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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:33

                                               aragon.jpg

Pour la fête à Ferré, Cali a décidé de reprendre un poème d’Aragon très largement chanté, très largement connu et c’était là une audace risqué car pouvait-il faire mieux, pouvait-il chanter avec son talent dans les pas des autres ?

Ce poème et moi, c’est une histoire particulière, et avec Cali j'ai pu en revivre les moindres nuances.

« Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes… » C’est à la page 227 du recueil Le roman inachevé, dans la partie Strophe pour se souvenir, et avec cette date 1955. Un peu avant, un autre poème a pour date 1945 : Le prix du printemps. Les deux seules dates.

J’avais vingt ans, je connaissais un peu Desnos, Tzara, Benjamin Perret et je me suis proposé de passer les vacances d’été avec Aragon. J’ai choisi Le roman inachevé qui n’est ni un roman et qui n’est pas inachevé sauf à penser que toute œuvre est inachevée. Mes étés ont toujours consisté en travaux des champs avec une semaine de vraies vacances à la fin. Le temps de lecture c’était pendant la sieste de mes parents. Et petit à petit j’ai dégusté l’Aragon de 1956 avec d’ailleurs une belle préface d’Etiemble de 1966.

Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé dit le poète qui sent déjà que le temps est trop derrière lui et quel temps ? Je change ici de mètre pour dissiper en moi l’amertume, amertume a dit le poète ? Il ne reste à ma lèvre enfin que cette injure L’âge et la sécheresse à parler d’autrefois, parler d’autrefois, craint donc le poète ? Un autre fois fait de quoi ? Les beaux habits du soir un à un que l’on quitte Tombent indolemment sur l’aube des planchers On dirait que notre fantôme les habite.

 Aragon est à un tournant de sa vie, un tournant que l’on sent douloureux, une douleur qu’il veut faire partager et pour ne pas être plus long ici, j’en viens aux Vingt et trois étrangers et nos frère pourtant.

En lisant ce poème en 1971 je ne connaissais rien de l’histoire de l’Affiche rouge, de la Résistance des étrangers, je n’aimais ce poème que pour lui-même. J’étais intrigué par cette date : 1955. Pourquoi l’écrire puisque le poème renvoie lui-même onze ans en arrière ?

Ce poème m’a suivi, les chanteurs m’ont obligé à le suivre et petit à petit j’ai appris l’histoire du PCF, de la Résistance et j’ai eu la confirmation que cette date n’était pas là par hasard pas plus que le poème suivant du recueil ne porte sans conséquence le titre de La nuit de Moscou.

 Aragon le poète de la Diane française, je veux dire el poète de la Résistance, a donc attendu dix ans avant de célébrer parmi les Résistants ces noms si difficiles à prononcer !

Onze ans déjà que cela passe vite onze ans, Vous vous étiez servi simplement de vos armes La mort n’éblouis pas les yeux des Partisans, quel acte glorieux de la Résistance ?

 Pour moi, un poème est le lieu même où pas un mot n’est inutile, tous tendant vers ce vers final que Cali a fortement appuyé : Vingt et trois qui criaient la France……. En s’abattant.

Ils ne sont pas abattus car ce sont eux qui ont pris en toute conscience le risque d’aller à la mort. Les soldats qui appuient sur la gâchette sont des irresponsables.

 Mais vraiment criaient-ils la France ? Si oui, quelle France ?

Le vers n’aurait-il pas pu être : Vingt et trois qui criaient Révolte …. En s’abattant.

Je sais, pour beaucoup encore à l’époque dire la France c’était dire Révolution…

Bref, merci à Cali, à Ferré, à Aragon et à tant d’autres qui font vivre l’art et d’ailleurs Melismell chanta une ode aux artistes. Jean-Paul Damaggio

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:25

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Dessin de Rosendo Li

Le Festival de Montauban Alors Chante vient de renouer avec une ancienne tradition : faire la fête à un artiste. L’invité d’honneur composait une programmation et à la fin les artistes invités chantaient avec lui en une soirée inédite.

En 1992 ce fut la fête à Ferré. Vingt ans après la mort de l’artiste les organisateurs ont réussi un pari très difficile : mettre ensemble une bonne dizaine d’artistes très différents qui d’abord ont chanté une de leurs chansons puis une chanson de Ferré. Nilda Fernandez a cependant opté pour une chanson de Ferré dans les deux cas sauf que la première chantée à cappella « que sont nos amis devenus… » appartient à tous. Pour celle de Ferré il proposa une interprétation magnifique de La solitude.

Parmi les autres artistes il y avait ceux que je connaissais : Bruno Ruiz, Yves Jamait, Les Grandes Bouches (en plus de Nilda Fernandez, un habitué de Montauban), mais surtout d’autres que je ne connaissais pas comme Cali, Alexis HK, Melismell, Catherine Boulanger et Camelia Jordana.

Pour la musique nous avions l’orchestre du Conservatoire de Montauban et chaque artiste chantant seulement une chanson il a fallu un respect mutuel entre tous et une organisation minutieuse qui a dû demander un travail colossal.

 C’est extra et Jolie Môme furent les choix d’Yves Jamait qui montra, avec son talent habituel, une face de Léo Ferré en s’appuyant… sur l’accordéon.

Alexis HK chanta les anarchistes et, découvrir un jeune s’emparant de cette chanson aujourd’hui, ça fait plaisir, d’autant que sa voix magnifique a pu appuyer des paroles historiques. Martin Malvy présent dans la salle pouvait applaudir avec joie… car l’art dépasse la politique.

Catherine Boulanger aurait voulu être une chanson de Ferré et les Grandes Bouches ne pouvait rater la révolution ça dérange. Une soirée pleine de révolution et d’amour comme ‘observera à la fin l’organisateur du Festival, Jo Masure à qui Ferré dédia un beau poème lu par Alexis HK. Camelia Jordana en choisissant La petite trouva aussi dans le répertoire une chanson lui tenant à cœur.

Bruno Ruiz opta pour C’est ton style mais même si je suis depuis longtemps un admirateur de son immense talent poétique, j’ai été peu convaincu par le poème qu’il offrit en entrée, un poème à la gloire d’un lieu commun appelé « poètes maudits », poème qu’il voulait poème de combat car « avec la poésie on n’apprend pas, on se bat » a-t-il lancé en conclusion. Comme si se battre ne commençait pas par apprendre ! Comme si apprendre un poème n’était pas une discipline sur soi qui se perd trop au nom de l’urgence. J’ai envie de dire que la poésie c’est aussi trouver la force de s’arrêter pour apprendre un poème…

Inversement Melismell, que je n’avais jamais entendu ou vu, a repris avec un immense talent un très long texte poétique de Ferré sur la poésie, performance sans doute unique à tout point de vue.

Celui que je garde pour la fin, Cali, va faire l’objet d’un autre article. JP Damaggio

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 13:11

Dans ma vie, je n’ai tenté de philosopher que de manière intermittente. En commençant par Marx (mais le Marx historien) puis en Terminale et après, à l’école, une prof, membre de la LCR, me poussa vers le marxisme d’Althusser avec son article de La Pensée, Les appareils idéologiques d’Etat. Je n’ai pas été convaincu par une fausse science me paraissant mécaniste et loin des réalités. J’ai mesuré l’efficacité du pragmatisme nord-américain inspiré par Dewey. Puis, j’ai alors croisé Clouscard qui, en fait, était prof de sociologie, et je me suis plongé dans la série de ses œuvres. Au même moment, à l’Ecole centrale du PCF, j’ai eu droit au Marx philosophe. Trois ans après, j’ai découvert l’autre marxiste, l’antithèse d’Althusser, Henri Lefebvre. Seulement dix ans après j’ai commencé à lire Gramsci. Ce voyage dans le marxisme s’est terminé par la lecture du Péruvien, Mariategui.

Dès 1978 j’ai retenu cette phrase de Clouscard : « Le discours traditionnel de la gauche est incapable de reconstituer l’ensemble de la stratégie du néocapitalisme. »

Aujourd’hui j’avais préparé deux pages sur Mélenchon et Jaurès (un philosophe) puisque Mélenchon prit une citation de Jaurès pour conclure son discours du 5 mai 2013, un discours plein de contre-sens. Mais une fausse manœuvre me l’a fait perdre or je n’aime pas recommencer alors j’offre cette conclusion de Clouscard reprise du livre, De la modernité Rousseau ou Sartre, Editions sociales, 1985. Il est dur de lire une conclusion, sans avoir tout le développement qui précède, mais cet éclairage est une porte ouverte sur une réflexion.

Je le résume : l’individu (avec sa subjectivité) s’il est en partie un produit de l’histoire est aussi un acteur de l’histoire. Il ne suffit pas de changer les conditions de l’histoire et donc de la « production » de l’homme nouveau, pour que l’homme soit nouveau, si dans le processus, il n’est pas sujet de l’histoire, mais son objet.

Pour répondre à la manipulation de la société libérale, j’ai écrit un article sur le tueur Merah, contre ceux qui le réduisaient à son « individualité » en oubliant comment l’histoire le produisait. Il ne s’agissait pas d’éliminer la responsabilité propre du personnage comme le fait une sociologie ordinaire. Toute la difficulté tient dans la capacité à tenir les deux bouts de l’histoire pour changer d’histoire et l’histoire. J-P D

 Conclusion de Clouscard

« Le stalinisme est doublement responsable du recul du marxisme : 1) en le dogmatisant, en empêchant son actualisation en fonction du devenir des sociétés ; 2) en créant les conditions de la contre-révolution libérale, qui fait de la juste défense d'une subjectivité bêtement bafouée le principe de l'expansion du néocapitalisme.

Pour bien signifier notre refus du stalinisme, nous dirons même qu'il faut consentir au témoignage d'un certain idéalisme subjectif lorsqu'il fait face à l'obscurantisme cynique de toute bureaucratie. Mais là aussi nous écartons tout malentendu : oui à Kafka, non à Soljenitsyne qui a permis d'identifier le droit à la subjectivité et « les droits de l'homme » de l'impérialisme américain : si nous proclamons la nécessité d'une philosophie de la conscience c'est pour immédiatement écarter toute récupération idéologique, surtout quand elle permet d'alimenter la guerre idéologique.

L'homme ne peut pas vivre sans conscience. Une philosophie révolutionnaire, qui prétend atteindre l'universalité des droits de l'homme, et non leur seul usage idéologique, doit être aussi une philosophie de la conscience. Le projet révolutionnaire, en tant que critique radicale des deux consensus [celui du stalinisme et celui du néocapitalisme], consiste à articuler, en un ensemble synthétique, Rousseau et Marx, la philosophie de la Révolution française et la philosophie de la révolution d'Octobre, les droits de l'homme et ceux de la classe ouvrière, démocratie et socialisme : un socialisme aux couleurs de la France.

La philosophie de la conscience est un acquis révolutionnaire, de même que la révolution d'Octobre est « incontournable ». Mais il faut constater que ces deux conquêtes révolutionnaires ont été pareillement récupérées, l'une par l'idéalisme libéral, l'autre par la bureaucratie stalinienne.

Nous avons interprété ces processus comme la preuve historique et dialectique que chacun des termes, isolé, ne peut que dégénérer en sa propre caricature. Il apparaît maintenant que socialisme démocratique et philosophie de la conscience doivent être proposés en réciprocité, comme engendrement réciproque.

C'est la leçon de l'histoire moderne et contemporaine. Il aura fallu expérimenter la réalisation des deux négativités pour les reconnaître en tant que telles. Chaque négativité a engendré l’autre et l'a désignée en sa radicalité ; le subjectivisme libéral exècre la bureaucratie stalinienne comme celle-ci vomit le subjectivisme libéral.

Terrible leçon de l'histoire, de la dialectique, de la culture du négatif, de la patience du concept. L'humanité ne pouvait pas, ne devait pas faire l'économie du libéralisme libertaire et de la bureaucratie stalinienne. Il fallait ce déchirement radical de la science humaine et du géopolitique, il fallait expérimenter jusqu'au bout, jusqu'à la lie, la thèse et l'antithèse pour qu’apparaisse la nécessité de leur dépassement synthétique.

Rousseau a montré la voie. Il est à l'origine de notre modernité. Le politique doit se fonder sur la subjectivité. Car les deux termes, isolés, juxtaposés, ne font que témoigner du néant de l'homme.

L’histoire récente vient de vérifier cette philosophie. Le parcours de la subjectivité, après Rousseau, n'a pu s'accomplir que comme représentation du néant. Il n'y a plus de référence à une transcendance substantialisante et il ne doit pas y avoir de participation institutionnelle. Le néant est le prix de la liberté, libre pour rien. C'est la philosophie de Sartre, celle du libéralisme [alors qu’ils sont si nombreux à penser que c’est la philosophie de la révolution…].

L'autre face de la même médaille est le stalinisme. Le politique, comme praxis qui exclut la subjectivité, s'accomplit en un empire bureaucratique, celui de la réalisation effective d'une infrastructure socialiste, sans que la reconnaissance intersubjective soit advenue. A quoi sert de changer le monde si la subjectivité, témoin passif, n'intervenant pas dans ce changement, ne peut changer l'intersubjectivité ?

Staline n'a pas compris que le problème politique n'est pas seulement de changer le monde en soi mais de permettre aussi, à chaque subjectivité, de changer le monde pour soi. Sartre n'a pas compris que la problématique subjective n'est pas seulement de connaître pour soi la liberté mais de l'investir en un processus institutionnel, un contrat social, qui permet alors la reconnaissance intersubjective.

Le constat par l'absurde, et quel absurde !, de l'histoire récente est que l'existence même de la subjectivité et du socialisme sont en jeu. Le problème immédiat du politique et du philosophique n’est plus celui de leur réalisation locale mais d'éviter leur anéantissement réciproque. Quelle diabolique contre-révolution, d'en être arrivé à cette lutte à mort d'un matérialisme dialectique et historique récupéré par la bureaucratie stalinienne et d'une subjectivité récupérée par le libéralisme libertaire ! Ce qui vient d'être vérifié, par l'absurde, c'est que subjectivité et socialisme ne peuvent exister que par leur reconnaissance mutuelle. Pour accéder à la transparence, vaincre le mondain et maîtriser la nature, l'intersubjectivité doit fonder le socialisme comme celui- ci doit permettre les meilleures conditions de la reconnaissance intersubjective. Le « divin Jean-Jacques » nous a montré la voie : le socialisme doit être démocratique et l'intersubjectivité doit être psyché pour que l'homme se réconcilie avec lui-même. Psyché et socialisme démocratique, tel est le programme révolutionnaire de la modernité, face à l'Eros du libéralisme et à la bureaucratie stalinienne.

4 mars 1985. Michel Clouscard

 

  Note JPD : Trente ans après, absolument rien de la philosophie de Clouscard n’est entré dans la tête des dirigeants politiques de ce qu’on appelle encore la gauche, la gauche de gauche, l’autre gauche, la nouvelle gauche, la gauche unitaire, la gauche anticapitaliste et j’en passe.

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 12:31

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SAMEDI DERNIER LES ANCIENS DU VILLAGE D'ANGEVILLE (Tarn et Garonne) SE RETROUVENT POUR UN REPAS ET UN MOMENT D'ECHANGE AUTOUR des SOUVENIRS et du PATRIMOINE.

Après une 1ère Rencontre en Novembre 2012, 80 personnes se sont réunies pour échanger leurs souvenirs autour d'un repas au foyer d'Angeville. Réunion chaleureuse pour ces retrouvailles d'Anciens du village qui habitent aujourd'hui à .. Angeville ou dans le Tarn et Garonne, également dans le Gers,le Lot, la Gironde...

En introduction du Repas, Roger Alibert est intervenu pour une.. brillante démonstration du travail de sabotier. Le patrimoine, ce sont aussi les coutumes, les habits,  les métiers  d'autrefois ...

Ce samedi, avant le repas, rendez vous était donné à 10 heures pour une une randonnée Découverte des 2 Lavoirs.

Surprise, le 1er Lavoir, récemment restauré par les Bénévoles de l'Asep, était animé par des « lavandières »en tenue et en plein travail...Ambiance garantie et conviviale.

L'Asep continuera la restauration des Lavoirs grâce à ses bénévoles soucieux de mieux valoriser le patrimoine du village: lavoirs, fontaines, puits, chemins, moulins.... avec l'appui de la Mairie

REJOIGNEZ TOUS AU PROCHAIN RENDEZ VOUS DE L'ASEP

VIDE GRENIER 1ER SEPTEMBRE 2013

Jackie Bernardin

Président de l'Asep d'Angeville

tél: 05 63 95 36 61

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 12:51

Appel à défendre et à sauver la liberté d’expression en Tunisie

Deux ans et demi après la « révolution de la liberté et de la dignité » en Tunisie, qui a brisé les chaînes étouffant la liberté d’expression et d’information, les composantes de la société civile, signataires du présent appel, estiment qu’il est de leur devoir d’alerter l’opinion publique contre les tentatives incessantes visant à empêcher que la réforme du secteur de l’information soit conduite conformément aux règles de la profession et aux standards internationaux de la liberté d’expression, et à utiliser, de nouveau, les médias comme instruments de propagande, ce qui représente un réel danger pour le processus de transition démocratique et risque de préparer le retour de la dictature.

Parmi les multiples indices et exemples qui attestent que la liberté d’expression en Tunisie est encore en danger, nous citons, notamment :

 1- L’inscription dans l’avant-projet de la future Constitution d’un ensemble de dispositions qui sont contraires aux fondements de la liberté d’expression et aux standards internationaux dans ce domaine, ainsi que la tentative de revenir sur le principe de l’indépendance effective des instances constitutionnelles en charge des secteurs de l’information et de la magistrature.

 2- L’insouciance du gouvernement à l’égard des textes de loi régissant le secteur de l’information, et la violation de leurs dispositions, ce qui a entraîné un vide juridique délibéré qui a favorisé l’émergence de certains médias, politiquement alignés et aux financements douteux, outre les nominations arbitraires à la tête des médias publics et les agissements irresponsables à l’égard de ces médias, tels que les menaces de les privatiser.

 3- La remise à l’ordre du jour d’un ancien projet de loi organique, présenté en septembre 2012 à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) par des élus du Congrès Pour la République (CPR) [le parti de Moncef Marzouki], visant à abroger le décret-loi N°115 de l’année 2011, relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition, et à le remplacer par un texte liberticide qui pénalise la liberté d’expression et prémunit les responsables politiques contre la critique. Ce projet de loi organique comporte plus de 13 articles prescrivant des peines privatives de liberté.

 4- Le blocage du processus d’application du décret-loi N°116 de l’année 2011, depuis plus de 28 mois, et le non-respect des conditions fixées par ce texte de loi qui prévoit la création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA), après que le Président de la République eut abdiqué ses prérogatives en faveur des partis de la Troïka, en particulier du parti « Ennahdha », qui a entravé la création de la HAICA, en écartant les candidats connus par leur compétence et leur indépendance d’esprit et de caractère, et en proposant à leur place des personnes fidèles et dévouées ou qui n’ont jamais brillé par leurs positions en faveur de la liberté de la presse.

 5- La multiplication des agressions contre les journalistes dont certains ont reçu des menaces de mort, dans l’indifférence des autorités publiques et leur incapacité à les protéger et à arrêter leurs agresseurs qui profitent de l’impunité totale, outre les poursuites judiciaires engagées contre les professionnels des médias, sur la base du code pénal au lieu du décret-loi N°115.

 Les associations signataires du présent appel mettent en garde contre la gravité de la situation et contre les menaces qui guettent la liberté d’expression. Elles appellent l’opinion publique ainsi que tous les hommes et toutes les femmes libres à faire face aux tentatives visant à étouffer la liberté de presse et d’expression, le principal acquis réalisé depuis la révolution et sans lequel la Tunisie n’a aucune chance d’accomplir une transition démocratique réelle.

 Le 25 avril 2013

 - Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH)

- Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)

- Association « Yakadha » (Vigilance)pour la démocratie et l’État civique

- Syndicat Général de la Culture et de l’Information relevant de l’UGTT

- Syndicat Tunisien de la Presse Indépendante et de la presse des Partis (STPIP)

- Syndicat Tunisien des Radios Libres (STRL)

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 12:43

Comme toute société le capitalisme est en mouvement et le plus grave à mes yeux c’est de combattre un capitalisme qui est déjà passé.

 Dans ces années-là, où Vazquez Montalban parle quasiment à la première personne il déclare :

 « Je me souviens de cette prophétie de Marx, selon laquelle des éléments rebelles de la Bourgeoisie peuvent éprouver la tentation des rejoindre les rangs du prolétariat, mais tôt ou tard, presque tous réintègrent le bercail de leur classe. Au fil des ans, l’histoire même de l’Espagne m’a démontré la justesse de cette affirmation, laquelle contient d’ailleurs la clé de la recomposition de notre capitalisme moderne ou de notre capitalisme postmoderne, enrichi du savoir que lui ont légué ces jeunes révolutionnaires des années soixante qui s’en sont retournés chez papa. Ce fut le jeu prométhéen, mais à l’envers. Prométhée vola aux dieux le savoir ou le langage ou le feu pour le donner aux hommes ; et les jeunes révolutionnaires de bonne famille ont volé le marxisme au prolétariat pour le donner au patronat espagnol. »

 Ce fait est réel et cette captation par le capitalisme, des valeurs de la démocratie (captation qui s’est faite petit à petit suivant les pays), a réussi à désorganiser les forces de la démocratie sociale. A présent ce même capitalisme peut s’alimenter sur sa droite à trois sources anciennes remises en circulation, trois intégrismes : le religieux, l’économique, le mafieux.

 Comme dans le cas précédent où des personnages de la Bourgeoisie semblaient jouer contre leur classe, ces trois intégrismes se donnent des airs de révolutionnaires : des religieux qui de Jean-Paul II à Khomeiny se font passer pour des anticapitalistes ; des mafieux qui au Mexique affrontent aussi les USA, les polices du monde et toutes les autorités ; et un intégrisme économique qui veut abolir les frontières, créer la planète universelle, et fait de Facebook l’outil des révolutions arabes !

 Le néofascisme qui est la mise sur orbite du capitalisme actualisé n’a donc rien à voir, en France, avec l’électorat du Front national mais il a à voir avec TOUS les électorats ! Si le capitalisme précédent a dû se battre contre une part de ses propres troupes, des « réactionnaires » adeptes de l’immobilisme social, le capitalisme en construction se bat aussi contre une part de ses propres troupes, des «républicains » adeptes du droit à la légalité. D'autres réactionnaires ou républicains ont toujours été dans la réelle opposition au système.

 Cette analyse va heurter tous ceux qui pensent que la crise actuelle du capitalisme est sa crise ultime et que l’heure n’est pas à craindre sa recomposition mais à organiser son agonie. Elle ne serait que le fruit d’un pessimiste et pire même, le fruit d’un traître à la révolution !

La droite se définit contre la gauche (et inversement) donc la disparition de la gauche entraine la disparition de la droite (et inversement) voilà pourquoi le FN, qui a une longueur d’avance, se situe en dehors de ce clivage, d’où l’idée de Marine Le Pen de créer un pont avec un mouvement tout différent en Italie, celui de Beppe Grillo, lui aussi positionné contre ce clivage.

Pour que le capitalisme en soit à son agonie, il faudrait opposer à sa recomposition ACTUELLE, une recomposition de la démocratie sociale or nous en sommes très loin, en Europe comme ailleurs. Si j’avais une proposition à faire, elle serait simple : reprenons l’analyse du capitalisme qui a succédé au capitalisme monopoliste d’Etat. Je sais, certains économistes y travaillent…

J-P Damaggio

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 12:39

                              golfech.JPG

 

Ils étaient à Golfech, ils seront à Gaillac, à Toulouse…

Ils, ce sont les acteurs de la pièce de théâtre, L’impossible procès.

Le texte de la pièce se trouve sur le site : leliencommun.org.

Ils étaient à Golfech dans le cadre d’une riche journée anti-nucléaire.

Une façon de rassembler tous les éléments du débat sur le nucléaire en donnant autant la parole à la défense qu’à l’accusation.

Peut-être un ensemble un peu long et qui risque malheureusement de s’adresser surtout à des personnes convaincues.

Il fallait tenter cette opération qui va évoluer pour renouveler l’action anti-nucléaire. Les acteurs y ont du talent même celui qui défend EDF…

Un moment sympathique… sur un sujet qui reste d’actualité.

JP Damaggio

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 17:58

Vázquez Montalbán ne cessera de répéter ce qu’il met dans la bouche d’un de ses doubles dans le roman Le Prix, Sánchez Bolín, qui discute ici avec Pepe Carvalho. Mais pourquoi cette conclusion ? JPD (je mets trois versions pour rappeler la parenté entre les trois langues).

 

Version française :

— Vous qui avez imaginé tant de romans policiers...

— Ce n'est pas exactement mon genre, mais cela s'en approche.

— Bien. Vu tout ce qui a été imaginé, murmuré, élucidé dans ce salon, quelles conclusions tirer ? Qui pourrait être l'assassin ?

— J'ai beaucoup de mal à trouver les assassins dans la vie réelle. Dans les romans, je sais toujours qui est l'assassin, d'ailleurs je sais que c'est toujours le même.

 — Qui ?

— L'auteur.

 

Version espagnole, donc d’origine :

—Usted que ha fabulado tantas novelas policíacas...

—No es exactamente mi género pero se acerca.

—Bien. De todo lo que se ha especulado, rumoreado, de todo lo que ustedes ya habrán dilucidado en el salón, ¿ qué conclusiones se derivan? ¿Quién podría ser el asesino ?

—Me cuesta mucho encontrar a los asesinos en la vida real. En las novelas siempre sé quién es et asesino, como sé también que siempre es el mismo.

¿ Quién ?

— El autor.

 

Version italienne :

"Lei che ha affabulto tinti romanzi polizieschi..."

"Non è esattamente il mio genere ma gli si avvicina."

"Bene. Da tutto quello su cui si è congetturato, su cui sono corse voci, di tutto quello che voi avete già chiarito in sala, a che conclusioni si arriba ? Chi potrebbe essere l'assassino ?"

"Mi costa molto trovare gli assassini nella vita reale. Nei romanzi so sempre chi è l'assassino, come so anche che l'assassino è sempre lo stesso."

"Chi?"

"L'autore."

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 12:41

 

Ils étaient quelques-uns dans la galerie n°4 de la prison Modelo qui portait bien son nom. Au début du XXe siècle, à Barcelone comme ailleurs, l’humanisme marquait des points, aussi l’idée que la prison était seulement le lieu où la société se vengeait de quelques coupables était remplacée par celle d’une prison lieu de réinsertion. Pas loin de la gare Sants, on a donc inauguré en 1904 une prison modèle qui achève sa vie en cette année 2013 pour un autre modèle importé directement du pragmatisme des USA. Il n’y a plus de coupables, il n’y a que des malades.

Réinsertion, mais comment ? Elle se mesure par la place accordée à l’éducation, le facteur basique de l’humanisme en question. D’ailleurs le bâtiment pourrait se reconvertir à des fins éducatives !

C’était en juin 1962 et ils étaient quelques-uns dans la galerie n°4 de la prison Modelo. Pour avoir crié « Ma patrie, c’est les Asturies » ou « La grève reprend dans les Asturies ». Ce jour-là un des politiques balayait le couloir où la cellule de Pepe Carvalho était ouverte car un des trois codétenus avait cru intelligent de chier dans les toilettes. Et en juin, avec la chaleur l’odeur devenait terrible. Le politique en question, tordant la bouche pour ne pas être entendu des gardiens lui glissa le mot secret : « Asturies ».  Et Carvalho pensa : « Pourvu que l’histoire soit celle que nous méritons. »

 Mais quelle histoire nous méritons, quelle histoire méritent ceux qui se battent pour la démocratie sociale ? La réponse est connue : dans les prisons, la télévision a remplacé l’éducation.

 L’histoire n’avance pas comme prévu et dans la réflexion de Carvalho tout tient au : « Pourvu ». Déjà en 1962, l’homme avait un doute quant à l’optimisme ambiant qui voyait Franco éliminé du pouvoir, à la prochaine rentrée. Ceux qui se battent peuvent-ils envisager l’échec ? Est-ce qu’envisager l’échec c’est aller à l’échec ?

Carvalho n’avait aucun doute sur un point et il a eu raison : la classe dominante absorbe sans hésitation même ses adversaires les plus vindicatifs ! Pas tous, mais l’essentiel, car ainsi elle gagne deux fois : elle se renforce de l’affaiblissement de l’adversaire. Quand un révolutionnaire passe dans le camp opposé il entraîne plusieurs réactions :

- ceux qui continuent de le soutenir et se tirent ainsi une balle dans le pied

- ceux qui enragent tellement qu’ils perdent de vue la réalité

- ceux qui sont dégoûtés et deviennent une part triste de la réalité.

 « Pourvu que l’histoire ne soit pas la décadence de la révolution », c’est une phrase trop courte pour aller du présent au futur radieux. « Pourvu que nous sachions mériter les défaites qui vont tomber sur l’histoire. » c’est peut-être le dernier espoir du prisonnier.

JP Damaggio

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 12:33

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Le 27 avril Le Monde publie un article sur les librairies où La Librairie Deloche est citée en conclusion. JPD

"Toutes les librairies ne vont pas aussi mal que celles du réseau Chapitre ou Virgin. Les 450 qui fêtaient, samedi 27 avril, la Fête de la librairie, à l’occasion de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, sont animés d’un véritable esprit de résistance. « Des commerces de détail, la librairie est celui qui baisse le moins », constate Guillaume Husson, délégué général du Syndicat d la librairie française (SLF).

A l’image de Danielle Deloche, à Montauban. La Librairie Deloche, qui existe depuis 1929, est une institution locale. « Récemment, nous sommes passés de 13 à 9 salariés mais je n’ai pas eu à licencier. » dit-elle soulagée avant d’ajouter : « Si nous avons réduit le personnel, nous n’avons pas réduit les références » [au nombre de 40 000]. Dans l’exercice de son métier, Mme Deloche soigne avant tout la qualité de l’accueil. Malgré la crise, elle a ainsi gardé un rayon « poésie » conséquent, qui est un peu sa marque de fabrique. » Alain Beuve-Méry"

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