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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 13:26

Marcel Guerret ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain n’a pas pu retrouver sa place dans le Parti socialiste en 1945. J’en étais là de ma connaissance sommaire de ce premier vrai député PS du Tarn-et-Garonne quand j’ai découvert voici peu que le Midi socialiste avait pu paraître entre 1940 et 1945, étant de ce fait interdit d’existence à La Libération (il n’a pas pu renaître comme la Dépêche). Là j’ai découvert que Marcel Guerret y est resté un collaborateur régulier avec par exemple cet article sur un sujet qui me tient à cœur (voir mon livre sur l’Ecole normale de Montauban à laquelle Guerret fait référence à la fin de son article). Je me dispense de tout commentaire. JP Damaggio.

 

9 novembre 1940 Le Midi socialiste

Quelques fleurs sur une tombe

 Les Ecoles normales sont supprimées, et leur disparition n'a pas suscité grande émotion. La mesure n'est pas de celles qui peuvent retenir l'attention dans les difficultés dramatiques où se débat notre Pays.

Elles méritent cependant quelques paroles d'adieu.

Eût-il été possible, sans les supprimer, d'en modifier les programmes, les méthodes et l'esprit pour les adapter au Monde nouveau qui commence et au rôle de premier plan que l'Instituteur doit y tenir demain ?

Moi qui les connais bien et qui les aime, je le crois encore en toute sincérité.

Mais le moment n'est plus aux discussions. Le gouvernement a posé en principe qu'en matière d'enseignement public tous les jeunes Français doivent recevoir la même culture générale dans les mêmes établissements, sous la direction des mêmes professeurs. Les jeunes instituteurs ne sauraient faire exception à cette règle considérée comme base essentielle de la réconciliation et de l'unité nationales.

La suppression des Ecoles normales s'impose alors contre tout argument pédagogique ou sentimental, et c'est pourquoi elle est acceptée loyalement de l'Université groupée tout entière derrière le gouvernement qui assume la tâche difficile du redressement français.

*

Me sera-t-il permis toutefois de demander qu'on ne soit pas trop ingrat envers ces écoles qui ont été étroitement associées a tous les progrès de l’enseignement populaire public depuis un siècle ?

Car elles sont aujourd'hui plus que centenaires et de beaucoup les aînés de ces innombrables écoles publiques de nos villes et villages de France à qui elles ont inlassablement fourni des centaines de milliers de maîtres et de maitresses dévoués.

La première, celle du Bas-Rhin, si je ne me trompe, date de 1810 en pleine gloire impériale, mais c'est Guizot, ministre de la Monarchie de Juillet, qui en fut le véritable fondateur. La loi du 28 juillet 1833 dont il fut l'instigateur stipule, en effet, dans son article 11 que « tout département sera tenu d'entretenir une école normale primaire, soit par lui-même, soit en réunissant un ou plusieurs départements ». Grâce à cette loi, il existait déjà en France à l'avènement de la III è République, 77 Ecoles normales d'instituteurs et 11 Ecoles normales d'institutrices. Par la suite, l'histoire des Ecoles normales, n'est qu'un chapitre, le premier, de cette vaste création d'une Ecole primaire nationale, création que domine le double effort de Paul Bert et de Jules Ferry.

« Il ne peut y avoir de véritable enseignement public, écrivait Jules Ferry, là où il n'y a pas une formation spéciale des instituteurs. Que vaudraient les directives les plus sages et les programmes les plus savamment conçus s'ils ne sont pas appliqués par des maîtres instruits dont l'esprit et la conscience animent et dominent la plus difficile des tâches ?... »

En 1872 s'ouvre, à Auteuil, l'Ecole normale d'instituteurs de la Seine. Un an plus tard est créée l’Ecole normale d'institutrices de la rue Poulletier qui est bientôt après transférée boulevard des Batignolles.

Le 9 août 1879, une loi oblige chaque département à créer et à entretenir un Ecole normale, « tant pour les institutrices que pour les instituteurs ». Le nombre des écoles en est doublé. Des installations modernes s'édifient en nombre de villes avec bibliothèques, laboratoires, salles de gymnastique, jardins et partout l'Ecole annexe commence à remplir son rôle d'initiatrice aux bonnes méthodes d'enseignement.

La création se complète d'ailleurs d'une véritable renaissance des études, les langues étrangères prennent place dans les programmes avec l'agriculture et l'enseignement ménager.

Les Ecoles normales primaires supérieures de Fontenay (1880) et de Saint-Claud (1882) viennent prolonger et couronner cette réforme intellectuelle des écoles normales en ouvrant largement aux futurs professeurs l'accès à une solide culture que leur donnent, enthousiastes, des maîtres choisis parmi les plus éminents de l'Enseignement supérieur.

Ainsi, en 1882, lorsque viennent en discussion devant le Parlement les grandes lois organiques qui deviendront la charte de l'Enseignement populaire, les Ecoles normales sont prêtes, dans toute la France, à assumer la formation des nouveaux maîtres nécessaires à la grande œuvre éducatrice dont la France meurtrie de 1870 avait fait une des bases de son relèvement.

*

Un monde commence en France où elles ne seront plus.

Pour moi qui ai quitté à regret celle où j'ai pendant vingt ans donné le meilleur de ma pensée, et qui n'aurai pas la joie d'y finir ma carrière, je ne peux m'empêcher d'évaluer en ce triste automne les hautes figures d'un passé encore si près de nous ; tous ceux philosophes, savants, professeurs, hommes politiques qui depuis un siècle ont mis une foi ardente et pure au service de l’éducation populaire et dont l'idéal guida mon père, maitre d'école d'un humble village forérien et enthousiasma ma jeunesse studieuse !

MARCEL GUERRET.

Député du Tarn et-Garonne

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 12:57

En prévision d’un hommage à Guy Catusse, je suis allé revisiter quelques sources sur internet. J’ai donc eu accès à un des travaux colossaux du personnage, qui a permis la mise en ligne de la Revue Baroque si chère à Félix Castan. Je ne me souviens que de deux ou trois séances à l’Hôtel du Midi où se tenaient les colloques entraînant l’édition des revues. Les débats étaient trop savants pour ma petite tête. La vie a fait que c’est au cours de mon dernier passage dans le bureau de Félix que j’ai appris de sa bouche, la mobilisation de Guy Catusse autour de la revue. Une belle initiative qui peut élargir la diffusion de la revue. JP Damaggio

 

Présentation de la revue Baroque

La Revue Baroque fut publiée entre 1965 et 1985 à l’initiative de Felix Castan dans le cadre du Centre International de Synthèse du Baroque de Montauban, aux Editions Cocagne. Les 12 numéros publiés reprennent les actes des journées régulièrement organisées par Félix Castan, et qui réunissaient les meilleurs spécialistes français et européens. La collection complète, particulièrement riche et très difficile d’accès, est ici à nouveau rendue disponible, dans le cadre du projet européen ENBaCH (European Network for Baroque Cultural Heritage). Cette réédition est réalisée par le GRIHL (Groupe de recherches interdisciplinaires sur l'histoire du littéraire), équipe du Centre de Recherches Historiques (UMR 8558).

Guy Catusse a participé à l'aventure des colloques de Montauban ; son rôle a été crucial pour permettre notre réédition. Il nous a quittés au début du mois d'août 2012. Sans lui ce site n'existerait pas : il lui est dédié.

Les 8 premiers numéros sont d’ores et déjà en ligne. Les 4 suivants seront ajoutés progressivement.

[en fait les 4 autres ne sont toujours pas en ligne]

 http://baroque.revues.org/

 Deux autres liens :

 Un adieu écrit par Jean-Pierre Cavaillé

 Un poème dédié à Guy Catusse par une ancienne élève

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 12:17

Au Bangladesh 1000 ouvriers au moins périssent dans des conditions ignobles. Et les commentateurs autorisés y vont de leur couplet :

« on n’a jamais vu ça ».

La catastrophe de Courrières a eu lieu entre Courrières et Lens, le samedi 10 mars 1906 et a fait officiellement 1099 morts. Elle tire son nom de la Compagnie des mines de Courrières qui exploite alors le gisement de charbon du bassin minier du Pas-de-Calais. C’était en France hier et on doit sans doute l’amélioration des conditions de travail à la bonté des patrons !

Jean-Paul Damaggio

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 10:31

                       siege-2.jpg

 

En 1974, au Festival d'Occitanie de Montauban André Benedetto a tenté un pari assez surprenant : une création autour d'un moment historique de la ville, le siège que le roi fait à la cité protestante de Montauban en 1621. Cette création est basée sur plusieurs lieux scéniques.

Une grande tour qui est le lieu de la ville assiégée. En face, les forces de l'ordre. Sur les deux autres côtés de la Place nationale, sur des chariots, une scène pour Montauban avant le siège et en face une autre pour les forces royales. Au milieu, un bidon.

Parmi les nombreux articles de ce blog concernant Benedetto vous trouverez deux références au siège dont celle sur un moment particulier les répétitions.

Grâce à un enchaînement de bonnes volontés que je remercie mille fois, j'ai reçu cette serie de photos qu'il est stupéfiant pour moi, de retrouver quarante ans après.

Le texte de la pièce a été publié avec quelques photos en noir et blanc par les Editions PJ Oswald (1) et ma mémoire avait fini par effacer les couleurs des créations de Pierre François. Or ces couleurs, ces "décors" est un des éléments clefs de l'aventure : croiser un siège et un carnaval.

Benedetto, dans l'esprit de l'époque, a décidé de briser tous les cadres établis (on y retrouve des inspirations du Théâtre du Soleil). Pour les acteurs (professionnels et amateurs), pour le public (il se déplace), pour le genre (dramatique et comique) etc.  La pièce sera reprise au Théâtre des Carmes pendant le Festival d'Avignon mais sans possibilité d'utiliser l'espace de la Place nationale.

Je reviendrai sur cette question, fondatrice pour moi d'un rapport original à l'occitanie, à la culture et à la politique. Jean-Paul Damaggio

P.S. Sur la photo, je suis avec le chapeau à jouer le Consul Dupuy.

(1) André Bendetto, Théâtre 1 P.J Oswald, 1976

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:38

                                          jaures-1919.jpg

Affiche de la SFIO en 1919

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:33

Voici un article de l’Humanité, peu de temps après la naissance du PCF. Il permet de voir l’usage qui est fait de Jaurès (le pacifiste) et celui fait de Vaillant (le communard). Et il témoigne d’un grand moment d’optimisme, l’URSS devenant la patrie des communistes. JPD

 

L’Humanité lundi 13 juin 1921

Le privilège m'a été accordé, de participer chaque dimanche, depuis trois semaines, à d'admirables manifestations populaires organisées en commun par notre Parti Communiste et les organisations syndicalistes révolutionnaires.

Le 29 mai, au Mur des Fédérés, le 3 juin, dans la forêt d'Algrange, au milieu de milliers de mineurs lorrains, hier dans la banlieue parisienne, parmi les prolétaires d'Aubervilliers, de Pantin et de la région nord du département de la Seine.

Ces trois manifestations, de nature et de but différents, ont fourni les unes et les autres la preuve de la puissance croissante de nos idées dans les régions les plus diverses du pays. Aucun autre parti, aucune autre organisation ne peut, à l'heure actuelle, offrir un semblable, spectacle de vigueur, de force, d'unité et de discipline.

Hier des dizaines de milliers de travailleurs ont traversé les deux grandes cités ouvrières définitivement conquises par les communistes.

Ils venaient communier dans le souvenir de deux hommes qui furent parmi les plus glorieux précurseurs de notre mouvement révolutionnaire.

Ce sera l'éternelle gloire d'Edouard Vaillant de symboliser aux yeux des prolétaires de notre génération l'héroïsme des insurgés de 71 et leur tragique martyrologe. Et de plus l'histoire à venir lui saura un gré infini d'avoir redressé il y a vingt années avec Guesde, le socialisme français glissant vers le réformisme corrupteur où les Millerand, les Briand, les Viviani avaient résolu de l'enliser.

Les deux municipalités de Pantin et d'Aubervilliers avaient voulu joindre la commémoration de Jaurès celle de Vaillant. Si l'ancien député lu 20° représente avec un relief unique la Commune vaincue, le nom immortel de Jaurès dominera toute notre époque et nos luttes sociales en raison de ses campagnes pour la paix du monde. Il est mort frappé par la bestialité chauvine qu'il avait dénoncée sans trêve et contre laquelle il n'avait pas hésité à demander, au prolétariat international de se dresser par les moyens les plus violents.

L'hommage pieux et recueilli rendu hier à ces grands militants disparus a été digne de leur mémoire. Et les orateurs chargés de traduire les sentiments communs de l'immense foule qui les entourait ont relié, comme ils en avaient le droit, et le devoir, l'action leurs aînés à celle de notre Parti Communistes, héritier, direct de tout le: passé révolutionnaire français, seul porte-drapeau de; notre fier prolétariat en bataille.

Marcel Cachin.

La manifestation d'hier à Pantin et Àubervilliers, dont l'objet était l’inauguration des rues Edouard-Vaillant et Jaurès, a eu un succès si énorme, dont on peut dire qu'il était inattendu.

Trente mille communistes ont sacrifié la promenade à la campagne à laquelle invitait ce beau dimanche, pour honorer la mémoire de deux hommes d'une intelligence et d'un caractère hors pair, qui ont bien aimé le peuple et ont su bien le servir.

Cette manifestation succédant à celle de dimanche au cimetière du Montparnasse et à celle du Mur des fédérés, il, y a 15 jours, témoigne du crédit dont jouit la section française de l'Internationale communiste auprès des masses travailleuses de l'agglomération parisienne.

La formation du cortège

Vers 14 heures, un grand nombre de drapeaux rouges, entourés de petits groupes de militants, étaient rangés au long des boulevards qui, de chaque côté de la porte, Jean-Jaurès, longent extérieurement les fortifications. On  n'aurait pas pu prévoir à ce moment que la manifestation prendrait l'ampleur, qu'on devait lui voir. Pourtant la police, prévoyante, avait massé dans les abattoirs, tout a côté de paisibles bestiaux, plusieurs brigades d'agents.

Cependant les tramways amenaient constamment de nouveaux manifestants. Tant et si bien que, vers 14 h 45, lorsque les organisateurs firent serrer les groupes dans la rue de Paris, l'importance du cortège apparut. Il y avait en tête des fonctionnaires municipaux et des pompiers des communes socialistes. Les pupilles de Pantin admirablement habillés de blanc avec un col marin rouge - et tous jolis et d'une ravissante santé, - suivaient, précédent Auray, maire d'Aubervilliers ; Marsay, Mounard et plusieurs autres maires ou conseillers municipaux communistes de la banlieue. Les sections de Paris et de la Seine, .plusieurs sections de Seine-et-Oise et de quelques syndicats venaient à la suite. Diverses musiques jouèrent pendant tout le défilé,

Inauguration de la rue Edouard-Vaillant

Le cortège quitta la rue de Paris pour se diriger vers la mairie de Pantin en traversant le canal Saint-Martin. La chaussée et les trottoirs étaient occupés par les manifestants.

On s'était formé par quatre ; on se trouvait maintenant huit sur la même ligne, car de nombreux camarades qui semblaient être seulement des curieux avaient pris leur rang.

A la mairie, de Pantin commence la route d'Aubervilliers qui, depuis hier, s'appelle rue Edouard-Vaillant. Le cortège la suivit, passant devant la belle salle des fêtes où se tint une des séances du dernier Congrès fédéral de la Seine, et atteignit les Quatre-Chemins. C'est là surtout que la manifestation devait grossir : beaucoup de camarades arrivés par la porte de la Villette se mêlèrent à elle.

Aux Quatre Chemins

La route de Flandre mène de la porte de la Villette aux Quatre-Chemins : cette voie s'appellera désormais avenue Jean Jaurès. Aussi à l'angle qu'elle fait avec la nouvelle rue Edouard-Vaillant une tribune avait été dressée, ornée de velours et de plantes vertes sur laquelle les pupilles du 12°, -qu'on dénomme « les Enfants de Jaurès » - entourant le buste du grand orateur et le portrait du citoyen Vaillant, étaient installés et chantaient.

A partir des Quatre-Chemins jusqu'à la mairie d'Aubervilliers le défilé fut très lent ; le cortège se trouvait constamment coupé à cause du passage fréquent des 'tramways de l'avenue Jaurès. Afin de donner une idée de la densité de la foule, disons que les rangées comptaient, en moyenne 32 personnes, et que le cortège avait plus de 1.500 mètres de longueur.

Les meetings

On passa devant le square d'Aubervilliers. Une large banderole qui en barrait l'entrée portait les mots : « C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité. »

Enfin, on arriva la place de la mairie. La manifestation fut coupée en deux tronçons ; l'un qui se rendit sur un terrain sis en face de la coopérative Le Progrès, l'autre, qui se répandit sur les terrains voisins de l'hôtel de ville, autour de trois tribunes. Il y eut alors deux brefs meetings en plein air ; avec cinq tribunes.

Nous n'avons pu entendre tous les discours mais nous avons reconnu sur les tribunes : L.-O. Frossard, Marcel Cachin, Georges Pioch, Clamamus, Ch. Joly et Nelly Roussel. Les orateurs se bornèrent à tirer la leçon de la manifestation que Cachin notamment formula ainsi :

- Nous avons honoré Jaurès et Vaillant. Le souvenir du Premier évoque l’idée de la guerre qu'il combattit, toute sa vie et que nous empêcherons bien de se réaliser nouveau.

La mémoire du second est inséparable de l’idée de cette Commune de 1871 dont la république des Soviets qui est notre vraie patrie, est une réalisation agrandie.

La dislocation

Les militants se séparèrent dans le plus grand calme vers 17 h 45. Nos camarades Pierre Dormoy, député: communiste de Paris, et Garchery, conseiller municipal de Picpus, stationnèrent à la porte de la Villette pour parer aux incidents éventuel.

Comme à l'ordinaire plusieurs militants ont été victimes de brutalités policières En particulier, signalons, qu'à la station de la Villette, quatre brutes se sont précipités sur des jeunes gens qui chantaient et ont meurtris l'un d'eux, âgé de dix-sept ans, de la plus déplorable façon.

(pas de signature)

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:30

Marianne 28 février au 5 mars 2000

Jaurès, derrière l’homme politique, le grand écrivain

 

Ce n'est pas seulement pour s'être dressé, tel l'inconnu de la place Tian'anmen, en travers du chemin de la guerre, que Jean Jaurès mérite les avenues et les rues qui, partout en France, portent son nom. Ce n'est pas seulement pour avoir été assassiné alors qu'il s'obstinait à lutter contre la plus bête et la plus sanglante des fatalités qu'il mérite de rester vivant dans la mémoire collective.

Tout au long d'un parcours tragiquement interrompu avant d'avoir atteint son apogée - Matignon, plutôt que le Panthéon, en était le terme logique -, Jaurès apparaît comme l'homme politique complet tel que le modèle s'en est perdu ou au moins démodé. Imprégné d'une doctrine, porteur d'une vision, servi par son intelligence, appuyé sur sa culture, il était capable de donner à une pensée structurée une forme à la fois claire, logique et belle. Classé premier au concours d'entrée de la rue d'Ulm, il ne s'était incliné à l'agrégation de philosophie que devant Bergson. Orateur hors pair, journaliste incisif, historien, philosophe, critique, il parlait et écrivait la même langue, il utilisait les mêmes instruments dialectiques, il professait la même idéologie et la même morale, que ses auditeurs ou ses lecteurs fussent ses élèves d'Albi, les mineurs de Carmaux, les militants socialistes et syndicalistes alors divisés, les abonnés de la Dépêche, de la Petite République, de l'Humanité, ses collègues de la Chambre ou ses camarades normaliens. A une époque où le fossé n'a jamais été aussi grand entre la littérature, éperdue de raffinements antiréalistes ou de réactions nationalistes, et le peuple abruti de labeur, il assure que la beauté appartient à tout le monde, faisant avancer du même pas utopie de la littérature et utopie sociale.

En inaugurant la publication savante, pour partie chronologique, pour partie thématique, des œuvres  de Jaurès (1), un bloc de 18 volumes qui ne représente pourtant que le cinquième ou le sixième des écrits de l'infatigable travailleur, par des textes littéraires et philosophiques, les éditions Fayard mettent en apparence l'accent sur la multiplicité des talents, donc les diverses facettes d'une personnalité qui excellait dans tout ce qu'elle entreprenait. A la réflexion, ce qui frappe davantage est l’unité d'une pensée qui a, si l’on ose dire, les pieds sur terre, solidement campée dans les sabots du réalisme, et la tête au ciel, perdue dans un grand rêve rustique. Jaurès croyait en l'existence et au triomphe inéluctable des forces de l'esprit.

Deus sive Natura Dieu, autrement dit la nature, écrivait Spinoza. Jaurès annonçait le règne de l'amour, de la raison, de la douceur, autrement dit un nouvel âge celui de la conscience, qui ferait de l'humanité une sorte de Dieu collectif. Le socialisme était humain et même humaniste quand il avait le visage de cet homme... Dominique Jamet

Œuvres de Jean Jaurès, en particulier, tome XVI: Critique littéraire et critique d'art, édition établie par Michel Launay, Camille Grousselas et Françoise Laurent-Prigent. Fayard, 550 p., 150F

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 13:15

 

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Pourquoi les roses ont-elles autant de succès ? Car on peut faire mille croisements, mille variétés ? Parce qu’elles poussent partout ? C’est l’inverse : on peut faire mille variétés car elles fleurissent tout l’été. Le long temps de floraison donne à la plante une certaine rentabilité ou productivité pour parler le langage à la mode.

En conséquence pourquoi planter des iris qui sont si éphémères ? Ils sont là, immobiles toute l’année, dans des parterres sans intérêt puis vient le printemps et juste le temps de se retourner surgissent des fleurs de toutes les couleurs.

Alors il faut saisir au vol ce plaisir d’un instant… puis passer à autre chose. JPD

 

 

                                   iris-2.jpg

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 13:11

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 La Brochure : 64 pages, 5 euros

Pour avoir un avant-goût de la présentation de ces deux personnages le 15 mai à Castelsarrasin, voici deux faits extraits de la brochure qui reprend un certain nombre de documets les concernant :

 Candidat au poste de sénateur à plusieurs reprises, Camille Delthil (1835-1902) indique son programme très à gauche en 1897 :

« Il faut donc réviser la Constitution dans un sens nettement démocratique et arriver soit à la suppression du Sénat, soit à sa nomination par le suffrage universel direct.

La deuxième réforme réclamée par la Démocratie française c’est l’impôt sur le Revenu.

L’impôt actuel est injustement réparti et, par certains côtés, il est même d’une iniquité révoltante. Nous devons sans tarder davantage, en corriger les défauts en en appliquant l'IMPOT PROGRESSIF SUR LE REVENU.

Ce mot de progressif, nous le savons, sonne mal aux oreilles de quelques privilégiés de la fortune, et cependant, ne l’avons-nous pas la progression ?... Si nous l'avons, mais à rebours ! Elle est en faveur des gros contre les petits, et ne serait-ce pas un acte de justice sociale de l'établir à l'inverse de ce qu'elle est : car, selon le mot du marquis de Mirabeau : « les grandes fortunes sont dans un Etat ce que les brochets sont dans un étang. »

Dans une Société bien organisée, celui qui possède beaucoup doit payer beaucoup et celui qui a peu payer peu.

Voilà les deux principales réformes de notre programme, que nous complétons par le scrutin de liste, la loi sur les associations, la réforme administrative et le crédit agricole. »

Demander la suppression du sénat pour un candidat aux sénatoriales c’est une audace qui depuis n’a pas été atteinte. Remercions de Gaulle pour avoir osé faire la moitié du chemin en mettant le sénat à la remorque de l’assemblée nationale !

 

De son côté, Pierre Flamens (1825-1893) propose cet amendement au Conseil général du 82 en 1883 :

M. Flamens dépose l'amendement suivant :

« Le soussigné,

«Vu la nécessité de munir les 24 bibliothèques cantonales pédagogiques des livres indispensables aux instituteurs ;

« Vu le défaut de justification et même d'allégation d'insuffisance de revenus fait pour la maîtrise de la cathédrale et pour l'évêché,

« Demande la suppression de la somme de 5,000 francs portée au budget des cultes, sous-chapitre VIII, article 2 :

Art. 2. — Secours pour concourir aux frais du culte. :.. 4,000 F

Art. 3. — Secours à la maîtrise de la cathédrale          1,000 F

Total                                                                     5,000 F

et d'affecter cette somme aux besoins de bibliothèques pédagogiques cantonales, en l'inscrivant à ce titre au budget de 1883.

« Signé : P. FLAMENS. »

L'amendement de M. Flamens est mis aux voix et n'est pas adopté. »

 

Nous étions trente ans avant la loi de séparation des églises et de l’Etat que Flamens demandait déjà avec énergie.

 Une question surgit : comment et pourquoi deux hommes faisant partie de la classe sociale la plus riche de Moissac et Castelsarrasin pouvaient-ils se placer aussi clairement du côté de la classe pauvre ?

Une question fondamentale pour comprendre la Troisième République et qui sera abordée plus tard. JPD

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 13:09

J’ai grandi au milieu des odeurs des légumes ce qui fait que j’ai mis du temps pour comprendre… qu’il y avait des odeurs ! C’est seulement sur le tard que mes parents cultivèrent du tabac, donc j’ai compris que, l’odeur étant nouvelle, elle entrait dans mon paysage olfactif, mais pour celles présentes depuis toujours, il n’y avait pas d’odeur.

En oubliant les plantes, je les ai retrouvées petit à petit. Pour le pêcher, j’ai par exemple croisé des amis faisant du vin de pêche, avec seulement les feuilles, et à ma grande surprise, les feuilles de pêche ont la même odeur… que les pêches ! Mais revenons aux légumes.

 Comment qualifier l’odeur de céleri ? Certains diront qu’elle vous fait tomber à la renverse si bien qu’autrefois elle servait à réanimer les malades évanouis ! Mais quel adjectif ? Forte vient très vite mais ne dit pas grand-chose. Et la forte odeur vient autant avec les feuilles qu’avec les raves.

 Cette ombellifère aux fleurs jaunes, originaire du sud de l'Europe, aujourd'hui cultivée partout a été améliorée par sélection horticole pour donner les diverses variétés. L’odeur a-t-elle évoluée avec les variétés ? J’en doute.

 Des jardiniers italiens ont réussi, il y a quatre siècles, à en atténuer l'amertume grâce à des croisements successifs et ont obtenu du céleri à côtes pleines, le céleri branche, par la méthode de l'étiolement en faisant grossir ses feuilles et ses pétioles. Pour le céleri-rave, la sélection a porté sur la racine devenue très grosse. Les différentes variétés sont appréciées comme aromate et comme légume qu'il s'agisse de céleri en branches, dit aussi céleri à côtes, aux pétioles charnus, utilisé comme condiment, ou du céleri rave apparu en 1530. Le céleri rave a été l'objet des soins attentifs des horticulteurs allemands qui l'ont perfectionné, mais il n'est devenu de consommation courante en France qu'au milieu du 19e siècle.

Pour le goût, « atténuer l’amertume », mais pour l’odeur ?

 Tout ceci ne me dit rien de l’adjectif pouvant décrire l’odeur du cèleri. Quant à l’étymologie du nom scientifique elle confirme que la plante a été désignée… par son odeur : apium graviolens (odeur intense) et son nom commun était « ache des marais ».

Les plantes de la même famille ne manquent pas d’odeurs comme la carotte, la coriandre, le fenouil ou le cerfeuil. Quant à la confusion avec le persil elle a duré longtemps.

 Par contre le nom ordinaire vient de Selene, déesse de la lune en grec ancien : selenon, seleno (au pluriel seleni), puis cèleri. Sélinante en Sicile était un lieu où le cèleri pouvait fortement à l’état sauvage.

 Mais l’odeur, quel adjectif lui donner ? Je reste… sur ma faim… JPD

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