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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:44

Dessin d'Uruguay à propos d'Olympe de Gouges.

Dans la 7ème nuit des "Nuits révolutionnaires" de Restif de la Bretonne :

"Le Journal des Français, ou le Régénérateur". (c'est lui qui l'écrit)

"[...] Le 2 janvier (1790), on a donné la seconde représentation de L'Esclavage des Nègres, de Mme de Gouges. C'est moins une pièce qu'un spectacle. D'ailleurs, tout y est décousu : l'intrigue invraisemblable et sans intérêt. Qu'importe à l'affaire actuelle, de la liberté des Nègres, qu'un esclave se soit échappé, après avoir tué l'intendant ? C'est un crime digne de mort, et Mme de Gouges n'a pas senti qu'elle ôtait par là tout l'intérêt. L'intendant a voulu violer une jeune Noire, et il veut la faire fouetter par l'amant de sa couleur, qu'elle lui préfère : le Nègre le tue. Voilà le fond de l'action ; la situation c'est que le héros s'est sauvé dans une île déserte, avec sa maîtresse. Il faut que l'auteur sache que ce peut être la base d'une nouvelle, que ce peut être une histoire, mais non un sujet dramatique. Il faut bien autre chose ! Aussi, que d'épisodes, que d'aventures ! Deux ou trois expositions, une dans chaque acte ; point d'unité d'action ; entrées et sorties non motivées ; scènes de récits, où il faudrait agir : des troupes, des marches... Pauvres moyens ! qu'on peut cependant passer à une femme, qui manquant de sensibilité, donne, à tout moment, le mot pour la chose. Oui, l'auteur est cent fois plus excusable que les hommes stériles, qui emploient ces petits moyens. Voltaire est presque le seul qui n'en ait pas abusé".

(texte repéré par René Merle)

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:36

Grisolles : Pour le colloque et l’expo Paschal Grousset


ci-contre un dessin de l'expo Grousset
 

Robert Stevenson, Jules Verne, Paschal Grousset, Vazquez Montalban, un enchaînement qui a de quoi surprendre sauf pour ceux qui savent que tous mes chemins littéraires me conduisent à Vazquez Montalban qui se promit très tôt d’écrire l’histoire de deux hommes qui feraient le tour du monde.

Le Tour du Monde en 80 jours de Jules Verne a hanté la jeunesse de tant d’enfants que Jules Verne est passé à la postérité. Dans son ombre, nous trouvons Paschal Grousset qui passa longtemps pour un « nègre » de la vedette, lui qui s’est tant battu pour l’égalité ! L’élève ayant égalé le maître, il ne fut pas seulement le collaborateur de l’auteur de l’île mystérieuse, mais son égal en bien des points. Et tout tourne autour d’une autre île, celle de Stevenson que Grousset découvrit en Angleterre en tant que proscrit de la Commune et dont il fut le traducteur.

De l’île mystérieuse à l’île au trésor (ou inversement), nous sommes face à plusieurs énigmes.

Le colloque si riche qui s’est tenu à Grisolles a peut-être apporté quelques réponses mais il faudra attendre la publication des actes pour en être sûr.

Pour le moment notons seulement ce que pense Biscuter le compagnon de Pepe Carvalho en route pour un tour du monde final au cours de l’étape marquante en Thaïlande :

« Vingt ans durant, Ko Samui avait été un point de repère pour Biscuter, une fenêtre que Carvalho lui avait ouverte sur le paradis… »

Vingt ans durant, c’est une référence au premier voyage de Carvalho à Ko Samui. Pourquoi un paradis ? « Carvalho lui accorda que presque tous les lieux mythiques sont des îles. »

Pour Vazquez Montalban grand défenseur de la laïcité, le seul paradis possible était sur une île qu’il trouva souvent et de l’île mystérieuse à l’île au trésor peut-on revenir à Paschal Grousset ?

Il est né sur une île, la Corse, et il a pu renaître en s’évadant d’une île, pour arriver en exil sur une île qui n’était pas celle de son trésor mais qui l’obligea à chercher quelques trésors d’intelligence pour survivre.

Jusqu’à quel point des îles nous hantent ? Jusqu’à l’Atlantide ? Atlantis est une héroïne dans un roman d’André Laurie ai-je appris au colloque…

Peut-être qu’une île ça se mérite ?

Vous pouvez trouver deux romans réédités de Paschal Grousset à cette adresse :

http://www.desbarbares.fr/index.php?lng=fr

 

Une expo à la médiathèque de Grisolles

 

Pour continuer la rencontre avec Paschal Grousset la médiathèque de Grisolles tient à votre disposition pour quelques jours encore, une belle exposition qui démontrent que Xavier Noël et André Braut sont des collectionneurs de longue date de tout ce qui touche à leur écrivain de référence. En entrant on a la sensation de se retrouver dans l’univers qui fut celui de Léon Cladel avec des caricatures de Gil ou d’André Le Petit (et même une page de son journal que je ne connaissais pas : Le sans-culotte) et avec deux une de ce journal mythique que fut La Marseillaise où Cladel a tenu chronique. Histoire spectaculaire que celle de Rochefort dont Xavier Noêl nous précisa que s’il fut l’ami de Paschal Grousset, mais qu’il en fut aussi l’ennemi ensuite, et là aussi même parcours que pour Cladel.

De nombreux ouvrages reliés de main de maître confirment s’il le fallait l’ancrage de Grousset dans le monde des gens de lettre. Un document local pour rappeler dans quelles circonstances le nom de Paschal Grousset a été donné à une rue de Grisolles.

 

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 14:13

Grousset la bio


Alain Braut dans un article de La Dépêche présentnat le colloque
 

Alain Braut et Xavier Noël furent les deux premiers intervenants à nous présenter les grands traits de la vie de Paschal Grousset qui, à un moment, ajouta le h à son prénom.

Pour les liens locaux avec Grisolles Alain Braut évoqua les années de jeunesse du futur journaliste, écrivain, homme politique…

Je retiens ici seulement quelques éléments (voir les données de Marcel Maurières reprises sur ce site : ) et tout d’abord son lien avec la Corse. Son père professeur de collège se trouve en poste à Corte quand il croise sa mère puis, peu après la naissance de Paschal, avant ses deux ans, la famille s’installe pour longtemps dans la ville natale du père à Grisolles.

Malgré ce passage rapide sur l’île, tout indique que Paschal Grousset y resta attaché (l’ajout du h serait peut-être un clin d’œil à la langue corse). Quand, juste après l’amnistie de communard il tente pour la première fois d’être élu député il se présente à Corte et, fait encore plus étrange, c’est là que son cousin Jacques Hebrard est élu en 1894 (à moins qu’il n’ait été l’époux d’une Corse comme j’ai cru le noter ?).

Ce qui nous conduit à évoquer l’autre cousin, Adrien Hebrard qui, en tant que directeur du quotidien Le Temps, aidera beaucoup Paschal Grousset. Ce dernier s’appuiera sur ses liens avec un autre Tarn-et-Garonnais que je connais pas : l’abbé de Manas. Ce dernier était l’intermédiaire de confiance entre Grousset et son éditeur Hetzel or quand on connaît l’anti-cléricalisme de Grousset ce lien est d’autant plus étonnant.

D’autres personnages locaux joueront un rôle dans la vie de Grousset mais après sa « montée » à Paris difficile de dire s’il est souvent revenu à Grisolles.

L’homme aura plusieurs vies : journaliste opposé à Bonaparte, communard, proscrit, exilé à Londres, défenseur de l’éducation physique, puis homme politique en tant que député qui restera socialiste indépendant même après la création du Parti socialiste en 1905.

 

La publication d’une biographie monumentale (350 pages) dont Xavier Noël est l’auteur devrait nous éclairer sur toutes ces questions. La sortie est programmée pour décembre 2009 aux Editions Les Impressions Nouvelles 84 avenue Albert 1190 Bruxelles.

 http://www.lesimpressionsnouvelles.com

Une souscription est lancée à l’adresse de Xavier Noël 4 rue des Perrières 44118 La Chevrolière.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:59

« En soulevant la lourde pierre d’oubli, quelque chose d’inclassable a germé au moment de la commémoration [de 1851], comme si on se mettait à penser que tout a changé depuis, mais que ça continue... Comme si, pendant quelques instants, on retrouvait dans sa pureté un élan initial dont, de génération en génération, les péripéties historiques ont miné la Vertu. »

René MERLE

http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=568

 

 

Sur le rendez-vous de 2001, à propos de 1851

 

Je souhaite reprendre au point de sa conclusion, les réflexions que René Merle a souhaité écrire, suite à l’action autour de la commémoration du coup d’Etat de 1851, suscitée par l’association 1851-2001, devenue depuis « 1851 ».

En 2001, la gauche était au pouvoir et le souvenir de 1981 était nettement plus proche que celui de 1851. Aujourd’hui, Sarkozy est au pouvoir et le souvenir de 1851 semble devenir plus proche que l’éphémère page de 1981 tournée depuis longtemps.

Quand René écrit : « comme si on se mettait à penser que tout a changé depuis, mais que ça continue… » comment ne pas s’interroger sur les habits napoléoniens juste ou injustes avec lesquels, même la presse étrangère, habille aujourd’hui notre président ? Et si le travail (historique et commémoratif) autour de 1851, même limité, avait poussé vers cette prise de conscience ? Mais sous la répétition, un élan initial ?

 

La répétition d’abord

René Merle revient tout d’abord sur cette question du drapeau, typique des références qui vont et viennent à travers l’histoire (jusqu’aux révolutions « orange ») et qui en 2001 ne le laissèrent pas indemne. Puis il entre dans le récit de l’expérience associative.

Il me semble important de noter que la commémoration organisée fut préparée bien avant l’événement et je pense que cet effort d’anticipation a été la clef de l’élan populaire des rencontres organisées. Dans cet effort, au même titre que les autres fondateurs de l’association René a eu sa part. Au cours d’un passage chez lui, (en décembre 1996, il me semble), j’eus le plaisir de découvrir un manuscrit presque achevé Gentil n’a qu’un œil, publié seulement en 2003 aux Editions de la Courtine, qui constitue un des axes de cette anticipation.

Le héros du roman, Rambaud, entreprend un voyage à l’automne 1850 dans un Sud-Est où René Merle voyage depuis tant d’années et bien sûr plus particulièrement pour la commémoration de 1851. Les deux chemins sont totalement différents par leur but, leur effet, leur construction. Ils nous interrogent cependant sur « la répétition dans l’histoire » et je n’y suis peut-être sensible que parce que je tente d’étudier cette question en ce moment.

«J’ai été baptisé une troisième fois ce 19 septembre 1850… ». Le hasard a fait que Rambaud revient à la vie en trois occasions. Il s’agit là d’une répétition de fond mais il en est des tas d’autres plus ordinaires : comme le plaisir de revenir voir le paysage de son enfance.

La répétition pour aller directement au cœur du sujet nous la trouvons ici : « Il y a eu la révolution religieuse avec la Réforme, la révolution politique avec la Grande république, il fallait maintenant la révolution sociale… ».

 

Face à la répétition, Rambaud ayant été instituteur se souvient « qu’il apportait un savoir à des enfants dont le destin était tracé ». Pendant des décennies, le fils de paysan devenait fils de paysan, comme le fils de noble devenait fils de noble, et il s’agissait là d’une répétition du même, alors que le capitalisme en 1851 (et de manière plus achevée en 2001) commençait à imposer la répétition du changement ! L’ère de la machine à vapeur allait changer le fils de paysan en fonctionnaire ou en ouvrier, et de l’exploitation féodale on allait passer à l’exploitation capitaliste.

 

Suis-je loin de 1851 et sa commémoration ? Non si on se souvient que Marx se servit de cette époque 1848-1851 (république, montagnard, coup d’état, Napoléon) pour indiquer que l’histoire se répète de tragédie en comédie, la tragédie c’est la révolution qui accomplit la tâche de son époque, la comédie c’est la révolution qui singe la précédente faute de pouvoir réaliser celle de son temps. En histoire, la répétition n’est donc pas une mécanique, une roue qui tourne, c’est la relation entre la révolution objective (celle dictée par l’évolution de l’heure) et la révolution subjective (celle que les hommes réalisent en lien avec le possible). Or cette répétition sous forme de comédie, est-ce seulement peine perdue ? Ne peut-elle porter un nouvel élan, un germe de futur ? La chape de l’oubli n’est-elle pas justement une petite preuve qu’il fallait ensevelir cet élan initial ? René Merle fait référence au début à une de mes constatations : contrairement à ce qu’on apprenait dans l’école de la république, les républiques ne s’engendrent pas les unes, les autres, leurs victoires devenant inévitables, suivant un sens immanquablement progressiste de la trajectoire humaine. L’histoire de France étant autant l’histoire des républiques que celle des coups d’Etat,  toute la question est de savoir comment on passe de l’une à l’autre pour déterminer aujourd’hui la nature de la révolution possible en notre temps.

 

L’élan perdu aussi

L’élan de la Seconde république qui s’acheva en cette double face (le coup d’Etat et la riposte populaire) je l’ai doublement perçu dans les traces de l’événement et dans les réactions qu’il suscite même si elles restent faibles. Encore en 2008, invité deux fois à parler du tournant de 1851, à Moissac et à Bourret, une ville et un village (compte-rendu sur le site des Editions La Brochure), j’ai vérifié très exactement ce qu’explique René Merle : une fois l’oubli levé, les questions d’hier deviennent les questions d’aujourd’hui mais faut-il encore que le simple citoyen puisse être présent. En effet, la publication en 2009, du témoignage de Victor Hugo sur un proscrit de Moissac n’a fait l’objet d’aucune présentation dans la presse locale et a donc du mal à croiser le questionnement populaire.

De quel élan s’agit-il ? Celui que le Rambaud du Gentil n’a qu’un œil cherche à rencontrer. Elan démocratique, élan culturel, élan social. Au cœur d’une société d’indépendants économiques (petits artisans, petits paysans, médecins etc.) de personnes plus ou moins mobiles, la soif de la liberté s’abreuve à la source de l’émancipation humaine. La forme prise par cet élan ne ressurgira pas avec la même force avec la Troisième République car socialement ces forces indépendantes verront leur place diminuée. L’histoire des engagements politiques des médecins serait éclairante. Ou autre exemple : pour les ouvriers de Mazamet, encore en 1851, république et révolte sociale ne font qu’un, mais quarante ans plus tard, quand ils découvriront que la République est confisquée par leurs patrons protestants, ils deviendront conservateurs en politique tout en restant en pointe sur le terrain du combat social.

Cet élan est encore plus marquant quant au rapport entre culture populaire et culture savante : sous la Seconde République la culture peut aller de l’une à l’autre, mais sous la Troisième République la culture savante se placera nettement au-dessus de la culture populaire rangée dans les vestiges du passé. Or aujourd’hui, cette question comme tant d’autres revient au premier plan : unir combat social et politique, unir cultures et peuples.

De tout ceci, et ce n’est pas du pessimisme, j’ai acquis la conviction que les vaincus (le Rambaud du roman de Merle) restent les vaincus, une autre répétition de l’histoire qui ne signifie pas que les vaincus ne font pas, eux aussi l’histoire, simplement il suffit d’assumer sa fonction : assurer le passage du témoin entre générations écrasées, pour aller vers une idée neuve du bonheur, une idée capable de s’appuyer sur des vertus consistantes. Je défends par exemple la dignité de la soupe contre les tenants de l’expression « aller à la soupe », expression qui ne peut faire le bonheur des arrivistes qui vont plutôt à Canossa.

Le récit de l’expérience faite par René Merle nous renvoie à son roman comme le roman nous renvoie au présent. Il ne suffira pas d’analyser le cas de Sarkoléon pour que vive sous une forme actuelle l’idéal perdu car, pour tout dire, je pense même qu’habiller Sarkozy en Napoléon c’est lui faciliter la tâche !

09-03-2009 Jean-Paul Damaggio

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:57

« La vie de collège » une série d’André Laurie

 

Seule oratrice parmi les dix intervenants du colloque de Grisolles, Laurence Sudret a su jongler avec les diverses « vies de collège » écrites par André Laurie (pseudo de Grousset), afin de faire percevoir l’originalité de cette aventure littéraire. N’ayant pas sa science (je renvoie à son site) j’essaie de reprendre mes maigres notes pour survoler son intervention et je crains de ne pas être à la hauteur. Il faut dire que, troisième intervenante, mon attention donnait quelques signes de fatigue.

Le premier point qui me paraît capital c’est l’usage que Grousset fait de son exil londonien. Il s’investit tellement dans la vie locale que même après son amnistie il reviendra en Angleterre pour régler quelques affaires. Comment a-t-il acquis sa maîtrise de l’anglais, jusqu’à le faire devenir traducteur ? Sans nul doute, sa scolarité lui servit mais les langues vivantes n’occupaient pas la première place. L’homme semble doué d’une grande volonté d’adaptation.

Toujours est-il, à écouter Laurence Sudret j’ai acquis l’idée que sa confrontation approfondie entre civilisation française et civilisation anglaise allait devenir la matrice de sa vie intellectuelle.

Il prend contact avec l'éditeur Hetzel, par lettre en date du 26 octobre 1875, il lui écrit : "J'ai eu l'occasion de voir de près le système scolaire et de le comparer au nôtre". Il lui propose un manuscrit dont le titre est : "la métamorphose de Laurent Grivaud, Scènes de la vie de collège en Angleterre". Ce livre, publié dès 1880 sous le nom de André Laurie, est le premier d'une série de 14 "Vie de collèges"et exercera une influence considérable auprès de l'opinion publique de notre pays en lui faisant découvrir brusquement un système d'éducation différent. Traduit en 5 langues ce travail s’inscrit dans une démarche sociale chère à Pachal Grousset et que Laurence Sudret ne cessera de démontrer à travers une confrontation d’ensemble des diverses vies.

Celle qui est la plus auto-biographique n’est pas la vie au collège dans un département français, qu’il m’est arrivé de lire à la BM de Montauban, mais la vie au collège à Paris, autre moment clef dans les expériences du jeune Grousset.

Deuxième point : mettre en scène des enfants dans des romans était assez fréquent à l’époque mais des enfants saisis à l’école c’est l’originalité de l’écrivain. L’intrigue est souvent riche mais, en réponse à une question, l’intervenante reconnaît que les émotions amoureuses, si difficiles à dépeindre, apparaissent seulement dans le cadre de l’amour filial. L’enfant à l’école devient l’enfant libéré par le savoir, l’enfant grandi par la connaissance, l’enfant sortant de son monde pour rencontrer l’univers. Idée classique à l’époque de l’école libératrice mais la confrontation entre les divers systèmes démontre que toutes les émancipations ne suivent pas le même fil. Il y a l’exemple typique de la place du sport dans l’éducation, simplement effleurée par l’intervenante car traitée part d’autres invités au colloque, très antérieure à la France dans l’école anglaise. Débat qui nous conduirait à réfléchir à l’histoire de l’hygiène suivant les pays.

Troisième point : changer le monde, une obsession qui court dans la vie de l’écrivain, et qui transparaît dans les vies au collège, pas seulement, pour cet anti-clérical, par les valeurs positives associées à l’école, mais aussi par la confrontation avec les expériences historiques et géographiques. Le cas de la Grèce par exemple joue un rôle important ce qui ne veut pas dire qu’il faut substituer l’enseignement des langues vivantes aux langues mortes, ou l’enseignement pratique à l’enseignement théorique, mais qu’il faut savoir articuler les deux. L’effondrement de la société chinoise perçu à son époque viendrait d’un système éducatif trop tourné vers un savoir abscons.

Au fil du voyage proposé par Laurence Sudret on a la sensation de découvrir les problèmes actuels de l’école comme si les sociétés étaient sur ce point confrontées aux mêmes dilemmes. Sur le plan social, pédagogique, littéraire, scientifique, André Laurie mérite d’être lu encore aujourd’hui même si des thèmes ont vieilli. C’est du moins la sensation que m’a laissée une intervention qu’il sera important de retrouver sur papier dans les actes du colloque.

12-03-2009 Jean-Paul Damaggio

 

 

http://pagesperso-orange.fr/Laurence.Sudret/Presentation.html

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:54

Grousset communard

 

 

Au cours du colloque de Grisolles, il est revenu à Michel Cordillot de nous présenter la facette « communard » de Paschal Grousset. Avec cet historien, j’ai un modeste point commun : il est présent lui aussi sur le site « 1851 » car, pour le cas de l’Yonne, il lui arriva d’étudier les révoltes populaires contre le Coup d’Etat de Décembre 1851 (1). D’ailleurs cet événement revient dans la bouche de l’orateur quand il présente les débuts de la Commune, le 18 mars 1871, comme une sensation populaire de retour de décembre 1851, avec l’armée désireuse de s’emparer des armes pour prendre le contrôle de la ville.

Comment Grousset est devenu communard ? Il mentionne plusieurs années charnières : 1861 quand le jeune provincial découvre au Lycée Charlemagne à Paris qu’il est plutôt méprisé ; 1868 quand son travail de journaliste le place en première ligne, et enfin au début 1871 quand, par patriotisme, républicanisme et souci de défendre la cause sociale, il se démarque d’une nouvelle république jugée timorée.

Grousset cultive en permanence sa différence, il se démarque de tous les partis et de tous les clans, ce qui explique peut-être en retour son manque de notoriété aujourd’hui. A force de cultiver l’isolement, il est resté en dehors des grands courants. Aux législatives de 1906, il préféra rester un candidat socialiste indépendant plutôt que d’adhérer au tout nouveau Parti socialiste.

Cette originalité s’appuie sur trois traits du personnage : une référence à ses origines corses par sa mère (un Corse contre les Bonapartistes !), une façon de jouer le dandy et pendant la Commune une radicalité extrême surtout verbale.

Michel Cordillot n’hésite pas à pointer son aveuglement : « Il vit dans un monde irréel sans voir le changement du rapport de forces ». Il oppose peut-être trop schématiquement la ville et la campagne. Ceci étant, il se lance à corps perdu dans l’action politique après son élection à la Commune qui en fait l’équivalent d’un ministre des affaires étrangères.

Cependant, à partir du 22 mai, il disparaît, il se cache et il est arrêté après la Semaine Sanglante, le 2 juin 1871, découvert dans un placard à habits. Condamné à la Nouvelle-Calédonie, il s’en évade, moment spectaculaire, après cet autre moment spectaculaire d’avant la Commune, lié à l’assassinat de Victor Noir (le témoin de Grousset) par le cousin de l’Empereur, Pierre Napoléon ce qui lui vaudra quelques mois de prison et un procès où il fera preuve d’audace.

Ce passage par la Commune de Paris, constitue pour Michel Cordillot le ciment qui crée l’unité d’un personnage aux multiples facettes. Par la suite il défendra les mêmes idéaux par le journalisme, la littérature, l’action en faveur de l’éducation physique et l’intervention à la chambre des députés.

Xavier Noël avait mentionné un autre élément de cette fidélité à la Commune : par solidarité, il décida de démissionner de la Société des Gens de Lettres quand il apprit, alors qu’il était en exil à Londres, que Raouza en était exclu. Razoua était un natif de Beaumont de Lomagne qui, Communard lui aussi, avait réussi à fuir en Suisse, son histoire étant évoquée sur ce site grâce à son ami Léon Cladel.

12-03-2009 Jean-Paul Damaggio

(1) Christophe Voilliot, « Michel Cordillot [dir.], Le Coup d’État du 2 décembre 1851 dans l’Yonne. Résistance et répression. Actes du colloque du 17 novembre 2001 organisé par ADIAMOS-89, Auxerre, Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 2002, 177 p. », Revue d'histoire du XIXe siècle, 28 | 2004, [En ligne], mis en ligne le 21 juin 2005. URL : http://rh19.revues.org/index633.html. Consulté le 11 avril 2009.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:53

 

Plaidoyer d’Olympe de Gouges, rédigé avant sa comparution devant le Tribunal révolutionnaire.

TRIBUNAL redoutable, devant lequel frémit le crime et l’innocence même, j’invoque ta rigueur,si je suis coupable ; mais écoute la vérité :

L’ignorance et la mauvaise foi sont enfin parvenues à me traduire devant toi : je ne cherchais pas cet éclat. Contente d’avoir servi; dans l’obscurité, la cause du peuple, j’attendais avec modestie et fierté une couronne distinguée que la postérité seule peut donner, à juste titre, à ceux qui ont bien mérité de la patrie. Pour obtenir cette couronne éclatante, il me fallait sans doute être en butte à la plus noire des persécutions ; il fallait encore plus : il me fallait combattre la calomnie, l’envie, et triompher de l’ingratitude. Une conscience pure et imperturbable, voilà mon défenseur.

Pâlissez ,vils délateurs ; votre règne passe comme celui des Tyrans. Apôtres de l’anarchie et des massacres, je vous ai dénoncés depuis longtemps à l’humanité : voilà ce que vous n’avez pu me pardonner.

Vieux esclaves des préjugés de l’ancien régime, valets gagés de la cour, républicains de quatre jours, il vous sied bien d’inculper une femme née avec un grand caractère et une âme vraiment républicaine ; vous me forcez à tirer vanité de ces avantages, dons précieux de la nature, de ma vie privée et de mes travaux patriotiques.

 

Les taches que vous avez imprimées à la nation française ne peuvent être lavées que par votre sang que la loi fera bientôt couler sur l’échafaud. En me précipitant dans les cachots, vous avez prétendu vous défaire d’une surveillante, nuisible à vos complots. Frémissez, Tyrans modernes ! ma voix se fera entendre du fond de mon sépulcre. Mon audace vous met à pis faire ; c’est avec le courage et les armes de la probité que je vous demande compte de la tyrannie que vous exercez sur les vrais soutiens de la patrie.

 

Et vous, Magistrats qui allez me juger apprenez à me connaître ! Ennemie de l’intrigue, loin des systèmes, des partis qui ont divisé la France au milieu du choc des passions, je me suis frayé une route nouvelle ; je n’ai vu que d’après mes yeux ; je n’ai servi mon pays que d’après mon âme ; j’ai bravé les sots, j’ai frondé les méchants et j’ai sacrifié ma fortune entière à là révolution.

 

Quel est le mobile qui a dirigé les hommes qui m’ont impliquée dans une affaire criminelle ? La haine et l’imposture.

 

Robespierre m’a toujours paru un ambitieux, sans génie, sans âme. Je l’ai vu toujours prêt a sacrifier la nation entière pour parvenir à la dictature ; je n’ai pu supporter cette ambition folle et sanguinaire, et je l’ai poursuivi comme j’ai poursuivi les tyrans. La haine de ce lâche ennemi s’est cachée longtemps sous la cendre, et depuis, lui et ses adhérents attendaient avec avidité le moment favorable de me sacrifier à sa vengeance.

 

Les Français, sans doute, n’ont pas oublié ce que j’ai fait de grand et d’utile pour la patrie ; j’ai vu depuis longtemps le péril imminent qui la menace, et j’ai voulu par un nouvel effort la servir. Le projet des trois urnes développé dans un placard, m’a paru le seul moyen de la sauver, et ce projet est le prétexte de ma détention.

 

Les lois républicaines nous promettaient qu’aucune autorité illégale ne frapperait les citoyens ; cependant un acte arbitraire, tel que les inquisiteurs, même de l’ancien régime, auraient rougi d’exercer sur les productions de l’esprit humain, vient de me ravir ma liberté, au milieu d’un peuple libre.

 

À l’art 7 de la Constitution, la liberté des opinions et de la presse n’est-elle pas consacrée comme le plus précieux patrimoine de l’homme ? Ces droits, ce patrimoine, la Constitution même, ne seraient-ils que des phrases vagues, et ne présenteraient-ils que des sens illusoires ? hélas ! j’en fais la triste expérience ; républicains, écoutez-moi jusqu’au bout, avec attention.

 

Depuis un mois, je suis aux fers ; j’étais déjà jugée, avant d’être envoyée au Tribunal révolutionnaire par le sanhédrin de Robespierre, qui avait décidé que dans huit jours je serais guillotinée. Mon innocence, mon énergie, et l’atrocité de ma détention ont fait faire sans doute à ce conciliabule de sang, de nouvelles réflexions ; il a senti qu’il n’était pas aisé d’inculper un être tel que moi, et qu’il lui serait difficile de se laver d’un semblable attentat ; il a trouvé plus naturel de me faire passer pour folle. Folle ou raisonnable, je n’ai jamais cessé de faire le bien de mon pays ; vous n’effacerez jamais ce bien et malgré vous, votre tyrannie même le transmettra en caractères ineffaçables chez les peuples les plus reculés ; mais ce sont vos actes arbitraires et vos cyniques atrocités qu’il faut dénoncer à humanité et à la postérité. Votre modification à mon arrêt de mort me produira un jour un sujet de drame bien intéressant ; mais je continue de te poursuivre caverne infernale ; où les furies vomissent à grands flots le poison de la discorde que ces énergumènes vont semer dans toute la république, et produire la dissolution entière de la France, si les vrais républicains ne se rallient pas autour de la statue de la liberté. Rome aux fers n’eût qu’un Néron, et la Francs libre en a cent.

 

Citoyens, ouvrez les yeux, il est temps, et ne perdez pas de vue ce qui suit :

 

J’apporte moi-même mon placard chez l’afficheur de la commune qui en demanda la lecture ; sa femme, que je comparais dans ce moment à la servante de Molière, souriait et faisait des signes d’approbation pendant le cours de cette lecture ; il est bon, dit-elle, je l’afficherai demain matin.

 

Quelle fut ma surprise le lendemain  ? je ne vis pas mon affiche ; je fus chez cette femme lui demander le motif de ce contretemps. Son ton et sa réponse grotesques m’étonnèrent bien davantage : elle me dit que je l’avais trompée, et que mon affiche gazouillait bien différemment hier qu’elle ne gazouille aujourd’hui.

 

C’est ainsi, me disais-je, que les méchants, parviennent à corrompre le jugement sain de la nature ; mais, ne désirant que le bien de mon pays, je me portai à dire à cette femme que je ferais un autodafé de mon affiche, si quelque personne capable d’en juger, lui eût dit qu’elle pouvait nuire a la chose publique. Cet évènement m’ayant fait faire quelques réflexions sur la circonstance heureuse qui paraissait ramener les départements m’empêcha de publier cette affiche. Je la fis passer au comité de salut public, et je lui demandai son avis, que j’attendais sa réponse pour en disposer.

 

Deux jours après je me vis arrêtée et traînée à la mairie, où je trouvais le sage, le républicain, l’impassible magistrat Marino. Toutes ces rares qualités, vertus indispensables de l’homme en place, disparurent à mon aspect. Je ne vis plus qu’un lion rugissant, un tigre déchaîné, un forcené sur lequel un raisonnement philosophique n’avait fait qu’irriter les passions ; après voir attendu 3 heures en public son arrêt, il dit en inquisiteur à ses sbires : conduisez madame au secret, et que personne au monde ne puisse lui parler.

 

La veille de mon arrestation j’avais fait une chute, je m’étais blessée à la jambe gauche ; j’avais la fièvre et mon indignation ne contribua pas peu à me rendre la plus infortunée des victimes. Je fus renfermée dams une mansarde de 6 pieds de long, sur 4 de large, où se trouvait placé un lit ; un gendarme qui me quittait pas d’une minute jour et suit, indécence dont la bastille et les cachots de l’inquisition n’offrent point d’exemples. Ces excès sont une preuve que l’esprit public est tout à fait dégénéré et que les Français touchent au moment de leur fin cruelle, si la Convention n’expulse pas ces hommes qui renversent les décrets et paralysent entièrement la loi.

 

Je n’ai cependant qu’à me louer de l’honnêteté et du respect des Gendarmes ; j’ajouterai même que ma douloureuse situation leur arracha plus d’une fois des larmes. La fièvre que j’avais toutes les nuits, un amas qui se formait dans ma jambe, tout appelait vers moi, quand même j’aurais été criminelle, les secours bienfaisants de la sainte humanité. Ah ! Français, je ne peux me rappeler ce traitement sans verser des larmes. Vous aurez de la peine à croire que des hommes, des magistrats ,soi-disant populaires, aient poussé la férocité jusqu’à me refuser pendant sept jours de faire appeler un médecin et de me faire apporter du linge. Vingt fois la même chemise que j’avais trempée de mes sueurs se resécha sur mon corps. Une cuisinière du maire de Paris, touchée de mon état, vint m’apporter une de ses chemises Son bienfait fut découvert et j’appris que cette pauvre fille avait reçu les reproches les plus amers de son humanité.

 

Quelques honnêtes administrateurs furent si indignés de ce traitement qu’ils déterminèrent l’époque de mes interrogatoires Il est aisé de reconnaître dans ces incroyables interrogatoires la mauvaise foi et la partialité du juge qui m’interrogeait : « Vous n’aimez pas les Jacobins, me dit-il, et ils n’ont pas le droit de vous aimer non plus ! ». « J’aime, Monsieur, lui répondis-je avec la fierté de l’innocence, les bons citoyens qui composent cette société mais je n’en aime pas les intrigants. »

 

Il fallait, je le savais d’avance, flatter ces tigres, qui ne méritent pas de porter le nom d’hommes, pour être absous ; mais celui qui n’a rien à se reprocher, n’a rien à craindre. Je les défiais ; ils me menacèrent du tribunal révolutionnaire. C’est là où je vous attends, leur dis-je. Il fallut mettre les scellés sur mes papiers. Le neuvième jour, je fus conduite chez moi par cinq Commissaires. Chaque papier qui tombait entre leurs mains était de nouvelles preuves de mon patriotisme et de mon amour pour la plus belle de toutes les causes. Ces Commissaires, mal prévenus d’abord, et surpris de trouver tout à ma décharge, n’eurent point le courage d’apposer les scellés ; ils ne purent s’empêcher de convenir, dans leur procès-verbal, que tous mes papiers manuscrits et imprimés ne respiraient que patriotisme et républicanisme. Il fallait me délivrer.

 

C’est ici que mes juges s’embarrassent ; revenir sur leurs pas, réparer une grande injustice en me priant d’oublier cet odieux traitement, un tel procédé n’est pas fait pour des âmes abjectes ; ils trouvèrent plus agréable de me transférer à l’abbaye, où je suis depuis trois semaines, placée dans une de ces chambres où l’on voit le sang des victimes du 2 septembre imprimé sur les murs. Quel spectacle douloureux pour ma sensibilité ; en vain je détourne mes yeux, mon âme est déchirée ; je péris à chaque minute du jour sans terminer ma déplorable vie.

 

Ce récit fidèle, bien au-dessous du traitement odieux que j’ai reçu, va fixer le Tribunal révolutionnaire sur ma cause, et mettre fin à mes tourments. Quelle sera sa surprise, et celle de la masse entière des Français, quand ils apprendront, malheureusement trop tard, que mon projet des Trois Urnes pouvait sauver la France du joug honteux dont elle est menacée ; quand enfin, par une de ces grandes mesures que la providence inspire aux belles âmes, je réveillais l’honneur de la nation, et je la forçais à se lever toute entière pour détruire les rebelles et repousser l’étranger. Cette affiche et mon mémoire qui ne peut se placarder par l’étendue de la matière vont, par le moyen de la distribution à la main, éclairer le public ; oui, mes concitoyens, ce comble d’indignité va servir mon pays. A ce prix, je ne me plains plus : et je rends grâce à la malveillance de m’avoir fourni encore cette occasion.

 

Et toi, mon fils, de qui j’ignore la destinée, viens en vrai Républicain te joindre à une mère qui t’honore, frémis du traitement inique qu’on lui fait éprouver ; crains que mes ennemis ne fassent rejaillir sur toi les effets de leurs calomnies. On voit dans le journal de l’Observateur de l’Europe, où l’Écho de la liberté, à la feuille du 3 août, une lettre d’un dénonciateur gagé, datée de Tours, qui dit : « Nous avons ici le fils d’Olympe de Gouges pour général. C’est un ancien serviteur du château de Versailles ». Il est facile de démentir un mensonge aussi grossier ; mais les machinateurs ne cherchent pas à prouver ; il leur suffit seulement de jeter de la défaveur sur la réputation d’un bon militaire. Si tu n’es pas tombé sous les coups de l’ennemi, si le sort te conserve pour essuyer mes larmes, abandonne ton rang à ceux qui n’ont d’autre talent que le calcul, que de déplacer-les hommes utiles à la chose publique ; viens en vrai Républicain demander la loi du Talion conte les persécuteurs de ta mère.

Signé : OLIMPE DE GOUGES

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:51

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

Préambule

Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation, demandent d’être constituées en assemblée nationale. Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du pouvoir des hommes pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la constitution, des bonnes moeurs, et au bonheur de tous. En conséquence, le sexe supérieur en beauté comme en courage, dans les souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être suprême, les Droits suivants de la Femme et de la Citoyenne.

Article I

La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article II

Le but de toute association politique est la imprescriptible de la Femme et de l’Homme : ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et surtout la résistance à l’oppression.

Article III

Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation, qui n’est que la réunion de la Femme et de l’Homme : nul corps, nul individu, ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article IV

La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l’exercice des droits naturels de la femme n’a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l’homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les lois de la nature et de la raison.

Article V

Les lois de la nature et de la raison défendent toutes actions nuisibles à la société : tout ce qui n’est pas défendu pas ces lois, sages et divines, ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elles n’ordonnent pas.

Article VI

La Loi doit être l’expression de la volonté générale ; toutes les Citoyennes et Citoyens doivent concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation ; elle doit être la même pour tous : toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.

Article VII

Nulle femme n’est exceptée ; elle est accusée, arrêtée, et détenue dans les cas déterminés par la Loi. Les femmes obéissent comme les hommes à cette Loi rigoureuse.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit et légalement appliquée aux femmes.

Article IX

Toute femme étant déclarée coupable ; toute rigueur est exercée par la Loi.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions mêmes fondamentales, la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ; pourvu que ses manifestations ne troublent pas l’ordre public établi par la Loi.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d’un enfant qui vous appartient, sans qu’un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

Article XII

La garantie des droits de la femme et de la Citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de celles à qui elle est confiée.

Article XIII

Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, les contributions de la femme et de l’homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles ; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l’industrie.

Article XIV

Les Citoyennes et Citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique. Les Citoyennes ne peuvent y adhérer que par l’admission d’un partage égal, non seulement dans la fortune, mais encore dans l’administration publique, et de déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée de l’impôts.

Article XV

La masse des femmes, coalisée pour la contribution à celle des hommes, a le droit de demander compte, à tout agent public, de son administration.

Article XVI

Toute société, dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de constitution ; la constitution est nulle, si la majorité des individus qui composent la Nation, n’a pas coopéré à sa rédaction.

Article XVII

Les propriétés sont à tous les sexes réunis ou séparés ; elles ont pour chacun un droit lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

Postambule

Femme, réveille-toi ; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l’univers ; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l’usurpation. L’homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. O femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d’être aveugles ? Quels sont les avantages que vous recueillis dans la révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n’avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste t-il donc ? La conviction des injustices de l’homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets de la nature ; qu’auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces de Cana ? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale, longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n’est plus de saison, ne vous répètent : femmes, qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ? Tout, auriez vous à répondre. S’ils s’obstinent, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l’énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l’Être Suprême. Quelles que soient les barrières que l’on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous n’avez qu’à le vouloir. Passons maintenant à l’effroyable tableau de ce que vous avez été dans la société ; et puisqu’il est question, en ce moment, d’une éducation nationale, voyons si nos sages Législateurs penseront sainement sur l’éducation des femmes.

Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse leur a rendu ; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion ; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat ; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:50

Pour clore ma vie d’instit en 2006, il m’arriva d’écrire un livre où chaque année était consacrée à la présentation par un dialogue entre Luis l’actuel et Louis l’ancien, d’un enseignant qui marqua agréablement ma vie. A chaque fois je les ai fait précéder de mots d’enfants. Je vais en donner quelques-unes puisque la vie vient de m’inciter à revenir sur le sujet. Celle-ci mêle à la fois l’année 1968 et l’année 2005. J-P D.

 

 Le remplaçant entre en classe et demande :

— Comment fait-on pour les tickets de cantine ?

— Maintenant, c’est le maître qui nous demande ce qu’il doit faire ! s’exclame une petite fille.

— C’est normal, il est en classe en classe, répond son voisin. (comprenne qui pourra).

(enfant de 7 ans, Monbéqui)

 

1968

 

« A la rentrée de 1968, par hasard, Louis se retrouve à l’Ecole Normale. Par hasard car, quand son prof de français de Seconde lui apprit qu’il l’avait vu sur la liste des reçus à l’écrit, il lui déclara : « Ne me dites pas que c’est vous qui avez tenté le concours de l’E.N. et qui êtes sur la liste des reçus ? ». C’était lui et, ayant passé avec succès l’oral, il fut sur la liste des futurs instits. »

 

Comme en classe de Quatrième, quand on lui demanda de choisir son orientation, Louis préféra l’hypothèse basse. Il peut, soit passer en Première (ses résultats le lui permettaient), soit redoubler la Seconde. Il opte pour une nouvelle Seconde. Voilà comment, à refaire le même programme de maths, avec un autre professeur plus brouillon que le précédent, car trop emporté par l’enthousiasme, il mesure mieux la rigueur pédagogique de Monsieur Lachaud. Mais laissons les maths pour le prof d’histoire.

 

Comme pour le CEG se transformant en CES, ou le lycée se transformant en collège, l’Ecole normale vivait alors un carrefour de son histoire. Avec l’arrivée de la mixité. Avec le départ à la retraite de toute une série de profs historiques dans la maison, avec ensuite la création de la deuxième année de formation professionnelle.

Le prof d’histoire était un des historiques marquant de Montauban qui avait comme surnom affectueux « Le Toine » (à l’Ecole Normale tous les profs avaient un surnom). Il transforme, chez Louis, sa passion pour l’histoire, en passion pour l’écriture de l’histoire. Ce prof, assis tranquillement à sa place, met les élèves devant des DOCUMENTS (reproduits ou réels). Ainsi, le savoir historique cesse d’être un discours pour devenir une recherche vivante. Comme Monsieur Lachaud, Monsieur Ombret a non seulement la passion de sa discipline mais aussi celle de la faire vivre à l’école primaire. Avec les Archives départementales, il lance (une fois à la retraite) une série de reproduction de documents d’histoire locale publiée modestement avec une ronéo. L’approche locale peut conduire au localisme ou à l’émiettement mais pas avec le Toine qui construit sa toile globale comme un monde généreux. C’est vrai, ce monde s’arrête aux limites de la France puisque tel est le programme. Monsieur Ombret fort d’une vision politique et humaine de l’histoire cherche le nom des gloires locales pour donner de la chair à l’histoire nationale. Son équilibre entre toutes les données des problèmes était parfait, une perfection qui s’explique, à la fois par sa grande connaissance de sa discipline, et par le souci pédagogique qui l’animait en permanence y compris devant les enfants.

 

« L’envoi des recueils de documents d’histoire locale dans les écoles a cessé depuis longtemps. Or avec les moyens modernes de production d’écrits, ils pourraient devenir plus agréables à la lecture. Pourquoi cette lecture fondamentale a disparu malgré le maintien du service éducatif ? L’histoire a besoin de documents pour exister et nous les croiserons autrement.»

 

De cette année d’E.N., Louis garde donc un vague souvenir de cet événement important : sa première entrée aux Archives départementales de Montauban. Il a la vision de la salle dans la tête mais impossible de retrouver un seul élément de l’activité. S’agissait-il de documents sur la Révolution française ? Pourquoi faire de ce jour-là un jour marquant ? On ne sait pas exactement comment on apprend et ce qu’on retient. Par quels chemins passent nos pensées ? Simplement, à un moment, un élément de l’apprentissage concentre tant de phénomènes qu’il devient inoubliable.

 

« Louis ne reviendra dans les Archives que dix ans après, avec, entre les mains, le travail de Monsieur Ombret présentant des documents sur le coup d’Etat de 1851, un travail qui ne l’a jamais quitté. De fil en aiguille, il a travaillé à l’histoire locale et moins locale. Pour le service éducatif qui existe toujours il a eu l’occasion de le fréquenter avec des élèves en 2005. Ce qui lui donne l’occasion d’un portrait d’enfant, un petit garçon noir avait quelques compétences en matière d’humour. En partant, il ne cacha pas sa mauvaise humeur : « aller voir des papiers de vieux, beurk, c’est nul ». « Reste à l’école dans une autre classe » lui dit Louis ; mais, à tout prendre, il y avait au moins la promenade à pied. Puis, au cours de la visite, dans une allée de livres, il avoua à un copain : « t’as vu, c’est incroyable, moi si je pouvais rester là, je passerais la journée à lire ». En repartant, de tous, il était le plus heureux de cette visite racontée dans le numéro 4 du journal de classe, Le Buissonnier. Voici ce texte tout comme celui qu’il rédigea dans le numéro 1 pour raconter le voyage qu’il venait de faire en Afrique. Son père l’avait enlevé à sa mère pour l’amener en France sans pouvoir ensuite en assurer l’éducation. Placé dans une famille d’accueil, et très fort en matière de rugby, il arrivait de ce premier retour dans sa famille maternelle, au moment où Louis entrait dans sa vie.

 

Visite aux archives départementales du Tarn-et-Garonne

Pour aller aux Archives situées au Cours Foucault à Montauban, on a marché. On a traversé le Pont vieux, le pont le plus ancien de Montauban. Ça fait trop haut ! Puis on a été accueilli par une dame. De la cassette vidéo visionnée au sujet du travail aux Archives, il fallait retenir quatre verbes importants : collecter, classer, restaurer, communiquer. Vingt-cinq personnes font fonctionner les archives. On a vu le document le plus ancien qui remonte à 9 siècles, un original écrit en latin. Il est fait en parchemin c’est-à-dire avec de la peau d’animaux : chèvres ou moutons.

 

On a visité toutes les pièces et même où c’est interdit au public. Le premier groupe est parti, ensuite nous, on est rentré dans la salle interdite, mais bon, c’était exceptionnel, et le monsieur nous a dit que les rangées des livres mises bout à bout, ça faisait 12 kilomètres, peu par rapport à celles des Archives nationales à Paris qui font 200 kilomètres.

Ensuite on a fait deux choses différentes : voir l’atelier de photographie, la dame nous a expliqué comment la machine marche avec une bobine pour faire des micro-films.

Puis, au deuxième étage, une autre dame nous a expliqué comment elle restaurait des livres. Ils ont dit qu’il ne faut pas scootcher alors j’ai demandé pourquoi. Le monsieur a répondu : « Parce que ça abîme le livre pour toujours ».

Avec la dame, un monsieur travaillait à la numérisation avec un ordinateur et un scanner : des photographies mises sur un CD-Rom pour ceux qui veulent les photocopier ou consulter sur Internet. Dans les allées, le monsieur nous a montré plein de cartes, au moins 200 à 300 cartes, dans un seul livre. Ça m’a vraiment étonné ce grand livre de cartes. C’était un peu comme un atlas. La dame a montré une ancienne collection de La Dépêche.

 

On est redescendu et nous avons consulté des livres très vieux avec un questionnaire au sujet du livre : nom de l’auteur, la date, et autres renseignements le concernant (sa côte écrite sur le côté pour le classer). L’exercice c’était de dire ce que les livres donnent comme renseignements. Il y avait surtout des registres de l’Etat civil qui donnent les actes de naissance. Parmi les vieilles écritures il y en avait de belles. Beaucoup de gens utilisent ces registres pour la généalogie.

Les Archives départementales, j’ai trouvé que c’était super. C’était trop bien. Moi, je me suis vraiment ennuyé mais sinon j’ai appris beaucoup de choses. Tandis que moi, je trouve que c’était très intéressant, en plus c’était super bien organisé. La visite guidée était utile car on a vu plusieurs ateliers et beaucoup de livres : en tout 12 kilomètres. Pour moi, j’ai adoré cette journée, c’était trop cool. On a appris beaucoup de choses.

Nous ne sommes pas repartis sans rien. A la fin, on a nous a donné des marque - pages, une feuille d’explication pour relier des livres avec des échantillons de pages et le sceau en plâtre de la République. On a appris qu’on pouvait venir faire des recherches dans une salle de lecture.  Extraits des textes des enfants de la classe.

 

Mon histoire en Afrique.

 

J’ai pris l’avion à Toulouse-Blagnac pour aller à Paris. De là, je suis parti jusqu’à Djamena et à Djamena, direction Bangui parce que j’étais parti pour voir ma maman à Bangui. Dans le quartier de Bangui, j’habite à Fatima. La première fois que je suis descendu de l’avion, à Bangui, j’ai commencé à transpirer parce que, comme à Toulouse il faisait froid, et comme j’avais porté des habits exprès pour l’hiver, j’étais trop couvert. En plus, mon père m’avait mis des choses dans mes poches, alors à chaque fois, mon pantalon me lâchait, tout le temps je devais le remonter.

 

C’est beau la vue d’avion : quand tu vois la ville de Paris avec la Tour Eiffel, c’est beau, et après, quand tu vois Bangui, ça change beaucoup parce qu’à Paris, il y a plein de lumières. A Bangui, il n’y a que des champs et tout plein de choses. Quand je suis descendu, deux militaires m’accompagnèrent jusqu’au hall de l’aéroport. Mon grand-père, qui m’attendait, me dit de me retourner. Il m’a dit de me retourner et là je n’ai pas reconnu ma maman car elle a beaucoup changé. Quand mon grand-père m’a dit que c’était ma maman, je suis allé la serrer dans mes bras. Après, j’ai dû aller reconnaître mes bagages. Quand je les ai récupérés, nous sommes sortis avec ma mère, mon grand-père et ma tante. Dehors j’ai vu mon tonton qui avait beaucoup changé.

 

On a attendu 5 minutes la voiture de mon grand-père. Ensuite, on est parti dans une maison où on a remis des chaussures à un ami de mon père. On est parti chez ma mère. En chemin, j’ai vu le marché, les ordures sur la route, et tout plein de choses. On est arrivé à la maison que je ne connaissais pas. Quand j’avais cinq ans, elle était plus grande, mais la guerre a tout changé. Tout le monde était fier de me voir. Ma mère avait un bébé de trois mois qui s’appelle Rubeine, il était trop beau et trop mignon. Je l’ai pris dans mes bras, et aussi, il y avait ma sœur que je connaissais déjà et qui avait changé.

                                 Un enfant de la classe

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:49

« — Je suis fatigué papa. Je crois que demain je vais demander 8 jours à la maîtresse.»

(enfant de 4 ans, Réalville)

 

 1970


 

« Encore aujourd’hui, je ne suis pas sûr de percevoir l’art, se plaint Luis, en conséquence hier c’était encore plus difficile, et je repense alors au prof qui, le premier, fit toucher du doigt les arts plastiques à Louis. Le hasard voulut qu’il puisse le croiser quatre fois dans sa vie, quatre fois qui furent quatre bonheurs. Et Luis de demander à Louis de revenir en 1970.»

 

A l’Ecole normale, Yves Larroque succède à une sommité de l’art, Monsieur Dautry, le génial adepte du crayon. Monsieur Larroque surprend définitivement Louis quand, au cours d’une de ses colères homériques, il s’écrie : « Une salle d’art plastiques sans accès à un lavabo, qui peut le croire ? » Après deux années de travail au crayon qui pouvait deviner le besoin de l’eau ? En fait, la salle d’arts plastique va totalement doubler de volume car c’est toutes les variétés de la matière que le nouveau prof voulait y faire entrer.

Passer de la récitation à la poésie c’est comme passer du dessin aux arts plastiques. Louis sent des barrières s’effondrer et dans le nouvel univers il croit entrevoir une place pour lui.

 

« Ce prof était un artiste fabuleux mais trop timide pour montrer ses talents. Louis en eu la preuve dans une fête communiste de 1971 à Montauban. Sur demande, il réalisait un dessin multicolore au profit me semble-t-il du Mouvement de la Paix qui luttait contre la guerre du Vietnam. Son épouse était à côté de lui et craignait qu’il ne s’épuise. Mais dans sa fureur il ne se reposait pas un instant. Au cours des années 80, il réalisa plusieurs affiches pour annoncer cette fête communiste.  »

 

En classe ses colères faisaient la joie de ses élèves. Son document pédagogique aux mille techniques pouvait faire la joie des enfants. Il était le contraire du seul prof de philosophie de Louis. Pas en terme de culture car elle était immense chez les deux hommes Mais en terme de tempérament et de rapport à l’éducation. Pour Monsieur Larroque, il fallait que l’art arrive aux enfants comme un torrent. Pour Monsieur Ligou, la philosophie devenait une visite très paisible à des entreprises. Louis découvre ainsi le premier ordinateur du Crédit Agricole, Hugues Panassié dans sa maison, ou les problèmes d’une industrie alimentaire. Louis aura comme note 2 au Bac de philo mais par chance, à l’oral, un autre genre de professeur le questionne. Le sujet est tiré au sort et porte sur « l’analyse du capitalisme monopoliste d’Etat ». Louis essaie tant bien que mal de répondre aux questions en faisant appel plus à ses connaissances politiques que philosophiques. Au bout d’un moment, le prof lui demande : « Marx, vous connaissez ? ». « Politiquement, oui mais très peu en termes philosophiques ». A voir la tête de Louis, le prof précise sa question : « L’équation du capital, vous l’avez apprise ? » Là il répond sincèrement : non, jamais. Alors le prof entre dans une explication claire comme de l’eau de roche qui transforme la philosophie en mathématiques. Le capital investi, plus le travail des hommes, ça donne de la valeur d’où est extraite la plus-value extorquée aux ouvriers. Il pose ensuite sa dernière question : « Vous avez eu combien à l’écrit ? ». La réponse l’inspire pour donner la sienne : « Avec 18 à l’oral, ça vous fait la moyenne ! ».

 

« Pour revenir à Monsieur Larroque, Louis peut se souvenir de son fils qu’il a eu en classe une semaine à l’école du Petit Versailles. Le portrait de son père mais en plus calme. L’esprit dans la lune. Un jour Louis accepta de passer chez Monsieur Larroque pour aider son ami Victor Salvador abonneur au journal Révolution. Il découvrit une salle à manger à l’image de l’artiste : des papiers en désordre sur la table et un outil de dessin géométrique.  »

 

Pour le besoin d’une note en arts plastiques, Louis en arriva à produire un travail géométrique. C’est en combinant les maths et les arts, qu’il acquit l’envie de créer. Quant à la note, peu importe. Un jour, délégué de sa classe au Conseil de classe, Louis se souvient d’un échange entre le directeur et M. Larroque :

— Monsieur Larroque, cet élève n’a pas de note en arts plastiques ?

— Pas de problème, mettez lui 18 !

— Vous êtes sûr ?

— Oui, oui, c’est ça, 18.

 

Un seul instant, la joie ne dure qu’un seul instant. Face à la tristesse qui s’incruste, la joie est un éclair. Il faut donc la saisir sans faute à chaque occasion.

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