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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 18:05

                                 patrice michaud blog

Pourquoi faut-il que tout chanteur québécois raconte sa vie sur scène ? Pour moi cette pédagogie me convient et pas seulement pour faire comprendre en France, le Québec mais aussi pour suivre les chemins de la création.

Patrice Michaud a donc laissé un peu son guitare pour conter une paire d’histoire. Il est de Gaspésie, d’un village où la vie commerciale ne pouvait que se centrer sur le catalogue Sears. Déjà un peu habitué à la France il donne l’équivalence : le catalogue de La Redoute. Par contre pour la Gaspésie il n’y a pas d’équivalence ! Vivant au village loin de tout, même en 1980, le catalogue avait pour le gamin de 8 ans deux avantages : il contenait le cadeau de noël dont il rêvait, un guitare électrique, et des corps de femmes presque dénudés dans la section que chacun imagine.

Car Patrice Michaud raconte en laissant à l’imagination des auditeurs leur part de chemin à parcourir. Bref, sa mère a compris et pour noël il a eu la fameuse guitare électrique mais le fil ne pouvait pas se brancher ! Et le gamin n’a fait ni une ni deux, il a acheté seul la bonne prise pour remplacer le plot, il a branché comme tout appareil ménager… et la guitare a fait un bruit unique et définitif…

Patrice Michaud chante aussi, d’où sa présence au Festival Alors Chante ! à Montauban. Pas d’effets spéciaux, juste de la tendresse tranquille, tranquille, juste de la poésie à sa manière et un peu de country quand il faut. « J’essaie de faire le plus beau possible avec le plus simple possible. » Un projet audacieux car il me semble que l’art pour réussir en 2013, tente plutôt de faire le plus poche possible avec le plus compliqué possible…

Naturellement comme tout québécois poète il aime se référer à Gaston Miron mais aussi à Patrice Desbiens et Gibert Langevin. Il aime aussi Georges Pérec.

Avec sa vie de famille « j’ai un petit bébé, potentiellement d’autres qui s’en viennent », comment Patrice Michaud et son complice peuvent-ils courir la scène ? En France il a découvert qu’il n’est pas bon de mettre du super dans le moteur diesel de sa voiture de location, car il est déjà venu au Festival tout proche, celui d’Astaffort cher à Francis Cabrel.

J’ai aimé sa phrase : « La chanson au Québec même si elle est hybridée de toutes sortes de manières, se tient sur deux pattes, une française er une américaine. »

Et en conclusion je donne la phrase que mon ami Rosendo Li a noté en croquant l’artiste :

« Jamais je n’ai étudié le solfège, je suis autodidacte… J’aurais bien voulu avoir ces outils mais comme un éternel lâche je ne me suis pas appliqué à les avoir. Peut-être un jour… Finalement le plus essentiel, c’est l’amour des mots…et de la musique. »

A la prochaine, Patrice Michaud…  JPD

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 18:02

Sur la grande scène d’Eurythmie à Montauban, un moment émouvant. Olivia appelle son père, Didier Blanc, pour chanter avec elle. Olivia est une enfant de l’Aude (Marseillette) et donc la famille est venue à Montauban au rendez-vous. Belle occasion de chanter une nostalgie espagnole que je donne ici. JPD

 Paroles Malagueña

  Que bonitos ojos tienes

 Debajo de tus dos cejas

 Debajo de tus dos cejas

 Que bonitos ojos tienes

 

Ellos me quieren mirar

 Pero si tu no los dejas

 Pero si tu nos los dejas

 Ni si quiera parpadear

 

Malagueña salerosa

 Besar tus labios quisiera

 Besar tus labios quisiera

 Malagueña salerosa

 

Y decirte niña hermosa

 Qu'eres linda y hechisera

 Qu'eres linda y hechisera

 Como el candor de una rosa

 

Si por pobre me desprecias

 Yo te concedo razòn

 Yo te concedo razòn

 Si por pobre me desprecias

 

No te ofrezco riquezas

 Te ofrezco mi corazòn

 Te ofrezco mi corazòn

 En cambio de mi pobreza

 

Malagueña salerosa

 Besar tus labios quisiera

 Besar tus labios quisiera

 Malagueña salerosa

 

Y decirte niña hermosa

 Qu'eres linda y hechisera

 Qu'eres linda y hechisera

 Como el candor de una rosa

 

Malagueña salerosa

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 17:52

Voici un coordination nationale du Front de Gauche comme si vous y étiez et que je dédie à ceux qui pensent que j’écris sans m’informer !

Le 22 avril, pour la journée, les 9 composantes du FDG sont donc en coordination nationale, en présence également de Janette Habel et Pierre Khalfa. Neuf composantes, c’est une sacrée organisation même si seulement deux pèsent vraiment : le PCF et le PG. Cette coordination est-elle là pour prendre des décisions ? Par quel type de vote ? Pour quelles réalisations ? Comme pour toute coordination, il s’agit d’un flou artistique puisqu’il s’agit plus de coordonner que de décider.

En ce 22 avril, une décision il importante a été prise ailleurs, devant les caméras de télévision, par une intervention surprise de Jean-Luc Mélenchon. La manifestation du 5 mai est ainsi sur les rails et autour de la table les participants… peuvent parler de l’essentiel…

Où en est la France en ce 22 avril ? La politique a un inconvénient majeur par rapport à la vie associative : on peut y discuter de tout et donc de rien… en attendant l’élection suivante ! Une association a un objectif précis donc elle se perd moins en bavardages. Mais l'association a des limites, elle ne peut tout changer...

En ce 22 avril, les participants se perdront tellement en bavardages que sur deux points à l’ordre du jour, un seul sera traité ! Mais pas de souci… le point en question sera confié à une commission.

 Les constats se sont enfilés comme les perles d’un collier sans fin : la crise si grave, la droite si dure, l’extrême-droite prête à s’allier avec la droite et le FDG que peut-il faire ?

Pour avoir participé à trop de réunions de ce genre, je peux toutes les raconter comme si j’y étais. En fait, il faudrait prendre un seul point, le travailler, l’analyser pour de bon, et proposer, si de l’analyse, une proposition commune émergeait, ce qui est le plus difficile.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Jean-Luc Mélenchon a préféré utiliser les médias pour lancer la manif du 5 mai. Une telle proposition mise en discussion, et trois jours après rien n’aurait été décidé ! Etait-elle opportune quatre jours après le 1er mai ? Et pourquoi une manif à Paris et pas dans dix villes de France ? Le thème de la sixième république était-il approprié quand le chômage est la première préoccupation ? Une nouvelle république pourrait réduire le chômage ? Chacun discute plutôt de la situation de la France, c’est plus simple

En ce 22 avril, le match qui doit se jouer entre le PG et le PCF va cependant continuer, et tout le monde se prépare à compter les points. Un match dont chaque coordination nationale est un épisode.

Du côté du PG, il s’agit de rappeler qu’aux Européennes le FDG peut passer devant le PS si le FDG est clairement perçu comme opposé au gouvernement. Il faut oser cet espoir ! Qu’entretemps, il y ait les municipales où les alliances FDG, PS, EELV, PRG vont se réaliser au premier ou au deuxième tour, c’est sans doute un autre problème… d’ailleurs c’est le deuxième point à l’ordre du jour de la réunion, celui dont le temps manquera pour le traiter !

Pierre Laurent pour le PCF préfère ouvrir un débat sur la nouvelle majorité à construire en élargissant la base sociale et politique de FDG, plutôt que de faire acte de candidature au poste de premier ministre, comme le revendique Jean-Luc Mélenchon de manière répétitive.

En fait Pierre Laurent n’a pas compris ce que signifie une stratégie de communication ! En se présentant comme premier ministre possible Mélenchon veut ancrer dans les têtes que le FDG peut gouverner, qu’il n’est pas seulement là pour jouer les seconds rôles, ou la force d’appoint. Le FDG est né pour mettre le PS au pas… Que cette proposition soit sans rapport avec la réalité du rapport de forces, est secondaire pour un JLM décidé à foncer droit devant.

 Un autre point fait discussion. Pour ne pas être en reste, le PCF a décidé la tenue d’assises de la refondation sociale et démocratique le 16 juin... Elles sont bien sûr ouvertes à tous.

 Dans ce match, JLM reste silencieux, modeste, en retrait, et il finira par dire quelques mots au cours d’une seule intervention brève. Il rappelle que le projet politique est l'éco-socialisme, que la méthode est la révolution citoyenne et qu’il faut donc avancer sur ces bases. Il admet que sa stratégie-communication a suscité des critiques parmi beaucoup de composantes du FDG, mais tournons la page car passer son temps à se justifier c’est du temps perdu. Observons plutôt que les sondages placent déjà le FDG à 11 % ! Comme chacun sait, et c’est moi qui le rappelle, les résultats du FDG ce sont les résultats de JLM à la présidentielle et non les résultats du même FDG aux législatives. Et insistons : les sondages ont un intérêt quand ils sont bons, et ceux concernant le FN sont toujours mauvais (pour rappel le même sondage donne le FN à 23%).

Citons JLM pour conclure : « La masse du peuple n'est pas déterminée et on doit mettre ce dernier en mouvement.» Et comme le FDG va réussir à créer ce mouvement… En avant le peuple…

 Sur les Municipales, faute de temps, seul Pierre Laurent avancera son analyse. Il est important de garder des positions au cours de municipales aussi importantes que les européennes, car une victoire de la droite en mars, ce n’est pas une victoire du FDG aux européennes de juin. Je note que parler de l’extrême-droite c’est trop tôt, sans doute.

En fait  le PCF a 800 maires, 6 à 8000 élus municipaux et gouverne 30 villes de plus de 20 ou 30000 habitants. Si la ligne prônée par le PG, autonomie partout, est adoptée les maires communistes des 30 grandes villes qu’il dirige verront au premier tour la concurrence de listes PS-EELV qui peuvent passer en tête obligeant au second tour à une alliance derrière le PS !

Depuis toujours le PCF a conclu, avant les élections, des pactes avec le PS pour sauver ses maires sortants. En 2007, Dominique Voynet n’a pas respecté le pacte et a réussi à battre le sortant apparenté PCF, Jean-Pierre Brard. Les batailles municipales sont de toute façon diverses… mais la grosse question est la suivante : est-ce que l’échec prévisible du PS peut bénéficier assez au FDG, pour qu’il ne s’effondre pas avec le dit PS ? Si le FDG perd 50% de ses élus municipaux comment peut-il gagner quelques mois après aux européennes ?

La prochaine réunion de la coordination du FDG sera donc une nouvelle étape du match PG/PCF, un match au niveau des directions nationales. Sur ce point des municipales, je doute qu’au sein du PG tout le monde soit d’accord avec JLM, et qu’au sein du PCF tout le mode soit d’accord avec Pierre Laurent

Qu’on ne vienne pas me dire qu’en présentant cette réalité, je fais le jeu des médias qui veulent enfoncer un clou entre PCF et PG pour les diviser, les mêmes médias dont JLM se fait fort de tirer profit contre leurs propres objectifs. En fait, le problème posé concerne tous les citoyens et surtout ceux qui envisagent une révolution citoyenne… JPD

Il m’est arrivé d’écrire un article sur Mélenchon à cette adresse :

http://la-sociale.viabloga.com/news/melenchon-aime-citer-jaures

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 13:24

Ils sont cinq sur la scène du Théâtre Olympe de Gouges à Montauban, pour jouer et chanter Leprest.

Vieux débat en France (ou peut-être ailleurs aussi) que celui de savoir si on peut, ou pas, faire mieux que l’interprète premier d’une chanson. Une chanson de Leprest dans la bouche d’Yves Jamait, est-ce possible ?

Avec Yves Jamait nous avions aussi Romain Didier et Jean Guidoni et à la fin le public s’est levé spontanément pour applaudir. Les chansons de Carlos Gardel peuvent-elle sortir de la bouche de quelqu’un d’autre ? Bien sûr, pour la postérité du tango ! La mort d’un interprète ne peut pas être la mort d’une chanson ! Ce qui ne signifie pas que tout le répertoire de l’interprète puisse passer l’épreuve. Tout dépend de la chanson et de celui qui la chante et les trois interprètes du jour étaient artistes avec dans la bouche des paroles d’Allain Leprest. Et j'ose l'écrire, ils firent toujours autrement qu'Allain Leprest, mais parfois mieux que lui !

Depuis combien de temps n’avais-je pas entendu Jean Guidoni ? Romain Didier est plus présent sur ma route. Mais les deux étaient, sur la scène montalbanaise, bien différents de d’habitude. Même Yves Jamait avait abandonné son immanquable casquette et le style qui va avec.

Pour l’hommage à Allain Leprest.

D’un tel spectacle il est difficile de retenir une émotion parmi d’autres mais allons-y pour une chanson que je donne à la fin.

C’est peut-être… et jamais on le saura !

Mozart, Colette, Le Grand Jacques, Van Gogh, Cerdan et Jésus unis dans une chanson comme des possibles ratés pour certains enfants, c’est la musique, la littérature, la chanson, la peinture, le sport et un certain sens de la religion (Leprest a écrit une chanson à la gloire de l’athéisme) qui ne sont pas mis à la portée de toutes les intelligences. Parmi les noms j’y aurai mis Zavata mais bon…

Tout simplement parce qu’en septembre 1972, pour mes premiers trois mois devant des enfants, j’ai découvert en classe de CP un gamin qui était un clown né. Je ne sais ce qu’il est devenu mais en entendant Jean Guidoni lancer « C’est peut-être Mozart le gosse qui tambourine… » j’ai pensé à ce gamin, un génie comme je n’en ai plus jamais croisé. Il pouvait transformer n’importe quelle « récitation » comme on disait alors, pour faire rire toute la classe ! Je n’étais pas dérangé par ce talent mais je savais parfaitement qu’il n’avait pas d’avenir. Pas parce qu’il faut adopter le ton d’une poésie à la poésie mais parce que dans la vie le rire est un mauvais conseiller.

J’ai pensé à lui parce que le spectacle était marqué par des voix d’enfants racontant la vie de Leprest. Ce n’était pas joué d’avance, de telles coupures, et pourtant elles auraient manqué.

Bravo les artistes. Jean-Paul Damaggio

 

C’est peut-être d’Allain Leprest

 C´est peut-être Mozart le gosse qui tambourine

Des deux poings sur l´bazar des batteries de cuisine

Jamais on le saura, l´autocar du collège

Passe pas par Opéra, râpé pour le solfège.

 

C´est peut-être Colette la gamine penchée

Qui recompte en cachette le fruit de ses péchés

Jamais on le saura, elle aura avant l´heure

Un torchon dans les bras pour se torcher le coeur

 

C´est peut-être Grand Jacques le petit au rire bête

Qui pousse dans la flaque sa boîte d´allumettes

Jamais on le saura, on le fera maçon

Râpé Bora Bora, un mur sur l´horizon

 

C´est peut-être Van Gogh le p´tit qui grave des ailes

Sur la porte des gogues avec son opinel

Jamais on le saura, râpé les tubes de bleu

Il fera ses choux gras dans l´épicerie d´ses vieux

 

C´est peut-être Cerdan le môme devant l´école

Qui recolle ses dents à coup de Limpidol

Jamais on le saura, KO pour ses vingt piges

Dans le ring de ses draps en serrant son vertige

 

C´est peut-être Jésus le gosse de la tour neuf

Qu´a volé au Prisu un gros œuf et un bœuf

On le saura jamais pauvre flocon de neige

Pour un bon Dieu qui naît, cent millions font cortège

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:33

                                               aragon.jpg

Pour la fête à Ferré, Cali a décidé de reprendre un poème d’Aragon très largement chanté, très largement connu et c’était là une audace risqué car pouvait-il faire mieux, pouvait-il chanter avec son talent dans les pas des autres ?

Ce poème et moi, c’est une histoire particulière, et avec Cali j'ai pu en revivre les moindres nuances.

« Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes… » C’est à la page 227 du recueil Le roman inachevé, dans la partie Strophe pour se souvenir, et avec cette date 1955. Un peu avant, un autre poème a pour date 1945 : Le prix du printemps. Les deux seules dates.

J’avais vingt ans, je connaissais un peu Desnos, Tzara, Benjamin Perret et je me suis proposé de passer les vacances d’été avec Aragon. J’ai choisi Le roman inachevé qui n’est ni un roman et qui n’est pas inachevé sauf à penser que toute œuvre est inachevée. Mes étés ont toujours consisté en travaux des champs avec une semaine de vraies vacances à la fin. Le temps de lecture c’était pendant la sieste de mes parents. Et petit à petit j’ai dégusté l’Aragon de 1956 avec d’ailleurs une belle préface d’Etiemble de 1966.

Jeunes gens le temps est devant vous comme un cheval échappé dit le poète qui sent déjà que le temps est trop derrière lui et quel temps ? Je change ici de mètre pour dissiper en moi l’amertume, amertume a dit le poète ? Il ne reste à ma lèvre enfin que cette injure L’âge et la sécheresse à parler d’autrefois, parler d’autrefois, craint donc le poète ? Un autre fois fait de quoi ? Les beaux habits du soir un à un que l’on quitte Tombent indolemment sur l’aube des planchers On dirait que notre fantôme les habite.

 Aragon est à un tournant de sa vie, un tournant que l’on sent douloureux, une douleur qu’il veut faire partager et pour ne pas être plus long ici, j’en viens aux Vingt et trois étrangers et nos frère pourtant.

En lisant ce poème en 1971 je ne connaissais rien de l’histoire de l’Affiche rouge, de la Résistance des étrangers, je n’aimais ce poème que pour lui-même. J’étais intrigué par cette date : 1955. Pourquoi l’écrire puisque le poème renvoie lui-même onze ans en arrière ?

Ce poème m’a suivi, les chanteurs m’ont obligé à le suivre et petit à petit j’ai appris l’histoire du PCF, de la Résistance et j’ai eu la confirmation que cette date n’était pas là par hasard pas plus que le poème suivant du recueil ne porte sans conséquence le titre de La nuit de Moscou.

 Aragon le poète de la Diane française, je veux dire el poète de la Résistance, a donc attendu dix ans avant de célébrer parmi les Résistants ces noms si difficiles à prononcer !

Onze ans déjà que cela passe vite onze ans, Vous vous étiez servi simplement de vos armes La mort n’éblouis pas les yeux des Partisans, quel acte glorieux de la Résistance ?

 Pour moi, un poème est le lieu même où pas un mot n’est inutile, tous tendant vers ce vers final que Cali a fortement appuyé : Vingt et trois qui criaient la France……. En s’abattant.

Ils ne sont pas abattus car ce sont eux qui ont pris en toute conscience le risque d’aller à la mort. Les soldats qui appuient sur la gâchette sont des irresponsables.

 Mais vraiment criaient-ils la France ? Si oui, quelle France ?

Le vers n’aurait-il pas pu être : Vingt et trois qui criaient Révolte …. En s’abattant.

Je sais, pour beaucoup encore à l’époque dire la France c’était dire Révolution…

Bref, merci à Cali, à Ferré, à Aragon et à tant d’autres qui font vivre l’art et d’ailleurs Melismell chanta une ode aux artistes. Jean-Paul Damaggio

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:25

                                        51-leo-ferre-blog.jpg

Dessin de Rosendo Li

Le Festival de Montauban Alors Chante vient de renouer avec une ancienne tradition : faire la fête à un artiste. L’invité d’honneur composait une programmation et à la fin les artistes invités chantaient avec lui en une soirée inédite.

En 1992 ce fut la fête à Ferré. Vingt ans après la mort de l’artiste les organisateurs ont réussi un pari très difficile : mettre ensemble une bonne dizaine d’artistes très différents qui d’abord ont chanté une de leurs chansons puis une chanson de Ferré. Nilda Fernandez a cependant opté pour une chanson de Ferré dans les deux cas sauf que la première chantée à cappella « que sont nos amis devenus… » appartient à tous. Pour celle de Ferré il proposa une interprétation magnifique de La solitude.

Parmi les autres artistes il y avait ceux que je connaissais : Bruno Ruiz, Yves Jamait, Les Grandes Bouches (en plus de Nilda Fernandez, un habitué de Montauban), mais surtout d’autres que je ne connaissais pas comme Cali, Alexis HK, Melismell, Catherine Boulanger et Camelia Jordana.

Pour la musique nous avions l’orchestre du Conservatoire de Montauban et chaque artiste chantant seulement une chanson il a fallu un respect mutuel entre tous et une organisation minutieuse qui a dû demander un travail colossal.

 C’est extra et Jolie Môme furent les choix d’Yves Jamait qui montra, avec son talent habituel, une face de Léo Ferré en s’appuyant… sur l’accordéon.

Alexis HK chanta les anarchistes et, découvrir un jeune s’emparant de cette chanson aujourd’hui, ça fait plaisir, d’autant que sa voix magnifique a pu appuyer des paroles historiques. Martin Malvy présent dans la salle pouvait applaudir avec joie… car l’art dépasse la politique.

Catherine Boulanger aurait voulu être une chanson de Ferré et les Grandes Bouches ne pouvait rater la révolution ça dérange. Une soirée pleine de révolution et d’amour comme ‘observera à la fin l’organisateur du Festival, Jo Masure à qui Ferré dédia un beau poème lu par Alexis HK. Camelia Jordana en choisissant La petite trouva aussi dans le répertoire une chanson lui tenant à cœur.

Bruno Ruiz opta pour C’est ton style mais même si je suis depuis longtemps un admirateur de son immense talent poétique, j’ai été peu convaincu par le poème qu’il offrit en entrée, un poème à la gloire d’un lieu commun appelé « poètes maudits », poème qu’il voulait poème de combat car « avec la poésie on n’apprend pas, on se bat » a-t-il lancé en conclusion. Comme si se battre ne commençait pas par apprendre ! Comme si apprendre un poème n’était pas une discipline sur soi qui se perd trop au nom de l’urgence. J’ai envie de dire que la poésie c’est aussi trouver la force de s’arrêter pour apprendre un poème…

Inversement Melismell, que je n’avais jamais entendu ou vu, a repris avec un immense talent un très long texte poétique de Ferré sur la poésie, performance sans doute unique à tout point de vue.

Celui que je garde pour la fin, Cali, va faire l’objet d’un autre article. JP Damaggio

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 13:11

Dans ma vie, je n’ai tenté de philosopher que de manière intermittente. En commençant par Marx (mais le Marx historien) puis en Terminale et après, à l’école, une prof, membre de la LCR, me poussa vers le marxisme d’Althusser avec son article de La Pensée, Les appareils idéologiques d’Etat. Je n’ai pas été convaincu par une fausse science me paraissant mécaniste et loin des réalités. J’ai mesuré l’efficacité du pragmatisme nord-américain inspiré par Dewey. Puis, j’ai alors croisé Clouscard qui, en fait, était prof de sociologie, et je me suis plongé dans la série de ses œuvres. Au même moment, à l’Ecole centrale du PCF, j’ai eu droit au Marx philosophe. Trois ans après, j’ai découvert l’autre marxiste, l’antithèse d’Althusser, Henri Lefebvre. Seulement dix ans après j’ai commencé à lire Gramsci. Ce voyage dans le marxisme s’est terminé par la lecture du Péruvien, Mariategui.

Dès 1978 j’ai retenu cette phrase de Clouscard : « Le discours traditionnel de la gauche est incapable de reconstituer l’ensemble de la stratégie du néocapitalisme. »

Aujourd’hui j’avais préparé deux pages sur Mélenchon et Jaurès (un philosophe) puisque Mélenchon prit une citation de Jaurès pour conclure son discours du 5 mai 2013, un discours plein de contre-sens. Mais une fausse manœuvre me l’a fait perdre or je n’aime pas recommencer alors j’offre cette conclusion de Clouscard reprise du livre, De la modernité Rousseau ou Sartre, Editions sociales, 1985. Il est dur de lire une conclusion, sans avoir tout le développement qui précède, mais cet éclairage est une porte ouverte sur une réflexion.

Je le résume : l’individu (avec sa subjectivité) s’il est en partie un produit de l’histoire est aussi un acteur de l’histoire. Il ne suffit pas de changer les conditions de l’histoire et donc de la « production » de l’homme nouveau, pour que l’homme soit nouveau, si dans le processus, il n’est pas sujet de l’histoire, mais son objet.

Pour répondre à la manipulation de la société libérale, j’ai écrit un article sur le tueur Merah, contre ceux qui le réduisaient à son « individualité » en oubliant comment l’histoire le produisait. Il ne s’agissait pas d’éliminer la responsabilité propre du personnage comme le fait une sociologie ordinaire. Toute la difficulté tient dans la capacité à tenir les deux bouts de l’histoire pour changer d’histoire et l’histoire. J-P D

 Conclusion de Clouscard

« Le stalinisme est doublement responsable du recul du marxisme : 1) en le dogmatisant, en empêchant son actualisation en fonction du devenir des sociétés ; 2) en créant les conditions de la contre-révolution libérale, qui fait de la juste défense d'une subjectivité bêtement bafouée le principe de l'expansion du néocapitalisme.

Pour bien signifier notre refus du stalinisme, nous dirons même qu'il faut consentir au témoignage d'un certain idéalisme subjectif lorsqu'il fait face à l'obscurantisme cynique de toute bureaucratie. Mais là aussi nous écartons tout malentendu : oui à Kafka, non à Soljenitsyne qui a permis d'identifier le droit à la subjectivité et « les droits de l'homme » de l'impérialisme américain : si nous proclamons la nécessité d'une philosophie de la conscience c'est pour immédiatement écarter toute récupération idéologique, surtout quand elle permet d'alimenter la guerre idéologique.

L'homme ne peut pas vivre sans conscience. Une philosophie révolutionnaire, qui prétend atteindre l'universalité des droits de l'homme, et non leur seul usage idéologique, doit être aussi une philosophie de la conscience. Le projet révolutionnaire, en tant que critique radicale des deux consensus [celui du stalinisme et celui du néocapitalisme], consiste à articuler, en un ensemble synthétique, Rousseau et Marx, la philosophie de la Révolution française et la philosophie de la révolution d'Octobre, les droits de l'homme et ceux de la classe ouvrière, démocratie et socialisme : un socialisme aux couleurs de la France.

La philosophie de la conscience est un acquis révolutionnaire, de même que la révolution d'Octobre est « incontournable ». Mais il faut constater que ces deux conquêtes révolutionnaires ont été pareillement récupérées, l'une par l'idéalisme libéral, l'autre par la bureaucratie stalinienne.

Nous avons interprété ces processus comme la preuve historique et dialectique que chacun des termes, isolé, ne peut que dégénérer en sa propre caricature. Il apparaît maintenant que socialisme démocratique et philosophie de la conscience doivent être proposés en réciprocité, comme engendrement réciproque.

C'est la leçon de l'histoire moderne et contemporaine. Il aura fallu expérimenter la réalisation des deux négativités pour les reconnaître en tant que telles. Chaque négativité a engendré l’autre et l'a désignée en sa radicalité ; le subjectivisme libéral exècre la bureaucratie stalinienne comme celle-ci vomit le subjectivisme libéral.

Terrible leçon de l'histoire, de la dialectique, de la culture du négatif, de la patience du concept. L'humanité ne pouvait pas, ne devait pas faire l'économie du libéralisme libertaire et de la bureaucratie stalinienne. Il fallait ce déchirement radical de la science humaine et du géopolitique, il fallait expérimenter jusqu'au bout, jusqu'à la lie, la thèse et l'antithèse pour qu’apparaisse la nécessité de leur dépassement synthétique.

Rousseau a montré la voie. Il est à l'origine de notre modernité. Le politique doit se fonder sur la subjectivité. Car les deux termes, isolés, juxtaposés, ne font que témoigner du néant de l'homme.

L’histoire récente vient de vérifier cette philosophie. Le parcours de la subjectivité, après Rousseau, n'a pu s'accomplir que comme représentation du néant. Il n'y a plus de référence à une transcendance substantialisante et il ne doit pas y avoir de participation institutionnelle. Le néant est le prix de la liberté, libre pour rien. C'est la philosophie de Sartre, celle du libéralisme [alors qu’ils sont si nombreux à penser que c’est la philosophie de la révolution…].

L'autre face de la même médaille est le stalinisme. Le politique, comme praxis qui exclut la subjectivité, s'accomplit en un empire bureaucratique, celui de la réalisation effective d'une infrastructure socialiste, sans que la reconnaissance intersubjective soit advenue. A quoi sert de changer le monde si la subjectivité, témoin passif, n'intervenant pas dans ce changement, ne peut changer l'intersubjectivité ?

Staline n'a pas compris que le problème politique n'est pas seulement de changer le monde en soi mais de permettre aussi, à chaque subjectivité, de changer le monde pour soi. Sartre n'a pas compris que la problématique subjective n'est pas seulement de connaître pour soi la liberté mais de l'investir en un processus institutionnel, un contrat social, qui permet alors la reconnaissance intersubjective.

Le constat par l'absurde, et quel absurde !, de l'histoire récente est que l'existence même de la subjectivité et du socialisme sont en jeu. Le problème immédiat du politique et du philosophique n’est plus celui de leur réalisation locale mais d'éviter leur anéantissement réciproque. Quelle diabolique contre-révolution, d'en être arrivé à cette lutte à mort d'un matérialisme dialectique et historique récupéré par la bureaucratie stalinienne et d'une subjectivité récupérée par le libéralisme libertaire ! Ce qui vient d'être vérifié, par l'absurde, c'est que subjectivité et socialisme ne peuvent exister que par leur reconnaissance mutuelle. Pour accéder à la transparence, vaincre le mondain et maîtriser la nature, l'intersubjectivité doit fonder le socialisme comme celui- ci doit permettre les meilleures conditions de la reconnaissance intersubjective. Le « divin Jean-Jacques » nous a montré la voie : le socialisme doit être démocratique et l'intersubjectivité doit être psyché pour que l'homme se réconcilie avec lui-même. Psyché et socialisme démocratique, tel est le programme révolutionnaire de la modernité, face à l'Eros du libéralisme et à la bureaucratie stalinienne.

4 mars 1985. Michel Clouscard

 

  Note JPD : Trente ans après, absolument rien de la philosophie de Clouscard n’est entré dans la tête des dirigeants politiques de ce qu’on appelle encore la gauche, la gauche de gauche, l’autre gauche, la nouvelle gauche, la gauche unitaire, la gauche anticapitaliste et j’en passe.

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 12:31

                        les-lavandieres.jpg 

SAMEDI DERNIER LES ANCIENS DU VILLAGE D'ANGEVILLE (Tarn et Garonne) SE RETROUVENT POUR UN REPAS ET UN MOMENT D'ECHANGE AUTOUR des SOUVENIRS et du PATRIMOINE.

Après une 1ère Rencontre en Novembre 2012, 80 personnes se sont réunies pour échanger leurs souvenirs autour d'un repas au foyer d'Angeville. Réunion chaleureuse pour ces retrouvailles d'Anciens du village qui habitent aujourd'hui à .. Angeville ou dans le Tarn et Garonne, également dans le Gers,le Lot, la Gironde...

En introduction du Repas, Roger Alibert est intervenu pour une.. brillante démonstration du travail de sabotier. Le patrimoine, ce sont aussi les coutumes, les habits,  les métiers  d'autrefois ...

Ce samedi, avant le repas, rendez vous était donné à 10 heures pour une une randonnée Découverte des 2 Lavoirs.

Surprise, le 1er Lavoir, récemment restauré par les Bénévoles de l'Asep, était animé par des « lavandières »en tenue et en plein travail...Ambiance garantie et conviviale.

L'Asep continuera la restauration des Lavoirs grâce à ses bénévoles soucieux de mieux valoriser le patrimoine du village: lavoirs, fontaines, puits, chemins, moulins.... avec l'appui de la Mairie

REJOIGNEZ TOUS AU PROCHAIN RENDEZ VOUS DE L'ASEP

VIDE GRENIER 1ER SEPTEMBRE 2013

Jackie Bernardin

Président de l'Asep d'Angeville

tél: 05 63 95 36 61

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 12:51

Appel à défendre et à sauver la liberté d’expression en Tunisie

Deux ans et demi après la « révolution de la liberté et de la dignité » en Tunisie, qui a brisé les chaînes étouffant la liberté d’expression et d’information, les composantes de la société civile, signataires du présent appel, estiment qu’il est de leur devoir d’alerter l’opinion publique contre les tentatives incessantes visant à empêcher que la réforme du secteur de l’information soit conduite conformément aux règles de la profession et aux standards internationaux de la liberté d’expression, et à utiliser, de nouveau, les médias comme instruments de propagande, ce qui représente un réel danger pour le processus de transition démocratique et risque de préparer le retour de la dictature.

Parmi les multiples indices et exemples qui attestent que la liberté d’expression en Tunisie est encore en danger, nous citons, notamment :

 1- L’inscription dans l’avant-projet de la future Constitution d’un ensemble de dispositions qui sont contraires aux fondements de la liberté d’expression et aux standards internationaux dans ce domaine, ainsi que la tentative de revenir sur le principe de l’indépendance effective des instances constitutionnelles en charge des secteurs de l’information et de la magistrature.

 2- L’insouciance du gouvernement à l’égard des textes de loi régissant le secteur de l’information, et la violation de leurs dispositions, ce qui a entraîné un vide juridique délibéré qui a favorisé l’émergence de certains médias, politiquement alignés et aux financements douteux, outre les nominations arbitraires à la tête des médias publics et les agissements irresponsables à l’égard de ces médias, tels que les menaces de les privatiser.

 3- La remise à l’ordre du jour d’un ancien projet de loi organique, présenté en septembre 2012 à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) par des élus du Congrès Pour la République (CPR) [le parti de Moncef Marzouki], visant à abroger le décret-loi N°115 de l’année 2011, relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition, et à le remplacer par un texte liberticide qui pénalise la liberté d’expression et prémunit les responsables politiques contre la critique. Ce projet de loi organique comporte plus de 13 articles prescrivant des peines privatives de liberté.

 4- Le blocage du processus d’application du décret-loi N°116 de l’année 2011, depuis plus de 28 mois, et le non-respect des conditions fixées par ce texte de loi qui prévoit la création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA), après que le Président de la République eut abdiqué ses prérogatives en faveur des partis de la Troïka, en particulier du parti « Ennahdha », qui a entravé la création de la HAICA, en écartant les candidats connus par leur compétence et leur indépendance d’esprit et de caractère, et en proposant à leur place des personnes fidèles et dévouées ou qui n’ont jamais brillé par leurs positions en faveur de la liberté de la presse.

 5- La multiplication des agressions contre les journalistes dont certains ont reçu des menaces de mort, dans l’indifférence des autorités publiques et leur incapacité à les protéger et à arrêter leurs agresseurs qui profitent de l’impunité totale, outre les poursuites judiciaires engagées contre les professionnels des médias, sur la base du code pénal au lieu du décret-loi N°115.

 Les associations signataires du présent appel mettent en garde contre la gravité de la situation et contre les menaces qui guettent la liberté d’expression. Elles appellent l’opinion publique ainsi que tous les hommes et toutes les femmes libres à faire face aux tentatives visant à étouffer la liberté de presse et d’expression, le principal acquis réalisé depuis la révolution et sans lequel la Tunisie n’a aucune chance d’accomplir une transition démocratique réelle.

 Le 25 avril 2013

 - Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH)

- Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)

- Association « Yakadha » (Vigilance)pour la démocratie et l’État civique

- Syndicat Général de la Culture et de l’Information relevant de l’UGTT

- Syndicat Tunisien de la Presse Indépendante et de la presse des Partis (STPIP)

- Syndicat Tunisien des Radios Libres (STRL)

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 12:43

Comme toute société le capitalisme est en mouvement et le plus grave à mes yeux c’est de combattre un capitalisme qui est déjà passé.

 Dans ces années-là, où Vazquez Montalban parle quasiment à la première personne il déclare :

 « Je me souviens de cette prophétie de Marx, selon laquelle des éléments rebelles de la Bourgeoisie peuvent éprouver la tentation des rejoindre les rangs du prolétariat, mais tôt ou tard, presque tous réintègrent le bercail de leur classe. Au fil des ans, l’histoire même de l’Espagne m’a démontré la justesse de cette affirmation, laquelle contient d’ailleurs la clé de la recomposition de notre capitalisme moderne ou de notre capitalisme postmoderne, enrichi du savoir que lui ont légué ces jeunes révolutionnaires des années soixante qui s’en sont retournés chez papa. Ce fut le jeu prométhéen, mais à l’envers. Prométhée vola aux dieux le savoir ou le langage ou le feu pour le donner aux hommes ; et les jeunes révolutionnaires de bonne famille ont volé le marxisme au prolétariat pour le donner au patronat espagnol. »

 Ce fait est réel et cette captation par le capitalisme, des valeurs de la démocratie (captation qui s’est faite petit à petit suivant les pays), a réussi à désorganiser les forces de la démocratie sociale. A présent ce même capitalisme peut s’alimenter sur sa droite à trois sources anciennes remises en circulation, trois intégrismes : le religieux, l’économique, le mafieux.

 Comme dans le cas précédent où des personnages de la Bourgeoisie semblaient jouer contre leur classe, ces trois intégrismes se donnent des airs de révolutionnaires : des religieux qui de Jean-Paul II à Khomeiny se font passer pour des anticapitalistes ; des mafieux qui au Mexique affrontent aussi les USA, les polices du monde et toutes les autorités ; et un intégrisme économique qui veut abolir les frontières, créer la planète universelle, et fait de Facebook l’outil des révolutions arabes !

 Le néofascisme qui est la mise sur orbite du capitalisme actualisé n’a donc rien à voir, en France, avec l’électorat du Front national mais il a à voir avec TOUS les électorats ! Si le capitalisme précédent a dû se battre contre une part de ses propres troupes, des « réactionnaires » adeptes de l’immobilisme social, le capitalisme en construction se bat aussi contre une part de ses propres troupes, des «républicains » adeptes du droit à la légalité. D'autres réactionnaires ou républicains ont toujours été dans la réelle opposition au système.

 Cette analyse va heurter tous ceux qui pensent que la crise actuelle du capitalisme est sa crise ultime et que l’heure n’est pas à craindre sa recomposition mais à organiser son agonie. Elle ne serait que le fruit d’un pessimiste et pire même, le fruit d’un traître à la révolution !

La droite se définit contre la gauche (et inversement) donc la disparition de la gauche entraine la disparition de la droite (et inversement) voilà pourquoi le FN, qui a une longueur d’avance, se situe en dehors de ce clivage, d’où l’idée de Marine Le Pen de créer un pont avec un mouvement tout différent en Italie, celui de Beppe Grillo, lui aussi positionné contre ce clivage.

Pour que le capitalisme en soit à son agonie, il faudrait opposer à sa recomposition ACTUELLE, une recomposition de la démocratie sociale or nous en sommes très loin, en Europe comme ailleurs. Si j’avais une proposition à faire, elle serait simple : reprenons l’analyse du capitalisme qui a succédé au capitalisme monopoliste d’Etat. Je sais, certains économistes y travaillent…

J-P Damaggio

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