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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:30

Débat à lalibrairie Deloche

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

Dans la salle elle dit être « maîtresse d’école » et s’interroge sur la « réussite » des enfants. Autrefois l’école était là pour permettre aux enfants de vivre mieux que leurs parents, le souhait premier de tout être humain. L’école s’inscrivait dans l’univers du « progrès » or ce discours ne tient plus et se remplace souvent par la réussite individuelle.

Nous sommes là en plein dans le thème « école et société ».

Qu’elle est la responsabilité des autorités ? Quelle est leur légitimité insiste l’un d’eux ?

 La fin du progrès ?

En 1970 mon prof d’histoire est parti à la retraite et comme souvent dans ce cas, il est remplacé par un jeune en attendant que le mouvement des enseignants remette de « l’ordre ». Ce jeune nous annonça tout de suite contre l’idéologie de l’ancien que la frise historique n’avais pas besoin de flèche au bout car l’enseignement de l’histoire n’a pas à passer par l’affirmation de principe d’un sens de l’histoire. Je ne sais pourquoi ce détail de ma vie scolaire m’a marqué mais je sais que de suite cette perte du sens m’est apparue monstrueuse. S’agissait-il d’une approche pédagogique (tout comme le recul de l’étude des dates) ou de l’affichage d’une réalité ? Bien sûr, l’infâme deuxième guerre mondiale avait démontré que le progrès n’est pas linéaire et qu’y compris,  là où la société était très évoluée le massacre pouvait s’imposer comme règle de vie.

Il existe cependant un fossé entre s’interroger sur la nature du progrès et sur l’absence de progrès. Le prof d’histoire devait-il présenter une neutralité sur le sujet, à charge au citoyen de se donner sa propre définition du progrès.

Sauf que la disparition de cette petite flèche reposait toute la question de la légitimité de l’institution scolaire !

 La légitimité de l’institution et donc de l’instituteur ?

Pas à pas, le projet social d’école devant promouvoir les talents de chacun est devenu le projet de chaque école sous le titre : projet d’école. Il n’y a plus eu l’école mais des écoles sauf que du temps de l’école « nationale » il n’y a jamais eu l’uniformisation que l’on suppose. Chaque école était déjà l’œuvre de l’instit de l’école, car comme il a été rappelé à l’école primaire chacun enseigne aussi ce qu’il est. Mais cette diversité s’inscrivait dans un moule appelé « école normale ». Aujourd’hui, cette diversité devient l’objectif comme si les écoles pouvaient être mises en concurrence pour en améliorer la qualité !

Ce système nouveau a sa hiérarchie qui a pour fonction de le développer. L’école a toujours été une hiérarchie mais une hiérarchie largement solidaire car elle aussi formée dans le même moule. Enseigner l’occitan n’était pas autorisé mais on n’a trouvé aucun inspecteur sanctionnant l’instituteur Perbosc grand utilisateur de l’occitan pour faire apprendre le français.

Donc à présent la hiérarchie face à la nouvelle situation se doit de faire passer des consignes car elle prône l’école des compétences sans pouvoir afficher sa propre compétence, talon d’Achille qu’elle compense par l’auto-affirmation de sa légitimité.

 La théorie et la pratique

En formation professionnelle à l’Ecole normale, il y avait des instituteurs remplaçants qui venaient se former après avoir « essuyé les plâtres » dans des classes et ceux qui venaient d’avoir un bac qui ne leur donnait aucune légitimité pour enseigner. Le discours classique de la pratique comme la théorie. Normalement la légitimité de l’inspecteur venait du fait qu’il avait été longtemps enseignant avant de gravir la marche. Mais quand l’école continue une histoire classique ce n’est pas comme quand l’inspecteur doit casser l’école de cette histoire là ! On assiste donc à cette mutation : hier des enseignants parlant souvent d’égal à égal avec des inspecteurs alors qu’ils avaient une formation de base limitée (le brevet) et aujourd’hui des supérieurs qui s’adressent à des enseignants beaucoup plus soumis alors qu’ils ont bac +5 ! Je parle en termes de tendances car ce qui fait toujours l’enseignement c’est que chacun est là avec sa propre vie. La mutation fait que si hier l’instit pouvait être un enfant de 6éme de transition réussissant à reprendre le dessus, aujourd’hui pour arriver à bac+5 « l’instit » devenu prof est beaucoup plus le porteur du chapeau « bon élève ».

Quelle est la part d’enfants du peuple qui peut choisir le métier d’instit ?

C’est clair tout a changé mais pour aller vers où ? Et les inspecteurs savent-ils la destination ?

 

Quand j’ai entendu un inspecteur d’académie me dire que, vu le travail à l’école maternelle, il n’y avait pas besoin d’y mettre un Bac+5, j’ai compris que la destination est assumée. Pour ma part je n’ai jamais revendiqué une formation de base Bac+5 pour les instits mais une formation de haut niveau pour enseigner y compris en maternelle, tâche très originale qui inquiète beaucoup un « maître » de CM2 comme est tout aussi vrai l’inverse. Le signe du massacre je l’ai vécu au jour le jour avec la détérioration de la formation continue des enseignants. Le monde est en mutation avec comme première règle : limitation des dépenses sociales en matière d’éducation pour les transvaser sur les citoyens eux-mêmes en cours du soir et écoles à tarifs prohibitifs suivant le principe que ce qui est gratuit est ridicule. Et o,n boucle la boucle du rapport école et société. JPD

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:11

Sur le premier Cahier d’Etudes Manuel Vazquez Montalban Rosa Maria Rodriguez Abella (RS) se penche que la traduction italienne du grand roman de MVM, les Mers du Sud. J’ai ajouté la comparaison avec la traduction française et je m’en tiens ici aux mots sans rentrer dans les considérations générales. Vous avez donc le mot en VE, puis le mot en VF, le mot en VI et le commentaire de l’auteur de l’étude sur ce mot.

 Le roman Los mares del sur (1979) qui a eu un prix en Espagne (Planeta) puis en France grâce à Michel Lebrun (Prix international des la littéraire policière en 1981) est traduit par Michèle Gazier sous le titre « Marquises si vous saviez » chez un petit éditeur, puis Les mers du sud chez Christian Bourgois en 1988, et sera traduit en italien par Sonia Piloto di Castri sous le titre : Un delitto per Pepe Carvalho(1982) puis par Hado Lyria (amie de MVM et traductrice de tous les autres livres) en 1991 avec le retour au titre original : I mari del sud.

Je n’ai pas la première version de Michèle Gazier dont le titre, sans doute choisi par l’éditeur, fait référence à un sud très précis, les îles Marquises qui est le contraire du sud affiché dans le roman.

 La première version italienne, en plus du changement du titre s’autorise la suppression de l’épigraphe… pourtant en italien puisque c’est le ver du prix Nobel Salvatore Quasimodo : Più nessuno mi porterá al sud, ver dont le premier travail de Pepe Carvalho sera d’en élucider la provenance.

 Les observations de traduction vont surtout porter sur les éléments de dialogue qui nous renvoient à une certaine forme d’argot.

 Yo no me canso de mover el esqueleto / Je ne me fatigue pas à remuer ma carcasse / Non mi stanco mai di scuotere le ossa. (far quattro salti est plutôt proposé par RS).

Estás caliente/ Tu es en chaleur/ Sei calda (sei arrapato par RS)

Hoy toca / C’est pour aujourd’hui / Oggi sono in vena

No me enrolles otra vez / arrête tes salades / non prenderi per il culo un’altra volta /(non mi coinvolgere un’altra volta par RS)

Le había echado la vista a un zequis azul, demasié / J’avais un peu reluqué une céixe bleue…/ Avevo gettato l’occhio su un ci-ics azzurro, una favola (buttare l’occhio su una cx blu par RS)

Cantamañanas/ grande gueule/ tiramolla

Pija/ minette/ bella (snob ou colat RD)

La leche/ (pas de traduction côté français) / vacca (porca vacca RS)

Chalatura/ genouille de bénitier/ stronzata

Jauja / le pays de cocagne / Caspita (caramba RS)

Las partes/ les partis (sexuelles) / le parti nude  

 Traduire c’est aussi apprendre la vie et cet article ne donne qu'un aperçu schématique de l'étude mentionnée. JPD

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 16:28

Parmi les injustes absents de ce blog il y a le Péruvien Mariategui qui va être célébré à Paris.

Je renvoie les lecteurs à cet article de René Merle :

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-mariategui-et-jaures-118300881.html

 Oui, Mariategui a aussi parlé de Jaurès et il n’a pas cherché à savoir s’il était révolutionnaire OU réformiste mais il a démontré que son réformisme avait un fonction révolutionnaire.

 De mon côté j’ai repéré, sur mon blog, des allusions à Mariategui avec surtout un gros article sur Bourdelle.

Jean-Paul Damaggio

 Une bibliothèque à Lima

 La gauche latino-américaine, un modèle ?

Vallejo Aragon Mariategui

 Bourdelle Mariategui Gramsci

 Encore Bourdelle Mariategui Gramsci

 Montalban cite Mariategui par la bouche de Diderot Martinez

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:55

J’avais 16 ans et mon unique grand-mère emporta son charabia dans sa tombe. C’est en répondant aujourd’hui aux questions de Rosendo Li (1) que je me suis dit qu’il était temps de rendre un hommage mérité à Maria. Paradoxe incroyable, je croyais qu’elle parlait français ! Ayant toujours entendu son charabia, je la comprenais parfaitement d’autant plus qu’il n’existait pour moi qu’une vraie langue, le français, qui devait suffire à nos besoins linguistiques. A l’école, je m’étais mis à l’espagnol et même à l’anglais, mais par la force des choses. Dans l’oreille, j’avais des traces, et plus que des traces, du patois (l'occitan), mais le français était notre langue et Maria le parlait très bien.

Sur le marché de Caussade où je l’accompagnais pendant les vacances, tout le monde la comprenait aussi bien que moi, et pourtant, des enfants qui l’écoutaient, ne pouvaient suivre une conversation avec elle.

Très croyante elle était sollicitée pour un talent lui aussi très bizarre : elle éteignait le feu !

 D’elle je me souviens de cette expression : « fa il gros » et il m’a fallu des années avant de comprendre que cette expression avait besoin d’une traduction ! Dans sa bouche, dans le contexte, c’était une évidence : un des voisins agriculteurs voulait faire le gros agriculteur ; elle, ne cherchant que la modestie dans la culture des salades. Non ce n’était pas une insulte, ni un mépris affiché, mais un simple constat, comme on dirait de telle autre personne : « elle se fait belle ». Ceux qui veulent « péter plus haut que leur cul » et cette expression ne pouvait être sur ses lèvres, doivent s’attendre à de grandes déceptions : voilà le sens profond de « fa il gros ».

 En fait ma grand-mère venue d’Italie avait transporté avec elle l’italien de sa province. Pour vivre, jeune, elle allait faire de la couture dans des familles qui parlaient patois, et au village le français dominait, alors elle s’est mise à parler charabia, je veux dire un mélange des trois langues.

 Mon premier étonnement est venu d’immigrés portugais que j’identifiais parfaitement comme étant des Portugais, parlant une langue totalement inconnue pour moi, et qui venaient acheter du vin. Avec ma grand-mère, ils se comprenaient comme si elle avait toujours parlé portugais ! Et des uns aux autres, les immigrés en question se passaient le mot : ils pouvaient aller acheter du vin chez quelqu’un les comprenant !

Je dis ça parce que les Portugais étaient des immigrés voyageurs et non des immigrés installés dans le village. Régulièrement, l’un était remplacé par un autre, mais ils ne perdaient pas le filon du vin compréhensible.

Le mot charabia est-il le plus approprié pour caractériser la langue de ma grand-mère ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un sabir ?

 A écouter les langues autour de moi j’aurais dû voir naître en mon jeune esprit l’amour des langues or il me faudra attendre mes 22 ans pour, en rencontrant le Québécois Jacques Desmarais, comprendre enfin et un peu tard (déjà) qu’il n’y a de parole possible que par la confrontation des langues, confrontation qui est dans le français lui-même et dans ces mots que sont charabia et sabir. Ensuite, j’ai étudié l’occitan, puis revu l’espagnol, et pris une méthode d’italien. Pour l’anglais je me suis résigné à seulement le lire. J-P Damaggio

Emission que vous pouvez retrouver sur CFM au chapitre « rendez-vous avec Rosendo ». celle-ci sera diffusée dimanche à 13 h.

 

 

PS : Tout d’un coup je me suis demandé si je n’avais pas déjà écrit ce texte et j’ai cherché sur le blog avec le moteur de recherche, au mot grand-mère. Je la trouve deux fois pour une histoire de train et une de dollar :  Le paris-cerbère   Nos rêves des amériques

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 10:23

Texte publié dans la revue Lengas n°17 qui reprend les interventions d’un colloque tenu à Montpellier en 1985 à l’initiative de l’association Obradors et portant sur la question linguistique et la révolution française.

La question linguistique à Montauban (1790-1793)

1976: Les drapiers jacobins, pièce d'A. Benedetto jouée à Montauban dans le cadre du Festival d'Occitanie. La pièce est éditée avec une préface de Félix Castan et des notes (1).

Point de départ de cette pièce : la « pétition » en 1791 d'un certain Antoine Gautier-Sauzin.

Le sujet : la question linguistique à Montauban pendant la Révolution.

Originalité du propos : la langue occitane est défendue par un jacobin montalbanais.

D'où le titre de la préface de Félix Castan : « Robespierre anti-Grégoire ».

En notes, A. Benedetto publie des extraits du courrier qu'il a échangé à ce sujet avec son préfacier : il souhaitait trouver un jacobin défendant la langue d'oc ; Castan lui répond : nous l'avons, avec Antoine Gautier-Sauzin, l'auteur de la fameuse « pétition ». Mais nous sommes cependant prévenus : ce Gautier-Sauzin demeure par ailleurs un inconnu.

La « pétition » d'Antoine Gautier-Sauzin (datée du 18 décembre 1791)

En 1976, au moment même où A. Benedetto prépare sa pièce, la « pétition » sort de l'ombre, grâce au livre Une politique de la langue (2). Il s'agit d'un texte de cinq pages, envoyé à Grégoire. Ce n'est pas une réponse au questionnaire que le député avait envoyé, mais, vraisemblablement, un ensemble de réflexions qui fait suite au plan d'Instruction publique. Dans un premier temps, retenons de cette « pétition » les points suivants :

— Gautier, pour désigner l'occitan, utilise successivement les termes ou formules: «leur [= des paysans] idiome naturel», «leur langue maternelle», «les idiomes méridionaux», «langue naturelle», «leur idiome naturel», «leur idiome particulier». On imagine la réaction de Grégoire à la lecture d'un tel texte ! Comment un petit cultivateur de Montauban avait-il pu écrire de la sorte ? D'autant qu'il précise par exemple : « Oh ! qu'on ne croie pas que ces divers idiomes méridionaux ne sont que de purs jargons : ce sont de vraies langues, tout aussi anciennes que la plupart de nos langues modernes ; tout aussi riches, tout aussi abondantes en expressions nobles et hardies, en tropes, en métaphores, qu'aucune des langues de l'Europe : les poésies immortelles de Goudelin en sont une preuve sans réplique.»

— Gautier exprime clairement sa volonté d'inscrire sa proposition d'enseignement en occitan dans le cadre des combats de la Révolution : « Les habitants de nos contrées sont encore bien loin d'avoir une idée nette, non seulement de notre sublime Constitution, mais même de l'immense révolution qui s'est opérée dans le royaume, et pour ainsi dire autour d'eux.» ; «La Nation, en se reconstituant, a sagement proscrit de son sein toute distinction d'ordres, de rangs, de privilèges, et n'a conservé de considération personnelle que celle qu'il importe si fort d'attribuer aux talents qui servent ou défendent la patrie et aux arts qui l'embellissent».

De telles phrases, à coup sûr, sont assez vagues, mais le texte de Gautier n'avait pas pour but de développer les idées de son auteur au sujet de la Révolution : il s'agissait d'abord de proposer des moyens convenables pour instruire les gens des campagnes. Et comme ceux- ci ne parlent pas le français, « il se préserve ici une difficulté de détail qui par son importance mérite d'être examinée et discutée avec quelque attention. » « Un détail important » qui constitue précisément le sujet de ce colloque !

En réalité, les problèmes principalement évoqués par Gautier-Sauzin sont les suivants :

—         celui de la langue et de son statut : qu'est ce qu'une « vraie langue » ?

—         celui de la langue et de son enseignement : que peut-on enseigner, et surtout, à qui ?

—         celui de la langue des campagnes : comment combattre l'ignorance des campagnes ?

—         celui de la langue et de la Révolution : quelle langue pour la Révolution ?

Montauban et sa Société Populaire

« Si Toulouse, capitale administrative incontestée, reste la plus grande ville de la région, Montauban en 1790 se situe en seconde position, avec ses 28 milliers d'habitants, ce qui représente entre la moitié et les trois cinquièmes de la population de Toulouse, le double de celle de Pau, le quadruple de celle de Perpignan » ; « au point de vue industriel, elle l'emporte nettement sur sa puissante mais somnolente voisine » (3). La Société populaire de Montauban a été créée après les événements tragiques du 10 mai 1790 (4) ; née de la fusion de trois sociétés, elle étendit peu à peu son pouvoir. Dans l'étude minutieuse qu’il lui a consacrée, Galabert, montre que les pauvres n'étaient pas tenu de payer pour en devenir membre : pour s'opposer aux royalistes, les révolutionnaires pouvaient ainsi regrouper plus facilement l'ensemble des forces qui leur étaient favorables (5). Mais cet accueil fait aux plus pauvres avait des limites : lorsque des brochures sont imprimées à l'intention des membres, sur les 1500 exemplaires tirés, une centaine d'exemplaires gratuits sont réservés pour les plus démunis ; mais, si l'on compare ces deux chiffres aux huit mille ouvriers montalbanais de l'époque, on comprend qu'il ne faut pas assimiler la Société populaire à l'ensemble du peuple de Montauban.

Bien que minoritaire, la Société ne manqua cependant pas d'ambitions. Si en 1790 la municipalité ne lui est pas favorable, à partir de 1792, la situation change et elle finit par imposer ses propres candidats. Par ailleurs, elle s'évertua à étendre son emprise géographique : le Comité de Salut Public créé en mars 1793 sous l'impulsion de Jean Bon Saint-André, venu comme représentant en mission, s'efforça d'étendre son autorité à l'ensemble du département du Lot.

A considérer les registres de la Société populaire montalbanaise, on constate que la question linguistique n'y occupe qu'une place très réduite, qui contraste avec celle accordée aux problèmes militaires, religieux ou sociaux. On note :

—         27 septembre 1790 : présidence Gautier. Lecture a été faite d'un imprimé portant pour titre Signalement des Aristocrates à l'Assemblée Nationale; ayant pour devise « Tu es un homme aujourd'hui, demain peut-être rien. Ton devoir ici-bas est d'être homme de bien », de l'Imprimerie Letellier. Sur quoi il a été délibéré de le faire imprimer après l'avoir préalablement traduit en « idiome gascon ». A cet effet une commission est nommée.

—         7 novembre 1790 : sur le choix de deux traductions « patoises » qui ont été faites au sujet de l'imprimé sur le Signalement des Aristocrates.

—         9 janvier 1791: l'abbé Calmels a demandé à l'assemblée son agrément pour faire périodiquement dans le local de la société, les jours qu'elle indiquera, une instruction patriotique et publique pour les enfants et les habitants de la ville et de la campagne non lettrés, dans laquelle il offre d'expliquer gratuitement tant en français qu'en « langue vulgaire » tous les avantages de la Constitution et des décrets acceptés ou sanctionnés par le Roi. Rivals, qui est protestant, se joint à cette proposition.

—         15 mai 1791 : il a été fait lecture d'un Dialogue en « patois » au sujet de la nomination de M. Sermet évêque de Toulouse. Ce dialogue a reçu les applaudissements de l'assemblée.

—         22 mai 1791: lecture d'un Dialogue en « patois » relatif à l'impôt qui a été vivement applaudi.

— 25 septembre 1791 : l'abbé Bernardy ayant pris la parole a prononcé à la tribune un poème dans l'idiome « patois ». Vifs applaudissements Le président a aussi témoigné la satisfaction de l'assemblée.

Par la suite, plus aucune indication de cette sorte n'apparaît. F. Galabert, par ailleurs, indique que, le dimanche, pour que les gens de la campagne puissent participer, les réunions se tenaient en patois. Daniel Ligou précise quant à lui que « maintes fois la Société donne lecture ou fait diffuser des dialogues occitans mettant en scène le populaire prélat féru de cette langue » (il s'agit bien sûr du R.P. Hyacinthe Sermet).

Montauban, on le voit, s'est fort peu préoccupé de la question linguistique à cette époque. Le nom donné à la langue occitane dans les registres de la société populaire : « idiome gascon », « patois » le plus souvent, est révélateur d'une situation instable, peu maîtrisée. Mais où se trouvait donc alors notre Gautier-Sauzin ? Etait-ce lui qui présidait la séance du 27 septembre 1790 ? Le questionnaire envoyé par Grégoire, en tout cas, n'est jamais évoqué dans les registres de la Société et, au moment même où Gautier-Sauzin envoie sa « pétition » à Grégoire, c'est-à-dire en décembre 1791, rien ne manifeste, dans les comptes rendus, que la question linguistique et la réponse fournie aient été mises en discussion. Qui était donc, dans ces conditions, Gautier-Sauzin ?

La famille Gautier

Les dossiers concernant la Révolution montalbanaise font immédiatement apparaître un Gautier, que j'appellerai le Gautier greffier : il occupe cette fonction de greffier de la commune en 1791 ; il devient ensuite secrétaire expéditionnaire du Comité de Salut Public en 1793 ; après thermidor, il continue à exercer cette charge auprès du Comité révolutionnaire de la ville. On le trouve, enfin, greffier au Tribunal de première instance grâce, sans nul doute, à l'appui de Jean Bon Saint-André, qui était devenu quant à lui une personnalité de l'Empire

Apparaît par ailleurs un Jean-Antoine Gautier, qui est président de la Société populaire en 1790. Président du Comité de Salut Public, il joue un rôle important dans la Révolution montalbanaise : il est en particulier élu juge de paix dès 1791 et occupera cette fonction jusqu'à la réaction thermidorienne, qui le destitue.

Un fait est certain : notre Gautier-Sauzin, de quelque façon qu'on prenne la question, n'a rien à voir avec ces divers Gautier... Pour retrouver sa trace, il faut consulter les registres d'état civil : nous y apprenons qu'il est décédé à Montauban le 17 novembre 1831, qu'il n'exerçait alors aucune profession, n'avait jamais été marié, et vivait seul. Au moment de sa mort, à l'âge de quatre vingt trois ans, il était apparemment si peu connu de ses voisins que ceux-ci ne purent, lorsqu'ils allèrent à la mairie déclarer son décès, donner le nom de ses parents (6).

Par rapport au but initial de ma recherche, qui visait à mieux situer l'auteur de la « pétition » à Grégoire sur l'échiquier politique montalbanais, afin de savoir comment celui-ci avait défendu sur le terrain la langue d'oc et comment cette défense avait été articulée avec des prises de positions politiques, je suis réduit à constater :

—         que Gautier-Sauzin préfère écrire à Paris plutôt que d'agir sur le terrain montalbanais;

—         qu'il ne s'est pas comporté comme le font habituellement les correspondants de Grégoire, c'est-à-dire en passant par une Société populaire ;

—         que ses idées politiques ne peuvent pas, dans l'état actuel de nos connaissances, être précisées.

Contrairement à ce que pose la pièce d'A. Benedetto qui m'a servi de point de départ, la rencontre ne s'est probablement pas produite, à Montauban, entre le mouvement sans-culotte et le combat pour une France plurielle en ce qui concerne la langue. Claude Mazauric, dans les Annales de la Révolution Française, n'avait pas eu besoin de faire tout ce chemin pour en arriver à une conclusion identique. Il écrit en effet, au sujet de la pièce de Benedetto et de la présentation de Castan: « Jamais Robespierre et les jacobins robespierristes après 1792 ne se sont séparés des partisans de l'unification linguistique comme Grégoire ou Barère ; remarquons d'ailleurs que les « fédéralistes » ne se seraient pas opposés à eux sur ce plan. Tous étaient persuadés en se fondant sur les conceptions linguistiques des Lumières, que le progrès de l'histoire des peuples se traduit par un progrès dans la langue et qu'agir sur la langue, c'est agir sur l'histoire ». (7)

Nous avons rencontré le nom du R.P. Sermet dans les registres de la Société populaire montalbanaise. Tout le monde s'accorde pour dire qu'il fut un défenseur de la langue d'oc. Mais Sermet, dans ses discours en occitan, ne dit strictement rien de la question linguistique. Il apporte cependant la preuve qu'il est possible de parler en occitan à propos de la Révolution. Or, entre 1790 et 1794, se produit une évolution qui fait que, dès septembre 1791, on ne s'intéresse plus à la question linguistique à Montauban. Pourquoi cette évolution ?

1792-1793

Si Gautier-Sauzin écrit en décembre 1791 à Grégoire pour prendre la défense de la langue d'oc, c'est certainement parce qu'il s'est rendu compte que quelque chose était en train de changer à ce sujet dans sa ville. Le 13 octobre 1791, la Société populaire « pénétrée de l'impression que fit sur les esprits la lecture de l'adresse de l'abbé Grégoire invita Jean Bon Saint-André à occuper le fauteuil de président. L'adresse sera imprimée pour être envoyée à toutes les sociétés affiliées du district et pour en éterniser les impressions il en sera fait lecture tous les mois. » Il est difficile de savoir en quoi consistait cette adresse de Grégoire ; par contre, les enjeux du moment, à Montauban comme dans l'ensemble du pays, apparaissent clairement : la Constituante va céder la place à la Législative. Jean Bon Saint-André, depuis le 'mois de juin, se prépare pour ces élections. A cet effet, il prend tous les pouvoirs dans la Société : Gautier est alors éliminé, et ne retrouvera sa place qu'en mai 1792, lorsqu'il redeviendra président.

Or c'est après cette élimination que la question linguistique occitane cesse d'être évoquée par la Société populaire montalbanaise. Mais cette coïncidence autorise-t-elle à supposer que nos deux Gautier se soient concertés un tant soi peu à ce moment ?... Notons par ailleurs que le nom du R.P. Sermet apparaît encore une fois en 1792 dans les registres à la date du 6 janvier : « Sermet, évêque métropolitain de Toulouse nous a envoyé une instruction pastorale dédiée aux fidèles de son diocèse qui a été accompagnée d'une lettre d'envoi dont la lecture a été faite». Y avait-il encore de l'occitan dans tout cela ?...

Ajoutons que dans le registre des délibérations du Comité de Salut Public des années 1793-1794, on ne trouve rien au sujet de la langue, ni pour la défendre, ni pour la condamner. Quelques jours avant thermidor, une femme est arrêtée parce qu'elle diffusait une chanson patoise. Mais le fait que la chanson contre-révolutionnaire ait été écrite en occitan n'est jamais mentionné par la suite dans les pièces relatives à cette affaire.

Bilan et hypothèses

Les sources, on le voit, sont rares et difficiles à interpréter. Tentons cependant de proposer quelques hypothèses explicatives. Et d'abord en ce qui concerne le problème de la langue par rapport à l'instruction publique.

La Révolution veut distribuer le savoir et se pose la question : à l'aide de quelle langue ? La conception de l'instruction publique ne peut en effet renvoyer qu'à une conception linguistique, dans une première étape. Gautier-Sauzin propose quant à lui un enseignement en langue d'oc car il juge les paysans trop peu intelligents pour pouvoir apprendre le français. Cette incapacité, pour lui, tient d'abord au type de travail qu'ils effectuent quotidiennement : « occupés, dès l'âge de raison, aux travaux continuels des champs, d'où dépend leur existence, auront-ils le temps d'étudier le français et le degré d'intelligence nécessaire pour l'entendre ? ». La réponse de Gautier-Sauzin est évidemment négative, puisqu'il renonce à proposer que le français serve à l'éducation des paysans.

Cette réflexion est d'ailleurs pour lui l'occasion de se livrer à une distribution claire des différentes classes d'individus : « C'est pourquoi l'Assemblée Constituante a cru devoir approprier son plan d'éducation à ces deux différentes classes de citoyens. Elle a destiné au peuple riche l'éducation publique proprement dite, et au peuple pauvre l'éducation publique et gratuite. De la première de ces écoles sortiront la sagesse éclairée de nos Administrateurs, l'intégrité des lumières de nos magistrats, de nos juges, la droiture de nos ministères, le génie et les vertus de nos législateurs... L'objet de la seconde sera d'apprendre aux enfants à lire avec fruit, à écrire avec une sorte d'intelligence, à calculer avec précision ; et de former leur esprit et leur cœur aux principes invariables et inséparables de la religion et de la Constitution. » Sans doute sur ce point Gautier-Sauzin et Grégoire devaient-ils se rejoindre. Mais pour atteindre un tel objectif, pour Grégoire, c'est l'instituteur créateur d'une nouvelle société qui produit l'unité nationale par le centre ; pour Gautier, c'est l'instituteur qui refuse de poser la question de l'unité, qui refuse de dépouiller le peuple de sa richesse linguistique, qui se met donc à sa portée, qui doit remplir un tel rôle.

On retrouve des enjeux similaires en ce qui concerne la question des rapports entre langue et religion. Y a-t-il eu, à Montauban, des attitudes différentes face au problème de la langue selon que l'on était catholique ou protestant ? Je remarque simplement que les défenseurs de l'occitan, en 1790-1791, sont surtout des ecclésiastiques : tel est le cas de Calmels, de Bernady, de Sermet aussi. Mais Derey, qui, comme président, félicite Bernardy pour son poème en occitan («La France régénérée») est quant à lui protestant, tout comme Jean Bon Saint-André...

Troisième point : les campagnes. C'est Grégoire qui met les campagnes au cœur de son argumentation. Gautier-Sauzin le suit parfaitement sur ce point : il n'y a pour lui dans les campagnes qu'ignorance, superstitions, etc. En contraste, relisons sur ce sujet Mary-Lafon. Voici comment il présente les campagnes montalbanaises à la même époque : « Dans les campagnes où à la fin le joug féodal était devenu trop lourd et où la dîme, la taille et la gabelle pressuraient trop cruellement la population, leur influence [des partis de la monarchie] n'était point à craindre. Mais elle dominait presque sans rivale dans la plupart des villes. Là, ils avaient eu l'art de persuader au peuple, qui ne voit jamais que le présent, que la suppression des parlements allait tarir tout à coup la source des revenus publics et ruiner la cité » (8). Et pourtant, à côté de cette analyse, voici ce que déclare, avec vingt de ses amis, le président de la Société Populaire de Villebrumier à celle de Montauban, le 24 juin 1791 :

«Nous ne sommes pas orateurs à la campagne. Aussi nous ne vous apporterons pas de discours façonné, notre dessein n'étant point de vous fatiguer d'un parlage rebattu et tout à fait inutile. Nous venons messieurs vous faire hommage de notre patriotisme qui est plus de votre goût et qui vaut mieux en effet que des paroles qui s'envolent... ». La campagne, lieu d'un certain savoir (auquel participe, entre autres choses, la langue occitane), lieu d'une certaine Révolution, va devenir un nouveau mythe. Poser la question de la langue, c'est poser parallèlement la question de ce mythe.

Et la politique ?

La politique, ce n'est pas seulement les textes législatifs, l'activité des députés, des comités... Claude Mazauric, toujours à propos de la pièce de théâtre d'A. Benedetto, après avoir évoqué Robespierre, écrit : « L'unification linguistique par le français national n'a pas seulement résulté de la politique de la langue des révolutionnaires, mais aussi d'un dessaisissement en profondeur par les masses françaises (révolutionnaires ou révolutionnées) d'une part de leurs parlers régionaux, lesquels étaient précisément adaptés aux anciennes formes de la vie sociale, notamment rurale. Remarquons que ce «dessaisissement» linguistique reflète très précisément le consentement relatif mais dominant, de la société civile dans son ensemble à l'hégémonie de la bourgeoisie révolutionnaire à la fin du 18e siècle.»

C'est à travers l'expression actuelle du mouvement occitan que j'ai tenté d'aborder cette question à partir du Montauban. C'est avec lui que je vais maintenant terminer.

Les questions qui me préoccupent sont évidemment d'ordre historique. Mais étudier la portée des effets de la Révolution française ne peut pas être une étude en dehors du temps. L'unité par le centre renvoie à l'éducation, mais aussi au politique. Or c'est cette voie, qui l'emporta finalement, qu'il convient d'examiner de près, de mesurer dans toute son ampleur.

Le politique conçu comme bonheur social distribué par le haut débouche inévitablement sur une France avec une seule langue. Le politique conçu comme bonheur individuel gagné par la lutte quotidienne représente le développement de chacun, à travers ses richesses propres, et, peut-être, une France plurielle. Ici, c'est le quotidien qui devient sacré, tandis que la religion n'est plus qu'un extérieur, ou un ailleurs, car le savoir n'est plus reçu, mais auto-construit. Gautier-Sauzin, qui décidément pensait à tout, faisait en ce domaine des propositions concrètes : «imprimer des Alphabets purement gascons, languedociens, provençaux», «établir pour chacun de ces idiomes méridionaux une orthographe uniforme et invariable». Pour lui, notons-le, la langue d'oc est multiple (9).

Ce carrefour entre langue/instruction/religion/politique peut, je pense, nous aider à mieux comprendre comment s'est construit notre pays depuis l'époque de la Révolution ; il permet en même temps de situer avec plus de précision le rôle d'un combat occitan pour le transformer aujourd'hui, au moment où la nécessité d'une France plurielle se fait jour avec force.

NOTES

1) André Benedetto, Les drapiers jacobins, Le siège de Montauban ; Mandrin, Paris, P.J. Oswald éd., 1976.

2) Michel de Certeau, Dominique Julia, Jacques Revel, Une politique de la langue, Paris, Gallimard, 1976.

3) François Grèzes-Rueff, Histoire de Montauban, Toulouse, Privat, 1984, p. 219.

4) Archives départementales de Tarn-et-Garonne, L 401, 402, 403.

5) F. Galabert, « La Société des Jacobins de Montauban », Revue d'histoire moderne et contemporaine (deux articles).

6) Archives départementale de Tarn-et-Garonne, série E, état civil.

7) Claude Mazauric, Révolution et jacobinisme, Paris, éditions Sociales, 1984 (reprend, à partir de la p. 245, l'article publié auparavant dans les Annales de la Révolution Française).

8) Mary-Lafon, Histoire d'une ville protestante, Paris, Amyot, 1862.

 

9) Gautier-Sauzin publie en 1799, chez Fontanel, Coup-d'oeil sur l'éducation.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 19:02

Le Courrier international ou Libération découvrent que Grillo ne fait plus recette en Italie. Une élection municipale partielle a suffi pour enterrer un phénomène que les mêmes ont porté au plus haut trois mois avant ! Incontestablement l’histoire ne se déroule pas comme Grillo l’avait prévue : l’union Napolitano-Berlusconi devait porter les électeurs en masse vers Grillo qui avait annoncé cette alliance d’une classe politique pourri. Des élections régionales dans le Frioul avaient déjà indiqué la tendance : des électeurs font porter sur Grillo la responsabilité de cette alliance ! A prétendre vouloir arriver à 50% pour gouverner seul, à prétendre tout diriger, Grillo découvre que le 25% des élections législatives n’était pas un premier pas vers la victoire mais le sommet d’où il allait descendre sauf à prendre des décisions « constructives ». Cependant les problèmes de l’Italie demeurent, autant que les raisons de son succès en conséquence même à 15% de parti reste bel et bien présent et Grillo a entrepris des revirements dans sa stratégie. En particulier il vient de décider que les membres du mouvement pourraient intervenir à la télévision, après une formation qui leur a été dispensé. Ce point technique est en fait une grande question politique qui va obliger le mouvement à sortir de l’écran d’internet pour entrer dans la vie. Dans cette réflexion le philosophe Paolo Flores d'Arcais a souhaité intervenir. Plutôt que mes bavardages voici le document. JPD

 

Lettre ouverte à Grillo, Casaleggio et aux parlementaires du M5S

par Paolo Flores d'Arcais | 1er juin 2013

 Chers parlementaires da M5S (et, pour des raisons évidentes, cher Grillo et Casaleggio), à quel titre je vous écris ?

 Tout d'abord, parce que vous êtes mes « représentants ». Je suis un des 9 millions de citoyens qui ont voté pour vous aux précédentes élections. Selon le lexique en vogue de Grillo vous seriez un des « dépendants » de nous que vous avons élu, mais à ce terme de « dépendants », je préfère cependant celui plus traditionnel de « représentants », car vous siégez au Parlement « à ma place » et parce que le terme de «dépendant » évoque la subordination (même avec une nuance de mépris), alors que chacun d'entre vous représente la nation et exercer ses fonctions sans contrainte de mandat « (art. 67).

Deuxièmement parce que je fais partie de ceux que Beppe Grillo dans son blog le 28 mai, a remercié publiquement parce qu’ils ont pris des risques en donnant leur vote au M5S même au premier tour des municipales. À Rome, seulement une personne sur trois de ceux qui avaient voté M5S aux législatives ont confirmé leur vote.

Il semble donc évident de converser avec vous, d’échanger des arguments, des propositions, des analyses, avec une écoute réciproque, pour que moi, à travers vous mes délégués, je puisse concourir aux décisions politiques.

En tant qu’électeur de la M5S je suis très préoccupé par la forte baisse des votes. Même si je voulais prendre pour bonne l’analyse de Grillo sur les deux Italie, l'Italie non privilégiée qui, il y a trois mois, a exprimé sa condamnation du système en votant M5S, et qui cette fois a décidé en masse (au moins un électeur sur deux, et deux sur trois à Rome) de se réfugier dans l’abstention (certains allant jusqu'à voter pour un parti traditionnel).

Dire que c'est la faute des électeurs ne signifie rien : c'est toujours « la faute des électeurs », si vous gagnez ou vous perdez, car ce sont eux qui votent. Ceux qui participent aux élections doit inversement s’interroger sur pourquoi les électeurs les ont soutenu ou puni. Il y a trois mois une mer de gens a identifiée le M5S comme étant un instrument pour un changement radical, condamnant la politique de métier, la spéculation, la corruption, les intrigues, les liens avec la criminalité (et tout le reste que nous savons) au nom de l’espérance en une politique du bien public, de la passion désintéressée, des réformes de la Justice, de la liberté, l’efficacité, le travail (et le reste de la « politique vertueuse » ce que nous savons aussi). Aujourd'hui la politique traditionnelle reste et s’accentue encore, et pourtant plus d'un ex-électeur sur deux juge que le M5S n’est plus l'instrument crédible des mêmes espoirs.

Pourquoi ?

Parce que les espoirs que citoyens accordent à une force politique s’alimente à l’action et la M5S, qui est entré en force au Parlement, n'a pas agi, bien qu'il comprenne le caractère crucial des deux questions : élection du Président de la République et inéligibilité de Berlusconi, et ils ont fait des propositions les plus cohérentes. Voter Rodotà et demander l'application de la loi 361 de 1957 c’était les sacro-saints choix compatibles avec les valeurs pour lesquelles les citoyens avaient voté massivement M5S. Mais ce fut (c’est) le lancement d'une action, qui n'a pas eu de suite et qui même est devenu inaction (avec la déception qui en découle).

Prenons la question de «l'inéligibilité de Berlusconi ». Il ne suffit pas de la proclamer comme un devoir : en face de la caste et la désinformation unifiée qui monopolisent les écrans pour empêcher même qu’on en discute (renvoyant aux calendes grecques les réunions des commissions), vous pouviez (et, plus que jamais vous pouvez) développer une campagne systématique, allié à des initiatives au Parlement et en dehors, symboliques et de masse, peut-être en étant présents à la TV uniquement sur ce thème (la présence de M5S sur la TV serait en elle-même une « nouvelle », le faire seulement sur ce thème serait une « nouvelle » à la place et en rupture avec le mur du silence sur ce thème, en sachant les 250 000 signatures recueillies sur le web par MicroMega, et les sondages sur les orientations de l'électeur (près de 100 % de la M5S mais aussi près de 90 % du Pd en faveur de la suspension) qui font que les divisions internes au Pd sur ce point assurent d’énormes marges évidentes d'action.

Mais rien de tout ça n’est advenu et au contraire toute les grandes énergies de la M5S ont porté sur le sujet «qui dit que x est exclu », « celui qui ne fait pas y

est exclu » et autres autoréférences aux "questions disciplinaires », ce qui a facilité la désinformation de l’establishment mettant en cause du leadership ne faisant plus autorité au M5S incapable d'actions positives allant au-delà de la dénonciation des lacunes des autres.

Passons au cas du vote pour Rodotà. Un bon choix, je le répète, qui n’a pas été suivi d'actions. Confrontés au scandale du seconde septennat Napolitano, avec le gouvernement Napolitano -Berlusconi qui a suivi (Alfano-Letta), la M5S aurait pu répondre par un «gouvernement de l’ombre » dirigé par Rodotà il aurait marqué (en un seul coup) les esprits de plusieurs façons : il aurait battu en brèche toute accusation « d’extrémisme », puisque le « gouvernement de l’ombre » est institution anglo-saxonne, libérale par excellence, il aurait détruit tout accusation de manque de propositions parce qu'un « cabinet fantôme » de par sa nature répond à toute proposition du gouvernement par une alternative, par des contre-propositions concrètes et il élargit les consentements au-delà du M5S pouvant démontrer une capacité hégémonique, une capacité de donner vie à un « gouvernement fantôme » qui plaira même à ceux qui n'ont pas voté et aux électeurs des autres partis. Enfin le «gouvernement fantôme» aurait eu pour le M5S un avantage-corollaire : élargir les fissures et les divisions dans les partis de centre-gauche, Pd et SEL.

Je suis convaincu que le « gouvernement fantôme » Rodotà est encore une action politique que le M5S ferait bien de prendre en compte rapidement. Et aujourd'hui il aurait une valeur supplémentaire pour contrecarrer la sortie absurde par laquelle Grillo  a traité Rodotà «d’octogénaire miraculé des médias, décongelé fraichement du mausolée où il était détenu par les siens » après avoir entonné ses louanges pendant des semaines dans chaque meeting (tout aussi absurde la volte-face sur Gabanelli, qui enlève la crédibilité à celui qui se comporte ainsi, non à celui qui la subit).

Autour du « gouvernement fantôme » dans un ensemble cohérent et articulé d’initiatives sur l'inéligibilité, je suis sûr que la M5S peut se mettre au centre de la scène politique, déterminer l’« agenda » plutôt que de le subir, imposer la question sociale du «salaire de la citoyenneté» en synergie avec la Fiom, relancer la question de la laïcité en synergie avec les comités de Bologne qui ont remporté le référendum sur l'école, ce qui en fait une question nationale (et peut-être avec le « centro Coscioni » sur la question de la fin de vie), proposer une alternative à la démagogie de Berlusconi sur la question de l'IMU  et des scandales des maisons saisies et vendues aux enchères par les banques. Mais je n'entrerai pas ici sur le bien-fondé des nombreuses autres initiatives qui pourraient être prises, face au « bavardages » du gouvernement Napolitano-Berlusconi.

[…]

Il s’agit de choisir entre autisme et action, en s’adressant aux millions et millions de citoyens par des gestes concrets et occasionnels, avec une stratégie qu’il serait absurde de prétendre quelle ne peut se discuter ensemble, vous élus et nous les citoyens qui vous avons élus.

 [1] Micro Mega est la revue de Flores D’Arcais où il a lancé la pétition pour demander l’inéligibilité de Berlusconi.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:35

                                 tombe-gerda-taro.jpg

La tombe de Gera Taro au Père Lachaise, avec une colombe, oeuvre de Giacometti.

Cet article de L’Humanité, au-delà de l’événement, témoigne d’une époque.

 

L’Humanité 2 août 1937

La vaillante journaliste Gerda TARO tuée sur le front de Madrid

a eu hier d'émouvantes obsèques

 

Les obsèques de la vaillante reporter photographe de notre confrère Ce Soir, qui trouva la mort dans un malencontreux accident sur le front de Brunete, se sont déroulées hier matin.

Toute la matinée, la foule, hommes, femmes, vieux, jeunes, groupes de jeunes chrétiens de l'Y. M. C. A., est venue nombreuse, à la Maison de la Culture, 29, rue d'Anjou, s'incliner devant la dépouille mortelle de la malheureuse jeune fille, cependant que des délégations, se relayant, montaient une garde d'honneur.

A 9 h. 30 c'était la délégation de l'Humanité qui assurait cette garde ; Cependant, les couronnes des divers groupes, organisations et personnalités, affluaient. On pouvait noter celles du Syndicat des crieurs de journaux, des Produits chimiques, du Comité international d'aide à l'Espagne, des midinettes, du groupe Art et Travail, de la Fédération du bâtiment, de l'Union des jeunes filles de France, de l'association internationale des écrivains.

La couronne de l'Humanité est particulièrement remarquée, ainsi que celles de l'ambassade d'Espagne, de l'association des volontaires d'Espagne, du personnel et de l'administration de Ce Soir, des porteurs de Paris-Midi et de Paris-Soir etc.

Mais la foule se rassemblait dans la rue d'Anjou, attendant pour conduire la vaillante jeune fille à sa dernière demeure.

L'Harmonie est en tête, des porteurs de couronnes se placent ensuite, puis un char de couronnes et enfin, le char funèbre qui transportera le corps.

Plusieurs milliers de personnes sont présentes quand l'Harmonie entonne une marche funèbre, cependant que des jeunes filles portant des couronnes, se placent autour du char. Le cortège, à travers Paris, va rejoindre le cimetière du Père-Lachaise.

On reconnaît Jean-Richard Bloch et Aragon, co-directeurs de Ce soir, Léon Moussinac, Jeanne Moussinac, Paul et Henriette Nizan, Benson, administrateur de Ce soir, notre camarade Delon, qui conduit la délégation de l'Humanité, Cabrol, dessinateur à l'Humanité.

De nombreux confrères sont également présents.

Tout le long du parcours, tant sur les boulevards que dans le quartier populeux de Ménilmontant, la foule stationnant, sur les trottoirs, attendra le passage du cortège.

Au Père-Lachaise, non loin de la tombe du regretté Henri Barbusse, face au Mur des fédérés, le cortège s'arrête. C'est à cet endroit que reposera désormais Gerda Taro.

Broc, au nom des collaborateurs de Ce soir, prenant la parole, rappelle le courage de la jeune disparue. Bergamin, au nom des écrivains espagnols, apporte le témoignage de l'Espagne républicaine et ajoute : «Je m'engage ici, comme écrivain, comme Espagnol et comme croyant, à apporter un jour ce qui était sa joie, la victoire de l'Espagne républicaine.»

Puis un délégué du syndicat des photographes vient déclarer que « Gerda Taro restera comme le symbole de leur métier.»

Aragon, directeur de Ce soir, apportant ses condoléances à la famille de la victime, rappelle le courage indomptable de cette jeune femme. Il associe son nom à ceux de Guy de Traversay, Delaprée morts en Espagne, à Lina Odéna, la gloire de la jeunesse espagnole, et à tous les martyrs de la guerre civile. Puis le corps est descendu dans la tombe et la foule une dernière fois défile.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 14:12

                                              Taro.JPG

Au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris, une expo réunit quatre photographes autour d’un sujet, la guerre d’Espagne. Leurs négatifs ont été retrouvés après des années de recherche et depuis 2007 ils sont entre les mains de l’ICP qui, par cette expo, permet leur découverte. La valise mexicaine (titre de l’expo) présente la guerre seulement du côté républicain mais sur l’ensemble du territoire. J’ai retenu cette photo de Gerda Taro car conformément aux habitudes l’épouse a été éclipsée par son mari, en l’occurrence Robert Capa. J’espère revenir sur son cas. Je donne les biographies des quatre artistes telles qu’elles sont sur le dépliant du musée. JP Damaggio

  

GERDA TARO

Gerda Taro est une des premières femmes à être reconnues comme photojournaliste. Née Gerta Pohorylle à Stuttgart (1er août 1910 — Brunete, Espagne, 26 juillet 1937), elle s'installe à Paris en 1933. Elle rencontre rapidement «André» Friedmann qui l'initie à la photographie ; au printemps 1936, ils adoptent les noms de Robert Capa et Gerda Taro. En août 1936, ils se rendent en Espagne pour leur propre compte, afin de documenter la cause républicaine pour la presse française. La brève carrière de Taro est emplie d'images dramatiques du front de la guerre d'Espagne. Son style tend à se rapprocher de celui de Capa, mais en diffère par un intérêt plus marqué pour les compositions formelles et une intensité particulière résultant du choix de sujets morbides. Elle travaille aux côtés de Capa et tous deux collaborent étroitement. Couvrant la bataille cruciale de Brunete en juillet 1937, elle meurt après avoir été heurtée par un tank. Elle est la première femme photographe à trouver la mort lors d'un reportage sur la guerre.

 

ROBERT CAPA

Robert Capa est l'un des plus fameux photojournalistes du XXe siècle. Né Endre Ernö Friedmann (Budapest, 22 octobre 1913 — Thai­Binh, Viêt Nam, 25 mai 1954), il est contraint de quitter la Hongrie à l'âge de dix-sept ans, en raison de son engagement politique à gauche ; il s'établit à Berlin où il commence des études de journalisme à la Deutsche Hochschule fur Politik. Sans argent, sans emploi, et avec une connaissance limitée de l'allemand, il se tourne vers la photographie pour gagner sa vie. En 1933, il arrive à Paris où il se lie avec Chim, Stein et Taro. Ses clichés de la guerre d'Espagne installent sa réputation ; son travail se caractérise par une proximité viscérale avec l'action, rarement vue auparavant. Au fil des négatifs de la valise mexicaine, on peut voir Capa s'animer avec ses sujets, cherchant à comprendre et à vivre les événements au plus près de leur rythme.

 

DAVID SEYMOUR CHIM

Chim, de son vrai nom Dawid Szymin (Varsovie, 20 novembre 1911 — Suez, 10 novembre 1956), naît dans une famille d'intellectuels et d'éditeurs. En 1933, après des études d'arts graphiques à Leipzig, il s'oriente vers la photographie pour subvenir à ses besoins, tout en suivant des cours à la Sorbonne à Paris. Ses images du Front populaire lui apportent la reconnaissance; il devient un collaborateur régulier du magazine communiste Regards. Comme Capa, il couvre toute la guerre d'Espagne. Mais à la différence de ce dernier et de Taro qui cherchent à photographier le front, Chim livre ses meilleures images en s'attachant à des individus loin du champ de bataille, réalisant des portraits de personnalités, de soldats devant leur maison ou de paysans au travail dans de petites bourgades. Sensible aux conditions politiques complexes issues de la guerre, il empreint ses images d'une tonalité nuancée.

 

FRED STEIN

 

Fred Stein, né à Dresde (3 juillet 1909 — New York, 27 septembre 1967), fait des études de droit. Interdit d'exercice parce que juif, il fuit l'Allemagne pour Paris en 1933, sous le prétexte d'une lune de miel avec sa femme. Là, il travaille comme photographe, s'intéressant aux scènes de rue et réalisant des portraits d'intellectuels et d'amis tels Hannah Arendt, Willy Brandt, Arthur Koestler ou André Malraux (il poursuivit toujours son activité de portraitiste). C'est par l'intermédiaire de Taro, qui louait une chambre dans son appartement, qu'il rencontra Capa. Stein réalise des portraits d'elle à de nombreuses reprises en 1935 et 1936. Il finit par fuir la France via Marseille pour s'installer à New York.

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 20:32

LO STRANIERO

Con questa faccia da straniero
sono soltanto un uomo vero
anche se a voi non sembrerà.
Ho gli occhi chiari come il mare
capaci solo di sognare
mentre ormai non sogno più.
Metà pirata, metà artista
un vagabondo un musicista
che ruba quasi quanto dà
con questa bocca che berrà
a ogni fontana che vedrà
e forse mai si fermerà.

Con questa faccia da straniero
ho attraversato la mia vita
senza sapere dove andar
è stato il sole dell'estate
e mille donne innamorate
a maturare la mia età.
Ho fatto male a viso aperto
e qualche volta ho anche sofferto
senza però piangere mai,
e la mia anima si sa
in purgatorio finirà
salvo un miracolo oramai.

Con questa faccia da straniero
sopra una nave abbandonata
sono arrivato fino a te
e adesso tu sei prigioniera
di questa splendida chimera
di questo amore senza età.
Sarai regina e regnerai,
le cose che tu sognerai
diventeranno realtà,
il nostro amore durerà
per una breve eternità
finché la morte non verrà.

Sarai regina e regnerai,
le cose che tu sognerai
diventeranno realtà
il nostro amore durerà
per una breve eternità
finché la morte non verrà.
Il nostro amore durerà
per una breve eternità
finché la morte non verrà.

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 09:45

 

                                  Reydellet.jpg

 

Instit, poète et peintre voici la présentation qu’il donne de son premier recueil de poésie disponible chez Deloche à Montauban en préparation du débat du 7 juin. JPD

 

Quarantaine ?

Ni l'isolement protecteur, ni l'âge épanoui. Juste la cueillette sélective de mes fruits d'encre préférés. Cette écriture, qui accompagne souvent en rimes les minutes de ma présence au monde, attendait patiemment d'être présentable.

Le pouvoir des mots ensemence le territoire de la poésie quand il sert à dépasser les renoncements. La poussée du vers révèle des intentions dont le naturel est le partage des images. Ainsi, des illustrations, en regard des poèmes, concourent à visiter amplement la géographie de mes contrées intimes.

Le terme qu'il me plairait voir être employé à propos de mon expression artistique serait la contraction de poète et de peintre : « poeintre », mais en toute décontraction... C'est un premier prix au concours Midi-Pyrénées de la Société des Poètes et Artistes de France qui m'a convaincu, enfin, de proposer cet éventail de textes complices.

 

Je te laisse, premier ouvrage, entre de bonnes mains en souhaitant vivement atteindre la quarantaine de recueils. 

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