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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:19

Répondant aux questions de Rosendo Li à la radio, j’ai bien sûr évoqué Montalban et son chef d’œuvre Galindez. Ce roman est : « Pour Rosa, au quinzième anniversaire notre rencontre, in memorian. »

J’ai longtemps été intrigué par cette dédicace jusqu’au jour où j’ai repris la version espagnole : A Rosa, en el quincuagésimo aniversario de nuestro encuentro. In memorian »

Le fait est là : la traduction française est un massacre ! J’ai du mal à le croire et comme je ne suis pas savant j’accepte toute contestation de mon propos mais voilà ce qui s’est passé : Rosa n’est autre que la mère de Manuel et il s’agit d’un livre achevé en 1989 et publié en 1990, quand Vazquez Montalban avait… 50 ans. Il s’agit du cinquantième anniversaire de la rencontre de l’écrivain avec sa mère et non d’un quinzième anniversaire ! J’ai vérifié sur mon gros dictionnaire et ça coïncide !

 Admirateur de MVM je suis prêt à aller le chercher dans les moindres détails mais admirateur ne signifie pas adorateur ! Pourquoi en inventant Carvalho lui a-t-il donné comme bras droit, Biscuter, un homme presque traité comme un esclave ? La version polar de Quichotte et Sancho ? Sauf qu’à la fin, dans le dernier roman, Biscuter devient presque le sauveur de son chef ! Encore un clin d’œil à Sancho ?

 A chercher le moindre détail je tombe sur cette information de son fils rappelant que Manuel lui offrit un livre de poésie auquel il tenait : Les Chambres, d’Aragon. Admirateur d’Aragon je n’en suis pas un adorateur ! Je cherche pourquoi choisir Les Chambres plutôt, par exemple, qu’Elégie à Pablo Neruda publié juste avant ?

Pour dire l’amour que le père ne pouvait adresser à son fils ?

Le livre est écrit en 1968 - au moment où le poète MVM est en plein dans son poème « Education sentimentale » avec sur les bras son unique fils né en 1966 - et il est sous-titré : Poème du temps qui ne passe pas.

Offrir ce livre à son fils pour dire les difficultés de la mémoire ?

Encore et toujours, la mémoire et le désir.

Comment ne pas sortir de cette double obsession ?

 Les Espagnols appellent « chambre : « habitacion » comme si la chambre était finalement toute l’habitation !

 

JPD

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 12:50

                                        eterevic.jpg

Temps maussade, temps pour la lecture. Pour un retour au Chili. Arpenter les rues de la Santiago populaire dans les pas de Heredia le détective privé cher à Ramon Diaz-Eterovic ? Pour garder l’assurance que l’obstination, la modestie, la ténacité peuvent servir de guide dans la vie. Une vedette au Chili, Heredia ayant accès aux écrans télé, une petite percée en France. Le Deuxième vœu qui vient de paraître chez Métaillé (livre de 2006) nous permet d’entrer un peu plus dans la vie de ce détective sans prénom : il s’agit du vœu de sa mère inconnue le mettant sur la piste de son père tout aussi inconnu, Heredia ayant été élevé dans un orphelinat qui n’a retenu comme identité que ce simple nom.

Une quête d’un père recoupant l’autre quête d’un père, celle d’un client ayant fui Pinochet et tentant de renouer avec son géniteur admirateur de Pinochet.

Pas question de raconter l’histoire, ni l’ambiance, ni rien du tout.

Pointer peut-être qu’une fois de plus nous avons un auteur de polar ancien membre d’un parti communiste !

L’auteur, homme du sud, chargé de poésie, est donc un Eterovic.

 A Iquique j’ai retenu cette surprise : la forte présence de Croates au Chili. Pendant des décennies les Yougoslaves ont effacé des mémoires les Croates mais à présent le terme a repris de la vigueur comme les Russes effaçant les Soviétiques. A Iquique un immense monument reprend les noms croates du pays et montre ainsi le succès de nombreux d’entre eux.

 L’auteur de polar est l’homme de la nuit, l’homme des égouts, celui que j’appelle sous-réaliste. Et à Santiago comme dans d’autres villes, la nuit fait apparaître une autre ville que le touriste survole pour raison de sécurité. Le fait m’a surpris une fois au Pérou, à Piura que je connaissais très bien de jour, quand un ami doté d’une voiture m’a transporté un soir derrière le grand bâtiment de la mairie, où des vendeurs à la sauvette proposaient mille produits absents le jour. J’ai retrouvé ce qu’Herera trouve à Santiago :

« Les piétons diurnes quittaient les rues du centre-ville pour céder la place à une faune qui attendait la tombée de la nuit pour se montrer. Des vendeurs de nourriture et de fleurs, des prostituées, des noctambules à la recherche de compagnie, des employés de bureau soûls, des dealers, des ramasseurs de carton, de voleurs aux aguets. Des gens ordinaires qui retardaient le moment de retrouver la routine vulgaire de la télévision et du sommeil qui s’écroule comme une pierre tombale sur leurs paupières. La ville revêtait de nouveaux habits, l’agitation de la journée se changeait en peur, la méfiance circulait de regard en regard. »

 Nous avons pu vérifier ce changement dans le centre-ville de Santiago. Des prêcheurs qui occupent des carrefours avec danseuses à l’appui ; des promeneurs sans raison etc. Dans un même restaurant très actif à midi, le soir c’était plus calme car il devenait plus « famille », quand d’autres, fermés à midi, se préparent le soir pour tenir toute la nuit.

 Et chez Heredia la passion pour le tango argentin. JPD

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 09:06

Depuis 1945, La Dépêche Tarn-et-Garonne est obsédée par le problème des municipales à Montauban :

-Impossibilité malgré toutes les combinaisons de faire élire un maire radical.

-Méfiance permanente vis-à-vis du maire PS

-Surveillance difficile de la droite.

 Pour 2014 le quotidien a décidé de se lancer très tôt dans la manipulation par l’utilisation de « la démocratie des sondages ».

Je ne suis ni pour ni contre les sondages mais celui que La Dépêche nous présente le 8 juin, réalisé à la demande du PS, au sujet des municipales de Montauban, est un des plus grands chefs d’œuvre du genre.

Vu qu’il n’y a aucun risque qu’il soit contesté publiquement par un autre sondage car l’opération est trop chère, il est plus facile de dire n’importe quoi. Je dis « publiquement » car je ne doute pas un instant que les services des « renseignements généraux » ne soit tenu de faire part de quelques enquêtes…

Bref on nous offre une donnée : Barèges-Garrigues, 48% contre 52%.

Il faudrait connaître un sondé pour vérifier si ce fut la seule question en terme électoral.

Par exemple rien sur le premier tour avec une éventuelle liste radicale, une liste Front de Gauche, et une éventuelle liste FN. Or pour les radicaux nous savons que chaque élection se fait sous la menace d’une liste radicale au premier tour qui, cette fois, serait conduite par Monsieur Berrier (la dernière tentative du genre remonte à 1983 avec Monsieur Hamecher.

 Le sondage est surtout là pour prouver aux citoyens que Roland Garrigues est le mieux placé pour battre Barèges. Au sein du PS la bataille fait rage entre l’ancien maire battu et l’ancien tête de liste battue. Claude Mouchard se voyait bien repartir à l’assaut de la mairie mais le commentateur du Petit Journala fait observer qu’au dernier conseil municipal Mouchard a semblé avoir un « garrigue en travers de la gorge » ce que le sondage confirme. Et à présent c'est clair il a La Dépêche en travers de la gorge car le journal n'était pas tenu à publier ce sondage d'où il est absent. Le même journal, en 2001, n'avait pas été du plus grand secours pour Roland Garrigues mais depuis, le conseiller général et député suppléant semble avoir obtenu la confiance de Baylet.

 La tête de liste étant choisie, le journal fixe la ligne de conduite :  

« Les Montalbanais veulent rester maîtres de leur destin, préférant indexer la vie de la cité sur les profils qu’ils côtoient, porteurs de projets de proximité, et pas à l’aune des joutes politiciennes du carreau parisien. »

Donc attention, faisons de cette élection une élection locale ! Or depuis plus d'un siècle les élections à Montauban sont aussi marquées par les tendances nationales, Brigitte Barèges ayant cependant résisté à la vague rose de 2008 !

 Et enfin le journal dénigre l’adversaire Brigitte Barèges avec l’élégance qui lui est chère :

« la Ville de Montauban reste son dernier os à ronger ». Gérer une ville c’est un os à ronger ? La députée PS qui est seulement députée a un seul os à ronger ? Quant à Baylet c’est vrai, à ce jeu, il doit friser l’indigestion !

 Terminons par cette phrase alambiquée : « Parmi les élus de gauche qui récoltent un taux de notoriété important, le radical José Gonzalez est celui qui essuie le moins de mauvaises opinions (11 %). »

Donc les données concernant les autres sont dans le sondage mais pas sur le journal ?

 De tels articles font très mal débuter une élection qui mérite mieux que les petites manœuvres. JPD

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:57

Sur la revue mexicaine Nexos le 01/06/2002 Montalban rappelle ce qu’est le football.

Il m’est arrivé d’écrire sur la question : le foot est-ce une religion ?. JPD

 

IZQUIERDAS, POETAS, PATADAS Y DERECHAS

POR MANUEL VÁZQUEZ MONTALBÁN

 « Suivant ce que m’a révélé Valdano, le football créatif est de gauches et simplement la force, « marrulleria et patadon » est de droite. »

 

Grâce aux argentins, le football a une littérature et une philosophie. Parfois ils bénéficient de la collaboration des grands écrivains uruguayens Eduardo Galeano et Mario Benedetti. L’ancien joueur et entraîneur Jorge Valdano a publié en Espagne en 1995 une collection d'histoires sur le football, écrits par des auteurs principaux : Bernardo Atxaga, Javier Marías, Bryce Echenique, Miguel Delibes, Eduardo Galeano, Augusto Roa Bastos, Mario Benedetti, Juan García Hortelano, Osvaldo Soriano pour citer les principales fleurs. A la lecture des histoires on peut en déduire que le football avait joué un rôle important dans l'éducation sentimentale des écrivains espagnols et latino-américains, mais lest latino-américains sont ceux qui sont allés le plus loin dans cette relation entre football et littérature. Eduardo Galeano a même été chargé d'un livre intitulé, Football au soleil et à l’ombre. Ce n'est pas seulement une question d'une tentative d'Amérique latine. Henry de Montherlant a dédié un poème à la gardien de but intitulé: « Les émotions du solitaire »: « Gardien de but, ça valait le jus quand tu faisais culbute. »

Umberto Saba a écrit une chanson pour le but : « La folla —unita ebbrezza— per trabocchi riel campo. Intorno al vincitore stanno, al suo eolio si gettano. Ifratelli. »

Rafael Alberti a composé à l'âge de vingt ans « Oda a Platko», le gardien de but du FC Barcelone : « Platko personne ne vous oublie, non, personne, personne, personne, ours blond de la Hongrie. »

Vinicius de Moraes a créé une samba dédiée à Garrincha : A un paso de Didi, Garrincha avanza Colado o couro aos pes, a colhar atento Dribla um, dribla dois, depois descansa Como a medir o lance do momento

Des poètes sont venus au foot à la boxe (Prévert, Marinetti) attirés par la supposée beauté du jeu et la capacité des prétendants magiques. 

 En Europe, la majorité des théoriciens intellectuels tournèrent le dos au football et en firent un démon comme un moderne opium du peuple, alors que le phénomène est de plus en plus de devenu objet de réflexion sur le signe postmoderne de la participation des masses et la neutralisation de cette participation.

En Europe, on aborde l'omniprésence du football, comme un symptôme alarmant de la banalisation de la révolte des masses. En Amérique latine, en revanche, une rencontre entre Menotti, Valdano, Angel Cappa et Benedetti et Galeano peut devenir un débat philosophique pré-révolutionnaires. Menotti a été l'initiateur de la philosophie du football, un facteur de motivation socratique en attente. Valdano, Platon et Angel Cappa, ont fait un bond de Feuerbach à Habermas.

Mais nous parlons de poètes du football, des poètes inoffensifs du football qui cherchent même le sexe et l'idéologie de la balle. La même réunion peut se concentrer sur la question de savoir s'il y a un football de gauche et un football de droite. Comme me l’a révélé Valdano, le football créatif est de gauche et simplement la force « marrulleria et patadon » sont de droite. Cette prise de position ajoute plus de sens à la substance de la droite et de la gauche, mais invoque la philosophie en faveur du football à l'époque du millénarisme tout penaud.

Les psychologues sociaux n'ont aucun autre choix qu’à se prononcer sur l'émergence du sport de masse comme religions civiles qui fournissent des paroissiens plus fervents que le militantisme politique et ethnique d'identification. Mais peut-il y avoir une religion, bien qu'elle soit civils, sans Dieu ou un Dieu comme Ronaldo, perpétuellement blessé ?

En Europe, l'omniprésence du football est présentée de manière apocalyptique, comme un symptôme alarmant de la banalisation de la révolte des masses. En Amérique latine, en revanche, une rencontre entre Menotti, Vaidano, Angel Cappa et Benedetti et Galeano peut devenir un débat philosophique prérévolutionnaire.

 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:14

                               L’école en question. Débat du 7 Juin 2013.

 Parler ou écrire sur l’école publique républicaine est très difficile. Difficile parce que, justement, république et services publics sont profondément en crise. Notre société  traverse de profondes mutations : manque de lisibilité (Nation, Europe, monde), sortie de l’état omnipotent, présent tendu par une angoisse prégnante du futur. Ces mutations, notre école, forcément, les subit frontalement. Éduquer, instruire, intégrer des jeunes gens dans une nation en désintégration dans le pire des cas, en recomposition dans le meilleur des cas, relève d’une mission pratiquement impossible. Programmes démentiels moins basés sur le  capital culturel que cognitif, temps d’enseignement fractionnés, raccourcis, racornis, difficultés à faire partager un espace et un temps disputés par un faux égalitarisme et par trop d’individualismes, refus de l’effort, de l’autorité morale et intellectuelle des enseignants, gouvernances multiples entre partenaires, parents, enfants, enseignants, associations, organismes divers rendent le terrain confus, mouvant pour une refondation digne de ce nom et idéal pour noyer le poisson. Le temps long, (nécessaire à nos missions) un individu, les nations se construisant sur la durée, est battu en brèche par l’immédiateté et rendent la transmission de l’héritage culturel (forcément passéiste) et bien que l’on fasse semblant, en haut lieu, de penser le contraire, totalement obsolète. Toutefois, les décisions prises par la rue de Grenelle ou Bruxelles sont d’avantage les signes d’un accompagnement d’une désintégration des états nations que d’une refondation, plus crûment dit de l’accompagnement d’une tiers mondialisation de nos sociétés en termes de salaires, de conditions de travail et de cadre de vie.

Pour moi, tant que l’on ne remettra pas les enseignants au centre du dispositif, il sera clairement signifié aux enseignants et aux citoyens que les pouvoirs législatifs et exécutifs n’ont, en l’état, aucun contrat social d’intérêt général à proposer à celles et ceux qui partagent un même territoire, un même espace économique. Bref, le fait que l’on nous demande de plus en plus ouvertement de faire faire avancer, sans voilure, ni carburant le vaisseau fantôme de l’état pose très clairement le problème de la légitimité des pouvoirs, de tous les pouvoirs dans son cadre démocratique.

Et pourtant parce que, une fois encore, des modèles, des pratiques économiques proches de la prédation voire du grand gangstérisme, des pensées inconciliables, des courants contradictoires, violents traversent et irriguent nos sociétés, l’idée d’une nation ouverte ou fermée, qu’elle soit supranationale ou limitée sur notre territoire, redevient d’une brûlante actualité ; l’idée, sans nostalgie béate, de néo-hussards également.

Dans l’attente, les instituteurs ne sont plus les hussards noirs de la république chers à Péguy, plus même les « grooms » de l’ascenseur social, à peine devenus des techniciens en surface, des accompagnateurs passifs de toutes ces crises qui nous explosent au visage les unes après les autres !

                                                                                            Jean- Pierre Frutos.

 

Le dimanche 2 juin, une activité pédagogique hors temps scolaire :

 Visiter le centre historique d’une ville, un dimanche matin : parents, enfants, enseignant, prendre le temps, simplement de descendre le temps d’une cité jusqu’à ses origines. Expliquer à travers l’architecture l’héritage évènementiel, social, de celles et ceux qui arpentèrent les mêmes rues des siècles auparavant avec le souci de d’enraciner le contemporain dans le passé d’une cité, qu’on le veuille ou non, partagée et puis… donner la parole à deux pré-adolescents afin qu’ils présentent deux monuments (le pont vieux, l’église Saint Jacques) aux adultes visiteurs et se laisser enfin envahir par le plaisir de la découverte des murs anciens ;  ces murs chargés d’histoire et de multitudes d’histoires croisées, stratifiées.

 

Dimanche 2 Juin, au matin, l’association des parents d’élèves de l’école Léo Ferré avec leurs enfants, en compagnie de Jean-Pierre Frutos (instituteur) tentait au travers d’une visite guidée du Montauban de trouver et donner du sens à notre présent, de prendre pied dans le passé pour une citoyenneté toujours à renouveler.  

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:57

Voici ma traduction sans nul doute imparfaite d’un des deux articles que l’auteur catalán a publié dans la revue mexicaine Nexos qui fête ses 35 ans d’existence cette année (il était plus présent dans La Jornada). Cette revue est pluraliste avec des noms qui me sont chers comme Ángeles Mastretta, ou Jesús Silva-Herzog Márquez. D’autres le sont moins. Cet article du 1 janvier 2003 l’année du décès de l’écrivain reprend l’ensemble de ses obsessions. JPD

 POR UNA SOCIALIZACIÓN NO EXCESIVA DE LA FELICIDAD

POR MANUEL VÁZQUEZ MONTALBÁN

(Pour une socialisation non excessive du bonheur)

Pour les êtres humains qui n'aspirent pas au bonheur placide des philosophes ou au bonheur totalitaire et dangereux des religieux, il deviendrait urgent de donner au concept, des possibilités de plaisir et de plénitude plus généralisables.

Qu’une publication vive pendant pas mal d'années ça nous rend heureux et en même temps ça nous oblige à nous demander pourquoi et donc au-delà à nous interroger sur le sens même du bonheur. Qu’un magazine d'information et de débat politique et culturel dure de nombreuses années ça tient à une complicité entre les collaborateurs et les lecteurs, à ce que les spécialistes en communication appelleraient un heureux feed back, malgré les « bruits » qui ont logiquement dû être entendues pendant si longtemps dans ce canal de communication. Cette complicité nous rapproche d'une des nombreuses formes de la communion des saints, mais dans sa version laïque hautement nécessaire en ces temps théocratiques qui s’installent, je ne sais dans le ciel, mais sur la terre.

Le bonheur était considéré par les moralistes matériels ou concrets comme le bien suprême et inversement, les autres moralistes religieux, venant du ciel ou l'enfer qui s’en suivit, se sont efforcés depuis des millénaires de refuser la possibilité de bonheur dans ce monde. La vie est douleur, sentenciait Tomás de Kempis dans son Imitation du Christ et Maruja Torres, de sa condition de victime du terrorisme religieux franquiste, a assumé en plus d’une occasion que nous sommes venus dans ce monde pour souffrir. Les moralistes religieux s’activent entre le Tout et le Rien et à partir de l’impossible félicité sur terre aspirent au bonheur Total qui ne peut être trouvé que dans le ciel par la contemplation de Dieu, sans avoir à l'esprit que, dans le ciel, est non seulement Dieu, mais aussi tous les justes, pour aussi lourds que discutables qu’ils soient et par exemple l’empereur Constantin, Pie XII, Saint Paul, Franco, Eisenhower et la famille Bush au grand complet. Et pour toute l'éternité. Ne l’oublions pas.

Plus près du bonheur que nous procure la longévité de ce magazine se trouverait la notion aristotélicienne qui met en relation la possibilité de bonheur avec les activités intellectuelles et modérées, marquées par le plaisir de l'exercice de la raison. En dehors de ce bonheur obtenu par l’activité intellectuelle, Saint-Augustin allait jusqu’à la possession totale d’une sagesse n’étant rien d’autre que la possession de Dieu.

Pour les êtres humains qui n'aspirent pas au bonheur placide des philosophes ou au bonheur totalitaire et dangereux des religieux, il deviendrait urgent de donner au concept, des possibilités de plaisir et de plénitude plus généralisables, par exemple écouter « Ponme la mano aquí ma Corina » dans la bouche de Chabela Vargas ou participer à la communion des saints des adeptes des clubs de football en lien avec leurs victoires, ou regarder un coucher de soleil sur une large rivière ou lire jusqu'à l'entrée de la nuit et l'hiver en voyant vers le sud, projet du bonheur selon Eliot qui m'a toujours ému par son ingénuité d’homme du Nord.

On ne peut pas non plus oublier que si le bonheur a été la conquête de quelques postmarxistas, par exemple Agnes Heller, en liant la vie historique et quotidienne dans le lumineux projet du bonheur, trop de tolérance sur ce point est propice au bonheur canonique de la consommation et, d’autant plus, si cette voie est facilitée par le fait que le sort des artistes et des peuples dépend d'une banalisation excessive de la félicité.

Souvenons-nous comment un citoyen argentin, Palito Ortega, fut sur le point d'être président de la République sans autre mérite que d’avoir chanté une chanson dédiée au bonheur, et dotée de rimes si intériorisées comme celle-ci :

La felicidad, a, a, a, a

De sentir tu amor, o, o, o, o.

 

Pour MVM les bruits c’est ce qui empêche la communication. Ils viennent souvent des adversaires de la démocratie.

C’est une auteur catalane, amie de MVM et peu connue en France.

Il s’agit d’une référence permanente de MVM qui avec d’autres auteurs allemands ont poussé l’écrivain vers le communisme sans croissance qu’on appelle aussi l’éco-socialisme.

Personnage en effet surprenant. Gouverneur, sénateur il a été candidat à la vice présidence avec Duhalde. Il a été en effet un chanteur de variété très populaire. Né en 1942 il est aujourd’hui un retraité.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:33

Débat à la Librairie Deloche

 

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

 Dans la salle, elle reconnaît qu’elle était une mauvaise élève qu’à partir de la classe de Cinquième un déclic s’est fait qu’elle a eu ensuite une formation en apprentissage mais elle a pu faire des progrès grâce à la lecture. Moment émouvant car il renvoie les enseignants vers des tonnes d’interrogations et j’en prends une, chère à un des intervenants : qu’est ce que savoir lire ?

Il est entendu qu’au CP on apprend à lire et à la fin du CE1 la « compétence » doit être acquise. En fait, finit-on un jour d’apprendre à lire ? L’intervenant a témoigné du fait que dans l’apprentissage rien n’est linéaire si ce n’est la passion d’apprendre. Pour une langue il faut la comprendre, la parler, la lire puis l’écrire. On peut savoir la lire sans pouvoir la parler, on peut la comprendre sans savoir la lire etc…

L’école d’hier avait ce défaut majeur de se présenter comme un tout : à l’école on apprend puis ensuite on travaille. La notion « d’apprentissage tout au long de la vie » est arrivée mais pour fausser la réalité : c’est pour relativiser la fonction de l’école.

 Hier l’école était un ascenseur social car la société était en ascension ! L’usine jouait aussi ce rôle et combien sont-ils ceux qui, grandissant avec leur usine, ont pu gravir les échelons jusqu’à celui d’ingénieur ?

 Pour résoudre le problème actuel de l’école la solution mise en œuvre par la hiérarchie c’est de changer l’instit en technicien. Un des présents témoigne de son expérience en science avec la main à la pâte. Il affirme que les autorités ont retenu la technique en perdant les valeurs liées à cette technique. Puisque nous étions dans une librairie à l’invitation des éditions La Brochure je fais référence à un livre que nous avons publié et qui relate la même chose. Il s’agit d’enseignants qui à Castres inventèrent un prix littéraire de lycéens à l’adresse d’un premier roman. Les autorités ont tout fait pour tenter de retenir la technique en en perdant l’esprit. Il y a eu une lutte mémorable. Aujourd’hui il existe un prix des lycéens mais sans aucun rapport avec le travail de fond réalisé à Castres et qui a marqué les esprits comme nous avons pu le vérifier à la vente du livre.

 Il est évident que le prof enseignant une matière met en œuvre une pédagogie beaucoup plus technicienne que celle de l’instit.

 Si l’instit entraîneur de l’équipe de foot, animateur de l’amicale laïque, secrétaire de mairie n’est plus de saison c’est pourtant par cette fonction globale que l’école se fabrique. L’amour du métier, c’est pour les uns l’amour des mots, l’amour des gestes, l’amour des enfants, l’amour de l’art, l’amour du rire et rien ni personne ne peut demander à effacer cet amour pour se changer en pur technicien ! Sans la passion, adieu l’éducation et cette passion ne se mesure pas, ne se quantifie pas ni en heures de travail, ni en taux d’enfants réussissant au bac.

 Un constat classique a été rappelé : pour trouver du travail il vaut mieux avoir le bac, il vaut mieux avoir des diplômes d’où le besoin d’écoles. Mais il ne faut pas en retour considérer que les sans diplômes sont sans qualités d’autant qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre des études.. y compris pour un diplômé ! Une amie à la retraite passe une thèse, un docteur à la retraite se lance des études d’histoire etc. JPD

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:30

Débat à lalibrairie Deloche

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

Dans la salle elle dit être « maîtresse d’école » et s’interroge sur la « réussite » des enfants. Autrefois l’école était là pour permettre aux enfants de vivre mieux que leurs parents, le souhait premier de tout être humain. L’école s’inscrivait dans l’univers du « progrès » or ce discours ne tient plus et se remplace souvent par la réussite individuelle.

Nous sommes là en plein dans le thème « école et société ».

Qu’elle est la responsabilité des autorités ? Quelle est leur légitimité insiste l’un d’eux ?

 La fin du progrès ?

En 1970 mon prof d’histoire est parti à la retraite et comme souvent dans ce cas, il est remplacé par un jeune en attendant que le mouvement des enseignants remette de « l’ordre ». Ce jeune nous annonça tout de suite contre l’idéologie de l’ancien que la frise historique n’avais pas besoin de flèche au bout car l’enseignement de l’histoire n’a pas à passer par l’affirmation de principe d’un sens de l’histoire. Je ne sais pourquoi ce détail de ma vie scolaire m’a marqué mais je sais que de suite cette perte du sens m’est apparue monstrueuse. S’agissait-il d’une approche pédagogique (tout comme le recul de l’étude des dates) ou de l’affichage d’une réalité ? Bien sûr, l’infâme deuxième guerre mondiale avait démontré que le progrès n’est pas linéaire et qu’y compris,  là où la société était très évoluée le massacre pouvait s’imposer comme règle de vie.

Il existe cependant un fossé entre s’interroger sur la nature du progrès et sur l’absence de progrès. Le prof d’histoire devait-il présenter une neutralité sur le sujet, à charge au citoyen de se donner sa propre définition du progrès.

Sauf que la disparition de cette petite flèche reposait toute la question de la légitimité de l’institution scolaire !

 La légitimité de l’institution et donc de l’instituteur ?

Pas à pas, le projet social d’école devant promouvoir les talents de chacun est devenu le projet de chaque école sous le titre : projet d’école. Il n’y a plus eu l’école mais des écoles sauf que du temps de l’école « nationale » il n’y a jamais eu l’uniformisation que l’on suppose. Chaque école était déjà l’œuvre de l’instit de l’école, car comme il a été rappelé à l’école primaire chacun enseigne aussi ce qu’il est. Mais cette diversité s’inscrivait dans un moule appelé « école normale ». Aujourd’hui, cette diversité devient l’objectif comme si les écoles pouvaient être mises en concurrence pour en améliorer la qualité !

Ce système nouveau a sa hiérarchie qui a pour fonction de le développer. L’école a toujours été une hiérarchie mais une hiérarchie largement solidaire car elle aussi formée dans le même moule. Enseigner l’occitan n’était pas autorisé mais on n’a trouvé aucun inspecteur sanctionnant l’instituteur Perbosc grand utilisateur de l’occitan pour faire apprendre le français.

Donc à présent la hiérarchie face à la nouvelle situation se doit de faire passer des consignes car elle prône l’école des compétences sans pouvoir afficher sa propre compétence, talon d’Achille qu’elle compense par l’auto-affirmation de sa légitimité.

 La théorie et la pratique

En formation professionnelle à l’Ecole normale, il y avait des instituteurs remplaçants qui venaient se former après avoir « essuyé les plâtres » dans des classes et ceux qui venaient d’avoir un bac qui ne leur donnait aucune légitimité pour enseigner. Le discours classique de la pratique comme la théorie. Normalement la légitimité de l’inspecteur venait du fait qu’il avait été longtemps enseignant avant de gravir la marche. Mais quand l’école continue une histoire classique ce n’est pas comme quand l’inspecteur doit casser l’école de cette histoire là ! On assiste donc à cette mutation : hier des enseignants parlant souvent d’égal à égal avec des inspecteurs alors qu’ils avaient une formation de base limitée (le brevet) et aujourd’hui des supérieurs qui s’adressent à des enseignants beaucoup plus soumis alors qu’ils ont bac +5 ! Je parle en termes de tendances car ce qui fait toujours l’enseignement c’est que chacun est là avec sa propre vie. La mutation fait que si hier l’instit pouvait être un enfant de 6éme de transition réussissant à reprendre le dessus, aujourd’hui pour arriver à bac+5 « l’instit » devenu prof est beaucoup plus le porteur du chapeau « bon élève ».

Quelle est la part d’enfants du peuple qui peut choisir le métier d’instit ?

C’est clair tout a changé mais pour aller vers où ? Et les inspecteurs savent-ils la destination ?

 

Quand j’ai entendu un inspecteur d’académie me dire que, vu le travail à l’école maternelle, il n’y avait pas besoin d’y mettre un Bac+5, j’ai compris que la destination est assumée. Pour ma part je n’ai jamais revendiqué une formation de base Bac+5 pour les instits mais une formation de haut niveau pour enseigner y compris en maternelle, tâche très originale qui inquiète beaucoup un « maître » de CM2 comme est tout aussi vrai l’inverse. Le signe du massacre je l’ai vécu au jour le jour avec la détérioration de la formation continue des enseignants. Le monde est en mutation avec comme première règle : limitation des dépenses sociales en matière d’éducation pour les transvaser sur les citoyens eux-mêmes en cours du soir et écoles à tarifs prohibitifs suivant le principe que ce qui est gratuit est ridicule. Et o,n boucle la boucle du rapport école et société. JPD

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 12:11

Sur le premier Cahier d’Etudes Manuel Vazquez Montalban Rosa Maria Rodriguez Abella (RS) se penche que la traduction italienne du grand roman de MVM, les Mers du Sud. J’ai ajouté la comparaison avec la traduction française et je m’en tiens ici aux mots sans rentrer dans les considérations générales. Vous avez donc le mot en VE, puis le mot en VF, le mot en VI et le commentaire de l’auteur de l’étude sur ce mot.

 Le roman Los mares del sur (1979) qui a eu un prix en Espagne (Planeta) puis en France grâce à Michel Lebrun (Prix international des la littéraire policière en 1981) est traduit par Michèle Gazier sous le titre « Marquises si vous saviez » chez un petit éditeur, puis Les mers du sud chez Christian Bourgois en 1988, et sera traduit en italien par Sonia Piloto di Castri sous le titre : Un delitto per Pepe Carvalho(1982) puis par Hado Lyria (amie de MVM et traductrice de tous les autres livres) en 1991 avec le retour au titre original : I mari del sud.

Je n’ai pas la première version de Michèle Gazier dont le titre, sans doute choisi par l’éditeur, fait référence à un sud très précis, les îles Marquises qui est le contraire du sud affiché dans le roman.

 La première version italienne, en plus du changement du titre s’autorise la suppression de l’épigraphe… pourtant en italien puisque c’est le ver du prix Nobel Salvatore Quasimodo : Più nessuno mi porterá al sud, ver dont le premier travail de Pepe Carvalho sera d’en élucider la provenance.

 Les observations de traduction vont surtout porter sur les éléments de dialogue qui nous renvoient à une certaine forme d’argot.

 Yo no me canso de mover el esqueleto / Je ne me fatigue pas à remuer ma carcasse / Non mi stanco mai di scuotere le ossa. (far quattro salti est plutôt proposé par RS).

Estás caliente/ Tu es en chaleur/ Sei calda (sei arrapato par RS)

Hoy toca / C’est pour aujourd’hui / Oggi sono in vena

No me enrolles otra vez / arrête tes salades / non prenderi per il culo un’altra volta /(non mi coinvolgere un’altra volta par RS)

Le había echado la vista a un zequis azul, demasié / J’avais un peu reluqué une céixe bleue…/ Avevo gettato l’occhio su un ci-ics azzurro, una favola (buttare l’occhio su una cx blu par RS)

Cantamañanas/ grande gueule/ tiramolla

Pija/ minette/ bella (snob ou colat RD)

La leche/ (pas de traduction côté français) / vacca (porca vacca RS)

Chalatura/ genouille de bénitier/ stronzata

Jauja / le pays de cocagne / Caspita (caramba RS)

Las partes/ les partis (sexuelles) / le parti nude  

 Traduire c’est aussi apprendre la vie et cet article ne donne qu'un aperçu schématique de l'étude mentionnée. JPD

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 16:28

Parmi les injustes absents de ce blog il y a le Péruvien Mariategui qui va être célébré à Paris.

Je renvoie les lecteurs à cet article de René Merle :

http://rene.merle.charles.antonin.over-blog.com/article-mariategui-et-jaures-118300881.html

 Oui, Mariategui a aussi parlé de Jaurès et il n’a pas cherché à savoir s’il était révolutionnaire OU réformiste mais il a démontré que son réformisme avait un fonction révolutionnaire.

 De mon côté j’ai repéré, sur mon blog, des allusions à Mariategui avec surtout un gros article sur Bourdelle.

Jean-Paul Damaggio

 Une bibliothèque à Lima

 La gauche latino-américaine, un modèle ?

Vallejo Aragon Mariategui

 Bourdelle Mariategui Gramsci

 Encore Bourdelle Mariategui Gramsci

 Montalban cite Mariategui par la bouche de Diderot Martinez

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