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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 09:06

Depuis 1945, La Dépêche Tarn-et-Garonne est obsédée par le problème des municipales à Montauban :

-Impossibilité malgré toutes les combinaisons de faire élire un maire radical.

-Méfiance permanente vis-à-vis du maire PS

-Surveillance difficile de la droite.

 Pour 2014 le quotidien a décidé de se lancer très tôt dans la manipulation par l’utilisation de « la démocratie des sondages ».

Je ne suis ni pour ni contre les sondages mais celui que La Dépêche nous présente le 8 juin, réalisé à la demande du PS, au sujet des municipales de Montauban, est un des plus grands chefs d’œuvre du genre.

Vu qu’il n’y a aucun risque qu’il soit contesté publiquement par un autre sondage car l’opération est trop chère, il est plus facile de dire n’importe quoi. Je dis « publiquement » car je ne doute pas un instant que les services des « renseignements généraux » ne soit tenu de faire part de quelques enquêtes…

Bref on nous offre une donnée : Barèges-Garrigues, 48% contre 52%.

Il faudrait connaître un sondé pour vérifier si ce fut la seule question en terme électoral.

Par exemple rien sur le premier tour avec une éventuelle liste radicale, une liste Front de Gauche, et une éventuelle liste FN. Or pour les radicaux nous savons que chaque élection se fait sous la menace d’une liste radicale au premier tour qui, cette fois, serait conduite par Monsieur Berrier (la dernière tentative du genre remonte à 1983 avec Monsieur Hamecher.

 Le sondage est surtout là pour prouver aux citoyens que Roland Garrigues est le mieux placé pour battre Barèges. Au sein du PS la bataille fait rage entre l’ancien maire battu et l’ancien tête de liste battue. Claude Mouchard se voyait bien repartir à l’assaut de la mairie mais le commentateur du Petit Journala fait observer qu’au dernier conseil municipal Mouchard a semblé avoir un « garrigue en travers de la gorge » ce que le sondage confirme. Et à présent c'est clair il a La Dépêche en travers de la gorge car le journal n'était pas tenu à publier ce sondage d'où il est absent. Le même journal, en 2001, n'avait pas été du plus grand secours pour Roland Garrigues mais depuis, le conseiller général et député suppléant semble avoir obtenu la confiance de Baylet.

 La tête de liste étant choisie, le journal fixe la ligne de conduite :  

« Les Montalbanais veulent rester maîtres de leur destin, préférant indexer la vie de la cité sur les profils qu’ils côtoient, porteurs de projets de proximité, et pas à l’aune des joutes politiciennes du carreau parisien. »

Donc attention, faisons de cette élection une élection locale ! Or depuis plus d'un siècle les élections à Montauban sont aussi marquées par les tendances nationales, Brigitte Barèges ayant cependant résisté à la vague rose de 2008 !

 Et enfin le journal dénigre l’adversaire Brigitte Barèges avec l’élégance qui lui est chère :

« la Ville de Montauban reste son dernier os à ronger ». Gérer une ville c’est un os à ronger ? La députée PS qui est seulement députée a un seul os à ronger ? Quant à Baylet c’est vrai, à ce jeu, il doit friser l’indigestion !

 Terminons par cette phrase alambiquée : « Parmi les élus de gauche qui récoltent un taux de notoriété important, le radical José Gonzalez est celui qui essuie le moins de mauvaises opinions (11 %). »

Donc les données concernant les autres sont dans le sondage mais pas sur le journal ?

 De tels articles font très mal débuter une élection qui mérite mieux que les petites manœuvres. JPD

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:57

Sur la revue mexicaine Nexos le 01/06/2002 Montalban rappelle ce qu’est le football.

Il m’est arrivé d’écrire sur la question : le foot est-ce une religion ?. JPD

 

IZQUIERDAS, POETAS, PATADAS Y DERECHAS

POR MANUEL VÁZQUEZ MONTALBÁN

 « Suivant ce que m’a révélé Valdano, le football créatif est de gauches et simplement la force, « marrulleria et patadon » est de droite. »

 

Grâce aux argentins, le football a une littérature et une philosophie. Parfois ils bénéficient de la collaboration des grands écrivains uruguayens Eduardo Galeano et Mario Benedetti. L’ancien joueur et entraîneur Jorge Valdano a publié en Espagne en 1995 une collection d'histoires sur le football, écrits par des auteurs principaux : Bernardo Atxaga, Javier Marías, Bryce Echenique, Miguel Delibes, Eduardo Galeano, Augusto Roa Bastos, Mario Benedetti, Juan García Hortelano, Osvaldo Soriano pour citer les principales fleurs. A la lecture des histoires on peut en déduire que le football avait joué un rôle important dans l'éducation sentimentale des écrivains espagnols et latino-américains, mais lest latino-américains sont ceux qui sont allés le plus loin dans cette relation entre football et littérature. Eduardo Galeano a même été chargé d'un livre intitulé, Football au soleil et à l’ombre. Ce n'est pas seulement une question d'une tentative d'Amérique latine. Henry de Montherlant a dédié un poème à la gardien de but intitulé: « Les émotions du solitaire »: « Gardien de but, ça valait le jus quand tu faisais culbute. »

Umberto Saba a écrit une chanson pour le but : « La folla —unita ebbrezza— per trabocchi riel campo. Intorno al vincitore stanno, al suo eolio si gettano. Ifratelli. »

Rafael Alberti a composé à l'âge de vingt ans « Oda a Platko», le gardien de but du FC Barcelone : « Platko personne ne vous oublie, non, personne, personne, personne, ours blond de la Hongrie. »

Vinicius de Moraes a créé une samba dédiée à Garrincha : A un paso de Didi, Garrincha avanza Colado o couro aos pes, a colhar atento Dribla um, dribla dois, depois descansa Como a medir o lance do momento

Des poètes sont venus au foot à la boxe (Prévert, Marinetti) attirés par la supposée beauté du jeu et la capacité des prétendants magiques. 

 En Europe, la majorité des théoriciens intellectuels tournèrent le dos au football et en firent un démon comme un moderne opium du peuple, alors que le phénomène est de plus en plus de devenu objet de réflexion sur le signe postmoderne de la participation des masses et la neutralisation de cette participation.

En Europe, on aborde l'omniprésence du football, comme un symptôme alarmant de la banalisation de la révolte des masses. En Amérique latine, en revanche, une rencontre entre Menotti, Valdano, Angel Cappa et Benedetti et Galeano peut devenir un débat philosophique pré-révolutionnaires. Menotti a été l'initiateur de la philosophie du football, un facteur de motivation socratique en attente. Valdano, Platon et Angel Cappa, ont fait un bond de Feuerbach à Habermas.

Mais nous parlons de poètes du football, des poètes inoffensifs du football qui cherchent même le sexe et l'idéologie de la balle. La même réunion peut se concentrer sur la question de savoir s'il y a un football de gauche et un football de droite. Comme me l’a révélé Valdano, le football créatif est de gauche et simplement la force « marrulleria et patadon » sont de droite. Cette prise de position ajoute plus de sens à la substance de la droite et de la gauche, mais invoque la philosophie en faveur du football à l'époque du millénarisme tout penaud.

Les psychologues sociaux n'ont aucun autre choix qu’à se prononcer sur l'émergence du sport de masse comme religions civiles qui fournissent des paroissiens plus fervents que le militantisme politique et ethnique d'identification. Mais peut-il y avoir une religion, bien qu'elle soit civils, sans Dieu ou un Dieu comme Ronaldo, perpétuellement blessé ?

En Europe, l'omniprésence du football est présentée de manière apocalyptique, comme un symptôme alarmant de la banalisation de la révolte des masses. En Amérique latine, en revanche, une rencontre entre Menotti, Vaidano, Angel Cappa et Benedetti et Galeano peut devenir un débat philosophique prérévolutionnaire.

 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:14

                               L’école en question. Débat du 7 Juin 2013.

 Parler ou écrire sur l’école publique républicaine est très difficile. Difficile parce que, justement, république et services publics sont profondément en crise. Notre société  traverse de profondes mutations : manque de lisibilité (Nation, Europe, monde), sortie de l’état omnipotent, présent tendu par une angoisse prégnante du futur. Ces mutations, notre école, forcément, les subit frontalement. Éduquer, instruire, intégrer des jeunes gens dans une nation en désintégration dans le pire des cas, en recomposition dans le meilleur des cas, relève d’une mission pratiquement impossible. Programmes démentiels moins basés sur le  capital culturel que cognitif, temps d’enseignement fractionnés, raccourcis, racornis, difficultés à faire partager un espace et un temps disputés par un faux égalitarisme et par trop d’individualismes, refus de l’effort, de l’autorité morale et intellectuelle des enseignants, gouvernances multiples entre partenaires, parents, enfants, enseignants, associations, organismes divers rendent le terrain confus, mouvant pour une refondation digne de ce nom et idéal pour noyer le poisson. Le temps long, (nécessaire à nos missions) un individu, les nations se construisant sur la durée, est battu en brèche par l’immédiateté et rendent la transmission de l’héritage culturel (forcément passéiste) et bien que l’on fasse semblant, en haut lieu, de penser le contraire, totalement obsolète. Toutefois, les décisions prises par la rue de Grenelle ou Bruxelles sont d’avantage les signes d’un accompagnement d’une désintégration des états nations que d’une refondation, plus crûment dit de l’accompagnement d’une tiers mondialisation de nos sociétés en termes de salaires, de conditions de travail et de cadre de vie.

Pour moi, tant que l’on ne remettra pas les enseignants au centre du dispositif, il sera clairement signifié aux enseignants et aux citoyens que les pouvoirs législatifs et exécutifs n’ont, en l’état, aucun contrat social d’intérêt général à proposer à celles et ceux qui partagent un même territoire, un même espace économique. Bref, le fait que l’on nous demande de plus en plus ouvertement de faire faire avancer, sans voilure, ni carburant le vaisseau fantôme de l’état pose très clairement le problème de la légitimité des pouvoirs, de tous les pouvoirs dans son cadre démocratique.

Et pourtant parce que, une fois encore, des modèles, des pratiques économiques proches de la prédation voire du grand gangstérisme, des pensées inconciliables, des courants contradictoires, violents traversent et irriguent nos sociétés, l’idée d’une nation ouverte ou fermée, qu’elle soit supranationale ou limitée sur notre territoire, redevient d’une brûlante actualité ; l’idée, sans nostalgie béate, de néo-hussards également.

Dans l’attente, les instituteurs ne sont plus les hussards noirs de la république chers à Péguy, plus même les « grooms » de l’ascenseur social, à peine devenus des techniciens en surface, des accompagnateurs passifs de toutes ces crises qui nous explosent au visage les unes après les autres !

                                                                                            Jean- Pierre Frutos.

 

Le dimanche 2 juin, une activité pédagogique hors temps scolaire :

 Visiter le centre historique d’une ville, un dimanche matin : parents, enfants, enseignant, prendre le temps, simplement de descendre le temps d’une cité jusqu’à ses origines. Expliquer à travers l’architecture l’héritage évènementiel, social, de celles et ceux qui arpentèrent les mêmes rues des siècles auparavant avec le souci de d’enraciner le contemporain dans le passé d’une cité, qu’on le veuille ou non, partagée et puis… donner la parole à deux pré-adolescents afin qu’ils présentent deux monuments (le pont vieux, l’église Saint Jacques) aux adultes visiteurs et se laisser enfin envahir par le plaisir de la découverte des murs anciens ;  ces murs chargés d’histoire et de multitudes d’histoires croisées, stratifiées.

 

Dimanche 2 Juin, au matin, l’association des parents d’élèves de l’école Léo Ferré avec leurs enfants, en compagnie de Jean-Pierre Frutos (instituteur) tentait au travers d’une visite guidée du Montauban de trouver et donner du sens à notre présent, de prendre pied dans le passé pour une citoyenneté toujours à renouveler.  

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:57

Voici ma traduction sans nul doute imparfaite d’un des deux articles que l’auteur catalán a publié dans la revue mexicaine Nexos qui fête ses 35 ans d’existence cette année (il était plus présent dans La Jornada). Cette revue est pluraliste avec des noms qui me sont chers comme Ángeles Mastretta, ou Jesús Silva-Herzog Márquez. D’autres le sont moins. Cet article du 1 janvier 2003 l’année du décès de l’écrivain reprend l’ensemble de ses obsessions. JPD

 POR UNA SOCIALIZACIÓN NO EXCESIVA DE LA FELICIDAD

POR MANUEL VÁZQUEZ MONTALBÁN

(Pour une socialisation non excessive du bonheur)

Pour les êtres humains qui n'aspirent pas au bonheur placide des philosophes ou au bonheur totalitaire et dangereux des religieux, il deviendrait urgent de donner au concept, des possibilités de plaisir et de plénitude plus généralisables.

Qu’une publication vive pendant pas mal d'années ça nous rend heureux et en même temps ça nous oblige à nous demander pourquoi et donc au-delà à nous interroger sur le sens même du bonheur. Qu’un magazine d'information et de débat politique et culturel dure de nombreuses années ça tient à une complicité entre les collaborateurs et les lecteurs, à ce que les spécialistes en communication appelleraient un heureux feed back, malgré les « bruits » qui ont logiquement dû être entendues pendant si longtemps dans ce canal de communication. Cette complicité nous rapproche d'une des nombreuses formes de la communion des saints, mais dans sa version laïque hautement nécessaire en ces temps théocratiques qui s’installent, je ne sais dans le ciel, mais sur la terre.

Le bonheur était considéré par les moralistes matériels ou concrets comme le bien suprême et inversement, les autres moralistes religieux, venant du ciel ou l'enfer qui s’en suivit, se sont efforcés depuis des millénaires de refuser la possibilité de bonheur dans ce monde. La vie est douleur, sentenciait Tomás de Kempis dans son Imitation du Christ et Maruja Torres, de sa condition de victime du terrorisme religieux franquiste, a assumé en plus d’une occasion que nous sommes venus dans ce monde pour souffrir. Les moralistes religieux s’activent entre le Tout et le Rien et à partir de l’impossible félicité sur terre aspirent au bonheur Total qui ne peut être trouvé que dans le ciel par la contemplation de Dieu, sans avoir à l'esprit que, dans le ciel, est non seulement Dieu, mais aussi tous les justes, pour aussi lourds que discutables qu’ils soient et par exemple l’empereur Constantin, Pie XII, Saint Paul, Franco, Eisenhower et la famille Bush au grand complet. Et pour toute l'éternité. Ne l’oublions pas.

Plus près du bonheur que nous procure la longévité de ce magazine se trouverait la notion aristotélicienne qui met en relation la possibilité de bonheur avec les activités intellectuelles et modérées, marquées par le plaisir de l'exercice de la raison. En dehors de ce bonheur obtenu par l’activité intellectuelle, Saint-Augustin allait jusqu’à la possession totale d’une sagesse n’étant rien d’autre que la possession de Dieu.

Pour les êtres humains qui n'aspirent pas au bonheur placide des philosophes ou au bonheur totalitaire et dangereux des religieux, il deviendrait urgent de donner au concept, des possibilités de plaisir et de plénitude plus généralisables, par exemple écouter « Ponme la mano aquí ma Corina » dans la bouche de Chabela Vargas ou participer à la communion des saints des adeptes des clubs de football en lien avec leurs victoires, ou regarder un coucher de soleil sur une large rivière ou lire jusqu'à l'entrée de la nuit et l'hiver en voyant vers le sud, projet du bonheur selon Eliot qui m'a toujours ému par son ingénuité d’homme du Nord.

On ne peut pas non plus oublier que si le bonheur a été la conquête de quelques postmarxistas, par exemple Agnes Heller, en liant la vie historique et quotidienne dans le lumineux projet du bonheur, trop de tolérance sur ce point est propice au bonheur canonique de la consommation et, d’autant plus, si cette voie est facilitée par le fait que le sort des artistes et des peuples dépend d'une banalisation excessive de la félicité.

Souvenons-nous comment un citoyen argentin, Palito Ortega, fut sur le point d'être président de la République sans autre mérite que d’avoir chanté une chanson dédiée au bonheur, et dotée de rimes si intériorisées comme celle-ci :

La felicidad, a, a, a, a

De sentir tu amor, o, o, o, o.

 

Pour MVM les bruits c’est ce qui empêche la communication. Ils viennent souvent des adversaires de la démocratie.

C’est une auteur catalane, amie de MVM et peu connue en France.

Il s’agit d’une référence permanente de MVM qui avec d’autres auteurs allemands ont poussé l’écrivain vers le communisme sans croissance qu’on appelle aussi l’éco-socialisme.

Personnage en effet surprenant. Gouverneur, sénateur il a été candidat à la vice présidence avec Duhalde. Il a été en effet un chanteur de variété très populaire. Né en 1942 il est aujourd’hui un retraité.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:33

Débat à la Librairie Deloche

 

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

 Dans la salle, elle reconnaît qu’elle était une mauvaise élève qu’à partir de la classe de Cinquième un déclic s’est fait qu’elle a eu ensuite une formation en apprentissage mais elle a pu faire des progrès grâce à la lecture. Moment émouvant car il renvoie les enseignants vers des tonnes d’interrogations et j’en prends une, chère à un des intervenants : qu’est ce que savoir lire ?

Il est entendu qu’au CP on apprend à lire et à la fin du CE1 la « compétence » doit être acquise. En fait, finit-on un jour d’apprendre à lire ? L’intervenant a témoigné du fait que dans l’apprentissage rien n’est linéaire si ce n’est la passion d’apprendre. Pour une langue il faut la comprendre, la parler, la lire puis l’écrire. On peut savoir la lire sans pouvoir la parler, on peut la comprendre sans savoir la lire etc…

L’école d’hier avait ce défaut majeur de se présenter comme un tout : à l’école on apprend puis ensuite on travaille. La notion « d’apprentissage tout au long de la vie » est arrivée mais pour fausser la réalité : c’est pour relativiser la fonction de l’école.

 Hier l’école était un ascenseur social car la société était en ascension ! L’usine jouait aussi ce rôle et combien sont-ils ceux qui, grandissant avec leur usine, ont pu gravir les échelons jusqu’à celui d’ingénieur ?

 Pour résoudre le problème actuel de l’école la solution mise en œuvre par la hiérarchie c’est de changer l’instit en technicien. Un des présents témoigne de son expérience en science avec la main à la pâte. Il affirme que les autorités ont retenu la technique en perdant les valeurs liées à cette technique. Puisque nous étions dans une librairie à l’invitation des éditions La Brochure je fais référence à un livre que nous avons publié et qui relate la même chose. Il s’agit d’enseignants qui à Castres inventèrent un prix littéraire de lycéens à l’adresse d’un premier roman. Les autorités ont tout fait pour tenter de retenir la technique en en perdant l’esprit. Il y a eu une lutte mémorable. Aujourd’hui il existe un prix des lycéens mais sans aucun rapport avec le travail de fond réalisé à Castres et qui a marqué les esprits comme nous avons pu le vérifier à la vente du livre.

 Il est évident que le prof enseignant une matière met en œuvre une pédagogie beaucoup plus technicienne que celle de l’instit.

 Si l’instit entraîneur de l’équipe de foot, animateur de l’amicale laïque, secrétaire de mairie n’est plus de saison c’est pourtant par cette fonction globale que l’école se fabrique. L’amour du métier, c’est pour les uns l’amour des mots, l’amour des gestes, l’amour des enfants, l’amour de l’art, l’amour du rire et rien ni personne ne peut demander à effacer cet amour pour se changer en pur technicien ! Sans la passion, adieu l’éducation et cette passion ne se mesure pas, ne se quantifie pas ni en heures de travail, ni en taux d’enfants réussissant au bac.

 Un constat classique a été rappelé : pour trouver du travail il vaut mieux avoir le bac, il vaut mieux avoir des diplômes d’où le besoin d’écoles. Mais il ne faut pas en retour considérer que les sans diplômes sont sans qualités d’autant qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre des études.. y compris pour un diplômé ! Une amie à la retraite passe une thèse, un docteur à la retraite se lance des études d’histoire etc. JPD

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:30

Débat à lalibrairie Deloche

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

Dans la salle elle dit être « maîtresse d’école » et s’interroge sur la « réussite » des enfants. Autrefois l’école était là pour permettre aux enfants de vivre mieux que leurs parents, le souhait premier de tout être humain. L’école s’inscrivait dans l’univers du « progrès » or ce discours ne tient plus et se remplace souvent par la réussite individuelle.

Nous sommes là en plein dans le thème « école et société ».

Qu’elle est la responsabilité des autorités ? Quelle est leur légitimité insiste l’un d’eux ?

 La fin du progrès ?

En 1970 mon prof d’histoire est parti à la retraite et comme souvent dans ce cas, il est remplacé par un jeune en attendant que le mouvement des enseignants remette de « l’ordre ». Ce jeune nous annonça tout de suite contre l’idéologie de l’ancien que la frise historique n’avais pas besoin de flèche au bout car l’enseignement de l’histoire n’a pas à passer par l’affirmation de principe d’un sens de l’histoire. Je ne sais pourquoi ce détail de ma vie scolaire m’a marqué mais je sais que de suite cette perte du sens m’est apparue monstrueuse. S’agissait-il d’une approche pédagogique (tout comme le recul de l’étude des dates) ou de l’affichage d’une réalité ? Bien sûr, l’infâme deuxième guerre mondiale avait démontré que le progrès n’est pas linéaire et qu’y compris,  là où la société était très évoluée le massacre pouvait s’imposer comme règle de vie.

Il existe cependant un fossé entre s’interroger sur la nature du progrès et sur l’absence de progrès. Le prof d’histoire devait-il présenter une neutralité sur le sujet, à charge au citoyen de se donner sa propre définition du progrès.

Sauf que la disparition de cette petite flèche reposait toute la question de la légitimité de l’institution scolaire !

 La légitimité de l’institution et donc de l’instituteur ?

Pas à pas, le projet social d’école devant promouvoir les talents de chacun est devenu le projet de chaque école sous le titre : projet d’école. Il n’y a plus eu l’école mais des écoles sauf que du temps de l’école « nationale » il n’y a jamais eu l’uniformisation que l’on suppose. Chaque école était déjà l’œuvre de l’instit de l’école, car comme il a été rappelé à l’école primaire chacun enseigne aussi ce qu’il est. Mais cette diversité s’inscrivait dans un moule appelé « école normale ». Aujourd’hui, cette diversité devient l’objectif comme si les écoles pouvaient être mises en concurrence pour en améliorer la qualité !

Ce système nouveau a sa hiérarchie qui a pour fonction de le développer. L’école a toujours été une hiérarchie mais une hiérarchie largement solidaire car elle aussi formée dans le même moule. Enseigner l’occitan n’était pas autorisé mais on n’a trouvé aucun inspecteur sanctionnant l’instituteur Perbosc grand utilisateur de l’occitan pour faire apprendre le français.

Donc à présent la hiérarchie face à la nouvelle situation se doit de faire passer des consignes car elle prône l’école des compétences sans pouvoir afficher sa propre compétence, talon d’Achille qu’elle compense par l’auto-affirmation de sa légitimité.

 La théorie et la pratique

En formation professionnelle à l’Ecole normale, il y avait des instituteurs remplaçants qui venaient se former après avoir « essuyé les plâtres » dans des classes et ceux qui venaient d’avoir un bac qui ne leur donnait aucune légitimité pour enseigner. Le discours classique de la pratique comme la théorie. Normalement la légitimité de l’inspecteur venait du fait qu’il avait été longtemps enseignant avant de gravir la marche. Mais quand l’école continue une histoire classique ce n’est pas comme quand l’inspecteur doit casser l’école de cette histoire là ! On assiste donc à cette mutation : hier des enseignants parlant souvent d’égal à égal avec des inspecteurs alors qu’ils avaient une formation de base limitée (le brevet) et aujourd’hui des supérieurs qui s’adressent à des enseignants beaucoup plus soumis alors qu’ils ont bac +5 ! Je parle en termes de tendances car ce qui fait toujours l’enseignement c’est que chacun est là avec sa propre vie. La mutation fait que si hier l’instit pouvait être un enfant de 6éme de transition réussissant à reprendre le dessus, aujourd’hui pour arriver à bac+5 « l’instit » devenu prof est beaucoup plus le porteur du chapeau « bon élève ».

Quelle est la part d’enfants du peuple qui peut choisir le métier d’instit ?

C’est clair tout a changé mais pour aller vers où ? Et les inspecteurs savent-ils la destination ?

 

Quand j’ai entendu un inspecteur d’académie me dire que, vu le travail à l’école maternelle, il n’y avait pas besoin d’y mettre un Bac+5, j’ai compris que la destination est assumée. Pour ma part je n’ai jamais revendiqué une formation de base Bac+5 pour les instits mais une formation de haut niveau pour enseigner y compris en maternelle, tâche très originale qui inquiète beaucoup un « maître » de CM2 comme est tout aussi vrai l’inverse. Le signe du massacre je l’ai vécu au jour le jour avec la détérioration de la formation continue des enseignants. Le monde est en mutation avec comme première règle : limitation des dépenses sociales en matière d’éducation pour les transvaser sur les citoyens eux-mêmes en cours du soir et écoles à tarifs prohibitifs suivant le principe que ce qui est gratuit est ridicule. Et o,n boucle la boucle du rapport école et société. JPD

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:11

Sur le premier Cahier d’Etudes Manuel Vazquez Montalban Rosa Maria Rodriguez Abella (RS) se penche que la traduction italienne du grand roman de MVM, les Mers du Sud. J’ai ajouté la comparaison avec la traduction française et je m’en tiens ici aux mots sans rentrer dans les considérations générales. Vous avez donc le mot en VE, puis le mot en VF, le mot en VI et le commentaire de l’auteur de l’étude sur ce mot.

 Le roman Los mares del sur (1979) qui a eu un prix en Espagne (Planeta) puis en France grâce à Michel Lebrun (Prix international des la littéraire policière en 1981) est traduit par Michèle Gazier sous le titre « Marquises si vous saviez » chez un petit éditeur, puis Les mers du sud chez Christian Bourgois en 1988, et sera traduit en italien par Sonia Piloto di Castri sous le titre : Un delitto per Pepe Carvalho(1982) puis par Hado Lyria (amie de MVM et traductrice de tous les autres livres) en 1991 avec le retour au titre original : I mari del sud.

Je n’ai pas la première version de Michèle Gazier dont le titre, sans doute choisi par l’éditeur, fait référence à un sud très précis, les îles Marquises qui est le contraire du sud affiché dans le roman.

 La première version italienne, en plus du changement du titre s’autorise la suppression de l’épigraphe… pourtant en italien puisque c’est le ver du prix Nobel Salvatore Quasimodo : Più nessuno mi porterá al sud, ver dont le premier travail de Pepe Carvalho sera d’en élucider la provenance.

 Les observations de traduction vont surtout porter sur les éléments de dialogue qui nous renvoient à une certaine forme d’argot.

 Yo no me canso de mover el esqueleto / Je ne me fatigue pas à remuer ma carcasse / Non mi stanco mai di scuotere le ossa. (far quattro salti est plutôt proposé par RS).

Estás caliente/ Tu es en chaleur/ Sei calda (sei arrapato par RS)

Hoy toca / C’est pour aujourd’hui / Oggi sono in vena

No me enrolles otra vez / arrête tes salades / non prenderi per il culo un’altra volta /(non mi coinvolgere un’altra volta par RS)

Le había echado la vista a un zequis azul, demasié / J’avais un peu reluqué une céixe bleue…/ Avevo gettato l’occhio su un ci-ics azzurro, una favola (buttare l’occhio su una cx blu par RS)

Cantamañanas/ grande gueule/ tiramolla

Pija/ minette/ bella (snob ou colat RD)

La leche/ (pas de traduction côté français) / vacca (porca vacca RS)

Chalatura/ genouille de bénitier/ stronzata

Jauja / le pays de cocagne / Caspita (caramba RS)

Las partes/ les partis (sexuelles) / le parti nude  

 Traduire c’est aussi apprendre la vie et cet article ne donne qu'un aperçu schématique de l'étude mentionnée. JPD

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 16:28

Parmi les injustes absents de ce blog il y a le Péruvien Mariategui qui va être célébré à Paris.

Je renvoie les lecteurs à cet article de René Merle :

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-mariategui-et-jaures-118300881.html

 Oui, Mariategui a aussi parlé de Jaurès et il n’a pas cherché à savoir s’il était révolutionnaire OU réformiste mais il a démontré que son réformisme avait un fonction révolutionnaire.

 De mon côté j’ai repéré, sur mon blog, des allusions à Mariategui avec surtout un gros article sur Bourdelle.

Jean-Paul Damaggio

 Une bibliothèque à Lima

 La gauche latino-américaine, un modèle ?

Vallejo Aragon Mariategui

 Bourdelle Mariategui Gramsci

 Encore Bourdelle Mariategui Gramsci

 Montalban cite Mariategui par la bouche de Diderot Martinez

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:55

J’avais 16 ans et mon unique grand-mère emporta son charabia dans sa tombe. C’est en répondant aujourd’hui aux questions de Rosendo Li (1) que je me suis dit qu’il était temps de rendre un hommage mérité à Maria. Paradoxe incroyable, je croyais qu’elle parlait français ! Ayant toujours entendu son charabia, je la comprenais parfaitement d’autant plus qu’il n’existait pour moi qu’une vraie langue, le français, qui devait suffire à nos besoins linguistiques. A l’école, je m’étais mis à l’espagnol et même à l’anglais, mais par la force des choses. Dans l’oreille, j’avais des traces, et plus que des traces, du patois (l'occitan), mais le français était notre langue et Maria le parlait très bien.

Sur le marché de Caussade où je l’accompagnais pendant les vacances, tout le monde la comprenait aussi bien que moi, et pourtant, des enfants qui l’écoutaient, ne pouvaient suivre une conversation avec elle.

Très croyante elle était sollicitée pour un talent lui aussi très bizarre : elle éteignait le feu !

 D’elle je me souviens de cette expression : « fa il gros » et il m’a fallu des années avant de comprendre que cette expression avait besoin d’une traduction ! Dans sa bouche, dans le contexte, c’était une évidence : un des voisins agriculteurs voulait faire le gros agriculteur ; elle, ne cherchant que la modestie dans la culture des salades. Non ce n’était pas une insulte, ni un mépris affiché, mais un simple constat, comme on dirait de telle autre personne : « elle se fait belle ». Ceux qui veulent « péter plus haut que leur cul » et cette expression ne pouvait être sur ses lèvres, doivent s’attendre à de grandes déceptions : voilà le sens profond de « fa il gros ».

 En fait ma grand-mère venue d’Italie avait transporté avec elle l’italien de sa province. Pour vivre, jeune, elle allait faire de la couture dans des familles qui parlaient patois, et au village le français dominait, alors elle s’est mise à parler charabia, je veux dire un mélange des trois langues.

 Mon premier étonnement est venu d’immigrés portugais que j’identifiais parfaitement comme étant des Portugais, parlant une langue totalement inconnue pour moi, et qui venaient acheter du vin. Avec ma grand-mère, ils se comprenaient comme si elle avait toujours parlé portugais ! Et des uns aux autres, les immigrés en question se passaient le mot : ils pouvaient aller acheter du vin chez quelqu’un les comprenant !

Je dis ça parce que les Portugais étaient des immigrés voyageurs et non des immigrés installés dans le village. Régulièrement, l’un était remplacé par un autre, mais ils ne perdaient pas le filon du vin compréhensible.

Le mot charabia est-il le plus approprié pour caractériser la langue de ma grand-mère ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un sabir ?

 A écouter les langues autour de moi j’aurais dû voir naître en mon jeune esprit l’amour des langues or il me faudra attendre mes 22 ans pour, en rencontrant le Québécois Jacques Desmarais, comprendre enfin et un peu tard (déjà) qu’il n’y a de parole possible que par la confrontation des langues, confrontation qui est dans le français lui-même et dans ces mots que sont charabia et sabir. Ensuite, j’ai étudié l’occitan, puis revu l’espagnol, et pris une méthode d’italien. Pour l’anglais je me suis résigné à seulement le lire. J-P Damaggio

Emission que vous pouvez retrouver sur CFM au chapitre « rendez-vous avec Rosendo ». celle-ci sera diffusée dimanche à 13 h.

 

 

PS : Tout d’un coup je me suis demandé si je n’avais pas déjà écrit ce texte et j’ai cherché sur le blog avec le moteur de recherche, au mot grand-mère. Je la trouve deux fois pour une histoire de train et une de dollar :  Le paris-cerbère   Nos rêves des amériques

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 10:23

Texte publié dans la revue Lengas n°17 qui reprend les interventions d’un colloque tenu à Montpellier en 1985 à l’initiative de l’association Obradors et portant sur la question linguistique et la révolution française.

La question linguistique à Montauban (1790-1793)

1976: Les drapiers jacobins, pièce d'A. Benedetto jouée à Montauban dans le cadre du Festival d'Occitanie. La pièce est éditée avec une préface de Félix Castan et des notes (1).

Point de départ de cette pièce : la « pétition » en 1791 d'un certain Antoine Gautier-Sauzin.

Le sujet : la question linguistique à Montauban pendant la Révolution.

Originalité du propos : la langue occitane est défendue par un jacobin montalbanais.

D'où le titre de la préface de Félix Castan : « Robespierre anti-Grégoire ».

En notes, A. Benedetto publie des extraits du courrier qu'il a échangé à ce sujet avec son préfacier : il souhaitait trouver un jacobin défendant la langue d'oc ; Castan lui répond : nous l'avons, avec Antoine Gautier-Sauzin, l'auteur de la fameuse « pétition ». Mais nous sommes cependant prévenus : ce Gautier-Sauzin demeure par ailleurs un inconnu.

La « pétition » d'Antoine Gautier-Sauzin (datée du 18 décembre 1791)

En 1976, au moment même où A. Benedetto prépare sa pièce, la « pétition » sort de l'ombre, grâce au livre Une politique de la langue (2). Il s'agit d'un texte de cinq pages, envoyé à Grégoire. Ce n'est pas une réponse au questionnaire que le député avait envoyé, mais, vraisemblablement, un ensemble de réflexions qui fait suite au plan d'Instruction publique. Dans un premier temps, retenons de cette « pétition » les points suivants :

— Gautier, pour désigner l'occitan, utilise successivement les termes ou formules: «leur [= des paysans] idiome naturel», «leur langue maternelle», «les idiomes méridionaux», «langue naturelle», «leur idiome naturel», «leur idiome particulier». On imagine la réaction de Grégoire à la lecture d'un tel texte ! Comment un petit cultivateur de Montauban avait-il pu écrire de la sorte ? D'autant qu'il précise par exemple : « Oh ! qu'on ne croie pas que ces divers idiomes méridionaux ne sont que de purs jargons : ce sont de vraies langues, tout aussi anciennes que la plupart de nos langues modernes ; tout aussi riches, tout aussi abondantes en expressions nobles et hardies, en tropes, en métaphores, qu'aucune des langues de l'Europe : les poésies immortelles de Goudelin en sont une preuve sans réplique.»

— Gautier exprime clairement sa volonté d'inscrire sa proposition d'enseignement en occitan dans le cadre des combats de la Révolution : « Les habitants de nos contrées sont encore bien loin d'avoir une idée nette, non seulement de notre sublime Constitution, mais même de l'immense révolution qui s'est opérée dans le royaume, et pour ainsi dire autour d'eux.» ; «La Nation, en se reconstituant, a sagement proscrit de son sein toute distinction d'ordres, de rangs, de privilèges, et n'a conservé de considération personnelle que celle qu'il importe si fort d'attribuer aux talents qui servent ou défendent la patrie et aux arts qui l'embellissent».

De telles phrases, à coup sûr, sont assez vagues, mais le texte de Gautier n'avait pas pour but de développer les idées de son auteur au sujet de la Révolution : il s'agissait d'abord de proposer des moyens convenables pour instruire les gens des campagnes. Et comme ceux- ci ne parlent pas le français, « il se préserve ici une difficulté de détail qui par son importance mérite d'être examinée et discutée avec quelque attention. » « Un détail important » qui constitue précisément le sujet de ce colloque !

En réalité, les problèmes principalement évoqués par Gautier-Sauzin sont les suivants :

—         celui de la langue et de son statut : qu'est ce qu'une « vraie langue » ?

—         celui de la langue et de son enseignement : que peut-on enseigner, et surtout, à qui ?

—         celui de la langue des campagnes : comment combattre l'ignorance des campagnes ?

—         celui de la langue et de la Révolution : quelle langue pour la Révolution ?

Montauban et sa Société Populaire

« Si Toulouse, capitale administrative incontestée, reste la plus grande ville de la région, Montauban en 1790 se situe en seconde position, avec ses 28 milliers d'habitants, ce qui représente entre la moitié et les trois cinquièmes de la population de Toulouse, le double de celle de Pau, le quadruple de celle de Perpignan » ; « au point de vue industriel, elle l'emporte nettement sur sa puissante mais somnolente voisine » (3). La Société populaire de Montauban a été créée après les événements tragiques du 10 mai 1790 (4) ; née de la fusion de trois sociétés, elle étendit peu à peu son pouvoir. Dans l'étude minutieuse qu’il lui a consacrée, Galabert, montre que les pauvres n'étaient pas tenu de payer pour en devenir membre : pour s'opposer aux royalistes, les révolutionnaires pouvaient ainsi regrouper plus facilement l'ensemble des forces qui leur étaient favorables (5). Mais cet accueil fait aux plus pauvres avait des limites : lorsque des brochures sont imprimées à l'intention des membres, sur les 1500 exemplaires tirés, une centaine d'exemplaires gratuits sont réservés pour les plus démunis ; mais, si l'on compare ces deux chiffres aux huit mille ouvriers montalbanais de l'époque, on comprend qu'il ne faut pas assimiler la Société populaire à l'ensemble du peuple de Montauban.

Bien que minoritaire, la Société ne manqua cependant pas d'ambitions. Si en 1790 la municipalité ne lui est pas favorable, à partir de 1792, la situation change et elle finit par imposer ses propres candidats. Par ailleurs, elle s'évertua à étendre son emprise géographique : le Comité de Salut Public créé en mars 1793 sous l'impulsion de Jean Bon Saint-André, venu comme représentant en mission, s'efforça d'étendre son autorité à l'ensemble du département du Lot.

A considérer les registres de la Société populaire montalbanaise, on constate que la question linguistique n'y occupe qu'une place très réduite, qui contraste avec celle accordée aux problèmes militaires, religieux ou sociaux. On note :

—         27 septembre 1790 : présidence Gautier. Lecture a été faite d'un imprimé portant pour titre Signalement des Aristocrates à l'Assemblée Nationale; ayant pour devise « Tu es un homme aujourd'hui, demain peut-être rien. Ton devoir ici-bas est d'être homme de bien », de l'Imprimerie Letellier. Sur quoi il a été délibéré de le faire imprimer après l'avoir préalablement traduit en « idiome gascon ». A cet effet une commission est nommée.

—         7 novembre 1790 : sur le choix de deux traductions « patoises » qui ont été faites au sujet de l'imprimé sur le Signalement des Aristocrates.

—         9 janvier 1791: l'abbé Calmels a demandé à l'assemblée son agrément pour faire périodiquement dans le local de la société, les jours qu'elle indiquera, une instruction patriotique et publique pour les enfants et les habitants de la ville et de la campagne non lettrés, dans laquelle il offre d'expliquer gratuitement tant en français qu'en « langue vulgaire » tous les avantages de la Constitution et des décrets acceptés ou sanctionnés par le Roi. Rivals, qui est protestant, se joint à cette proposition.

—         15 mai 1791 : il a été fait lecture d'un Dialogue en « patois » au sujet de la nomination de M. Sermet évêque de Toulouse. Ce dialogue a reçu les applaudissements de l'assemblée.

—         22 mai 1791: lecture d'un Dialogue en « patois » relatif à l'impôt qui a été vivement applaudi.

— 25 septembre 1791 : l'abbé Bernardy ayant pris la parole a prononcé à la tribune un poème dans l'idiome « patois ». Vifs applaudissements Le président a aussi témoigné la satisfaction de l'assemblée.

Par la suite, plus aucune indication de cette sorte n'apparaît. F. Galabert, par ailleurs, indique que, le dimanche, pour que les gens de la campagne puissent participer, les réunions se tenaient en patois. Daniel Ligou précise quant à lui que « maintes fois la Société donne lecture ou fait diffuser des dialogues occitans mettant en scène le populaire prélat féru de cette langue » (il s'agit bien sûr du R.P. Hyacinthe Sermet).

Montauban, on le voit, s'est fort peu préoccupé de la question linguistique à cette époque. Le nom donné à la langue occitane dans les registres de la société populaire : « idiome gascon », « patois » le plus souvent, est révélateur d'une situation instable, peu maîtrisée. Mais où se trouvait donc alors notre Gautier-Sauzin ? Etait-ce lui qui présidait la séance du 27 septembre 1790 ? Le questionnaire envoyé par Grégoire, en tout cas, n'est jamais évoqué dans les registres de la Société et, au moment même où Gautier-Sauzin envoie sa « pétition » à Grégoire, c'est-à-dire en décembre 1791, rien ne manifeste, dans les comptes rendus, que la question linguistique et la réponse fournie aient été mises en discussion. Qui était donc, dans ces conditions, Gautier-Sauzin ?

La famille Gautier

Les dossiers concernant la Révolution montalbanaise font immédiatement apparaître un Gautier, que j'appellerai le Gautier greffier : il occupe cette fonction de greffier de la commune en 1791 ; il devient ensuite secrétaire expéditionnaire du Comité de Salut Public en 1793 ; après thermidor, il continue à exercer cette charge auprès du Comité révolutionnaire de la ville. On le trouve, enfin, greffier au Tribunal de première instance grâce, sans nul doute, à l'appui de Jean Bon Saint-André, qui était devenu quant à lui une personnalité de l'Empire

Apparaît par ailleurs un Jean-Antoine Gautier, qui est président de la Société populaire en 1790. Président du Comité de Salut Public, il joue un rôle important dans la Révolution montalbanaise : il est en particulier élu juge de paix dès 1791 et occupera cette fonction jusqu'à la réaction thermidorienne, qui le destitue.

Un fait est certain : notre Gautier-Sauzin, de quelque façon qu'on prenne la question, n'a rien à voir avec ces divers Gautier... Pour retrouver sa trace, il faut consulter les registres d'état civil : nous y apprenons qu'il est décédé à Montauban le 17 novembre 1831, qu'il n'exerçait alors aucune profession, n'avait jamais été marié, et vivait seul. Au moment de sa mort, à l'âge de quatre vingt trois ans, il était apparemment si peu connu de ses voisins que ceux-ci ne purent, lorsqu'ils allèrent à la mairie déclarer son décès, donner le nom de ses parents (6).

Par rapport au but initial de ma recherche, qui visait à mieux situer l'auteur de la « pétition » à Grégoire sur l'échiquier politique montalbanais, afin de savoir comment celui-ci avait défendu sur le terrain la langue d'oc et comment cette défense avait été articulée avec des prises de positions politiques, je suis réduit à constater :

—         que Gautier-Sauzin préfère écrire à Paris plutôt que d'agir sur le terrain montalbanais;

—         qu'il ne s'est pas comporté comme le font habituellement les correspondants de Grégoire, c'est-à-dire en passant par une Société populaire ;

—         que ses idées politiques ne peuvent pas, dans l'état actuel de nos connaissances, être précisées.

Contrairement à ce que pose la pièce d'A. Benedetto qui m'a servi de point de départ, la rencontre ne s'est probablement pas produite, à Montauban, entre le mouvement sans-culotte et le combat pour une France plurielle en ce qui concerne la langue. Claude Mazauric, dans les Annales de la Révolution Française, n'avait pas eu besoin de faire tout ce chemin pour en arriver à une conclusion identique. Il écrit en effet, au sujet de la pièce de Benedetto et de la présentation de Castan: « Jamais Robespierre et les jacobins robespierristes après 1792 ne se sont séparés des partisans de l'unification linguistique comme Grégoire ou Barère ; remarquons d'ailleurs que les « fédéralistes » ne se seraient pas opposés à eux sur ce plan. Tous étaient persuadés en se fondant sur les conceptions linguistiques des Lumières, que le progrès de l'histoire des peuples se traduit par un progrès dans la langue et qu'agir sur la langue, c'est agir sur l'histoire ». (7)

Nous avons rencontré le nom du R.P. Sermet dans les registres de la Société populaire montalbanaise. Tout le monde s'accorde pour dire qu'il fut un défenseur de la langue d'oc. Mais Sermet, dans ses discours en occitan, ne dit strictement rien de la question linguistique. Il apporte cependant la preuve qu'il est possible de parler en occitan à propos de la Révolution. Or, entre 1790 et 1794, se produit une évolution qui fait que, dès septembre 1791, on ne s'intéresse plus à la question linguistique à Montauban. Pourquoi cette évolution ?

1792-1793

Si Gautier-Sauzin écrit en décembre 1791 à Grégoire pour prendre la défense de la langue d'oc, c'est certainement parce qu'il s'est rendu compte que quelque chose était en train de changer à ce sujet dans sa ville. Le 13 octobre 1791, la Société populaire « pénétrée de l'impression que fit sur les esprits la lecture de l'adresse de l'abbé Grégoire invita Jean Bon Saint-André à occuper le fauteuil de président. L'adresse sera imprimée pour être envoyée à toutes les sociétés affiliées du district et pour en éterniser les impressions il en sera fait lecture tous les mois. » Il est difficile de savoir en quoi consistait cette adresse de Grégoire ; par contre, les enjeux du moment, à Montauban comme dans l'ensemble du pays, apparaissent clairement : la Constituante va céder la place à la Législative. Jean Bon Saint-André, depuis le 'mois de juin, se prépare pour ces élections. A cet effet, il prend tous les pouvoirs dans la Société : Gautier est alors éliminé, et ne retrouvera sa place qu'en mai 1792, lorsqu'il redeviendra président.

Or c'est après cette élimination que la question linguistique occitane cesse d'être évoquée par la Société populaire montalbanaise. Mais cette coïncidence autorise-t-elle à supposer que nos deux Gautier se soient concertés un tant soi peu à ce moment ?... Notons par ailleurs que le nom du R.P. Sermet apparaît encore une fois en 1792 dans les registres à la date du 6 janvier : « Sermet, évêque métropolitain de Toulouse nous a envoyé une instruction pastorale dédiée aux fidèles de son diocèse qui a été accompagnée d'une lettre d'envoi dont la lecture a été faite». Y avait-il encore de l'occitan dans tout cela ?...

Ajoutons que dans le registre des délibérations du Comité de Salut Public des années 1793-1794, on ne trouve rien au sujet de la langue, ni pour la défendre, ni pour la condamner. Quelques jours avant thermidor, une femme est arrêtée parce qu'elle diffusait une chanson patoise. Mais le fait que la chanson contre-révolutionnaire ait été écrite en occitan n'est jamais mentionné par la suite dans les pièces relatives à cette affaire.

Bilan et hypothèses

Les sources, on le voit, sont rares et difficiles à interpréter. Tentons cependant de proposer quelques hypothèses explicatives. Et d'abord en ce qui concerne le problème de la langue par rapport à l'instruction publique.

La Révolution veut distribuer le savoir et se pose la question : à l'aide de quelle langue ? La conception de l'instruction publique ne peut en effet renvoyer qu'à une conception linguistique, dans une première étape. Gautier-Sauzin propose quant à lui un enseignement en langue d'oc car il juge les paysans trop peu intelligents pour pouvoir apprendre le français. Cette incapacité, pour lui, tient d'abord au type de travail qu'ils effectuent quotidiennement : « occupés, dès l'âge de raison, aux travaux continuels des champs, d'où dépend leur existence, auront-ils le temps d'étudier le français et le degré d'intelligence nécessaire pour l'entendre ? ». La réponse de Gautier-Sauzin est évidemment négative, puisqu'il renonce à proposer que le français serve à l'éducation des paysans.

Cette réflexion est d'ailleurs pour lui l'occasion de se livrer à une distribution claire des différentes classes d'individus : « C'est pourquoi l'Assemblée Constituante a cru devoir approprier son plan d'éducation à ces deux différentes classes de citoyens. Elle a destiné au peuple riche l'éducation publique proprement dite, et au peuple pauvre l'éducation publique et gratuite. De la première de ces écoles sortiront la sagesse éclairée de nos Administrateurs, l'intégrité des lumières de nos magistrats, de nos juges, la droiture de nos ministères, le génie et les vertus de nos législateurs... L'objet de la seconde sera d'apprendre aux enfants à lire avec fruit, à écrire avec une sorte d'intelligence, à calculer avec précision ; et de former leur esprit et leur cœur aux principes invariables et inséparables de la religion et de la Constitution. » Sans doute sur ce point Gautier-Sauzin et Grégoire devaient-ils se rejoindre. Mais pour atteindre un tel objectif, pour Grégoire, c'est l'instituteur créateur d'une nouvelle société qui produit l'unité nationale par le centre ; pour Gautier, c'est l'instituteur qui refuse de poser la question de l'unité, qui refuse de dépouiller le peuple de sa richesse linguistique, qui se met donc à sa portée, qui doit remplir un tel rôle.

On retrouve des enjeux similaires en ce qui concerne la question des rapports entre langue et religion. Y a-t-il eu, à Montauban, des attitudes différentes face au problème de la langue selon que l'on était catholique ou protestant ? Je remarque simplement que les défenseurs de l'occitan, en 1790-1791, sont surtout des ecclésiastiques : tel est le cas de Calmels, de Bernady, de Sermet aussi. Mais Derey, qui, comme président, félicite Bernardy pour son poème en occitan («La France régénérée») est quant à lui protestant, tout comme Jean Bon Saint-André...

Troisième point : les campagnes. C'est Grégoire qui met les campagnes au cœur de son argumentation. Gautier-Sauzin le suit parfaitement sur ce point : il n'y a pour lui dans les campagnes qu'ignorance, superstitions, etc. En contraste, relisons sur ce sujet Mary-Lafon. Voici comment il présente les campagnes montalbanaises à la même époque : « Dans les campagnes où à la fin le joug féodal était devenu trop lourd et où la dîme, la taille et la gabelle pressuraient trop cruellement la population, leur influence [des partis de la monarchie] n'était point à craindre. Mais elle dominait presque sans rivale dans la plupart des villes. Là, ils avaient eu l'art de persuader au peuple, qui ne voit jamais que le présent, que la suppression des parlements allait tarir tout à coup la source des revenus publics et ruiner la cité » (8). Et pourtant, à côté de cette analyse, voici ce que déclare, avec vingt de ses amis, le président de la Société Populaire de Villebrumier à celle de Montauban, le 24 juin 1791 :

«Nous ne sommes pas orateurs à la campagne. Aussi nous ne vous apporterons pas de discours façonné, notre dessein n'étant point de vous fatiguer d'un parlage rebattu et tout à fait inutile. Nous venons messieurs vous faire hommage de notre patriotisme qui est plus de votre goût et qui vaut mieux en effet que des paroles qui s'envolent... ». La campagne, lieu d'un certain savoir (auquel participe, entre autres choses, la langue occitane), lieu d'une certaine Révolution, va devenir un nouveau mythe. Poser la question de la langue, c'est poser parallèlement la question de ce mythe.

Et la politique ?

La politique, ce n'est pas seulement les textes législatifs, l'activité des députés, des comités... Claude Mazauric, toujours à propos de la pièce de théâtre d'A. Benedetto, après avoir évoqué Robespierre, écrit : « L'unification linguistique par le français national n'a pas seulement résulté de la politique de la langue des révolutionnaires, mais aussi d'un dessaisissement en profondeur par les masses françaises (révolutionnaires ou révolutionnées) d'une part de leurs parlers régionaux, lesquels étaient précisément adaptés aux anciennes formes de la vie sociale, notamment rurale. Remarquons que ce «dessaisissement» linguistique reflète très précisément le consentement relatif mais dominant, de la société civile dans son ensemble à l'hégémonie de la bourgeoisie révolutionnaire à la fin du 18e siècle.»

C'est à travers l'expression actuelle du mouvement occitan que j'ai tenté d'aborder cette question à partir du Montauban. C'est avec lui que je vais maintenant terminer.

Les questions qui me préoccupent sont évidemment d'ordre historique. Mais étudier la portée des effets de la Révolution française ne peut pas être une étude en dehors du temps. L'unité par le centre renvoie à l'éducation, mais aussi au politique. Or c'est cette voie, qui l'emporta finalement, qu'il convient d'examiner de près, de mesurer dans toute son ampleur.

Le politique conçu comme bonheur social distribué par le haut débouche inévitablement sur une France avec une seule langue. Le politique conçu comme bonheur individuel gagné par la lutte quotidienne représente le développement de chacun, à travers ses richesses propres, et, peut-être, une France plurielle. Ici, c'est le quotidien qui devient sacré, tandis que la religion n'est plus qu'un extérieur, ou un ailleurs, car le savoir n'est plus reçu, mais auto-construit. Gautier-Sauzin, qui décidément pensait à tout, faisait en ce domaine des propositions concrètes : «imprimer des Alphabets purement gascons, languedociens, provençaux», «établir pour chacun de ces idiomes méridionaux une orthographe uniforme et invariable». Pour lui, notons-le, la langue d'oc est multiple (9).

Ce carrefour entre langue/instruction/religion/politique peut, je pense, nous aider à mieux comprendre comment s'est construit notre pays depuis l'époque de la Révolution ; il permet en même temps de situer avec plus de précision le rôle d'un combat occitan pour le transformer aujourd'hui, au moment où la nécessité d'une France plurielle se fait jour avec force.

NOTES

1) André Benedetto, Les drapiers jacobins, Le siège de Montauban ; Mandrin, Paris, P.J. Oswald éd., 1976.

2) Michel de Certeau, Dominique Julia, Jacques Revel, Une politique de la langue, Paris, Gallimard, 1976.

3) François Grèzes-Rueff, Histoire de Montauban, Toulouse, Privat, 1984, p. 219.

4) Archives départementales de Tarn-et-Garonne, L 401, 402, 403.

5) F. Galabert, « La Société des Jacobins de Montauban », Revue d'histoire moderne et contemporaine (deux articles).

6) Archives départementale de Tarn-et-Garonne, série E, état civil.

7) Claude Mazauric, Révolution et jacobinisme, Paris, éditions Sociales, 1984 (reprend, à partir de la p. 245, l'article publié auparavant dans les Annales de la Révolution Française).

8) Mary-Lafon, Histoire d'une ville protestante, Paris, Amyot, 1862.

 

9) Gautier-Sauzin publie en 1799, chez Fontanel, Coup-d'oeil sur l'éducation.

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