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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 11:48

Mon engagement en faveur d’une alternative à la LGV Bordeaux-Toulouse m’a incité, comme pour les élections précédentes, à suivre les références politiques à la question, au cours des municipales. Attitude totalement justifiée quand nous lisons cette affirmation du cabinet Claraco spécialiste du sujet :

 « En termes d’aménagement du territoire, les décideurs politiques ont à disposition deux outils qui leur sont complètement soumis. D’une part, RFF qui est gestionnaire des infrastructures de l’Etat et qui pilote les projets de développement, d’autre part la SNCF, entreprise d’Etat à 100% qui est aux ordres pour développer les politiques décidées même si elles ne sont pas fondées en termes économiques. » (document Claraco au sujet de la ligne POLT, mars 2014 :en gras c’est moi qui souligne)

 C’est au quotidien que l’équipe Claraco est confrontée aux incohérences politiques sur une question qui a besoin de tout… sauf d’incohérence ! Et la première des incohérences c’est l’absence de débat politique sur un sujet éminemment politique !

Présidentielles, législatives, régionales et aujourd’hui municipales ne donnent lieu qu’à des propos parfois ridicules au sujet de la LGV.

 Les ignorants

En fait, les médias locaux s’intéressant surtout au cas de Montauban, c’est dans cette ville que les candidats ont le plus souvent évoqué, au détour d’une phrase, le mot LGV qui, avec ou sans l’argent de l’Etat, est plébiscité de la liste LO à la liste FN. Quel électeur comprendra pourquoi il faut deux gares sur le Grand Montauban ? Quel électeur saura le montant de la dépense ? Quel électeur admettra qu’il faille une zone d’activité de 650 hectares après celle de 450 hectares à Montbartier ? Dans des conditions équivalentes, celle d’Agen est prévue de 250 hectares, 250 hectares de trop mais c’est déjà moins ? Le pompon de l’ignorance revient à celui qui propose un accord avec la SERNAM sur la gare de Montauban alors que la SERNAM n’existe plus…

 Les fatalistes

C’est comme si, la SNCF sachant ce qu’il y a de mieux à faire, les élus avaient comme seule responsabilité d’accompagner l’entreprise ! Au moment même où Martin Malvy pousse un cri de colère contre la dite SNCF, pour des raisons sans nul doute électoralistes (le cri ne peut pas être suivi d’effets). Pour le transport ferroviaire régional c’est Malvy qui est aux commandes ! Le pyromane qui crie au feu ! Mais qui peut comprendre ?

Il y a eu la commission Duron qui fut une tentative politique sérieuse pour reprendre en main la direction du rail, mais les luttes politiciennes font qu’on détricote le lundi, ce qu’on a tricoté le dimanche !

Le pompon du fatalisme revient à ceux qui disent qu’on peut tout faire quand tout le monde sait que la vie est toujours faite de priorités.

 Les menteurs

Là aussi personne ne peut plus savoir si les élus répètent les mensonges du couple RFF- SNCF, ou si l’entreprise ferroviaire se sent obligée de mentir pour faire plaisir aux grands élus ! Un des mensonges les plus classiques dans ces municipales, ce fut d’entendre que la LGV était source de développement économique. En fait même RFF ne répète plus ce mensonge mis à mal par des tas d’études, Marie Delaplace s’étant distinguée sur ce point. En conséquence cet exemple confirme que les politiques vont plus loin que l’entreprise pour obtenir une LGV qui n’est rien d’autre qu’un rêve d’enfant ! Depuis que je m’active sur ce terrain j’ai pu constater que le ferroviaire c’est une affaire de « mecs ». Dans un colloque vous pouvez avoir dix personnes à la tribune, ce sont toujours des hommes. Et les intervenants dans la salle toujours des hommes sauf quand il y a Brigitte et Pierrette.

Le pompon du mensonge fut atteint à une émission télé quand il a été annoncé qu’avec la LGV, Montauban serait à 2 h 40 de Paris !

 Les lâches

Le besoin de LGV vient d’en haut, des hautes sphères politiques. Martin Malvy a bien tenté de lancer une pétition pour appuyer son rêve, mais sans succès. Ensuite le mot d’ordre descend jusqu’à l’élu de base qui, faisant confiance au supérieur préfère ne rien dire sur le sujet pour par exemple ne pas perdre l’accès à quelques subventions. Sur ce point le Tarn-et-Garonne se distingue par rapport au Lot-et-Garonne. D’un côté il y a unanimité au Conseil général et de l’autre il y a de vifs débats. Défendre la LGV est un acte tout à fait respectable quand on avance des arguments, mais là aussi nous avons un pompon quand le maire d’une commune du Grand Montauban affirme : « Je suis pour la LGV mais je ne saurai dire pourquoi » !

 Les indifférents

Je suis prêt à trouver des excuses à tout le monde sauf aux indifférents.

Les ignorants, ne peuvent tout savoir ; les menteurs sont ceux qui veulent vendre leur camelote ; les fatalistes ont le droit d’être fatigués ; les lâches sont parfois courageux en d’autres occasions ;  mais les indifférents me sont insupportables. J’entends bien que, comme tout un chacun je suis indifférent à tant de choses auxquelles telle ou telle personne attache une grande d’importance, mais je ne parle pas de cette indifférence naturelle voire salvatrice.

J’évoque celui qui vous dit, quand vous mettez sous son nez l’Himalaya, « circulez, il n’y a rien à voir ». Tout le monde peut-être indifférent aux merveilles de l’Himalaya mais, mis au pied de montagne, personne n’a le droit de dire : « circulez, il n’y a rien à voir ».

Les candidats aux municipales (comme aux autres élections) doivent savoir qu’on va les tirer devant diverses montagnes et s’il s’en trouve une à 8 voire 10 milliards d’euros il ne peut détourner son regard. Il peut mentir, se montrer lâche, tricher, dire sa fatigue mais il doit réagir. A Toulouse les municipales auront suscité le pompon de l’indifférence vis è vis de la LGV, alors que dans le même temps cette LGV est présentée – hors échéance électorale- comme le pilier de l’avenir de la ville !

 Quelques beaux gestes

Sur les 31 communes impactées en Tarn et Garonne, ils sont une cinquantaine de candidats qui ont souhaité afficher un soutien aux arguments de l’alternative LGV suscitant ainsi dans des listes quelques débats (la liste sera publiée sur le blog de l’asso Alternative LGV Midi-Pyrénées). Car pour moi, l’essentiel est dans le courage du débat sur le sujet. Au-delà de la LGV, le ferroviaire ne doit plus être un tabou politique. Critiquer les choix de la SNCF ce n’est pas porter un mauvais coup à l’entreprise, c’est affirmer que la décision appartient aux citoyens. Comment et pourquoi en Languedoc-Roussillon le TER va-t-il être partout à 1 euro en janvier 2015, après bien sûr de multiples expérimentations ? Comment et pourquoi le Conseil Régional Poitou-Charentes se dispense de payer toute LGV quand celui de Midi-Pyrénées se prépare à y consacrer des millions d’euros ? (plusieurs millions ont déjà été dépensés).

 Conclusion

Je n’évoque ici qu’un sujet que je connais, mais je crains que, pour tant d’autres sujets, la démission des politiques soit du même ordre avec ce cercle vicieux à la clef : la démission entraîne l’abstention, et face à l’abstention les politiques se disent que puisque ça n’intéresse personne pourquoi se fatiguer à expliquer…

J-P Damaggio

P.S. J’aurai pu nommer ceux qui ont décroché le pompon mais les noms importent peu quand les attitudes évoquées sont si répandues…

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 22:04

bachelet-presidenta1.jpg

L'image a fait le tour du monde.

La présidente du Sénat, Isabelle Allende (en rouge) a remis l'écharpe de présidente à Michelle Bachelet.

Pour le symbole je me devais de faire suive cette photo.

L'accouchement du gouvernement n'a pas été facile à cause des tensions internes à la coalition.

Dans la mesure du possible je vais continuer de suivre cette actualité qui me passionne. JPD

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 15:03

couv-balafre-blog.jpg

Quête d'une tortue sur la balafre d'une LGV, Jean-Paul Damaggio

 

En Tarn-et-Garonne la LGV va traverser 31 communes. A titre d'indication j'ai retenu une merveille par commune pour faire comprendre que la beauté du monde se loge aussi dans les détails. La vitesse a ses nécessités que je ne nie pas, surtout quand on en reconnaît aussi à la lenteur !

Le paysage que je décris est celui de mon quotidien et chacun sait que le quotidien rend souvent aveugle aux charmes qui nous entourent.

J'espère en conséquence que ce livre de 66 pages saura en divertir quelques uns. Jean-Paul Damaggio 

 

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:46

 

Voici une liste des noms États des USA. Sans commentaire. JPD

Code

État

Origine du nom

traduction

AL

Alabama

Indien : alba amo

Clear the ticket (?)

AK

Alaska

Indien : alaska

Grande terre

AZ

Arizona

Indien : Alek-zon

Petit printemps

AR

Arkansas

Algonquin

 ?

CA

California

Espagnol

Nom d'une île imaginaire

CO

Colorado

Espagnol

Coloré en rouge

CT

Connecticut

Indien

Le long de la rivière

DE

Delaware

Anglais

Lor dde la Warr

FL

Florida

Espagnol

fleurie

GA

Georgia

Anglais

Honneur du roi George

HI

Hawaï

?

 

ID

Idaho

Indien

Pierre précieuse des montagnes

IL

Illinois

Indien

L'homme

IN

Indiana

Anglais

Terre des indiens

IA

Iowa

Indien sioux

Quelqu'un de somnolent

KS

Kansas

Indien sioux

Le peuple du vent du sud

KY

Kentucky

Indien

Terre du lendemain

LA

Louisiana

Français

En l'honneur de Louis

ME

Maine

Français

Noms ancienne province en France

MD

Maryland

Anglais

En l'honneur de Marie

MA

Massachusetts

Algonquin

Grand défi-petit endroit

MI

Michigan

Indien

Grand eau

MN

Minnesota

Indien sioux

Ciel chargé d'eau

MS

Mississippi

Indien

Rivière large

MO

Missouri

Indien Sioux

Le nom d'une tribu

MT

Montana

Espagnol

Montagneux

NE

Nebraska

Indien Omaha

Rivière plate

NV

Nevada

Espagnol

Enneigé

NH

New-Hampshire

Anglais

Province anglais

NJ

New Jersey

Anglais

L'île

NM

New Mexico

Indien aztèques

Guerre de Dieu

NY

New York

Anglais

Province anglaise

NC

North Carolina

Anglais

En l'honneur du roi Charles

ND

North Dakota

Indien sioux

Alliance avec les amis

OH

Ohio

Indien Iroquois

Grand

OK

Oklahoma

Indien Choctaw

Peuple rouge

OR

Oregon

Espagnol : orejon

Grandes oreilles

PA

Pennsylvania

Anglais

En l'honneur de William Penn

RI

Rhode-Island

Anglais

L'île de Rhode

SC

South Carolina

Voir Caroline du Nord

 

SD

South Dakota

Voir Dakota du Nord

 

TN

Tennessee

Indien cherokee

Capitale des cherokees

TX

Texas

Indien

Les amis

UT

Utah

Indien Ute

Nom de la tribu

VT

Vermont

Français

Montagne verte

VA

West Virginia

Anglais

En l'honneur d'une reine

WA

Washington

Anglais

Nom d'un homme bien connu

WV

Virginia

Voir virginie

 

WI

Wisconsin

indien

Nom d'une tribu

WY

Wyoming

Indien

Une alternance de vallées et montagnes

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 19:05

En cliquant sur le titre vous pouvez accéder aux textes et présentations.

Nous avons aussi la version papier pour 5 euros port compris.

 

Gouges-Cartou (Moissac)

et Poncet-Delpech (Montauban)

  

Deux projets de déclaration

des droits de l’homme

en 1789

En 1789, des hommes, de sujets du roi se transformèrent en citoyens du pays. Nous avons ici deux exemples de Quercynois qui, comme d’autres, se jugèrent capables d’écrire une déclaration des Droits de l’Homme, le texte à vocation la plus universelle qui soit.

Ne s’agissait-il pas uniquement d’abstractions sans lien avec la réalité, d’autant que les femmes elles-mêmes étaient exclues de ces droits ?

 Ce texte se voulait porteur d’idéal, un idéal aux multiples sources (la Constitution des USA, la philosophie des lumières, la liberté religieuse…), un idéal qui ne pouvait entrer dans la vie que petit à petit.

 Comparer les deux textes qui suivent permet de sortir les articles officiels, du marbre un peu mortel où ils dorment parfois. Chaque mot, chaque phrase, chaque article a été discuté dans le cadre d’une explosion démocratique sans précédent et c’est plus que la déclaration officielle la richesse de la centaine de propositions qui mérite l’attention.

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 14:24

 

Voici le texte d'une autre conférence qui date de 1989 :

La Révolution vue de l'étranger.

Je retiens ici un passage qui m'a surpris à la relecture.

"Au Club des jacobins de Paris en 1793, un débat a lieu, suite à la proposition d'édition d'un discours contre les Anglais. Un intervenant peu favorable au discours rappelle que Robespierre a demandé que toute décision soit d'abord étudiée en commission. Ce dernier réplique :

« Puisque la discussion est établie sur ce discours qui vient d'être prononcé, on peut à son égard s'écarter de la règle ordinaire ... il respire le patriotisme le plus pur ....»

Une autre personne fait une objection :

« Une phrase du discours porte ces mots : "Ce n'est que quand les Peuples ligués contre nous viendront à genoux nous demander la paix, que nous pourrons consentir à la leur accorder". Je demande que cette phrase disparaisse. A genoux, comme debout, nous n'accorderons la paix aux Peuples, que quand ils auront brisé leurs chaînes. Il n'est ni paix, ni trêve avec des Peuples corrompus et avilis...»

Sijas fait aussi quelques observations ... Il ajoute qu'un autre passage semble avilir le Peuple Anglais, et demande qu'il soit également supprimé.

Jean-Bon-Saint-André :

« J'appuie cette proposition. On veut faire une révolution en Angleterre et l'on dit que le Peuple est avili... Il est un effort qui remue l'âme, élève les hommes au dessus de l'esclavage, et se fait sentir dans tous les individus, sans s'éteindre entièrement dans aucune Nation. On disait aussi de nous que nous étions abâtardis. On a vu si les Français sont dignes de la liberté, s'ils ont su généralement la reconquérir ! Je partage encore l'opinion de Sijas sur le reproche qu'il fait à l'orateur de développer les moyens qu'emploiera le gouvernement pour opérer une descente en Angleterre. Il est probable qu'il le fera : mais il faut lui laisser toute attitude nécessaire. Ici, dit-on, se trouverait tel obstacle ; là la route est libre. Veut- on nous dire qu'il faudra nécessairement nous y prendre ainsi ? Veut-on avertir les Anglais que c'est là l'endroit qu'ils doivent défendre. On semble encore vouloir aliéner de nous le Peuple Anglais, ce ne fut jamais là votre intention. Vous avez voulu resserrer plus particulièrement les liens de la fraternité entre vous et lui. Montrons aux Anglais quelle est la honte dont ils se couvrent en obéissant à un roi imbécile. Faisons leur sentir combien il est humiliant et dur d'être soumis aux caprices d'un ministre insolent. Offrons à leurs yeux les douceurs de la fraternité qui nous unit, et les bienfaits de l'égalité ; demandez-leur s'ils ne sont pas jaloux de les partager et vous verrez qu'ils s'empresseront d'en goûter aussi les charmes. »

 

Legendre en profite pour surenchérir en déclarant :

« Nous devons nous borner à offrir des secours au Peuple Anglais. Nous sommes les aînés en révolution, nous devons aider nos cadets, soit de nos conseils, soit de nos forces. Nous n'eûmes besoin de personne pour l'opérer. La France a trouvé en elle-même les ressources et les moyens qui lui furent nécessaires pour l'opérer glorieusement. »

 

Alors Robespierre va intervenir longuement sur une autre longueur d'onde :

« On veut séparer le Peuple Anglais de son gouvernement. Je ne demande pas mieux, à condition qu'on distingue aussi le Peuple Anglais faisant la guerre à la liberté conjointement avec son gouvernement, du Peuple Anglais punissant ce même gouvernement de ces attentats contre la liberté. Qu'est ce que cette anglomanie, déguisée sous le masque de la philanthropie, si ce n'est la conservation de l'ancien brissotisme qui négligeait le bonheur et la tranquillité de son pays pour aller s'occuper de la liberté de la BELGIQUE (applaudissements). (...)

Je n'aime pas les Anglais, moi (applau.) parce que ce mot me rappelle l'idée d'un peuple insolent. Je n'aime pas les Anglais parce qu'ils ont osé occuper Toulon... Je n'aime pas les Anglais... Je déclare que j'augmenterai, autant qu'il sera en moi, la haine de mes compatriotes contre lui. J'avoue que c'est dans ma haine contre son gouvernement que j'ai puisé celle que je porte à ce Peuple; qu'il le détruise donc, qu'il le brise. Jusqu'alors je lui voue une haine implacable. Qu'il anéantisse son gouvernement ; peut-être pourrions-nous encore l'aimer. Nous verrons si un Peuple de marchands vaut un Peuple d’Agriculteurs ; nous verrons si quelques vaisseaux valent nos terres fertiles. Il est quelque chose de plus méprisable encore qu'un tyran ; ce sont  des esclaves. »

 

Jean-Bon-Saint-André va répliquer :

« Si j'avais quelque faiblesse de caractère à me reprocher, je remercierais celui qui m'en ferait apercevoir et je me rangerais à ce qu'exige de moi la confiance que le Peuple accorde à ses représentants. (…) »

 

Robespierre :

« J'aurais manqué à mon but si j'avais offensé dans mon opinion celui qui a travaillé avec nous à opérer le bien de la République. Je dois dire pour le bien de la chose que je ne connais qu'une différence d'expression entre l'opinion du préopinant et la mienne, à l'exception de quelques particularités. Ce que j'ai dit à trait à un incident et non à l'opinion de St André. Ce ne sont que des idées générales que j'ai voulu vous communiquer, pour animer de plus en plus votre haine contre les Anglais. S'il pouvait y avoir dans mes expressions quelque chose qui put aliéner les esprits, je serais le premier à l'éloigner de mon discours (applaudissements).

 

Jean-Bon Saint-André :

« Unis de sentiments et de principe nous avons combattus Robespierre et moi pour la liberté et nous combattrons ensemble; nous avons voué une haine éternelle aux tyrans et notre tête tombera ou ils seront exterminés. Les moyens se préparent : mon voyage à Brest nous présage de grands succès. Le Comité de Salut Public les prépare ; il ne manque plus que votre volonté et votre assistance (Oui, oui, s'écrient tous les membres). En poursuivant les Anglais nous ne ferons que punir leur gouvernement qui les fait agir. »

 

Alors la Révolution est-elle exportable ? En attendant, suite à ce discours, des mesures législatives furent prises. Tous les anglais habitant en France furent emprisonnés et ainsi à Montauban une paisible famille irlandaise, faisant une cure de soleil, se retrouva en prison malgré les demandes de dérogation des sans-culottes de la ville. Une des enfants de la famille a raconté plus tard sa captivité. J-P Damaggio

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 16:03

davy_crock_coonskincap-200.jpg 

L’historien mexicain Pedro Salmeron Sanginés vient de visiter Los Alamos à San Antonio, Texas et il est scandalisé par la falsification historique qui ressort du musée de ce lieu mythique du passé des USA.

Voici quarante ans, par les hasards de la vie, j’ai franchi moi-même la porte des ruines du Fort Alamo et j’ai également été scandalisé mais sous une autre forme. Comme document « historique » j'ai eu droit, sous une vitrine, à la coiffe de Gary Cooper jouant David Crocket.

J’ai alors compris, et souvent écrit, que l’essentiel de l’histoire des USA tient aux légendes, parfois contradictoires, forgées par le cinéma (leur efficacité tient au fait qu'elles sont contradictoires).

En effet que peut peser la vraie coiffe de David Crocket par rapport à celle de Gary Cooper ?

Tout empire, comme le pense l’historien mexicain, est-il conduit à falsifier l’histoire ?

Mais qui a prétendu que le cinéma existait pour autre chose que raconter des légendes ?

 La guerre entre le Mexique et les USA a été une réalité. Fort Alamo a bien été assiégé. David Crocket est mort au cours de cette bataille héroïque. Et la légende nous présente un David étasunien face au Goliath mexicain car « c’est entendu » les USA ne sont rien d’autre que le pays du self made man, l’homme qui se construit seul contre tous, l’homme qui est le fils de ses œuvres. Une réalité historique simple vient à l’appui de cette thèse : pas définition « l’héritier » n’y a jamais existé, du moins aux origines. L’héritier, c’est le fils de famille, le fils de la noblesse, les fils d’une histoire puissant profondément ses racines dans le passé. Or les libérateurs du Mexique ayant créé ce pays, restaient pour une bonne part des fils de famille, plus espagnols qu’américains (au sens continental).

 En conséquence la légende de Crocket ne vise pas seulement à dénaturer l’histoire tendue entre le Mexique et les USA mais comme Kit Carson, Blec le Roc [production italienne qui a fabriqué, en illustrés, la légende de l’homme seul face aux tuniques bleues] et tant d’autres figures, elle vise à construire un imaginaire global que le célèbre Walt Disney a mis en boîte en l’inscrivant dans une référence planétaire. Tout lieu d’histoire est aux USA, une reconstitution comme le montre très bien le voyage de Vladimir Pozner (1) dans le village de Cherokee mais nous pourrions dire de même du village de Taos, Plymouth etc. Et la mode en France des reconstitutions historiques vient de cette pratique de la falsification « bonne enfant » !

 Par définition, un empire est conquérant mais les conquêtes de l’empire romain puis bien après des empires espagnols, français, anglais, n’ont pas pu procéder comme les USA faute d’avoir à leur service le cinéma. Au départ, ce ne sont plus les USA qui vont à la conquête du monde, mais c’est le monde entier qui s’est installé aux USA !

 La conquête de l’Ouest (qui parfois s’est monnayé dans divers salons) et dont David Crocket est l’emblème, au même titre que la construction des voies ferrées ou que le cas de Géronimo (un autre David contre Goliath mais cette fois ce sont les USA), n’est rien d’autre dans l’imaginaire, que la construction d’un pays évident, et non une conquête colonialiste pouvant susciter ensuite des guerres d’indépendance. Par définition, les empires se sont tous défaits (preuve qu’il s’agissait d’empires y compris l'URSS), mais les USA ne peuvent pas se défaire, preuve qu’il ne s’agirait pas d’un empire mais d’un pays.

 Sauf que, depuis 1945, ce pays, sous prétexte qu’il est la planète, pense qu’il peut conquérir le monde. Et l’Europe lui en a donné les moyens pratiques, stratégiques et économiques. La Seconde guerre mondiale a été la chance des USA ! Il est possible de répondre que si la Guerre est née de la crise de 1929, alors les USA en sont à l’origine !

 Face au cas David Crocket, il est donc indispensable de tenir les deux bouts de la chaîne ! Celle de la guerre locale réelle, et celle de l’imaginaire global. Concernant la guerre réelle, Pedro Salmeron Sanginés ne néglige pas les erreurs de la classe dirigeante mexicaine comme celle de ses généraux, qui finalement offrirent sur un plateau la victoire au Texas et aux USA. Le musée de San Antonio aurait d’ailleurs pu s’amuser à dénigrer l’adversaire, mais ça serait alors entrer dans des faits d’histoire jugés sans intérêt face à la légende. Un seul élément était nécessaire : l'adversaire était un méchant tyran féodal (2).

 Pour échapper à cette histoire, faut-il inventer une autre légende ? Mon petit-fils de dix ans n’est pas l’enfant de David Crocket mais celui du Seigneur des anneaux. Est-il seul dans son cas où est-ce là la légende du siècle actuel ? Jean-Paul Damaggio

 

(1) Récit de voyage aux USA, Vladimir Pozner (articles de 1983)

(2) En cherchant la coiffe de David Crocket (que j'écris à l'espagnole) je suis tombé sur un texte français david Crockett qui raconte exactement la légende US : le bon David combattant de la liberté contre le méchant Mexicain Santa Anna un tyran féodal. Le bon David ne représentait-il pas le pays qui au même moment s'enrichissait de l'esclavage et du génocide indien ? Alors que côté Mexicain l'esclavage avait été aboli et les Indiens, même malmenés, étaient cependant très présents ! A lire ce texte en français, j'ai mieux partagé la colère de l'historien mexicain…

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 20:55

cladel-romantique.jpg

En 1992, grâce à l'Institut d'Estudis Occitans j'étais invité à la Bibliothèque municipale de Montauban pour évoquer Léon Cladel, écrivain auquel je venais de consacrer un livre, Qui a tué Léon Cladel ?

Je viens de relire le contenu de mon intervention que j'offre aux lecteurs car me semble-t-il, il garde toute son actualité. (cliquer sur le lien en bas)

Avec Cladel j'ai renforcé ma conviction occitaniste tournée non pas vers l'occitan en tant que tel, mais l'occitan comme passerelle vers les langues et cultures du monde. Jean-Paul Damaggio

 Cladel entre français et occitan

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:54

Negrin-gonzalez.JPG

Comme chaque année, Mars est un grand moment de rencontre de la mémoire républicaine espagnole, à la gare de Borredon. Ce lieu fédérateur d’initiatives multiples pour étudier ce passé, a cette année bénéficié de la présence de la petite-fille de Juan Negrín (sur la photo).

"Juan Negrín (Las Palmas de Gran Canaria, 3 février 1892 - Paris, 12 novembre 1956) est un physiologue et homme politique espagnol. De 1937 à 1945, il fut chef du gouvernement de la Seconde République espagnole, puis du gouvernement en exil. Son parcours fut atypique. Il entra tardivement en politique et ce après une carrière de chercheur et de professeur de physiologie. Il s'affilia au PSOE en 1929 et abandonna la recherche. Il parlait plusieurs langues étrangères, ce qui est assez inhabituel pour un homme politique espagnol." (pour reprendre le début de la présentation de Wikipédia)

Aux Canaries, un grand centre vient d'ouvrir avec des milliers de documents conservés par cet homme politique, inauguration à laquelle ont participé les animateurs de MER 82 et donc en retour sa petite fille, au coeur de cet effort, était à Borredon. Inutile de dire l'émotion qui s'est ainsi ajoutée à tant d'autres prouvant que le souvenir de la Guerre d'Espagne n'est pas mort.

 Parmi les émotions, je note la présence de l’association qui s’occupe du camp du Vernet qui veut également sauver la gare qui a accueilli et vu partir tant de victimes du fascisme. Quand j’entends le mot Vernet je repense immanquablement à ce que le communiste Alain Guerin écrivait en dans le livre les Gens de la CIA.

En effet, peut-être qu’au Vernet s’est joué la première étape d’une histoire dramatique des lendemains de la guerre !

Parmi les républicains espagnols internés dans ce camp il y avait Laszlo Rajk qui comme son nom l’indique n’était pas Espagnol mais un Brigadiste international qui n’avait pas quitté l’Espagne au moment du grand départ de ce corps de volontaires. Donc, avec la Retirada, il a subi le sort commun de ses camarades.

Comme beaucoup de Brigadistes, de retour dans son pays, la Hongrie, il va accéder aux plus hautes responsabilités politiques : ministre de l’Intérieur puis ministres des Affaires étrangères et secrétaire général adjoint du Parti communiste. Puis il est dénoncé comme agent de l’étranger et son procès s’ouvre le 16 septembre 1949. C’est le début de procès qui concerneront, dans les pays de l’Est, beaucoup de brigadistes, procès basés sur des aveux forcés ce qui fait qu’après 1956 toutes les victimes seront réhabilités.

 Voici l’aveu de Rajk : « Au camp d’internement[1] du Vernet, un citoyen américain nommé Field, qui, à ma connaissance, était le chef du service de renseignement américain pour l’Europe centrale et orientale, vint me voir après la fin de la guerre civile. Il se référa aux instructions venues de Washington, selon lesquelles il se devait se mettre en liaison avec moi et m’aider à sortir du camp pour rentrer en Hongrie. Il ajouta qu’on voulait me faire parvenir en Hongrie pour que je puisse, en tant que provocateur non démasqué et en travaillant à l’intérieur du Parti, selon les instructions reçues des Américains, chercher à désagréger le parti, m’emparant, si possible, de la direction du Parti. »

 Le dénommé Field sera aussi au cœur de l’Affaire Arthur London. Arrêté ensuite, puis libéré par la déstalinisation, il finira sa vie en URSS sans jamais éclairer de son point de vue la question. Il semble, d’après Alain Guerin, que les services soviétiques furent manipulés et intoxiqués par des faux documents de la CIA, pour ainsi provoquer des divisions, divisions envoyant à la mort des éléments particulièrement efficaces de l’histoire communiste !

 Il est sûr que cette élimination quasi systématique des anciens d’Espagne revenus dans les Pays de l’Est demeure une énigme pas encore totalement élucidée. Elle a eu ses conséquences en France avec l’Affaire André Marty qui a fonctionné presque de la même manière : dénigrer un militant dénoncé comme agent de l’adversaire. Jean-Paul Damaggio

 



[1]Il faudrait vérifier si dans le propos en langue hongroise il s’agissait du terme camp d’internement ou camp de concentration.

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 21:15

boutef.jpg

Kamel Daoud
☻ Le bien portant imaginaire:

L'évènement du jour ? C'est l'évènement d'avant-hier. Une image vaut mille mots mais ici, face à un Medelci onctueux au Conseil constitutionnel, Bouteflika en a dit 37. Ou plus. Ou moins. Dans lestrois phrases, deux étaient proches du langage, une était à la frontière du SMS. On a compris en gros, que Bouteflika avait le son, qu'il était vivant et conscient, mais assis. Et cela est déjà surréaliste: on est l'unique pays au monde où l'argument d'un candidat n'est pas un programme mais la preuve qu'il est vivant. La seule nation qui va se contenter de 37 mots pour élire un homme. C'est la campagne électorale la plus courte du monde. 15 secondes d'effort labial et un montage d'une grossièreté qui a fait dire à un journaliste étranger au chroniqueur hier, «On dirait que le monteur avait pour but de le décrédibiliser».

Donc 37 mots, quinze secondes, cinq ans de plus et quinze ans derrière le dos.

Mais au-delà du comique ? Le grossier. L'homme est apparu, malgré ses efforts, malgré la tricherie sur les images et les compositions, malgré le sourire et malgré l'g-hystérie des chaînes TV baltaguya, comme l'homme que l'on sait tous: usé, impuissant, diminué, à bout de souffle, hagard et dépassé. Incapable donc de gouverner dans la décence et la lucidité et incapable d'avoir entre les mains un pays comme le nôtre, avec un peuple comme le nôtre et une jeunesse comme la nôtre. C'était une vraie pièce du contre-Molière: au «Malade imaginaire», on a opposé le «bien portant imaginaire» donc. Et dans la même mise en scène théâtrale.

Le but du clip ? C'était d'avoir le dernier mot dans la bataille des images. D'un côté, celle des anti-monarchie, encerclés à Alger, victimes d'arrestation, traînés par terre et embarqués parce qu'ils disent non. De l'autre, l'image qui devait faire oublier ces images: un Bouteflika heureux, souriant, en pleine forme, jeune et vif, sautillant comme autrefois et capable de redonner confiance au muscle et à l'avenir. Sauf que ce fut raté. Les images laissent l'impression du malaise même chez les tièdes. On en sort gêné, abattu. On y devine quelque chose d'indécent qui ressemble à une folie et un entêtement qui va au-delà de la bienséance. Ces images sont terribles et il faudra effacer tous les crédits ANSEJ et distribuer un million de logements sociaux par mois pour les faire oublier.

Quinze secondes de murmure donc pour preuve de vie sur Mars. Et c'est ainsi que va être notre avenir: sous forme de burlesque, du cinéma muet longtemps puis balbutiant brièvement, avant de s'éteindre au bout de la bobine. Que dire de plus ? Rien. Tout est dans l'image. Le monteur n'a pas menti. Par Kamel Daoud

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