Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:11

                                               P1090229.JPG 

Voici un autre élément sur le débat à la Librairie Deloche :

l’engagement citoyen.

 

Comment ne pas admirer cet outil internet qui d’un clic vous permet d’entrer en communication orale et visuelle, et pour de peu de frais, avec n’importe qui sur la planète ? Et comment ne pas noter que le « vivre ensemble » entre voisins « matériels » est de plus en plus difficile ? Abolir les distances n’est pas à ce jour le signe d’une avancée de la fraternité. Et poser cette question vous classe aussitôt dans l’univers des esprits retardataires incapables de saisir les chances du monde moderne ! Question dont pourtant l’école témoigne fortement d’où les réflexions suivantes.

 Pour tout enseignement c’est une vieille histoire que celle de l’entrée des nouvelles technologies à l’école. Il était donc inévitable que le débat porte aussi sur ce point quand internet devient le mot magique.

 Quand j’ai vu arriver les ordinateurs à l’école, j'ai saisi cette mutation grâce à un parent d’élève, cadre à la poste, qui a suscité dans l’école où j’étais directeur une rencontre entre parents-enseignants-et informatique (1984). L’institution sur ce point a été en dessous de tout sauf à dénigrer ceux qui ne pouvaient avancer seuls, et à profiter de ceux qui se formaient à l’extérieur. Sur un point opposé, il y a eu des stages de trois mois offerts à des personnes qui aussitôt après allaient souvent offrir leurs services au privé où ils pouvaient gagner beaucoup plus, d’autant que dans l’éducation nationale la formation acquise était de peu d’efficacité.

 Depuis on ne cesse d’observer que l’imposition technologique est de l’ordre du fait accompli mais pas de l’ordre de la réflexion. Ceux qui veulent réfléchir sont des mauvais joueurs ! L’idée finale c’est bien sûr de remplacer l’enseignant par des programmes d’ordinateur ! L’économie serait énorme !

 Or dans l’apprentissage le lien humain restera toujours colossal ! Et sur deux points. Les enfants entre eux apprennent énormément en cour de récréation. Les enfants entre eux apprennent énormément grâce au maître qui guide. Je prétends par exemple que quand le maître répète à l’enfant qui ne suit pas, celui qui en profite le plus, c’est celui qui suit car ainsi il consolide son savoir, il prend plaisir à revivre le chemin par lequel il a trimé.

Voilà pourquoi j’émets des doutes immenses sur l’enseignement individualisé. Bien sûr, quand un problème est cerné, quand il faut faire face à un impératif, des enseignants formés pour, sont précieux. Mais la classe reste le lieu de la validation du mouvement vers le savoir.

Face au travail de fourmi qui se fait à l’école, les médias viennent brusquer la construction de la fourmilière car ils stipulent que d’un clip tu accèdes à une fable de La Fontaine. Et mémoriser une telle fable, c’est quoi ? Je parle de la fable comme d’autre chose, je parle de mémoriser car apprendre, sauf à se moquer du monde, c’est mémoriser ! L’immédiat qu’imposent les médias balaye d’un mot cet effort vital pour tout humain. La plupart des adultes d’aujourd’hui utilisent la puissance d’internet avec les connaissances apprises hier, mais les enfants d’aujourd’hui risquent fort d’être de plus en plus prisonniers d’un labyrinthe.

 Face à l’effort de structuration de la pensée, de construction du raisonnement, l’écran n’offre qu’un pâle reflet. Faites l’expérience : tapez votre nom sur internet et généralement, à votre insu il en sort quelque chose, quelques fragments qui ne correspondent pas à ce que vous êtes, mais nous savons que c’est un geste que fait tout employeur avant l’embauche… Je lis un journal sur internet et c’est pratique car c’est rapide, on peut y faire des recherches dans les archives… on peut prendre un journal de n’importe quel pays etc. Mais l’écran ne dira jamais combien de pages, comment est structuré la présentation etc. Il est cent fois préférable d’avoir eu entre les mains une version papier pour échapper à la dictature du fragment. Pour l’école, le rêve des économistes c’est bien sûr d’avoir le manuel scolaire sur l’écran : pour le bien des arbres ! Je suis 100% d’accord avec l’idée d’encyclopédies sur internet mais pour les manuels scolaires la version papier est un complément à la version écran (d’autant qu’avec le numérique les frais d’impression sont fortement divisés). Et encore, pas n’importe quelle version écran !

 Dans la librairie j’ai croisé une très ancienne passionnée de l’enseignement de la lecture pour qui, il devait être lié à l’apprentissage de l’écriture. Peut-on en finir avec l’écriture manuelle au nom de la force de frappe de l’écriture sur clavier ?

 Toute l’évolution sociale, technique, psychologique imposerait des débats de fond sur l’appropriation des enjeux scolaires par la société. Mais les médias ne peuvent être friands de cette recherche car ils imposent la surface des réalités comme seul horizon de nos regards. Une fois de plus, j’en entends qui vont réagir ainsi : « en voilà un qui ne mesure pas la chance que représente internet » car justement l’ordre consensuel renvoie l’esprit critique dans les marges des marges. Vous refusez le nucléaire, alors cous voulez la bougie et la messe est dite. Et cette dictature me semble même néfaste aux défenseurs du nucléaire !

 Je termine par une expérience qui m’a marqué à jamais. Avec des collègues nous sommes arrivés un lundi matin dans l’école de Faudoas dirigée alors par M. Fieldès. Tous les enseignants étaient partis en stage. A la récréation nous avons vu les enfants se diriger vers des gros tonneaux agricoles en tôle où ils montaient debout et qu’ils faisaient avancer et reculer comme nous pouvons le voir au cirque. Danger maximum s’ils tombaient sur un petit qui passait par là. Danger maximum pour tout le monde. Pas du tout, au fil des ans les enfants maitrisaient l’ensemble de l’activité avec plaisir, nous les avons laissé jouer comme d'habitude. Aucun inspecteur n’aurait pu admettre cette « compétence » enfantine auto-apprise par les gamins et qui démontre qu'en nous sous-estimons ce que les circonstances peuvent créer d’intelligence collective, chez les enseignants comme chez les enfants. D’où la question qui n’a pas le mérite d’être une proposition : comment nous libérer des chaînes qui nous lient. ? JP D.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:05

           P1090228.JPG

Librairie Deloche

Suite au débat sur les livres de Jean-Pierre Frutos (au milieu) et de François Schachli à gauche

Pas à pas le terme de «gouvernance» s’est imposé dans la bouche des hommes politiques au pouvoir (presque comme une évidence). Je ne vais pas ici entrer dans le détail pour dire seulement ceci : il vient du management, il vient d’une pente glissante où la politique étant ramenée à la gestion, la gestion est réduite au modèle de l’entreprise. Loin de moi l’idée que le système de l’entreprise serait le mal, et que le bien serait du côté du service public. Au contraire, je pense que les améliorations dans la gestion d’une entreprise devraient bénéficier à tous mais sans s’imposer comme critère de LA POLITIQUE. Voici un élément du livre de François Schalchli sur la gouvernance qu’il évoque au moment où il est question du conflit nécessaire à la démocratie, conflit que la gouvernance doit évacuer :

 « Ces analyses concordent entre elles pour faire du conflit le point central et permanent de la démocratie. Elles peuvent diverger ensuite sur le niveau et genre de risque à prendre en matière de rupture, de menace d’éclatement d'une communauté politique en conséquence ou suite à un conflit ; sur le fait d'instituer des limites de l'extérieur ou de parier sur une auto-organisation collective. C'est là matières à débats, mais aucune ne prend la stabilité comme horizon.

    d) le contre-modèle de la gouvernance : quand conflit et pouvoir se dissolvent

Tout cela ne se met bien évidemment pas en place sans problème, car la stratégie de  tout pouvoir face à cette possibilité du conflit, sous les deux formes que nous avons analysées, s'affirme dans une logique constante d'extension et de monopolisation de ses prérogatives : il cherche à cette fin  en  général  à réduire, minimiser, voire masquer les conflits.

Dans l'actualité, nous sommes amenés, à côté de la montée de formes autoritaires, à voir se développer des pratiques de gouvernance suffisamment « intégratrices » des différents acteurs-partenaires pour empêcher les authentiques clivages et conflits.

Le concept de gouvernance remplace celui de pouvoir gouvernant ou de gouvernement : toutes les parties prenantes sont rassemblées dans une supposée égalité pour concourir à la conduite d'une action dans une orientation donnée. Toutes concourent et tout concourt « finalement » vers celle-ci, après concertation et dans une harmonieuse complémentarité ! Il y a au mieux à « s'ajuster » !

En conséquence, avec la gouvernance, on ne sait plus identifier le pouvoir : il n'est plus localisable, visible. »

 L’école de la bonne gouvernance c’est donc l’école où il faut masquer les conflits… au moment où les conflits s’imposent avec plus de force !

Le conflit, parents-enseignants ? Il est là d’évidence par le simple fait que le parent regarde son enfant (c’est normal) quand l’enseignant travaille avec le collectif groupe classe (qui change d’ailleurs chaque enfant !). La reconnaissance de ce conflit est la seule base permettant un travail fructueux entre parents et enseignants, car conflit ne signifie pas que toute collaboration est impossible. Chacun étant à sa place et la respectant, chacun peut s’épauler ! L’idée de la co-éducation de la FCPE entre dans l’idée de la bonne gouvernance. Travaillons ensemble et ceux qui ne veulent pas travailler ensemble sont les archaïques. Quand Sarkozy supprime toute formation pour les enseignants il confirme que ce n’est pas un métier et qu’en fait tout le monde est plus ou moins instituteur ce qui est un massacre non d’une compétence « enseignant » ou d’une technique pédagogique, mais d’un « savoir » car tout métier est source de savoir.

Le conflit enseignants-enfants ? Il est là d’évidence par le simple fait que l’enfant (même à 6 ans) a déjà une explication sur tout, explication qu’il va devoir remettre en cause pour accéder à la connaissance… et à ce cri joyeux du Euréka quand enfin après épreuves, il recolle les morceaux d’un savoir qu’il n’imaginait pas. Suis-je en train d’écrire que rien ne vient sans sueurs au front ? Conflit entre principe de réalité et principe de plaisir ? Bien sûr qu’on peut apprendre en s’amusant à condition d’admettre que s’amuser s’apprend aussi ! Si c’est dur d’apprendre, tout n’est pas dur tout le temps ! Y compris au sein même d’une journée. Comme l’indiquait très bien pour autre chose François Schalchli, aujourd’hui chacun vise le plaisir immédiat et refuse l’idée : « souffre pendant dix ans et après tu pourras profiter ! »

Le conflit enseignants-inspecteurs car dans l’institution éducation nationale, comme le releva quelqu’un, qui est légitime pour exercer le pouvoir ? Que dire d’enseignants qui en 2008 doivent expliquer aux parents que la suppression du mercredi matin c’est bon pour leurs enfants et qui cinq ans après doivent expliquer le contraire ? Dans le secteur privé la légitimité est plus simple à mesurer dans les comptes d’exploitation. Dans le monde du politique, gérer l’éducation en bilan comptable annuel c’est tuer le fondement du métier : bien des effets sont à long terme et doivent donc s’étudier avec des outils appropriés. Jean-Pierre Frutos insista sur le long terme. Ce conflit est plus admis que les autres car on sait qu’il y a d’un côté une « bonne parole » celle de la hiérarchie, et une autre disqualifiée, celle des enseignants. Je peux témoigner pour le peu de temps où j’ai été délégué du personnel, du mépris que la hiérarchie éprouve envers ceux qui sont sous ses ordres, mépris d’autant plus grand que finalement d’ordres ils ne peuvent qu’en donner très peu !

Et le conflit école-société qui est dans le titre et le livre de Jean-Pierre Frutos ? Comment ne pas admettre que la société impose ses règles à l’école ce qui fait que quand la gouvernance devient le masque du gouvernement, il devient aussi le masque de l’école ? J’ai évoqué le modèle inavoué des USA (dans d’autres domaines il est plus avoué) où j’ai travaillé deux ans, et on m’a dit après le débat que j’exagérais. La réponse mériterait un livre mais trois évolutions sont incontestables :

- le quantitatif prenant tout le pouvoir sur le qualitatif. Exemple : un prof d’université doit produire chaque année une quantité définie d’articles, de livres, la quantité servant de critère de l’importance de son travail.

- la violence sociale marquant des points comme jamais chez les enfants (par chance nos sociétés n’admettent pas encore que le port d’arme est gage de liberté)

- les mépris général envers le corps enseignant qui aux USA a toujours été moins considéré que l’ouvrier ce qui est bien pour ce dernier mais ne règle pas le problème. Bien sûr, il y a des filières d’excellences…

 Bref, un ministre avant de se lancer dans « l’inévitable réforme » preuve de son agitation, pourrait non pas lancer un grand débat-déballage mais affronter les conflits pour ce qu’ils sont, sans discourir sur le fait qu’il a la charge des enfants… Le pauvre ! JP Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 19:15

                            P1090221.JPG

    La Librairie Deloche fait sa vitrine avec le productions de La Brochure

Sympathique débat dont je ne retiens qu’une question… hors-débat.

A la fin de la réunion au moment des petits gâteaux aimablement offerts par la Librairie, un ami me demande : « Jaurès, réformiste ou révolutionnaire ? »

J’en connais qui répondraient aussitôt : Jaurès révolutionnaire, et d’autres au contraire : Jaurès réformiste.

Pour moi, Jaurès démontre l’inutilité de cette question. Comme devient inutile à un moment la séparation : droite/gauche !

Jaurès rend inutile cette question car elle suppose, chez tel ou tel individu, un positionnement unique dans sa vie. Guesde révolutionnaire,  quand il participe à un gouvernement d’union sacré pendant la première guerre mondiale ?

Avouons-le simplement : depuis 1917 le terme de révolution, comme tant d’autres, a une définition incertaine. Le débat fait rage en Amérique latine depuis toujours : Révolution au Mexique en 1910 ? Révolution bolivarienne au Venezuela entre 1998 et 2013 ? Etrangement ceux qui disent « révolution », quand ils pointent un dysfonctionnement, ils disent que c’est à cause du secteur capitaliste qui y est encore puissant. Révolution dans la révolution dans l’URSS de Gorbatchev ? Pour quel résultat ?

Jaurès veut changer le monde en faveur des classes défavorisés par des moyens pacifiques. Révolutionnaire sur l’objectif, réformistes quant aux moyens ? Sauf que nous le savons, les moyens décident également des fins !

 Pourquoi Jaurès ne se soucie pas de la case où l’ordre du monde pourrait l’enfermer ? Car la priorité n’est pas le futur, mais l’analyse du présent, et c’est elle qui décide de la position à prendre. L’exemple concret est visible dans sa position sur la dissolution de la Douma mise en œuvre par le Tsar suite à la révolution russe de 1905. Sans trouver la Douma géniale, il est plutôt favorable à la Douma, mais la Douma dissoute impose de revoir la stratégie donc vu le nouveau contexte il appelle les membres de la Douma à se ranger du côté de ceux qui sont plus radicaux.

 Jaurès n’a pas de dogme auquel s’accrocher contre vents et marées, mais des idéaux qui sont accrochés à lui et s’il en appelle en permanence à l’adaptation de l’action ce n’est pas pour mettre en veilleuse les idéaux en question. Jaurès est un extraordinaire dialecticien car il ne perd jamais de vue la direction quand il regarde là où il met les pieds pour combattre les obstacles. Chez lui, regarder l’horizon ça lui impose ce que Lénine appelait « l’analyse concrète de la situation concrète ». Position difficile car ils sont si nombreux ceux qui invoquent les difficultés de l’heure pour oublier l’horizon ! Presque aussi nombreux que ceux qui, au nom de la fidélité de l’horizon se moquent des réalités immédiates.

Jaurès, en politique, n’a pas de croyance. Il sait qu’au nom de la croyance en un futur sans classe, même le pire peut arriver. Il sait qu’un nom de la croyance en la fatalité du présent, même le pire peut arriver. Ce n’est pas son idée du futur qui peut lui commander son analyse du présent.

En conséquence Jaurès a laissé très peu de livres… mais des tonnes d’articles qui sont des réactions à l’actualité, réactions souvent difficiles à lire car on n’a plus en vue cette actualité, mais réactions si riches quand on peut en retrouver la logique.

 Jaurès était de cette pédagogie qui veut que l’art du pédagogue soit dans l’art de la répétition. Comment répéter cent fois qu’on demande un impôt progressif sur le revenu ? Un loi sur les retraites ouvrières ? La paix entre les peuples ? L’unité des socialiste ?

Jaurès n’était ni révolutionnaire, ni réformiste ; il était tout simplement un pédagogue de la répétition, pédagogie basée cependant sur un optimisme d’époque que ses adversaires lui firent payer au prix fort. Lire Jaurès aujourd’hui permet de remettre en cause cet optimisme pour l’articuler sur cette autre vision du monde ; optimisme de la volonté, pessimisme de l’intelligence. JP Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans jaurès
commenter cet article
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 18:55

                                              jaures-2.jpg

Proposition d’un lâche (1914)

Citoyens je propose que, si un jour on déclarait la guerre de faire la grève militariste

(à part) comme ça on ne risquerait pas sa peau (dessin  par Roberty)

Car en effet, Jaurès n’a pas risqué sa peau !

                             jaures-4.jpg

Le châtelain dans ses terres :

Contrairement aux autres caricatures qui portent sur le pacifisme de Jaurès, ici c’est une attaque sur ses positions sociales. A côté du paysan qui travaille, le châtelain règne avec son ombrelle et son journal. Une position "confortable" qui lui coûtera cependant très cher…

                                               jaures-3.jpg

La guerre sainte dans le Sud-Oranais. Le Grand marabout Sidi Mohamed Ben Jaurès prêchant la pénétration pacifique dans le désert.

Jaurès n'est pas pour l'indépendance des peuples coloniaux mais il est aussi très critique de la politique coloniale et on voilà là le pacifiste à la remorque d'un arabe qui l'est bien peu.

                                             jaures-1.jpg

Jaurès à la solde des Allemands, Jaurès l’espion des Allemands, Jaurès l’ami des Allemands… Cette caricature de 1907 guide le bras de l’assassin.

 Sur Fantasio, dès 1907, Jaurès agent de l’Allemagne

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans jaurès
commenter cet article
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 13:44

Cet article de journal peut paraître un peu long aujourd'hui.... JPD

L 'ESPRIT DES PAYSANS

« La Dépêche » du dimanche 10 novembre 1889

L'éducation politique et morale des paysans a une grande importance. Pour y réussir, il faut les aimer et les bien connaître.

Le paysan a l'esprit sérieux. Il est obligé de peiner, de calculer, de se défier. Il ne dissipe pas son intelligence en saillies et en bagatelles ; il s'en sert, non comme d'un jouet, mais comme d'un outil. Il n'est pas gouailleur et fantaisiste ; il ignore ce qu'à la ville on appelle la blague. Je parle des vrais paysans, de ceux qui sont attachés au champ, qui labourent et qui sèment, Car il y a dans nos campagnes des irréguliers qui vivent, moitié de travail, moitié de maraude, ou qui exercent des métiers variés, extrayant la pierre, creusant des puits, etc. Ceux-ci, de même qu'ils ont souvent de la fantaisie dans leur vie, en ont dans leur esprit et dans leurs paroles. Ils ont de la verve, ils ont des mots qui partent comme des fusées; ils sont facétieux. Le vrai paysan, lui, a l'esprit grave. Non qu'à l'occasion il n'aime à rire et à se divertir, niais, alors, il a recours à des chansons et à des contes qui contiennent de la joie toute faite, plutôt qu'à des fantaisies personnelles et spontanées de conversation.

En revanche, cette sobriété de l'esprit fait que la moindre plaisanterie l'amuse, On vendange, et il y a dans la vigne beaucoup de vendangeurs et de vendangeuses; du coteau qui est à l'extrémité opposée de la plaine arrivent dans l’air ensoleillé des sons de cloches Une paysanne dit, d’un air entendu : « Quelqu'un se pend» ; — c'est le sonneur de cloches qui, en effet, se pend à la corde. C'est là une plaisanterie rebattue, traditionnelle, et pourtant tous y prennent plaisir, la refont pour leur compte, y trouvent de la saveur. Voilà comment les beaux esprits du village ont dans les cercles de paysans des succès si aisés et si énormes. Ces esprits tout neufs, et au fond très sérieux, quand on les met en mouvement, s'amusent de rien.

Le paysan est volontiers sentencieux, surtout en prenant de l’âge. Il s'exprime par proverbes et maximes ; il ne peut pas se créer à lui-même des idées générales, et il les emprunte à la sagesse traditionnelle. « Le pauvre père disait » revient très souvent dans la conversation des paysans. Cette tradition est le seul livre où beaucoup d'entre eux aient lu. Or, elle se compose de formules courtes, de proverbes et de maximes. Nous nous étonnons quelquefois que, vivant en pleine nature, les paysans ne fassent pas sur les phénomènes naturels plus d'observations personnelles et neuves nous sommes dupes d'une illusion. A part quelques grands faits très simples, comme la succession des saisons, tout dans la nature est extraordinairement compliqué. La plupart des proverbes rustiques ayant trait à la vie agricole n'expriment guère que des coïncidences qui se renouvellent de loin en loin, mais comme c'est pour le paysan le seul point de repère, il y tient beaucoup, et il a beau prendre le proverbe en défaut, dix fois, vingt fois il n'y renonce pas. C'est qu'il résume pour lui un premier essai de généralisation, de science, et qu'il a, en outre, la marque vénérable de la tradition. Voyez ces paysans sentencieux dont les paysans eux-mêmes disent qu'ils ont « l'air prophète ». On sent que, quand ils citent une maxime, ils croient participer à une sagesse très haute, et qu'ils en conçoivent pour eux-mêmes une sorte de respect.

Au point de vue de la terre, le paysan est très attaché à la propriété individuelle ; au point de vue de l'esprit, il aime, au contraire, à confondre sa propre sagesse avec la sagesse, indivise de la tradition. Le prix de l'effort personnel, de la conquête personnelle dans l'ordre du savoir ne lui est pas suffisamment connu. Et c'est là une des raisons qui l'empêchent de vérifier et de corriger par son expérience propre les préjugés nombreux qui circulent.

Ce n'est pas que l'esprit d'invention et de création fasse défaut dans nos campagnes ; il y a une production poétique incessante. E. n'y a guère d'événements un peu curieux au village ou dans la contrée qui ne soient mis en chanson. Qu'il s'agisse d'un mariage comique, de la brouille d'un curé avec sa madone ou d'une élection, il y a toujours une demi-douzaine de poètes qui se cotisent et qui font une pièce de vers en collaboration. Ce n'est pas toujours très relevé, mais c'est vivant. Ce sont les jeunes gens qui font cela.

 La jeunesse est, à la campagne, presque une institution. A la ville, et surtout dans les grandes villes, les plaisirs sont tout préparés : c'est le théâtre, c'est le cirque; vieillards et jeunes gens s'y pressent confondus. Il n'y a de distractions pour les paysans que celles qu'ils organisent eux-mêmes : les fêtes votives, les bals sous les grands arbres. Mais qui donc organisera tout cela, qui s'emploiera à louer les musiciens, à orner l'emplacement, à recueillir les fonds, si ce n'est les jeunes gens ? Ce sont eux surtout qui résistent au curé quand il défend la danse ; ce sont eux qui, à la sortie de vêpres, organisent, à partir du clocher, ces courses à pied où il faut, tous les cent pas, poser un œuf à terre sans le briser; ce sont eux, quand un mariage leur déplaît, qui sèment de la paille et du foin tout le long du chemin suivi par le cortège ; ce sont eux qui introduisent dans les campagnes les refrains politiques et patriotiques venus de la ville, qui perpétuent dans nos campagnes les veillées, qui, sans eux, se perdraient ; ce sont eux, enfin, qui, à la sortie des offices ou en revenant du marché, escortent la jolie paysanne, laissant les anciens s'entretenir du cours des bestiaux. Aussi, quand à la campagne il est question de « la jeunesse », on sent qu'il s'agit d'une sorte de puissance organisée, qui n'a rien d'analogue dans les grandes villes.

De toutes les poésies qui se font ou qui se chantent à la campagne, la nature est à peu près absente : il s'agit d'amour, de fiançailles, de guerre, de départ, de retour, d'événements locaux ; mais les beautés mêmes de la campagne n'y sont jamais décrites ou même indiquées. Pourtant, le sentiment poétique ne manque pas aux paysans, mais, précisément parce qu'ils vivent dans la monotonie des beautés naturelles, ils demandent à leurs chansons de leur parler d'autre chose. Ils n'ont pas certainement la grande poésie; et comment l'auraient-ils ? Le temps est passé, où les hommes divinisaient les forces de la nature, le soleil éclatant et les grands bois mystérieux. Les paysans n'ont pas encore sur l'immensité de l'Univers, sur le mouvement ordonné des astres, sur l'évolution et le progrès de la vie, ces grandes idées qui font vibrer la pensée au contact de la nature extérieure. Ils sont habitués à agir, non à rêver ; ils ne peuvent dès lors emprunter au monde visible un aliment pour leurs rêveries.

 L'Église a durci et desséché le dogme. L'Évangile, avec son libre et poétique esprit, a été remplacé par des pratiques sèches, des formalités superstitieuses et des croyances terribles. Les doux horizons de la Palestine sont presque inconnus du paysan, et l’étoile qui guidait les bergers ne se lève pas sur lui. Il retrouve la poésie dans sa familiarité de tous les instants avec la vie des êtres et des choses. A la fin de l'hiver, quand les bestiaux, après de longs mois de réclusion, peuvent quitter l'étable, le jeune paysan accourt pour les voir sortir. Ils sont d'abord comme étonnés ; puis, grisés soudain par la lumière, le grand air, ils partent comme des fous, ils font en sautant, en mugissant, le tour de la grande prairie ; ils en reprennent possession ; puis tous, bœufs, vaches, taureaux, se précipitent et se confondent comme dans une mêlée. Ces bêtes pesantes s’enlèvent comme des chevaux légers. Elles s’arrêtent, soufflent, aspirent l’air, regardent l’horizon et, comme piquées tout à coup d'un aiguillon de folie, s'enlèvent de nouveau. Peu à peu elles se mettent à paître l'herbe courte et rare et, de temps à autre, dans le troupeau immobile qui semble cuver son ivresse, un bœuf se remet à bondir comme après l'orage une vague se dresse de loin en loin dans la mer mal apaisée. Ce sont là de puissants spectacles et le jeune paysan y assiste avec un mélange de crainte et de joie.

 Lorsque la pluie tombe enfin sur le maïs altéré et fait un bruit joyeux dans les feuilles, la paysanne dit : « Le maïs rit. » Lorsque les fèves encore jeunes viennent bien, sous un soleil doux, dans la terre bien travaillée et gonflée de suc, la paysanne, réjouie, dit : « Les fèves têtent. »

 Les paysans s'ennuient dans les lieux clos et bas. Évidemment, ils se nourrissent, à leur insu même, des grands horizons. Un soir, je causais avec un laboureur au sommet d'un coteau qui dominait une grande étendue de pays. L'air était transparent et calme; nous regardions la montagne lointaine d'un bleu sombre qui fermait l'horizon. Il nous sembla entendre un murmure très vague qui arrivait vers nous : c'était le vent du soir qui se levait au loin sur la montagne, et, dans la tranquillité merveilleuse de l'espace, le premier frisson des forêts invisibles venait vers nous. Le paysan écoutait, visiblement heureux ; il me dit en son patois «Lou tèns ès aousenc. » L'expression est intraduisible dans notre langue ; il faudrait dire : le temps est entendif. Le mot exprime cet état de l'air qui est pour le son ce que l'absolue transparence est pour la lumière. Mais de pareils mots n'indiquent-ils pas, mieux que bien des effusions, la poétique familiarité du paysan avec les choses?

 Il n'est point incapable des hautes mélancolies. J'ai connu des vieillards qui, la journée finie, couchés sur la terre sombre où ils allaient bientôt disparaître, parlaient de la mort avec une sorte d'étonnement résigné : « Tout sera bien fini, disaient-ils, et personne n'en revient. » Chose étrange et que j'ai souvent constatée : les mêmes hommes qui parlaient de la mort comme de la destruction totale, parlaient peu de temps après ou en même temps, de l'âme et de sa survivance. Évidemment, beaucoup de paysans n'accordent pas l'idée naturelle qu'ils ont de la vie et de la mort avec l'idée qu'ils tiennent de l'Église. Ils ont dans l'esprit, sans s'en douter, des idées contraires ; elles ne se heurtent point parce qu'ils n'y réfléchissent pas assez; elles sont simplement juxtaposées. D'un côté, ils croient très bien, avec l'Église, que l'homme est supérieur aux bêtes, qu'il a une âme, et que cette âme ne périra pas. D'un autre côté, comme on n'a pas développé en eux la vie de la pensée, comme toute leur existence s'use dans le labeur opiniâtre des bras, dans la lutte avec la terre, ils ne peuvent ni se figurer, ni même pressentir ce qui survivrait d'eux dans un autre ordre d'existence ; il leur semble, par ce côté, que la terre en les recouvrant les aura tout entiers.

 Dans les nuits sans lune, les astres brillent, mais ils n'éclairent pas sensiblement la terre; elle est toute noire, et les étoiles semblent resplendir pour elles-mêmes dans les hauteurs : il y a comme divorce du ciel et de la terre. De même, il y a dans l'âme du paysan divorce entre la vie machinale à laquelle il a été condamné et les espérances immortelles que l'Église a gravées à la surface de son esprit, mais qu'elle n'a point fondues dans son existence quotidienne. Elle a imposé des dogmes du dehors ; elle n'a pas éveillé la pensée intime. Le premier soin de l'Église, si elle voulait faire pénétrer vraiment l'esprit chrétien jusqu'au fond des âmes, devrait être d'aider et non de combattre ceux qui, comme nous, veulent éveiller partout la pensée ; mais l'Église ne songe qu'à sa domination. C'est à nous d'amener peu à peu la démocratie rurale à la pensée personnelle. Jean Jaurès

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans jaurès
commenter cet article
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 13:39

http://la-brochure.over-blog.com/article-italie-je-crois-rever-117250873.html

Nous l'avions déjà annoncé voici quelques jours, Letta est invité à former un gouvernement en Italie. Voir le lien.

Attendons de voir s'il réussit, lui et les membres de la droite du PD (dont il est le vice-président !) qui ont été achetés par Berlusconi. Avec Monti ministre des affaires étrangères. A suivre. JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans italie
commenter cet article
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 14:30

En 1899 un livre d’articles de Jaurès est publié sous le titre Action socialiste ; Première série, le socialisme et l’enseignement, le socialisme et les peuplesJaurès y publie l’avant-propos suivant éclairant à plus d’un titre malgré sa brièveté. En 1899 nous sommes encore loin de la création de Parti socialiste qui s’unifie en 1905. Nous sommes donc loin de la création du journal L’Humanité. Les articles sont surtout de La Dépêche du Midi. Et Jaurès a raison, ils sont bien ceux d’un socialiste. Mais quelle différence entre un « socialiste » et un « centre-gauche » ?

Nous y reviendrons. JPD

La parole à Jaurès

De jeunes amis m'ont demandé la permission de réunir, en un ou plusieurs volumes, un choix de mes articles et discours. Un moment, j'ai hésité. Je craignais qu'on ne vît là une sorte de préoccupation littéraire peu convenable à un militant. Et puis, nous avons devant nous tant de travail, nous avons si peu fait, qu'il me paraissait dangereux de retourner vers le passé. A quoi non lier ces pauvres gerbes quand la moisson commence à peine ?

Mais ces jeunes gens m'ont dit que publier un volume de propagande, comme on publierait une brochure de propagande, c'était encore agir, et je me suis rendu de bon cœur à leur vœu.

 Ce sont eux qui ont fait tout le travail, le choix et le classement. Je ne sais même pas, en écrivant cet avant-propos, quels sont les morceaux contenus dans ce volume. Mais ce que je sais bien, c'est que, quelle qu'en soit la date, on y retrouvera la même inspiration socialiste. Dès que j'ai commencé à écrire dans les journaux et à parler à la Chambre, dès 1886, le socialisme me possédait tout entier, et j'en faisais profession. Je ne dis point cela pour combattre la légende qui fait de moi un centre-gauche converti, mais simplement parce que c'est la vérité.

Mais il est vrai aussi que j'ai adhéré à l'idée socialiste et collectiviste avant d'adhérer au parti socialiste. Je m'imaginais que tous les républicains, en poussant à bout l'idée de République, devaient venir au socialisme. Et il me paraissait plus sage de ne pas créer un groupement socialiste distinct. C'était une illusion enfantine, et ce que la vie m'a révélé, ce n’est point l’idée socialiste, c’est la nécessité du combat. Si les pages qui suivent pouvaient aider les hommes de pensée à devenir des hommes de combat, et à comprendre que la vérité, pour être toute la vérité, doit s’armer en bataille, les jeunes gens désintéressés et dévoués qui ont pris l’initiative de cette publication seraient bien payés de leur peine.

Jean Jaurès

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans jaurès
commenter cet article
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 14:28

Les Rustiques

 

Le rebouteur

Oui, je le vois encore en veste du dimanche,

La trogne rouge sous sa chevelure blanche,

Devant la porte assis, un bâton à la main.

Les pigeons roucoulants se disputent le grain

Qu’on vient de leur jeter, tandis que, somnolente

Et le museau posé sur ses pattes, Brillante,

Allongée au soleil regarde, l’œil mi-clos.

On accourait de loin vers le petit enclos

Dont un buis centenaire embellissait l’entrée,

Car il était fameux dans toute la contrée

Le vieux père Gaspard, un rebouteur malin,

Qui, bien qu'il n’eût jamais rabâché du latin,

N'avait pas son pareil pour guérir une entorse.

On racontait de lui maints et maints tours de force,

En fait de tibias cassés, de bras démis,

De reins endommagés qu’à neuf il avait mis.

Paris ni Montpellier n'auraient pas su mieux faire.

Tellement qu’un docteur l'appela « mon confrère »

En lui oyant remettre un genou déboîté.

C’était un merveilleux artiste, en vérité,

Avec cela pas fier, et même, il faut le dire,

Un peu trop familier, après dîner, le mire.

Mais on aimait à voir son rire bien fendu ;

Avec lui, voyez-vous, point de sang répandu,

Et c'est en coïonnant qu'il guérissait son monde

Aussi que de clients lui venaient à la ronde !

Des plaines de Gascogne aux coteaux du Quercy

Son renom s'envolait bruyant. Un seul merci

— Vous n'allez pas me croire — était tout son salaire ;

Et même, certain jour, il se mit en colère,

Contre un marchand de bœuf venu de Roquecor

Qui voulait le payer d’une piécette d’or.

Etant jeune écolier je me luxai la cuisse,

Et l’on désespérait déjà que je guérisse,

Car j’allais me trainant plus boîteux qu’un canard,

Lorsque l’on me mena chez le père Gaspard.

Nous venons, il me palpe et d’un coup sec me tire

La jambe, en me disant de son meilleur sourire :

« Des compresses d’eau fraîche, et te voilà guéri. »

Or, tout cela fut fait sans m’arracher un cri.

Ma mère en m’embrassant pleurait à chaudes larmes.

Lui, d'un air bon enfant, apaisait ces alarmes,

Et content du succès de son vieux tour de main,

Caressait doucement ma tête de gamin.

Aussi sur le passé lorsque mon front se penche,

Je le revois avec sa chevelure blanche.

Ses épaules d’hercule et ses yeux rêvasseurs,

Mon bon et vieux Gaspard, le roi des rebouteurs.

Camille Delthil

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 20:11

 

 serracchiani interna-nuova

Les résultats des élections régionales au Frioul (Italie) ne sont pas définitifs  mais le PD l’emporterait de justesse, sur le PdL sortant, et c’est sûr le M5S qui pensait gagner subit une défaite impressionnante. Grillo va-t-il démissionner pour une perte de la moitié de son électorat en deux mois !

Oui, mais quel PD a a gagné ?

Debora Serracchiani est la dirigeante du PD mais tendance de gauche, tendance Stefano Rodota, tendance affichée. Il existe toujours une autre Italie que celle qui fait la Une, que celle qui trahit les idéaux démocratiques, que celle qui veut tuer l’espoir non de la « gauche » terme perdue, mais de la vie. JPD

P.S. Ce résultat est à présent confirmé. Le camper de Grillo qui a sillonné le Frioul a été sans efficacité. L'élu PD a été aussitôt félicité par Bersani, le secrétaire général démissionnaire, mais aussi par les arrivistes de haut vol, le fameux D'Alema et le futur fameux Matteo Rinzi dont le jeune âge n'empêche en rien la longueur des dents. Tous savent que l'élu du Frioul les a fortement critiqués pour avoir refusé de soutenir Rodota mais les opportunistes ne manquent pas d'applomb.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans italie
commenter cet article
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 14:51

Ce ne fut pas un rêve, juste un référendum, un référendum que le peuple italien a gagné contre les dirigeants de la classe politique, un référendum pour rappeler que les idéaux démocratiques faisaient le cœur de l’Italie. Parmi ceux qui se sont mis au travail il y avait le juge di Pietro dirigeant du petit parti, Italie des Valeurs. Aujourd’hui ce parti est au bord du gouffre, au bord de la disparition. Comment les temps peuvent-ils changer si vite ? Parmi les dirigeants il y avait Stefano Rodota, figure emblématique de la politique honnête, il y avait…

Parmi les dirigeants de la classe politique, il y avait la colère de Berlusconi, colère mémorable, un Berlusconi qui perdait pied, même le syndicat patronal lui préparait un cercueil, et son allié Fini pensait que son heure était venue.  Aujourd’hui le parti de Fini, président sortant de l’Assemblée nationale, est au bord du gouffre, au bord de la disparition. Comment les temps peuvent-ils changer si vite ?

Parmi les dirigeants de la classe politique, il y avait la gêne de Bersani, le dirigeant du parti démocratique. Il ne pouvait que se féliciter du résultat… auquel il avait cependant pris une modeste part. Bersani, c’est le premier dirigeant politique d’un parti élu par un appel au vote de TOUS les citoyens ! C’était en 2009. Sa victoire a surpris surtout Massimo d’Alema, l’homme qui tire les ficèles du parti, dans l’ombre, l’homme de toutes les ouvertures à droite or Bersani penchait pour les ouvertures à gauche. Aujourd’hui Bersani vient de démissionner de son poste, aujourd’hui l’homme qui, pour la première fois, a proposé que comme lui, les candidats aux législatives soient choisis par des primaires, se trouve avec une vague d’élus nouveaux, dont une bonne partie est pire que les précédents ! Les formes de la démocratie ne font pas la démocratie ! Déjà suite à un voyage en 2011 j’étais plus que pessimiste.

En 2009 Beppe Grillo voulait tenter sa chance comme candidat au poste de secrétaire général du parti démocratique et Bersani lui a dit : « crée d’abord ton propre parti et on verra ce que tu pèses ! ». Aujourd’hui, des millions d’Italiens ont vu Beppe Grillo s’exciter sur une estrade, exultant, levant le point à l’annonce de la démission de Bersani, et criant : « L’abbiamo fatto fuori. ». Oui, Bersani est au tapis et Berlusconi chante victoire ! Le cri de joie de Grillo ne trahit-il pas le fond de son projet : écraser le PD pour être seul face à Berlusconi ? Sauf que face à Berlusconi, le M5S ne suffira jamais, sauf à continuer sa politique !

Le parti démocratique paie aujourd’hui le prix lourd, très lourd, d’une dérive constante depuis vingt ans. Cette dérive n’est pas celle du parti lui-même puisque nous savons à présent que même son secrétaire général Bersani n’était qu’une marionnette ! Entre les mains de qui ? Pour Bersani, tout était possible même après les élections de février. Après avoir marqué des points pour élire le président du Sénat, il proposa un accord impossible à Berlusconi avec le candidat Marini, puis Romano Prodi allait devenir président de la République au quatrième tour, le seul tour sérieux car à la majorité simple. Sur le papier il lui manquait 8 voix… et il lui en manqua… plus de cent, comme si tout d’un coup Romano Prodi était devenu un révolutionnaire à arrêter ! Un député PD sur quatre n’a pas suivi la consigne ! (voir en note la démission de Bersani). Massimo d’Alema pensait pouvoir obtenir le poste et il a peut-être fait jouer quelques ficèles ! Non, ce n’est pas une guerre interne au parti car celui-là, comme les autres, n’est plus que le décor de la politique. Le M5S a gagné les élections sans être un parti ! Mais alors la démocratie citoyenne c’est quoi : de voter aux primaires, aux secondaires et aux tertiaires ?

Depuis 50 ans, pour la première fois un président sortant est réélu à la présidence de la république italienne, un président qui a promulgué sans broncher toutes les lois berlusconiennes, un président dont tout le monde comprend qu’il va faire de la figuration jusqu’à sa prochaine démission quand le gouvernement se sera stabilisé. Une union entre le parti de Berlusconi et une frange du PD ce n’est pas une stabilisation, c’est un rapt quand on se souvient qu’en février, tout d’un coup, 25% des votants ont mis en avant Beppe Grillo pour dire non aux combines. Aujourd’hui même, les électeurs du Frioul sont convoqués pour élire le président de la région. Le M5S espère que ça sera la première région italienne à devenir 5 étoiles. A suivre. Pendant ce temps l’Italie patauge dans la crise sociale.

Jean-Paul Damaggio

1°Sur le site du PD la démission de Bersani : « Pour moi, trop c'est trop. Je remets ma démission à l'Assemblée. Elle prendra effet une minute après l’élection du Président de la République ». C'est ce qui a été annoncé par le Secrétaire du parti démocratique, Pier Luigi Bersani, à l’assemblée des grands électeurs du PD.

"Nous avons provoqué un événement d’une gravité absolue, les mécanismes de responsabilité et de solidarité, ont été bafoués, ce fut une journée nettement pire que celle d'hier ».

« Nous avons pris une personne, Romano Prodi, fondateur de l'Olive, ancien Président du Conseil envoyé au Mali et nous l’avons mis dans de telles conditions. Je ne peux l'accepter. Je ne peux pas accepter que mon parti ait empêché cette solution. C'est trop ».

« Parmi nous, une personne sur quatre a trahi. Il existe des instincts de destruction du Pd »

« Au scrutin de demain matin pour l'élection du Président de la République, le parti démocratique votera blanc » a dévoilé Bersani.

« Après la situation qui a été créée, nous devons reprendre contacts avec d'autres forces politiques pour définir la solution pour l'élection du Président de la République ».

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans italie
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche