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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:37


Le prochain livre publié par les Editions La Brochure est un nouveau livre de Maxime Vivas, Victor Hugo à La Havane, un livre de 52 pages au prix de 5 euros où l'auteur met en situation, de belle manière, deux lettres de Hugo au sujet de Cuba. Le livre sera disponible à partir du 4 septembre 2009. Nous ne manquerons pas d'y revenir. Il pourra être commandé à votre libraire (le livre sera répertorié sur Electre) ou à l'éditeur :

jean-paul.damaggio@wanadoo.fr

Nous y reviendrons.

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:13

Nous avons bien connu Noël Arnaud qui sous le pseudo de Léon Dunara a été mis à contribution malgré lui dans un bochure de nos éditions. Exécuteur testamentaire de Boris Vian il ne manqua jamais d'activité et comme il lui arriva de nous conter cette histoire du poème d'Eluad Liberté, voici la reprise de cette lettre en hommage au personnage.

Noël Arnaud à Anne Egger

Penne, le 10 mars 1997

Chère Anne,

Je vois venir une espèce de Barbe-Bleue qui s'appelle Lucien Scheler et qui a une tendance irrépressible à s'approprier tout ce qui passe à sa portée. En bon stalinien, il a fait croire à la municipalité de Saint-Denis qu'il lui faisait don du manuscrit original du poème Liberté d'Éluard, alors qu'il s'agissait d'une des très nombreuses copies écrites par Éluard qui passait une bonne partie de ses matinées (et il se levait très tôt) à recopier les manuscrits de ses poèmes pour les fourguer aux amateurs. La copie de Saint-Denis est donc " originale " en ce sens qu'elle est de la main d'Éluard. Seulement - ce qu'ignorait Lucien Scheler - le poème Liberté n'a reçu son titre définitif que chez notre admirable imprimeur de la Butte aux Cailles, Lucien Cario, et en ma présence, son titre étant jusque-là - et le manuscrit le prouve - non pas ce qu'on a raconté, et Scheler notamment, mais un titre il faut le reconnaître un peu faiblard : Une seule pensée, à telle enseigne qu'on peut se demander si ce poème aurait eu le même retentissement si Éluard avait conservé le titre primitif.

Pareillement, Lucien Scheler n'a jamais possédé le dessin original et bandant et en couleur d'Éluard avec la dédicace précise à Péret, dessin publié dans Dragée Haute n° 8 dont Bodson ou vous-même avez fait une photocopie couleur assez réussie. Oui je possède encore le dessin (et aussi le manuscrit de Liberté). Il suffisait au stalinien Scheler de voir son nom imprimé deux fois (oui, deux fois !) dans la brève légende du dessin imitant le dessin original d'Éluard à Péret, pour se rengorger. Pourquoi voudriez-vous que j'aie " quelque chose à dire " (comme vous dites) à ce sujet ? La seule chose que je puis vous dire, c'est que je m'en fous. Que les universitaires débloquent, ce ne serait pas la première fois, alors, hein ?

Votre lettre du 18 janvier est parvenue à Penne alors que j'étais hospitalisé, et ma femme aussi, c'est-à-dire à un moment particulièrement difficile. D'où mon retard à vous répondre. J'ai du reste le sentiment que votre lettre du 18 janvier 1997 et celle du 10 décembre 1996 avaient été précédées d'une autre que je ne retrouve pas, mais à laquelle j'avais donné quelque suite - que bien entendu, je ne retrouve pas non plus. Je lis dans votre lettre de décembre : " Bien entendu et si vous le désirez, je peux encore intégrer vos petites choses dessinées ou collées de Breton, Péret ou autres poètes ". Mais je ne désire rien du tout, et pourquoi voulez-vous que ce soit de " petites choses ". C'est un jugement de valeur un peu hâtif, vous ne pensez pas ? Encore une fois, je ne suis pas demandeur, et si vous publiez un livre (une thèse ?) incomplet d'une soixantaine d'illustrations dues à ces poètes (mais aussi à ces peintres) surréalistes, cela ne regarde que vous, et personnellement je m'en balance.

La non-spécialisation dans le Surréalisme, certes, mais c'est un tout petit bout de l'héritage de Dada qui, lui, allait beaucoup plus loin dans le " mélange des genres ". Le Surréalisme a mené, souvent parallèlement, la poésie et la peinture (et aussi la politique révolutionnaire), mais cela est difficilement compris par les universités françaises, sauf rares et récentes exceptions, alors que c'est une évidence (pédagogique) dans les universités allemandes et américaines depuis fort longtemps. C'est reconnaître, et je m'exécute volontiers, que vous avez choisi un sujet intéressant, mais il me semble que vous avez quelque propension à croire à l'absolu pouvoir des universitaires, à l'obligation de répondre à leurs questions avec un profond respect, et là vous vous égarez. François Caradec - dont vous lisez peut-être en ce moment le Raymond Roussel revu et augmenté - répliquait à une universitaire - par ailleurs plutôt sympathique - qui s'imaginait en droit d'exiger des documents et des informations qu'il ne lui donnerait rien si elle le prenait sur ce ton. Vous devez bien supposer que nous ne nous inclinons pas devant les "autorités", et l'université, ici comme ailleurs, participe, que vous le vouliez ou non, de la police des moeurs. Beaucoup d'universitaires, et spécialement ceux appartenant au Collège de 'Pataphysique, en ont heureusement conscience et adoptent une attitude discrète et nécessairement policée.

Je ne vous encourage pas moins à poursuivre vos utiles travaux dont je goûterai les fruits avec plaisir si Faustroll me permet d'en attendre le mûrissement (car vous en mettez du temps, fichtre).

Croyez-moi votre attentif et souriant

Noël ARNAUD

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:11

Le mot santé aux Amériques n’a pas le même sens qu’en Europe et il est peut-être bon de commencer par cette précision avant de se lancer dans une modeste approche du sujet.

Michael Steele président administratif du Parti Républicain rappelle surtout que la santé est « le cinquième de l’économie américaine ». Sur ce point il ne se différencie pas des meilleurs défenseurs d’un système de Sécurité sociale comme Michael Moore qui rappela pendant la campagne que cette réforme était une nécessité d’ordre économique car la mauvaise santé des Etasuniens pénalisait l’efficacité économique des entreprises.

Modèle économique et système de santé

Là où naît une différence notable c’est quand M. Steele précise : « Faites entendre votre voix avant que les démocrates d’Obama ne nationalisent un cinquième de l’économie américaine.»

L’exagération est un procédé politique classique sauf que da ce cas il frise le mensonge tellement le projet « des démocrates d’Obama » sont modestes face à l’ampleur de la tache.

C’est seulement avec le XXe siècle qu’est née l’idée chez des humains de quelques sociétés assez riches, de soigner sa santé. Aussitôt deux stratégies apparurent sur la base de deux traditions : l’anglo-saxonne où les gens sont assez habitués aux dons (confiance dans la communauté et la famille), et la française où la coutume est plutôt de passer par l’Etat (confiance dans la juste répartition suscitée par l’Etat). Au Québec cette différence de comportement a été vérifiée dans les deux communautés. 

Dans ce contexte le système de santé naît aux USA surtout en 1935 (Social Insurance Act) quand la philanthropie ne pouvait plus faire face à la crise sociale profonde et que les luttes des travailleurs appelaient à la création de la Sécurité sociale qui fut une promesse de la campagne électorale de 1934. Par la suite les réformes se succédèrent dans le même sens : 1939, 1952, 1954, 1956 et 1958. Avec les années 60 le système fait encore un bon en avant grâce à deux programmes en direction des personnes âgées et des pauvres (Medicare et Medicaid).

Avec les années 90 vont se produire les reculs classiques dans les économies capitalistes : moins de couverture pour des cotisations plus élevées. En l’an 2000, 14% de la population n’a plus de couverture, 72% bénéficient d’une couverture privée et 24 % d’une couverture publique.

Là où est le problème économique c’est quand les observateurs notent que l’augmentation pharamineuse des dépenses n’entraînent pas une amélioration de la santé. Le système est considéré inefficace. Par quel mystère « les lois du marché » échouent-elles ?

Pour simplifier trois agents économiques interviennent : les médecins, l’industrie pharmaceutique et médicale, et les assurances. L’industrie veut gagner toujours plus, les assurances en profitent pour dire que face à de telles augmentations elles doivent augmenter les cotisations etc. Pendant les années 90 le problème majeur qui surgit n’est pas la défaillance globale du système de santé mais la défense des intérêts des malades. Pour ne pas risquer un procès, les médecins multiplient les analyses, les laboratoires cherchent aussi à se couvrir, bref, l’intérêt du malade devient un facteur d’inflation considérable sans que le système global puisse en bénéficier.

Sous quelque angle que vous preniez le problème, le développement du privé est un développement économique (nous en savons quelque chose en France même si les conditions sont totalement différentes) plus qu’une question de santé. Et je tiens à le noter en passant, il ne faut pas croire un seul instant en la passivité des citoyens étasuniens. La lutte pour la défense des intérêts des malades n’est une face de la lutte générale qui fut traduite par des tentatives de réformes comme de Clinton en 1994 qui faisait suite à une promesse de campagne de 1993. Cet échec est-il annonciateur d’un nouvel échec en 2009 ?

 

Modèle économique et définition de la liberté

La liberté made in USA c’est mettre en avant la question du choix avant celles des conditions du choix. Chacun doit pouvoir choisir son médecin, son hôpital sans que l’Etat ne vienne y mettre son nez. Sauf qu’ils sont des millions à ne plus pouvoir choisir faute de l’argent qui assure le choix ! Le contexte de 2009 ne change rien pour les adversaires de toute réforme comme les assurances privées ou les associations de médecin. Elle change beaucoup de données pour les défenseurs du projet qui sont très majoritaires dans la société (comme en 1993 les sondages indiquent un soutien de 75%) car la crise accentue les tensions et les drames. Quand la santé est une question économique, toute crise économique frappe férocement le secteur de la santé ! Le slogan bien connu « c’est mon choix » se transforme en Bérézina pour des millions d’Etasuniens qui, ayant perdu leur emploi, ont perdu aussi la couverture sociale provenant de l’entreprise. Et dans cette crise, paradoxe du système, ceux qui sont les plus forts (par exemple les salariés de l’automobile) vont se défendre mieux que les plus faibles. Le terme de solidarité n’a strictement aucun sens dans ce système et le but de la réforme d’Obama n’est pas d’entreprendre un virage pour l’y introduire. Il s’agit seulement de contrôler les dépenses et ne tombons pas dans un simplisme classique : diminuer les dépenses c’est diminuer les soins. Nous connaissons en France et dans le monde la bataille des génériques. Ce n’est pas le prix du médicament qui en fait la qualité, ce n’est pas le prix du matériel médical qui en fait la qualité etc. Diminuer les dépenses c’est contrôler les honoraires des médecins, les prix des médicaments etc. Et la réforme d’Obama peut avoir des répercussions positives en France quand on se souvient que le prix du matériel médical est surtout fixé par les USA. Leur diminution serait un gain commun. Bref, M. Steele quand il parle des démocrates d’Obama sait ce qu’il dit : il compte sur la défection de quelques démocrates pour empêcher les modestes mesures prévues ou pour les vider de leur sens en particulier dans la négociation la plus ardue, celle avec les immenses compagnies d’assurances. Des républicains seraient favorables à des coopératives locales de sécurité sociale car ils ont pu remarquer que toute régionalisation du système est la garantie d’une atomisation qui ne fait pas le poids ensuite face au lobby de l’industrie pharmaceutique. C’est là aussi une des leçons d’une réforme du système de santé mexicain (sur ce point comme sur d’autres c’est les USA qui donnent le la en Amérique latine) qui en décentralisant la sécurité sociale l’a offert aux adversaires de la dite sécurité sociale.

Pour suivre ce rapide tour d’horizon il serait bien que les médias informent sur les manifestations populaires nord-américaines qui se produisent et vont se produire autant que sur les manœuvres des lobbies et discussions de Congrès. Mais je rêve.
10-09-2009 Jean-Paul Damaggio

 

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:10

Une part du siècle

 

Duras. Je quitte l’autoroute à la sortie qui indique Duras, je tombe sur un rond-point qui annonce les vignerons du marmandais, je laisse la ville de Marmande, pour le sens opposé, et quelques mètres plus loin je tourne à droite en direction d’un village étrange, étrange car l’imposante église sert de centre comme nulle part ailleurs, j’en fais le tour, je redescends un peu pour me garer enfin devant le cimetière.

A pied, je remonte vers le village, le corbillard me double suivi de trois voitures qui transportent sans doute la famille de la défunte, l’une venant du 75 et l’autre du 33. Devant l’église, ladite famille s’élargit à une part importante et plutôt âgée de la population villageoise.

Je suis là pour l’enterrement d’une part du siècle passé ! Le siècle présent se voit très bien autour de la place avec un relais poste, qui remplace le vrai bureau de poste, en face de l’église on devine encore sur un panneau repeint, l’enseigne de l’ancien café, rendez-vous classique des hommes le dimanche, et enfin un modeste monument aux morts à l’histoire peu ordinaire.

La dame qu’on enterre était née en 1910 et avait encore bon pied bon œil quelques heures avant ce 5 août 2009. Elle était une conscience du village, un témoin qui fut  professeur mais, j’ai envie de dire, pas prof par métier ou vocation, mais prof par devoir social. Elle n’a jamais eu devant elle seulement des élèves mais toute une société, et en premier lieu celle de sa proximité, celle de sa commune. Les enseignants de son siècle étaient arrivés à la pédagogie par un rêve, celui de la lumière capable de faire reculer les ténèbres. Depuis, surprise, que de clairs-obscurs !

C’était pas son prénom officiel mais on l’appelait Lucienne, et, pendant l’office, un homme rappelle brièvement sa vie pour dire qu’elle succéda à son père au Conseil municipal en 1971 où elle resta jusqu’en 1989 et que là, elle sut se montrer énergique pour défendre les habitants. On lui confia la mission de fleurir la tombe d’un maire précédent qu’elle admira jusqu’à son dernier souffle. Une mission de femme diront certains ! Fait moins « féminin » elle voyageait beaucoup et elle faisait profiter de ses plaisirs touristiques les habitants du village par des diaporama.

Lucienne était encore une « mademoiselle », et comme elle, j’en ai connu d’autres enseignantes qui oublièrent leur vie pour le savoir à partager avec tous. J’insiste, c’était une part de son siècle.

 

Pendant que le corbillard la ramenait à sa dernière demeure, j’étais déjà sur le chemin du retour, j’avais allumé la radio et mystère, l’émission de France Culture évoquait une femme qui fut une part de son siècle, une femme de nulle part et de partout à la fois, une femme de combat dont j’ai vu les films sans jamais lire les livres, une femme témoin, une conscience de son pays, une femme qui s’offrit comme nom de plume, pour une fois au moins s’accrocher à du solide, un village du Lot-et-Garonne, Duras. Si Lucienne avait été écrivain, elle aurait eu comme nom Lucienne Samazan.

5-08-2009 Jean-Paul Damaggio

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:08

Traces de vie est le titre du semestriel que l’association Renaud Jean lance ce mois d’août pour honorer la mémoire du député communiste. Il s’agit pour le moment d’un A3 recto-verso que vous pouvez demander gratuitement à Association des Amis de Renaud Jean Mairie 47250 Samazan.

Après dix dates clefs il y a une présentation de l’enfance du personnage et de la période de la guerre d’où la photo que nous offrons ci-contre où Renaud Jean est facilement reconnaissable avec les bras croisés au milieu du groupe. Je ne connais pas les trois autres personnages.

Cette nouvelle étape dans l’activité de l’association est de bonne augure pour la suite.10-08-2009 Jean-Paul Damaggio

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 15:39



  


En  1993, je me suis plongé dans la lecture de lettres de Renaud Jean à son épouse suite au livre que Gérard Belloin avait consacré au personnage. Ce travail m’incita à écrire un livre d’un genre unique : ni livre d’histoire, ni témoignage, ni roman, disons à la manière de Maurice Lemoine, un docu-roman. Par la suite j’ai écrit divers articles sur ce premier député communiste tout en laissant dormir mon étude dont je savais qu’elle était impubliable. En janvier 2007 c’est la création des Editions La Brochure qui publieront en octobre 2007, Ma bien chère belle, le docu-roman en question. Le 30 octobre 2008 le facteur me porte une commande pour ce livre de Mademoiselle Navail de Samazan (photo de la lettre jointe). J’avais envoyé le livre à diverses personnes du Lot-et-Garonne sans recevoir la moindre réaction aussi cette lettre de quelqu’un de Samazan fut un grand bonheur pour moi. Peu après, parce qu’un bonheur n’arrive jamais seul, j’ai appris la naissance d’une association les Amis de Renaud Jean ! Elle prépara activement son Assemblée générale où je me suis rendu avec plaisir. Là, avant le début, une personne est venue me dire que Lucienne Navail souhaitait me rencontrer. Il y avait du bruit, c’était difficile pour s’entendre mais nous avons pu bavarder. J’ai été profondément ému par cette dame à l’esprit si clair, si vif et je l’ai évoquée avec une photo de Marie-France à l’appui, dans un compte-rendu de cette assemblée générale. Aujourd’hui, brusquement j’apprends son décès. J’ai tenu à aller à Samazan pour le dernier hommage. Je ne connais rien de Lucienne Navail, ni son métier, ni sa famille mais je connais ses rêves, des rêves d’humanité, de beauté et générosité. Son intervention à l’assemblée générale restera gravé dans ma mémoire. Sans micro, elle a su tenir son auditoire en haleine et chaque mot était pensé, réfléchi, comme le faisait l’homme qu’elle admirait : Renaud Jean. 3-08-2009 Jean-Paul Damaggio

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:45
le Lundi 20 juillet 2009 nous avons publié : Ernest-Pignon Ernest à Montauban

Ernest-Pignon-Ernest à Montauban (suite)

(le dessin en cause sur la photo)
 

Notre monde est tel que le sexe des anges dessiné par l’artiste Ernest-Pignon-Ernest et apposé en grand format sur les murs de la Cathédrale se devait de susciter une réaction d’intégristes religieux.

Le journal la Dépêche du Midi a décidé de se faire l’écho, dans plusieurs éditions, de l’acte d’une famille prise en flagrant délit de destruction d’une œuvre art. Les coupables indiquent qu’avant d’agir par eux-mêmes (masquer le sexe des anges) ils s’étaient adressé en vain aux autorités pour faire enlever de telles œuvres qui choquaient leur sens religieux.

Observons que c’est par la réaction d’intolérance que s’ouvre la discussion sur la question, une question prise par le petit bout de la lorgnette ou le petit bout du sexe pour être plus précis.

Le combat artistique global du peintre – exposer ses œuvres dans la rue – apparaît secondaire par rapport à la polémique. Bien sûr des personnes invoquent la liberté artistique (Philippe Maurin) qui ne doit pas subir la moindre censure, mais l’art dépasse la liberté de l’art. L’adjoint à la Culture précise : « L’idée était d’apporter un élément de promotion de la superbe exposition du musée Ingres. » L’artiste produisant un œuvre-promotion ? Or il se trouve que si des personnes furent choquées par le dessin sur la cathédrale, d’autres le furent par l’exposition elle-même si l’on en croit le témoignage de cette personne qui, sur les cahiers enregistrant les réactions, regrette d’avoir fait le voyage pour découvrir une présentation d’œuvres insultantes vis-à-vis de la mémoire d’Ingres. L’art serait donc provocations face à l’histoire de l’art elle-même ?

 

Ce juste droit à la provocation qu’évoque Paul Duchein peut cependant, autant que la seule référence à la liberté, enfermer l’art (combien sont-ils à croire qu’ils font de l’art quand ils provoquent pour provoquer ?). Ernest-Pignon-Ernest, interrogé suite aux dégradations précise : « Je n’avais aucune intention de choquer. » Vu la forme qu’utilise cet artiste (le dessin le plus classique qui soit) nous pouvons d’autant mieux retenir son propos. Là où le bât blesse, c’est qu’à cette forme classique, le peintre associe une démarche inhabituelle. Si les deux dessins étaient restés dans le musée nous pouvons parier que l’envie de dégradation n’aurait pas touché des personnes qui ne vont jamais… au musée. Or l’artiste cherche au contraire à trouver une association efficace entre le dessin qu’il affiche et le LIEU où il l’affiche. Et en l’occurrence tout le génie est aussi dans cette rencontre entre, d’un côté la peinture d’Ingres qui est dans la Cathédrale (le vœu de Louis XIII), et de l’autre les détails de cette peinture, placés à partir de dessins d’Ingres, sur les murs de la dite Cathédrale ! Le vœu de Louis XIII n’aura jamais été autant regardé que depuis l’apparition des dessins ! Et là, nous tenons un autre type de réponse à la question : qu’est-ce que l’art ? Plus que d’exprimer une liberté ou de provoquer, l’art consiste à susciter un autre regard sur le monde en général, et notre monde intérieur en particulier (et pour cela il a besoin de liberté et d’audace).

 

En conséquence, les réactions d’intolérance, témoignent, grâce à l’œuvre, d’un double état d’esprit connu dans le monde actuel, celui offensif des intégristes de tous horizons, et celui plus défensif des démocrates qui aiment discuter d’une « œuvre-promotion » plus que d’un regard nouveau sur le monde. Peut-on changer la rue par l’art qui ne soit pas celui, marchandisé, des publicitaires ? Quand on prétend mettre dans la rue les dessins d’un artiste qui se tient loin les musées, pour assurer la promotion d’une expo du musée, n’y a-t-il par un contre-sens ? Même si tout est fait pour privatiser de plus en plus les rues, le lieu continuer d’être un moyen de rencontres sociales et je retire de toute cette polémique que le choix d’Ernest-Pignon-Ernest est un choix artistiquement riche de vie, pour qui veut affronter de face le monde actuel. D’où le dernier mot au peintre : « C’est amusant en un mois mes œuvres ont été prises pour cible à plusieurs reprises. En Palestine mes portraits du poète Mahmoud Darwish ont été lacérés par des religieux ; celui doit interroger.. ». Moins que la pérennité de l’œuvre tout tient dans la pérennité du combat pour la vie. D’où cet constat… peut-être provocateur pour les artistes eux-mêmes, la destruction d’une œuvre faite pour être détruire d’une façon ou d’une autre, est donc nettement moins sacrée, que le débat qu’elle peut enclencher.

29-07-2009 Jean-Paul Damaggio  

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 15:43

Programme de la journée Cladel

Médiathèque de Lafrançaise (82)

Samedi 3 octobre 2009

 

15 h – 18 h

– Intervention autour du roman N’a qu’un œil présenté par Fabrice Michaux

Intermède musical avec Cédric Gonnet

et l’atelier d’écriture de la Compagnie des écrivains du Tarn-et-Garonne

– Intervention autour des Auryentys de Lunel, nouvelle présentée par Norbert Sabatié

Intermède musical

– Victor Hugo et Cladel, par Michel Veyres

– Correspondance de Cladel,

– Léon Cladel et la Commune de Paris, par Thanh-Vân Ton-That (auteure d’un livre récent sur la question publié aux Editions L‘Harmattan) (sous-réserve)

Fin en musique et chansons

Chaque intervention sera suivie d’un large débat.

Entrée gratuite ouverte à tous

 

20 h 30 – 23 h

Projection et débat autour du film réalisé par Claude Vernick : Bal(l)ades Occitanes.

Entrée 5 euros

Renseignements : 05 63 95 95 30

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 15:01

Retour à l’usine à fer
de Bruniquel

 

Pour offrir ce nouveau livre des éditions la brochure au propriétaire actuel des forges, le vendredi 25 juillet avec Marie France et l’amie belge Hetty nous avons fait le voyage à Bruniquel. Surprise, j’y croise l’ami Pierre Malrieu qui était là lui-même avec une amie belge de Penne !

C’est ce qui me permet de vous annoncer un scoop : en novembre, le château de Penne sera dans l’émission « Des racines et des ailes ».

Alexander Mathers, le propriétaire, est bien là avec sa gentillesse habituelle et sa passion toujours intacte pour ce lieu, passion à laquelle il a converti l’amie belge de Pierre Malrieu.

 

Je revois avec la même émotion, l’usine à fer de Bruniquel à la splendeur masquée par une végétation toujours plus forte que la vie des hommes. C’est la première fois que j’y entre l’été quand le vert domine sur la pierre. Pierre me rappelle son plus ancien souvenir de l’usine quand il y descendit une nuit pour une vague question de jeu d’échecs, tandis que Alexander m’indique qu’il a rassemblé des souvenirs d’un ancien habitant qui traversa quelques époques du lieu.

 

Je n’habite plus Bruniquel et il m’est donc difficile de travailler à ce livre tant rêvé, celui qui rassemblerait la mémoire populaire née de l’usine. Loin des archives et de leur froideur, il serait beau de retrouver les mots de la vie d’une usine tant oubliée, qu’un panneau « Forges » sur le bord de la route, trahit en permanence car, en ce lieu, il fait davantage penser à la forge du forgeron qu’à celle du sidérurgiste. Un ancien maire de Puygaillard me rappelait que jusque sur les hauteurs de sa commune, ils entendaient le bruit du marteau-pilon !

 

Dans les Pyrénées Orientales le Conseil Général a acheté le site industriel de Paulilles, une ancienne usine de dynamite sur le bord de la mer entre Port-Vendres et Banyuls. Il est émouvant de se promener à présent en ce lieu bien restauré, bien aménagé et gratuit où la mémoire ouvrière trouve enfin une très belle reconnaissance. C’est vrai la mémoire a été plus facile à recueillir car l’usine a fermé seulement en 1984. Mais globalement l’histoire de Paulilles et celle de l’usine à fer de Bruniquel sont parallèles et le succès humain (je préfère dire humain que touristique) de l’une pourrait servir d’exemple à celui de l’autre. Oui, il n’y a pas la Méditerranée à Bruniquel mais l’Aveyron ne manque pas de charme en cet endroit qui achève les gorges.

 

Le petit livre que j’ai publié reprend sous une forme nouvelle un travail plus ancien partiellement complété. Je souhaite de tout cœur qu’il soit une étape de l’action concrète que les institutions doivent mettre en place, avec le propriétaire, pour donner à Caussanus toute sa dignité.

27-07-2009 Jean-Paul Damaggio

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 15:00

Le sens de la Poste selon Jean-Pierre Chibrac


(cet article est une reprise suite à une petite modification qui entraînera un autre article)
 

Le Samedi 4 mars 2006 une affaire époustouflante éclate au grand jour : un conseiller financier de La Poste Villebourbon à Montauban aurait détourné 1 million d’euros ! Il faudra attendre trois ans, avant qu’elle ne passe devant les tribunaux : la somme est exactement de 1 144 450 euros ! C’était donc vrai. Mais qui a pu se livrer en quatre ans, de 2002 à 2006, à une telle escroquerie ? En comptant bien, nous arrivons à la somme de 20 000 euros par mois, dans un Bureau de Poste qui semble familial et où personne ne remarqua rien, jusqu’à la découverte par un vieux monsieur d’un manque de 30 000 euros sur son compte. Qui a pu se sentir au-dessus des lois pour oser une telle escroquerie ?

Comment les deux quotidiens locaux allaient-ils suivre le dossier ?

Le Petit Journal du 4 mars ne nomme pas le conseiller financier préférant annoncer des explications dans un numéro suivant, article qui ne viendra jamais. On y apprendra seulement le 6 mars, que la direction de la Poste à découvert elle-même, suite à une enquête interne, le pot aux euros. Le Conseiller financier fut suspendu en janvier mais l’affaire fut rendue publique seulement deux mois après !

La Dépêche sera plus précise et plus sérieuse en rappelant les liens du conseiller financier Jean-Pierre Chibrac, avec le PS (directeur de la campagne du candidat PS aux législatives de 2002) ce qui obligera l’ex-député Roland Garrigues à s’expliquer dans le bimensuel qu’il anime : Le Réveil (n°3099). Il rappelle que directeur de campagne est un poste peu important sur le plan financier mais que d’autres activités du « conseiller » sont « oubliées » par la quotidien : « Il a ensuite été admis dans un club de service, les Kiwanis où les gens sont honnêtes, dévoués et tiennent pignon sur rue. Par ailleurs, il appartiendrait à des cercles où l’on met en avant des qualités plutôt que des défauts. Il était responsable syndical. » Roland Garrigues n’ajoute pas que tout en étant suspendu de son travail (donc soupçonné de malversations) il continuait à s’afficher joyeusement au restaurant aux côtés d’un conseiller général socialiste.

 

L’homme s’appelle donc Jean-Pierre Chibrac et tous ceux qui le côtoyaient étaient d’accord sur un point : il présentait très bien. Avec un tel pécule mensuel, il pouvait s’offrir maisons, voitures et tableaux de maître. 

Avec l’argent pillé, Jean-Pierre Chibrac décida de faire œuvre démocratique en créant un journal : Post Scriptum en septembre 2003. Une tâche pas facile, mais un personne bien informée m’avait annoncé à l’avance que ce journal durerait seulement deux ans, et en effet sans que le mensuel ne s’en explique il cessa toute parution en juin 2005. Il donna la parole à divers socialistes, semblant jouer la fonction d’un PS ouvert vers sa gauche ! Dans un paysage médiatique local très contrôlé, ce travail faisait figure de bol d’air salutaire. On voit comment à présent !

 

Pour truander, la manœuvre était simple : profiter de la naïveté des personnes âgées qui lui confiaient leur argent. Mises en confiance, elles ne s’étonnaient pas de ne pas recevoir confirmation officielle des versements et à partir de là le conseiller jonglait… et se servait. J-P Chibrac vient d’être condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis et il doit rembourser à La Poste 2 300000 euros, plus 1500 euros à chacune des parties civiles. Parions que l’homme absent au moment de la sentence fera appel pour gagner du temps. Sincèrement je doute encore qu’il passe par la case prison.

22-04-2009 Jean-Paul Damaggio

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