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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 19:04

Cette année, dans ma serre, la mâche a poussé toute seule. Au printemps j’avais laissé quelques pieds monter en graine et la nature a fait le reste.

J’ai ainsi repensé à la mâche de mon enfance que j’allais cueillir dans un champ près de l’Aveyron, mâche sauvage dont j’ai perdu le goût pendant des années puisqu’elle n’existait pas dans le commerce.

Grâce à des petits malins du secteur de Nantes, on est passé de la mâche sauvage à la mâche cultivée présente sur les rayons des supermarchés et donc dans mon assiette.

Avec cette mâche sauvage née en 2013, je reviens donc cinquante ans en arrière et le droit à la nostalgie ne signifiant pas le droit au regret, je pense au monde qui a tant changé. Il m’est arrivé, dans des champs d’Angeville de récupérer la dite mâche mais à présent les cultures succédant si vite aux cultures, les champs laissés en repos son rares.

 Cueillir gamin la dite mâche, c’était se payer le luxe d’un rôle social à part entière car les parents n’avaient pas le temps de se livrer à cette acticité. Le plat en était donc meilleur ! Et le rêve, jamais oublié, que des gamins pourraient très tôt avoir un rôle social authentique, me tien à cœur, mais de cette époque qui change j’en retiens surtout la stratégie qui nous infantilise tous et toujours plus.

 Oui, ils m’amusent ceux qui craignent le risque d’une mort toujours prématurée de l’enfance chez les enfants ! « Laissez-les donc vivre leur l’enfance ! » Epoque sans doute de l’insouciance ? De la croyance en ce père noël de saison ? Noël, c’était pour moi de ramener de la mâche sur la table de la cuisine !

 Les enfants ont besoin de parents comme souvent les parents ont besoin des enfants mais tous sont des personnes à part entière. La caractéristique de l’infantilisme ambiant c’est l’appel permanent à ce sauveur suprême qui va nous dispenser de la fatigue de vivre !

 Si chacun osait faire par lui-même ce qu’il a les capacités de faire, alors nous serions en révolution ! Jean-Paul Damaggio

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 14:35

Une bonne affaire pour Jean-Luc Mélenchon et José Bové, le PRG a finalement obtenu la tête de liste aux Européennes. La Dépêche ne vous dira rien du sujet mais l'article ci-dessous de Sud-Ouest est précis. Personnellement je n'ai pas douté un seul instant que J-M Baylet obtiendrait satisfaction. En homme généreux il lâche l'hypothèse d'une liste PRG à Montauban qui aurait eu des résultats minables ! Dominique Salomon aura un lot de consolation. Bel exemple du pouvoir des médias : la position de La Dépêche vaut plus que le vote de 40 000 militants ! A suivre. J-P Damaggio

 

 

Publié le 04/12/2013 à 20h11 Par Jefferson Desport, SudOuest.fr

 Élections européennes : dans le Sud-Ouest,

le PS doit céder la place aux Radicaux en tête de liste

Ce mercredi soir, le PS a confirmé le PRG en tête de liste dans le Sud-Ouest. Résultat de ce bras de fer, cette liste sera la seule à ne pas être votée par les militants socialistes

 Conscient du malaise dans les fédérations, Harlem Désir veut calmer le jeu avec les militants socialistes de la région

Entre la colère d'une poignée de fédérations et le risque de froisser durablement l'allié PRG, Harlem Désir et la direction du PS ont tranché : pas question de revenir sur l'accord passé avec les radicaux de gauche pour les élections européennes.

En clair, dans le grand Sud-Ouest, cette circonscription qui comprend l'Aquitaine, le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, les militants socialistes seront donc priés de soutenir – avec envie et détermination... – une tête de liste... PRG.

Leur premier camarade, en l'occurrence Éric Andrieu, l'actuel député européen sortant de l'Aude, devant se contenter, lui, de la deuxième position. Certes éligible mais autrement moins médiatique.

Précisément le scénario dont ne voulaient pas entendre parler la quasi totalité des premiers secrétaires fédéraux, de Mont-de-Marsan à Toulouse en passant par Montauban. Lesquels, après avoir refusé de valider, le 21 novembre, une telle configuration ont ouvertement tenté de récupérer la tête de liste et de replacer le PRG en deuxième position. En vain donc.

• Une tête de liste mystère

Résultat, voilà les fédérations frondeuses revenues pratiquement au point de départ. Pour la simple et bonne raison, que si elles vont devoir s'accommoder d'une tête de liste PRG, elles ne connaissent toujours pas le nom de la candidate que choisiront les radicaux de gauche. Une situation plus que cocasse qui avait d'ailleurs largement contribué à mettre le feu aux poudres...

Conséquence de cette situation pas banale, la liste du grand Sud-Ouest sera la seule du Parti socialiste à ne pas être votée par les militants.  Elle sera directement ratifiée par la convention nationale du parti. Ce qui permettra non seulement d'éviter un nouveau camouflet mais en plus d'être dans les temps dans la mesure où cette convention se tiendra samedi à Paris.

Un rendez-vous que la fédération des Landes a d'ores et déjà décidé de boycotter. "La première rénovation d'un parti politique, c'est de respecter le vote des militants", assène Renaud Lagrave, le premier fédéral des Landes. Tout comme lui, son homologue de Dordogne Benoit Secrestat ne fera pas le déplacement à Paris sameid : "Je ne ferai pas de chantage à la mobilisation, mais je ne m'y rendrai pas. La convention nationale va ratifier une liste qui n'aura même pas été votée par les militants. On vient juste de passer sous silence le vote de 30 000 à 40 000 militants. Ce n'est pas acceptable."

• Des concessions du PRG

Reste que, si la pilule est amère, les socialistes du Grand Sud-Ouest n'auraient pas tout perdu dans l'affaire. En effet, ils auraient obtenu du PRG qu'il renonce à présenter en tête de liste Béatrice Patrie, l'actuelle conseillère municipale de Bergerac, exclue du PS en 2012 et désormais membre des radicaux de gauche. "Oui, elle ne devrait pas être candidate, reconnaît Benoit Secrestat, mais il n'y a rien d'écrit sur ce point. Et pour moi, tant que ce ne sera pas écrit noir sur blanc, j'aurai un doute." Un doute d'autant plus légitime que, selon un cadre du PS, Jean-Michel Baylet n'apprécierait pas vraiment de ne pas avoir les coudées franches pour désigner sa tête de liste...

Par ailleurs, au chapitre des concessions, le PRG se serait aussi engagé à ne pas présenter de listes au premier tour des municipales dans certaines villes du Grand Sud-Ouest notamment dans le Tarn-et-Garonne.

Conscient du malaise dans les fédérations, Harlem Désir, le patron du PS, devrait adresser aux militants du Grand Sud-Ouest une lettre leur rappelant les termes de cet accord avec le PRG.

À noter que dans ces négociations, la fédération de Gironde a sauvé la troisième place de Laurence Harribey, l'actuelle maire de Noillan, qui précédera donc le candidat socialiste de l'Aude, Eric Andrieu. Lequel, du haut de sa deuxième place et de son statut de député européen sortant, a obtenu en lot de consolation d'être... le porte-parole de la campagne.

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 18:22

FN-Villeneuve.jpg

 Dans un article bien fait mes amis du journal  La Feuille s’étonne que le FN ait pu, à Villeneuve sur Lot, balancer la militante locale, pour permettre la promotion du petit jeune qui est venu y briller, avec fiches à l’appui de ses commanditaires, au cours de la dernière élection législative partielle. «Reste à savoir si les électeurs apprécieront cette cuisine électorale. Sans compter que le FN se prive ainsi des réseaux de Martin (la tête de liste écartée) et démontre que ses méthodes copient celle des partis qu’il critique ! Mais seul compte le résultat, pas les gens. Exit donc Martin, place au jeûnot ! »

L’article part du principe que le FN veut accéder à la gestion municipale, or tout démontre depuis qu’il a des élus, que c’est le dernier de ses soucis ! Que fait Marine Le Pen au Parlement européen ? Et les deux députés à l’Assemblée nationale ? Que font les conseillers régionaux ? Et les rares maires élus furent vite écartés ! Je ne sais s’il existe une étude sur le turn-over chez les élus FN mais mes observations locales sont claires : même un ténor comme Bernard Antony a été renvoyé dans les roses !

Où est le problème pour le FN ? Il est double :

- un élu détient un pouvoir du peuple or tout militant ne doit détenir son pouvoir que des chefs !

- la gestion, c’est peine perdue pour lui, car en fait le FN ne veut pas gérer, il veut seulement saccager.

 Le PCF a longtemps considéré que par ses élus il allait prouver que sa capacité de gestion était un laboratoire porteur d’hégémonie dans la société, car comme tous les partis de cette génération, il fallait se construire par en bas même dans un parti centralisé.

A l’ère où les médias font de la politique une marchandise, un passage à la télé vaut cent fois plus qu’un porte à porte épuisant et le FN trouve là une cohérence avec sa propre démarche.

Les municipales sont donc des élections condamnées pour lui, surtout que juste après, il y a les Européennes où par contre, le FN est destiné à briller le plus ! A Villeneuve le petit jeune Bousquet-Cassagne prépare indirectement les Européennes où il devrait être en bonne place.

 Ce que par contre le journaliste de La Feuille pointe très bien c’est que ce parti a besoin de militants faciles à manipuler et c’est en effet le cas du produit Bousquet-Cassagne que Marine Le Pen et ses amis utiliseront le temps nécessaire avant de le jeter pour le remplacer par un autre qui frappe à la porte.

 Quant au débat récurrent sur l’alliance droite-FN et qui est né dès 1983, il se produira de manière marginale mais il concerne peu l’UMP et plus le FN car pour s’unir il faut être deux et le FN est et reste… ailleurs. Je crains cependant qu’après Villeneuve sur Lot ce soit Moissac qui défraie la chronique en 2014 avec un homme issu de la droite, conseiller sortant, qui a le soutien du FN dans une ville où ce dernier faisait 21,4% au premier tour des législatives avec une candidate totalement inconnu. La candidate PRG avec soutien PS avait fait 37% (union qui nous vaut une guerre totale pour les municipales) et le candidat de droite 19 % plus 7 % du côté de la droite dissidente. Il y aura au minimum une triangulaire faisant le jeu de ce conglomérat extrémiste qui peut gagner. N’étant pas favorable à l’union sacrée contre le FN, c’est dès à présent qu’il faut chercher à isoler cette opération.

J-P Damaggio

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 18:20

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Quel plaisir que de trouver ce journal sur Gallica (même si j'aurais préféré y trouver Alger Républicain). Un journal qui rappelle la riche vie culturelle dans le pays. Un journal qui montre comment dès 20 ans Caus est sur tous les fronts. Critique musical, théâtral, littéraire.

Voici donc l'article du numéro dont la couverture est en image. JPD

 Alger Etudiant 25 janvier 1934

A propos du Salon des Orientalistes

Le soir — une. longue pièce humide, un feu véhément, deux fauteuils auprès. Une gouttière s'écoule monotone. Au mur, des Despiau, Dompon, Maillol, où le reflet des flammes suscite une vie sardonique. Dans un coin, une tête se dessine à peine sous des pansements humides qui la font douloureuse. Nous sommes dans l'atelier de Louis Bénisti. Personne ne parle : à quoi bon ?

De cet asile un peu chagrin, solitaire, sont parties des œuvres nourries dans le silence, jetées maintenant en pleine foule, dans un salon trop éclairé. C'est qu'un sculpteur n'expose pas aussi facilement qu'un peintre. On attend un Salon. On ne donne alors qu'un peu de soi au public pour qu'il ne le voie, point. Ces portraits de Bénisti, on les rencontre au détour de la foule. On sort de l'assistance, «.élégante et choisie » comme il se doit, et on arrive sur des visages humbles, un peu perdus, gênés par leur pureté. Ils sont très mal placés, pour certains très mal éclairés, et cela leur va très bien.

Trois envois seulement. C'est que Louis Bénisti est un des rares artistes jeunes qui aient compris qu'une œuvre doit être longtemps portée en soi. Son art est à ses débuts, ses conceptions sont presque mûres. Il a compris qu'on ne crée pas avec des interrogations et des inquiétudes, mais qu'une œuvre est une réponse. S'il aime à dire que son métier est celui de tout le monde, c'est qu'il échappe au facile préjugé de l'inspiration et sait qu'en art, rien de grand ne s'acquiert sans peine.

Et pour avoir appris de Maillol l'importance des volumes et des rapports architecturaux en sculpture, pour avoir subi avec émotion l'incisive sensibilité de Despiau, c'est cependant en lui qu'il a trouvé cette grande vérité qu'une œuvre se construit comme une poterie se façonne.

On peut voir, à ce Salon des Orientalistes, le portrait, reçu au Salon d'Automne, du peintre Clot. Le métier et la conscience scrupuleuse de Bénisti ont fait surgir de la glaise une figure un peu douloureuse, émouvante, mais qui nous séduit sans raffinement. Quelque chose manque à cet envoi, qu'on peut trouver dans les deux autres portraits, qui lui sont postérieurs. Ici, l'art est plus épuré, et c'est heureusement que se concilient inspiration et expression. Le premier, un portrait d'enfant, s'étonne au milieu du Salon. L'ironie des lèvres se dissimule, le menton s'amollit et l'impertinente correction du nez mène aux yeux, lointains, dont le regard ne voit point. Et tout cela se joint pour susciter la pureté de l'inexpérience, la seule véritable peut-être chez l'enfant. Mais c'est au troisième portrait qu'il faut s'arrêter. La matière, par endroits, semble se liquéfier, transparente, tandis qu'ailleurs la lumière dort en rond sur des surfaces plus denses. Un visage apparaît comme un pays avec ses plaines et ses monts, et sa nostalgie très particulière.

Ici, le pays est très doux, à peine mélancolique, et si discrètement. Sans doute est-ce là du classicisme s'il est vrai que ce dernier se définit un faisceau de vertus morales dont la première est la modestie.

D'une façon générale, cet art plaît par sa soucieuse retenue et son sérieux. Pour débuter, il n'en satisfait pas moins. Il n'est fatal, ni résigné. Et lorsqu'il sourit, c'est avec des lèvres de. chair. Il est médité dans le silence et se donne pour ce qu'il est : l'œuvre d'un homme. Ici la main achève ce que l'esprit commence. Ce sont là de suffisantes raisons pour que cet art puisse espérer compter. Une réserve cependant : quand l'atmosphère de la peinture me semble faite de silences et d'éclats de rire, une sculpture me paraît souvent une impérieuse affirmation. Et certains qui préfèrent la peinture, ont besoin de la sculpture. Jusqu'ici, et pour être émouvantes cependant, les affirmations de Louis Bénisti restent timides. Manque une œuvre forte qu'il peut et doit créer. Peut- être faut-il encore à son art ce tranchant, catégorique qui fait les grandes œuvres. Pour rendre une création définitive, il faut y apporter, et en dernier lieu, un peu de volontaire inintelligence. Au demeurant, la modestie peut être en certains cas un coupable renoncement: Elle n'est encore ici que la sympathique attente d'un homme qui aime son métier, pense son œuvre et dont l'art humble, patient et si souvent classique méritait d'être mieux connu.

Albert CAMUS.

L'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro une étude plus générale sur le Salon des Orientalistes.

 

 

Louis Bénisti (Wikipédia) Né dans une famille établie en Algérie depuis plusieurs générations, Louis Bénisti fait de 1914 à 1920 ses études secondaires au lycée d'Alger puis, de 1920 à 1928 est artisan en joaillerie1. En 1928 il abandonne la bijouterie et fréquente l'académie d'art d'Alfred Figueras, peintre catalan ami de Picasso et réfugié politique à Alger. Il s'y lie avec Jean de Maisonseul qui le présente à Albert Camus. Il devient l'un de ses intimes, à l'occasion d'une soirée organisée par Max-Pol Fouchet. En 1931 il se tourne vers la sculpture. Camus est le premier à commenter, en 1934, les œuvres qu'il expose et s'inspire de lui pour le personnage de Noël dans La Mort heureuse.

Louis Bénisti est en 1934 pensionnaire du gouvernement général de l'Algérie à la Casa Velasquez. En 1935 il devient enseignant en dessin au lycée de Maison Carrée. Il participe simultanément, réalisant des masques et des costumes, à la scénographie des spectacles du «Théâtre du Travail » puis du « Théâtre de l'Équipe » qu'anime Camus qui confiera plus tard à Maisonseul : « Je passe ma vie à voir des gens que je méprise ou qui m'ennuient, alors que je sais que je ne rencontrerai jamais personne comme Bénisti ».

En 1934 Louis Bénisti expose à la librairie-galerie algéroise Les Vraies Richesses d'Edmond Charlot et participe régulièrement au Salon d'automne à Paris. Il part en 1938 étudier à Paris dans diverses académies. De retour à Alger en 1941 il se marie en 1942. Il expose par la suite régulièrement à Alger, Oran (à la galerie « Colline » de Robert Martin) comme à Paris. À partir de 1943 il se consacre entièrement à la peinture. Il fait en 1947 la connaissance du poète Jean Sénac qui lui consacre la même année un article dans « Oran-Républicain ». En accord avec les proches de Camus, il fait ériger en 1961 à Tipasa une stèle à la mémoire de l'écrivain. Il participe en 1964 à l'exposition Peintres algériens présentée au musée des arts décoratifs de Paris.

Louis Bénisti enseigne le dessin dans des établissements scolaires de 1948 à sa retraite en 1972. Installé ensuite à Aix-en-Provence il continue de peindre, « sensible aux enfants jouant sur les marches des escaliers de l'HLM qu'il habite » et « retrouve les mêmes attitudes d'enfants et d'adolescents qu'il avait observées dans la Casbah d'Alger ». Il réalise alors des dessins et monotypes sur les thèmes de l'enfance et de la danse, recomposant à l'aide d'anciens dessins « une Casbah perdue, les femmes et les enfants des rues de sa jeunesse algéroise, au-delà de toute anecdote ».

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 12:55

http://www.montauban.com/uploads/files/agenda/jeanbon-saint-andre.pdf

Avec le lien ci-dessus vous accéderez aux manifestations montalbanaises au sujet de jeanbon saint andré. JPD

 

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 10:35

montech.jpg 

 

 

Le 23 mai 2013 une demande de permis de construire est déposée en mairie de Montech pour la construction d'une usine à Borde Basse. Le terrain n'est pas constructible mais miracle, en octobre 2013 il le devient ! C'est normal c'est pour un projet ce qu'il y a de plus beau, de plus génial et de plus moderne. Du moins c'est ce que révèle le dossier d'enquête d'utilité publique, mais sur le terrain en question personne n'a pensé à installer un beau panneau indiquant : "Ici en 2015, une magnifique usine sera installée" si bien que les riverains s'informèrent par hasard, jusqu'au moment où, la colère montant, le commissaire enquêteur décida de prolonger l'enquête d'utilité publique et d'organiser la réunion de ce jour, 2 décembre 2013. Une telle réunion n'aurait-elle pas due être en amont ? C'est ce que pense visiblement les 400 personnes présentes dans la salle dont le débat révèlera qu'elles sont allées chercher derrière les mots du dossier.

 

Informer c'est confronter les points de vue

Pourquoi, en de telles occasions, la présentation est seulement celle des défenseurs du projet et non celle des deux approches, promoteurs et opposants ? Car ainsi on a d'un côté les promoteurs "défenseurs de l'intérêt public" et de l'autre les citoyens de la salle accrochés seulement à "l'intérêt particulier" ? Pour faire pédagogique, l'usine serait en fait "une vache en béton" : elle avale des déchets, elle digère et il en sort du fertilisant local. Il y a 8000 usines de ce type en Allemagne et nous sommes seulement à 300 en France.

Pour les documents de l'enquête pourquoi sur le site de la préfecture n'y a-t-il qu'un résumé technique et non le document complet ? Bien souvent il a été fait référence à des arrêtés préfectoraux mais comment y accéder facilement sur le site de la préfecture ?

A écouter la présentation du projet comment ne pas s'extasier : 6000 tonnes de déchets de céréales transformés en énergie propre, n'est-ce pas dans l'air du temps ? 25 000 tonnes de déchets qui au total font du compost et de l'électricité, apportant en prime un peu de chaleur à moindre frais aux serres proches comment ne pas applaudir ? C'est à partir de tels arguments que les Conseils municipaux sont invités à donner un avis qui ne peut qu'être favorable.

 Les riverains ont fait entendre un autre discours qui devrait décider le commissaire enquêteur à demander un autre type d'enquête publique. A plusieurs reprises en effet, les pro Ferterris ont été amenés à dire qu'en fait une partie du document n'évoquait qu'une usine de méthanisation en général, mais pas celle de Montech. Ce qu'on appelle les tristes effets du copier coller ! Prenons un exemple : "Boues d'épuration industrielles et urbaines" a disparu du projet.

 La santé

L'ARS (agence régionale de santé) a publié un texte au sujet des risques sanitaires mais ce texte n'est pas dans le dossier. Le commissaire enquêteur reconnaît alors que même si la position est globalement favorable quelques points négatifs sont notés. Lesquels ? C'est une dame de la salle qui lira le document en question qui n'est pas anodin. Autre bel exemple d'une information qui va dans un sens mais pas dans les deux.

 Pour tout c'est pareil

L'épandage dans des terrains inondables ? Il y aura un arrêté préfectoral. Le contrôle des entrants, il y aura un contrat avec les fournisseurs qui c'est juré ne glisseront pas de mauvais déchets dans le lot… Et l'emploi créé ? C'est vrai, ça concerne 4 emplois fixes mais si de 300 on passait à 8000 voyait le réservoir d'emplois et puis il y a la maintenance, donc des emplois annexes… Bref rien n'est dit clairement.

 Le bilan thermique

C'est la question que je pose et là encore ils reconnaissent qu'ils n'ont rien mis mais ils ont les réponses. Ils fabriquent de l'électricité mais ils en utilisent et ce bilan serait de 40 à 50%, j'ai noté mais sans tout comprendre car de toute façon ce n'est pas la réponse que je souhaitais mais pointer le principe : on a une usine qui produit mais sans consommer ! Or dans l'agro-carburant, il faut voir les deux côtés de la réalité. Mais là il s'agit de traiter des déchets.

J'en ai profité pour indiquer que pas très loin il existe une vaste zone logistique qui me paraissait destinée à accueillir une telle usine même si elle est un peu éloigné des serres d'Europlant qui doivent être chauffées. Réponse : la faible puissance oblige à rester près des serres. J'avais pris l'exemple de l'usine d'incinération de Montauban qui fait passer l'eau chaude sous le Tarn pour arriver jusqu'à l'hôpital sauf que pour chauffer des serres à 15° ce n'est pas chauffer des salles à 23° ! L'adjoint au maire de Montbartier me fera ensuite rire en tentant de démontrer que les 450 hectares commencent à être sérieusement occupées en ajoutant promesses et promesses… Allez donc sur le site et découvrez que pour le moment il y a en effet la base intermarché avec "Ce projet gargantuesque de 30 000 m² vient s'ajouter aux entrepôts, déjà réalisés, de la Phase 1 de 40 000 m²." Ce qui est gargantuesque c'est le projet de 450 hectares, mais comme a ajouté l'adjoint de Montbartier, Eurocentre (zone proche de Toulouse) a mis 25 ans avant de se remplir sauf que la conjoncture n'est plus la même et qu'en périphérie de Toulouse de telle zone pullulent !

 Le montage financier

Question judicieuse en fin de réunion de la part de Valérie Rabassa : pourquoi n'y a-t-il rien sur le montage financier ? Sur ce point comme sur tous les autres, les réponses existent claires et simples et auraient donc pu figurer dans le document de l'enquête. Un tel projet peut espérer entre 10 et 25% de subventions publiques (de l'Etat et de la Région), avec un apport obligatoire de 40% des promoteurs, le reste étant emprunté aux banques. Sur 9 millions d'euros d'investissement, on peut supposer que 2 millions viendront des caisses publiques.

 Puis qui décide ?

Jacques Moignard ajoutera quelques mots pour, en trois minutes, dire tout et son contraire ! L'information des habitants, c'est justement le but de l'enquête d'utilité publique donc, comme la réunion l'a montrée, chacun a pu échanger ses arguements… et quant au fait de savoir qui va payer la nécessaire reconstruction de la route communale, il va se tourner vers l'entreprise pour l'inviter à contribuer. Donc preuve est faite que le document d'enquête d'utilité publique est incomplet car ce point devrait y être inscrit pour un débat clair, entre toutes les parties, avec un phrase de ce type : "L'entreprise s'engage à verser 50 % des frais pour aménager la route d'accès". Sauf que tout le monde sait très bien que les routes sont de la compétence des collectivités territoriales qui en font la démonstration, y compris dans les zones d'aménagement artisanales. On peut discuter, quand le projet est presque bouclé, avec des informations incomplètes puis le préfet va trancher. Avant le mois de mars ? Le commissaire enquêteur indique qu'il doit remettre le rapport avant le 15 janvier et ensuite le temps sera court mais... l'entreprise annonce le début de la construction pour mi-2014.

J-P Damaggio

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 13:25

Gallica propose beaucoup de numéros de ce "journal républicain du matin" pour la période 1912-1942. Nous y trouvons trois référence à Albert Camus. D'abord un écho rappelant l'existence de ce journal surprenant Alger-Etudiant sur lequel je reviendrai. Ensuite on découvre Camus à la tribune d'un grand meeting en 1937 contre le racisme et l'antisémitisme et pour la défense du projet "violette" qui devait donner un petit droit de vote aux indigènes mais comme le droit de vote des femmes il n'a pas pu aboutir. J'ai ajouté un article sur le même numéro du journal, où les fascistes fidèles à eux-mêmes, prônent des droits sociaux contre le droit de vote. Et enfin un article de 1941 où Camus se retrouve un moment à Alger (en 1942 il se retrouve définitivement en France) dans le cade d'une initiative de l'organisation de la collaboration "Jeune France". Comme tout document il faut le saisir dans son contexte et ne pas tirer d'enseignements trop rapides. J-P Damaggio

 

L'Echo d'Alger 27 janvier 1934

Bibliographie : ALGER-ETUDIANT

Le moins cher des magazines nord-africains

De plus en plus nombreux sont ceux qui attendent avec impatience la parution magazine à robe violette. C'est qu'en effet "Alger-Etudiant" offre chaque quinzaine, à ses lecteurs un sommaire de plus en plus intéressant et copieux. Qu'on en juge plutôt par le numéro du 25 janvier :

« Sur un grand navire ». nouvelle du célèbre romancier José Germain;

« Mirage », nouvelle d'Evenou-Norves ;

« Impressions d'Allemagne », reportage de Jacques Belleteste ;

« Conférence et interview de Léon Daudet », par Pierre Charousset

« Situation présente », par Gaston Richier, président de l'A.G.E.A. ;

« Le plus grand poète nord-africain : Marius Scalesi ». vu par l'éminent écrivain Pierre Mille.

De plus, « Alger-Etudiant » présente dans ce numéro sa nouvelle page du cinéma : images, avec la brillante critique des films de Gaston Martin et des illustrations inédites. La page « Entr'acte » groupe les chroniques du théâtre (P. Gougenheim). Des disques (Léon Reymond), du jazz hot (Henri Rossoti) et de la musique, avec une interview du célèbre guitariste Segovia. par Jean Albertini. On lira, par ailleurs, dans les pages : « L'Université et les étudiants », « Cinq dans ton oeil ». littérature, sport universitaire et, de nombreux articles signés: Al- Camus, B. Desportès, Marcel Urbani Georges Becker, H. Cordier, etc.. etc. Ce numéro, bien qu'édité sur 16 pages au lieu de 12, est vendu au prix habituel de 0 fr. 50. La période des abonnements de propagande étant expirée, le prix de l'abonnement est porté à quinze francs « Alger-Etudiant », le journal des; jeunes et de ceux qui veulent le rester, est Incontestablement le plus moderne, le plus vivant et le moins cher des magazines nord-africains.

 

L'Echo d'Alger 24 mai 1937

Un meeting Franco-musulman contre l'antisémitisme et le racisme

Plusieurs milliers d'auditeurs, parmi lesquels un grand nombre de musulmans, ont assisté au meeting organisé hier matin, dans le hall de l'automobile par la Fédération algérienne de la L.I.C.A., en présence de M. Bernard Lecache.

Après la constitution du bureau de séance composé de MM. Pinaud, président de la Fédération d'Alger ; Sadia Lévy et Kessous, d'Oran, Fauré, de Marrakech, et Melki, de Constantine, M. Pinaud, dans une courte allocution d'ouverture, plaça la réunion sous les auspices et la mémoire de ceux qui luttent pour une plus grande fraternité humaine et évoqua les grandes ombres de Jaurès et de Severine. Puis successivement MM.Escoute, au nom du comité du Rassemblement populaire ; Dalloni, président de l'Union républicaine et socialiste ; Sarramégna, au nom du parti radical-socialiste ; Chatanay, secrétaire général du parti SF.I.O. ; Ali Boukhort, au nom du parti communiste; le professeur Wuschendorff, président de l'« Union franco-musulmane » ; Scelles-Millie, président de la Jeune République ; Benhoura, au nom du comité exécutif du congrès musulman ; Albert Camus, au nom de la Maison de la culture ; Kessous, au nom du Comité oranais du congrès musulman apportèrent leur adhésion totale de la L.I.C.A.vers un idéal de fraternité humaine, hors de tout racisme. Ce sont les mêmes sentiments qu'exprima le cheikh Taïeb EI-Okbi, au nom de l'Association des Oulema, dans un discours  que traduisit M. Benhoura. La plupart des orateurs d'ailleurs donnèrent en même temps leur adhésion à la doctrine de la L.I.C.A., leur adhésion au principe du projet Viollette. Ce fut également le thème du discours de Bernard Lecache : un acte de foi dans l'action du gouvernement de Front populaire en faveur des musulmans de l'Afrique du Nord. Il résuma ensuite la doctrine de la L.I.C.A. à cet égard en donnant lecture de la motion adoptée à l'unanimité et qui constitue tout un programme d'action sociale, économique et politique en faveur des populations indigènes. Après le vote d'une motion de solidarité envers le congrès musulman qui tenait hier ses assises à Perrégaux, présentée par M. Kessous, la réunion prit fin vers midi, après une allocution de clôture.

Le P.P.F. et la politique coloniale

Auditoire restreint, hier matin, à la réunion organisée par le P.P.F. Cinq cents personnes environ. Au premier rang se trouvait M. Rozis. maire d'Alger, entouré de quelques conseillers.

M. Bayard ouvrit la séance et fut suivi à la tribune par MM. Fossati et Arrighi.

Se plaçant sur le plan politique impérial les trois orateurs prirent comme « leitmotiv » cette phrase: « on ne doit pas mourir de faim là où flotte le drapeau français » et se déclarèrent partisans d'une action sociale neuve, susceptible de donner satisfaction aux masses indigènes. Mieux vaut pour tous les indigènes le pain, la maison et l'école, affirmèrent-ils, qu'un bulletin de vote pour une minorité.

Ils demandèrent, également en chœur que des mesures soient prises rapidement pour soulager la misère des masses indigènes. Le service d'ordre organisé alentour l'Empire n'eut pas à intervenir.

 

L'Echo d'Alger 27 novembre 1941

Tradition et Jeunesse : les Invités de « Jeune France» écoutent à Tipasa, les leçons du passé.

 

Il est des lieux où l'on mûrit, dit Barrès. Ce sont ceux qui portent l'esprit, par un particulier ébranlement, vers la rêverie, la méditation, l'approfondissement de soi, de la vie, du monde. Ce sont lieux de grâce où l'âme, délivrée soudain, se donne à ce qui la requiert.

D'où vient cette grâce? D'une harmonie, d'une certaine douceur, d'un faste intime ou d'un somptueux dépouillement, et parfois même de peu : de la courbe d'une colline, d'arbres sur le ciel, de vestiges vivants, mais d'où s'élèvent de miraculeux appels des invites auxquelles ne pas répondre serait trahir le meilleur de soi.

On sait, après une longue journée sur l'Acropole d'Athènes, ce qu'elle doit au dessin de l'Hymette. Il en va de même pour Tipasa : parmi les absinthes sauvages, les ruines s'intègrent à un paysage d'un merveilleux équilibre.

On ne peut rester insensible à l'inclinaison de ses collines vers la mer, dominées par le Chenoua triangulaire tel un fronton, aux teintes de ses pierres, parmi les lentisques, aux transparences de ses criques, aux proportions de l'ensemble.

C'est bien là qu'il fallait convier des écrivains, des poètes, des musiciens, des peintres, des sculpteurs, des architectes, des artistes et des intellectuels. Nul autre endroit n'aurait été plus digne de leurs entretiens.

On ne saurait donc trop féliciter l'Association « Jeune France» d'avoir choisi Tipasa pour cadre de ces journées d'une rare qualité, d'une grande portée, d'autant qu'elle a été la première à prendre, en Algérie, l'initiative de réunir une élite indiscutable, de mettre en contact les personnes et les œuvres, de provoquer entre les plus riches de nos esprits, une amitié dont bénéficiera la vie intellectuelle de nos trois départements.

La place nous manque pour relater dans le détail ces journées qui coïncidèrent avec le séjour parmi nous de M. Roger Leenhardt, délégué général de « Jeune France. Mieux vaut d'ailleurs en dégager les enseignements. Aussi bien furent-elles d'une très noble simplicité : c'était un signe éloquent de la primauté de l'esprit que de voir M. le recteur Hardy deviser avec un jeune intellectuel musulman, ou M. Raymond Coche chaudement disputer de la condition de l'artiste. Le ton, d'ailleurs, avait été donné par M. Louis Leschi, qui accompagna de commentaires vivants et attachants une magistrale visite aux ruines.

Et ce climat d'absolue sympathie rien ne sut mieux l'exprimer que les entretiens du dimanche où, sur la question des rapports de l'artiste avec la masse, se croisèrent tant d'avis passionnés et passionnants, tous d'une chaleur, d'une tenue, d'un intérêt tels que le seul reproche fait à ces heures d'élite fut d'être trop brèves.

La soirée du samedi prouva, s'il en était besoin, la qualité des œuvres de nos musiciens et de nos écrivains. Après que Sylvain Dhomme eût proclamé, en lisant un leader d'Armand Guibert, l'excellence de la poésie et que Mylène Arden eût interprété un poème de Patrice de la Tour du Pin, président honoraire de « Jeune France », on put entendre une très belle « Sarabande» de Frank Turner, un fragment du remarquable « Trio» de Mme Marcelle Schweitzer, de subtils « Croquis de Medéa » de Léo-Louis Barbès, deux pièces de Charles Simian d'un excellent dessin mélodique.

Des lectures firent connaître des poèmes et des textes de François BonJean, de R.-J. Clot, de Jules Roy, de Gabriel Audisio, de Max-Pol Fouchet, de Jean Grenier, d'Albert Camus, d'Edmond Brua. Puis Loudolf Child conclut cette soirée par plusieurs danses d'un style remarquable.

Mais on manquerait gravement à la pensée des animateurs si l'on omettait la part faite aux intellectuels et aux artistes musulmans. C'est ainsi que des musiciens arabes interprétèrent des chansons populaires de la région d'Alger et que M. Bencheneb présenta le poète Mohammed El Aïd. "Jeune France", en effet, veut s'employer à resserrer les liens entre les cultures musulmanes et françaises. Les journées de Tipasa prouvent cette volonté. Faire tomber les barrières entre les civilisations, il n'est peut-être pas, aujourd'hui, de tâche plus souhaitable.

Il va sans dire que le but premier de cette rencontre était de grouper autour de « Jeune France» quelques-uns des meilleurs esprits d'Algérie et leur faire connaître le programme qu'elle se propose de réaliser sur la terre africaine. Le magistral exposé de M. Roger Leenhardt, plein d'aperçus, aurait suffi, à lui seul, à convier tous les hôtes de Tipasa à des taches communes.

Comment ne pas soutenir, en effet, une telle association, qui se propose de servir les artistes en s'interdisant d'amoindrir la liberté nécessaire à leur vocation et à leurs recherches ?

La « part de Marthe», pour reprendre une expression de M.-P. Fouchet, il n'en est pas de plus exaltante que des intellectuels désintéresses la revendiquent, c'est un signe de renouveau.

Servir les arts sans les asservir, telle pourrait être la devise de « Jeune France ». Après les journées de Tipasa, si admirables de plénitude spirituelle, une chose nouvelle est née sur notre sol.

 [ parmi les trois photos illustrant l'article nous avions : M. M.-P. Fouchet, directeur de la revue « Fontaine », réfléchit à l'action que « Jeune France » va entreprendre en Algérie tandis que médite M. Roger Leenhardt, délégué général de « Jeune France »]

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 12:16

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 Sur la photo : Premier plan : Brice Torrecillas puis en suivant : Agnès Spiquel en discussion avec une responsable de Confluences, Maïssa Bey, Franck Planeille, Kamel Daoud. Sur le mur une affiche où l'on voit Maurice Petit l'âme de Confluences.

 

Nous avons passé la journée en notre capitale pour suivre des rencontres sur Camus et l’Algérie, et les interventions sur les correspondances de Camus avec d’autres écrivains.

Ici nous n’évoquerons que le premier point déjà important en soi. Pour cause de diverses rencontres, nous connaissions les trois écrivains algériens invités et nous étions intéressés par les propos qu’ils pourraient tenir au sujet de Camus.

Nourredine Saadi a en fait été remplacé par le Toulousain Abdelmadjid Kaouah, exilé politique des années 90, poète et militant très connu à Toulouse parmi les amoureux de l’Algérie. Il a apporté une connaissance utile sur les rapports sur le sujet. Pour aujourd'hui je ne retiens que le clin d'œil aux liens entre Montauban et l'Espagne qui devraient rendre la ville attentive aux liens entre Camus et l'Espagne.

Maïssa Bey s’est un peu effacée devant la spécialiste à ses côtés, Agnès Spiquel.

Celui qui a été le plus direct, le plus significatif, celui qui a apporté ce que nous ne trouverons pas dans les livres, est celui dont nous attendions le moins : Kamel Daoud.

Né en 1972, il fait partie de la jeune génération dont la préoccupation n’est plus de savoir comment s’est déroulée la guerre d’Algérie avec la France, mais comment sortir de la crise actuelle où le « Livre tue les livres » ! « Pas question de chercher à sauver Camus, je cherche seulement à me sauver moi-même et donc mon pays d’aujourd’hui ».

Kamel Daoud a écrit un roman à partir de L’Etranger et en toute chose, il dit clairement la réalité. Il avait écrit une chronique comme il le fait tous les jours dans son Quotidien d’Oran et son éditeur l’invita à pousser le bouchon plus loin. D’où son roman qui part du constat que dans L’Etranger, l’indigène n’est nommé que par ce seul nom : L’Arabe. Et il n’en fait pas un point de fixation sur les rapports entre France et Algérie. Il fait plutôt le rapport avec Robinson Crusoë où Robinson n’est pas capable de nommer le Noir à son service qu’il désigne du nom de Vendredi. Son roman n’est pas une gifle infligée à Camus, bien au contraire. Kamel demande de rapatrier les cendres de Camus à Alger ! Une boutade ? Les consciences ont besoin de telles boutades pour avancer !

Je pense que rares sont ceux qui l’ont cru quand il révéla qu’un journaliste du Monde lui avoua : « Tu peux dénoncer Bouteflika plus que je ne peux dénoncer Sarkozy, dans mon journal ! »

Car l’Algérie est ainsi faite qu’après 1988 est née une presse libre, avec des journalistes de talent qui se battent : « Face aux abus de pouvoir, il faut dénoncer les abus d’obéissance ». Kamel n’a pas besoin de chercher à plaire ou à déplaire.

J’ai moi-même découvert cette presse phénoménale dès 1989 car Algérie Actualité arrivait alors dans un kiosque à Montauban. Et je suis heureux qu’un journaliste parmi d’autres ait pu évoluer et en arriver à dire la possible Algérie démocratique de demain. Il a été islamiste et pour se libérer de la dictature du Livre, il rappelle comment, au nom de Dieu, Camus est envoyé encore au cimetière, car le monde ne peut pas être absurde comme le dit Sisyphe, car l’individu ne peut pas être autonome comme dans la philosophie de Camus.

Sur bien des points je peux me trouver en désaccord avec Kamel Daoud mais invité à Montauban à parler de Camus, j’ai aimé sa façon de sortir de l’exégète pour rester accroché à la vie d’aujourd’hui. Bien sûr, inutile de croire que ce journaliste n’en a rien à faire de l’histoire, du passé, mais à condition de pouvoir se battre aujourd’hui, face aux adversaires d’aujourd’hui, pour sortir de la merde d’aujourd’hui.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.

Pour terminer la soirée nous avons eu une lecture magistrale de Maurice Petit : L’Hôte une des six nouvelles de L’exil et le Royaume (publié en 1957) et, avec les propos de Daoud dans les oreilles, le texte de Camus prend une autre dimension. La solitude de l’instit dans le désert algérien, « héros » de la pièce, qui ne nomme jamais autrement que l’Arabe, l’homme qu’il a en face de lui, sera finalement victime d’une injustice en marche, preuve que parfois la logique ne fait pas l’histoire.

Maïssa Bey expliquera, qu’en fait, cette dénomination n’est rien d’autre que le reflet d’une époque que Camus veut rendre, et Agnès Spiquel ajoute qu'il laissait à ses amis, les écrivains algériens, le devoir d’écrire l’histoire avec l’autre point de vue. C’est bien gentil mais dans le cas de l’Hôte, l’instit plutôt attentif à son seul compagnon aurait pu lui demander son nom, même si, à l’époque l’Arabe, est si invisible qu’on l’appelle seulement l’Arabe. J-P Damaggio

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 21:07

Nous reviendrons sur la question évoquée ici par Kamel Daoud, chroniqueur du Quotidien d'Oran qui fait là une proposition surprise. JP Damaggio

 

Kamel Daoud

Rapatrier un jour les cendres de Camus ?

Faudra-t-il un jour rapatrier les cendres d'Albert Camus ? Pour le moment, il est dit qu'il n'est pas algérien. Pourtant né en Algérie. Avec des livres éclairés par les paysages algériens, la terre d'ici, la lumière, le sel aussi et surtout. La raison est, dit-on, son choix de ne pas prendre les armes, c'est à dire de ne pas être du bon côté. Car, pour le moment, l'histoire algérienne est réduite à la mesure de l'histoire du FLN. «Avant» ou «pendant» il n'y avait rien ou que de la traitrise et de la tiédeur. Le verdict frappe de nullité la grandeur d'Albert Camus ou l'engagement profond et indépassable de Messali Hadj. Et cette histoire d'une guerre et d'un combat est dure, stricte, tranchée par la mort et la vie et ne permet pas encore de voir au-delà. Mais viendra un jour où, pour continuer à vivre, ce pays cherchera la vie plus loin, plus haut, plus profond que sa guerre. On devra alors proclamer nôtres les anciennes histoires, toutes nos histoires et s'enrichir en nous appropriant Camus aussi, l'histoire de Rome, de la chrétienté de l'Espagne, des «Arabes» et des autres qui sont venus, ont vu ou sont restés. La langue française est un patrimoine, comme les architectures des colons, leurs traces et leurs actes, crimes ou marais asséchés, génocides et places publiques. Et cela vaut pour les autres : notre empire prendra de la géographie quand il prendra la vastitude de l'histoire. Et nous seront grands et fiers lorsque nous nous approprierons tout notre passé, nous accepterons nos blessures qui nous ont été faites et ce qu'il en naquit parfois comme terribles fleurs de sel ou de pierres. Un jour donc, cela cessera, et on pensera à rapatrier les cendres de Camus car il est notre richesse d'abord, avant les autres. Il a en lui la trace de nos pas et nous avons nos traces dans ses errances et ses voyages même s'il nous tourne le dos comme on le dit. Même s'il le nie ou le fuit. C'est ainsi. L'Algérie est aussi les enfants qui l'on renié. Et on s'apaisera alors. Car il est triste de voir qu'on n'arrive pas à fêter la naissance de cet homme ni ici où il est né ni là-bas où il est mort. Il est coincé dans le terrible territoire du premier sans-papier. Illustre déchiré. Enfant indésirable et désiré. Un homme qui a posé la question au monde et dont on réduit la réponse à un extrait de naissance. Triste histoire d'un mythe. Misère des deux bords qui repoussent ou se déchirent cet enfant du mauvais couple. Quand il est mort, Ibn Rochd (Averroès pour les Autres) a été enterré au Maroc, mais c'est à Cordoue qu'on a rapatrié ses cendres. Ibn Rochd était-il «arabe» ? Espagnol ? Andalou et homme de sa quête ? Ses cendres enrichiront sa nouvelle terre mieux que sa vie n'éclaira les nôtres.

Un jour, on l'espère, Camus nous reviendra. Et Saint-Augustin, et les autres, tous les autres, toutes nos histoires, nos pierres, architectures, mausolées et croyances, vignes et palmiers, oliviers surtout. Et nous sortirons tellement vivants d'accepter nos morts et notre terre nous sera réconciliée et nous vivrons plus longtemps que le FLN et la France et la guerre et les histoires des couples. C'est une question essentielle : celui qui accepte son passé est maitre de son avenir. Les cendres de Camus nous sont essentielles malgré ce que l'on dit. Il est le lieu de la guérison car le lieu du malaise, lui comme ce pan de l'histoire qui est nous, malgré nous. Ses cendres sont notre feu. C'est ici son royaume, malgré son exil. Cet homme obsède si fort et encore que son étrange phrase pour l'étranger vaut pour lui plus que pour son personnage : hier Camus est mort, ou peut-être aujourd'hui. On ne sait plus. On doit pourtant savoir et cesser. Kamel Daoud

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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 21:06

Nous avons reproduit un article du journal de droite au sujet de la plaque de Castelsarrasin. Il aurait été injuste de ne pas reproduire la présentation faite par le journal socialiste. Et si nous oublions quelqu’un on peut toujours nous le dire, nous rectifierons.

Il était bon de rappeler que dans la circonscription, au second tour des dernières législatives, le FN a fait 42% des voix, car la tendance à l’oublier est manifeste. Il nous parait plus audacieux d’invoquer « l’invention du possible » mais chacun jugera, comme toujours. JPD

 

Le Réveil du Tarn et Garonne

LES TEMPS ONT CHANGE...ET LES HOMMES?

Il n'y avait pas beaucoup de public, vendredi dernier à Castelsarrasin lors de la cérémonie du souvenir à laquelle participait François Lamy, ministre délégué chargé de la Ville, entouré de quelques élus et représentants de l'Etat, parents de la victime, journalistes. Pourtant l'heure était au devoir de mémoire, à l'évocation de ce jour où le jeune Habib Grimzi, en vacances en France agressé par trois hommes et poignardé, avait été jeté par la fenêtre d'un train en marche. Une plaque a été apposée sur le mur de la gare afin de sensibiliser les citoyens, d'appeler à la solidarité et à la paix .

Autant que la folie des ces hommes, l'indifférence des passagers témoins du drame a été dénoncée par le ministre.

La crise économique actuelle et le désespoir de beaucoup de Français favorise-t-elle l'émergence d'une crise plus grande, celle de la solidarité et du repli sur soi, et jusqu'où ?

Le racisme que ce soit à l'école, dans la rue, les médias... ou dans les plus hautes sphères du pouvoir appelle les réponses systématiques de la loi. L'outrage à la ministre de la Justice, Christiane Taubira dont la vie témoigne d'un engagement sans faille pour la défense des droits fondamentaux est inacceptable.

Là où la bêtise et l'ignorance sont bien souvent â l'œuvre, le ressentiment s'est ajouté. Ce qui donne beaucoup d'aisance à la démagogie FN qui garnit son nid. 42 % dans la 2ème circonscription aux dernières élections législatives, c'était inquiétant... et aujourd'hui ?

Pour autant, il est probable que nombre des citoyens qui prennent cette direction ont, ancrée en eux, une âme de Juste, de ceux qui, pendant la guerre, ont sauvé au péril de leur vie les Juifs traqués et les résistants, dépassant les préjugés et la peur. Le cœur de l'homme ne se referme pas si vite, pour ceux qui en ont un.

45% des Justes étaient agriculteurs, a t-il été rappelé lors d'une récente émission du dimanche matin sur France Culture, "Divers aspects de la pensée contemporaine". La commission du devoir de mémoire de la G.L.F. analysait la situation.

"90 % des juifs Français ont échappé à la Shoah (1) en partie grâce à l’aide de la population (n'oublions pas à Montauban l'action Me Théas et de Melle Gineste). Avec Jean Zay ministre de l'Education, des ressorts avaient été trouvés pour favoriser ces aides ; un monde de la débrouille et de l'illégalité s'était levé. Grâce à la loi qui imposait d'accueillir les enfants français et étrangers dans les écoles jusqu'à 14 ans, des milliers ont pu sauvés.

Ceci dit, le racisme existe, pur et dur, on en a chaque jour les images sous les yeux. Il ne faut pas toujours chercher à le justifier ou à l'excuser, crise économique ou pas.

Le pain et les jeux ne suffisent plus ; durant les années Sarkozy, la France s'est affaiblie, endettée aussi, le rattrapage est délicat dabs un contexte très difficile. L'invention du possible est plus que jamais d'actualité pour que les milliers de personnes licenciées qui viennent grossir des rangs déjà trop fournis de chômeurs gardent leur dignité et leur courage. Les Copé et autres lieutenants ont beau jeu de donner des leçons.

Restons donc dans l'espérance et la confiance dont Georges Bernanos disait "la haute forme de l'espérance est le désespoir surmonté" (2)... Si cela peut se faire sans briser le voisin, qu'il soit noir, marron c'est encore mieux. Marie-Paule Redon

 83 000 victimes en France, surtout étrangers

Cité lors du festival de Confluences

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