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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 18:44

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Pour La Dépêche Baylet n'a rien fait et ce renvoi en correctionnelle est un soulagement, il va pouvoir s'expliquer.

Inversement Le Petit Journal y voit la fin possible de l'empire Baylet.

Parfois on se demande à quoi servent les journaux ! J P D

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 18:05

moissac-lesjustes.jpg

 

Dans son livre, nous sommes en marche, chez Flammarion, Gabriel Cohn-Bendit témoigne de son passage à Moissac. Il était jeune mais se souvient. Son frère Dany naîtra plus tard à Montauban… J’offre ce témoignage pour m’associer ainsi aux rencontres de Moissac du 27 et 28 avril,Moissac, ville de Justes oubliée… Jean-Paul Damaggio

http://moissacjustes.wordpress.com

 

 « Schata, d'origine roumaine, et Bouli Simon, son mari, avaient ouvert en toute hâte un centre des Éclaireurs israélites à Moissac. Pour que les enfants errants, désemparés, privés de leurs parents, détenus dans les camps français, pourchassés par la police française lors des rafles, puissent se réfugier quelque part. En paix. Ma mère devint l'intendante de la maison. Elle y reçut le surnom de Tricoti, d'après le titre d'un album du Père Castor, Tricoti, Tricota. À Paris, une réfugiée hongroise antifasciste lui avait appris l'art du crochet. Elles avaient gagné leur vie ainsi, travaillant à façon toutes les deux pour la haute couture... Depuis, à chaque instant de tranquillité, ma mère sortait son crochet. Des centaines d'enfants et d'adolescents se souviennent toujours de Tricoti...

 

En 1942, les nazis étendirent leur terreur en envahissant la zone « nono ». La colonie de Moissac fut aussitôt dissoute et les enfants répartis un peu partout dans la région. Quelques-uns restèrent sur place, hébergés par de braves gens  — j'entends « brave » au sens de «courage exemplaire », celui des gens simples. J'ai moi-même été accueilli par une famille d'architectes, les Lassence. J'ai vécu, pardon : nous avons vécu ensemble jusqu'à la Libération. La fille unique de la famille, Camille, dix-huit ans, était fiancée à un jeune Juif alsacien, engagé dans la Résistance armée. Je fus préservé, gâté, car il ne fallait pas que « ce pauvre petit souffre de quoi que ce soit ». On lui cuisait du pain blanc, on allait quérir des œufs frais et du cochon clandestin dans les fermes des environs. J'ai vécu tranquille, bichonné même. Ce fut une période heureuse.

Comme un détachement de la Wehrmacht était caserné à Moissac, j'avais l'occasion de parler allemand. Quand je le racontai plus tard à ma mère, elle fut terrorisée « Ils ne t'ont pas demandé pourquoi tu savais l'allemand ? » « Si ! Je leur ai dit qu'une nurse allemande m'avait appris sa langue. » J'avais cinq ans et j'apprenais vite. N'avais-je pas, autre motif d'étonnement, changé de nom ? Désormais je m'appelais Jean Collet...

Je n'ai pas de mauvais souvenir de cette période, aucun relent de dureté où d'inquiétude. Une enfance simplement heureuse. De 1940 à 1945, j'ai reçu de hautes preuves d'amour de la part de mes familles hôtes, de ces éducateurs qui n'étaient même pas mes parents. Je découvris alors que même si les vôtres vous aiment, d'autres adultes peuvent vous donner tout autant d'affection. L'amour de ces anonymes aux mains grandes ouvertes me guide toujours. Elle eut valeur d'apprentissage. Pour moi, l'amour s'offre et se partage; il n'est pas seulement restreint à l'espace familial. De cette existence enfantine particulière, de l'amour partagé et des talents d'éducatrice de ma mère, je tiens cet esprit de contestation pédagogique qui anime mon existence.

En ces temps troublés, les parents naviguaient de fermes en lieux d'hébergement, se serrant dans des garnis en ville ou dans les campagnes généreuses. À Montauban, M. et Mme Cohn-Bendit se faisaient appeler M. et Mme Delpioux. Ils disposaient d'excellents vrais-faux papiers : des cartes d'identité provenant du pillage des armoires d'une mairie belge détruite par un bombardement.

Dans l'entrée de mon appartement, chez nous à Saint-Nazaire, je conserve dans un sous-verre l'étoile jaune de grand-mère et le certificat traduit copie-conforme de la déchéance de nationalité de notre père.

Conformément au Journal officiel du Reich et de Prusse, n° 41 du vendredi 17 février 1939; en vertu de l'article 2 de la loi sur l'annulation des naturalisations...

Cohn-Bendit Erich, né le 26 novembre 1902 à Berlin, était déchu de sa nationalité en vertu de la loi du 14 juillet 1933. Et c'était signé : le ministre de l'Intérieur du Reich, Pfunather. »

 

Le journal Le Parisien a aussi évoqué cette affaire :

Quand les Cohn-Bendit s'appelaient Delpioux

 Moissac (Tarn-et-Garonne) Publié le 16.06.2009

 Erich COHN-BENDIT, avocat de gauche juif et antinazi, fuit l'Allemagne avec son épouse Herta, alors étudiante en droit, en 1933, au lendemain de l'incendie du Reichstag. Le couple quitte Berlin et s'installe à Paris, où naîtra Jean-Gabriel, surnommé Gaby ou Gabriel, en 1936. Mais au début de la guerre, Erich, qui fréquente les milieux intellectuels de gauche parisiens, est placé dans un camp de prisonniers politiques en Bretagne.

Il s'en échappe et rejoint à pied Montauban, où sa femme et son fils se sont réfugiés en 1940. Dans le sud-ouest de la France, où est né Daniel en 1945, « le Parisien » et « Aujourd'hui en France » ont retrouvé les témoins de l'époque, la famille qui a hébergé les Cohn-Bendit et le prêtre qui délivrait aux juifs des certificats de catholicisme.

En 1941, dans la petite ville de Moissac (Tarn-et-Garonne), les destins des Cohn-Bendit et des Kauffmann se sont mêlés. Camille Kauffmann, née Lassence, avait tout juste 20 ans, et c'est dans sa famille que les parents de Dany le Rouge ont trouvé refuge.

Aujourd'hui âgée de 88 ans, Camille Kauffmann, derrière des lunettes en verre fumé, se souvient de cette époque avec émotion. « On a vécu une vraie histoire d'amour avec la famille Cohn-Bendit », lâche-t-elle. Tout commence par une proposition du réseau des Eclaireurs israélites de France faite à ses parents catholiques. « Monsieur Simon, le directeur du centre, a dit à ma mère : Voulez-vous garder un petit garçon de 5 ans ?

Elle a répondu sans hésiter : « Oui, c'est d'accord . » L'enfant et ses parents arrivent quelques jours plus tard. « Je les ai vus la première fois au siège des Eclaireurs israélites de France. La dame était blonde, de taille moyenne, et parlait bien le français. On l'appelait Tricotie, car elle avait toujours un tricot dans son sac. Le papa, plus discret, fatigué, s'exprimait en allemand. » Le petit Gaby Cohn-Bendit s'installe donc dans la famille de Camille, sous le faux nom de Jean Collet. « Quand j'allais le chercher à la sortie de l'école, je disais que c'était mon neveu », raconte la vieille femme qui se remémore aussi des risques qu'ils prenaient. « Comme il était blond, Gaby passait pour un petit aryen, on l'envoyait jouer aux billes devant la kommandantur, à Moissac, et au retour, avec sa maîtrise de la langue allemande, il nous traduisait ce qu'ils avaient dit. »

 

« Dany, le portrait de Tricotie, sa maman »

 

Les parents Cohn-Bendit emménagent sous le nom de Delpioux dans la grande maison de trois étages au 18, quai du Port, sur les bords du Tarn. La bâtisse appartient alors aux Eclaireurs israélites de France. « Dans la journée, la maman exerçait la profession d'intendante auprès des autres réfugiés. Elle réglait les problèmes pratiques des uns et des autres », se souvient Roger Kauffmann, le mari de Camille, lui aussi résistant à Moissac. « Le papa, Erich, ne disait presque rien. Il préférait rester dans son coin, tout seul, comme s'il ne se remettait pas des épreuves », ajoute Camille.

Dany naîtra quelques années plus tard, le 4 avril 1945, dans la ville voisine de Montauban, mais l'histoire des Kauffmann l'a lui aussi profondément marqué. « Ces gens ont été d'un courage extraordinaire, nous a-t-il confié. Ils ont sauvé mes parents et mon frère au péril de leur vie. » Camille, entre deux bouffées de cigarette, se souvient d'ailleurs du jour où Dany est venu leur rendre visite, en 1999 : « C'était pour une précédente élection européenne. Il était venu à Moissac pour rencontrer les agriculteurs. Lorsque je l'ai eu en face de moi, blond et vif d'esprit, j'ai vu ressurgir le portrait tout craché de sa maman Tricotie. » La vieille femme n'a pas oublié les mots prononcés ce jour-là par Daniel Cohn-Bendit : « On ne vous a jamais oubliés, vous êtes irremplaçables dans mon coeur. »

Le Parisien

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 20:57

A la mise en place du ministère L’Express avait mené l’enquête sur les patrimoines pour savoir qui payait l’impôt sur les grandes fortunes.

« Quels ministres paient l'ISF?

Par Anne Vidalie, publié le 06/06/2012 à 11:39, mis à jour le 08/08/2012 à 18:19

Laurent Fabius, Marisol Touraine, Jérôme Cahuzac et Michèle Delaunay sont assujettis à l'ISF. Sylvia Pinel, elle, a refusé de communiquer ses informations.

ISF - Quatre des ministres du gouvernement de Jean-Marc Ayrault payent l'impôt sur la fortune.

Avez-vous acquitté l'impôt sur la fortune (ISF) en 2011 au titre de votre patrimoine 2010? L'avez-vous payé l'une ou l'autre des années précédentes? L'Express a posé ces deux questions à chaque membre du nouveau gouvernement. 

Tous les ministres se sont pliés de bonne grâce à l'exercice, sauf Sylvia Pinel (Artisanat, Commerce et Tourisme). Quatre ministres sont assujettis à l'ISF: Laurent Fabius (Affaires étrangères), Marisol Touraine (Affaires sociales et Santé), Jérôme Cahuzac (Budget) et Michèle Delaunay (Personnes âgées et Dépendance). 

Deux autres ont été redevables de l'ISF, mais ne l'étaient plus l'an dernier: Michel Sapin (Travail, Formation professionnelle et Dialogue social) et le chef du gouvernement, Jean-Marc Ayrault. Quant à Arnaud Montebourg (Redressement productif), il est sûr de ne pas avoir pas payé l'ISF depuis six ans, mais sa mémoire flanche pour les années précédentes. »

 

Sylvia Pinel s’était distingué en refusant de répondre. Aujourd’hui elle est contrainte d’indiquer qu’elle est célibataire sans enfant à charge.

Immeubles bâtis et non bâtis :

Par succession depuis le 21-01-2011, elle a une maison d’habitation avec des bâtiments ruraux et des terres de 18 hectares, le tout pour 144 000 euros.

Elle a un compte de dépôt de 66 095 euros, un compte épargne de 15 677 euros un livret développement durable de 12 160 euros, un plan d’épargne de 25 404 euros et des parts sociales pour 42 euros.

Elle a une Peugeot de 17 400 euros de 2010.

Biens mobiliers divers de 23 000 euros.

Et enfin elle a un emprunt qui lui coûte tous les mois 1088 euros.

Heureusement, Sylvia Pinel est jeune : elle peut espérer encore faire fortune et ça n’a pas grand intérêt. J-P Damaggio

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 10:18

Si au départ la victoire de Maduro apparaissait très large, au fil de la campagne l’avance fondait comme neige au soleil pour finalement lui assurer le succès avec 234 000 voix d’avance soit 50,6%.

Rappelons que paradoxalement on vote au Venezuela comme aux USA, par vote électronique donc les résultats ne peuvent être que faiblement contestés. Il y a cependant possibilité de vérifier de façon manuelle (ce qui va se faire aujourd'hui comme ça s'est produit aux USA pour Bush). Dans tous les cas, sur le long terme, l’avance électorale du Chavisme est à la baisse.

Il y a 650 000 suffrages qui sont passés de Chavez à Capriles.

Les leçons du scrutin viendront plus tard mais on peut parier que tout le monde va se dire gagnant : Maduro car il passe l’épreuve et Capriles car il frôle la victoire et vu sa jeunesse il reste le recours capable d’unifier l’opposition. A suivre. JP Damaggio

P.S. Infos, Ultimas Noticias

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 09:45

Dans le Tarn et Garonne quelques personnes tentent de lancer une nouvelle association politique dont voici le blog :

http://alternative-citoyenne-82.e-monsite.com/

Il se trouve cependant que sans nouveauté sur le blog depuis presque deux mois, l'asso semble avoir du mal à démarrer malgré des bases intéressantes. JP D.

P.S. Une asso équivalente est née dans le Tarn.

 

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 09:09

Une réaction à un Article de Merle   m’a incité à visiter à nouveau Michel Clouscard qui a tant compté dans ma réflexion. Paradoxalement, tout a commencé lors de ma première rencontre avec Claude Sicre, longtemps avant qu’il ne devienne un Fabulous Troobadors, rencontre marquée par sa distribution d’un numéro du journal VVAP (Volem Viure Al Pais) où il avait publié un article sur le livre de Clouscard : Capitalisme de la séduction. C’est le cas de le dire : j’ai été séduit par le titre et la présentation m’a poussé vers le livre dont la lecture n’est pas toujours facile mais fait référence à des données faciles à percevoir.

Par la suite je n’ai cessé de lire Clouscard : aussi bien les livres précédents que les suivants.

Le hasard a voulu que du côté de l’orthodoxie marxiste, le seul à avoir tenu compte de la publication de Capitalisme de la séduction, par les éditions de l’orthodoxie marxiste, s’appelle Claude Prévost qui dans Révolution du 27 septembre 1981 en fit un beau compte-rendu. Il se trouve que c’est un article de Claude Prévost qui m’envoya pour la première fois aux Archives départementales du Tarn et Garonne pour y étudier le coup d’Etat de 1851 et me poussa donc sur la pente de l’histoire locale. Claude Prévost n’était ni un théoricien, ni un philosophe, mais un simple critique littéraire dont la spécialité ne devait pas le pousser dans les pas de Clouscard.

Que m’a appris Clouscard ? Que les tartuffes de la Révolution avaient besoin de se servir de Marx ! A valoriser les contradictions internes au capitalisme, il s’agissait de mieux faire oublier les contradictions externes. Pour faire court : le producteur disparaissant au profit du consommateur ! N’est-ce pas génial ? Le consommateur devenant le révolutionnaire de circonstance car il peut orienter la production… Les gens ayant une envie folle de voitures individuelles suscitant la production à la chaîne de tels produits ! Une envie pas tellement partagée sur la planète mais il ne faut pas s’attarder à de tels détails.

Clouscard dans son beau livre De la modernité Rousseau ou Sartre, règle son compte aux deux auteurs phares de cette modernité qu’il combat.

Oui Clouscard n’a jamais été un moderne mais pas davantage un archaïque.

 

Mais moi, comment expliquer mon activité autour du féminisme, de l’écologie, thèmes qui pour Clouscard étaient là pour faire perdre de vue l’essentiel ? Etrangement, dans ce blog, je ne cite Clouscard que deux fois et seulement au sujet d’Olympe de Gouges ; en particulier dans un article proposé mais pas publié par le Sarkophage. Le féminisme n’a jamais été d’un blog et les luttes au sein de l’écologie ont toujours été aussi considérables qu’au sein du féminisme. Clouscard a habité à moins de 20 km de Vincent Labeyrie (marxiste écolo) et je ne peux rêver que d’une rencontre entre les deux hommes puisqu’elle n’a pas eu lieu.

      Comme l’indique Claude Sicre dans son article que je reprends, Clouscard ne faisait pas dans la dentelle mais il n’était pas pour autant un dogmatique. Il m’est arrivé de le rencontrer quatre fois et je me souviendrais toujours de ce moment où, quelqu’un frappant à ma porte à Bruniquel, il était venu me faire une visite surprise… pour discuter de la nature de la classe ouvrière en 1995. Sa pensée, toujours en mouvement, ne voulait pas rater ce qui apparaissait et ce qui disparaissait. Sa pensée était mouvement.

15-04-2013 Jean-Paul Damaggio

Olympe de Gouges : la révolution impossible

      Rééditer Olympe de Gouges

J’indiquais alors :

« Editer, pour notre minuscule maison d’édition, ce n’est pas toucher le grand nombre (défi qui a son utilité mais qui est hors de notre portée) mais toucher un point aveugle. Le réconfort révolutionnaire consiste alors à penser qu’on peut révolutionner la pensée, l’action, par un seul geste porté par le plaisir de l’exécuter. Généralement le discours des révolutionnaires c’est pour dire que tout va si mal qu’il faut changer le monde. Or tout ne va pas si mal quand il existe encore au moins une personne pour proposer des moyens capable de révolutionner le monde ! Les fabricants de réconforts révolutionnaires s’appellent alors, Luis Sepulveda, Vazquez Montalban, Flora Tristan, Gaston Miron et Olympe de Gouges. Léon Cladel tenta aussi cette alliance mais sans y réussir. 29-01-2009 Jean-Paul Damaggio

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 08:58

Voici un article du journal VVAP (Volem Viure Al Pais) sans doute du début 1981, article qu’après lecture du livre j’ai pu partager totalement aussi bien sur le plan de la description, que sur celui des observations de son auteur, Claude Sicre. Un peu difficile à suivre mais le travail de Clouscard reste cependant d’une grande actualité. JPD

 

LE CAPITALISME DE LA SÉDUCTION

Le Capitalisme de la séduction par Michel Clouscard, Editions Sociales, Automne 1981.

Le dernier livre du Gaillacois Clouscard prof de socio à Poitiers qui, dans la filière de ses autres ouvrages, L’Etre et le Code (1972), Néo-Fascisme et Idéologie du désir (Denoël 1973), Le Frivole et le Sérieux (Editions libres Hallier, 1978), poursuit ici le même objectif, dénoncer la stratégie de ce qu'il appelle la « social-démocratie libertaire" et proposer une stratégie et une éthique authentiquement socialiste.

Résumons sa thèse : le passage, dans les années 50-60, du Capitalisme Concurrentiel Libéral au capitalisme monopoliste d'Etat a comme corollaire la naissance d'une nouvelle idéologie sociale qui doit briser les anciennes valeurs liées à une économie de la rareté de la marchandise pour y substituer de nouvelles valeurs correspondant à une économie de la consommation.

L'élaboration de cette idéologie revient à l'avant-garde, née peu ou prou autour de 68 : écologisme, gauchisme, féminisme, freudo- marxisme, marginalisme. C'est celle de la jouissance, de la "consommation libidinale, ludique", comme l'appelle Clouscard, et dont l'envers, qu'elle occulte, est la surextorsion de la plus value.

La mise en place de cette idéologie se fait en plusieurs temps d'abord, habituer la jeunesse à la consommation des marchandises-signes (grâce aux surplus de l'impérialisme, et en commençant anodin, pour arriver au plus dur, du flipper à la drogue en passant par les disques, vêtements, etc.), les élever donc au rang de classe de consommateur, les fixer dans ce rôle par l'intermédiaire de la lutte des générations (qui occulte la lutte des classes) et par la revendication de permissivité (sorties, sexe, etc.) puis théoriser tous ces acquis comme "révolutionnaires", rôle des penseurs mondains (Deleuze, Guattari, Foucault, Lacan, Althusser) relayés par Libération, Actuel, Charlie-Hebdo, etc., enfin étendre ce modèle à la société toute entière (en commençant par les parents des contestataires, que les rejetons initient à la fumette).

Bien sûr, les seuls bénéficiaires de cette transformation des mœurs sont la grande et moyenne bourgeoisie, ainsi que la petite bourgeoisie moderniste née dans la production, la diffusion et la valorisation (financière et intellectuelle) des nouvelles marchandises. Y sont perdants les prolétaires, les petites bourgeoisies provinciales liées aux activités en décadence et les intellectuels organiques du Capitalisme monopoliste d’Etat.

 

Mais le discours de la « social-démocratie-libertaire » brouille les cartes pour faire croire que tout le monde est gagnant : Vitalisme et rousseauisme (mythe du bon sauvage), idéalisme et mythe de la nature (la campagne sans le travail des hommes concrets qui y peinent), valorisation de l’intuition contre l’intellectualisme chiant (c’est-à-dire contre le sérieux et les progrès de la connaissance), mythe des prolétaires "intégrés" (Marx, c'est dépassé) fleurissent un peu partout pour aboutir à ce paradoxe : ce sont les producteurs, les pères, qui sont réacs, l'adolescent consommateur et irresponsable est le martyr, le "colonisé".

 

Ecoutez autour de vous et vous y entendrez que "c'est bien vrai, les prolos sont réacs, les usines polluantes et pas bandantes, le PCF est le gardien de l'ordre moral", etc, etc... S'appuyer sur des vérités et les infléchir jusqu'à leur faire justifier des positions contraires, voilà le principe de cette idéologie, nous dit Clouscard, qui nous montre aussitôt que si les prolétaires ont effectivement accès aux biens d'équipement (qu'ils ont eux-mêmes produit) ils ne participent jamais au festin que la bourgeoisie se partage sur son dos.

 

Car il n'y a festin et jouissance d'un côté, que s'il y a, de l'autre, surextorsion de la plus value. Cadences, chômage, exil sont bien l'envers nécessaire ce festin. Les résistances aux nouveaux modèles culturels en sont aussi une preuve. Et lorsque, par malheur, cette idéologie de la jouissance pénètre les rangs du prolétariat, zone, prison, prostitution, avortements, overdose sont l'inéluctable.

Clouscard s'emploie avec talent à démonter tous les rouages de la machinerie social-démocrate en a bordant tous ses aspects (le passage sur la résidence secondaire, l'artisanat et la communauté comme corollaire à la désertification des campagnes intéressera particulièrement nos lecteurs) puis saute, un peu brusquement au plan politicien pour nous expliquer sa vision de l’avenir politique : union du centre droit et de la social-démocratie, isolement du PCF sont, d’après lui, les éléments nécessaires au triomphe de cette stratégie ; au contraire union du PCF, des classes en décadence, (petites bourgeoisies provinciales du capitalisme concurrentiel libéral) et des intellectuels révolutionnaires sont la chance du socialisme.

 

Ce livre, comme tous ceux de Clouscard, a le grand mérite d’une pensée qui sait où elle va et y va sans ambages (mais souvent sans nuances). Le travail le plus important me semble moins dans la critique de l’idéologie de la consommation libertaire que dans la Construction de ce discours, qui ne se présente jamais comme tel dans son ensemble, qui occulte ses conséquences, et qui n’apparait au grand jour que par bribes sous des formes ou des masques divers, sans convergences apparentes.

Par contre on peut reprocher à Clouscard une recherche systématique de provocation, servie par un ton bien plus polémique que théorique, et qui cache aussi mal un manque de maitrise de tous les arguments, (par exemple le féminisme ou la libération sexuelle), qu'un désir de faire scandale, c'est-à-dire de s'inscrire en fait dans cette modernité dénoncée ; lui reprocher aussi de n'avoir pas vu les derniers avatars de cette idéologie (disons depuis 75 ; Giscard a échoué dans la mise en place de cette nouvelle idéologie, et le programme de Mitterrand a bien reculé par rapport aux mêmes objectifs : la raison en est à chercher dans la dureté de la crise et au-delà, ce dont Clouscard ne parle pas, dans la position de la France dans l'échiquier politique mondial (luttes de libération dans le tiers-monde, recul des américains, etc). La social-démocratie libertaire, idéologie d'une époque de croissance et de triomphe néocolonial, n'a plus les moyens de sa politique) mais d'un autre côté il avait prévu bien des choses, cf. les ex-gauchistes dans les ministères) ; d'avoir une vue trop simpliste du politique, (oubli des luttes nationalitaires et réduction des autres combats d'après 68 à l'unique recherche du pouvoir mondain), de trop toucher à tout sans posséder tous les sujets (contre-sens sur le jazz, par exemple) ; et surtout de ne pas nous faire confiance en ne nous montrant pas les outils de son travail et en nous assenant quelques vérités bien trop générales.

Ceci dit, ce livre reste un grand moment de la critique idéologique française, que les penseurs mondains auront du mal à contourner. Quant aux occitanistes (à remarquer que l'occitan Clouscard n'aborde jamais directement le sujet des autonomismes ou des régionalismes) je leur en recommande la lecture : car il traverse toutes les contradictions de l'occitanisme d'hier et d'aujourd'hui populisme/modernisme ; Europe des autonomies/lutte anti-impérialisme ; écologisme, tourisme/indianité, etc, etc.

S.C.

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 19:20

lavoir-angeville.jpg

 

Autrefois, les municipalités ont été incitées par les habitants à créer des lavoirs publics. Lieu de rencontre des femmes qui s’y livraient à la double tâche, celle difficile de laver, celle plus amusante d’écrire l’histoire non officielle du village, l’arrivée de la machine à laver a laissé à l’abandon des constructions plus ou moins belles.

Pour celui d’Angeville, en bas du village, la présence d’une forte source a donné lieu à un lavoir que des bénévoles tentent de remettre à jour. Travail original sur l’architecture et la mémoire locale. A suivre.

En attendant voici un lien qui permet de voir celui de Saintrailles chez nos voisins du Lot-et-Garonne.

Lavoir de xaintrailles

Jean-Paul Damaggio

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 17:38

Une amie de Toulouse m’envoie un article du Point pour me signaler que Jean-Michel Baylet est envoyé en correctionnelle par le juge Gentil. Je cherche alors sur google qui mentionne le fait et je tombe le 14 avril 2013 à 14 : 14 sur cette liste imposante :

 Ouest-France, gbessay le blog, 20 minutes, Franceinfo il y a 2 jours, dna, direct matin, gazette de paris, Le Point, boursorama, nordlittoral, lyonne.fr, France-news, lamontagne il y a 9 heures, l’express il y a 22 heures, lepopulaire, carredinfo, républicain-lorrain, leparisien.fr,

 Etrangement, Sud-Ouest qui a annoncé la décision n’est pas parmi les premières références. A un autre moment les résultats de google changent du tout au tout. L’Express arrive en tête.

Comment google hiérarchise l’information ? La question est d’importance quand on sait que les premières références sont plus massivement choisies : indirectement google décide du marché publicitaire e

 Non, tout ça n’est pas secondaire par rapport à « l’affaire » pour un blog comme celui de La Brochure. Il nous est inutile de rappeler les faits puisqu’ils sont déjà connus. Donc il faut pointer une autre information. Je voulais savoir à quelle place sur google, on allait trouver, sur ce sujet La Dépêche, le journal de… J-M Baylet.

 Nulle part bien sûr puisque sur La Dépêche le fait n’a jamais existé même si nous sommes après plusieurs rebondissements. Allez sur le site de ce journal, tapez dans le moteur de recherche « Baylet correctionnelle » et je vous assure les résultats ne sont pas tristes.

 Bref, le président du Conseil général publie un journal édité par une entreprise du président mais il n’en savait rien et je suis prêt à croire le président, car il n’y a là qu’affaire de routine. Malheureusement un conseiller général de droite a voulu en faire… une affaire… pour 25 000 euros !

 Ce conseiller général a été éliminé de l’institution avec l’aide des électeurs et il est maire de Caussade. Comme pour tous les sujets qui fâchent, comme par exemple Baylet en correctionnelle, il n’existe pas sur La Dépêche. Pour ce journal la stratégie est connue : on efface ce qui fâche. En ce moment c’est le maire PS de Moissac qui subit ce traitement (avec en plus des médisances) pour préparer le terrain des municipales à la ministre Sylvia Pinel.

Et parmi les blogs qui reprennent l’affaire celui de Pompigne-Mognard se distingue avec cette question : comment Sylvia Pinel pouvait-elle ignorer cette situation, elle qui était au moment des faits une très proche collaboratrice de Baylet ?

La Dépêche peut-elle être poursuivie pour non information de ses lecteurs mais peut-être que là aussi la rédaction est ignorante du dossier ? J-P Damaggio

P.S. En Tarn et Garonne le fait est évoqué sur le blog de MAC, et de la Gauche anticapitaliste (je ne sais leur classement sur google)

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:50

couv-jaures-blog.jpg

190 pages, 15 euros ISBN : 978-2-917154-88-5

Ce livre est un quasi point final au travail des éditions La Brochure. En 190 pages les textes de Jaurès rassemblent ce que nous avons cherché à faire vivre : la lutte pour la révolution sociale et démocratique.

En choisissant l’année 1906 nous avons choisi un moment historique où la contre-révolution cléricale s’affronte à l’offensive de la révolution sociale. Rappelons les grands événements de l’année qui prouvent contrairement à quelques lieux communs que l’histoire ne s’accélère pas aujourd’hui :

7 janvier : Elections sénatoriales.

Janvier : Campagne pour les retraites ouvrières.

1er février : Affrontement crucial au sujet des Inventaires à Sainte-Clothilde Paris car il donne le départ de la révolte cléricale.

18 février : A. Fallières prend ses fonctions de nouveau Président de la République.

11 février : Encyclique du pape Pie X : Vehementer nos

24 février : Loi sur les retraites ouvrières votée à l’Assemblée mais le Sénat la refusera.

10 mars : Catastrophe de Courrières (plus de 1000 morts).

14 mars : Pour remplacer le Ministère Rouvier, Ministère Sarrien avec Clemenceau à l’Intérieur et Briand à l’Instruction publique et aux Cultes.

8 avril : Fin de la Conférence d’Algésiras sur le Maroc.

1er mai : Echec de la Grève générale : répression féroce de Clemenceau.

6 mai : Premier tour des élections législatives.

20 mai : Deuxième tour, Jaurès est élu de justesse avec 51,1%.

30 mai : Première assemblée des évêques de France.

9 juillet : Décès de la mère de Jaurès qui ne peut être présent à l’enterrement.

12 juillet : Dreyfus est réhabilité et réintégré dans l’armée.

13 juillet : Loi sur le repos hebdomadaire débutant le 31 août.

10 août : Encyclique du pape Pie X : Gravissimo officii

25 octobre : Début des négociations pour le Ministère Clemenceau.

1 4 novembre : Congrès d’Amiens de la CGT avec la rédaction de la fameuse Charte.

2 janvier 1907 : Nouvelle loi sur l’exercice public des cultes.

6 janvier : Encyclique du pape Pie X : Une fois encore.

 

La Charte d’Amiens, les premières législatives du Parti socialiste nouveau car unifié, les débuts des lois sur les retraites et sur la limitation du temps de travail et en même temps, contre la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’offensive papale.

L’année où le parti radical-socialiste cumule tous les pouvoirs et s’en sert pour massacrer les ouvriers en lutte. Sur le plan international, les suites de la Révolution russe de 1905.

Que pouvait dire Jaurès ?

Il joue la modération et la fermeté, la critique et la proposition, le témoignage et l’histoire. Et au total une clairvoyance impressionnante !

22 janvier : « Le suffrage universel n’aura qu’à souffler sur cette bande vacillante. » Et en effet les élections législatives suivantes même difficiles confortent son parti.

13 février : « Ô travailleurs, si vous aviez seulement le sentiment de votre force, si vous saviez vous unir et appliquer résolument vos volontés concordantes, à un plan de réformes conduisant à la propriété collective, la race humaine s’élèverait d’un mouvement rapide et certain dans la lumière et la justice. » Toujours la réforme… pour faire la révolution !

Jaurès contre l’emprunt russe, pour le droit de vote des femmes, et pour remettre à leur place les Eglises. Jaurès sur tous les terrains avec détermination mais avec patience. Cette patience m’impressionne à toutes les pages, et ne pourrait fonctionner aujourd’hui où l’Internet permet (et impose parfois) une réaction immédiate parfois superficielle.

Cette patience était possible car le cap était clair : réformes sociales, réformes sociales et encore réformes sociales.

Jean-Paul Damaggio

P.S. Notre catégorie Jaurès de ce blog est enfin honorée d'un livre.

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