Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 14:52

Prise-de-la-Bastille-18-mars-014.jpg

Sur la photo Martine Billard dans la foule...

 

Le 18 mars à la Bastille le Front de Gauche a créé l’événement. Un ami de ma petite commune de naissance, Cayrac, était dans la foule après un plan pas possible pour trouver un train capable de faire le voyage. Il a accepté de me dire brièvement comment il a vécu ce moment historique. Je remercie donc Marceau Valette, un parmi des dizaines de milliers qui, pour l’occasion a pris la plume. JPD



"Un peu après midi nous arrivons en gare d’Austerlitz, plein d’enthousiasme malgré la petite pluie fine qui nous accueille mais qui s’arrêtera vite.
Nous nous dirigeons vers la Nation. De tous côtés des groupes affluent. Il n’est pas encore 13 heures et la place de la Nation est pleine d’une foule colorée où le rouge domine. C’est la fête, les gens s’interpellent. Ils viennent de toute la France, par trains, par cars… Les toulonnais distribuent du mimosa, d’autres proposent leurs tracts.
Puis le défilé s’ébranle. Impossible de voir Mélenchon. Il est assailli, cerné par une multitude de caméras et photographes. J’ai la chance d’approcher Martine Billard : un sourire pour la photo.
Sur le boulevard Diderot que nous empruntons c’est une véritable marée humaine qui déferle joyeuse, enthousiaste. Tant de monde ! C’était impensable. Et pourtant c’est vrai : 120000 personnes qui avancent au cri de « Résistance », au rythme des musiques…
Nous arrivons place de la Bastille : Impressionnant. La foule se presse, on est au coude à coude. Les pancartes, les drapeaux s’agitent : c’est du délire.
Quand on n’a pas la chance d’être face à la tribune c’est sur grand écran que nous suivons les diverses animations et enfin l’intervention tant attendue de Jean-Luc Mélenchon. Pendant 25 minutes il développe sa vision de la 6ème République, avec force avec conviction.
Après l’Internationale et la Marseillaise chantées avec ferveur, il faut s’extraire de la foule.
Nous repartons en chantant encore « on lâche rien »"

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 16:17

Il y a une semaine sur un écran montalbanais j’ai vu le film : La désintégration. On y découvre un jeune français aux parents originaires du Maghreb, d’un milieu modeste d’une cité du nord de la France qui, petit à petit, se laisse attirer par le fondamentalisme musulman jusqu’à l’attentat final, inexorable.
Et voilà que la réalité rattrape la fiction… PRESQUE.

Aujourd’hui je devais aller à Montauban acheter une paire de lunettes mais j’ai préféré reporter le voyage à demain car la ville est sous contrôle avec embouteillages garantis. La cathédrale de la ville va être remplie comme jamais et la peinture d’Ingres qui s’y trouve attirera peut-être le regard du président Sarkozy.

Un jeune toulousain aux parents originaires du Maghreb, attiré par le fondamentalisme musulman a décidé de frapper, et je n’écris qu’après la découverte du coupable, car je me serais bien gardé de toute hypothèse.

SAUF que le jeune ne vient pas des quartiers populaires de Toulouse… L’explication sociologique dans la désintégration pour faire comprendre comment un jeune tombe dans l’exaspération criminelle, est une fois de plus prise en défaut. Les pauvres seraient la proie facile des extrémistes or du 11 septembre à ce mois de mars 2012, on vérifie que les enfants de milieux plus aisés sont impliqués. Les hommes du terrorisme islamiste sont des personnes fanatisés plus par une démarche intellectuelle-religieuse que par l’effet « coup de colère ». Je ne veux pas tirer de leçons générales mais je supporte mal nos experts en terrorisme qui se trompent tout le temps mais gardent tout de même le titre « d’experts ».

Tout comme je supporte de plus en plus en mal le traitement du sujet par les autorités.
Sans rien savoir des événements, lundi matin j’arrive à Toulouse où je constate partout la présence de nombreux gendarmes au bord des routes. J’en ai déduit que le président devait être en voyage dans le secteur. Erreur, il y avait eu le drame, la tragédie, le crime que tout le monde connaît. Or, chacun sait très bien que ce déploiement policier est sans effet pour trouver le criminel. Je remercie les services de police qui, par le système du renseignement, sont arrivés à élucider le problème, mais pas la stratégie des autorités qui pour montrer qu’elles ont une pensée pour les victimes, nous inondent de contrôles policiers pour alimenter la peur. C’est exactement comme les faux experts qui nous conduisent loin d’une réalité qu’ils sont censés expliquer.

Et maintenant, la suite de la campagne électorale ? En Espagne, un attentat bien plus meurtrier avait changé la nature de l’élection. En France, nous savons qu’il va aussi avoir un effet. Par l’élucidation du drame, Sarkozy pense capitaliser quelques avantages. Par son discours anti-musulman, bien que tout le monde connaisse le canyon existant entre les rares fondamentalistes et la grande masse musulmane (1), Marine Le Pen pense capitaliser quelques avantages. Bayrou, suite à une explication sociologique précipitée, risque d’y laisser des plumes. Et la gauche ? Nous verrons.

Pour le moment je m’en tiens à ce constat déjà ancien (voir ma présentation des livres de Thierry Jonquet) : les religions vont continuer de nous conduire aux folies qu’elles alimentent, et la crise sociale n’est pas la seule explication. 21 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

(1)    Ce n’est pas être anti-musulman que de dénoncer fermement, radicalement et en permanence, le terrorisme fondamentaliste. Je trouve mal placé l’idée que pour ne pas tomber dans le piège du FN et parce que les autorités françaises ont colonisé l’Algérie, il faille se montrer indulgent sur ce point. Dénoncer ce terrorisme ce n’est pas dénoncer la haine en général mais une dérive religieuse précise, expérimentée beaucoup en Algérie, avec quelques complicités graves dans la gauche française.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 16:05

Pour compléter l'article sur le FdeG, nouvelle étape, voici la déclaration de la Gauche anticapitaliste (désormais GA après GU pour Gauche unitaire)  qui est une frange du NPA importante en Midi-Pyrénées, et qui annonce clairement sa position : aller, après les présidentielles vers un mouvement unissant Alternatifs, GA et FASE, ce mouvement pouvant rejoindr ele Front de Gauche. Ce groupe n'appelle pas à voter Mélenchon faut d'unité en son sein, sur ce point. JPD

 

 

Déclaration de la gauche anticapitaliste du 18 mars 2012

 

 

Adoptée à l'unanimité de la réunion nationale de Montreuil (93) des 17 et 18 mars
La campagne électorale de la Présidentielle entre dans sa dernière ligne droite. Elle est marquée par le débat autour des politiques pour faire face à la crise, reléguant au second plan d'autres questions pourtant cruciales, comme celle des réponses à la crise écologique ou celle des quartiers populaires.
En campagne pour sauver sa place, Nicolas Sarkozy se présente comme le seul à disposer de l'expérience nécessaire pour « piloter le navire en pleine tempête ». Il se présente comme l'homme d'une droite dure, sécuritaire, raciste et xénophobe, défenseur d'une Europe « forteresse », pour draguer les voix du FN. Le «candidat du peuple » a cependant du mal à faire oublier le « Président des riches ». Son bilan, catastrophique pour la majorité de la population, est puissamment rejeté. Son projet est dans la continuité de son action, totalement nocif. Oui, il est urgent de « sortir le sortant ».
Battre la droite est un enjeu essentiel et primordial. Il n'est pas le seul de cette élection présidentielle. Le programme de François Hollande s'inscrit dans la gestion de la crise du capitalisme par l'austérité et ne prend pas en charge les questions écologiques à la hauteur des enjeux de crise de civilisation qui sont désormais posés.
Il importe qu'il existe aussi un vote de premier tour, le plus massif possible, pour donner force et crédibilité à un programme d'urgence basé sur une toute autre répartition des richesses, la transition énergétique, des transformations démocratiques radicales.
Dans ce cas, une nouvelle chance sera offerte pour faire exister durablement un courant politique qui conteste à gauche l'hégémonie du courant social libéral dont François Hollande est le porte-drapeau à la Présidentielle. C'est essentiel également pour faire contrepoids à une extrême-droite relookée qui s'implante durablement et cherche, par une campagne nationaliste, raciste et prétendument sociale, à séduire les classes populaires.
C'est enfin décisif pour donner force et courage à celles et ceux qui luttent et entendent lutter sous diverses formes pour résister aux politiques d'austérité ou pour imposer la transformation sociale, écologique, démocratique.
Au-delà de divergences maintenues, sur le bilan des gouvernements d'union de la gauche de 81 et 97, sur le rapport à la république et à la nation, la campagne que mène Jean-Luc Mélenchon énonce un large spectre de propositions politiques communes à toute la gauche radicale. Réquisitionner les entreprises qui licencient en délocalisant, prendre des mesures pour museler la finance, refuser de faire payer la crise à la majorité de la population, organiser la planification écologique, rompre avec une Vème République antidémocratique, rompre avec les traités européens pour réorganiser une Europe qui réponde aux impératifs sociaux, écologiques, démocratiques, voilà des propositions qui vont dans le bon sens.
La dynamique politique militante autour de la campagne de Jean-Luc Mélenchon permet de faire vivre et se développer une force militante et électorale qui refuse de se soumettre à la gestion sociale-libérale des crises, aux politiques d'austérité tout comme à sa version « verte ». C'est un facteur important du rapport de force pour la gauche de la gauche. En témoignent d'ailleurs le nombre de syndicalistes, de militants du mouvement social, écologiste, féministe, antiraciste qui rejoignent la campagne.
Une question importante demeure toutefois ouverte, celle de l'attitude vis-à-vis du PS. De ce point de vue, on sent des approches différentes au sein du Front de gauche entre d'un côté des déclarations du PCF qui laissent ouverte la perspective d'alliances et tous les autres, dont le PG, qui indiquent clairement refuser de collaborer à un gouvernement social libéral.
En tout état de cause, il faudra alors regrouper les forces politiques et sociales qui refuseront de collaborer sous quelque forme que ce soit avec un gouvernement s'inscrivant dans la lignée de ses ex-homologues européens portugais, espagnol ou grec, c'est-à-dire une politique marquée du sceau de l'austérité dite de gauche et du capitalisme prétendument vert. Beaucoup de ces forces se situent à l'heure actuelle de manière significative dans le giron du Front de Gauche.
Et si c'est Sarkozy qui l'emporte, alors il n'en sera que plus nécessaire de regrouper une gauche de combat susceptible de préparer les nouveaux affrontements sociaux et écologiques qui vont survenir.
Force est de constater hélas que la majorité de direction du NPA tourne le dos à une telle politique de rassemblement.
La campagne présidentielle du NPA cherche à s'imposer dans le débat politique par une posture « ouvriériste » et de rejet global du système. Même si l'exigence de « dégager » Sarkozy apparaît dans les interventions de Philippe Poutou ou dans le matériel de campagne, elle ne parvient pas à gommer un autre profil, le rejet d'un monde politicien présenté comme uniforme. La majorité de direction du NPA met en avant comme argument central, le statut social de son candidat, un ouvrier censé être le seul à pouvoir comprendre et exprimer la souffrance populaire. Se démarquer du Front de gauche, compte tenu de sa dynamique et de son positionnement est difficile et renforce les aspects négatifs de la campagne Poutou, et ce jusqu'à la caricature quand on entend que le Front de gauche est déjà au gouvernement Hollande.
Que valent alors les appels au rassemblement des anticapitalistes ? A quoi sert la candidature du NPA ? Quelles idées, quel programme contribue-t-elle à populariser dans la société ? Derrière cette posture se teste une évolution négative majeure du NPA. Nous devons acter le fait que le NPA, fondé il y a trois ans dans l'objectif de rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse implanté dans la société, prend le chemin de la marginalité, renonçant de ce fait à peser réellement dans une situation politique aux enjeux majeurs.
L'ensemble de ces éléments, au-delà de l'enjeu électoral lui-même, confirme les grandes orientations défendues par la Gauche anticapitaliste. A l'occasion de sa réunion nationale, elle prend une série de décisions qui visent à favoriser l'indispensable réorientation du combat des anticapitalistes et le rassemblement de la gauche radicale.
La GA en appelle aux militantes et aux militants du NPA, comme à celles et ceux qui l'ont quitté, pour mettre en œuvre sur le terrain et sans attendre une orientation unitaire.
Les enjeux de la situation politique, avec les développements de la campagne présidentielle, rendent une telle concrétisation, urgente et nécessaire. La GA prend donc toutes ses responsabilités en ce sens. Cela passe notamment par :
La structuration plus systématisée des groupes de la Gauche anticapitaliste partout sur le territoire. De ce point de vue, il faut faire un effort pour prendre contact avec les camarades qui ont quitté par désaccord le NPA ces derniers mois et années.
La poursuite et le développement de notre insertion dans les campagnes de masse comme celle contre la dette, autour du référendum en Europe, en solidarité internationale sur tous les fronts et bien d'autres à venir... sur les terrains féministes, antiracistes, du logement, les enjeux syndicaux et sociaux, les luttes des LGTB, etc. avec toujours le même souci d'allier recherche de l'unité et développement de revendications de masse.
L'approfondissement à toutes les échelles, locale, régionale, nationale, de la convergence des forces anticapitalistes et éco-socialistes, notamment les Alternatifs, la FASE, C et A, le MOC, militant-es du mouvement social et écologiste. Ce premier rassemblement doit se matérialiser sur la base d'un texte-cadre programmatique commun, d'un comité de liaison permanent qui, le moment venu, se dotera d'outils appropriés de communications, de débats et d'apparition. Ce regroupement des anticapitalistes peut représenter une première étape dans une recomposition plus vaste que nous pensons nécessaire.
La poursuite des discussions unitaires à tous les niveaux, local, régional, national, avec l'ensemble des partis et mouvements qui composent le Front de gauche. La convergence de toutes les forces de la gauche radicale indépendantes du PS, dans leur pluralité et avec le périmètre le plus large possible, est une absolue nécessité. La recomposition en cours peut prendre des chemins variés. Nous aborderons avec un esprit offensif et en positif des propositions qui émaneraient d'autres forces politiques, dès lors qu'elles se situent dans cette perspective et qu'elles offrent un cadre pluraliste et rassembleur. La nouvelle donne créée par le résultat de la Présidentielle sera propice pour tester ces évolutions politiques nécessaires. Nous devons affirmer clairement en tant que GA, que nous sommes disponibles pour œuvrer à cette convergence, qui dessinera les contours d'un bloc anti-austérité, indépendant du PS, et posera les jalons d'une possible recomposition. Dans ce cadre, nous défendrons la nécessité d'une convergence entre forces politiques et courants issus du mouvement social, la nécessité de formes politiques permettant de vrais débats de fond et un fonctionnement démocratique à tous les niveaux, et notamment la possibilité d'adhésion directe individuelle à des comités de base.
La présentation d'un maximum de candidatures unitaires dans un cadre large de toute la gauche radicale (FDG, NPA, Alternatifs, MOC, etc.), et lorsque cela ne sera pas possible, avec un périmètre plus limité. La GA agira en tant que courant politique, avec ses propres candidat-es dans ce cadre et dans le dialogue avec la majorité du NPA.
Participer à la construction d'un bloc anti-crise, rassembler en son sein les courants anticapitalistes et éco-socialistes, telle est la tâche de l'heure. Ce processus commence dès à présent, et les échéances vont s'accélérer et se concrétiser au lendemain de l'élection présidentielle. La gauche Anticapitaliste, tout en participant directement à tous ces processus, propose à tous les militants et toutes les militantes du NPA une réorientation radicale dans ce sens. Elle proposera au prochain CPN, sur ces enjeux et cet agenda, la tenue d'une conférence nationale décisionnelle avant l'été. Tout en ayant donné son analyse sur les principaux enjeux de la Présidentielle, la GA constate des positions différentes en son sein sur l'appel au vote. Privilégiant son unité, la GA ne prendra pas, en tant que courant, de position concernant le vote au 1er tour.
La Gauche Anticapitaliste organisera une nouvelle réunion nationale en mai prochain. Elle précisera son analyse de la situation politique et son implication dans les processus en cours.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 15:49

 Place de la Bastille à Paris, tous les médias sont d’accord, le Front de gauche a franchi une grande étape de son histoire. Aussi sur Médiapart Lenaïg Bredoux propose un article utile pour réfléchir à l’après-présidentielle, à partir de questions posées aux dirigeants politiques suivants : François Delapierre, Alexis Corbières et Eric Coquerel pour le Parti de gauche (que des hommes), Olivier Dartigolles, Ian Brossat, Pierre Laurent pour le PCF (que des hommes), et enfin Clémentine Autain pour le troisième courant du Front de Gauche.
 

 

L’effet présidentielle
Grâce au nouveau rapport de forces - un Front de Gauche capable de peser sur le PS - l’après-présidentielle serait à envisager sous une nouvelle forme, indique le journaliste. Sauf ce rapport de forces ne distingue pas l’effet Jean-Luc Mélenchon et l’effet Front de gauche. Sont-ils de même nature ? Ce serait faire fi de la réalité qui permet, depuis longtemps, à des candidats d’opérer un grand écart entre leur score et celui de leur parti. Prenons les cas de Bayrou, avec un Modem qui ne brille que le soir de la présidentielle, de Chévènement qui passa la barre des 5% et dont le mouvement s’effondra ensuite, de Besancenot qui porta haut les couleurs de la LCR jusqu’à penser qu’un nouveau parti, le NPA, allait pouvoir engranger ce soutien électoral, d’Arlette Laguiller. Inversement, qui pouvait croire en 2007 que le PCF était tombé à 1,9% ou qu'en 2002 le PS était effacé ? Qui peut croire que le score d’Eva Joly sera significatif de l’influence des écologistes ?

L’effet présidentialisation ne tient pas surtout au candidat mais aux conditions de l’élection. Quand en 2008 Mélechon quitta le PS pour fonder le PG, tous les militants socialistes savaient qu’il avait en vue l’élection présidentielle, tout comme Chévènement en 1993. Jean-Luc Mélenchon s’est préparé et il a su profiter des conditions favorables du moment pour créer l’événement. J’ai lu par exemple l’entretien qu’il donna au journal catholique La Vie où il a su rester ferme sur ses principes (non au concordat en Alsace) tout en rappelant ses grandes amitiés avec des catholiques de gauche. A la fois ferme et souple, le candidat du Front de gauche a fini par sortir l’autre gauche de la spirale de l’échec qui fut si dévastatrice en 2007, pour relancer une dynamique sous-jacente. Mais comment transformer un succès à la présidentielle en succès plus global ? C’est ce qu’a su faire Jean-Marie Le Pen en 1988 qui a permis des résultats équivalents aux présidentielles et aux législatives...
 

 

L’effet Front de Gauche
En se centrant sur un candidat, la présidentielle n’efface pas l’existence de plusieurs approches du Front de Gauche qui furent matérialisées en 2010 aux élections régionales, à savoir : l’union dès le premier tour avec le PS imposé par certains secteurs du PCF, l’union au second tour avec des listes Front de Gauche au premier, l’union de toute l’autre gauche avec maintien au second tour dans un cas, le Limousin. De mon point de vue, la présidentielle permet à Mélenchon de s’appuyer sur le cas Limousin où en effet le score de liste passa largement le 10% et marqua des points au second tour. Mais demain ? L’article de Médiapart pointe la première difficulté : la participation ou pas au gouvernement Hollande ? A lire les hommes politiques interrogés on découvre que la stratégie politique c’est du bricolage. J’ai écouté dimanche soir Pierre Laurent qui nous apprend ceci : la discussion aura lieu seulement après les législatives et on verra le rapport des forces mais de toute façon pas question d’aller dans un gouvernement qui prônera l’austérité. Comme si nous ne savions pas ce que veut le PS, ce qu’il fait avec sa majorité sénatoriale, ce qu’il fait dans les Régions. Personnellement je n’ai aucun reproche à faire au PS qui fait exactement ce qu’il dit ! En 1981 après une longue bataille sur le programme commun (un texte plus précis que L’humain d’abord), avec un rapport des forces qui faisait du PCF une structure claire, puissante et influente, le PS a fait ce qu’il jugeait utile de faire. Que le PS fasse son travail de gestion et que l’autre gauche se construise une force et une perspective ! Les tergiversations sur la question participation ou pas, ne sont là que pour calmer quelques susceptibilités. Or Mélenchon démontre qu’on peut parler sans détour de ce point. Qu’est-ce qui est au cœur de la politique en 2012 ? Le dégoût du politique ! En disant qu’il n’ira pas au gouvernement Mélenchon prend des voix au FN qui jouait cette carte. Bien sûr le NPA ou LO défendent aussi cette position mais sans pouvoir peser par une force de frappe électorale et mobilisée. Ce n’est pas de l’antisocialisme primaire que de dire : pas question d’aller gouverner demain !

Bref, la deuxième victoire de Mélenchon serait la suivante : vu le score, le PCF ne pourra rompre le Front de Gauche en étant le seul à aller au gouvernement.

 

L’effet organisation du Front de Gauche
La question ne peut pas être : rompre ou ne pas rompre le Front de gauche. Après les Régionales le PCF est entré dans les exécutifs régionaux et le PG non. Qui a parlé de rupture? Rappelons que le Front de Gauche n’a pas et n’aura pas de finances, qu’il n’a pas de collectif dirigeant élu, qu’on n’adhère pas au Front de Gauche. Il existe parfois, comme en Tarn et Garonne, des collectifs du Front de Gauche mais c’est le contre-exemple : d’un côté les maîtres du jeu à Paris, et de l’autre les miettes locales éparpillées.
L’article de Médiapart évoque des éventualités pour l'avenir :
- un « Front de Gauche fédératif plus intégré » (formule de Coquerel du PG)
- ne pas se ringardiser comme Die Linke (1) dit Clémentine Autain qui me paraît peu réaliste quand elle en déduit : « prolonger les assemblées citoyennes »
- « Nous ferons une proposition stratégique » version Olivier Dartigolles du PCF
- la constitution d’une troisième force à côté du PG et du PCF-GU rassemblant Alternatifs, Gauche Anticapitaliste (GA) et FASE de Clémentine Autain.
Ce tableau me semble représentatif de l’état des lieux.
Pourquoi cette question n’est-elle pas dans le débat citoyen ? Car elle n’est pas d’actualité ?
Je repense à la victoire du NON et à ses suites qui ont conduit à la fausse pérennisation des collectifs du NON afin de masquer la division des forces en vue des présidentielles.
Au risque de choquer je prétends que la réponse est dans la force de frappe financière des uns et des autres après les législatives car sans finance on ne fait rien.
Or si, pour le troisième groupe, les Alternatifs ont quelques finances car depuis longtemps ils ont une association de financement souple, SEGA (Solidarité Ecologie Gauche Alternative) qui permet de rassembler les versements de l’Etat aux partis suivant le résultat des législatives, les deux autres GA et FASE n’auront pas des candidats estampillés Front de Gauche aux législatives (sauf peut-être deux ou trois pour la FASE) n’ont pas d’association des financement, et en conséquence seront fortement limités dans leur action. D’où l’idée de GA de présenter des candidats aux législatives qui sans doute se raccorderont à SEGA.
Pour le PG – qui risque de se sentier renforcé dans sa structure interne de Pyramide de Gauche – il y aura bien un financement mais sans commune mesure avec celui acquis par le PCF. D’ailleurs, je note que si le PCF déclare que l’accord PS-EELV n’est plus valable vu l’évolution du rapport des forces (j’en suis d’accord), il pourrait s’interroger sur la place ridicule laissée au PG car n’en déplaise à certains il y a eu aussi un accord PG-PCF.
Une fois ces questions de marchand de tapis évacuées, il restera celles de la démocratie interne et de l’orientation. La démocratie ne tient pas aux individus mais aux statuts et dans ce domaine, les découragements sont légions de tous côtés. Rappelons qu’une bonne partie des membres de la FASE sont des personnes qui ont cessé de lutter en interne dans le PCF, que pour le PG je connais déjà pas mal de membres déçus, que les Alternatifs sont fortement divisés etc. Et quant à l’idée qu’il pourrait y avoir des membres de partis, et des citoyens sans carte, que ces derniers ne se laissent pas aller à croire qu’ils ont une démocratie supérieure à celle des partis…
Quant à l’orientation il y a le cas emblématique de Robert Hue qui appelle dès le premier tour à voter Hollande. J’ai entendu Pierre Laurent indiquer du bout des lèvres qu’il n’est plus membre du PCF mais je constate qu’en 2011 il est élu sénateur sur la part revenant au PCF, qu’il siège au Sénat non dans le groupe socialiste mais dans le groupe communiste (2). Je l’imagine sans mal entrer dans le gouvernement Hollande…
23 mars 2013 Jean-Paul Damaggio

(1) Die Linke est une seule organisation qui a suscité l'enthousiasme au début - le PG en ayant alors fait sa référence -mais aujourd'hui la situation n'est pas brillante.

(2) Les responsabilités de Robert Hue au Sénat me font rêver...

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:30

la-poste.jpg
Un jour, mon facteur n’est pas passé : il n’y avait eu ni neige, ni pluie, ni vent, ni tempête. Tout était normal mais voilà la tournée de Malause était plus importante donc il est parti à Malause.
Dois-je me plaindre ? Bien sûr que non, il y a bien pire sur Montauban !
Je reçois mon journal avec sept jours de retard et je n’ai pas à me plaindre vu que je l’ai reçu.
Et les tarifs ? Ils ont inventé « la lettre vert » car le vert a bon dos. Même Mac Do a quitté le rouge pour le vert. La colère reste par contre toute rouge.
La queue ? Mais c’est normal, signe manifeste que La Poste a des clients, que ça marche, que ça court.
Aujourd’hui un copain m’envoie le petit papier vert qu’on lui colle sur son courrier car il n’a pas changé de maison mais il a changé d’adresse ! Autrefois les facteurs étaient en place pour un grand moment et connaissaient tout le monde. Aujourd’hui, le lance-pierres des salaires c’est le tourniquet des facteurs alors la Poste impose des noms de rue, des numéros et pourquoi pas, il faut le progrès mais les clients doivent se mettre au pli aussi sec. Ajustez vote adresse sinon retour à l’envoyeur… Donc tous les jours, à l’heure du tri, c’est pour le facteur l’heure de coller les pastilles vertes de mise en garde. Pire qu’après un déménagement !
Je suis un utilisateur quasi quotidien de La Poste et je peux dire que je vis au jour le jour la colère de ceux qui attendent, et les employés font preuve d’un calme admirable eux qui doivent en même temps supporter la dégradation de leurs conditions de travail et l’absence d’augmentations salariales. Jusqu’à quel point ?
Pour les colis, les transporteurs sont compétitifs car ils exploitent encore plus leur personnel ? Sans nul doute mais pour un service moins cher d’où leur succès. Envoyez un colis par La Poste et par un transporteur : cinq fois moins cher et plus rapide !
Bientôt Les Editions La Brochure vont aussi changer d’adresse pour les mêmes raisons que l’ami en question. Nous allons avoir un nom de rue, et un numéro. La modernité va arriver jusqu’à Angeville. Je vois ce que ça va être mais bon la droite va être battue…
19 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:49

Je suis fils d'un petit paysan communiste et gamin je me souviens des doutes que la revendication du SMIC suscitait chez des millions de gens qui n’étaient pas concernés dans l’agriculture et le petit commerce. Etre pour cette augmentation n’interdit pas d’en étudier les contradictions.


La mesure phare ?
En 1988 Juquin avait fait de l’augmentation du SMIC une de ses quatre mesures phares qui suscita en son sein une politique sévère ente la LCR et d’autres : cette augmentation était-elle donnée en brut ou en net ? Juquin disait en brut et la LCR en net ! Etrange point de fixation ! Le 1700 euros de Mélenchon c’est du net ou du brut ? J’ai compris alors que l’augmentation du SMIC était comme la pierre philosophale et en effet une des victoires les plus marquantes de 1968… ce fut l’augmentation du SMIC de 25% (certains disent plus). Une victoire incontestable pour le peuple puisque l’adversaire patronal répétait auparavant qu’elle serait la ruine de la France or elle permit la relance de l’économie ! C’est là que vient ma question : et si des revendications u mouvement ouvrier servaient les intérêts du capitalisme contre son gré ? Je veux dire : n’y a-t-il pas parfois moyen de récupérer une victoire ouvrière ? La réponse est facile : les congés payés arrachés en 1936… ont permis le développement de la première industrie du monde, le tourisme.


Le mouvement ouvrier et le mouvement social
La revendication de l’augmentation du SMIC vient des secteurs les plus forts du mouvement ouvrier, c’est-à-dire les secteurs dépendant des grandes entreprises, ceux qui par leur masse de manœuvre (en profits comme en nombre d’ouvriers) peuvent supporter le plus facilement les dites augmentations. Indirectement l’augmentation du SMIC joue contre les PME et pour le grand capital, celui qui est l’adversaire principal ! Prenez la restauration : chez Buffalo Grill les plats sont préparés totalement à l’avance par la congélation, et tout le travail des employés c’est de faire réchauffer aussi, pas question qu’ils prennent dans leur service des jeunes en stage de formation cuisine. Par rapport à un restaurateur authentique, il a des frais largement inférieurs, il va tout de même exploiter au maximum ses employés mais s’il est obligé de les augmenter sa marge de manœuvre l’aide et l’aide d’autant mieux que si les petits restaurateurs disparaissent il gagne des parts de marché ! Mais alors il pourrait de lui-même augmenter ses employés ? Le capitalisme cherche le chemin le plus court vers le profit donc pour le porter plus loin il faut qu’il y soit poussé par la concurrence, l’Etat ou des certaines actions du mouvement ouvrier.


Du SMIC à la gratuité
Là où le capitalisme a mal aux reins c’est quand on retire du marché des éléments de l’économie. Voilà pourquoi la Sécurité sociale a été plus difficile à mettre en place que les congés payés. La gratuité de la santé a aussi ses contradictions surtout à l’âge des dépassements d’honoraires. Cependant la première des contradictions est non pratique mais idéologique : ces dernières années la classe dominante a imposé massivement l’idée que ce qui est gratuit c’est nul. Ce qui est totalement vrai pour elle car impossible de faire des profits sur ce qui est gratuit. Si on augmente le SMIC et si on recule sur le plan de la gratuité, le bénéfice est perdu d’avance. Or nous sommes dans une société où la gratuité peut faire un pas en avant énorme à condition là aussi de susciter le débat. Bien sûr, la gratuité de l’école ne signifie pas qu’elle est sans coût mais que ce coût est pris en charge collectivement pour le bonheur des utilisateurs. Depuis 1945 nous avons assisté à beaucoup de victoires sur le plan de l’augmentation du SMIC et à beaucoup de reculs sur le plan de la gratuité. Je n’oppose pas les deux plans : au contraire, sans les lier on perd le fil qui les tient. Sauf que le combat pour la gratuité est aujourd’hui plus difficile que celui sur le montant du SMIC. Du moins c’est mon sentiment.


Quelle gratuité ?
Nous pourrions commencer par un inventaire, celui du don de soi que réalisent des milliers de personnes par le bénévolat. Je sais le bénévolat souffre mais en même temps sans lui combien d’associations s’effondreraient ? Nous pourrions chercher les nouveautés. Sur le marché du village, le vendeur paie un droit de place or il pourrait y avoir une zone gratuite pour les vendeurs occasionnels qui auraient droit à un espace donné pendant un nombre de fois donné. Même principe que pour la gratuité de l’eau jusqu’à un certain seuil de consommation. La philosophie de l’augmentation du SMIC c’est celle de l’augmentation de la consommation. La philosophie de la gratuité c’est celle de la sobriété sans interdire le droit au surplus mais en le faisant payer. Dans les Pyrénées Orientales le Conseil général a instauré le bus à 1 euro aussi le Conseil régional vient de faire pareil pour certains TER.
D’autres que moi se sont largement penchés sur la question comme Paul Ariès, mais par cette brève évocation j’ai souhaité apporter un peu de piment dans la campagne présente.
13-03-2012 Jean-Paul Damaggio
P.S. : Tel qu’il se développe le débat sur la fiscalité des hauts revenus me paraît également effacer l’autre débat, celui sur les impôts indirects comme l’augmentation de la TVA et les bénéfices de la TIPP.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 22:24


Avec nos associations anti-LGV nous avons rencontré Eva Joly au premier étage d’un restaurant toulousain, en juin 2011 au moment de sa campagne pour les primaires d’EEVL. J’aurais mis ma main à couper qu’elle ne serait pas désignée comme candidate à voir le peu d’empressement de ses amis à la soutenir. D’ailleurs un journaliste présent posa la question : « Etes-vous vraiment soutenu par les dirigeants EELV ? » Et elle a répondu qu’elle parlait au pays. Puis Nicolas Hulot a été battu.
L’élection en a décidé autrement ce qui a révélé un fossé (pour ne pas dire un canyon) entre la base et la direction d’EELV. Sauf que la base est mal équipée pour organiser de grandes réunions… Et depuis nous découvrons un fossé entre la base écolo et le peuple écolo.

Tout ne se joue pas à la télé
Dans une présidentielle la télé joue un rôle majeur par la personnalisation mais comme toujours la télé est plus un écran de fumée qu'un écran du réel. Le réel nous rappelle que François Hollande comme avant lui Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac ou François Mitterrand ont été les premiers dirigeants de partis politiques. La direction d’un parti politique crée des liens, un réseau et une structure efficace pour que l’effet télé soit relayé.
Sans grand meeting la candidate EELV n’a pas pu devenir une candidate « grand public ». Ajoutons qu’une femme qui veut se distinguer par des positions atypiques sur l’armée et d’autres points est écrasée par les fortes têtes, point qu’il faudra prendre en compte quand il faudra analyser le score de Marine Le Pen.

Tout ne se joue pas à la présidentielle
La fracture entre les élites EELV et la militante Eva Joly est apparue au moment du débat de son organisation avec le PS pour l’accord aux législatives. C’est ainsi que nous allons vers un échec assumé des écolos à la présidentielle en prévision d’une revanche historique aux législatives ! A partir de là le mouvement écolo sera plus que jamais entre les mains du PS. En 2007 la candidate Voynet a subi un échec cuisant ce qui ne l’a pas empêchée, forte de son titre de sénatrice que lui a octroyé le PS, de devenir maire de Montreuil où cependant elle a les plus grandes difficultés à assumer cette responsabilité.

Tout ne se joue pas sur l’essentiel
Eva Joly avait un atout spécial et original : ses titres de gloire en matière de lutte contre un phénomène majeur, la corruption. Le point est évacué de la campagne électorale. Or la montée en puissance des mafias pour qui la crise est un terreau génial, constitue un des éléments de l’évolution mondiale. Nous avons quelques effets médiatiques vite dégonflés autour du PS (Marseille et le Pas de calais), de la droite. Ils sont toujours présentés non comme un élément structurel de la société mais comme de simples « affaires ». Or, l’âge des « affaires » est révolu pour laisser place l’âge de « la grande affaire ». Cette grande affaire s’appelle la course au fric dans n’importe quelle condition, ce qui suppose la destruction de l’Etat en tant qu’instrument technique visant à équilibrer les affrontements entre forces capitalistes. La jungle est naturelle au capitalisme mais en même temps elle lui est néfaste car source d’autodestruction. L’Etat joue un rôle régulateur entre forces dominantes ce qui fait que le mouvement social a pu jouer cette carte régulatrice pour gagner quelques acquis visant à légiférer sur les rapports entre les dominants et les dominés. Les mafias qui ne sont plus circonstancielles, font voler en éclat toute régulation au moment où la crise écologique impose plus que jamais le retour à diverses planifications. Et la première tâche des mafias c’est de faire taire toute dénonciation tant qu’elles ne peuvent se substituer à l’Etat défaillant (au Mexique elles arrivent à faire du "social"). Aujourd’hui la terreur est imposée par les banques. Il est plus facile à Wikileaks de dénoncer les pratiques politiques de l’Empire que celles des banques (les animateurs du site disent avoir les documents bancaires).

Tout est donc affaire de décor
La présidentielle que j’appelle la pestilentielle est un immense théâtre où des candidats destinés à n’avoir aucun pouvoir, sauf celui que leur donneront les députés, défendent des programmes qui ressemblent aux papiers enjolivant les cadeaux. Pas plus qu’il n’existe de livres de grande diffusion sur l’histoire du Crédit agricole (pour prendre exemple sur ma banque), il n’existe de livres sur l’évolution des programmes des uns et des autres. Des 110 propositions aux quatre engagements il y a pourtant des surprises à y découvrir. Alors que le soir des résultats on aura constaté une participation électorale très importante combien en cours de route se seront engagés durablement dans l’action politique ? Plus les mafias sont puissantes, plus les partis sont faibles et le décor de la présidentielle ne change rien à l’affaire comme nous le vérifierons avec le succès électoral de la LCR qui incita à créer le NPA où, pour une affaire de candidat se retirant, le succès d’hier devient un échec aujourd’hui.
10 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 21:55

La candidature Mélenchon : une étape dans la construction d’une gauche antiproductiviste, un premier pas possible vers le socialisme gourmand

Je voterai Jean-Luc Mélenchon.
J’ai décidé de le soutenir publiquement car ce choix fait débat au sein des objecteurs de croissance. J’ai décidé de le soutenir publiquement car si nous avons des désaccords nous avons aussi des accords. Je respecte et comprends les choix différents d’autres Objecteurs de croissance des gauches.  
Je voterai Jean-Luc Mélenchon car c’est une étape possible vers l’émergence d’une gauche antiproductiviste.  Le compte n’est y certes pas encore : ni sur la sortie nécessaire du nucléaire, ni sur l’obtention d’un revenu garanti dont la forme pourrait être la gratuité des services publics, ni sur la nécessaire reconversion des industries nuisibles notamment militaires… car comme le souligne le programme du Front de gauche ce qui est essentiel à nos yeux fait débat. Signe que les Objecteurs de croissance des gauches n’ont pas perdu leur temps.
Signe aussi que le combat n’est pas encore gagné et qu’il nous reste à convaincre.
Nos thèses en faveur du partage d’un autre gâteau (PIB) car le gâteau actuel est totalement indigeste seraient indéniablement mieux entendables par Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou ou Eva Joly que par Nicolas Sarkozy, François Bayrou ou François Hollande. EE-LV a fait le mauvais choix de s’allier avec le PS dont le maître mot de la campagne est la croissance économique… génératrice d’inégalités sociales et d’effondrement écologique. Le NPA a raison de marquer son refus du nucléaire et de toute alliance avec ce PS là…mais son isolement est une erreur stratégique lourde dont il paie aujourd’hui les frais.
Je voterai Jean-Luc Mélenchon car si la fracture entre une gauche productiviste et antiproductiviste traverse chacun des mouvements issus des différentes familles des gauches et de l’écologie antilibérale, les thèses en faveur de la planification écologique, de la relocalisation, de la transition énergétique, du ralentissement, d’un revenu maximal autorisé, de la réduction du temps de travail  et même de la remise en cause du culte de la croissance (productivisme et consumérisme) sont présentes dans sa campagne.
L e programme du Front de gauche n’est pas celui des Objecteurs de croissance.
Notre soutien n’aurait autrement pas de sens puisqu’il irait alors de soi.
Je voterai Jean-Luc Mélenchon car de la même façon que je pense que sous la gauche nous pourrions désobéir dans de meilleures conditions pour multiplier des expérimentations, je sais que nous devrions combattre pour avancer vers un socialisme de la décroissance, vers  ce que je nomme un socialisme gourmand, un socialisme du Bien-vivre, en sachant que le Bien-Vivre n’est pas le bien-être au sens de la société de consommation occidentale.
Je voterai donc Jean-Luc Mélenchon car sa candidature peut aider au retour à un socialisme de la lutte des classes notamment dans le champ de la consommation pour ne plus nous laisser imposer les modes de vie capitalistes, à un socialisme qui n’oppose pas l’écologie et l’intérêt des classes populaires, à un socialisme de la passion capable de combattre le F-Haine, à un socialisme moral capable d’être à la hauteur de la folie du capitalisme vert et de son projet d’adapter la planète et l’humanité au besoin du « toujours plus », au besoin du capitalisme et du productivisme.
Je voterai Jean-Luc Mélenchon sans rien renier de ma conception d’une nécessaire Objection de croissance, parce que je suis convaincu que sa candidature peut être un moment pour avancer vers la justice climatique et sociale, vers une option préférentielle pour les pauvres… Je voterai Jean-Luc Mélenchon en clamant que la relance n’est pas la solution, mais pas davantage l’austérité. Je voterai Jean-Luc Mélenchon en disant non à la « Rilance » : ni rigueur ni relance.
Je voterai Jean-Luc Mélenchon car beaucoup des thèses que j’ai développées dans Le Socialisme Gourmand sont partagées par ceux qui se retrouvent dans son combat.
Paul Ariès
Rédacteur en Chef du journal le Sarkophage
Directeur de la rédaction de la revue les Z’indignées.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 12:34

image-affiche-film.jpg
Beaucoup de monde à CAP cinéma de Montauban pour voir le film de Pierre de Nicola : Un parmi les autres. Beaucoup d’émotions aussi. Voir des personnes au travail et qui plus est dans les écoles ne pouvait que me passionner surtout si on y ajoute les paysages de Lomagne. Mais, moins que de l’enthousiasme, ce film a suscité chez moi surtout des inquiétudes renforcées par le débat qui a suivi.
Ce film est une découverte, même pour des instits, car il concerne le métier plutôt inconnu, de rééducateur. Dans une classe d’école primaire, un enfant a des difficultés, il est signalé et l’équipe éducative voit ce qu’on peut faire. Ensuite, pendant le temps de classe, il quitte un moment ses camarades pour des activités spécifiques adaptées à son handicap, et la séance finie, il revient à sa table. Le film montre de très belle manière, d’où son succès, le travail avec tel ou tel gamin du rééducateur du « comportement » (je schématise), puis le bilan de cette action fait avec les parents et l’enseignant, bilan, dans le cas du film très positif pour tous. Alors quelles inquiétudes ?
1 ) Le RASED
Le RASED est un réseau d’aide à trois dimensions et le film préfère en privilégier une. Pourquoi pas ? Sauf que cette démarche risque de scier la branche sur laquelle elle est assise ! En rendant anecdotique le travail du psychologue et celui de l’autre forme de rééducation (disons le rééducateur des apprentissages scolaires), le spectateur rate une vue d’ensemble, indispensable, si on veut s’opposer réellement à l’idéologique dominante. De quelle idéologie je parle ? Celle que Jospin-Allègre ont réduit à un slogan insupportable pour moi : « L’enfant au centre du système ». Insupportable car je l’ai entendu cent fois dans la bouche d’un inspecteur d’académie comme dans celle de mouvements pédagogiques opposés aux stratégies officielles. Pourquoi cette confusion reprise dans le débat autour du film ? Parce que pour l’I.A. il s’agit d’une phrase creuse, et pour le militant résistant d’un mot d’ordre consistant ? L’idéologie dominante est celle non pas de l’individualisme forcené (je suis pour l’individualisme solidaire) mais de l’égoïsme à tout crin. D’où l’idée de réduire l’enseignement à des démarches individualisées. Or, face à l’individualisation du rééducateur que je défends, il me semble fondamental de montrer l’action du collectif. A un moment du film on assiste à un jeu autour de cartons, avec toute une classe de maternelle. Là on retrouve le collectif. Comme on le retrouve dans la bouche d’une des « actrices » du film qui dit dans le débat : « Le matin ce qui me motive ce sont LES enfants», les enfants qui sauvent en fait le système. Moins que la différence entre ceux qui disent « L’enfant » et ceux qui disent « L’élève », j’oppose ceux qui emploient le pluriel (les enfants) et le singulier (l’enfant). Ah : le singulier ! L’être humain (l’enfant n’est pas à part) est un être social, il EST, en tant qu’être social !
2 ) La collectivité éducative
L’animateur du débat évoquera la « honte » que les rééducateurs peuvent avoir de leur métier. Parce que cette « honte » ne touche pas les enseignants globalement ? Eux qui « provoquent » les échecs scolaires, eux qui répondent mal aux parents…. Les instits sont depuis vingt ans porteurs de tous les maux de l’école, et ils se défendent parfois en disant que les parents sont la cause du mal. Faux débat ! La FCPE arrive là-dessus avec son invention de parents co-éducateurs pour noyer le poisson ou offrir du poison. Les parents sont des éducateurs de leurs enfants ; les enseignants sont des éducateurs d’aucun enfant, mais d’un collectif d’enfants. Ils se forment aussi entre eux ! (d’où les parents craignant les mauvaises fréquentations). La différence de statut est RADICALE. Voilà pourquoi on pourrait dire au minimum : « LES enfantS au centre du système éducatif »… et les enseignants sur la marge ! Après le succès du film documentaire « Etre et avoir » qui, je suppose, a inspiré un peu Pierre de Nicola, on répète la production d’émotions en braquant la caméra sur l’anecdote. Quoi, les rééducateurs une anecdote ? Quoi, l’importance du JEU, et du JE, une anecdote ?
3 ) Jouer pour apprendre
En fait, le film a une philosophie que je partage : on peut apprendre en jouant. Sauf que là aussi, le film fait dans la caricature très très dangereuse : nous voyons l’instit au moment de la rébarbative récitation orale de la table de multiplication (exercice que j’ai évité tout au long de ma carrière d’enseignant), et au rééducateur le ludique, le jeu, les marionnettes etc. Dans le jeu où une enfant joue à la maitresse devant les rééducatrices qui deviennent élève, que fait l’enfant ? Elle écrit au tableau : dictée… Car l’instit c’est celui qui fait faire des dictées.
Je sais, l’instit d’une classe à côté de la mienne, ouvrit la porte pour me dire une fois : « Nous à côté, on travaille ! » car dans ma classe on rigolait trop. Je ne sous-estime pas la présence de l’idée répandue chez les enseignants comme quoi on ne peut apprendre que dans la douleur. Mais dans tous les cas les apprentissages prennent diverses formes d’approche. Et j’insiste : une approche majeure, c’est ce que les enfants s’apprennent entre eux. Dans « le parcours individualisé » on arrive tout droit aux exploits du mythique précepteur permettant à l’enfant de se débarrasser de la jungle des cours d’école. Je me souviens de ce maire interrogé par l’I.A. pour savoir si un enfant de sa commune aurait quelques justes raisons à éviter l’entrée au collège. Ce maire avait un fils de l’âge de l’enfant en question et indiqua en connaissance de cause que de laisser le gamin dans les jupons de sa mère serait une catastrophe, mais il a bien compris que la question lui avait été posée à titre formel : non seulement l’enfant a été autorisé à subir l’éducation de sa mère (père absent), mais le maire s’est fait sermonné pour s’occuper de questions n’étant pas de sa compétence !
Je suis désolé mais plus l’enfant vient d’un milieu populaire et moins apprendre peut être un jeu ! Apprendre c’est une remise en question de soi très douloureuse y compris pour un I.A. a qui on met le doigt sur la réalité qu’il aimerait oublier. Le hasard a voulu que ce film à la gloire des rééducateurs intervienne au moment où la carte scolaire 2013 tombe avec une vague de suppressions de postes de RASED… Et comme il a été indiqué dans le débat : « Le Tarn et Garonne n’est pas le plus sinistré… »
4 ) Le quantitatif
Comme il serait bien que les questions se posent en dehors des polémiques propres à la France, exprime une personne qui vante les mérites du Québec que je connais un peu !
Loin de tous les bavardages, il existe une réalité simple en France et dans le monde : il faut réduire les dépenses d’enseignement (et tant pis si ensuite on augmente le budget pour la construction des prisons) donc le nombre de postes (la productivité des enseignants et des coiffeurs a du mal à augmenter). J’ai vu apparaître à partir des années 70 la formation continue qui nécessitait des remplaçants de maîtres en stage. On est arrivé à 24 en Tarn-et-Garonne avec les années 80 (ainsi on avait une classe pour les formateurs). Le système marchait très bien mais avec les années 90 les autorités soucieuses de mettre « l’enfant au centre du système », il a disparu. Cette source de récupération de postes étant épuisée, il fallait passer à la suivante et c’était inévitablement les RASED ! Cette source « d’économies » étant quasiment épuisée, demain ce sera le tour de l’école maternelle qui a déjà pas mal donné. Oui, je l’ai entendu de la bouche d’un I.A. en l’an 2000 : « Un salaire d’instit pour faire de la garderie en maternelle, franchement c’est trop. » Cette opinion a été confortée par des pédagos disant qu’à 2 ans tout de même la maternelle c’est dur pour les petits. Pour culpabiliser les parents qui n’assument pas leurs fonctions ? Quand l’enfant est propre, la maternelle est pour lui un lieu de plaisir autant que la crèche, dans la mesure où on n’en entasse pas 35 dans une classe. Il pleure en quittant sa mère ? Dans une maternelle où je faisais la rentrée, une maman était effondrée à laisser son enfant en pleurs et ne voulait pas me croire quand je lui disais qu’aussitôt après son départ, il séchait ses larmes. Je lui demande alors de venir l’observer par la fenêtre à midi moins le quart. Elle est venue, à découvert un gamin jouant tranquillement avec les autres gamins, puis au bout d’un moment, l’enfant vit sa mère… et se mit à pleurer. J’avais fait œuvre de rééducateur ?
Bref, passons au quantitatif maître mot de nos sociétés même pour l’inquantifiable !
Catastrophe en formation continue (elle est à zéro), catastrophe en formation initiale (elle est à zéro), catastrophe pour les enfants en difficulté (elle va vers le zéro mais les AVS feront le travail à moindre frais, d’agents de vie scolaire), catastrophe pour les petits… de toute façon l’école en France est « une machine à produire de l’échec » alors… Dans le débat j’ai même entendu de la part de l’animateur ce constat que je résume d’une phrase : « Au début de ma carrière, j’ai été envoyé sans formation dans une classe, et j’ai appris sur le tas, en reconnaissant devant les élèves que je ne savais pas quoi faire, et ensemble on a fait du bon travail. » Je connais bien le beau livre de Jacques Rancière, Le maître ignorant, mais quand on vit dans une société où l’école est respectée (comme c’était le cas il y a encore trente ans), et dans une société où elle est ridiculisée, l’indulgence des élèves (oui des élèves) n’est plus la même. J’ai lu dernièrement le journal que tient honnêtement, un instit d’aujourd’hui, en Tarn-et-Garonne, et ce qu’il décrit n’est pas le monde des bisounours du film qui, malgré ses grands mérites, évite les épines. Pour certains, c’est d’ailleurs très beau d’éviter les épines !
3-3-2012 Jean-Paul Damaggio

P.S. Le lecteur l'aura deviné, j'aurai préféré comme titre : Un avec les autres...

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 14:31

Fontana-copie-1.jpg
Dans El Publico du 24 février, l’historien Josep Fontana présente une histoire de l’Espagne faite de trop de reculs. Il cite après l’avancée de 1812 les reculs de 1814, puis les avancés de 1820-1823 avec de nouveaux reculs etc. pour en arriver à aujourd’hui avec la politique de Rajoy et de toute la droite espagnole. La politique du PSOE a suscité une immense déception, les citoyens ont voté à droite et cette fois ils sont servis ! La situation décrite par Fontana est bien connue : austérité, chômage, diminution de la consommation, nouveau déficit « un circulo mortal » pour dire chez nous une spirale infernale.
Atttaques contre le droit à la santé, à l’éducation, et en Espagne attaque contre Garzon et tout le travail de mémoire.
A la fin Fontana cite le poète Jaime Gil de Biedma : « de todas las historias de la Historia/ sin duda la mas triste es la de Espana / porque termina mal. » qui, ceci étant, espérait pouvoir un jour changer ce cours de l’histoire.
En France on préfère énumérer l’enchaînement des révolutions, 1789, 1830, 1848, 1871, 1905, 1936, 1945, 1968 plutôt que l’enchaînement des contre-révolutions qui ne furent pas moins sévères qu’en Espagne mise à part la Guerre 36-39. Nous vivons aujourd’hui, dans le monde, un âge dramatique des contre-révolutions, mais certains, sur la base de la situation en Tunisie et Egypte ont cru qu’était revenue la « génération révolution ». Pour lutter, il faudrait s’illusionner… car la lucidité serait mauvaise conseillère. Or, ce n’est pas en prenant un automne pour le printemps que nous vivrons en été ! JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure
  • Le blog des Editions la Brochure
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche