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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 09:36

couv-15-ans.jpg

 

Ce livre étant épuisé il est en accès libre à cette adresse :  

http://viedelabrochure.canalblog.com/archives/2013/11/26/28517591.html 

 

J’ai eu quinze ans en Tarn-et-Garonne

2008-1808

 

Petites histoires pour les 15-115 ans

 ISBN 978-2-917154-26-7

Juillet 2008

Editions La Brochure 82210 Angeville

 Aux élèves de ma dernière classe d’instit.

 L’auteur est le seul responsable des propos attribués aux divers personnages

 

Sommaire

 Quinze ans en 2008 : une lycéenne

Quinze ans en 1968 : un lycéen

Quinze ans en 1945 : une paysanne

Quinze ans en 1945 : une paysanne

Quinze ans en 1939 : Gérard Tartanac

Quinze ans en 1936 : Tony Meler

Quinze ans en 1929 : Julie Lapierre

Quinze ans en 1924 : Artisan-paysan à Saint Antonin

Quinze ans en 1912 : Ouvrière à St Marguerite

Quinze ans en 1903 : Raoul Verfeuil

Quinze ans en 1900 : Marcelle Davet

Quinze ans en 1848 : Léon Cladel

Quinze ans en 1842 : Madame Michelet

Quinze ans en 1825 : Mary-Lafon

Mariée en 1825 ; Pétronille Cantecor

26 ans en 1808 : Fille de Pastoret

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 09:32

grimzi.JPG

 

 

Voici l'article du Petit Journal sur l'hommage. Si La Dépêche en avait fait autant j'aurais eu plaisir à répercuter un tel article. JPD

 

Vendredi 15 novembre, François Lamy, ministre délégué à la ville, a rendu hommage à Habib Grimzi, touriste algérien de 26 ans, victime d'un crime raciste le 15 novembre 1983 dans le train Bordeaux-Vintimille et dont le corps avait été retrouvé sur les voies près de Castelsarrasin.

C'est en présence du consul d'Algérie de Toulouse M. Beha Abdelkrim, de Monsieur le Prefet J. L. Geraud, de Madame le sous Prefet Me M. Garcia, de M. B. Dagen Maire et Conseiller Général de Castelsarrasin, de nombreuses personnalités, d'une délégation d'anciens marcheurs pour l'égalité et contre le racisme et du président de l'association AC Lefeu Mohamed Mechmache[1], que le Ministre délégué à la ville M. Lamy a dévoilé une plaque commémorative à la mémoire de toutes les victimes de crimes racistes et xénophobes, apposée sur la façade de la gare de Castelsarrasin.

Habib Grimzi, touriste algérien de 26 ans, a été défenestré du train Bordeaux-Vintimille. Il est l'une des victimes des nombreux crimes racistes et xénophobes de cette période.

Ce jeune homme s'apprêtait à regagner son pays après être venu rencontrer une correspondante française. Il avait été passé à tabac et poignardé par Anselmo Elviro Vidal, Marc Béani et Xavier Blondel. Les trois hommes, à peu près du même âge que leur victime, qui se rendaient à Aubagne (Bouches-du- Rhône) sous la surveillance d'un caporal-chef pour être incorporés dans la Légion. La question du racisme excité par l'alcool avait été centrale au cours du procès de 1986, en pleine campagne pour les législatives qui allaient envoyer pour la première fois des députés du Front national à l'Assemblée.

Ce sont environ 90 passagers qui ont assisté à ce crime odieux sans réaction et aucun n'a tiré le signal d'alarme. Seul un contrôleur avait essayé de sauver ce jeune garçon et pour le protéger, l'avait isolé au bout du dernier wagon mais celui-ci fut rattrapé par ses bourreaux. Elviro-Vidal, Béani et Blondel l'y avaient retrouvé et s'étaient acharnés sur lui. Puis Habib Grimzi avait été jeté par la portière, sans un cri.

Le complexe du racisme c'est l'indifférence et ces crimes racistes sont les fruits pourris d'une chaîne xénophobe. Une commémoration n'est jamais inutile, la lutte contre le racisme est un combat perpétuel et une prise de conscience brutale pour tous. La plaque apposée sur la façade de la gare de Castelsarrasin permettra peut-être d'éveiller la conscience de certains citoyens.

A noter surtout que les Castelsarrasinois ne sont pour rien dans ce crime, mais c'est au niveau de notre cité que celui-ci a eu lieu dans ce train de l'enfer. Habib Grimzi, qui se réjouissait quelques jours plus tôt de l'accueil reçu en France, avait eu le tort de ne pas se trouver ailleurs quand ses agresseurs, déambulant ivres dans le train pendant que le caporal-chef dormait, l'avaient repéré dans son compartiment. L'affaire avait suscité une émotion d'autant plus vive qu'elle survenait en pleine Marche des Beurs, première marche antiraciste à travers la France.

JOSS



[1] En fait il était excusé.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 19:27

Voici l'article que le journal algérien consacre au roman : Bordeaux-Vintimille. JPD

 

Il y a 30 ans, l’assassinat de Habib Grimzi

Bordeaux-Vintimille, le roman du journaliste Jean-Baptiste Harang, s'inspire de l'assassinat de Habib Grimzi. Un fait divers qu'il a couvert pour Libération.

 Balancé vivant d’un train parce qu’Arabe ! Le crime sauvage commis par de futurs légionnaires avait suscité beaucoup d’émotion, en novembre 1983. L’Etat français marquera solennellement, aujourd’hui, le trentième anniversaire de l’assassinat du jeune Algérien, par le dévoilement d’une plaque du souvenir. Le ministre délégué à la Ville, François Lamy, inaugurera aujourd’hui à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) une plaque à la mémoire de Habib Grimzi, touriste algérien battu, puis défenestré du train Bordeaux-Vintimille le 14 novembre 1983, par de futurs légionnaires ivres clamant leur haine des Arabes. Cette commémoration officielle de l’Etat français intervient alors qu’on assiste avec inquiétude ces derniers temps à une montée débridée des expressions racistes dans les médias et que des quolibets désobligeants sont prononcés à l’encontre de personnalités, comme par exemple la ministre de la Justice, Christine Taubira, originaire des Antilles. Il y a trente ans, le racisme était passé à l’acte sans complexe. Cette semaine marquera le trentième anniversaire de cet événement qui avait causé beaucoup d’émotion alors. Il faut dire que ce crime inqualifiable se produisait alors que les jeunes Maghrébins (dit «beurs») s’élançaient, depuis la banlieue lyonnaise, dans une marche pour l’égalité des droits, une marche ambitieuse qui se voulait aussi une dénonciation du rejet xénophobe qui les visait. Pourtant, la victime de l’assassinat raciste de ce funeste 14 novembre 1983 dans le Sud-Ouest n’était pas un jeune immigré. Il s’agissait d’un jeune Algérien en vacances en France.

Habib Grimzi se rendait à Marseille pour reprendre le bateau du retour vers l’Algérie après trois jours de vacances. Hélas, il devait croiser trois jeunes engagés dans la légion étrangère à Aubagne. Le journaliste Jean-Baptiste Harang était alors reporter pour Libération. Des faits jusqu’à la cour d’assises, il a suivi de près l’affaire, faisant parler des témoins dont il utilise les propos dans un livre intitulé sobrement Bordeaux-Vintimille. L’ouvrage comporte des révélations sur les événements. Si le livre n’a rien d’une fiction, le romancier a préféré changer le nom de la victime, l’appelant Rachid Abdou : «Ce 12 novembre 1983, il est un peu triste, déçu. Il rentre déjà.» «Voilà des années qu’il y pense à cette visite à Bordeaux, depuis qu’il échange des lettres assidues avec Patricia, Patricia qu’il n’a jamais vue, qu’il n’a pas choisie. Lorsqu’il était lycéen, un professeur avait organisé avec une classe de Bordeaux un partage d’adresses afin que chacun puisse correspondre en français entre France et Algérie. On ne choisissait pas…» De missive en missive naquit l’idée de traverser la mer pour se voir. Ce qu’il fit, économisant sou après sou. Tout se passe bien. Une rencontre paisible entre un garçon et une fille, puis un repas chez ses parents qui, après le crime, diront : «Il était agréablement surpris de l’accueil des Français, étonné de ne pas être traité de sale étranger.»

 Procès

Le séjour s’achève et la jeune fille accompagne Habib au train, avec certainement la promesse d’une nouvelle rencontre, en Algérie peut-être... Sauf que le destin en décida autrement. «Nos gaillards sont sur le quai, écrit Jean Baptiste Harang, les poches gonflées de bouteilles de whisky et de vin rouge.» A presque  minuit, le 13 novembre, le chef contrôleur du train découvre Habib en sang, accroupi, prostré. Il lui propose de venir à l’avant du train pour échapper à ses agresseurs. Grimzi refuse pour ne pas avoir à passer devant eux. Le contrôleur le place alors à l’arrière du train, fermant à clé l’accès au reste du train. Sauf que le chef ne prévient pas les autres membres de l’équipe de bord. Les agresseurs veulent la peau de l’Arabe. Ils tentent de défoncer la porte de la dernière voiture pour y accéder. Ils expliquent à un contrôleur que c’est pour rejoindre un ami qui s’y trouve… L’homme ouvre. Grimzi est entre leurs mains, «terrorisé». «Les trois hommes ivres d’alcool et de rage se bousculent, se disputent le premier rang pour donner les meilleurs coups...» Le drame est consommé. Quelques minutes plus tard, ils balancent l’Algérien hors du train lancé à toute vitesse dans la nuit noire. Dans son livre, nourri de sa présence au procès des criminels, Jean-Baptiste Harang fait œuvre utile en débroussaillant une histoire terrible. En 1985, l’acteur originaire d’Alger, Roger Hanin, y avait consacré un film sous le titre Train d’enfer.

* Jean-Baptiste Harang, Bordeaux-Vintimille, roman, Grasset, janvier 2013, 121 pages.

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 18:52

Le FN est quasiment première force électorale du pays même si aux présidentielles Marine Le Pen est arrivée en troisième position. N’oublions pas que le candidat UMP comme celui du PS étaient des candidats de coalition alors que le FN est toujours un parti à lui tout seul. En conséquence, analyser son évolution c’est analyser une part importante de la France électorale. La difficulté c’est qu’étant absent des institutions le FN ne devient visible que par courts instants les soirs d’élection. Suite aux événements bretons Emmanuel Todd dans un article de Marianne où il apporte de justes analyses se trompe totalement – du moins à mes yeux – concernant sa vision du FN.

 Voici ce qu’il dit :

« A cela vient s'ajouter un autre élément de cohésion : la Bretagne est une région où l'immigration ne compte pas. Il suffit de feuilleter l'annuaire du Finistère pour s'apercevoir que les noms y sont massivement bretons. Ces milieux populaires ne sont pas divisés par l'immigration. Cette société politique n'est pas désorganisée par le Front national, insignifiant régionalement. Ce que montre paradoxalement la révolte bretonne, c'est à quel point le FN, parce qu'il divise les Français, est une aide au système, fait partie du système. Quand le FN n'existe pas, la société a la cohésion nécessaire à la révolte. »

 Et plus loin :

« Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui attendaient plutôt une révolte des banlieues ?

E.T. : Je répondrai qu'il y a déjà eu une révolte des banlieues, en 2005, qui relevait d'une même logique : l'abandon de régions entières par les élites et les groupes nationalement dominants. La révolte des banlieues a d'ailleurs aussi démarré, autour de Paris, dans une région où le Front national ne compte plus, cette fois-ci parce qu'il y avait déjà eu tant d'immigrés que la question de l'immigration était dépassée. Ça se confirme : la faiblesse du FN permet la révolte. Le FN sert le statu quo : Marine Le Pen et l'UMPS, même combat. »

 

Le lien vote FN-immigration ?

C’est un lieu commun, la puissance du FN viendrait de son discours anti-immigré.

Je ne vais pas nier cet élément mais il est parmi plusieurs autres. Dès sa naissance, le vote FN divise la France en deux parties, par une ligne qui va du Havre à Perpignan avec à l’ouest (donc en Bretagne) un FN plus faible qu’à l’Est. La Bretagne n’est donc pas un cas breton pour le vote FN. L’Aveyron, le Gers, les Pyrénées-Atlantiques, l’Ariège etc. suivant la logique développée, pourrait être tout autant une zone de révolte, d’autant qu’il s’agit aussi de zones agricoles.

En 1974 le FN n’évoque absolument pas le cas des immigrés dans sa campagne électorale. Il se rattache à cet argument quand le néo-libéralisme du début des années 80 relance un égoïsme social qui commence à tuer les solidarités classiques. Par contre, dès 1974 le FN a un argument structurant duquel il n’a jamais dévié : il est seul contre tous. Cet argument fait que malgré les écarts de départ entre Ouest et Est (que je n’explique pas ici) le vote FN sera toujours national. Il augmentera et baissera partout dans un même mouvement. Les caciques locaux du FN ne seront pour rien (ou si peu) dans le vote FN. Bruno Megret en créant le MNR a cru qu’il était en phase avec une part de l’extrême-droite puis il a découvert que la marque de fabrique FN était incontournable comme vont le découvrir (sauf Bompart à Orange) les autres caciques. Dans la partie Ouest deux départements se distinguent parmi les bons résultats FN dont le mien le Tarn et Garonne, et les immigrés sont souvent rares là les scores FN brillent ! La France aux Français ça marche mais pas seulement dans sa version raciste.

 

Le FN pour tuer l’esprit de révolte ?

Là aussi, je ne vais pas nier cet élément mais le néo-libéralisme a des atouts plus conséquents pour tuer l’esprit de révolte. Dans une brochure j’ai démontré comment le marketing politique œuvrait à cette fin. Il se trouve qu’en fait une part de l’esprit de révolte se fourvoie dans le FN qui gangrène toute la vie politique, sans être aux affaires.

La notion d’UMPS qu’utilise Todd n’est-elle pas une notion chère au FN ? L'UMP et le PS peuvent faire des politiques proches je considère qu'ils restent deux partis distincts, comme le FN est distinct de l'UMP, et le PS du PCF. Mais là aussi c'est un autre débat.

En fait, Todd fait de la révolte un absolu, sans se préoccuper du pourquoi et du comment, en se basant sur le fait que la Révolution française elle-même est née de la confusion. Il établit donc un parallèle entre 2005 et 2013 toujours sur la base du fait que l’immigration n’est plus là pour diviser le peuple. Il crée ainsi deux homogénéités factices : « les banlieues », « la Bretagne » pour deux révoltes qui n’ont rien de commun. En conséquence cherchons ce que Todd entend par révolte.

 Dans le Marianne du 26 octobre 2012, il y a donc un an, Todd répond à des questions où il fait l’éloge de François Hollande :

« Marianne : Le moral du pays est au plus bas et nous sommes en plein «Hollande blues». Les critiques viennent de la droite, ce qui est logique, mais aussi des médias et de la gauche. Vous avez exprimé l'idée, durant la campagne électorale, que François Hollande pourrait devenir un Roosevelt français. On n'y est pas, non ?

Emmanuel Todd :Ce blues est journalistiquement correct, mais historiquement absurde. Je suis historien et toujours dans le bonheur d'être débarrassé de Sarkozy. C'est quand même quelque chose qu'on peut déguster, non ? Si le président sorti avait été réélu, nous ne pourrions pas aujourd'hui débattre des problèmes économiques de la France. Nous serions encore en train de piapiater sur l'identité nationale, les Roms, les musulmans, les enseignants, les chômeurs et autres boucs émissaires, oubliant la débâcle industrielle et le déficit commercial. Vous vous rendez compte qu'Hollande a gagné la présidentielle malgré l'affaire Merah, malgré l'affaire du droit de vote des étrangers aux élections locales ? Comment être pessimiste dans ce pays qui a compris que les ultrariches, plutôt que les pauvres, les fonctionnaires ou les étrangers, étaient responsables de la crise, dans cette nation qui a rejeté, il y a cinq mois, le côté obscur de la force. S'il le veut, quand il le voudra, Hollande pourra s'appuyer sur des forces sociales profondes et positives.

Je voudrais rappeler comment mon hypothèse d'un «hollandisme révolutionnaire» avait été formulée pour maintenir sa validité : j'avais évoqué un mitterrandisme à l'envers. En 1981, Mitterrand arrive au pouvoir avec un programme très à gauche, de nationalisations, d'augmentations des salaires et des avantages sociaux. En 1983, tournant de la rigueur, adhésion du socialisme français au néolibéralisme, probablement inévitable dans le contexte mondial. Durant la présidentielle, mon hypothèse était - et reste - que François Hollande commencerait son quinquennat de manière relativement conventionnelle - sur l'Europe, nous sommes servis - tout en marquant son attachement aux valeurs d'égalité - tout va bien de ce côté, la presse de droite hurle «Maman !» parce que les classes moyennes supérieures vont payer des impôts supplémentaires. Mais, au bout d'un an ou deux, Hollande devra opérer le tournant radical rendu inévitable par l'approfondissement de la crise. Je m'en tiens à ce parallèle inversé : nous sommes encore dans la phase conformiste de l'hollandisme. Et je discerne quand même déjà des aspects positifs, dont certains constituent l'amorce d'une révolution morale et sociale... »

 

Il y a un an, il parlait de la nécessaire sortie de l’Euro mais aujourd’hui où en est-on d’une politique d’Hollande amorçant une révolution morale et civique ? Il n’avait alors rien à dire du FN. Peut-être hier Todd était-il illusionné, la révolte des bonnets rouges lui ayant ouvert les yeux ? Dans sa réflexion globale il y a des points que je partage mais j'ai tenu ici à me pencher sur le dossier que je travaille depuis trente ans, au risque de me tromper.

JP Damaggio

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 17:09

centaure.jpg

 

Dans un article récent sur les Bonnets rouges[1], l'ami René Merle reprend cette citation de Gramsci :

"Autre point à définir et à développer : celui de la « double perspective » dans l'action politique et la vie de l'État. Différents niveaux où peut se présenter la double perspective, des plus élémentaires aux plus complexes, mais qui peuvent se réduire théoriquement à deux stades fondamentaux correspondant à la double nature du Centaure de Machiavel, la bête sauvage et l'homme, la force et le consentement, l'autorité et l'hégémonie, la violence et la civilisation, le moment individuel et le moment universel (l'« Église » et l'« État ») l'agitation et la propagande, la tactique et la stratégie, etc. "

 

Gramsci, Notes sur Machiavel, sur la politique et sur le Prince moderne (1931-1933) 

 

 Habité que je suis en ce moment par Bourdelle, j'ai repensé au Centaure qu'il a sculpté et qui est un Centaure mourant.

 

J'avoue que je suis encore intrigué par cette sculpture (une des neuf qui sont dans les rues de Montauban et qui devraient être dix). Pourquoi le centaure et pourquoi mourant ? Sapho, Pénélope sont plus immédiatement compréhensibles.

Dans le Centaure c'est l'homme qui meurt comme si la bête avait gagné. Et sur la sculpture il est même écrit : "La Mort du dernier Centaure".

Le hasard de l'actualité fait que la sculpture est révélée en juin 1914 avant la naissance de la Grande Boucherie. Je ne pense pas Bourdelle comme étant un obsédé de l'actualité mais en même temps cette conviction de la mort de la civilisation sera à la base de son amitié, aussi surprenante que son Centaure, avec l'écrivain André Suarès qui lui, par contre, annonça sans hésiter, dès 1936, la Grande Boucherie plus moderne de 1939.

 

Dans le Centaure de Machiavel je note avec intérêt que le moment individuel est celui de la bête sauvage et le moment collectif est celui de la civilisation.

 

 

Voici quelques approches du Centaure de Bourdelle.

 1 ) Jérôme Godeau auteur de la notice du Musée Bourdelle écrit :

"Le choix se porte sur La Mort du Centaure, cette fresque aux accents élégiaques exécutée par Bourdelle pour l'atrium du théâtre des Champs-Elysées. Le Centaure mourant en est la transposition en ronde-bosse. La première étude date de 1911, le modèle intermédiaire de 1914, en juin de la même année, Bourdelle met la dernière main au modèle en terre à grandeur définitive et à son moulage.

 

L'homme-cheval nourri de chasses et de festins de chair crue, caracole du plus profond des temps fabuleux. Mais Bourdelle interprète le mythe qu'il rattache à la lignée des "centaures spirituels" comme Chiron le pédagogue, l'initiateur d'Apollon à l'art de la musique - les sabots et la lyre...Si les frisons de la robe, l'ondulation des flancs sont d'un modelé sensuel, l'allongement de la taille, l'évasement du torse, l'étirement de la ligne du bras et du cou s'inscrivent dans la perfection d'une figure géométrique. Où "la matière et l'esprit s'entraidant font de l'homme un dessin surhumain". (Bourdelle)

 

2 ) Un visiteur de Montauban inscrit sur son site :

 

"La mort du dernier centaure est une sculpture en bronze de Bourdelle faite en 1914. Elle est situé à Montauban, ville natale de l'artiste que je visite actuellement. Ici l'artiste représente le centaure Chiron mortellement touché par Héraclès. Il meurt en pleine lutte, avec dans ses mains la lyre par laquelle il avait espéré s'élever vers l'idéal.

 

Lorsqu'on demanda à Bourdelle pourquoi il avait choisi de le représenter mourant, il répondait : "il meurt comme tous les dieux parce qu'on ne croit plus en lui".

 

Il cite aussi François-Henri Soulié (écrivain) parlant au nom de Chiron :

 

"Petits mortels qui m'écoutez, apprenez mon tourment : mon seul ennemi est moi-même et ma double nature. Inapte à la bestialité sans remords et à jamais exilé de l'humain accompli. Ma croupe animale me tient rivé à cette terre, tandis que mon torse n'en peut plus de tendre vers l'azur. Au bout de mes doigts gourds, ma lyre mélodieuse s'est endormie. Mes sabots trépignent, mes reins frissonnent en proie à la fureur de tous les désirs terrestres. Que mon exemple vous fasse horreur et pitié de vous-même. Car nous sommes de la même race : nous aspirons au sublime et nous pataugeons dans la banalité. Je suis l'image de cette dualité qui vous hante. Tant que vous troquerez l'harmonie contre la barbarie, la compassion contre la violence, les centaures peupleront le monde. Et tant que vous ferez semblant de vivre, les centaures feront semblant de mourir. "

 

3 ) Guy Chastel dans son livre sur Beethoven et Bourdelle écrit de son côté :

 

"Pénélope, Sapho, le Centaure, Héraclès sont créés et exécutés dans l'ordre universel. Un divin souffle s'échappe comme des Symphonies, de leur âme de bronze ou de pierre. Ces puissantes entités ont l'air, à première vue, de dépasser notre capacité moyenne, elles ne font qu'exprimer une surhumaine et possible élévation des âmes.

 

Elles ne font que raconter Bourdelle comme les Symphonies ne font que raconter Beethoven, mais, en le racontant, elles nous racontent aussi, et c'est ce qui leur fait une vie amplifiée, cette vie intégrale, qui est la sienne, la nôtre et celle de tous les êtres. C'est aussi dans le même sens que les personnages de Racine, princes et princesses de son temps, sont pourtant nos contemporains, et, s'exprimant pour eux, nous révèlent à nous-mêmes.

 

A mesure qu'il avance dans la vie, Bourdelle charge ses héros de son expérience, mais, à mesure aussi, il se rapproche de Beethoven. Il leur confie comme à Fidelio, comme à Coriolan, comme à l'inspirateur de l'Héroïque ses préférences et ses raisons d'être. Et, comme vivre, ce n'est jamais que passer de la lutte à l'extase, il va lui-même de l'un à l'autre pôle. Héraclès c'est l'effort et Sapho l'enchantement ; Pénélope la patience et la fidélité ; le Centaure, le devoir et l'honneur de mourir debout.

 

Parvenus à cet état de symboles et à cette vertu d'expression, ce ne sont plus là des êtres fictifs créés aux mirages du cerveau, ce sont des individualités fraternelles; leur densité leur vient des puissances internes qui les ont enfantées. Elles doivent à l'âme leur don de vie, de vie supérieure. N'est-ce pas là pour Beethoven et pour Bourdelle, le vrai point de rencontre ?

 

Conclusion

 

Le centaure symbolisant le devoir et l'honneur de mourir debout ? Mais une fois encore : qui meurt ? Un dieu, car on ne croit plus en lui ? Si le dieu meurt totalement pourquoi un cheval qui se tient fièrement debout ? Car le centaure veut mourir debout ?

 

Dans la tactique et la stratégie qui peut mourir ? Les deux sont solidaires mais la mort peut provenir d'une tactique incapable de stratégie, ou d'une stratégie incapable de tactique. Pour se relever, les deux chemins n'ont pas les mêmes conséquences. Car de toute façon il faut bien se relever, les dieux n'ayant jamais dit leur dernier mot et les hommes non plus ! JP Damaggio

 


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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 17:06

Danielle Amouroux serait-elle la femme qui monte dans l’équipe Barèges et à l'intérieur de l'UMP ? Le Petit Journal vient de lui consacrer un entretien qui confirme l’aveuglement de la classe politique :

« Moi qui suis Montalbanaise pur jus, je constate une chose simple : en 12 ans Brigitte Barèges et son équipe ont fait plus pour la ville que 36 ans de socialisme. »

Cette phrase fait suite à celle-ci du même tonneau :

« Il est toujours passionnant de pouvoir montrer aux Montalbanais que notre action au cours des 12 dernières années correspond tout à fait aux promesses qui ont été énoncées. »

 En 2001 Roland Garrigues a fait d’abord campagne sur son « bon bilan », terme que reprendra Lionel Jospin en 2002. Comme si, au restaurant, le cuisinier vous apportant son plat vous disait par avance : « c’est une bonne sole meunière ». Sauf que là c’est au client à donner son appréciation comme c’est à l’électrice et à l’électeur de faire de même.

Quant à défendre un bilan, sans le glorifier par avance, ce qui me paraît possible, il reste à le faire avec précaution sauf à se déconsidérer, même si le bilan est jugé bon par celui qui s’apprête à voter. C’est ainsi qu’une campagne électorale peut détruire le bénéfice d’un bilan, à force de le vanter ! Certains n'aiment pas qu'on les prennent pour des imbéciles incapables de se faire leur opinion. Je dis certains car mon père vendant des légumes sur le marché était souvent confronté à cette question qu'il jugeait idiote : "Elles sont bonnes vos salades ?" Comme est idiote la question d'un journaliste à un sportif :"Vous pensez gagner dimanche ?" Sauf que ceux qui aiment bien les questions idiotes sont tout de même rares !

 En 36 ans de pouvoir de la gauche (le socialisme c’est autre chose) on a fait, comme Barèges, une piscine (et même deux, la deuxième n’étant pas glorieuse) avec sa rénovation, une bibliothèque avec son évolution. Dans le secteur scolaire c’est là un bilan sans comparaison à cause du baby boom des années de la Libération qui fait qu’à partir de 1960, il a fallu créer des écoles presque chaque année. Sur le négatif du bilan, chaque époque a eu, comme du temps de Barèges, la naissance de zones commerciales, refusées au départ avec l’apparition de Korvette devenu Auchan aujourd’hui, puis célébrées avec Leclerc Sapiac, Mammouth aux Chaumes, puis le Leclerc zone nord, et enfin Le Géant Casino à Albasud. Il est totalement présomptueux de comparer bilan et bilan comme il est présomptueux d’annoncer par avance que ce bilan correspond à ce qui était attendu.

Ce qui était attendu par qui ? Par les sportifs, les retraités, les jeunes, les ouvriers etc.?

Je me souviens de l’installation du premier morceau de rue piétonne qui avait tant fait crier les commerçants. Le lancement de ce processus n’avait rien de local : il entrait dans une tendance globale ! Sauf que la réponse à la question d’alors reste entière : comment articuler la piétonisation, et la vie des habitants du centre ville ? Bref, quel destin pour un centre-ville dont un des points cruciaux n’était pas de l’ordre municipal comme le retour de la Préfecture en cette zone ?

Comment interroger l’avenir quant aux entrées de Montauban à l’heure de pointe ? Comment réduire l’usage de la voiture ? Proposer un système de bus régulier et sérieux entre Nègrepelisse et Montauban n’est pas de l’ordre municipal, donc il faut une entente avec le Conseil général. Toutes les questions s’imbriquent.

 Conclusion provisoire

Tout bilan est contrasté à cause du contexte global, à cause des stratégies locales et à cause des évolutions citoyennes. Des amis passant dernièrement au local de Brigitte Barèges y ont lancé le débat sur la LGV avec quelques présents, découvrant en cette occasion leur ignorance leur faisant dire comme Malvy « il l’a faut car il l’a faut » mais incapables de dire pourquoi. Plutôt que de faire dans l’autosatisfaction (pour un camp) ou dans la critique systématique (pour l’autre) comment créer les conditions d’un débat approfondi et sérieux sur les réalités afin de saisir les différences de stratégie pour améliorer la vie locale ?

JP Damaggio

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:49

 

La revue Commune de 1935 publie cet article au sujet d'un roman de Montherlant qui ne sera publié qu'en 1968 ! Il s'inscrit dans un travail de Maurice Mauviel sur les rapports entre Montherlant et Camus qui ne font pas la Une des médias, aller savoir pourquoi ! JPD

 

 Par Georges Sadoul Commune 1935

"M. Henri de Montherlant a écrit il y a déjà plusieurs années un roman sur le Maroc, La Rose de Sable. Ce roman fut longtemps annoncé dans les feuilles littéraires, puis on apprit que son auteur renonçait provisoirement à sa publication, ce roman- contenant des passages qui pouvaient nuire à l'action colonisatrice de la France.

M. Henri de Montherlant vient de publier dans Marianne du 20 mars un fragment de ce roman. Il s'agit de la rencontre de deux personnages : le lieutenant Auligny, récemment arrivé au Maroc, et le médecin lieutenant Bonnel. Voici comment Bonnel pose, dans une anecdote, la question indigène :

A Rabat, venant de débarquer, j'étais à la terrasse d'un café. Soudain, cris du patron à son garçon indigène: « Saloperie ! Ah ! je te prends la main dans le tiroir-caisse!— Moi ! Fouillez-moi ! — Bien sûr, je t'ai pincé à temps. Allez, fous le camp d'ici ! — Et ma semaine ? — Ta semaine ? Tu veux que j'aille chercher un agent de police ? » Là-dessus, pugilat, des consommateurs interviennent et fourrent dehors l'Arabe en le frappant. L'Arabe parti, le patron rigole, avec un drôle d'air, les yeux baissés. Un colon était assis à une table voisine, et lui aussi il rit en dessous. Il lui demande : « Est-ce que vous avez vu cet Arabe mettre la main dans le tiroir-caisse ? — Pensez-vous! Mais c'est samedi soir. — Et alors ? — Eh bien, comme ça le patron fait l'économie d'une semaine de paye. — C'est joli ! — Eh, qu'est-ce que vous voulez, ici, c'est le Maroc ! » Combien de fois l'ai-je entendue depuis cette phrase, prononcée, ou seulement exprimée par un geste, mais dont le sens était clair : « Ici, c'est permis d'être une crapule. C'est le Maroc ! » Non, il faut dire bien haut qu'il n'y a de justice pour l'indigène que pour le gros, le vendu, l'Arabe avec ruban rouge, qu'il a gagné en trahissant ses compatriotes. Ense et aratro. Le sabre et la charrue ! Parfait. Mais n'oublions pas le fouet du planteur et le litre d'alcool. Avec ces quatre attributs, les armes parlantes de la colonie seront complètes.

Et, plus loin, le même Bonnel :

— La question indigène n'est pas une question de races ni de couleurs. Encore moins de religion, car il n'y a en Afrique du Nord qu'une religion, la musulmane ; le catholicisme, en tant que foi, peut y être négligé. (Je dis: en tant que foi, et non pas: en tant que culte). La question indigène est la question des gros et des petits. Les gros sont aussi bien indigènes que Français. Tout de suite les gros indigènes et les gros Français se reconnaissent entre eux, s'acoquinent, et s'unissent pour exploiter le prolétaire indigène. — Je n'avais jamais envisagé la question indigène sous cet aspect. — Il est le seul qui corresponde à la réalité. Et l'amélioration du sort de l'indigène se fera par le front unique du prolétariat, tant européen qu'indigène, contre les oppresseurs.

Bonnel est dans une certaine mesure pour l'auteur l'avocat du diable. Mais dans le fragment que publie M. de Montherlant, Auligny, cet officier qui a « une horreur physique de la révolution » et qui « veut qu'on améliore le sort des indigènes tellement que la révolution n'ait plus de raison d'être », est presque entièrement convaincu par les arguments de ce Bonnel.

Il faut cependant remarquer que Bonnel, après avoir réduit la question indigène à la lutte de classes, voit la solution des problèmes coloniaux dans un vague enseignement du respect dû aux indigènes... Autant qu'on puisse juger de La Rose de Sable, d'après ce court extrait, il semble que dans la mesure où M. de Montherlant est un écrivain consciencieux, soucieux des réalités, probe, il se rapproche des vues révolutionnaires. Souhaitons que cette probité lui fasse publier rapidement cette Rose de Sable, si préjudiciable qu'elle puisse être aux intérêts de l'impérialisme français, représentés au Maroc par

..Je sous-off — ou même, hélas, l'officier — qui a donné un coup de genou dans les c... d'un de ses hommes indigènes, le patron qui refuse de payer ce qu'il doit à son employé indigène, le colon qui tue à bout portant le vieil Arabe qui lui volait une figue. ..

GEORGESSADOUL.4 ème de couverture

 

Dos de couverture du livre de Mauviel paru chez L'Harmattan :

Montherlant et Camus anticolonialistes.

 Montherlant « a régné sur ma jeunesse » confiait Camus à un journaliste en 1951. Montherlant et Camus ! Le rapprochement peut surprendre, pourtant ils étaient liés par une admiration réciproque : en rapprochant leurs textes sur l’Algérie, on s’aperçoit que l’on pourrait même confondre les deux auteurs, lorsqu’ils évoquent leur solitude d’anticolonialistes précurseurs.

 L’anticolonialisme hante toute l’oeuvre de Montherlant, de ses premiers écrits sur la colonisation française au Maroc en 1927, jusqu’à son dernier roman, Un assassin est mon maître (1971).

 L’engagement d’Albert Camus est largement reconnu aujourd’hui ; il n’en a pas toujours été ainsi. L’ensemble de ses écrits, Misère en Kabylie, L’Exil et le Royaume, Le Premier Homme… manifeste la constance et la fermeté de ses convictions. Camus dénonce l’injustice, la pauvreté et le mépris dont sont victimes les Arabes et, dans son ultime ouvrage inachevé, il prend la décision d’arracher à l’oubli les muets, les bâillonnés, Algériens et Européens, sans-terre, méprisés, proscrits, exilés… La mort l’empêchera d’accomplir ce grand projet.

 L’auteur, puisant dans des archives et des ouvrages et périodiques français ou étrangers négligés, s’est efforcé de donner un nom et un visage à quelques-uns de ces muets de l’histoire dont Albert Camus disait : « Ils sont plus grands que moi ».

 La longue durée peut-elle apaiser les obsessions postcoloniales de part et d’autre de la Méditerranée ? L’auteur de cet essai, qui a longtemps vécu en Algérie, en est convaincu.

 Maurice Mauviel a été membre associé des laboratoires de psychologie interculturelle puis d’ethnologie de l’université René Descartes, et responsable de la formation des immigrés au rectorat de Paris. Il a principalement travaillé sur l’acculturation, les rapports des Français à la diversité (en privilégiant les « idéologues »), l’histoire de l’idée de culture. Il a publié au cours des dernières années des livres et des articles ayant trait à la culture refoulée de langue italienne de l’ancien comté de Nice. Son dernier ouvrage est L’histoire du concept de culture, le destin d’un mot et d’une idée

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:29

garibaldien.jpg

 

J’achève la lecture du monument que Maurice Mauviel vient de consacrer à Giuseppe Beghelli. 650 pages en format A4 pour un homme qui a vécu à peine 30 ans ! Un niçois d’avant Nice capitale du tourisme de luxe, la Nice passant d’Italie à la France, la Nice de Garibaldi, la Nice républicaine. Je suis sidéré par les travaux minutieux de Maurice Mauviel qui conduit son livre comme un combat pour la vérité, un combat contre l’oubli, un combat pour des vaincus qui devraient être parmi nous tous. Merci encore à Maurice Mauviel.

Maurice Mauviel Un garibaldien niçois fils du printemps des peuples Giuseppe Beghelli 1847-1877 Editions Wallada, 30 euros

 Plus global que mes commentaires voici le dos de couverture. JPD

 

« Le Brigasque oublié Giuseppe Beghelli se battit à dix-neuf ans dans le Trentin et, franchissant clandestinement les Alpes, rejoignit en Bourgogne le Héros des Deux Mondes. Commémoré avec éclat en ce début d'un siècle politiquement tourmenté, le bicentenaire de la naissance de Garibaldi donne enfin actualité à la trajectoire de son jeune compagnon. L'auteur, rendant hommage à l'un des enfants des Alpes-Maritimes qui suivirent le Général sur les champs de bataille, nous invite à découvrir un personnage hors du commun ardent républicain ayant lutté tout au long de sa courte vie en faveur des libertés, romancier renouant avec la tradition épique de l'ancien Comté de Nice, historien scrupuleux, polémiste de talent. Nous le suivons pas à pas depuis son enfance jusqu'à sa disparition à moins de trente ans, consécutive aux persécutions dont il fut victime, incarcéré à diverses reprises pour ses prises de position dans les journaux qu'il avait fondés ou dirigés.

Sa verve, son sens du cocasse et du burlesque étonneront plus d'un lecteur qui en saisira les multiples facettes : bohème émaillée dès l'adolescence d'aventures féminines pleines de fantaisie ; burlesque et gravité du récit de sa campagne garibaldienne ; érotisme et modernité esthétique de ses esquisses romanesques où l'on perçoit, parodié, l'écho nostalgique des gloires niçoises d'antan ; désopilantes chroniques médiévales de Tende et de La Brigue. Le Rabelais de la Haute-Roya bouscule conventions et bienséances mais il sait aussi, dans son roman niçois méconnu, faire revivre, en poète délicat, Nice jalouse de ses franchises à la Renaissance, et en exalter les héroïnes.

Sur un autre plan, l'ouvrage nous invite à redécouvrir l'identité du Comté au XIXème siècle ainsi que l'histoire des mouvements démocratiques et révolutionnaires européens au lendemain de la chute de la Commune. Alors que Mazzini, Garibaldi, Engels et Bakounine... se livraient à une guerre idéologique sans merci, Beghelli s'efforça de jouer un rôle modérateur. Après sa mort, les historiens, qui ne l'ont pas lu, ont contribué à transmettre de lui une image négative. Grâce à de nombreux documents jusque-là inexploités, Maurice Mauviel révèle les engagements de Beghelli à Turin, Nice, Paris, et il éclaire d'un jour nouveau l'attitude des républicains niçois authentiques après la chute du Second Empire.

 « L'oeuvre monumentale de Maurice Mauviel laisse sans voix.., et sans plume. Sept ans de recherches sont peu de choses par rapport au résultat obtenu. On est fondé à penser que dans ce délai, l'auteur a écrit, reconstruit, mais que l'ensemble du savoir a été acquis pendant une vie entière. Les lieux, les personnages, sont analysés au plus profond d'eux-mêmes, et réunis dans une synthèse, ou mieux une forteresse, qui ressemble fort à ce que l'on voit de Nice des hauteurs du Château pratiquement tout.

Il est vrai que le personnage auquel il s'attache, et qui lui sert de guide dans la bien plus vaste histoire qu'il conte, est tout aussi exceptionnel. On reste abasourdi devant l'oeuvre accomplie par le jeune Beghelli, le mystère de forces qui se consument en un temps bref comme si leur intensité même en compromettait la durée. On pense à Mozart, à Mameli, à Gobetti, niais aussi au jeune Mazzini qui eut une bien plus longue vie mais qui dans ses oeuvres de jeunesse avait manifesté un talent déjà parfaitement mûr. »

Annita Garibaldi-Jallet

Maurice Mauviel est associé à l'Unité du CNRS Langues, Musiques, Société, de l'Université de Paris V. Il se consacre à des études interdisciplinaires aux confins de la psychologie, de l'anthropologie et de l'histoire. »

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:25


fête nationale

 

 


Neruda et Allende aimaient répéter l’amour du peuple chilien pour son armée. Et j’y croyais à ce légalisme des militaires. Jusqu’à ce que je me penche un peu sur l’histoire politique du Chili et sur le rôle de massacreur de la classe ouvrière joué par la dite armée. Alors pourquoi ? Par optimisme bien sûr ! Neruda et Allende ne souhaitaient retenir de l’histoire nationale que ce qui allait dans leur sens. Faut-il alors rendre hommage à ceux qui répétaient pendant l’Unité populaire : « Tout ça finira pas un coup d’Etat. » ? Fallait-il alors décider d’une dictature de gauche pour arrêter les éléments fascistes de l’armée ? On ne réécrit pas l’histoire mais on a le droit de s’interroger. Allende n’avait pas été élu pour imposer « la dictature du prolétariat » et peut-être que sans l’appui international des fascistes locaux, que Neruda pointe clairement, l’armée serait restée dans les casernes. Cet entretien de celui qui est alors Ambassadeur de son pays à Paris, me semble d’un apport contrasté qui mérite notre attention. JP Damaggio

 

 

LA FÊTE NATIONALE CHILIENNE

A l'occasion de la fête nationale chilienne, Pablo Neruda, a bien voulu répondre aux questions de « l'Humanité ».

Q. — Quel est le sens aujourd'hui et quel fut hier le sens du 18 septembre pour le peuple chilien ?

R. — LE 18 septembre est notre fête nationale. C'est le jour où, en 1810, fut proclamée l’indépendance du Chili. La libération définitive de la domination espagnole s'est faite ensuite, grâce aux troupes commandées par O' Higgins et San Martin. C’est la victoire de Maïpu et notre Reconquista. C'est une des plus grandes prouesses de l'histoire, ces hommes traversant les Andes, plus que les Thermopyles même... Aussi le 18 septembre est-il le jour le plus cher aux Chiliens : il est le symbole de l'union entre l'armée et le peuple chilien. Dans tout le Chili ce ne sont que danses, chansons, bouquets... A Santiago, le défilé militaire est une des choses les plus belles que je connaisse, un ballet merveilleux.

Etant donné la confiance et l'admiration du peuple chilien pour son armée, la droite et les fascistes, qui ne font qu'un, appuyés par des entreprises étrangères (I.T.T., C.I.A.), développent un plan de provocation destiné à faire se soulever l'armée. Ces fascistes sont si impudents et cyniques qu'ils défendent même des actes de banditisme pur et simple.

 

Q. — Vous voulez parler de l'assassinat de René Schneider, commandant en chef de l'armée, en octobre 1970 ? Je crois que cet assassinat a bouleversé un pays qui n'avait pas depuis plus d'un siècle connu d'assassinat à but politique, et qui, comme vous l'avez dit, n'a « presque toujours qu'un seul dictateur, la loi ».

R. — Oui. D'ailleurs cet assassinat aussitôt après l'élection d'Allende, mais alors que le démocrate-chrétien Frei était encore président, avait pour but d'empêcher la venue au pouvoir d'Allende. Et maintenant, à l'occasion de la fête de cette année, les fascistes ont élaboré un vaste plan de subversion comportant notamment des attentats contre les trains ou les camions amenant les soldats pour le défilé, ou des provocations pendant le défilé dans les rues de Santiago et il s'agirait, bien sûr, de faire croire qu'ils sont le fait des partis populaires. Comme l'armée est très aimée par tout le peuple on cherche ainsi à dresser celui-ci contre son gouvernement légal. Mais le président Allende a dévoilé et dénoncé ce complot.

 

Q. — Quelle est la situation générale en ce moment au Chili ?

R. — Le président Allende a l'appui du peuple chilien. Pour le 4 septembre (2ème anniversaire des élections), une manifestation de masse dans la seule ville de Santiago vient de réunir 850.000 personnes. La droite fasciste est réduite au désespoir. Elle veut, avec l'aide de la CIA, déclencher une guerre civile qui serait absolument folle et amènerait la destruction de notre pays. Ce complot doit être pris très au sérieux en Europe car ce sont des forces fascistes internationales qui poussent les fascistes chiliens vers un affrontement criminel. Chaque jour, nous avons à supporter des provocations de plus en plus cyniques et brutales. En ce moment le Chili est dans une situation économique difficile à cause du boycottage exercé par certains grands pays étrangers qui sont allés jusqu'à refuser de lui vendre les pièces de rechange nécessaires et qui menacent, comme la Kennecott Cooper, par exemple, de toutes sortes de procédés arbitraires notre gouvernement populaire. Cette grande compagnie avait accepté après la nationalisation de se soumettre à l'arbitrage d'un tribunal chilien. Comme le jugement rendu n'était pas favorable aux intérêts du monopole du cuivre, la Kennecott vient de déclarer officiellement qu'elle va boycotter le cuivre chilien dans le monde entier et s'opposer à la vente légitime de notre propriété nationale par tous les moyens. C'est là un exemple de choix, dont nous venons d'avoir connaissance, du manque de respect de toute loi morale et civique qui est celui de ces grands pirates monopolistes qui ont fait et qui font encore le malheur du monde.

Q. Ce 18 septembre est donc pour vous une fête de l'union mais aussi de la lutte ?

R. — En ce jour, nous fêtons l'avènement national de notre indépendance et le commencement, au milieu de beaucoup de luttes et de difficultés, de la plus importante étape de notre indépendance économique face aux agressions du néo-colonialisme. Nous avons nationalisé toutes les grandes entreprises. Nous en avons fini avec tous les grands propriétaires terriens, héritage de l'Espagne féodale et nous présentons devant le Parlement une nouvelle Constitution qui ouvre les portes au socialisme.

Nous ne ferons pas un seul pas en arrière et Salvador Allende a solennellement averti la droite fasciste et ses alliés qu'ils jouent avec du feu. Mais je veux penser avant tout à l'enthousiasme du peuple chilien avec un grand et tranquille patriotisme qui ne dérive jamais vers le nationalisme bourgeois ou vers le chauvinisme, le peuple chilien ne permettra jamais qu'on détruise ce qui a été librement et démocratiquement choisi par le vote et qui est reconnu par tous les partis. Le « Diez y ocho » c'est le jour d'une grande réjouissance populaire qui flamboie d'un bout à l'autre du pays le plus long du monde.

-- Pour tout ce que vous venez de nous dire c'est aussi un peu notre fête.

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 17:22

Au moment de l’élection la profession de foi qui arrive dans les maisons quand la très grande majorité des électrices et des électeurs se sont déjà fait une opinion, apparait d’autant plus dérisoire qu’on a eu l’occasion d’entendre souvent les arguments défendus. Mais quarante ans après, il s’agit de documents d’histoire qui synthétisent le moment qu’elles évoquent. Ainsi, dans celle-ci, le FN n’évoque pas une fois les immigrés, la préférence nationale etc. Par contre tous les candidats sont passés en revue et hier comme aujourd’hui le FN est contre tout le monde.  Pas tous cependant puisque le texte oublie René Dumont, Jean Claude Sebag, Emile Muller, Arlette Laguiller et Alain Krivine. C’est après cette élection que le nombre de parrainage d’élus passera de 100 à 500 pour réduire le nombre de candidatures, aussi en 1981 J-M Le Pen ne sera pas candidat. En 1974 le FN est totalement marginal et dix ans après il devient un poids lourd de la politique. Par quel mystère ? Nous avons tous notre petite idée que nous pouvons confronter avec son texte de 1974  quand Marine avait 5 ans ! Jean-Paul Damaggio

 

Election à la Présidence de la REPUBLIQUE 5 mai 1974

Jean-Marie LE PEN

CANDIDAT DE SALUT PUBLIC

PRESIDENT DU FRONT NATIONAL

Jean-Marie LE PEN, candidat de Salut Public, soutenu par la Droite sociale, populaire et nationale

Françaises et Français

L'important, c'est la France. En me présentant à vos suffrages, je mesure toute la gravité du débat national majeur qui s'ouvre devant vous. Je suis convaincu qu'il doit permettre de créer le grand courant national et populaire capable de faire face à une crise nationale et internationale qui motive l'inquiétude grandissante de notre peuple.

Cette crise, dans notre pays, trouve ses origines dans la décadence morale et civique qui mine notre société beaucoup plus que dans des circonstances économiques certes graves, mais que la France serait capable de surmonter si elle était gouvernée dans le sens de l'intérêt national.

SEIZE ANS DE RESPONSABILITE

La majorité au pouvoir porte depuis seize ans la responsabilité du destin de la patrie. Elle a disposé des moyens de gouvernement les plus puissants, la durée, la stabilité, l'autorité, l'adhésion d'une opinion leurrée par l'apparence.

Malgré ces possibilités, exceptionnelles en France depuis un siècle, la Cinquième République a été incapable de répondre au vœu des majorités qui l'ont plébiscitée depuis 1958. Les hommes qui l'ont dirigée n'ont eu d'autre objectif que de survivre à n'importe quel prix, se laissant aller dans tous les domaines à la pire des démagogies. Soutenus fidèlement par des majorités de droite, ils ont poursuivi une politique de gauche, favorable au collectivisme social, à l'étatisme économique, au communisme international.

Ces hommes doivent être dénoncés.

LES CANDIDATS DE LA MAJORITE

M. Jacques CHABAN-DELMAS nous promet une nouvelle société... Héraut des barons du régime, il oublie seulement qu'il porte depuis l'origine de la Ve République — et singulièrement pendant les années où il a dirigé la France en qualité de Premier Ministre — la lourde responsabilité des erreurs et des fautes qui pèsent sur la nation.

C'est à lui, notamment, qu'il faut attribuer l'intrusion dans les affaires publiques des fédérations syndicales politisées dont la dictature pèse ouvertement sur la vie nationale. Homme de la majorité, issu de la gauche radicale-socialiste, complaisant à l'égard de tous les désordres, de toutes les subversions, de toutes les surenchères démagogiques, rien ne le qualifie pour assumer le ressaisissement nécessaire.

M. Valéry GISCARD D'ESTAING se prétend libéral et ose dénoncer les dangers d'un système « bureaucratique » qu'il met lui-même en place depuis des années en qualité d'inamovible ministre des Finances. La fiscalité écrasante et inquisitoriale, c'est lui ; la toute-puissance du capitalisme anonyme, c'est lui ; l'écrasement des classes moyennes, producteurs, cadres, commerçants, artisans, cultivateurs, c'est lui ; le règne absolu des technocrates insensibles, c'est lui. Ploutocrate démagogue, il s'est attaché à concilier les intérêts financiers et l'étatisation d'une économie implacablement dirigée vers le collectivisme.

M. Jean ROYER, fidèle soutien de la majorité et ministre des gouvernements Messmer, se pare des meilleurs sentiments et des plus saines idées... Son combat est bien tardif. Que ne l'a t-il engagé contre les auteurs et les complices des maux qu'il dénonce aujourd'hui ?

Jacques Chaban-Delmas, Valéry Giscard d'Estaing, Jean Royer, trois hommes du régime, trois hommes de la majorité qui essaient, une fois de plus, de capter la confiance des braves gens de France.

FRANÇOIS MITTERRAND

Quant à François MITTERRAND, son passé répond de son avenir. Serviteur du maréchal Pétain, titulaire de la francisque officielle, anticommuniste farouche aux débuts de sa carrière électorale, il est devenu le porte-clefs de la ruée marxiste en 1974.

Sans autres idées que son ambition frénétique, il a mis sa main dans celle du communiste Marchais, du cégétiste Séguy, du gauchiste Edmond Maire. Il s'attendrit sur la Liberté que ses alliés s'apprêtent à étrangler. Le sort a voulu qu'il ne soit pas du camp des hommes de la Ve République. Il était digne d'en être.

Tout cela devrait être dit : c'est fait, sans haine et sans crainte.

CRISE DE CIVILISATION ET CRISE SOCIO-ECONOMIQUE

L'agression économique dont les pays industrialisés viennent d'être l'objet de la part des Etats producteurs de pétrole pose de difficiles problèmes au monde libre. Elle démontre la fragilité d'un système fondé uniquement sur la recherche du profit.

En même temps que sa science et sa technologie permettaient à l'Occident un essor économique sans précédent, l'oubli des principes qui ont fondé sa prééminence l'amenait à une crise de civilisation plus redoutable que les difficultés matérielles. C'est cette crise que la France doit surmonter, bien au-delà des divergences d'intérêts et des querelles de personnes.

UN ETAT PLETHORIQUE ET IMPUISSANT

L'Etat pléthorique a perdu son autorité. La loi est bafouée. L'administration tyrannise les citoyens. Une partie du corps enseignant véhicule l'anarchie et l'inculture. Les travailleurs salariés sont caporalisés. Les travailleurs indépendants sont persécutés, malgré la prodigieuse faculté des Français de créer et d'entreprendre. Les moyens d'expression — presse, radio, édition — sont colonisés par les propagandistes de la subversion marxiste, de la pornographie aggressive, du mépris des valeurs morales et sociales traditionnelles.

Le désordre est partout dans la rue, dans l'entreprise, dans la famille, dans les esprits et dans les cœurs. L'Université et l'Eglise prêchent la révolution. Les grands intérêts capitalistes et les syndicats marxistes défient victorieusement la puissance publique. La sécurité des personnes et des biens n'est plus assurée. Le crime est à l'ordre du jour et l'escroquerie impunie monnaie courante.

CONTRE LA DÉCADENCE

Contre cette décadence dont l'opinion longtemps chloroformée commence à prendre conscience, un seul recours : la création d'une mystique de Salut public, avec des hommes nouveaux et des méthodes nouvelles.

La France doit procéder à une véritable mobilisation économique, sociale et morale.

Solidaire de ses alliés européens et occidentaux, notre pays doit d'abord trouver en lui-même les ressorts et les ressources de son redressement.

AVEC LA DROITE SOCIALE POPULAIRE ET NATIONALE

Le pouvoir actuel a fait faillite et se débat dans ses contradictions.

La coalition socialo-communiste n'apporte aux difficultés présentes que des solutions périmées et inhumaines dont l'inefficacité est démontrée quotidiennement dans les pays de l'Est européen, et partout où l'expérience en est tentée.

Depuis quinze ans l'opposition nationale maintient à l'égard du pouvoir une attitude claire, sans compromis ni compromissions. Ses vues sur les grands problèmes moraux, sociaux, économiques et politiques sont celles de la majorité du peuple français.

Le temps des habiletés et des facilités est passé. Celui de la franchise et de la rigueur est venu.

Homme de votre peuple, combattant de votre armée, je suis dans la vie un responsable, chef d'entreprise, père de famille, dirigeant politique.

Porte-parole de la Droite qui ose dire son nom, conscient de dire la vérité à mes compatriotes, je les appelle à se prononcer en faveur de ma candidature de Salut Public, celle de la sincérité, du patriotisme et du dévouement à l'intérêt général.

Jean-Marie LE PEN

 

ORIENTATIONS POLITIQUESET SOCIALES ESSENTIELLES

Ramener l'Etat à ses fonctions normales : technocratie et bureaucratie sont les deux mamelles de la Ve République : elles épuisent le pays où sont dès maintenant créées les conditions du socialisme. L'Etat doit réduire son train de vie, dénationaliser ce qui peut l'être, diminuer les effectifs pléthoriques du secteur public et semi-public. Ainsi, l'Etat pourra remplir ses fonctions normales : assurer l'ordre, la justice, l'obéissance aux lois et la défense du pays.

Imposer à tous le respect de la loi : l'autorité de l'Etat ne cesse de dépérir, face à la puissance exorbitante des féodalités. Des féodaux privilégiés — grands intérêts capitalistes, syndicalisme marxiste, parti communiste, gangs politico-économiques — conduisent la France à l'anarchie, au désordre, à la guerre civile. Le rétablissement de l’égalité devant la loi est la condition première du Salut Public.

Rétablir l'ordre, la sécurité et les valeurs morales : notre société est mortellement menacée par la subversion ouverte ou sournoise des mouvements révolutionnaires, par le développement de la criminalité, par la mise en cause des hiérarchies naturelles, par le déferlement de la pornographie et de l'immoralité. Les gouvernements de la Ve République se sont révélés impuissants à protéger les Français contre ces périls.

Restaurer les libertés fondamentales : ligotés par les contraintes de l'étatisme, les citoyens se voient progressivement privés de leurs libertés individuelles, familiales, communales, économiques, culturelles. La tyrannie bureaucratique, et notamment l'inquisition fiscale, conduisent les Français à l'esclavage.

Réglementer le droit de grève : il est inadmissible que l'Etat, responsable du bien commun, abdique devant des syndicats politisés qui perturbent la vie administrative et économique de la nation, au mépris de l'existence quotidienne de la population. La Constitution prévoit la règlementation du droit de grève, en particulier en ce qui concerne les services publics. Cette règlementation doit être, stricte et comporter l'interdiction des grèves catégorielles qui permettent à une minorité manipulée de paralyser une entreprise ou une profession.

Dépolitiser l'enseignement et reconstruire l'Université à tous les degrés : la « réforme » Edgar Faure, votée à l'unanimité par un Parlement sans courage, a anéanti les structures de l'enseignement public. La politique n'a sa place ni à l'école, ni au lycée, ni à la Faculté. Le corps enseignant a le devoir de respecter la neutralité philosophique et politique, fondement de la laïcité authentique. L'Université, à tous les degrés, a pour mission de former les jeunes Français au respect des règles sociales, au goût du travail, au sens du devoir.

Défendre la cellule familiale : il n'est pas de société libre et stable si la famille n'en assure la continuité. L'Etat a le devoir d'aider matériellement et moralement ceux et celles qui ont accepté les lourdes charges familiales. Dans l'immédiat, le criminel projet de loi en faveur de l'avortement doit être combattu et ses initiateurs — les membres du gouvernement encore en fonction — dénoncés sans faiblesse.

Garantir le droit à la vie des victimes de la crise économique : la hausse des prix et l'inflation frappent d'abord les familles modestes, les personnes âgées, les retraités, les rentiers. L'indexation automatique et rigoureuse des ressources des catégories défavorisées est une mesure de justice sociale élémentaire et urgente.

Assurer la paix et l'indépendance nationale par la fidélité à nos alliances européennes et atlantiques : la France, dans le monde actuel, est étroitement solidaire des nations libres. Face à l'impérialisme soviétique qui n'a pas renoncé à ses desseins de domination politique et idéologique, l'indépendance de notre pays est liée à celle de l'Europe et de l'Occident.

Réformer la Constitution : les institutions de la Ve République sont équivoques, à mi-chemin entre le régime présidentiel et le régime parlementaire au risque de mener le pays à des crises politiques insolubles. Le Président de la République, élu au suffrage universel, ainsi qu'un vice- président, assumerait clairement le pouvoir exécutif à la tête du gouvernement, l'équilibre étant assuré par une Assemblée nationale dotée de réelles possibilités de contrôle et élue à la représentation proportionnelle et par une Cour suprême, gardienne de la Légalité et arbitre sans appel.

 

Jean-Marie LE PEN est d'origine bretonne. Il a 45 ans et est marié à une landaise, Pierrette Lalanne. Ils ont 3 petites filles de 14, 10 et 5 ans, Marte- Caroline, Yann et Marine. Il est Pupille de la Nation. Son père, patron-pêcheur étant mort pour la France, c'est sa mère, couturière, qui l'a élevé. Il a fait ses études comme boursier au Collège St-François Xavier de Vannes et au lycée de Lorient Il est Président d'Honneur de l’Association des Etudiants en Droit de Paris et diplômé d'Etudes Supérieures de Sciences Politiques. Editeur de disques culturels, il a reçu le Grand Prix du disque.

Il a servi comme officier au 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Indochine et en Algérie. Il est titulaire de la Croix de la Valeur Militaire.

Elu le plus jeune député de France à l'âge de 27 ans en 1956, il a été réélu en 1958. Il a été rapporteur du budget de l'armée. Il est Président du Front .National. 

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