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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 09:29

Valse du hérissonLa valse du hérisson

 

Par un hasard de la vie, Démocrite fut invité à tenir chronique quotidienne sur un journal courant 2007. Il a rassemblé les textes en question, publiés par les Editions La Brochure sous le titre d’une des chroniques, celle que nous vous offrons. La Valse du hérisson, 164 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-13-7

 

 

Et voilà, c’est reparti, sur nos routes empoussiérées, se dodelinent ces petites bêtes non pas à poils ni à plumes mais à piquants que l’on nomme communément hérissons. Mâles ou femelles, petits ou grands, ces grands pourfendeurs de couleuvres, insectes et autres viscosités rampantes ont le chic et le choc pour surgir du bas-côté sous nos roues crantées.

Immanquablement le résultat ressemble à une bouillie informe d’où émerge de ci de là, un museau, une patte figée dans la mort motorisée. Je n’ai pas de tendresse particulière pour ces animaux, si ce n’est que je tente de les respecter pour leur contribution à Dame Nature et que je regrette profondément que leurs pas menus les portent systématiquement sur nos départementales asphaltées à leurs risques et périls. Le péril est bien souvent le lot de ces charmantes bestioles. Par ailleurs, je ne résiste pas au plaisir d’un audacieux parallèle entre cette existence vouée à la recherche d’insectes et à la nôtre tout aussi périlleuse quand à la somme des dangers qui nous guettent sans cesse : guerres, maladies, accidents, tromperies et autres inventions dont l’Homme a le secret. Nous passons tellement de temps à vouloir traverser la vie avec nos aveugles passions que nous avons parfois du mal à voir le transport qui nous écrasera au mitant du parcours. Notre besoin affiché de battre sans cesse des records de vitesse, de richesse, de pouvoir nous fait oublier le sens même d’une vie trop souvent ternie par les vicissitudes du quotidien.

Pareil au hérisson qui s’empresse de traverser sans se soucier du monstre métallisé qui se présente au loin, nous avons une propension extraordinaire à courir après notre perte sans jamais prendre le temps de regarder à droite, à gauche avant de nous engager. Le hérisson signe une fois sur deux sa perte ! Puissions-nous ne pas faire de même et nous préserver de toute illusion quand il s’agit de traverser le gué ! Puissions-nous montrer autre chose que nos piquants pour exister !

J’ai ramassé le cadavre du hérisson mort devant mon portail, et pour ne pas laisser au bord de la route ceux qui n’osent franchir le pas, je vous invite à construire un monde où personne ne sera écrasé, écarté, oublié en chemin. 

Cet hérisson a cessé de vivre et n’a pu se défendre malgré ses piquants et ses pattes étaient mues d’une dernière pulsion à son agonie. Gageons que les hommes et les femmes que nous côtoyons chaque jour se choisiront enfin un autre destin et qu’ils refuseront l’inéluctable pour ne pas être un jour… au bord d’une route !

Les violons jouaient un air joyeux de Johann Strauss, une valse, je crois ! Et nous nous souvenons de cette autre guerre…

Le 5 mai 2007

 

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 14:49

Maxime Vivas : Chroniques littéraires et impertinentes sur radio Mon païs, Editions La Brochure, 122 pages, 10 euros, ISBN 2917154199. Voici une de ses chroniques :

 

Georges Coulonges nous a quittés.

 

Georges Coulonges est décédé jeudi 12 avril 2003 chez lui, dans le Lot à 80 ans. Ce fils d’un cheminot et d’une enseignante était autodidacte en raison de la guerre (il voulait être instit, il fut résistant). Bourré d’humour, il racontait ses rapports avec la religion et avec le sport en deux boutades : adolescent je me suis séparé de Dieu. "En bons termes" ! « C’est en découvrant le vélo que j’ai compris que je suis fait pour pratiquer l'effort assis ».

Il a écrit des chansons pour Patachou (la Musique), Tino Rossi, Nana Mouskouri, Luis Mariano, Gloria Lasso, Annie Cordy, Juliette Gréco (la Fête aux copains), Isabelle Audret et Francesca Solleville. Avec Francis Lemarque, il écrit Paris populi (enregistrée par Serge Reggiani). Il a eu comme interprète Michel Delpech, Marcel Amont, Serge Lama, Michel Legrand, Jacques Martin, Mireille Mathieu, Nicoletta, Sacha Distel, Bourvil et surtout, Jean Ferrat.

Au début des années 60, à 38 ans, Georges Coulonges écrit son premier roman, le Général et son train, refusé par tous les éditeurs de Paris. Pourtant deux ans plus tard, le manuscrit est accepté par Calmann-Lévy. Coulonges découvre, que lors de sa première présentation, le manuscrit n'avait pas été lu ! Son livre reçoit le Grand Prix de l'Académie de l'Humour des mains de Jules Romains. Deux ans plus tard, il publie "La Lune Papa", récompensé par le Prix Alphonse Allais. Une quinzaine suivront. Georges Coulonges avait rencontré un lectorat nombreux et fidèle. Il a écrit aussi des livres pour enfants et des pièces de théâtre. «Tout ce que Coulonges écrit est savoureux. Cela a du rythme. Il y a du soleil dans son style » disait Jean-Louis Barrault. Pour la télévision, il a notamment écrit au début des années 80 : Pause-Café, avec Véronique Jamot, qui pulvérisera les records d’audience (17 millions de téléspectateurs) et parviendra même à battre Dallas.

A Montauban et à Cahors, deux groupes scolaires portent le nom de ce défenseur opiniâtre de la laïcité. Ecoutons-le, pour bien le comprendre, répondre à un journaliste :

Question : « Vos héros sont toujours de petites gens ?

Réponse : J’ai horreur de ce terme. Mes héros sont des instituteurs, des médecins, des cheminots, des agriculteurs, une assistante sociale, des imprimeurs. Je vois là des gens qui, tous les jours, accomplissent leur tâche et élèvent leurs enfants. Ce n’est pas une petite chose et ce ne sont pas des petites gens. Il suffit de monter quelque peu dans l’échelle sociale pour constater qu’être en haut ne signifie pas être grand.

Question : On ne parle pas de vous dans les grands hebdomadaires. On ne vous voit pas sur les télés nationales. Pourquoi ?

Réponse : J’ai connu le succès dans les domaines de la télé, de la chanson, genres réputés mineurs pour ceux qui se targuent de représenter la Littérature française. Je ne vais jamais dans les réceptions, j’habite dans le Lot et j’ai aggravé mon cas en écrivant deux romans sur la Terre : aux yeux de la gent « parisianiste », à coup sûr, je suis un bouseux.

Question : Vous n’êtes même jamais passé chez Pivot.

Réponse : Pivot n’a jamais lu un seul de mes livres. S’il les avait lus, il m’aurait invité. »

***

Il se trouve que j’ai rencontré pour la première fois Georges Coulonges à Paris dans ma jeunesse. Je l’avais invité à une remise de cartes de la section syndicale CGT du centre de tri de Paris Brune dont j’étais alors secrétaire. Il était venu, il nous avait fait rire. Quand mon premier roman est sorti (dont le titre était «Paris Brune», justement), je le lui ai envoyé et il m’a aussitôt écrit un mot en retour. Ensuite, nous nous sommes revus et il me reparlait de ce centre de tri et de mon livre. Il avait tenu à être un des premiers signataires de la pétition que j’avais lancé pour une ouverture d’un vrai salon du livre à Toulouse sous l’égide du Centre Régional des Lettres. Il m’avait invité à passer le voir chez lui en me parlant de sa piscine où nous nous serions baignés ensemble. Je n’ai pas osé y aller, craignant d’apparaître comme un courtisan à la recherche d’un bienfait du maître. Je m’en veux aujourd’hui.

 

Allez, écoutons un chant d’amour qu’il a écrit pour les hommes du peuple : « Potemkine », une chanson qui fut interdite à la radio et à la télévision.           16 juin 2003

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 14:45

En guise de présentation de nos éditions, un mot :

Une halte

 

 

Lire un livre c’est une halte dans la vie.

Avec les Editions La Brochure elle se veut particulière.

H pour Histoire

A pour Actualité

L pour Littérature

TE pour Témoignages.

 

Quatre collections pour un même projet :

-          des éditions sous forme de brochures comme en 1900

(donc à bas prix).

- des présences sur les lieux de l’action sociale.

- des débats organisés.

 

Les Editions La Brochure sont structurées à partir d’une association loi 1901. Leur seul moyen de diffusion : le bouche à oreille. Une lettre trimestrielle d’informations sera envoyée gratuitement à ceux qui en font la demande.

Renseignements :

Jean-Paul Damaggio, Editions La Brochure

82210 Angeville Tel : 05 63 95 95 30

jean-paul.damaggio@wanadoo.fr

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 21:18
Après 16 mois d'existence, 16 participations à des rencontre publiques, et 16 publications diverses, les Editions La Brochure construisent leur propre blog pour faire connaître leur catalogue. Editions La Brochure 82210 Angeville Tel 05 63 95 95 30
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