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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 11:04

Le journal du PG, A Gauche, pose la question de la réforme ferroviaire avec ce titre : « Une réforme ferroviaire euro-compatible », article signé Laurence Pache.

La France et l’Europe

On peut lutter pour la transformation de l’Europe mais tant qu’elle est ce qu’elle, ceux qui dirigent le pays sont sous cette contrainte comme les opposants au gouvernement sont à l’intérieur du pays sous la contrainte d’appliquer le mariage pour tous, la décision étant prise par une loi.

La différence, c’est que l’Europe ne procède pas par loi mais telle est la décision des pays car l’U.E. ne tombe pas du ciel.

Ceci étant il y a des marges de manœuvre et sur le ferroviaire il suffit de comparer ce qui a été fait en Allemagne et en France suite à la directive de 1991.

Rappelons qu’en 1997 la droite met en place la création de RFF, que la gauche conduite par Lionel Jospin promet si elle gagne de mettre un terme à ce projet et que finalement Jean-Claude Gayssot a bel et bien mot en œuvre ce qu’on présente comme une catastrophe et qui est une catastrophe.

Est-ce qu’en 1998 les syndicats de cheminots ont levé les bras au ciel contre Gayssot ? En réalité l’essentiel pour eux (et je comprends) n’était pas la séparation de RFF et de la SNCF mais les conventions qui allaient lier les deux entités quant à la défense du statut des cheminots. Résultat : RFF a eu en charge les voies ferrées dont la maintenance était assurée par les cheminots… de la SNCF.

Bref, on ne peut parler de la question aujourd’hui sans que les amis de M. Mélenchon fassent le bilan des années Jospin où alors on fait semblant de réfléchir.

Le service public

« Le statut des cheminots que les libéraux rêvent de faire sauter est lui aussi en danger. En assurant les droits des travailleurs, il permet un service public de qualité. »

Tout l’article repose sur un mythique service public et sur une mythique privatisation. L’exemple anglais est toujours avancé mais pour une fois pas l’exemple allemand, italien, espagnol…

Il n’y a à mon sens aucun automatisme entre l’argent donné au public et la qualité du service public ! L’art du gaspillage est partout.

La chute du fret n’a que peu de chose à voir avec l’ouverture à la concurrence quand les témoignages sont nombreux et les preuves irréfutables que la direction de la SNCF publique fait tout pour délaisser le fret ! D’un part quand les trains allemands circulent ce sont des trains d’une entreprise publique ! Et les rares privés qui se lancent dans l’opération c’est parce que la SNCF ne veut pas répondre à leurs attentes industrielles.

Je lis : « Il s’agit de déconstruire le service public.». Mais le service public n’existe plus ! Il paraît qu’il fait de la grande vitesse ferroviaire pour concurrencer l’avion. Il paraît que la route par les camions concurrence le train.

Rappelons les données du monopole de la SNCF : pas de concurrence par les bus sur les longues distances et en échange les compagnies de bus propriétaires d’une ligne régulière ne peuvent sur cette ligne avoir une concurrence ! C’est sur cette base qu’a été construit le partage du gâteau.

Il s’agit de repenser globalement un service public articulé, pluriel et soucieux en effet de défendre les intérêts des usagers et des travailleurs. Je suis pour que les contrats des Conseil généraux pour les transports scolaires avec des transporteurs soient plus clairs. Faut-il nationaliser toutes les compagnies de bus ? Et la situation du fluvial ?

On ne peut répondre à la stratégie néolibérale en s’accrochant aux vestiges d’un passé impossible. Les cheminots ont accédé à un statut particulier car à un moment de l’histoire, bloquer les trains c’était asphyxier un pays.

La preuve par la grande vitesse

La stratégie française de la grande vitesse (SNCF-Alstom) prouve qu’à l’intérieur des directives européennes il y a de la marge puisque tous les pays ne sont pas sur la même longueur d’onde. Est-ce que le statut français des cheminots a permis d’éviter ce qui est une stratégie au service des puissants en tout genre ? Au contraire les syndicats des cheminots aiment afficher cette réussite technologique comme étant aussi leur œuvre ! Un film est sorti fait par eux avec ce titre « Cheminots » et dans un débat à Montauban, le présentateur nous averti : pas question de discuter de la LGV ! Les rares cheminots qui remettent en cause cette stratégie sont pris entre le marteau et l’enclume sans qu’on sache du syndicat et de la direction qui est le marteau, qui est l’enclume.

Je condamne la politique européenne mais je ne m’enferme pas dans cette discussion qui dédouane à bon compte les autres responsabilités qui… facilitent d’autant mieux la politique européenne.

Il vient d’y avoir la grève des cheminots et nulle part (tout comme dans l’article en question) j’ai observé une tentative de rencontre avec les opposants aux grands projets inutiles. Deux mondes qui ne peuvent se rencontrer ? Et ce refus de la rencontre est d’autant plus surprenant dans un journal qui par ailleurs se fait fort de s’opposer aux grands projets inutiles !

Une fois de plus je le précise : je n’écris pas en tant que simple spectateur de la question mais parce que je suis engagé sur la question et que le ronron du débat classique est la pire plongée vers l’inutile. Mais bon… il y aurait tant à dire aussi je renvoie à un des rares militants d’extrême-gauche nord-américain qui tente de dire l’impossible : on ne reconstruira le service public que si on sait y adapter les critères de gain de productivité issus d’éléments du secteur privé, critères de gain de productivité qui ne tiennent pas seulement dans la surexploitation des travailleurs. Il s’appelle James Petras. JP Damaggio

 

 

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:26

Un article publié sur le site La Sociale m’a valu un commentaire sévère d’un défenseur de Mélenchon d’où un article publié en réponse. En conséquence je donne une suite avec ici un développement sur l’éco-socialisme de Mélenchon.

Dans Rue 89, Mélenchon s’explique ainsi :

« Ce cheminement intellectuel, vous l’avez commencé quand ? Vous venez d’un univers productiviste, nucléophile…

JLM : Oui, ce qu’on appelait autrefois la première gauche. Mon cheminement a commencé avec le nucléaire. Avec Tchernobyl. Bien sûr, il y avait eu Three Mile Island, mais pour moi, ça restait un peu lointain, abstrait. Tchernobyl, c’est une secousse majeure. Comme je suis élu de la région parisienne, à l’époque, je pose une question sur la centrale de Nogent. Puis je demande à y aller. Je suis très bien reçu. Et je prends conscience de la fragilité de tout ça. Le mur de mes certitudes s’ébranle. Pour moi, jusque là, ça fonctionnait, c’était contrôlé. Je n’avais même pas compris comment marchait une centrale. Comme beaucoup de gens, je croyais que le gros machin qui fume, c’était l’essentiel de la centrale. Je ne m’y étais pas intéressé. Je me rapproche d’écologistes, je lis des documents qu’autre fois j’avais négligé, et, une chose en entraînant une autre, je prends conscience de la nature de la crise écologique. Mais toujours sous un angle conquérant et progressiste.

 C’est-à-dire ?

JLM : Le volontarisme du socialisme est intact en moi. Je prends tout ça comme un défi intellectuel et technique : si on ne fait pas de nucléaire, qu’est-ce qu’on fait, comment ? J’ai une prédilection pour les techniques les plus rustiques, celles qu’on va le plus facilement pouvoir mettre en partage dans l’humanité universelle : une centrale de géothermie profonde, c’est surtout un trou dans la terre. Alors que le nucléaire suppose un niveau de sophistication monstrueux… »

 Coïncidence : quand le PCF du 82 est devenu favorable à Golfech, j’ai, sans remettre en cause publiquement cette décision (je l’ai fait en interne) proposé pour le journal fédéral du PCF, les Nouvelles, un article sur… la géothermie.

 Une raison de plus (et au total elles sont nombreuses) qui pourrait faire de moi un défenseur de Mélenchon… mais nous sommes dans le même cas que Juquin : ce revirement paraît soudain et donc peu convaincant.

Tchernobyl c’est en 1986 et il devient éco-socialiste en 2011, c’est un peu long alors que Juquin, impressionné par la candidature de René Dumont en 1974 déduit de Tchernobyl qu’il doit passer à autre chose de suite.

Mélenchon a soutenu activement le gouvernement Jospin qui, à mes yeux, n’a pas fait autre chose que le gouvernement Ayrault actuel et pourtant peut-on m’indiquer une autocritique argumentée de cette action ? Pas plus que je ne suis en faveur de la critique pour la critique, je ne souhaite l’autocritique pour l’autocritique mais là le point est important pour la crédibilité d’une démarche. Je me considère moi-même comme un éco-socialiste depuis les années 80 d’où mon engagement en faveur de Juquin, et sur ce blog la catégorie écologie va dans ce sens. Le problème c’est que l’éco-socialisme n’a pas été capable d’inverser la tendance à la domination du système en place tout comme les critiques dans ce sens dans l’ancienne RDA ou en Tchécoslovaquie n’ont pas sauvé les pays socialistes.

La chute de l’URSS c’est l’échec à la fois des partis communistes de ces pays là et de ceux qui pensaient que cet échec libèrerait les énergies pour un nouveau socialiste (le Trotskisme a longtemps joué cette carte).

Devenir éco-socialiste aujourd’hui, ce qui a signifié mettre un peu de vert sur le drapeau rouge du PG, a déjà été tenté sans succès. L’échec de la social-démocratie ou du communisme, ce n’est pas seulement parce qu’il a manqué (et c’est sûr il a manqué) une tranche d’écologie dans le projet émancipateur.

Je pense que tout le monde le sait aujourd’hui : le système en place peut tout autant récupérer l’écologie, qu’il a su récupérer la révolution libertaire, la révolution technique et toutes les autres.

Non, je ne suis pas négatif : le marxisme nous apprend un principe fondateur qui veut que tout commence par l’analyse de la réalité, et non par la quête d’un abri derrière des mythes.

Que toutes les batailles perdues n’aient pas été perdues pour rien ! Et je le répète, dans le courant du socialisme le débat est la règle, non l’exception. A vouloir faire reculer le débat on se nie nous-mêmes. JPD

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:21

Les cartes postales montrant l’effondrement de cette tour sont légions. Il s’agissait d’une tour de l’Horloge qui « concurrençait » civilement le clocher de l’église Saint Jacques. La bataille pour « l’heure publique » a traversée les époques jusqu’à se privatiser – comme tout le reste – dans les vulgaires park-mètres.

En 1910 nous assistons à ce paradoxe : la droite et le centre plaide pour la reconstruction de cet édifice civil alors que la gauche municipale s’y refuse ! Et finalement la Tour ne sera pas reconstruite. Si elle l’avait été, elle serait aujourd’hui l’emblème de la ville.

Voici quelques éléments amusants d’une polémique. JPD

 Le Ralliement 13 décembre 1912 [journal très à droite]

La reconstruction de la Tour de l’Horloge

Nous lisons dans la Petite Gironde [journal centrriste] :

« Nous constatons avec plaisir qu’au Conseil municipal il existe encore des amis du vieux Montauban et de ses souvenirs. L’honorable M. Roumagnac reprenant en effet la campagne que nous avons entreprise dans la Petite Gironde, a demandé à la séance du Conseil municipal de vendredi soir la reconstruction de la vieille tour de Lautié qui datait du seizième siècle et qui s’effondra lamentablement il y a deux ans.

Il serait à désirer certes que la proposition de M. Roumagnac – proposition qu’il a promis de renouveler à chaque séance et jusqu’à complète satisfaction – soit prise en considération. Nous avons ici exposé longuement les raisons qui militaient en faveur de la reconstruction de la défunte tour et nous nous souvenons non sans une certaine émotion qu’à cette époque notre distingué et regretté confrère, M. Edouard Forestié (1) se trouva à nos côtés pour appuyer notre campagne.

Nous ne renouvellerons donc pas les arguments que nous avons faits valoir alors. On les connaît, et aucun n’a perdu aujourd’hui de sa valeur. La tour de Lautié rappelait le vieux passé de Montauban, place forte qui résista si héroïquement à de Luynes en 1621, et n’offrit sa soumission qu’en 1629 à Louis XIII. C’est du haut de la tour Lautié que les héros chargés de la défense de la place surveillaient de l’autre côté du Tarn les armées de Simon de Montfort. Pourquoi hésiter plus longuement à relever ce témoignage d’un glorieux passé ? »

 Le lendemain non sans humour, un archéologue apporta dans le Ralliement cette petite précision :

« Je me permets de signaler à l’attention de tous les historiens le fait relaté par l’auteur dans l’entrefilet : « C’est du haut de la tour Lautié que les héros chargés de la défense de la place surveillaient de l’autre côté du Tarn les armées de Simon de Montfort. » C’est là une découverte des plus intéressantes et nous serions reconnaissants, et avec nous tout le monde savant, à l’érudit correspondant de la Petite Gironde, officier d’Académie, s’il mettait à jour les documents tout nouveaux qu’il a dû découvrir.

Les statisticiens y trouveraient ainsi matière à étude, puisqu’ils constateraient la longévité extraordinaire de ce brave Simon de Montfort que l’on avait cru être mort jusqu’ici en Terre Sainte vers 1218, quelque quatre cents ans avant le siège de Montauban. Le gouvernement n’hésitera pas, après cela, à transformer le ruban violet de M. Roucoules en une belle rosette d’officier de l’Instruction Publique. »

 Si M. Roucoules s’est laissé emporter dans son entrefilet on peut cependant confirmer que dans le même Ralliement, fin 1910, Edouard Forestié a en effet participé à la campagne pour la reconstruction de la Tour. Voici un des articles :

« Tous nos concitoyens sans exception regrettent la disparition de la Tour Lautier. Nous nous sommes faits dès la première heure, l’écho de cette opinion, et demandé la reconstruction du beffroi municipal. Nous trouvons avec plaisir aujourd’hui chez un de nos confrères blocards le même désir exprimé par la lettre suivante :

« Dans votre compte-rendu de la séance du conseil municipal vous avez annoncé que l’honorable M. Garrisson, se faisant l’interprète des désirs de tous les Montalbanais avait demandé la reconstruction de la Tour de Lautier sur son ancien emplacement.

M. Le Maire a objecté que les avis étant partagés, la question devait être renvoyée à l’examen de la commission des travaux publics ce qui a été fait. »

Il est possible que les avis soient partagés au sein de l’assemblée municipale, mais ils ne le sont p as, je vous l’assure, dans l’ensemble de la population qui est unanime à demander la reconstruction de ce monument. »

 Observons tout de même en conclusion que M. Roucoules pouvait à son tour ridiculiser l’archéologue qui ne signe pas de son nom car tout le monde est sensé savoir que Simon de Montfort n’est pas mort en Terre Sainte au cours d’un autre siège, à Toulouse, au moment de la croisade contre les Albigeois. Peut-être que pour l’archéologue habitué à la lecture du très à droite Ralliement, cette croisade n’a pas eu lieu ? JPD.

 (1)   Forestié chroniqueur du Ralliement jusqu’à sa mort intervenue en 1911

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 13:19

Répondant aux questions de Rosendo Li à la radio, j’ai bien sûr évoqué Montalban et son chef d’œuvre Galindez. Ce roman est : « Pour Rosa, au quinzième anniversaire notre rencontre, in memorian. »

J’ai longtemps été intrigué par cette dédicace jusqu’au jour où j’ai repris la version espagnole : A Rosa, en el quincuagésimo aniversario de nuestro encuentro. In memorian »

Le fait est là : la traduction française est un massacre ! J’ai du mal à le croire et comme je ne suis pas savant j’accepte toute contestation de mon propos mais voilà ce qui s’est passé : Rosa n’est autre que la mère de Manuel et il s’agit d’un livre achevé en 1989 et publié en 1990, quand Vazquez Montalban avait… 50 ans. Il s’agit du cinquantième anniversaire de la rencontre de l’écrivain avec sa mère et non d’un quinzième anniversaire ! J’ai vérifié sur mon gros dictionnaire et ça coïncide !

 Admirateur de MVM je suis prêt à aller le chercher dans les moindres détails mais admirateur ne signifie pas adorateur ! Pourquoi en inventant Carvalho lui a-t-il donné comme bras droit, Biscuter, un homme presque traité comme un esclave ? La version polar de Quichotte et Sancho ? Sauf qu’à la fin, dans le dernier roman, Biscuter devient presque le sauveur de son chef ! Encore un clin d’œil à Sancho ?

 A chercher le moindre détail je tombe sur cette information de son fils rappelant que Manuel lui offrit un livre de poésie auquel il tenait : Les Chambres, d’Aragon. Admirateur d’Aragon je n’en suis pas un adorateur ! Je cherche pourquoi choisir Les Chambres plutôt, par exemple, qu’Elégie à Pablo Neruda publié juste avant ?

Pour dire l’amour que le père ne pouvait adresser à son fils ?

Le livre est écrit en 1968 - au moment où le poète MVM est en plein dans son poème « Education sentimentale » avec sur les bras son unique fils né en 1966 - et il est sous-titré : Poème du temps qui ne passe pas.

Offrir ce livre à son fils pour dire les difficultés de la mémoire ?

Encore et toujours, la mémoire et le désir.

Comment ne pas sortir de cette double obsession ?

 Les Espagnols appellent « chambre : « habitacion » comme si la chambre était finalement toute l’habitation !

 

JPD

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 12:50

                                        eterevic.jpg

Temps maussade, temps pour la lecture. Pour un retour au Chili. Arpenter les rues de la Santiago populaire dans les pas de Heredia le détective privé cher à Ramon Diaz-Eterovic ? Pour garder l’assurance que l’obstination, la modestie, la ténacité peuvent servir de guide dans la vie. Une vedette au Chili, Heredia ayant accès aux écrans télé, une petite percée en France. Le Deuxième vœu qui vient de paraître chez Métaillé (livre de 2006) nous permet d’entrer un peu plus dans la vie de ce détective sans prénom : il s’agit du vœu de sa mère inconnue le mettant sur la piste de son père tout aussi inconnu, Heredia ayant été élevé dans un orphelinat qui n’a retenu comme identité que ce simple nom.

Une quête d’un père recoupant l’autre quête d’un père, celle d’un client ayant fui Pinochet et tentant de renouer avec son géniteur admirateur de Pinochet.

Pas question de raconter l’histoire, ni l’ambiance, ni rien du tout.

Pointer peut-être qu’une fois de plus nous avons un auteur de polar ancien membre d’un parti communiste !

L’auteur, homme du sud, chargé de poésie, est donc un Eterovic.

 A Iquique j’ai retenu cette surprise : la forte présence de Croates au Chili. Pendant des décennies les Yougoslaves ont effacé des mémoires les Croates mais à présent le terme a repris de la vigueur comme les Russes effaçant les Soviétiques. A Iquique un immense monument reprend les noms croates du pays et montre ainsi le succès de nombreux d’entre eux.

 L’auteur de polar est l’homme de la nuit, l’homme des égouts, celui que j’appelle sous-réaliste. Et à Santiago comme dans d’autres villes, la nuit fait apparaître une autre ville que le touriste survole pour raison de sécurité. Le fait m’a surpris une fois au Pérou, à Piura que je connaissais très bien de jour, quand un ami doté d’une voiture m’a transporté un soir derrière le grand bâtiment de la mairie, où des vendeurs à la sauvette proposaient mille produits absents le jour. J’ai retrouvé ce qu’Herera trouve à Santiago :

« Les piétons diurnes quittaient les rues du centre-ville pour céder la place à une faune qui attendait la tombée de la nuit pour se montrer. Des vendeurs de nourriture et de fleurs, des prostituées, des noctambules à la recherche de compagnie, des employés de bureau soûls, des dealers, des ramasseurs de carton, de voleurs aux aguets. Des gens ordinaires qui retardaient le moment de retrouver la routine vulgaire de la télévision et du sommeil qui s’écroule comme une pierre tombale sur leurs paupières. La ville revêtait de nouveaux habits, l’agitation de la journée se changeait en peur, la méfiance circulait de regard en regard. »

 Nous avons pu vérifier ce changement dans le centre-ville de Santiago. Des prêcheurs qui occupent des carrefours avec danseuses à l’appui ; des promeneurs sans raison etc. Dans un même restaurant très actif à midi, le soir c’était plus calme car il devenait plus « famille », quand d’autres, fermés à midi, se préparent le soir pour tenir toute la nuit.

 Et chez Heredia la passion pour le tango argentin. JPD

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 09:06

Depuis 1945, La Dépêche Tarn-et-Garonne est obsédée par le problème des municipales à Montauban :

-Impossibilité malgré toutes les combinaisons de faire élire un maire radical.

-Méfiance permanente vis-à-vis du maire PS

-Surveillance difficile de la droite.

 Pour 2014 le quotidien a décidé de se lancer très tôt dans la manipulation par l’utilisation de « la démocratie des sondages ».

Je ne suis ni pour ni contre les sondages mais celui que La Dépêche nous présente le 8 juin, réalisé à la demande du PS, au sujet des municipales de Montauban, est un des plus grands chefs d’œuvre du genre.

Vu qu’il n’y a aucun risque qu’il soit contesté publiquement par un autre sondage car l’opération est trop chère, il est plus facile de dire n’importe quoi. Je dis « publiquement » car je ne doute pas un instant que les services des « renseignements généraux » ne soit tenu de faire part de quelques enquêtes…

Bref on nous offre une donnée : Barèges-Garrigues, 48% contre 52%.

Il faudrait connaître un sondé pour vérifier si ce fut la seule question en terme électoral.

Par exemple rien sur le premier tour avec une éventuelle liste radicale, une liste Front de Gauche, et une éventuelle liste FN. Or pour les radicaux nous savons que chaque élection se fait sous la menace d’une liste radicale au premier tour qui, cette fois, serait conduite par Monsieur Berrier (la dernière tentative du genre remonte à 1983 avec Monsieur Hamecher.

 Le sondage est surtout là pour prouver aux citoyens que Roland Garrigues est le mieux placé pour battre Barèges. Au sein du PS la bataille fait rage entre l’ancien maire battu et l’ancien tête de liste battue. Claude Mouchard se voyait bien repartir à l’assaut de la mairie mais le commentateur du Petit Journala fait observer qu’au dernier conseil municipal Mouchard a semblé avoir un « garrigue en travers de la gorge » ce que le sondage confirme. Et à présent c'est clair il a La Dépêche en travers de la gorge car le journal n'était pas tenu à publier ce sondage d'où il est absent. Le même journal, en 2001, n'avait pas été du plus grand secours pour Roland Garrigues mais depuis, le conseiller général et député suppléant semble avoir obtenu la confiance de Baylet.

 La tête de liste étant choisie, le journal fixe la ligne de conduite :  

« Les Montalbanais veulent rester maîtres de leur destin, préférant indexer la vie de la cité sur les profils qu’ils côtoient, porteurs de projets de proximité, et pas à l’aune des joutes politiciennes du carreau parisien. »

Donc attention, faisons de cette élection une élection locale ! Or depuis plus d'un siècle les élections à Montauban sont aussi marquées par les tendances nationales, Brigitte Barèges ayant cependant résisté à la vague rose de 2008 !

 Et enfin le journal dénigre l’adversaire Brigitte Barèges avec l’élégance qui lui est chère :

« la Ville de Montauban reste son dernier os à ronger ». Gérer une ville c’est un os à ronger ? La députée PS qui est seulement députée a un seul os à ronger ? Quant à Baylet c’est vrai, à ce jeu, il doit friser l’indigestion !

 Terminons par cette phrase alambiquée : « Parmi les élus de gauche qui récoltent un taux de notoriété important, le radical José Gonzalez est celui qui essuie le moins de mauvaises opinions (11 %). »

Donc les données concernant les autres sont dans le sondage mais pas sur le journal ?

 De tels articles font très mal débuter une élection qui mérite mieux que les petites manœuvres. JPD

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:57

Sur la revue mexicaine Nexos le 01/06/2002 Montalban rappelle ce qu’est le football.

Il m’est arrivé d’écrire sur la question : le foot est-ce une religion ?. JPD

 

IZQUIERDAS, POETAS, PATADAS Y DERECHAS

POR MANUEL VÁZQUEZ MONTALBÁN

 « Suivant ce que m’a révélé Valdano, le football créatif est de gauches et simplement la force, « marrulleria et patadon » est de droite. »

 

Grâce aux argentins, le football a une littérature et une philosophie. Parfois ils bénéficient de la collaboration des grands écrivains uruguayens Eduardo Galeano et Mario Benedetti. L’ancien joueur et entraîneur Jorge Valdano a publié en Espagne en 1995 une collection d'histoires sur le football, écrits par des auteurs principaux : Bernardo Atxaga, Javier Marías, Bryce Echenique, Miguel Delibes, Eduardo Galeano, Augusto Roa Bastos, Mario Benedetti, Juan García Hortelano, Osvaldo Soriano pour citer les principales fleurs. A la lecture des histoires on peut en déduire que le football avait joué un rôle important dans l'éducation sentimentale des écrivains espagnols et latino-américains, mais lest latino-américains sont ceux qui sont allés le plus loin dans cette relation entre football et littérature. Eduardo Galeano a même été chargé d'un livre intitulé, Football au soleil et à l’ombre. Ce n'est pas seulement une question d'une tentative d'Amérique latine. Henry de Montherlant a dédié un poème à la gardien de but intitulé: « Les émotions du solitaire »: « Gardien de but, ça valait le jus quand tu faisais culbute. »

Umberto Saba a écrit une chanson pour le but : « La folla —unita ebbrezza— per trabocchi riel campo. Intorno al vincitore stanno, al suo eolio si gettano. Ifratelli. »

Rafael Alberti a composé à l'âge de vingt ans « Oda a Platko», le gardien de but du FC Barcelone : « Platko personne ne vous oublie, non, personne, personne, personne, ours blond de la Hongrie. »

Vinicius de Moraes a créé une samba dédiée à Garrincha : A un paso de Didi, Garrincha avanza Colado o couro aos pes, a colhar atento Dribla um, dribla dois, depois descansa Como a medir o lance do momento

Des poètes sont venus au foot à la boxe (Prévert, Marinetti) attirés par la supposée beauté du jeu et la capacité des prétendants magiques. 

 En Europe, la majorité des théoriciens intellectuels tournèrent le dos au football et en firent un démon comme un moderne opium du peuple, alors que le phénomène est de plus en plus de devenu objet de réflexion sur le signe postmoderne de la participation des masses et la neutralisation de cette participation.

En Europe, on aborde l'omniprésence du football, comme un symptôme alarmant de la banalisation de la révolte des masses. En Amérique latine, en revanche, une rencontre entre Menotti, Valdano, Angel Cappa et Benedetti et Galeano peut devenir un débat philosophique pré-révolutionnaires. Menotti a été l'initiateur de la philosophie du football, un facteur de motivation socratique en attente. Valdano, Platon et Angel Cappa, ont fait un bond de Feuerbach à Habermas.

Mais nous parlons de poètes du football, des poètes inoffensifs du football qui cherchent même le sexe et l'idéologie de la balle. La même réunion peut se concentrer sur la question de savoir s'il y a un football de gauche et un football de droite. Comme me l’a révélé Valdano, le football créatif est de gauche et simplement la force « marrulleria et patadon » sont de droite. Cette prise de position ajoute plus de sens à la substance de la droite et de la gauche, mais invoque la philosophie en faveur du football à l'époque du millénarisme tout penaud.

Les psychologues sociaux n'ont aucun autre choix qu’à se prononcer sur l'émergence du sport de masse comme religions civiles qui fournissent des paroissiens plus fervents que le militantisme politique et ethnique d'identification. Mais peut-il y avoir une religion, bien qu'elle soit civils, sans Dieu ou un Dieu comme Ronaldo, perpétuellement blessé ?

En Europe, l'omniprésence du football est présentée de manière apocalyptique, comme un symptôme alarmant de la banalisation de la révolte des masses. En Amérique latine, en revanche, une rencontre entre Menotti, Vaidano, Angel Cappa et Benedetti et Galeano peut devenir un débat philosophique prérévolutionnaire.

 

 

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 17:14

                               L’école en question. Débat du 7 Juin 2013.

 Parler ou écrire sur l’école publique républicaine est très difficile. Difficile parce que, justement, république et services publics sont profondément en crise. Notre société  traverse de profondes mutations : manque de lisibilité (Nation, Europe, monde), sortie de l’état omnipotent, présent tendu par une angoisse prégnante du futur. Ces mutations, notre école, forcément, les subit frontalement. Éduquer, instruire, intégrer des jeunes gens dans une nation en désintégration dans le pire des cas, en recomposition dans le meilleur des cas, relève d’une mission pratiquement impossible. Programmes démentiels moins basés sur le  capital culturel que cognitif, temps d’enseignement fractionnés, raccourcis, racornis, difficultés à faire partager un espace et un temps disputés par un faux égalitarisme et par trop d’individualismes, refus de l’effort, de l’autorité morale et intellectuelle des enseignants, gouvernances multiples entre partenaires, parents, enfants, enseignants, associations, organismes divers rendent le terrain confus, mouvant pour une refondation digne de ce nom et idéal pour noyer le poisson. Le temps long, (nécessaire à nos missions) un individu, les nations se construisant sur la durée, est battu en brèche par l’immédiateté et rendent la transmission de l’héritage culturel (forcément passéiste) et bien que l’on fasse semblant, en haut lieu, de penser le contraire, totalement obsolète. Toutefois, les décisions prises par la rue de Grenelle ou Bruxelles sont d’avantage les signes d’un accompagnement d’une désintégration des états nations que d’une refondation, plus crûment dit de l’accompagnement d’une tiers mondialisation de nos sociétés en termes de salaires, de conditions de travail et de cadre de vie.

Pour moi, tant que l’on ne remettra pas les enseignants au centre du dispositif, il sera clairement signifié aux enseignants et aux citoyens que les pouvoirs législatifs et exécutifs n’ont, en l’état, aucun contrat social d’intérêt général à proposer à celles et ceux qui partagent un même territoire, un même espace économique. Bref, le fait que l’on nous demande de plus en plus ouvertement de faire faire avancer, sans voilure, ni carburant le vaisseau fantôme de l’état pose très clairement le problème de la légitimité des pouvoirs, de tous les pouvoirs dans son cadre démocratique.

Et pourtant parce que, une fois encore, des modèles, des pratiques économiques proches de la prédation voire du grand gangstérisme, des pensées inconciliables, des courants contradictoires, violents traversent et irriguent nos sociétés, l’idée d’une nation ouverte ou fermée, qu’elle soit supranationale ou limitée sur notre territoire, redevient d’une brûlante actualité ; l’idée, sans nostalgie béate, de néo-hussards également.

Dans l’attente, les instituteurs ne sont plus les hussards noirs de la république chers à Péguy, plus même les « grooms » de l’ascenseur social, à peine devenus des techniciens en surface, des accompagnateurs passifs de toutes ces crises qui nous explosent au visage les unes après les autres !

                                                                                            Jean- Pierre Frutos.

 

Le dimanche 2 juin, une activité pédagogique hors temps scolaire :

 Visiter le centre historique d’une ville, un dimanche matin : parents, enfants, enseignant, prendre le temps, simplement de descendre le temps d’une cité jusqu’à ses origines. Expliquer à travers l’architecture l’héritage évènementiel, social, de celles et ceux qui arpentèrent les mêmes rues des siècles auparavant avec le souci de d’enraciner le contemporain dans le passé d’une cité, qu’on le veuille ou non, partagée et puis… donner la parole à deux pré-adolescents afin qu’ils présentent deux monuments (le pont vieux, l’église Saint Jacques) aux adultes visiteurs et se laisser enfin envahir par le plaisir de la découverte des murs anciens ;  ces murs chargés d’histoire et de multitudes d’histoires croisées, stratifiées.

 

Dimanche 2 Juin, au matin, l’association des parents d’élèves de l’école Léo Ferré avec leurs enfants, en compagnie de Jean-Pierre Frutos (instituteur) tentait au travers d’une visite guidée du Montauban de trouver et donner du sens à notre présent, de prendre pied dans le passé pour une citoyenneté toujours à renouveler.  

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:57

Voici ma traduction sans nul doute imparfaite d’un des deux articles que l’auteur catalán a publié dans la revue mexicaine Nexos qui fête ses 35 ans d’existence cette année (il était plus présent dans La Jornada). Cette revue est pluraliste avec des noms qui me sont chers comme Ángeles Mastretta, ou Jesús Silva-Herzog Márquez. D’autres le sont moins. Cet article du 1 janvier 2003 l’année du décès de l’écrivain reprend l’ensemble de ses obsessions. JPD

 POR UNA SOCIALIZACIÓN NO EXCESIVA DE LA FELICIDAD

POR MANUEL VÁZQUEZ MONTALBÁN

(Pour une socialisation non excessive du bonheur)

Pour les êtres humains qui n'aspirent pas au bonheur placide des philosophes ou au bonheur totalitaire et dangereux des religieux, il deviendrait urgent de donner au concept, des possibilités de plaisir et de plénitude plus généralisables.

Qu’une publication vive pendant pas mal d'années ça nous rend heureux et en même temps ça nous oblige à nous demander pourquoi et donc au-delà à nous interroger sur le sens même du bonheur. Qu’un magazine d'information et de débat politique et culturel dure de nombreuses années ça tient à une complicité entre les collaborateurs et les lecteurs, à ce que les spécialistes en communication appelleraient un heureux feed back, malgré les « bruits » qui ont logiquement dû être entendues pendant si longtemps dans ce canal de communication. Cette complicité nous rapproche d'une des nombreuses formes de la communion des saints, mais dans sa version laïque hautement nécessaire en ces temps théocratiques qui s’installent, je ne sais dans le ciel, mais sur la terre.

Le bonheur était considéré par les moralistes matériels ou concrets comme le bien suprême et inversement, les autres moralistes religieux, venant du ciel ou l'enfer qui s’en suivit, se sont efforcés depuis des millénaires de refuser la possibilité de bonheur dans ce monde. La vie est douleur, sentenciait Tomás de Kempis dans son Imitation du Christ et Maruja Torres, de sa condition de victime du terrorisme religieux franquiste, a assumé en plus d’une occasion que nous sommes venus dans ce monde pour souffrir. Les moralistes religieux s’activent entre le Tout et le Rien et à partir de l’impossible félicité sur terre aspirent au bonheur Total qui ne peut être trouvé que dans le ciel par la contemplation de Dieu, sans avoir à l'esprit que, dans le ciel, est non seulement Dieu, mais aussi tous les justes, pour aussi lourds que discutables qu’ils soient et par exemple l’empereur Constantin, Pie XII, Saint Paul, Franco, Eisenhower et la famille Bush au grand complet. Et pour toute l'éternité. Ne l’oublions pas.

Plus près du bonheur que nous procure la longévité de ce magazine se trouverait la notion aristotélicienne qui met en relation la possibilité de bonheur avec les activités intellectuelles et modérées, marquées par le plaisir de l'exercice de la raison. En dehors de ce bonheur obtenu par l’activité intellectuelle, Saint-Augustin allait jusqu’à la possession totale d’une sagesse n’étant rien d’autre que la possession de Dieu.

Pour les êtres humains qui n'aspirent pas au bonheur placide des philosophes ou au bonheur totalitaire et dangereux des religieux, il deviendrait urgent de donner au concept, des possibilités de plaisir et de plénitude plus généralisables, par exemple écouter « Ponme la mano aquí ma Corina » dans la bouche de Chabela Vargas ou participer à la communion des saints des adeptes des clubs de football en lien avec leurs victoires, ou regarder un coucher de soleil sur une large rivière ou lire jusqu'à l'entrée de la nuit et l'hiver en voyant vers le sud, projet du bonheur selon Eliot qui m'a toujours ému par son ingénuité d’homme du Nord.

On ne peut pas non plus oublier que si le bonheur a été la conquête de quelques postmarxistas, par exemple Agnes Heller, en liant la vie historique et quotidienne dans le lumineux projet du bonheur, trop de tolérance sur ce point est propice au bonheur canonique de la consommation et, d’autant plus, si cette voie est facilitée par le fait que le sort des artistes et des peuples dépend d'une banalisation excessive de la félicité.

Souvenons-nous comment un citoyen argentin, Palito Ortega, fut sur le point d'être président de la République sans autre mérite que d’avoir chanté une chanson dédiée au bonheur, et dotée de rimes si intériorisées comme celle-ci :

La felicidad, a, a, a, a

De sentir tu amor, o, o, o, o.

 

Pour MVM les bruits c’est ce qui empêche la communication. Ils viennent souvent des adversaires de la démocratie.

C’est une auteur catalane, amie de MVM et peu connue en France.

Il s’agit d’une référence permanente de MVM qui avec d’autres auteurs allemands ont poussé l’écrivain vers le communisme sans croissance qu’on appelle aussi l’éco-socialisme.

Personnage en effet surprenant. Gouverneur, sénateur il a été candidat à la vice présidence avec Duhalde. Il a été en effet un chanteur de variété très populaire. Né en 1942 il est aujourd’hui un retraité.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:33

Débat à la Librairie Deloche

 

Ils sont quatre à la tribune dont trois liés par une présence pendant trois ans à l’école normale de Montauban. L’un a publié un journal d’instit, l’autre en tient un entre ses mains et le troisième annonce qu’il a le titre d’un livre dans la tête : Grand-père ils vont tuer l’école. Le quatrième a un parcours totalement différent apportant un regard extérieur en tant que prof en lycée.

 Dans la salle, elle reconnaît qu’elle était une mauvaise élève qu’à partir de la classe de Cinquième un déclic s’est fait qu’elle a eu ensuite une formation en apprentissage mais elle a pu faire des progrès grâce à la lecture. Moment émouvant car il renvoie les enseignants vers des tonnes d’interrogations et j’en prends une, chère à un des intervenants : qu’est ce que savoir lire ?

Il est entendu qu’au CP on apprend à lire et à la fin du CE1 la « compétence » doit être acquise. En fait, finit-on un jour d’apprendre à lire ? L’intervenant a témoigné du fait que dans l’apprentissage rien n’est linéaire si ce n’est la passion d’apprendre. Pour une langue il faut la comprendre, la parler, la lire puis l’écrire. On peut savoir la lire sans pouvoir la parler, on peut la comprendre sans savoir la lire etc…

L’école d’hier avait ce défaut majeur de se présenter comme un tout : à l’école on apprend puis ensuite on travaille. La notion « d’apprentissage tout au long de la vie » est arrivée mais pour fausser la réalité : c’est pour relativiser la fonction de l’école.

 Hier l’école était un ascenseur social car la société était en ascension ! L’usine jouait aussi ce rôle et combien sont-ils ceux qui, grandissant avec leur usine, ont pu gravir les échelons jusqu’à celui d’ingénieur ?

 Pour résoudre le problème actuel de l’école la solution mise en œuvre par la hiérarchie c’est de changer l’instit en technicien. Un des présents témoigne de son expérience en science avec la main à la pâte. Il affirme que les autorités ont retenu la technique en perdant les valeurs liées à cette technique. Puisque nous étions dans une librairie à l’invitation des éditions La Brochure je fais référence à un livre que nous avons publié et qui relate la même chose. Il s’agit d’enseignants qui à Castres inventèrent un prix littéraire de lycéens à l’adresse d’un premier roman. Les autorités ont tout fait pour tenter de retenir la technique en en perdant l’esprit. Il y a eu une lutte mémorable. Aujourd’hui il existe un prix des lycéens mais sans aucun rapport avec le travail de fond réalisé à Castres et qui a marqué les esprits comme nous avons pu le vérifier à la vente du livre.

 Il est évident que le prof enseignant une matière met en œuvre une pédagogie beaucoup plus technicienne que celle de l’instit.

 Si l’instit entraîneur de l’équipe de foot, animateur de l’amicale laïque, secrétaire de mairie n’est plus de saison c’est pourtant par cette fonction globale que l’école se fabrique. L’amour du métier, c’est pour les uns l’amour des mots, l’amour des gestes, l’amour des enfants, l’amour de l’art, l’amour du rire et rien ni personne ne peut demander à effacer cet amour pour se changer en pur technicien ! Sans la passion, adieu l’éducation et cette passion ne se mesure pas, ne se quantifie pas ni en heures de travail, ni en taux d’enfants réussissant au bac.

 Un constat classique a été rappelé : pour trouver du travail il vaut mieux avoir le bac, il vaut mieux avoir des diplômes d’où le besoin d’écoles. Mais il ne faut pas en retour considérer que les sans diplômes sont sans qualités d’autant qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre des études.. y compris pour un diplômé ! Une amie à la retraite passe une thèse, un docteur à la retraite se lance des études d’histoire etc. JPD

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