. Il créa une liste ouverte avec Anicet Le Pors et d’autres, pour un résultat décevant : 2%. Les dettes seront colossales et Chevènement mettra des années avant de relever la tête sur la base d’une stratégie nouvelle que nous dirons gaullienne. Un communiste de premier plan avait tenté une même opération en 1984 en s’alliant avec le PSU de Depaquit. Il s’agit d’Henri Fizbin qui comme Fiterman finira sa vie politique au PS. Ne disons rien de l’autre communiste qui crut son heure arrivée en 1989 et qui n’ayant pas passé le 1% se retrouva ensuite à servir Dominique Baudis.

Bien d’autres observations peuvent être issues de l’étude des élections européennes mais à partir de 2004 le cadre change et le paysage politique avec vu que le cadre joue toujours un rôle central quant au paysage qu’il révèle. L’émiettement de 1999 ne pouvait plus durer pour les propriétaires de la politique (toujours une bande de quatre) aussi ils changèrent légèrement le mode de scrutin : on en est resté avec la proportionnelle intégrale suite au premier tour mais sur sept circonscriptions au lieu d’une ! Obtenir des élus devient plus difficile si bien que la bande des autres s’appellera alors PS, UMP, UDF et FN qui est encore là. Le PS n’a jamais eu un score aussi haut. Avec presque 29% il devance l’UMP de plus de 12 % ! L’échec de 2002 est magistralement effacé. Autre effacement total qu’il ne faut pas oublier : le succès de l’extrême-gauche en 2002. Pour les Européennes l’accord LCR-LO produit seulement 2,5% des voix quand Besancenot seul faisait 4% deux ans avant ! De Villiers et le PCF avec trois élus chacun survivent tandis que les Verts avec 6 élus résistent bien au nouveau mode de scrutin.

 

Alors en 2008,qui sera dans la bande des quatre ? Cohn-Bendit-Bové et le pôle écologiste ? Bayrou –JF Kahn et le pôle centriste ? Mélenchon-Buffet et le pôle de gauche ? Jennar-Besancenot et le pôle NPA ? Tous pensent que la situation n’est comparable à aucune autre, tous pensent que l’Europe est comprise pour ce qu’elle est, tous espèrent que leur tour est venu pour balayer la droite et le PS car tous veulent croire qu’il suffit d’un trompe l’œil pour devenir artiste. Quand j’entends Mélenchon annoncer qu’il va devancer le PS alors que son parti n’existe pas encore, je repense à ceux qui disaient que Bové serait en tête de la gauche en 2007 ! Plus la politique s’effondre et plus le moment électoral devient un enjeu en soi. Pour l’électoralisme avance et plus le peuple est absent. J’ai en effet oublié de donner le taux de votants depuis trente ans. Successivement nous avons eu : 60,7%, 56,7%, 48,8%, 52,7% (petite remontée en 94), 46,7% et enfin 42,7%. Allons nous passer sous le 40% de votants en 2008 ?

19 novembre Jean-Paul Damaggio

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:18

Luttes en Tarn-et-Garonne : Le service public de la poste

 

 

Depuis plusieurs mois se développe en Tarn-et-Garonne un mouvement important et populaire de défense de la Poste que je trouve réjouissant. Pour en apprécier le contenu, comme toujours il me paraît indispensable de faire un peu d’histoire.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que La Poste développe les agences postales en accord avec les mairies car ce n’est pas d’aujourd’hui que le travail de privatisation se prépare.

Il a fallu d’abord séparer le téléphone de la poste et c’est le gouvernement Jospin qui s’y est employé jusqu’à entamer le processus de privatisation de France-Telecom. Nous savons à présent les résultats avec les zones blanches en matière d’internet. Les zones blanches ce sont celles où les opérateurs et France Télécom se refusent à intervenir pour adapter les réseaux aux nouvelles technologies. En Tarn-et-Garonne, il y a aussi des réunions sur ces questions car le mécontentement est grand. Le Conseil Régional a fondé une société d’économie mixte Terra, pour combler les vides et, qu’elle n’a pas été ma surprise dans une des réunions, en apprenant qu’il s’agissait d’une entreprise de service public ! En effet Terra ne veut laisser personne sur la route, veut s’adapter aux besoins réels des personnes et non demander aux personnes de s’adapter aux règles des opérateurs et travaille avec les élus. Mais peut-on appeler service public une entreprise qui comble les trous laissés par les multinationales ? En faisant observer que ce sont les mêmes élus qui ont privatisé France Telecom et qui, aujourd’hui, aident Terra, il m’a été répondu qu’au niveau national il fallait appliquer les directives européennes. Bonne réponse ! Donc au niveau national il faut des marchés ouverts à la concurrence mais régionalement, Terra étant la seule entreprise capable de fournir le haut-débit à 40 euros par mois sans la téléphonie illimitée, il est possible de fournir un service sans concurrence ! Il faut cesser d’invoquer la concurrence quand trois ou quatre multinationales se partagent mondialement un marché. La question est toujours la même : à l’Etat les services jugés non rentables et aux multinationales les autres services. Aux cliniques les services rentables et à l’hôpital ce qui l’est moins. Etc. J’en appelle à la naissance d’un service public d’internet.

Mais comment définir le rentable ?

C’est là que j’en reviens à La Poste.

Jusqu’à présent, les directions de La Poste avaient procédé pas à pas mais cette fois, sous la pression d’une hiérarchie soumise à la culture du résultat, elles ont pensé pouvoir frapper un grand coup avec 29 Postes visées dans le département. La colère a pu se fédérer, a pu s’amplifier, les élus, du fait de cette pression, ont dû se mobiliser et la réflexion globale a été engagée.

La rentabilité c’est faire du nombre. Tout acte est mis en équation et l’équation dit la réponse : il faut réduire les horaires, il faut allonger les tournées, il faut abandonner le poste de receveur etc.

La Poste ne fonctionne déjà plus comme un service public, pas seulement par le nombre important de travailleurs précaires, pas seulement par la perte d’une grande partie du marché des colis, mais par ses règles les plus cruciales.

Castelsarrasin ferme le lundi matin mais pas Moissac car à Moissac il y a plus d’actes qu’à Castelsarrasin disent les autorités. C’est vrai, le lundi matin était mon jour préféré car c’était calme, mais le reste du temps c’est souvent trente minutes d’attente y compris quand les quatre guichets sont ouverts.

Pour la Banque Postale, que dire de ce monsieur qui vient dans son petit bureau de poste un lundi à 16 h pour retirer 500 euros et à qui l’employée répond : « Mais il faut s’y prendre à l’avance. Je ne peux vous les donner que dans trois jours ! »

Oui, les personnes âgées sont plus lentes, oui la vie n’est pas que du nombre !

Faut-il en conséquence abandonner tout principe de rentabilité ? Pas du tout, la défense du service public c’est aussi tenir compte des réalités, des évolutions, des investissements etc. Voilà pourquoi de mon point de vue, ils sont à réinventés dans la transparence. Non les intérêts des usagers et ceux des employés ne sont pas toujours identiques (pensez à une ouverture le samedi après-midi par exemple), non tout bureau de Poste n’a pas la même légitimité, mais toute politique sérieuse ne peut se construire qu’avec des outils plus sérieux que ceux mis en place ces dernières années.

 

Et les élus ? Prenons l’exemple du conseiller général de Molières. Il lui arriva par le passé de signer de bon cœur un partenariat avec La Poste. Il se félicita en long en large et en travers dans la presse locale. Aujourd’hui il découvre que ça va pas. C’est une prise de conscience utile à condition de bien expliquer comment il a pu être induit en erreur, pour que la même manœuvre de la direction de La Poste ne se reproduise pas. Si le mouvement a pris de l’ampleur c’est souvent parce que des personnes qui ont vécu avec confiance l’installation de leur agence postale ont découvert ensuite tous les services perdus et peuvent donc l’expliquer concrètement aujourd’hui.

Tout en conduisant la lutte défensive il me paraît important de construire des outils capables de rendre la Poste à sa vocation nationale. Quand une lettre met quatre jours pour aller d’un point à l’autre du Tarn-et-Garonne c’est bien la preuve que le système ne peut plus continuer de la même façon.

1-11-2008 Jean-Paul Damaggio

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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 15:20

Extraits de Laïcité sans œillères Marie-France Durand, Jean-Paul Damaggio, une brochure de 5 euros qui montre que la laïcité n'est pas une exception française.

 

Nouveau statut religieux dans le capitalisme féodal


En continuité avec le chapitre précédent voyons d'autres interventions de l'Eglise. En juillet 2005, au Panama, une grève générale dure trois semaines pour la défense du système de retraite (passage de 57 à 62 ans pour les femmes et de 62 à 65 pour les hommes). Le président de « gauche » essaie tout pour casser la lutte. En dernier recours il fait appel à la médiation de l'Eglise. Au Nicaragua voisin, une lutte des travailleurs des transports « bénéficie » de la médiation de l'archevêque Obando y Bravo. En Bolivie, après un mois d'insurrection populaire en 2005 pour demander la nationalisation du gaz, l'Eglise assure la médiation : le président démissionnaire est remplacé par l'homme que propose l'Eglise, en dépit de la Constitution. Avec la victoire d'Evo Morales, l'Eglise et ses médias maintiennent la pression. Ils obtiennent la démission du ministre de l'éducation en janvier 2007.

Rien de nouveau : l'Eglise est un pivot du pouvoir dans toute cette Amérique. Et l'Eglise y prend des formes de plus en plus extrémistes avec une présence officielle de l'Opus Dei. L'armée souhaitant rester dans les casernes, l'Eglise occupe d'autant plus ce vide du pouvoir classique.

En France, au contraire, dans un élan de bonté, l'Eglise serait décidée à respecter la laïcité ? Sous prétexte d'absence de fidèles dans les églises, nous aurions enfin la situation idéale de coexistence pacifique entre le Politique et les Eglises, la sécularisation ? Alors, comment expliquer que, plus la pratique religieuse recule, plus la mort du pape devient médiatique (avec les drapeaux en berne mis même sur les établissements de La Poste pourtant en voie de privatisation) ? Les Eglises perdant du pouvoir sur les croyants veulent se rattraper dans les cercles des pouvoirs où elles sont très courtisées. Notre système néo-libéral détruisant la solidarité a besoin de faire appel à la charité. Notons que les partis politiques ou les syndicats sont dans un cas similaire : plus ils perdent d'appuis chez les citoyens, plus l'Etat leur assure un financement (avec des aides européennes de plus en plus décisives). Les cercles du pouvoir ont donc besoin des Eglises en France comme ailleurs. Les écoles catholiques n'ont rien de catholique mais sont sous la coupe des Eglises. Faute d'une étude de l'articulation entre l'évolution du néo-libéralisme et le repositionnement des Eglises (voir le discours très anti-libéral chez Jean-Paul II et beaucoup moins à présent) on rate le sens de la révolution du capitalisme actuel, prônant un retour au féodalisme. C'est ici que nous retrouvons les thèses de Bernard Teper qu'il a défendues dans des réunions jusque dans notre Sud-Ouest, à Condom ou Montauban.

L'islam se trouve dans un cas très différent par sa contribution à la lutte contre le colonialisme (contribution due au fait que les pouvoirs faisaient des mosquées les seuls lieux disponibles pour lutter). Suite à la révolte iranienne, tout un courant veut situer politiquement à gauche, les révoltes liées à l'Islam. Or quel est le résultat ? Y compris en Iran, la misère augmente comme partout, et la morale sociale (thème cher aux religieux) régresse malgré des répressions féroces. Pour Alain Gresh, il suffit de laisser à cette religion le temps de se séculariser comme la religion catholique et tout se normalisera. Cette normalisation est tellement en marche que des penseurs originaux peuvent évoquer longuement le « terrorisme » sans référence aux « fous de dieu » qui deviennent un fait secondaire par rapport à ce qu'ils appellent les « avantages » collatéraux du terrorisme (une fois encore, les mêmes placent au second plan les auteurs de régressions sans nom !). Ces avantages, que le terrorisme offre au système en place, démontrent qu'il en est l'enfant gâté. Les poseurs de bombes furent palestiniens, basques, italiens ; ils étaient donc nationalistes, anarchistes ou révolutionnaires. Le cas des « fous de dieu » n'a rien à voir avec la génération précédente, or beaucoup de membres des courants les plus à gauche en France ou ailleurs ont du mal à se pencher sur cette spécificité[1]. Par exemple, sur un site espagnol, Rebelion[2], un politologue explique que les Vietnamiens n'eurent jamais l'idée de porter la guerre aux USA, et il regrette que « les anti-impérialistes musulmans » n'aient pas compris que leur terrorisme est contre-productif. Cet éminent penseur n'a pas compris que le terrorisme islamique n'a aucun souci anti-impérialiste sauf à réduire l'anti-impérialisme à de l'anti-américanisme.

L'Angleterre est, à la fois, le pays champion en capitalisme et le pays le plus compréhensif vis-à-vis des fous de dieu, au nom de la liberté d'expression ! Comment comprendre ?

1 ) En dénonçant tout d'abord l'image anti-impérialiste offerte aux poseurs de bombes. Un opposant aux USA n'entre pas aussitôt dans le camp anti-impérialiste. Les fous de dieu servent un nouveau type d'impérialisme politico-religieux d'où, l'opposition, doublée de connivence, entre les USA et eux. Opposition car dans le partage du monde aucun ne veut laisser de place à l'autre. Connivence car l'objectif est le même : assujettir les hommes et les femmes.

2 ) En dénonçant ensuite l'idée que les poseurs de bombes exprimeraient un cri de désespoir d'hommes au bout du rouleau ! Or tout démontre le contraire : les poseurs de bombes sont les instruments d'organisations financièrement très puissantes (la clandestinité coûte à présent un argent fou), usant d'une horlogerie savante pour déployer leur action (juste avant des élections en Espagne, au moment du G8 à Londres ...), et les kamikazes n'ont rien du lumpen-prolétariat.

3 ) En expliquant que la lutte contre Bush et Ben Laden est de nature complémentaire, ce qui n'est pas une posture facile mais pourtant la seule digne d'un nouvel humanisme. Que Bush fasse du combat contre le terrorisme son cheval de bataille, n'impose à aucun adversaire des USA, une indulgence envers les fous de dieu.

4 ) Oui les fous de dieu apportent quelques avantages à l'impérialisme, donc pointons du doigt l'essentiel, qui va au-delà du tout répressif que le système veut nous imposer. Les deux impérialismes veulent susciter un nouveau Moyen-Age leur permettant de renouveler leur forme de domination sur les hommes, donc l'ordre premier qu'ils se donnent, c'est abattre l'Etat. Les uns prônent la mondialisation de l'argent et les autres la mondialisation de la religion. D'où, pour tous les mouvements sociaux, le côté insaisissable des « patrons », et, pour les laïques le côté insaisissable des « terroristes ». L'Etat fut pendant longtemps tiraillé entre deux attitudes (assurer la valorisation mais aussi la reproduction du capital). Aujourd'hui il est sous le feu de deux adversaires. Le plus puissant, c'est le néo-libéralisme qui veut se développer sans en payer les « frais » à l'Etat. Le contrôle social indispensable à la reproduction du capital passe par d'autres gestionnaires des conflits comme les ONG, les Eglises. Le moins puissant, c'est le néo-conservatisme qui se manifeste par des soutiens à des Eglises, ou aux extrêmes droites.

5 ) En conséquence, évacuer de la réflexion, le pouvoir des Eglises capable de fabriquer des kamikazes est aussi dangereux que de laisser croire que les ONG sont au service des citoyens. Les rapports sociaux du Moyen-Age furent traversés par la construction de châteaux à des fins de « sécurité » ; en face, l'Etat a travaillé pour remettre les féodaux (et leurs services sociaux) à une place plus modeste, créant ainsi les conditions de nouveaux rapports entre les hommes. L'Etat n'a rien d'éternel sauf qu'on découvre aujourd'hui qu'il ne tombe pas sous les coups des divers anarchismes mais sous les coups des classes dominantes.

Au moins trois modèles mériteraient une analyse suivie : l'Iran, Haïti et l'Algérie que nous allons évoquer de manière schématique.

Dans la théocratie iranienne, l'élection présidentielle aurait vu la victoire d'un conservateur sur un réformateur ? Or, les deux hommes sont du même monde : celui qui profite des richesses nationales pendant que le peuple plonge toujours plus dans la misère. Ils usent d'habits différents afin d'imposer toujours mieux leur système à vocation impérialiste. En 1979, l'islamisme devait moraliser la société, aider les pauvres, créer une autre forme de démocratie. Vingt-cinq ans après, le système apparaît plus solide que le système communiste à son heure de gloire, avec une montée dans l'usage des drogues, une inquisition phénoménale et une pauvreté générale en ce pays grand producteur de pétrole ! Le pouvoir y est entre les mains de « fondations » qui échappent à l'Etat et qui règlent toutes les questions de société. Les pouvoirs d'Etat, malgré leurs limites, tentèrent de proposer des lois pour contrôler cette mafia mais, avant même l'ébauche de telles lois, le guide suprême (le pouvoir religieux) annonçait qu'il opposerait son veto ! Nous avons eu le plaisir de débattre à Montauban avec Chahla Chafiq qui avec son livre, « Le nouvel homme islamiste » apporte un éclairage précieux.

Haïti est devenu un pays sans Etat, un modèle du genre aux portes des USA. Un prêtre catholique aura tenté de gouverner ce pays. Bien qu'il soit très petit, la force militaire de l'ONU (en fait des Brésiliens à la solde des USA) y est incapable d'assurer la moindre vie digne d'une société humaine. Haïti ne cessera de payer le fait d'avoir été le premier pays du monde à se libérer de l'esclavage.

Algérie : alors que les fous de dieu sont présents dans tous les pays musulmans, pour l'Algérie, on nous dit qu'ils seraient seulement les marionnettes de l'armée et qu'ils n'existeraient que par les «avantages collatéraux » qu'ils fournissent au système étatique algérien pour maintenir sa domination. Or qui a gagné en Algérie ? L'armée ? L'Etat ? Les islamistes ? Les USA bien sûr. Ils ont soutenu le FIS (Front Islamique du Salut) jusqu'à un certain jour de septembre 2001, puis ils ont changé leur fusil d'épaule (c'est le cas de le dire) quand ils ont compris deux choses : que le président Bouteflika déroulerait le tapis rouge aux islamistes sans bombes, au moment même où les USA déroulerait le tapis rouge à l'armée algérienne soucieuse d'entrer dans l'OTAN. Pour ce faire, une condition est indispensable : laisser le pouvoir entre les mains des « civils ». Que le colonialisme français ait une nouvelle fois perdu la guerre d'Algérie, au bénéfice de l'impérialisme US, c'est une chose, mais en oublier les droits des femmes et des tas de droits sociaux, acquis de l'histoire, c'est triste.

En conclusion, les raisons qui font exister le terrorisme sont incompréhensibles en dehors du rôle attribué à présent, par les classes dominantes, aux Eglises. Si, en effet, le traitement policier du terrorisme ne peut que le raviver (il est fait pour ça !), sont traitement « social » (aider les pauvres des cités) ne changerait rien à l'affaire dans la mesure où le « mouvement social » s'est rendu incapable d'apporter des perspectives globales.

Pourquoi les USA ou Israël ont-ils soutenu des partis religieux musulmans ? (le FIS en Algérie et le Hamas en Palestine). Une démocratie peut-elle tolérer la présence de partis religieux ? Nos démocraties malades peuvent tomber sous les coups les plus divers. Leur renouveau suppose la remise en chantier de valeurs détournées. Pas seulement la laïcité, mais aussi le droit de vote, le droit d'information, le droit de réunion, et le droit au travail.

 



[1] Des gens de gauche s'enthousiasment pour « des fous de dieu » comme les Cathares car ils furent des hérétiques. Ils alimentent ainsi une confusion cathares / albigeois comme d'autres aiment la confusion staliniens / communistes.

[2] Ce site internet pluraliste basé au Venezuela alimente la même confusion.

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