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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 14:23

HUBERT DELPONT (*) A LU RENAUD JEAN FEUILLES DE ROUTE

http://www.humanite.fr/2001-09-11_Cultures_-HUBERT-DELPONT-A-LU-RENAUD-JEAN-FEUILLES-DE-ROUTE

Une large fraction des papiers que Renaud Jean, créateur et dirigeant historique du PCF de 1920 à sa mort, a décidé de léguer aux archives départementales du Lot-et-Garonne, vient d’être publiée, sous la responsabilité de Max Lagarrigue (1). Une édition mal construite, mal annotée et mal commentée (pas d’ordre chronologique, des coupures, des insertions arbitraires, pas d’explication sur les choix qui ont présidé à la publication des textes retenus, etc.), mais pourtant indispensable à la connaissance de l’histoire du mouvement communiste, en qu’elle donne la parole à l’un de ses acteurs les plus éminents (2). Ces Carnets constituent en fait l’autoportrait que Renaud Jean a décidé de nous léguer : on y retrouve donc l’expression des multiples désaccords de cet éternel opposant à la ligne de l’Internationale communiste (correspondances avec Zinoviev et altercation avec Trotski au sujet du " problème paysan ", finalement arbitrée par Lénine), on y trouve aussi les traces de son opposition à Pierre Sémard autour de la ligne " classe contre classe ", puis à Maurice Thorez sur les modalités d’action contre la crise et le fascisme entre 1930 et 1934, et enfin son opposition au pacte germano-soviétique d’août 1939, durable ligne de partage à l’intérieur de l’appareil communiste.

À cette correspondance, s’ajoute le journal de détention du député, de 1939 à 1941, qui confirme le drame vécu par Renaud Jean à la suite du " pacte ", et ses vains efforts pour trouver alors comme un " compromis " entre fidélité au Parti et fidélité à sa conscience. Enfin, dans ce qu’on pourrait appeler un " testament ", largement écrit en détention, complété peu après sa libération, en 1942, et sans doute encore dans les années cinquante, Jean nous livre un mélange " d’effusion sentimentale et de programme agricole et agraire ", où se mêlent poésie, grande connaissance du monde agricole du Sud-Ouest, et vues prophétiques qui ont bien mal vieilli. Tous ces textes sont marqués par la grande qualité de l’homme : intelligence des situations, honnêteté et rigueur de son engagement, fidélité à son idéal, malgré toutes les sanctions, que symbolise cet étonnant " bilan de sa vie " en forme de lettre de rupture avec André Marty. Des pages passionnantes, mais desservies, on l’a dit, par cette édition - on peut commencer la lecture de l’ouvrage page 80 - et qui font penser que la grande biographie de Renaud Jean reste à écrire, autour de thèmes jusque là peu abordés : son rôle dans la création et la mise en ouvre de la " ligne " de Front populaire, sa fidélité jusqu’au bout au PCF, par rapport à l’évolution stalinienne du parti, mais aussi par rapport à son évolution personnelle, à la manière dont il se percevait lui-même…

(*) Professeur d’histoire-géographie.

(1) " Renaud Jean, Carnets d’un paysan député communiste ". Éditions Atlantica, 530 pages, 149 francs.

- (2) Soyons justes : Max Lagarrigue a tout de même découvert un épisode jusque là passé sous silence : l’opposition de Renaud Jean à l’intervention soviétique en Hongrie en 1956, seule opposition publique de sa part à la ligne du PCF, et qui eut pour cadre le Conseil général du Lot-et-Garonne.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 13:45

21 avril 2009


Cher Alberto

La pluie qui persiste autour de moi vient de me pousser vers mon ordinateur où j’ai eu subitement envie de savoir où en était le cas « Lori Berenson ». Cette New-yorkaise qui croupit depuis des années dans les prisons péruviennes, où elle fut envoyée en 1995 suite à sa capture, doit attendre la fin de son incarcération qui approche au moment où la tienne commence, et c’est drôle !

Je n’aurais pas pris la plume pour mentionner de telles banalités si je n’avais appris qu’aujourd’hui même elle a quitté la prison Huacariz de Cajamarca pour se retrouver à la prison de Chorillos à Lima. Le transfert s’est fait par bus grâce à l’emprise Díaz : départ à dix-neuf heures jeudi 16 avril, et arrivée à La Victoria, à Lima, à onze heures le lendemain matin. Pourquoi ce transfert, cher Alberto ? Il s’en passe des choses dans cette prison de Cajamarace : en 2008 on y a trouvé des kilos de drogues, de très nombreuses armes et surtout des cellulaires (nous disons téléphones portables) mais jamais personne n’avait imaginé qu’une des rares femmes présentes parmi les 600 détenus (pour 500 places) puisse tomber enceinte ! Oui, Lori Berenson attend un enfant pour le mois prochain et, depuis la nouvelle qui date de septembre, plusieurs personnes se sont laissées aller à penser qu’il existe un lien entre la visite de son mari intervenue le 15 août, et l’attente du fils.

Moi-même je ne savais pas que Lori s’était mariée en 2005 avec Aníbal Sánchez Apari, un détenu qu’elle croisa et aima à la prison de Puno. Tous deux purgeaient la même peine en tant que membres du MRTA (Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru) mais Aníbal a pu sortir avant, alors que Lori doit attendre 2011.

Le transfert à Lima s’explique pour deux raisons : Lori avait déjà des douleurs lombaires et de plus, à quarante ans, la grossesse mérite des surveillances impossibles à la clinique Limatambo de Cajamarca, où on découvrit sa nouvelle situation.

Sa prison des alentours de la célèbre Cajamarca, Lori dût la laisser avec un pincement au cœur : elle y apprit le métier qu’elle veut faire en sortant, fabriquer des gâteaux et particulièrement les traditionnels panetones de Noël qui ne sont pas qu’italiens ! Cher Alberto, as-tu seulement une idée des activités que tu vas déployer pour occuper dignement ton temps en prison ? En revenir à tes études mathématiques ? Ou écrire tes souvenirs ? Je pense pour un livre de mémoires et je veux t’aider.

Quand, lors de son arrestation, devant les caméras de télévision, Lori déclara sans se gêner : « Au MRTA il n'y a ni délinquants, ni terroristes, c'est un mouvement révolutionnaire » vous auriez dû, Alberto, deviner qu’elle allait vous donner du fil à retordre. A 18 ans, elle a abandonné la vie d'enseignante toute tracée, que ses parents lui préparèrent à New York, pour vivre au Salvador, suite à un échange universitaire. Etudiante en anthropologie social, elle fut marquée par la misère sociale qu'elle découvrit. Elle devint secrétaire du FMLN (Farabundo Marti de Libéracion National).

Quand le juge lui déclara :

- Le FMLN a commis des excès contre les populations ?

- Beaucoup moins que l’armée du Salvador répliqua-t-elle.

Une enquête des Nations Unies a révélé par la suite que pour le Guatemala 80% des massacres furent le fait de l’armée de ce pays et 20% le fait de la guérilla qui riposta avec les moyens du bord. Au Salvador la proportion a sans douté été la même.

En Février 1990, Lori partit au Nicaragua pour mieux apprendre l’espagnol et aider les réfugiés du Salvador. L'histoire s'enchaîne comme celle d'un espoir de justice libération. Elle travailla pour le FMLN à Managua puis en 1992 et 1994 elle revint au Salvador. Pour achever ce détour instructif par l’Amérique centrale, voyons l’étape Panama. Par des traductions et autres petits boulots, elle y survécut jusqu'à la rencontre de Pacifico Castellon qu'elle suivit au Pérou en 1994. Dès novembre 1995, vos services, cher Alberto, prouvèrent leur efficacité : elle fut capturée dans le quartier de La Molina à Lima, suite à un affrontement avec la police, et elle fut condamnée à la perpétuité en mars 1996 par des tribunaux dont on ne peut pas dire qu'ils avaient le souci de la vérité.

Le 3 septembre 2000, par un article de Laura Puertas, je découvre le cas dans cet infâme journal que vous n’avez jamais supporté : La Republica. Les lobbies nord-américains avaient réussi à mettre la Cour interaméricaine des droits de l’homme sur le dossier mais sans succès.

Lori Berenson connaissait parfaitement une autre membre du MRTA, Nancy, la femme de Nestor Cerpa, le chef du commando qui prit les otages à l’Ambassade du Japon en 1996. D’ailleurs, avant de mourir sous les coups de feu des policiers, la dernière demande de Nestor était simplement la libération de sa femme. Pour te rappeler, Alberto, avec qui tu vivais à l’époque, voici une info de l’ex-otage ambassadeur du Japon dans un entretien à La Republica avec Angel Paez en juillet 1997 : «Pendant la prise d'otages, j'ai caché les bijoux de ma femme, Naoko, et les portraits des empereurs Akihito et Michiko pour que les subversifs ne les prennent pas comme trophée de guerre mais, quand nous sommes revenus à la résidence, après la capture, on nous rendit seulement les portraits de nos empereurs. »

Les bijoux n’avaient pas pu être volés par les guérilleros du MRTA : ils furent tous tués !

Bref, après ta réélection de l’an 2000, les USA décidèrent de se faire moins gentils en ressortant le cas Lori Berenson. Mais il y a eu la fameuse vidéo qui fit tomber Montesinos et puis d’autres vidéos qui rendit le cas de la New-Yorkaise inutile pour provoquer votre chute. Dans une vidéo y apprend qu’au moment des accords avec l’Equateur suite à la guerre, des demandes furent formulée par Ferrero Costa, le négociateur de l’OEA, en faveur d'un nouveau procès pour la Nord-américaine prisonnière alors à Yanamayo à Puno. Vladimiro accepta l’idée. La jeune femme devenait à cette occasion une monnaie d’échange : un geste pour Lori contre un geste en faveur de la paix, mais la paix put se conclure sans ce marché !

Je crois Alberto, que dans tes Mémoires il te faudrait suivre d’abord l'acte d'accusation pour le comparer avec le tien. Avec le MRTA, pouvait-elle fomenter la prise du Congrès en 1995 ? Ensuite il te faudrait suivre à la loupe, l’enquête : pourquoi seulement en l’an 2000 des juges proposent-ils de la confronter avec Pacifico Castellon, le peintre panaméen ? Ils auraient loué ensemble l’appartement où fut capturé l’un des chefs du MRTA Miguel Rincon Rincon.

En fait, Montesinos, à découvrir l’arrogance d’une femme n'hésitant pas à le défier, eut l'idée d'en faire une affaire, c'est-à-dire un nouvel outil pour assurer son propre pouvoir. Quels conseils reçut-il de ses amis de la CIA ? Et toi-même, don Alberto, comment as-tu pris la mesure de l’embrouille ?

Tout d' un coup, je me dis, cher Alberto, que j'aurais plutôt dû écrire à la jeune femme aux cheveux longs, aux lunettes sages et à la pose tranquille. Voici ce que je lui aurai dit :

 

Chère Lori,

Je souhaite que la naissance de ton fils puisse t’ouvrir une page heureuse de ta vie. Je souhaite que ta sortie de prison soit une revanche contre l’injustice. Je me souviens de toi au cours du second procès en l’an 2001, quand tu jetas quelques coups d'œil à tes parents Mark et Rhoda Berenson que tu revoyais à cette occasion. Leur regard te renvoya des images sages d’une enfance qui te semble si loin. Ta vie au Pérou a-t-elle créé un mur entre eux et toi ? Je sais qu’ils aiment beaucoup tes panetones.

Le procureur du Pérou, à présent débarrassé de Montesinos, mais qui en restera la créature, était encore saignant alors. Mario Cagnaro (ça sonne italien) a signalé que dans la prison de Chorillos où tu as abouti ces derniers temps, tu as chanté à la gloire du MRTA avec... Nancy. En fait, tu prétends que ta seule participation visa à attirer l’attention des gardiens sur l’état de santé de Nancy. Presque déjà six ans de prison, et Nancy toujours avec toi ! Celle qui a perdu son amour dans cette fameuse attaque de l’Ambassade du Japon, comment va-t-elle aujourd’hui ? Sur une photo de presse de l’an 2000, je l’ai aperçu pour la première fois dans un habit vert. Nancy, mère d'un enfant dont le père fut Nestor Cerpa, aura-t-elle droit à un autre procès ?

Le plus dur face à face de ce procès d’hier, ce fut la confrontation avec ton ancien amoureux, ce Panaméen qui pour sauver sa peau sera prêt à tout. Il expliquera comment tu as rencontré en Equateur, Carlos, c'est-à-dire, Nestor Cerpa et comment il vous confia 5000 dollars à chacun pour passer au Pérou afin d'y créer, à Lima, une planque pour le MRTA. Il aura la mémoire des dates et je cite, ce 6 novembre 1994 à Panama, celle de votre première rencontre, celle d'un amour possible ou impossible, celle d'une lutte à couteaux tirés. Chère Lori, les hommes sont peu fiables mais l’histoire est pleine de rebondissements : celui-là même qui cause le plus grand de tes malheurs, cet ex-président Alberto que tu as le droit de vomir, tu vas peut-être le croiser en prison avec son complice Vladimiro ! J'avais imaginé à tort une condamnation inférieure à sept ans, les sept ans que tu as déjà fait, tu dois en fait attendre 2011 et comme tu peux garder ton fils en prison trois ans, vous sortirez ensemble ! Tu n'auras pas, à ta sortie, un vaste réseau capable de t'offrir un voyage de par le monde pour expliquer ta jeunesse, aux assoiffés de justice, tu auras seulement une famille pour te réconforter. Peut-être emploieras-tu les mots pour nous écrire les récits de ta survie ? Ta révolte, Lori, sans frontière et sans fin, appartiendra à la clandestinité de la dignité humaine d'un siècle qui la bafouait. Un jour d'avril, j'ai tenu à apporter mon soutien financier à la mère de Nestor Cerpa qui vivait alors en France mais je ne sais trop aujourd’hui où elle est. Bref, je te souhaite bon courage et prends soin de toi. Jean-Paul Damaggio

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 13:42

Colloque Jaurès à Toulouse


sur la photo, Jean-Paul Scot, un des intervenants  au moment de la pause sandwich.


Les nouvelles sucettes publicitaires de la ville de Toulouse, si propres, mobiles à souhait, furent les premières à m’annoncer que 2009, c’est l’année Jaurès. C’est donc avec intérêt que je suis allé à la journée organisée par l’Humanité le vendredi 17 avril. J’ai découvert d’abord à La Librairie de la Renaissance quelques nouveautés. Je n’ai pas résisté à l’achat du livre de Rémy Pech sur Jaurès paysan (aux éditions Privat qui savent récupérer les aides financières des collectivités territoriales). J’ai vérifié la présence d’intervenants classiques de l’historiographie communiste. Le modérateur de la deuxième série de communications eut d’autant plus raison de saluer deux absentes, Rolande Trempé et Madeleine Rebeiroux, que, sur quinze personnes qui passèrent à la tribune, il n’y avait pas l’ombre d’une femme. L’histoire serait-elle seulement un repère d’hommes ? Au colloque Olympe de Gouges de Montauban, il n’y avait que de femmes…

Mais passons à un plat de résistance parmi bien d’autres, l’intervention de Rémy Cazals sur la grève de Mazamet en 1909 où Jaurès se proposa d’intervenir, une première fois sans pouvoir prendre la parole à cause l’opposition, et une deuxième fois où finalement il étala ses talents.

Rémy Cazals je l’ai écouté une première fois à Larrazet, il y a très longtemps, peu après la première édition de son livre sur les dites grèves paru chez Maspéro et j’ai toujours aimé sa façon de présenter l’histoire. Mais après l’avoir écouté dans un colloque à Nérac, je veux m’étonner du même raccourci présenté à Toulouse pour expliquer le fait qu’à Mazamet l’environnement soit si peu socialiste dans un département où Carmaux fait figure de référence du parti socialiste.

A chaque fois, Rémy Cazals prévient : « c’est un peu compliqué ». Pour une historiographie mythique de la classe ouvrière, que des ouvriers conduisant une forte grève soit des électeurs de droite, j’en conviens c’est un peu compliqué. Rémy Cazals explique donc : une petite ville, des conditions de travail très dures, un baron de choc (Reille) pour conduire le combat réactionnaire avec l’appui de l’église, et des patrons protestants républicains. Carmaux diffère par un seul point : c’est aussi une petite ville, avec un travail pénible et des arguments de choc de la réaction mais le marquis de Solages lié au Baron Reille est à la fois, le réactionnaire et le patron. Alors qu’à Mazamet le Baron est un héritier de l’aristocratie féodale qui peut détourner du vote républicain des gens du peuple qui associent « république et patronat de choc ». Dans ce tableau de Cazals que je résume tout est juste. Avec une donnée absente : Mazamet se mobilisa pour défendre la République en 1851 (Rémy Cazals en parle lui-même dans son livre) en conséquence pourquoi ce qui fut vrai entre 1848 et 1851 ne l’est plus sous la troisième république ? Entre-temps le catholicisme social des quarante-huitards a été éradiqué par le Second Empire ce qui fait que la Troisième république, à Mazamet, s’est seulement retrouvée entre les mains des patrons-bourgeois. Et le catholicisme de combat a pu conserver sous sa coupe des hommes et des femmes qui, avant 1851, avait compris que la République sociale ça pouvait être chose que la fausse république imposée sur la ville par les patrons protestants. Je parle du catholicisme social éradiqué en y englobant toute une vie sociale qui va avec. En 1848 l’occitan populaire pouvait être républicain ce qui ne fut pas le cas entre 1870 et 1890 (par réaction à l’usage populiste produit par le Second empire) même si Jaurès sut développer petit à petit une action et une pensée salutaire sur ce point. Et c’est là qu’on retrouve tous les mérites du Jaurès Paysan de Rémy Pech.

Cette observation n’est pas celle d’un historien pinailleur, à l’heure où les questions religieuses relèvent la tête. J’entends souvent : « à propos du catholicisme on différencie théologie de la libération et Opus Dei, alors pourquoi ne pas faire de même pour l’islam ? » Comme si toute religion avait naturellement une dimension sociale face à une dimension autoritaire ! Après l’éteignoir du Second empire, le catholicisme social relèvera la tête en France quand la République s’opposera fermement aux cléricaux. Il passera le relais à l’Amérique latine mais en vivant toujours sous les coups très durs des cléricaux. Il est plus exceptionnel que naturel. Le brouillage des questions sociales par les questions religieuses (typique du capitalisme féodal d’aujourd’hui) était la hantise de Jaurès. Mais pour le moment restons-en là.

20-04-2009 Jean-Paul Damaggio

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 15:01

Parmi les premières publications des Editions La Brochure, une étude de ce parti en Tarn-et-Garonne en 2006. Les élections présidentielles de 2007 ont changé les données électorales mais le problème de fond reste le même. Le FN a démontré que « la démocratie » pouvait servir ses intérêts peu démocratiques. Cette démonstration n’est pas passée inaperçue pour d’autres. Hier, les républicains découvrirent que les monarchistes s’étaient faits républicains, aujourd’hui les démocrates découvrent Que les fascismes divers se font démocrates. D’où la reprise de cet article de début 2007 publié à ce moment là sur le site internet : Kinocks.

 

De la Fac de droit de Toulouse, aux honneurs frontistes

 

Le vendredi 15 décembre 2006, Louis Aliot, en bon secrétaire général du FN, a tenu à manifester sa colère par un communiqué de presse vengeur. « Le député UMP Jacques BRIAT du Tarn-et-Garonne, a déposé une proposition de loi visant à reconnaître les dates du 5 décembre et du 19 mars pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie. Dans sa proposition cosignée par vingt-deux députés UMP, Jacques BRIAT entend «prendre en compte les fractures, les divergences et les polémiques qui continuent à agiter le monde des anciens combattants d’Algérie». En souvenir de toutes celles et ceux qui ont subi la barbarie du FLN, je tiens à exprimer ma plus vive indignation quant à cette proposition de loi tendant à commémorer le 19 mars 1962. Cette initiative vient salir, une fois de plus, de manière scandaleuse et consternante, la mémoire, des milliers de Pieds-Noirs et de Harkis assassinés par le FLN après cette date. […] Les élus UMP qui participent à cette manipulation visant à réécrire l’histoire ne devront s’attendre à aucune bienveillance lors des prochains scrutins électoraux de 2007 ! »

 

C’est en rentrant à fac de droit de Toulouse, en 1988 que Louis Aliot adhère au FN. Bien connu dans l’Ariège, où il a déjà été candidat huit fois depuis sa première cantonale de 1992, il a vite pris de la hauteur en arrivant dans la capitale régionale. La persévérance de ce jeune homme né en 1969 a de quoi impressionner. S’est-il donné comme mission de faire du FN un parti présentable, modéré, ouvert et jeune ? C’est à lui qu’on doit aujourd’hui le faux-débat autour de ce nouveau look : faute d’avoir des colleurs d’affiches, le FN se sert des médias pour en populariser quelques unes, et celle de la jeune fille d’origine étrangère, le pouce tourné vers le bas, veut jouer la carte novatrice.

 

Or ce Conseiller régional au parcours original témoigne toujours des mêmes haines. Fils d’une mère rapatriée de Bab-el-Oued, malgré son jeune âge il reste marqué par l’histoire de la guerre d’Algérie, constitutive de l’identité du FN. D’où le communiqué rageur contre un député UMP du Tarn-et-Garonne, pourtant aux idées très à droite. Quoi, la guerre se serait terminée après le 19 mars 1962 ? Louis Aliot a-t-il une date pour marquer cet événement ? Je crains que non !

 

D’une famille de gauche passée à l’extrême-droite, son combat en « terre de mission » l’a formé aux dures lois de la vie et lui a appris à donner des airs de gauche à tout son discours (un air pollué). Quand, en 2006, après un an d’activité de secrétaire général de son parti, on lui demande ses objectifs prioritaires, il répond : «Notre action politique se situe aux antipodes du racisme, de la xénophobie et de l’antisémitisme. Nous ne sommes pas non plus des nostalgiques des régimes totalitaires qui, à l’instar du fascisme, du national-socialisme ou du communisme, ont semé la misère, la terreur et la mort partout où ils ont sévi et avec quelles complicités ! ». De l’audace,il n’en manque donc pas !

 

Depuis 2001, sa destinée nationale le conduit sur les terrains électoraux les plus divers. Candidat à Perpignan 1, en 2002, il est vite revenu en Midi-Pyrénées en 2004 pour y remplacer Bernard Antony. Dans notre région, il a trouvé une autre personnalité dont le destin s’annonce peut-être aussi glorieux que le sien : la responsable tarnaise du FN, Marie-Christine Boutonnet membre à présent du Bureau politique de son parti. Cette couleur toulousaine devrait nous inciter à quelques réflexions.

 

Le FN a émergé en 1984 en se prononçant férocement contre le danger communiste présent aux commandes de l’Etat. Par la suite, il a été obligé d’ajuster son discours à chaque élection en stabilisant 15% de l’électorat autour de son projet. Cette évolution ne peut se lire comme un passage d’une période dure à une période plus tendre. La jeunesse de Louis Aliot, qui accompagne celle de Marine Le Pen, ne peut nous tromper sur le contenu du projet. Si le réalisme a obligé le FN à se replier sur les seuls moments électoraux (après plus de 20 ans de présence au Parlement européen, Le Pen y a-t-il joué un rôle quelconque ?), il n’en demeure pas moins que sa stratégie de pourrissement de la vie politique reste la même, et marque souvent l’ensemble des débats en France (et le souci de l’organisation européenne n’est pas à dédaigner). Le but du FN n’est pas d’arriver au pouvoir (sinon, il soignerait sa classe d’élus alors que celle-ci est le plus souvent remise à la base). Il préfère se contenter d’envenimer le contexte social pour bloquer toute invention de nouvelles formes d’émancipation. Il joue à être le boulet de la France et un boulet qui fatigue, qui pèse, qui ronge les rêves de dignité. Le boulet on peut le repeindre, il reste le boulet. On peut lui enlever ses couleurs tricolores, il reste national. On peut lui dessiner dessus un clown, il garde son poids.

 

Que peut-il se passer en 2007 ? Sarkozy peut-il espérer réduire le score de cet empoisonneur ? La gauche peut-elle passer encore une fois en dessous de son score ? Cette fois, Le Pen rêve d’affronter au second tour, Ségolène Royal. Il imagine un scénario catastrophe à droite, avec Chirac (ou un de ses amis) comme candidat et alors, face au PS, il pourrait semer le trouble, plus profondément que jamais, au sein de l’électorat de droite. Les conditions de la relève du chef seraient assurées et le FN deviendrait inévitable pour très longtemps. Que ce soit, en partie, dans la France du Sud-Ouest (après l’enracinement dans le Sud-Est) que naissent les conditions de cette relève, ça devrait interroger les stratèges socialistes qui y sont dominants depuis tant d’années (mais savent-ils ce que penser veut dire ?). 25-01-2007 Jean-Paul Damaggio

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:54

Fujimori 2000

Calendrier abrégé d’une chute finale

 

En juillet 2000 Alberto Fujimori célébrait sa réélection comme président après avoir fait modifier sa constitution pour obtenir le droit à un troisième mandat. Mais début août la CIA informe les autorités étatsuniennes que des éléments de l’armée péruvienne participent à un trafic d’armes avec les FARC. Aussitôt, Montesinos, bras droit de Fujimori, lié aussi à la CIA, contre-attaque.

 

21 août : Conférence de presse commune Montesinos Fujimori pour annoncer le démantèlement du « Plan Sibérie », et l’arrestation des fameux militaires qui participaient au trafic d’armes avec les FARC. La Jordanie mise en cause dément les propos de Montesios.

 

8 septembre : Rencontre avec Madeleine Albright responsable USA.

14 septembre : diffusion de la vidéo Montesinos achète un député. C’est le début des Vladi-vidéos, des cassettes que Montesinos conservait pour faire chanter les personnes soudoyées.

15-09 : Montesinos dirige une réunion pour préparer la riposte.

16-09: Fujimori annonce dans un grand discours qu'il abandonne le pouvoir, qu’il va y avoir de nouvelles élections et il démantèle les services secrets de Montesinos.

17-09 : Première fuite de Montesinos.

20-09 : Les forces militaires accordent leur appui à Fujimori.

22-09 : Le Washington Post informe : La CIA défendit Montesinos à Washington

26-09 : Fujimori avec le Général nord-américain Peter Pace à New York

20-10 : Les négociations avec I'OEA, pour la date des futures élections, capotent. Militaires et policiers demandent une amnistie préalable.

23-10 : Montesinos revient au Pérou en secret.

24-10 : Il s'explique à la radio.

27-10 : Fujimori demande à Montesinos de s'exiler à nouveau.

28-10 : La révolte d'Humala : des militaires font semblant de créer un coup d’état ce qui donne à la famille Humala une certaine notoriété.

29-10 : La nouvelle fuite secrète de Montesinos.

13-11 : Martha Hildebrandt, soutenue par Fujimori est battue pour le poste de présidente du Congrès. Fujimori sent qu’il perd le pouvoir.

15-11 : V. Paniagua, candidat de l'opposition, élu président du Congrès.

20-11 : Fujimori en voyage au Japon décide d’y rester.

21-11 : Paniagua le remplace.

8-04-2001 : Verdict de la nouvelle élection présidentielle, avec Alejandro Toledo devant affronter au second tour l’ancien président Alan Garcia.

3 juin : Victoire avec 4% d'avance d'Alejandro Toledo.

20 juin : Lori Berenson est cette fois condamnée à 20 ans de prison.

23 juin : Montesinos est arrêté au Venezuela  où il se cachait.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:46

Les tribunaux péruviens viennent de mettre un ex-président de la Répuboique en prison. Ce fait si rare méerite un clin d'oeil. Voici une des quinze lettres qu'en 2001 j'avais envoyé à Fujimori alors replié dans son pays d'origine, le Japon. Pour mieux comprendre lire le calendrier des événements fatidiques de l'an 2000
http://la-brochure.over-blog.com/article-30466883.html

Mardi 16 janvier 2001

Cher Alberto Fujimori

Deux jours après ma derrière lettre, je reprends la plume car j'ai en moi, une tonne de doutes. Avec un écrivain péruvien, j'ai longtemps rêvé d'inaugurer, chaque matin, des mots nouveaux, je veux dire, inaugurer des usages nouveaux de mots anciens qui ainsi reprendraient vie. Vous avez inauguré des réalités, du béton, des outils, en clair des services rendus à vos concitoyens. N'est-ce pas plus sérieux ? Mais quand vous avez rencontré le Général Peter Pace, le chef du commandement Sud (comme si votre rencontre avec Albright le 8 septembre n'avait pas été assez claire) n'avez-vous pas été pris par les mêmes doutes ? Il vous a rappelé le refus nord-américain du moindre coup d'Etat et, devançant votre éventuelle incompréhension, il décida de rencontrer les chefs de l’armée péruvienne. Les relations avec les USA... et la Banque Internationale de Développement étant de la plus haute importance, un autre voyage vous porta jusqu'aux bureaux des officiers de Washington D.C Vous comprenez pourquoi je lis aussi la presse nord-américaine ! Dommage que The New Republic ne soit pas quotidien ! Votre sort s'est joué là-bas, pendant les derniers soubresauts du pouvoir militaire autonome de quelques généraux.

En accord avec l’Empire Global, Montesinos put s'enfuir vers le Panama. Le «Raspoutine», l’homme aux 30 gardes du corps, le maître, il baissa pavillon. Mais, alors qu'avec l’OEA, vous reteniez la date du 8 avril, pour des élections promises lors de votre discours historique, quelques attardés crurent possible, le 20 octobre, d'y mettre une condition : le vote au préalable d'une amnistie totale pour toutes atteintes militaires ou policières aux droits de l’homme. Montesinos, sentant le vent tourner pour lui, ne trouva rien de mieux que de revenir au Pérou, le 23 octobre. Le Panama refusa de lui donner plus longtemps l’asile politique en appliquant à la lettre les mesures prévues. Une action inhabituelle causée par une autre directive US ? Suite à l’achèvement de son visa Montesinos se posa en secret sur la base de Pisco.

 

Je me souviens très bien de Pisco, Monsieur le Président, car c'est la seule escapade au sud de Lima que je me sois permis à ce jour. Pour aller visiter une des merveilles naturelles du Pérou, les îles Ballestas à Paracas ? Même pas, et vous tenez ainsi la preuve irréfutable de ma bêtise. Mon guide touristique m'avait prévenu : « Pas grand chose à voir et surtout pas la base aérienne qui n'a jamais beaucoup intéressé les routards ». Et pourtant, un matin, j'ai pris le bus vers Pisco en espérant trouver un paysage plus agricole que sur la route du nord, et une petite ville me reposant de la capitale. A trois pas de l’arrêt du bus, la Place d'Armes aux arcades de rêve abritait un vieil hôtel où, pour le touriste nouveau venu, le gérant sortait le bel album photo des merveilleux paysages des îles Ballestas. Il vendait des excursions jusqu'a ce paradis naturel où phoques et manchots faisaient concurrence aux cormorans. Convaincu que mon allergie à tous les paradis était irrémédiable il me conseilla alors un simple un détour par la plage de plusieurs kilomètres que je pourrais atteindre par un minibus. J'avais fait le voyage pour y croiser l’émotion de San Martin débarquant en 1820 dans un Pérou qu'il voulait libérer. A la vue d'un vol de flamants rose s'élevant dans le ciel, il décida des couleurs du drapeau. Il avait la France en tête, aussi le bleu-blanc-rouge se transforma en rouge-blanc-rouge puisqu'en fait de rose les flamants en plein vol laissèrent voir un beau rouge. J'ai vu les flamants roses et la statue du grand San Martin à l’ombre d'un ficus magnifique.

Donc, Montesinos était à Pisco et vous vous cherchiez à vous sauver. Le quotidien de l’Ouest, Los Angeles Times, avait, dès le 1er octobre, apporté ses propres révélations en matière de liens entre Montesinos et la Mafia de la drogue. Il ne faisait que savonner la planche sur laquelle vous deviez glisser ! Mais comment Montesinos en arriva-t-il à croire qu'au Pérou, il remonterait la pente ? Franchement, si un jour vous dévoilez tous les dessous de l’affaire, alors, bien au-delà du Pérou, les citoyens pourront comprendre qu'ils ne sont que fétu de paille dans l’histoire de la planète.

Naturellement, une nouvelle fuite du roi déchu, plus rocambolesque encore que la précédente, repoussa l'avenir à plus tard. Cette traque et son échec vous laissa encore plus affaibli, non pas aux yeux du peuple, car, c'est entendu à présent, il compte pour du beurre, mais aux yeux des USA qui vérifièrent que sans votre bras droit, vous n'étiez plus le maître de l'Armée péruvienne. A scruter les images du petit écran, j'ai alors cherché à savoir si vos lunettes, masquant des yeux bridés de fils de Japonais, ne masquaient pas en même temps la crainte de la défaite !

La force de l’Empire, Alberto, et il te faudra l’écrire en détail vu tout ce que tu sais (ne m'en veux pas s'il m'arrive de te tutoyer !) vise à détruire le lien entre générations. Je l’ai vérifié au Pérou après l’avoir constaté en France. Cette situation alimente un nouveau racisme car les jeunes finissent par croire les vieux incapables de s'emparer des richesses du monde moderne pour cause d'inadaptation génétique aux transformations économiques. Des jeunes qui en arrivent à oublier qu'ils deviendront vieux et qu'alors, ils seront, à leur tour, jetables comme leurs parents ! Si le conflit des générations a toujours existé, à présent il est devenu industriel comme le crime, comme la drogue et comme la peur (un changement d'échelle qui n’est pas une économie d'échelle). Des jeunes s'émancipèrent de parents dont ils avaient acquis par imprégnation un vaste héritage. Aujourd'hui, des jeunes sont si étrangers à leurs parents que quand ils s'opposent à eux ils ne s'émancipent de personne. Ils devraient plutôt se détacher de la télévision qui les infantilise un maximum pour les garder dépendants !

Comme tu le constates, indomptable Fujimori, j'ai aujourd'hui l’esprit rêveur et cette évocation du retour de Montesinos me porte à penser à cet Empire qui rend ton populisme provincial. Je t'en supplie, n’oublie pas de te venger et de cracher dans le cébiche. Tu es le seul au monde à pouvoir dénoncer l'invisible car, au Japon, tu es protégé. Noriega qui vit dans les prisons des USA ne peut exprimer des vérités du monde qu'il a croisé dans les bas-fonds ! Même le père Aristide d'Haïti me parait sous contrôle ! L'heure n’est plus à changer le monde comme l’a cru Castro mais seulement à le comprendre parce que le monde s'est fait sable mouvant et nous coule entre les doigts, à moins qu'il ne se soit fait sel pour disparaître à chaque pluie.

En fait il s'agit pour l’Empire de détruire TOUS les liens pour que chacun soit nu face au roi inconnu.

Sacré fripouille, dors bien et à la prochaine. J-P Damaggio

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:44

Dessin d'Uruguay à propos d'Olympe de Gouges.

Dans la 7ème nuit des "Nuits révolutionnaires" de Restif de la Bretonne :

"Le Journal des Français, ou le Régénérateur". (c'est lui qui l'écrit)

"[...] Le 2 janvier (1790), on a donné la seconde représentation de L'Esclavage des Nègres, de Mme de Gouges. C'est moins une pièce qu'un spectacle. D'ailleurs, tout y est décousu : l'intrigue invraisemblable et sans intérêt. Qu'importe à l'affaire actuelle, de la liberté des Nègres, qu'un esclave se soit échappé, après avoir tué l'intendant ? C'est un crime digne de mort, et Mme de Gouges n'a pas senti qu'elle ôtait par là tout l'intérêt. L'intendant a voulu violer une jeune Noire, et il veut la faire fouetter par l'amant de sa couleur, qu'elle lui préfère : le Nègre le tue. Voilà le fond de l'action ; la situation c'est que le héros s'est sauvé dans une île déserte, avec sa maîtresse. Il faut que l'auteur sache que ce peut être la base d'une nouvelle, que ce peut être une histoire, mais non un sujet dramatique. Il faut bien autre chose ! Aussi, que d'épisodes, que d'aventures ! Deux ou trois expositions, une dans chaque acte ; point d'unité d'action ; entrées et sorties non motivées ; scènes de récits, où il faudrait agir : des troupes, des marches... Pauvres moyens ! qu'on peut cependant passer à une femme, qui manquant de sensibilité, donne, à tout moment, le mot pour la chose. Oui, l'auteur est cent fois plus excusable que les hommes stériles, qui emploient ces petits moyens. Voltaire est presque le seul qui n'en ait pas abusé".

(texte repéré par René Merle)

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 14:36

Grisolles : Pour le colloque et l’expo Paschal Grousset


ci-contre un dessin de l'expo Grousset
 

Robert Stevenson, Jules Verne, Paschal Grousset, Vazquez Montalban, un enchaînement qui a de quoi surprendre sauf pour ceux qui savent que tous mes chemins littéraires me conduisent à Vazquez Montalban qui se promit très tôt d’écrire l’histoire de deux hommes qui feraient le tour du monde.

Le Tour du Monde en 80 jours de Jules Verne a hanté la jeunesse de tant d’enfants que Jules Verne est passé à la postérité. Dans son ombre, nous trouvons Paschal Grousset qui passa longtemps pour un « nègre » de la vedette, lui qui s’est tant battu pour l’égalité ! L’élève ayant égalé le maître, il ne fut pas seulement le collaborateur de l’auteur de l’île mystérieuse, mais son égal en bien des points. Et tout tourne autour d’une autre île, celle de Stevenson que Grousset découvrit en Angleterre en tant que proscrit de la Commune et dont il fut le traducteur.

De l’île mystérieuse à l’île au trésor (ou inversement), nous sommes face à plusieurs énigmes.

Le colloque si riche qui s’est tenu à Grisolles a peut-être apporté quelques réponses mais il faudra attendre la publication des actes pour en être sûr.

Pour le moment notons seulement ce que pense Biscuter le compagnon de Pepe Carvalho en route pour un tour du monde final au cours de l’étape marquante en Thaïlande :

« Vingt ans durant, Ko Samui avait été un point de repère pour Biscuter, une fenêtre que Carvalho lui avait ouverte sur le paradis… »

Vingt ans durant, c’est une référence au premier voyage de Carvalho à Ko Samui. Pourquoi un paradis ? « Carvalho lui accorda que presque tous les lieux mythiques sont des îles. »

Pour Vazquez Montalban grand défenseur de la laïcité, le seul paradis possible était sur une île qu’il trouva souvent et de l’île mystérieuse à l’île au trésor peut-on revenir à Paschal Grousset ?

Il est né sur une île, la Corse, et il a pu renaître en s’évadant d’une île, pour arriver en exil sur une île qui n’était pas celle de son trésor mais qui l’obligea à chercher quelques trésors d’intelligence pour survivre.

Jusqu’à quel point des îles nous hantent ? Jusqu’à l’Atlantide ? Atlantis est une héroïne dans un roman d’André Laurie ai-je appris au colloque…

Peut-être qu’une île ça se mérite ?

Vous pouvez trouver deux romans réédités de Paschal Grousset à cette adresse :

http://www.desbarbares.fr/index.php?lng=fr

 

Une expo à la médiathèque de Grisolles

 

Pour continuer la rencontre avec Paschal Grousset la médiathèque de Grisolles tient à votre disposition pour quelques jours encore, une belle exposition qui démontrent que Xavier Noël et André Braut sont des collectionneurs de longue date de tout ce qui touche à leur écrivain de référence. En entrant on a la sensation de se retrouver dans l’univers qui fut celui de Léon Cladel avec des caricatures de Gil ou d’André Le Petit (et même une page de son journal que je ne connaissais pas : Le sans-culotte) et avec deux une de ce journal mythique que fut La Marseillaise où Cladel a tenu chronique. Histoire spectaculaire que celle de Rochefort dont Xavier Noêl nous précisa que s’il fut l’ami de Paschal Grousset, mais qu’il en fut aussi l’ennemi ensuite, et là aussi même parcours que pour Cladel.

De nombreux ouvrages reliés de main de maître confirment s’il le fallait l’ancrage de Grousset dans le monde des gens de lettre. Un document local pour rappeler dans quelles circonstances le nom de Paschal Grousset a été donné à une rue de Grisolles.

 

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 14:13

Grousset la bio


Alain Braut dans un article de La Dépêche présentnat le colloque
 

Alain Braut et Xavier Noël furent les deux premiers intervenants à nous présenter les grands traits de la vie de Paschal Grousset qui, à un moment, ajouta le h à son prénom.

Pour les liens locaux avec Grisolles Alain Braut évoqua les années de jeunesse du futur journaliste, écrivain, homme politique…

Je retiens ici seulement quelques éléments (voir les données de Marcel Maurières reprises sur ce site : ) et tout d’abord son lien avec la Corse. Son père professeur de collège se trouve en poste à Corte quand il croise sa mère puis, peu après la naissance de Paschal, avant ses deux ans, la famille s’installe pour longtemps dans la ville natale du père à Grisolles.

Malgré ce passage rapide sur l’île, tout indique que Paschal Grousset y resta attaché (l’ajout du h serait peut-être un clin d’œil à la langue corse). Quand, juste après l’amnistie de communard il tente pour la première fois d’être élu député il se présente à Corte et, fait encore plus étrange, c’est là que son cousin Jacques Hebrard est élu en 1894 (à moins qu’il n’ait été l’époux d’une Corse comme j’ai cru le noter ?).

Ce qui nous conduit à évoquer l’autre cousin, Adrien Hebrard qui, en tant que directeur du quotidien Le Temps, aidera beaucoup Paschal Grousset. Ce dernier s’appuiera sur ses liens avec un autre Tarn-et-Garonnais que je connais pas : l’abbé de Manas. Ce dernier était l’intermédiaire de confiance entre Grousset et son éditeur Hetzel or quand on connaît l’anti-cléricalisme de Grousset ce lien est d’autant plus étonnant.

D’autres personnages locaux joueront un rôle dans la vie de Grousset mais après sa « montée » à Paris difficile de dire s’il est souvent revenu à Grisolles.

L’homme aura plusieurs vies : journaliste opposé à Bonaparte, communard, proscrit, exilé à Londres, défenseur de l’éducation physique, puis homme politique en tant que député qui restera socialiste indépendant même après la création du Parti socialiste en 1905.

 

La publication d’une biographie monumentale (350 pages) dont Xavier Noël est l’auteur devrait nous éclairer sur toutes ces questions. La sortie est programmée pour décembre 2009 aux Editions Les Impressions Nouvelles 84 avenue Albert 1190 Bruxelles.

 http://www.lesimpressionsnouvelles.com

Une souscription est lancée à l’adresse de Xavier Noël 4 rue des Perrières 44118 La Chevrolière.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 13:59

« En soulevant la lourde pierre d’oubli, quelque chose d’inclassable a germé au moment de la commémoration [de 1851], comme si on se mettait à penser que tout a changé depuis, mais que ça continue... Comme si, pendant quelques instants, on retrouvait dans sa pureté un élan initial dont, de génération en génération, les péripéties historiques ont miné la Vertu. »

René MERLE

http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=568

 

 

Sur le rendez-vous de 2001, à propos de 1851

 

Je souhaite reprendre au point de sa conclusion, les réflexions que René Merle a souhaité écrire, suite à l’action autour de la commémoration du coup d’Etat de 1851, suscitée par l’association 1851-2001, devenue depuis « 1851 ».

En 2001, la gauche était au pouvoir et le souvenir de 1981 était nettement plus proche que celui de 1851. Aujourd’hui, Sarkozy est au pouvoir et le souvenir de 1851 semble devenir plus proche que l’éphémère page de 1981 tournée depuis longtemps.

Quand René écrit : « comme si on se mettait à penser que tout a changé depuis, mais que ça continue… » comment ne pas s’interroger sur les habits napoléoniens juste ou injustes avec lesquels, même la presse étrangère, habille aujourd’hui notre président ? Et si le travail (historique et commémoratif) autour de 1851, même limité, avait poussé vers cette prise de conscience ? Mais sous la répétition, un élan initial ?

 

La répétition d’abord

René Merle revient tout d’abord sur cette question du drapeau, typique des références qui vont et viennent à travers l’histoire (jusqu’aux révolutions « orange ») et qui en 2001 ne le laissèrent pas indemne. Puis il entre dans le récit de l’expérience associative.

Il me semble important de noter que la commémoration organisée fut préparée bien avant l’événement et je pense que cet effort d’anticipation a été la clef de l’élan populaire des rencontres organisées. Dans cet effort, au même titre que les autres fondateurs de l’association René a eu sa part. Au cours d’un passage chez lui, (en décembre 1996, il me semble), j’eus le plaisir de découvrir un manuscrit presque achevé Gentil n’a qu’un œil, publié seulement en 2003 aux Editions de la Courtine, qui constitue un des axes de cette anticipation.

Le héros du roman, Rambaud, entreprend un voyage à l’automne 1850 dans un Sud-Est où René Merle voyage depuis tant d’années et bien sûr plus particulièrement pour la commémoration de 1851. Les deux chemins sont totalement différents par leur but, leur effet, leur construction. Ils nous interrogent cependant sur « la répétition dans l’histoire » et je n’y suis peut-être sensible que parce que je tente d’étudier cette question en ce moment.

«J’ai été baptisé une troisième fois ce 19 septembre 1850… ». Le hasard a fait que Rambaud revient à la vie en trois occasions. Il s’agit là d’une répétition de fond mais il en est des tas d’autres plus ordinaires : comme le plaisir de revenir voir le paysage de son enfance.

La répétition pour aller directement au cœur du sujet nous la trouvons ici : « Il y a eu la révolution religieuse avec la Réforme, la révolution politique avec la Grande république, il fallait maintenant la révolution sociale… ».

 

Face à la répétition, Rambaud ayant été instituteur se souvient « qu’il apportait un savoir à des enfants dont le destin était tracé ». Pendant des décennies, le fils de paysan devenait fils de paysan, comme le fils de noble devenait fils de noble, et il s’agissait là d’une répétition du même, alors que le capitalisme en 1851 (et de manière plus achevée en 2001) commençait à imposer la répétition du changement ! L’ère de la machine à vapeur allait changer le fils de paysan en fonctionnaire ou en ouvrier, et de l’exploitation féodale on allait passer à l’exploitation capitaliste.

 

Suis-je loin de 1851 et sa commémoration ? Non si on se souvient que Marx se servit de cette époque 1848-1851 (république, montagnard, coup d’état, Napoléon) pour indiquer que l’histoire se répète de tragédie en comédie, la tragédie c’est la révolution qui accomplit la tâche de son époque, la comédie c’est la révolution qui singe la précédente faute de pouvoir réaliser celle de son temps. En histoire, la répétition n’est donc pas une mécanique, une roue qui tourne, c’est la relation entre la révolution objective (celle dictée par l’évolution de l’heure) et la révolution subjective (celle que les hommes réalisent en lien avec le possible). Or cette répétition sous forme de comédie, est-ce seulement peine perdue ? Ne peut-elle porter un nouvel élan, un germe de futur ? La chape de l’oubli n’est-elle pas justement une petite preuve qu’il fallait ensevelir cet élan initial ? René Merle fait référence au début à une de mes constatations : contrairement à ce qu’on apprenait dans l’école de la république, les républiques ne s’engendrent pas les unes, les autres, leurs victoires devenant inévitables, suivant un sens immanquablement progressiste de la trajectoire humaine. L’histoire de France étant autant l’histoire des républiques que celle des coups d’Etat,  toute la question est de savoir comment on passe de l’une à l’autre pour déterminer aujourd’hui la nature de la révolution possible en notre temps.

 

L’élan perdu aussi

L’élan de la Seconde république qui s’acheva en cette double face (le coup d’Etat et la riposte populaire) je l’ai doublement perçu dans les traces de l’événement et dans les réactions qu’il suscite même si elles restent faibles. Encore en 2008, invité deux fois à parler du tournant de 1851, à Moissac et à Bourret, une ville et un village (compte-rendu sur le site des Editions La Brochure), j’ai vérifié très exactement ce qu’explique René Merle : une fois l’oubli levé, les questions d’hier deviennent les questions d’aujourd’hui mais faut-il encore que le simple citoyen puisse être présent. En effet, la publication en 2009, du témoignage de Victor Hugo sur un proscrit de Moissac n’a fait l’objet d’aucune présentation dans la presse locale et a donc du mal à croiser le questionnement populaire.

De quel élan s’agit-il ? Celui que le Rambaud du Gentil n’a qu’un œil cherche à rencontrer. Elan démocratique, élan culturel, élan social. Au cœur d’une société d’indépendants économiques (petits artisans, petits paysans, médecins etc.) de personnes plus ou moins mobiles, la soif de la liberté s’abreuve à la source de l’émancipation humaine. La forme prise par cet élan ne ressurgira pas avec la même force avec la Troisième République car socialement ces forces indépendantes verront leur place diminuée. L’histoire des engagements politiques des médecins serait éclairante. Ou autre exemple : pour les ouvriers de Mazamet, encore en 1851, république et révolte sociale ne font qu’un, mais quarante ans plus tard, quand ils découvriront que la République est confisquée par leurs patrons protestants, ils deviendront conservateurs en politique tout en restant en pointe sur le terrain du combat social.

Cet élan est encore plus marquant quant au rapport entre culture populaire et culture savante : sous la Seconde République la culture peut aller de l’une à l’autre, mais sous la Troisième République la culture savante se placera nettement au-dessus de la culture populaire rangée dans les vestiges du passé. Or aujourd’hui, cette question comme tant d’autres revient au premier plan : unir combat social et politique, unir cultures et peuples.

De tout ceci, et ce n’est pas du pessimisme, j’ai acquis la conviction que les vaincus (le Rambaud du roman de Merle) restent les vaincus, une autre répétition de l’histoire qui ne signifie pas que les vaincus ne font pas, eux aussi l’histoire, simplement il suffit d’assumer sa fonction : assurer le passage du témoin entre générations écrasées, pour aller vers une idée neuve du bonheur, une idée capable de s’appuyer sur des vertus consistantes. Je défends par exemple la dignité de la soupe contre les tenants de l’expression « aller à la soupe », expression qui ne peut faire le bonheur des arrivistes qui vont plutôt à Canossa.

Le récit de l’expérience faite par René Merle nous renvoie à son roman comme le roman nous renvoie au présent. Il ne suffira pas d’analyser le cas de Sarkoléon pour que vive sous une forme actuelle l’idéal perdu car, pour tout dire, je pense même qu’habiller Sarkozy en Napoléon c’est lui faciliter la tâche !

09-03-2009 Jean-Paul Damaggio

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