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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 17:47

Aujourd’hui les experts en graphologie du Corps National de la Police d'Espagne annoncent qu’ils sont convaincus que les lettres trouvées dans la comptabilité secrète du PP sont celles de l’ex-trésorier du PP Luis Bárcenas. Bárcenas a tenu une comptabilité parallèle entre 1990 y 1993 et de 1997 à 2008. C’est le même Bárcenas qui fait la conclusion de l’article suivant qui date lui du Jeudi 24 janvier 2013.

  

Juancho Dumall

 Directeur adjoint du Périodico de Catalogne,

Que Pepe Carvalho revienne !

 Après le succès inattendu de Avec de l'eau jusqu'au cou, Petros Márkaris a publié La liquidation définitive (Tusquets Editeurs), deuxième roman d'une trilogie que l’auteur enracine dans la crise grecque. Encore une fois le commissaire Kostas Jaritos doit faire face à un tueur en série qui met en échec le gouvernement d'Athènes. Et encore une fois le drame d'un pays démoralisé, qui sombre dans la récession, qui est accablé de nouvelles de suicides de personnes désespérées, victimes de la corruption politique, devient l'élément essentiel de l'intrigue. Cependant, ce qui est surprenant dans cette intrigue c’est la crudité avec laquelle Markaris présente la décomposition de l'État démocratique grec et la désaffection croissante de certaines classes moyennes qui se sont effondrés et n'ont plus aucunes illusions.

 Que le criminel, un collecteur autoproclamé de fonds nationaux, finisse par devenir un héros de nombreux manifestants de la place Sintagma, vu que leurs victimes sont des fraudeurs, c’est une métaphore de la situation de ce malheureux pays.

« L'Etat grec est la seule mafia qui a fait faillite. Toutes les autres travaillent et prospèrent », dit l'un des personnages de l’œuvre. Une affirmation qui n’a besoin d'aucun commentaire.

Le message de Markaris

Le roman noir, des nord-américains et des européens, est traditionnellement un territoire de critique politique féroce. Dans le cas de Márkaris, le message est clair : si l'État ne se régénère pas et n’impose une vraie justice sociale, peuvent survenir des groupes qui tenteront de prendre la loi entre leurs mains en recourant à la violence.

Pensons maintenant à l’Espagne. Si, comme en Grèce, une sensation se répand que les partis sont incapables de lutter contre la corruption et, en plus, appuient des lois pour aider leurs amis en toute impunité (amnistie fiscale et autres, privatisations), ne soyons pas surpris ensuite si apparaissent des phénomènes populistes ou des délinquants avec la rhétorique de Robin des bois. Quels grands récits aurait construit Vázquez Montalbán en ces temps si boueux ! Pouvez-vous imaginer un Pepe Carvalho flairant dans les enveloppes de Bárcenas ?

 

Commentaire Jean-Paul Damaggio

Par définition Carvalho ne pourrait pas revenir car il aurait environ 75 ans et serait à la retraite, mais la référence est utile car elle témoigne d’un combat mené qui reste à faire… A l’occasion je lirais peut-être Markaris pour voir où nous en sommes de sujets cachés par nos médias. Nous avons Cahuzac et les autres en ont autant. L'actualité n'est plus l'anecdote mais la règle !

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:56

Parmi les raisons d’être des Editions La Brochure il y a  la célébration de la mémoire de Vazquez Montalban.

En octobre 2013, pour le dixième anniversaire de la disparition de l’auteur catalan, nous souhaitons en conséquence le faire vivre parmi nous par des expositions, lectures, débats et conférences. Et tout cela sans moyens bien sûr !

Tous ceux qui pensent pouvoir apporter leur pierre seront donc les bienvenus.

 

Pourquoi Vazquez Montalban ?

Pour la démocratie, la littérature, le peuple debout, le polar, la poésie.

Pour le communisme écolo, les langues en bataille, l’amour de la vie.

Pour la Catalogne, l’Espagne, la Cuba authentique et la courtoisie.

Pour Marcos, Valverde, Sacristan, Camus, Galindez, et l’hérésie.

Pour le sabotage olympique, le petit frère, et contre l’amnésie.

Pour Chrétien de Troyes, Ramon, et aussi notre cher Gramsci.

Pour Hobsbawm, Paco, Enrico et le grand Fausto Coppi.

Pour Boston, Prague qui sont de Barcelone, une allégorie.

Pour le foot, Indurain, la communion des saints et l’ironie.

Pour la résistance, dans la rue, dans la prison, partout, comme une survie.

Pour la communication, le journal, la chronique et pour les librairies.

Pour la mémoire, pour l’histoire et ses coupables, pour l’Ibérie.

Pour le désir, pour le sens, pour le sens du désir, pour la frénésie.

Pour partager, chercher, lutter et à la fin pour la gastronomie.

 

Jean-Paul Damaggio

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:44

 

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Grâce à la Librairie Deloche, que de salive dépensée… à propos de lectures.

Croiser les clients de passage ou venus exprès. Retrouver des amis perdus de vue.

Faire se rencontrer ceux qui ne se sont jamais croisés.

La librairie jouant son rôle comme lieu de vie de la quête de savoirs, d’émotions…

Un grand moment pour préparer d’autres aventures : des émissions radios, de nouveaux débats, des lectures imprévues.

Passer de Jaurès à Grousset, du Tarn-et-Garonne à l’univers entier.

De tels moments sont indispensables pour mesurer l’état d’une société en plein bouleversement. Pour être pleinement dans cette société tout en cherchant les marges.

Un film vient de sortir à partir de l’écume des jours, de Boris Vian. Alors on va chez le libraire.

J'ai même eu droit à un livre en espagnol publié au Pérou par un auteur vivant en Tarn-et-Garonne : Tres cosas hay en la vida.

A suivre donc. J-P Damaggio

P.S. Ce petit mot complète les articles déja publiés au sujet des débats :

 

 L’immédiat des médias

 Jaurès en débat

 L’école de la bonne gouvernance

 

 

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 12:39

Le jeudi 25 avril, le Premier ministre de Tunisie, Ali Laarayedh a été entendu par le juge d'instruction du treizième bureau auprès du Tribunal de Première instance de Tunis au Palais du Gouvernement. Ministre de l’Intérieur, lorsque Chokri Belaid a été assassiné le 6 février dernier, Ali Laarayedh a refusé par deux fois d’être entendu. L’audition jette un certain trouble si l’on se base sur ce que rapporte le journal Achourouk, qui affirme détenir les propos du Chef du gouvernement tels qu’ils ont été déclarés au juge et où il dénonce une responsabilité de Moncef Marzouki. De toute façon quand un ministre de l’intérieur accède au poste de premier ministre suite à un assassinat politique aussi considérable et qu'il aurait dû éviter, c’est plus que louche !

 Au même moment un journaliste tunisien note : « Le pays est en pleine crise politique, la tension est élevée, la conjoncture économique est morose et le président tunisien trouve quand même le temps pour rédiger un livre [L'invention d'une démocratie : les leçons de l'expérience tunisienne, éd. de La Découverte], publier de longues tribunes d'opinion, voyager, boire un thé avec des princesses, présider des conférences littéraires. »

 Belle occasion de se poser la question sur la démocratie selon Marzouki.

 La tendance aux reculs de la démocratie sociale

Réfléchir à la démocratie suppose d’analyser les tendances mondiales de la lutte des classes. Tendances qui ne sont pas propres à l’économie dont on nous rabat les oreilles. Analyser ne signifiant pas se plier aux dites tendances !

Pour la période actuelle je considère que globalement de 1945 à 1980 la tendance était aux avancées de la démocratie (je vais dire avancées tout simplement) mais que depuis et jusqu’à ce jour, on est dans une tendance inverse. Le coup d’Etat au Chili organisé par les USA et Pinochet en 1973, ou l’arrivée des ministres communistes en France en 1981 sont, comme d’autres événements, en décalage avec les dites tendances, et prouvent qu’il existe une marge d’action possible dans chaque pays. En France c’est avec les années 90 que « la société vire à droite » d’après le PCF qui prend l’effet pour la cause. Ce n’est pas une société qui vire à droite qui fait reculer la démocratie sociale, mais l’incapacité du PCF à convaincre, qui laisse place à ses adversaires !

 Pourquoi ce basculement en 1980 ? Il se joue en Iran alors que les forces militaires de l’URSS ont envahi le pays voisin, l’Afghanistan. Il n’est possible que par une conjonction contradictoire de situations. Et le cas de l’Iran n’a pas d’équivalent dans le siècle : les forces armées des USA et de son valet étant chassées du pays, cette révolution continue à merveille les avancées de la démocratie sauf que l’illusion sera de courte durée (deux ou trois ans suivant les observateurs). Les religieux vont s’appuyer sur une gauche à la tradition puissante qui, dès 1984, est totalement balayée par l’instauration d’une théocratie promouvant l’espoir en une religion politique. Le phénomène devient totalement sans précédent quand l’adversaire battu, les USA, peuvent enfin s’appuyer sur ce « recul » pour lancer la contre-offensive néolibérale, un néo-libéralisme qui sur le plan économique ne dérange en rien la théocratie victorieuse à Téhéran. Je rappelle que Jimmy Carter a été élu président des USA dans une triangulaire, car Reagan s’est présenté aux élections contre l’avis de son parti, mais gagnant cependant la majorité de ce même parti républicain pour l’élection suivante !

 L’heure des fausses révolutions

Dans ce contexte, après quelques autres « révolutions » comme la révolution dans la révolution en URSS, ou la révolution bolivarienne, se produisent les révolutions arabes dont la Tunisie devient le merveilleux symbole. Est-ce l’annonce d’un nouveau basculement rêvé déjà par les altermondialistes à Porto-Alegre ? Peu après le fameux 14 janvier de Tunis, à  une émission « ce soir au jamais » un Tunisien se distingue sur le petit écran français : Albert Memmi ne cache ni sa joie quant au départ de Ben Ali… ni son scepticisme quand on parle du mot révolution. Il a un argument simple et pourtant personne ne veut l’entendre : les questions économiques vont continuer comme auparavant alors qu’une des raisons des révoltes étaient économiques. Aucune force n’est en place pour développer une logique différente. TOUS les invités s’insurgent devant un tel pessimisme : ceux qui ne veulent pas « décourager Billancourt » comme ceux qui sont bien contents quand on évacue la question de la démocratie sociale.

Albert Memmi voulait-il minimiser l’exploit de son peuple ? Tout au contraire : il proposait une analyse sereine (et non sentimentale) qui, en donnant à cette révolution sa juste dimension, permettait de comprendre clairement le reste du chemin à accomplir.

 La démocratie selon Marzouki

Il y a donc eu des élections démocratiques dans le pays et l’évènement fut considérable. Des résultats, Moncef Marzouki en a déduit qu’il devait accepter le rôle de président provisoire d’un gouvernement islamiste, répétant ainsi dans des conditions totalement différentes le cas de l’Iran. D’autres préfèrent parler du modèle turc mais alors, depuis les élections, nous aurions une constitution dans ce pays car la constitution turque, que les islamistes de ce pays subissent, est claire sur la laïcité, un des points qui achoppent dans les négociations entre laïques et religieux. Marzouki a accepté de mettre au service des islamistes ses mérites d’avocat de gauche pensant limiter ainsi les tendances à la théocratie. Il s’agit d’une stratégie bien connue et dite du moindre mal, or, sans chercher à donner des leçons, il pouvait faire autrement : devenir le leader d’une gauche certes battue mais capable de se construire comme alternative au pouvoir minoritaire des islamistes (car ils n’ont pas la majorité à eux seuls), une tâche plus difficile et moins glorieuse que celle de chef de l’Etat ! Jusqu’à quand va durer le provisoire, M. Marzouki ? Cette autre perspective s’appelle l’acception de la démocratie !

La tendance mondiale étant ce qu’elle est, les difficultés de la gauche tunisienne ne lui sont pas propres et reconnaissons qu’unir cette pluralité démocratique est nettement plus compliqué que de bâtir avec des moyens financiers énormes un pouvoir articulé sur le religieux ! Nous venons de le voir même en Italie où une partie de la prétendue gauche, contre la décision électorale, décide de s’unir avec son adversaire monumental qui la croque à petit feu depuis des années !

Quand on s’est battu avec courage contre le régime de Ben Ali, poursuivre la lutte contre les  islamistes demeure possible. Croire qu’au poste honorifique de président on peut contenir leur avancée c’est abandonner le combat en rase campagne. En Tunisie comme dans les autres pays arabes le combat pour la démocratie sociale suppose un autre type d’engagement. Etrangement nous retrouvons les USA dans le paysage, mais cette fois les USA de l’Arabie Saoudite, dictature qui n’est pas une « république » comme en Iran, mais qui est encore pire !

Depuis les années 1980 nous savons que la défaite des forces de la réaction conforte le plus souvent les dires forces dans leur domination : sortir d’une dictature n’empêche pas d’entrer dans une autre !

Pour la Tunisie le tournant qui aurait dû entrainer la démission de Marzouki, c’est l’assassinat du Jaurès tunisien, Chokri Belaid. Malheureusement nous savons à présent que cet assassinat a fait le bonheur « objectif » des diverses forces gouvernementales : les islamistes qui se doivent d’empêcher toute naissance sérieuse d’alternative et Marzouki qui voyait poindre un adversaire potentiel. Voilà pourquoi je parle de Jaurès tunisien, la mort de Jaurès ayant fait aussi quelques bonheurs dans son propre parti surtout quand on découvrira Jules Guesde devenant ministre.

      Moncef Marzouki, comme avant lui Khomeiny, cherche en France un label «démocratique», basé sur les incontestables mérites de ses combats passés, et c’est dans ce contexte qu’est lancée l’opération de vente de son livre. Un président ne se juge pas à ses discours même quand ils font pleurer le Parlement européen, mais à ses actes… qui tous jusqu’à présent font les délices de ses amis islamistes qui l’useront jusqu’à la corde. L’assassinat de Chokri, qui a fait trembler le gouvernement avec la démission du premier ministre, a permis… un virage toujours plus à droite du nouveau gouvernement avec le même président !

Raison de plus pour rester en place et servir de barrage à la montée des salafistes ? La théocratie ne se combat pas avec des théocrates et un avocat talentueux comme Marzouki le sait très bien. Il s’accroche au pouvoir et l’histoire jugera. Bien des indices montrent que le peuple tunisien le digère de moins en moins : ceux de gauche car il a trahi son passé, ceux de droite qui n’aiment pas les marionnettes pour construire leur propre avenir.

Jean-Paul Damaggio

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 20:05

Enrico Letta 12 juin 2012 :

« Je préfère que les votes aillent au PdL plutôt que de se disperser vers Grillo. »*

Enrico Letta 18 septembre 2005 :« Cela semblera absurde mais pour ceux qui ne l’auraient pas compris je suis un grand fan de Berlusconi… »

(les citations où Letta annonce qu'il ne gouvernera jamais avec Berlusconi sont aussi très claires..)

 

En cet anniversaire de la Libération de l’Italie, pouvait-il y avoir pire situation que cette complicité affichée au sein de la classe politique, complicité qui horripile tellement l’électorat qu’il a été conduit à voter à 25% pour Belle Grillo ?

 Dans son blog du 24 avril Jacopo Fo emploie le mot : « Il governo inciucissimo farà le riforme (un minimo di riforme, tanto da diventare un paese europeo) perché lo vogliono i poteri forti, lo vuole confindustria, gli americani e la triade cinese. ». Bling, le traducteur de Microsoft ne le peut que dire : « L'inciucissimo gouvernement fera des réformes (un minimum de réformes, afin de devenir un pays européen) parce qu'ils veulent ses pouvoirs forts, la confindustria les veut, comme les américains et la triade chinoise. »

Heureusement nous avons René Merle qui dans son blog nous explique ce mot : incuiso. « Inciucio, ce mot venu du dialecte napolitain (onomatopée semblable à notre "chut chut), et que vous pouvez toujours chercher dans les dictionnaires, est la désignation relativement récente (on le fait remonter à une rencontre discrète entre D'Alema (PD) et Berlusconi en 1995) du mal qui a rongé la politique italienne : l'entente occulte entre hommes politiques soi-disant opposés, le compromis sous la table, pour continuer à se partager le gâteau... »

 Jacopo, le fils de Dario Fo avait pensé qu’il existait 80% de chances pour qu’on n’ait pas une entente gouvernementale Pdl-PD. Il a perdu et il le reconnaît ! Il n’avait pas osé imaginer que le neveu de Berlusconi qui est devenu le n°2 du PD pourrait, avec l’aide de 101 députés de son parti, trahir les décisions claires de ce même parti.

Berlusconi a perdu le pouvoir car trahi par le siens (Fini surtout, puis Bossi un peu et le syndicat des patrons beaucoup). En conséquence, pour les candidatures aux dernières élections législatives il a fait le ménage.

Inversement du côté du PD, malgré quelques truands dans la place, les candidatures se sont faites sans vérification politique.

Je ne défends pas Bersani, mais les électeurs du PD qui, c’est certain, ne voulaient pas d’une telle alliance, sinon le PD en aurait fait un argument de campagne électorale.

Je ne défends pas Bersani qui connaît bien son parti et qui savait parfaitement qu’il était pris en tenaille pour préparer sa chute. On peut même imaginer que pendant la campagne électorale son aile droite a dû tout tenter pour le faire perdre. L’homme qui joua cette carte s’appelle Renzi, maire de Florence, auteur d’une rencontre personnelle avec Berlusconi. Bersani a tenté une alliance avec des éléments du M5S pour former un gouvernement mais sans succès. Comment ne pas voir venir le mauvais coup de Letta, choisi par Berlusconi pour diriger le pays ? (pour mieux préparer une autre alternative avec Renzi, il vient de mettre un véto à sa présence lui donnant ainsi une image acceptable pour diriger le PD… et trahir plus tard !).

 Mais laissons les combinaisons politiciennes pour aller au plus près de la réalité.

Jacopo rappelle que depuis 50 ans l’Italie a une part de ressources financières qui lui vient de sa fonction de plaque centrale des mafias du monde :

«L’Italie a vu passer le commerce contre nature entre la Russie et les Usa, entre Israël et les pays arabes, entre l'Afrique du Sud et l'Angleterre. L'argent des mafias du monde, les caisses noires, grises et brunes dans les banques du Vatican et de Saint-Marin. Notre système judiciaire ne fonctionne pas. L’Italie, l’entrée des paradis fiscaux, la porte arrière de la Suisse. Nous en avons beaucoup profité. Tellement que les Italiens sont au monde, les personnes qui vivent plus longtemps ! (théoriquement comme les Japonais, mais ils vivent très mal, donc il n'y a pas de comparaison.) »

 Puis tout ce réseau s’est diversifié, s’est asséché et le pays manque de finances. Alors il faut préparer la méthode forte… Bien sûr, il existe aussi la crise économique globale du système mais je pense avec Jacopo que chaque pays (car les pays existent aussi) en supporte les effets de manière particulière. En plus du crime organisé, il est fait mention de la bureaucratie dont on croit que la France est la championne mais qui est très largement battu par l’Italie.

 Que va faire  le nouveau gouvernement ? La catastrophe organisée… JP Damaggio

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 14:31

Grousset le communard évadé du bagne de Cayenne, vivra longtemps son exil à Londres et il connait donc les Anglais. Ici il dénonce une manœuvre pour retarder la colonisation de l’Indochine par la France.

Le 29 juin 1893 les troupes françaises occupent l’île de Samit et la France  exige le règlement de tous les différends avec la Thaïlande. Trois colonnes partent de Saïgon… le chef Gros meurt lors d’un accrochage… Les Siamois font le blocus du Chao Praya… la France envoie le 13 juillet 1893 l’aviso l’Inconstant, le J. B. Say et le Comète qui forcent le blocus.

Le 20 juillet Pavie remet un ultimatum en 6 articles, avec réponse imposée dans les quatre jours et menace de son départ sur le navire « Forfait », en cas de refus. La réponse du Prince est jugée insuffisante. Pavie monte sur le « Forfait ». Le roi Rama V accepte alors sans réserve les conditions de l’ultimatum le 29 juillet 1893. La France a imposé son ordre dans cette région.

 

 

Moissac, 29 juillet 1893

Edito de la Feuille Villageoise

Cousu de fil blanc

La presse anglaise continue à pousser des cris de vieille femme au sujet des affaires de Siam.

Elle écume, elle se tord en convulsions. Chaque détail nouveau du drame qui se déroule à l’embouchure du Meinam lui est  un sujet nouveau d’articles épileptiformes.

S’il faut en croire ses organes les plus volumineux et les plus autorisés, nous avons tort sur tous les points. Tort de ne pas admettre qu’on enlève et qu’on assassine nos officiers sur le Haut-Mékong. Tort de ne pas approuver qu’on tire sur nos marins. Tort d’appuyer nos réclamations de la présence de deux canonnières devant Bangkok. Tort d’exiger des garanties et des indemnités d’un peuple qui a le droit de tout oser parce qu’il est faible. Tort d’émettre des exigences « inacceptables ».

En un mot, nous sommes de brigands de grand chemin, et de par le jugement de la chaste Albion, nous voici transformées en nation de proie.

L’Angleterre seule est grande, noble, désintéressée. Seule elle sait garder dans les circonstances critiques, le calme et la majesté suprême qui appartient aux vieilles races ; car il paraît qu’elle est « vieille » l’Angleterre, beaucoup plus vieille que nous…

Admettons pour un instant très court, que la presse de Londres soit de bonne foi en cette grande colère, et s’estime sincèrement lésée par notre action au Siam. Croit-elle de bonne foi que le moyen de  limiter cette action soit de se montrer aussi nerveuse qu’elle le fait ?

Les cris d’orfraie qu’elle pousse avec une remarquable unanimité ne peuvent avoir d’autre effet que d’entretenir à la « cour » de Bangkok des espérances chimériques.

De même que les agents commerciaux ou politique de la Grande Bretagne, par la seule force de leur tempérament vaniteux et encombrant, furent cause à l’origine des sottes entreprises du Siam sur nos territoires annamites, et par suite des mesures de rigueur sur nous avons dû prendre : de même les grossiers encouragements de nouveaux griefs à notre dossier et par la suite des exigences plus grandes de la part de nos représentants diplomatiques.

Si bien qu’au lieu de nous tenir aux rectifications de frontières jugées nécessaires, nous pouvons très bien nous trouver condamnés à occuper Bangkok et à réorganiser de toutes pièces l’administration du Siam.

Que fera alors John Bull ? Partira-t-il en guerre contre nous sur cette même affaire ? … Tout le monde sait que non et que pas un contribuable anglais ne pardonnerait une telle folie à son gouvernement.

Dès lors, à quoi riment ces articles furibonds et ces injures dénuées de sanction ?

La réponse n’’st pas malaisée à trouver, précisément dans l’unanimité de la presse anglaise, unanimité si exceptionnelle et si rare.

Cette presse obéit tout simplement à un mot d’ordre que le Daily News est presque seul à n’avoir pas observé ; et le mot d’ordre c’est lord Rosseberry qui le donne.

Il s’agit de détourner notre attention de l’Egypte. Il s’agit surtout de créer au Foreing-Office des griefs plus ou moins sérieux à mettre en balance de ses prétentions grotestes à Terre neuve et Madagascar. Ou, si l’on veut il s’agit de hausser au produit de l’Angleterre la moyenne du règlement sur les affaires pendantes entre elle et nous… En vraie nation de boutiquiers qu’elle n’a jamais cessé d’être, elle «majore » tout uniment sur les comptes de fantaisie qu’elle peut avoir avec la France.

Il faudrait à nos bureaux du quai d’Orsay une naïveté véritablement surnaturelle pour se méprendre sur des artifices aussi manifestement cousis de fil blanc. Mais on peut attendre de son anglomanie chronique et, selon toutes apparences, le noble marquis de Differin et Ava (celui qui a sur M. Decrais et autres croquants l’inappréciable avantage d’être ), a déjà reçu, en ce qui touche au Siam, les explications les plus copieuses. Au fond, il n’y en aurait qu’une à lui donner : ce serait de mettre, de propos délibéré, la conversation sur l’Egypte toutes les fois qu’il parlera de Bangkok et de lui demander la date précise de l’évacuation d’Alexandrie, toutes les fois qu’il fera mine de mentionnr le « 18° degré de latitude ».

Encore une jolie fumisterie diplomatique ce 18° degré ! … Est-il seulement à l’ombre ?

(Germinal) Paschal Grousset.

PS de JPD : J'ai essayé de voir si Jaurès s'était exprimé sur la question mais en fait il n'arrivera aux questions internationales que plus tard dans sa vie.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:11

                                               P1090229.JPG 

Voici un autre élément sur le débat à la Librairie Deloche :

l’engagement citoyen.

 

Comment ne pas admirer cet outil internet qui d’un clic vous permet d’entrer en communication orale et visuelle, et pour de peu de frais, avec n’importe qui sur la planète ? Et comment ne pas noter que le « vivre ensemble » entre voisins « matériels » est de plus en plus difficile ? Abolir les distances n’est pas à ce jour le signe d’une avancée de la fraternité. Et poser cette question vous classe aussitôt dans l’univers des esprits retardataires incapables de saisir les chances du monde moderne ! Question dont pourtant l’école témoigne fortement d’où les réflexions suivantes.

 Pour tout enseignement c’est une vieille histoire que celle de l’entrée des nouvelles technologies à l’école. Il était donc inévitable que le débat porte aussi sur ce point quand internet devient le mot magique.

 Quand j’ai vu arriver les ordinateurs à l’école, j'ai saisi cette mutation grâce à un parent d’élève, cadre à la poste, qui a suscité dans l’école où j’étais directeur une rencontre entre parents-enseignants-et informatique (1984). L’institution sur ce point a été en dessous de tout sauf à dénigrer ceux qui ne pouvaient avancer seuls, et à profiter de ceux qui se formaient à l’extérieur. Sur un point opposé, il y a eu des stages de trois mois offerts à des personnes qui aussitôt après allaient souvent offrir leurs services au privé où ils pouvaient gagner beaucoup plus, d’autant que dans l’éducation nationale la formation acquise était de peu d’efficacité.

 Depuis on ne cesse d’observer que l’imposition technologique est de l’ordre du fait accompli mais pas de l’ordre de la réflexion. Ceux qui veulent réfléchir sont des mauvais joueurs ! L’idée finale c’est bien sûr de remplacer l’enseignant par des programmes d’ordinateur ! L’économie serait énorme !

 Or dans l’apprentissage le lien humain restera toujours colossal ! Et sur deux points. Les enfants entre eux apprennent énormément en cour de récréation. Les enfants entre eux apprennent énormément grâce au maître qui guide. Je prétends par exemple que quand le maître répète à l’enfant qui ne suit pas, celui qui en profite le plus, c’est celui qui suit car ainsi il consolide son savoir, il prend plaisir à revivre le chemin par lequel il a trimé.

Voilà pourquoi j’émets des doutes immenses sur l’enseignement individualisé. Bien sûr, quand un problème est cerné, quand il faut faire face à un impératif, des enseignants formés pour, sont précieux. Mais la classe reste le lieu de la validation du mouvement vers le savoir.

Face au travail de fourmi qui se fait à l’école, les médias viennent brusquer la construction de la fourmilière car ils stipulent que d’un clip tu accèdes à une fable de La Fontaine. Et mémoriser une telle fable, c’est quoi ? Je parle de la fable comme d’autre chose, je parle de mémoriser car apprendre, sauf à se moquer du monde, c’est mémoriser ! L’immédiat qu’imposent les médias balaye d’un mot cet effort vital pour tout humain. La plupart des adultes d’aujourd’hui utilisent la puissance d’internet avec les connaissances apprises hier, mais les enfants d’aujourd’hui risquent fort d’être de plus en plus prisonniers d’un labyrinthe.

 Face à l’effort de structuration de la pensée, de construction du raisonnement, l’écran n’offre qu’un pâle reflet. Faites l’expérience : tapez votre nom sur internet et généralement, à votre insu il en sort quelque chose, quelques fragments qui ne correspondent pas à ce que vous êtes, mais nous savons que c’est un geste que fait tout employeur avant l’embauche… Je lis un journal sur internet et c’est pratique car c’est rapide, on peut y faire des recherches dans les archives… on peut prendre un journal de n’importe quel pays etc. Mais l’écran ne dira jamais combien de pages, comment est structuré la présentation etc. Il est cent fois préférable d’avoir eu entre les mains une version papier pour échapper à la dictature du fragment. Pour l’école, le rêve des économistes c’est bien sûr d’avoir le manuel scolaire sur l’écran : pour le bien des arbres ! Je suis 100% d’accord avec l’idée d’encyclopédies sur internet mais pour les manuels scolaires la version papier est un complément à la version écran (d’autant qu’avec le numérique les frais d’impression sont fortement divisés). Et encore, pas n’importe quelle version écran !

 Dans la librairie j’ai croisé une très ancienne passionnée de l’enseignement de la lecture pour qui, il devait être lié à l’apprentissage de l’écriture. Peut-on en finir avec l’écriture manuelle au nom de la force de frappe de l’écriture sur clavier ?

 Toute l’évolution sociale, technique, psychologique imposerait des débats de fond sur l’appropriation des enjeux scolaires par la société. Mais les médias ne peuvent être friands de cette recherche car ils imposent la surface des réalités comme seul horizon de nos regards. Une fois de plus, j’en entends qui vont réagir ainsi : « en voilà un qui ne mesure pas la chance que représente internet » car justement l’ordre consensuel renvoie l’esprit critique dans les marges des marges. Vous refusez le nucléaire, alors cous voulez la bougie et la messe est dite. Et cette dictature me semble même néfaste aux défenseurs du nucléaire !

 Je termine par une expérience qui m’a marqué à jamais. Avec des collègues nous sommes arrivés un lundi matin dans l’école de Faudoas dirigée alors par M. Fieldès. Tous les enseignants étaient partis en stage. A la récréation nous avons vu les enfants se diriger vers des gros tonneaux agricoles en tôle où ils montaient debout et qu’ils faisaient avancer et reculer comme nous pouvons le voir au cirque. Danger maximum s’ils tombaient sur un petit qui passait par là. Danger maximum pour tout le monde. Pas du tout, au fil des ans les enfants maitrisaient l’ensemble de l’activité avec plaisir, nous les avons laissé jouer comme d'habitude. Aucun inspecteur n’aurait pu admettre cette « compétence » enfantine auto-apprise par les gamins et qui démontre qu'en nous sous-estimons ce que les circonstances peuvent créer d’intelligence collective, chez les enseignants comme chez les enfants. D’où la question qui n’a pas le mérite d’être une proposition : comment nous libérer des chaînes qui nous lient. ? JP D.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:05

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Librairie Deloche

Suite au débat sur les livres de Jean-Pierre Frutos (au milieu) et de François Schachli à gauche

Pas à pas le terme de «gouvernance» s’est imposé dans la bouche des hommes politiques au pouvoir (presque comme une évidence). Je ne vais pas ici entrer dans le détail pour dire seulement ceci : il vient du management, il vient d’une pente glissante où la politique étant ramenée à la gestion, la gestion est réduite au modèle de l’entreprise. Loin de moi l’idée que le système de l’entreprise serait le mal, et que le bien serait du côté du service public. Au contraire, je pense que les améliorations dans la gestion d’une entreprise devraient bénéficier à tous mais sans s’imposer comme critère de LA POLITIQUE. Voici un élément du livre de François Schalchli sur la gouvernance qu’il évoque au moment où il est question du conflit nécessaire à la démocratie, conflit que la gouvernance doit évacuer :

 « Ces analyses concordent entre elles pour faire du conflit le point central et permanent de la démocratie. Elles peuvent diverger ensuite sur le niveau et genre de risque à prendre en matière de rupture, de menace d’éclatement d'une communauté politique en conséquence ou suite à un conflit ; sur le fait d'instituer des limites de l'extérieur ou de parier sur une auto-organisation collective. C'est là matières à débats, mais aucune ne prend la stabilité comme horizon.

    d) le contre-modèle de la gouvernance : quand conflit et pouvoir se dissolvent

Tout cela ne se met bien évidemment pas en place sans problème, car la stratégie de  tout pouvoir face à cette possibilité du conflit, sous les deux formes que nous avons analysées, s'affirme dans une logique constante d'extension et de monopolisation de ses prérogatives : il cherche à cette fin  en  général  à réduire, minimiser, voire masquer les conflits.

Dans l'actualité, nous sommes amenés, à côté de la montée de formes autoritaires, à voir se développer des pratiques de gouvernance suffisamment « intégratrices » des différents acteurs-partenaires pour empêcher les authentiques clivages et conflits.

Le concept de gouvernance remplace celui de pouvoir gouvernant ou de gouvernement : toutes les parties prenantes sont rassemblées dans une supposée égalité pour concourir à la conduite d'une action dans une orientation donnée. Toutes concourent et tout concourt « finalement » vers celle-ci, après concertation et dans une harmonieuse complémentarité ! Il y a au mieux à « s'ajuster » !

En conséquence, avec la gouvernance, on ne sait plus identifier le pouvoir : il n'est plus localisable, visible. »

 L’école de la bonne gouvernance c’est donc l’école où il faut masquer les conflits… au moment où les conflits s’imposent avec plus de force !

Le conflit, parents-enseignants ? Il est là d’évidence par le simple fait que le parent regarde son enfant (c’est normal) quand l’enseignant travaille avec le collectif groupe classe (qui change d’ailleurs chaque enfant !). La reconnaissance de ce conflit est la seule base permettant un travail fructueux entre parents et enseignants, car conflit ne signifie pas que toute collaboration est impossible. Chacun étant à sa place et la respectant, chacun peut s’épauler ! L’idée de la co-éducation de la FCPE entre dans l’idée de la bonne gouvernance. Travaillons ensemble et ceux qui ne veulent pas travailler ensemble sont les archaïques. Quand Sarkozy supprime toute formation pour les enseignants il confirme que ce n’est pas un métier et qu’en fait tout le monde est plus ou moins instituteur ce qui est un massacre non d’une compétence « enseignant » ou d’une technique pédagogique, mais d’un « savoir » car tout métier est source de savoir.

Le conflit enseignants-enfants ? Il est là d’évidence par le simple fait que l’enfant (même à 6 ans) a déjà une explication sur tout, explication qu’il va devoir remettre en cause pour accéder à la connaissance… et à ce cri joyeux du Euréka quand enfin après épreuves, il recolle les morceaux d’un savoir qu’il n’imaginait pas. Suis-je en train d’écrire que rien ne vient sans sueurs au front ? Conflit entre principe de réalité et principe de plaisir ? Bien sûr qu’on peut apprendre en s’amusant à condition d’admettre que s’amuser s’apprend aussi ! Si c’est dur d’apprendre, tout n’est pas dur tout le temps ! Y compris au sein même d’une journée. Comme l’indiquait très bien pour autre chose François Schalchli, aujourd’hui chacun vise le plaisir immédiat et refuse l’idée : « souffre pendant dix ans et après tu pourras profiter ! »

Le conflit enseignants-inspecteurs car dans l’institution éducation nationale, comme le releva quelqu’un, qui est légitime pour exercer le pouvoir ? Que dire d’enseignants qui en 2008 doivent expliquer aux parents que la suppression du mercredi matin c’est bon pour leurs enfants et qui cinq ans après doivent expliquer le contraire ? Dans le secteur privé la légitimité est plus simple à mesurer dans les comptes d’exploitation. Dans le monde du politique, gérer l’éducation en bilan comptable annuel c’est tuer le fondement du métier : bien des effets sont à long terme et doivent donc s’étudier avec des outils appropriés. Jean-Pierre Frutos insista sur le long terme. Ce conflit est plus admis que les autres car on sait qu’il y a d’un côté une « bonne parole » celle de la hiérarchie, et une autre disqualifiée, celle des enseignants. Je peux témoigner pour le peu de temps où j’ai été délégué du personnel, du mépris que la hiérarchie éprouve envers ceux qui sont sous ses ordres, mépris d’autant plus grand que finalement d’ordres ils ne peuvent qu’en donner très peu !

Et le conflit école-société qui est dans le titre et le livre de Jean-Pierre Frutos ? Comment ne pas admettre que la société impose ses règles à l’école ce qui fait que quand la gouvernance devient le masque du gouvernement, il devient aussi le masque de l’école ? J’ai évoqué le modèle inavoué des USA (dans d’autres domaines il est plus avoué) où j’ai travaillé deux ans, et on m’a dit après le débat que j’exagérais. La réponse mériterait un livre mais trois évolutions sont incontestables :

- le quantitatif prenant tout le pouvoir sur le qualitatif. Exemple : un prof d’université doit produire chaque année une quantité définie d’articles, de livres, la quantité servant de critère de l’importance de son travail.

- la violence sociale marquant des points comme jamais chez les enfants (par chance nos sociétés n’admettent pas encore que le port d’arme est gage de liberté)

- les mépris général envers le corps enseignant qui aux USA a toujours été moins considéré que l’ouvrier ce qui est bien pour ce dernier mais ne règle pas le problème. Bien sûr, il y a des filières d’excellences…

 Bref, un ministre avant de se lancer dans « l’inévitable réforme » preuve de son agitation, pourrait non pas lancer un grand débat-déballage mais affronter les conflits pour ce qu’ils sont, sans discourir sur le fait qu’il a la charge des enfants… Le pauvre ! JP Damaggio

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 19:15

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    La Librairie Deloche fait sa vitrine avec le productions de La Brochure

Sympathique débat dont je ne retiens qu’une question… hors-débat.

A la fin de la réunion au moment des petits gâteaux aimablement offerts par la Librairie, un ami me demande : « Jaurès, réformiste ou révolutionnaire ? »

J’en connais qui répondraient aussitôt : Jaurès révolutionnaire, et d’autres au contraire : Jaurès réformiste.

Pour moi, Jaurès démontre l’inutilité de cette question. Comme devient inutile à un moment la séparation : droite/gauche !

Jaurès rend inutile cette question car elle suppose, chez tel ou tel individu, un positionnement unique dans sa vie. Guesde révolutionnaire,  quand il participe à un gouvernement d’union sacré pendant la première guerre mondiale ?

Avouons-le simplement : depuis 1917 le terme de révolution, comme tant d’autres, a une définition incertaine. Le débat fait rage en Amérique latine depuis toujours : Révolution au Mexique en 1910 ? Révolution bolivarienne au Venezuela entre 1998 et 2013 ? Etrangement ceux qui disent « révolution », quand ils pointent un dysfonctionnement, ils disent que c’est à cause du secteur capitaliste qui y est encore puissant. Révolution dans la révolution dans l’URSS de Gorbatchev ? Pour quel résultat ?

Jaurès veut changer le monde en faveur des classes défavorisés par des moyens pacifiques. Révolutionnaire sur l’objectif, réformistes quant aux moyens ? Sauf que nous le savons, les moyens décident également des fins !

 Pourquoi Jaurès ne se soucie pas de la case où l’ordre du monde pourrait l’enfermer ? Car la priorité n’est pas le futur, mais l’analyse du présent, et c’est elle qui décide de la position à prendre. L’exemple concret est visible dans sa position sur la dissolution de la Douma mise en œuvre par le Tsar suite à la révolution russe de 1905. Sans trouver la Douma géniale, il est plutôt favorable à la Douma, mais la Douma dissoute impose de revoir la stratégie donc vu le nouveau contexte il appelle les membres de la Douma à se ranger du côté de ceux qui sont plus radicaux.

 Jaurès n’a pas de dogme auquel s’accrocher contre vents et marées, mais des idéaux qui sont accrochés à lui et s’il en appelle en permanence à l’adaptation de l’action ce n’est pas pour mettre en veilleuse les idéaux en question. Jaurès est un extraordinaire dialecticien car il ne perd jamais de vue la direction quand il regarde là où il met les pieds pour combattre les obstacles. Chez lui, regarder l’horizon ça lui impose ce que Lénine appelait « l’analyse concrète de la situation concrète ». Position difficile car ils sont si nombreux ceux qui invoquent les difficultés de l’heure pour oublier l’horizon ! Presque aussi nombreux que ceux qui, au nom de la fidélité de l’horizon se moquent des réalités immédiates.

Jaurès, en politique, n’a pas de croyance. Il sait qu’au nom de la croyance en un futur sans classe, même le pire peut arriver. Il sait qu’un nom de la croyance en la fatalité du présent, même le pire peut arriver. Ce n’est pas son idée du futur qui peut lui commander son analyse du présent.

En conséquence Jaurès a laissé très peu de livres… mais des tonnes d’articles qui sont des réactions à l’actualité, réactions souvent difficiles à lire car on n’a plus en vue cette actualité, mais réactions si riches quand on peut en retrouver la logique.

 Jaurès était de cette pédagogie qui veut que l’art du pédagogue soit dans l’art de la répétition. Comment répéter cent fois qu’on demande un impôt progressif sur le revenu ? Un loi sur les retraites ouvrières ? La paix entre les peuples ? L’unité des socialiste ?

Jaurès n’était ni révolutionnaire, ni réformiste ; il était tout simplement un pédagogue de la répétition, pédagogie basée cependant sur un optimisme d’époque que ses adversaires lui firent payer au prix fort. Lire Jaurès aujourd’hui permet de remettre en cause cet optimisme pour l’articuler sur cette autre vision du monde ; optimisme de la volonté, pessimisme de l’intelligence. JP Damaggio

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 18:55

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Proposition d’un lâche (1914)

Citoyens je propose que, si un jour on déclarait la guerre de faire la grève militariste

(à part) comme ça on ne risquerait pas sa peau (dessin  par Roberty)

Car en effet, Jaurès n’a pas risqué sa peau !

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Le châtelain dans ses terres :

Contrairement aux autres caricatures qui portent sur le pacifisme de Jaurès, ici c’est une attaque sur ses positions sociales. A côté du paysan qui travaille, le châtelain règne avec son ombrelle et son journal. Une position "confortable" qui lui coûtera cependant très cher…

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La guerre sainte dans le Sud-Oranais. Le Grand marabout Sidi Mohamed Ben Jaurès prêchant la pénétration pacifique dans le désert.

Jaurès n'est pas pour l'indépendance des peuples coloniaux mais il est aussi très critique de la politique coloniale et on voilà là le pacifiste à la remorque d'un arabe qui l'est bien peu.

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Jaurès à la solde des Allemands, Jaurès l’espion des Allemands, Jaurès l’ami des Allemands… Cette caricature de 1907 guide le bras de l’assassin.

 Sur Fantasio, dès 1907, Jaurès agent de l’Allemagne

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