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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 21:44

Au cours de la Fête des Arts de Moissac, un homme s’arrêta devant les livres de la Brochure et commença à me raconter sa vie rocambolesque d’Italien. Une vie qui pourrait faire livre ! Je lui ai demandé son nom : Buffon ! Peu après, Paul Burgan qui n’était pas loin de moi m’a éclairci sur ce mystère qui fait de Buffon un nom italien : il devait venir du Frioul où, là-bas, les finales sont tombées (et en effet il venait du Frioul). Buffon pour Buffone. Je l’avais indiqué à cet homme émouvant : à l’Ecole Normale un copain s’appelait Buffon. C’était son cousin. Alors on a reparlé de sa mort tragique à l’âge de 50 ans. Je suis allé rechercher cet article que j’avais écrit à l’époque et je l’ai recopié le cœur serré. J’y ai ajouté quelques notes. JP D.

 

N°46 : Février-Mars 2000 Point Gauche !

 

Hommage : Alain Buffon de Belmontet

Nous pouvons écrire aujourd'hui Alain Buffon de Belmontet. Si en Tarn-et-Garonne un Belmontet put grandir à l’ombre d'un Napoléon (1), Alain gagna ses lettres de noblesse à la force de son travail et de sa chaleur humaine.

Suite à un changement de circonscription lié à quelques difficultés au cours du CAP (2), il débarqua sur cette colline où il se fixa en 1975. Il posa là sa fidélité non qu'il y trouva le paradis auquel il ne croyait pas, mais pour oeuvrer avec le temps. Une classe unique tout d'abord avec logement de circonstance puis, son école devant fermer, après quelques palabres, chacun comprit, autour de 1980, qu'un regroupement avec l’autre classe unique de la commune (La Salvetat, celle du « chef-lieu communal» depuis la fusion entre La Salvetat et Belmontet en 1909) serait une bonne chose. La Mairie fit effort avec la mise en place d'un ramassage scolaire : à l’aube des regroupements, celui-ci fit la démonstration de sa réussite.

Par la suite, Alain Buffon installa sa vie personnelle sur la commune voisine de Monclar de Quercy sans rejoindre l’école du chef-lieu de canton. Visiblement, devenir directeur, gravir les échelons n'avaient pas été à son programme.

Avant les derniers adieux, Alain Ringot l’interpella une dernière fois par son surnom acquis à l’Ecole Normale, Barbus, pour sa barbe que je cherche en vain dans mon souvenir. Une occasion, pour moi, de poser quelques questions : qui se souviendra demain de ce que furent les Ecoles Normales, de ces années passées en commun au moment le plus crucial de la vie, de cette découverte au quotidien des réalités humaines ? Qui comprendra que les inventeurs du système savaient parfaitement qu'on y formerait bien plus que des techniciens de l’éducation ? (3) Qui saisira que naissaient des « promotions » que les remplaçants avaient du mal à intégrer car, venus au métier sur le tas, ils ne possédaient pas cette communauté de vie ? Si Point Gauche ! existe et dure cela tient pour une bonne part à cette solidarité gagnée au jour le jour : le directeur et rédacteur fondateurs appartenaient à la même promotion, et bien au-delà d'eux, reconnaissons que cette publication doit beaucoup à cette histoire.

Pour aller même plus loin, il faut se souvenir qu'au lendemain des luttes des instits contre les maîtres-directeurs en 86, un regroupement original eut lieu en Tarn-et-Garonne et au moment de créer le journal autonome qui devait être le moyen d'expression du groupe ce sont deux instits Alain Ringot et moi-même qui coururent les divers bureaux pour comprendre comment le mettre au point dans le département. Je me souviendrai toujours de la stupéfaction de l’employé de la préfecture quand on lui expliqua notre requête. Cette pratique nous aida beaucoup quand sonna la fin du Gyrophare (le SNUipp naissait) et arriva l’heure de ce nouveau journal.

Barbus ! La tradition des surnoms à l’E.N., une marque d'affectivité, ne trouvera sans doute jamais place dans les livres de pédagogie ou d'histoire, pourtant j'y vois la traduction concrète d'une belle philosophie qui nous a été volée.

Avant cet appel à «Barbus», par la voix du maire de la Salvetat, Alain Buffon fut interpellé par un texte de ses élèves. Autre moment d’émotion, autre confirmation d'une forme de pédagogie qui était celle de l’émancipation bien plus que celle de la libération ou pire de la stricte éducation. Non il ne s’agissait pas pour lui de « faire » des enfants bien éduqués mais des enfants émancipateurs et sans mesurer la valeur de cette haute idée, personne ne peut comprendre son entêtement à rester sur cette colline de Belmontet.

Quoi d'étonnant si c'est le même Alain Ringot qui m'appela pour m'annoncer la triste nouvelle : une branche de notre arbre « pédagogique » venait de craquer ! Alain Buffon allait nous obliger à nous retrouver car le hasard avait pris la précaution de provoquer l’enterrement un samedi après-midi, date qui dispensait d'une difficile autorisation d'absence pour assister aux obsèques. Et les souvenirs allaient se heurter dans nos mémoires.

Je voudrais pouvoir écrire avec son sourire discret et sa voix si particulière (une voix bourrue, puis non, tu précises, A.R., une voix goguenarde) pour tenter de faire battre encore son cœur grand comme une main de géant. Alain a sa famille pour que son pas ne s'arrête pas tout à fait - en cette brusque épreuve nous partageons son immense chagrin. Il peut aussi compter sur nos convictions pour perpétuer sa mémoire. Bien sûr, quand nous lançâmes Point Gauche ! il se trouva naturellement sur le fichier et nous fit le plaisir de s'abonner aussitôt. J'eus l’occasion de l’appeler trois ou quatre fois ces dernières années pour parler des affaires locales et comme toujours, devant un cercueil, je m’en veux de n'avoir pu l’écouter bien davantage.

Qui, à la sortie de l’E.N., l’aurait imaginé s'installant, pour sa vie enseignante dans cette «solitude » ? Nous nous connaissions un peu, mais, et c'était l’autre force du système Ecole Normale, en restant souvent dans le même département, nous allions encore mieux nous connaître au fil des ans, dans les associations, le syndicat (devenu les syndicats) et autres festivités. Pourtant, en passant devant sa tombe familiale, je découvris un élément que je n’imaginais pas : « Aldo » y avait-il écrit comme prénom, et on me confirma qu'en effet, il était d'origine italienne. A passer des années ensemble à l’E.N., je ne pris pas conscience de cette origine et je me demande à présent, si on faisait le total, combien trouverions-nous de fils d'étrangers qui en hantaient les couloirs ?

Oui, sa disparition laisse un vide et la vie ayant horreur du vide, il nous revient de le remplir au mieux, donc avec sa générosité, pour que le monde continue d'apprendre l’esprit de responsabilité qu'il aimait tant faire partager. Jean-Paul Damaggio

Notes : (1) Un poète - député de l’époque de Napoléon III.

(2) CAP : Certificat d’aptitude pédagogique, le diplôme qu’il fallait obtenir pour rester instit. Il avait eu le même inspecteur que moi l’année après. J’ai eu le minimum mais lui n’avait pas eu la moyenne, ce qu’il obtiendra aisément avec l’autre inspecteur.

(3) Je travaille depuis déjà tant d’années à un livre qui s’appellera : « Pékins à l’EN de Montauban en 68 »

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:36

conseilregional.jpg

 

Même si votre boîte aux lettres dit non à la pub, tous les habitants de Midi-Pyrénées viennent de recevoir le bulletin de leur conseil régional où nous apprenons au chapitre budget :

« Je pense notamment à la LGV ou à la modernisation des universités. Nous ignorons aujourd’hui où la volonté de réforme des collectivités annoncée par le Gouvernement nous mènera mais peut-être nous obligera-t-elle, bientôt, à réduire la voilure et à recentrer nos politiques sur nos seules compétences. »

A « réduire la voilure » nous encourageons le Conseil régional à ne rien payer pour la LGV Bordeaux-Tours, l’argent devant d’abord servir aux étudiants de notre région. Quant à la LGV inutile Bordeaux-Toulouse, nous ne doutons pas un seul instant que le Conseil régional laissera l’Etat se débrouiller ! Nous continuerons d’autant mieux à combattre ce projet « de l’Etat ». JPD

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 10:34

 

Pour ma dixième réunion sur la LGV je ne résiste pas au plaisir de vous offrir ce nouveau compte-rendu. Toutes sont différentes même si toutes sont sur le même sujet. Pour la première fois ce sont deux maires qui décident d’informer leurs administrés avec des documents clairs, très bien présentés, un fuseau dessiné sur une photo aérienne, et même les interventions de la salle résumées par écrit sur le grand écran. Je découvre d’ailleurs cette belle salle de cinéma archi pleine. Si les réunions sont différentes il y a cependant cette constante : la foule est au rendez-vous. J’avoue qu’à présent je connais beaucoup mieux l’articulation de la zone logistique départementale, la gare, le « passage à l’ouest de l’autoroute » etc…

Le maire de Labastide Saint-Pierre a ouvert la soirée en rappelant qu’à présent  ils pouvaient faire une présentation sérieuse après plusieurs propositions inacceptables de RFF. Puis il ajoute que « la LGV, on ne peut être contre ». Pas très engageant ensuite pour, dans le débat, dire : « je suis contre », mais c’est le discours habituel. Son argument phare c’est la concurrence que le rail peut faire à l’avion. Entre la zone A et la zone B du département (marqué par le passage de la Garonne) il y a une différence de plus : le projet d’aéroport a été empêché en zone A alors qu’en zone B il a été largement négligé. Le nouvel aéroport ayant été enterré, il faudrait accepter celui de la LGV si on veut être cohérent (je reviendrais sur ce point dans un article spécial.

Que peut dire la salle ?

Je demande aussitôt la parole pour en quelques mots rappeler qu’on peut être contre la LGV. Depuis 2005 le monde économique a changé et à rouler un peu moins vite les lignes existantes sont toujours là. Il y aura quelques applaudissements qui viendront surtout du fond de la salle (ce seront les seuls).

Du fuseau au tracé ?

Les présents pensaient qu’on en était déjà au stade du tracé or la méthode veut qu’on puisse décider du fuseau d’abord, ce fuseau étant le seul qui n’ait pas été fixé grâce à J-M Baylet dira un conseiller général dans la salle. J’avais rappelé que je venais d’une réunion à la sous-préfecture où un fuseau présenté comme décidé était largement déplacé. La victoire des élus et des associations s’inscrit dans les fuseaux de RFF mais réduit largement la marge : ainsi beaucoup de maisons sont sauvées et quelques unes seront perdues. Les sinistrés savent donc qu’à présent ils sont en minorité. Une seule personne dira : « mais est-ce certain que le passage à l’est de l’autoroute est plus nocif ? »

Du tracé à la ligne ?

Après le fuseau de 1000 m RFF va proposer un tracé avec 250 m de marge de chaque côté pour se donner une possibilité d’ajustement. Le responsable de l’association de Campsas « Cadre de vie » a très justement rappelé que les 100 m utilisés pour la ligne seraient largement dépassés à cause des nécessités de l’énorme chantier. « L’aire d’autoroute sera-t-elle détruite si la LGV suit l’autoroute ? » A cette question comme à bien d’autres la réponse ne pouvait être qu’invariable : « si le tracé était fixé sur l’aire d’autoroute alors on connaîtrait la suite ! »

De la ligne à la gare ?

Pour ceux qui en douteraient encore, la réunion a clairement rappelé le lieu de la gare, à Bressols au croisement de la voie ferrée actuelle et de la LGV. Et il a été clairement rappelé à ceux qui en doutent encore que le lieu de la gare conditionne le tracé sur Campas, Labastide Saint-Pierre, Bressols, Lacourt Saint Pierre, et Montbeton. Une personne demanda s’il n’y avait pas eu un autre lieu prévu pour la gare ? Pour la première fois nous avons quitté le domaine de la clarté : personne n’a souhaité mentionner la gare prévue sur le lieu de la base logistique par le Conseil général. On est revenu à la décision de 2005, une gare au sud de Montauban qui aurait pu être à l’interconnexion avec la voie ferrée (sous-entendu sur la zone logistique), terme remplacé par intersection (zone de Bressols). La maire de Campsas indique que le maire de Bressols n’a peut-être pas prévu tous les désagréments que sa gare va lui susciter car elle est en zone d’habitat. D’autant que cette gare a été présentée avec beaucoup d’enthousiasme par le maire de Labastide Saint-Pierre. On y viendra prendre le train d’Albi, de Cahors, de Bessières cependant quand on lui posera la question : « combien de trains, combien d’arrêts ? » il répondra seulement : « 40 trains, 20 dans un sens, 20 dans l’autre ».Et le nombre d’arrêts, ai-je insisté, sera de huit ? L’autre présentateur (dont je n’ai pas noté la fonction) ajouta ce qui est rarement expliqué, comment la gare va fonctionner : « avec la voie de dérivation pour permettre aux trains qui ne s’arrêtent pas de passer à 300 km/h » Qui plus est, comme la gare sera après son passage au-dessus de la voie ferrée actuelle, elle sera peut-être en hauteur. Merci pour les nuisances. Est-ce à dire cependant que les TER vont pouvoir s’y arrêter dans le cadre d’un autre bâtiment de gare ?

Un monsieur dans la salle indique qu’il a été à la réunion de Bressols où le maire a indiqué que la LGV passerait au-dessus de l’autoroute à la hauteur de l’actuelle station d’essence. Il s’étonne des discours différents. On lui répond que personne ne peut être aussi précis. Je fais remarquer en passant à ce monsieur qu’il aura pu vérifier que contrairement à Bressols, il n’y a eu aucune polémique à Labastide Saint Pierre entre ceux qui disent non au tracé et ceux qui disent non à la LGV, l’échange d’arguments a été respectueux, personne n’ayant tenté de ridiculiser l’action des opposants à la LGV.

Et la zone logistique ?

La LGV va prendre environ 10 hectares de la zone logistique de 400 hectares et à une question, le conseil général Parienté responsable du syndicat qui suit le dossier indique que le décret de DUP va être pris dans les jours qui viennent. La question était judicieuse : faudra-t-il attendre la décision du tracé pour avoir cette DUP ?

Conclusion

Une dame indiqua que de toute façon nous le savons, l’Etat fait ce qu’il veut. J’ai ajouté alors deux éléments. Une question pratique : personne n’évoque un seule instant les premières victimes actuelles de la LGV, ceux qui doivent vendre leur bien et qui perdent environ 30% de leur valeur. Une question politique : « Si Malvy cesse de financer, la LGV ne se fera pas. »

La maire de Campsas indiquera alors en conclusion que l’action doit continuer pour un meilleur tracé possible d’une ligne dont cependant on se demande qui financera ce qui fait qu’elle peut être retardée ou peut-être enterrée. La question des finances que j’avais bien sûr évoquée, a été largement mentionnée pour les aménagements routiers autour de la gare (et on n’a pas parlé de l’échangeur de Montech). Là aussi, qui financera, personne ne le sait ai-je entendu. Or tout le monde sait très bien que ce sera le Conseil général. A Agen les autorités pensaient qu’en acceptant une gare de l’autre côté de la Garonne, ils obtiendraient de l’Etat une aide financière pour un nouveau pont. L’Etat a été clair : il ne paiera pas !

JPD 12-05-2010

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 20:11

Christian Le Bars parme de Pasolini dans (Mostra n° 25 1988)

Dès l’âge de 17 ans, Pasolini (né en 1922) choisit d'écrire des poèmes en langue frioulane, le Frioul étant la région du Nord-Est de l’Italie dont sa mère était originaire. S'il écrivit en frioulan, c'était avant tout pour s'opposer à ce qu'il refusait alors et par intérêt pour la poésie populaire et dialectale, dont la tradition était encore vivace.

D'une part, le frioulan était un "parler inférieur", un "dialecte" méprisé par l’Etat fasciste de surcroît, et par son père, officier nationaliste.

D'autre part, le goût du secret et d’« une quête archaïque » entraînèrent une passion pour "cette vieille langue terrienne". Par cette langue populaire, il échappait à la langue officielle, à la langue du père et de l’Etat réprouvé ; il était dans "La Résistance et sa lumière", ou son frère était engagé et fut tué en 1944.

".. il a, douloureuse, et qui brille dans son sourire, la lumière qui lui fit voir, obscur partisan, qui n'avait pas vingt ans encore, en quel sens il fallait choisir avec une dignité vraie, avec une fureur exempte de haine, notre nouvelle histoire..."

(Comice, in "Les cendres de Gramsci")

Par cette langue il choisissait la clandestinité d'un nouveau peuple et d'une autre histoire. Il gagnait une liberté héroïque et tragique.

Cette langue lui donna, dira-t-il, le goût de la vie et du réalisme, par une approche charnelle des paysans et de la terre.

"... et s'il m'advient

d'aimer le monde, ce n'est que d'un violent

et naïf amour sensuel,

tout comme, adolescent, incertain,

autrefois

je l’ai haï..."

Dès lors que les combats cessèrent, la nouvelle histoire continua à l’échelle de la reconstruction de l’Italie. Et bien qu'il continuât de s'exprimer en frioulan, il écrivit aussi en italien, "le code qui permet la fraternité"

(Entretiens : p. 57)

La dédicace de son premier recueil La meilleure jeunesse, 1954, est accompagnée de quelques vers en occitan, du troubadour Peire Vidal.

"Ab l’alen tir vas me l’aire

qu'eu sen venir de Proensa

tot quant es de lai m'agensa".

"En respirant, j'attire vers moi l’air

que je sens venir de Provence :

tout ce qui est de là me plaît".

 

A la fin de sa vie, Pasolini a repris ce recueil des premiers poèmes en frioulan et il l’a en quelque sorte profané, en supprimant son horizon d’espoir, utopique au regard de l’histoire, et en le marquant des désillusions et de l’amertume d'un homme déçu. Mais toujours en frioulan. Ce point est décisif.

La nouvelle jeunesse est paru en 1975, l’année même de sa mort.

Il me semble qu'en dépit de ce que pouvait comporter d'illusoire (de trop grande subjectivité) le projet initial de Pasolini (autonomie du Frioul), le temps en révèle la profondeur et l’acuité. Car la question essentielle était pour lui celle qui est au centre de toute philosophie de l’art . la question de la mimèsis, du modèle ou de la forme.

La poésie moderne a rompu, à la fin du siècle dernier, avec toute imitation, avec tout modèle, suivant en cela la peinture qui l’avait précédée sur cette voie, et l’absence de tout travail formel lui fait courir le risque de se dissoudre dans la banalité et l’insignifiance.

La question de la forme et celle de la langue sont liées.

Si, en poésie, Pasolini a éprouve le besoin d'un modèle du passé, ce qui à l’époque paraissait tout à fait désuet, il ne l’a cependant pas problématisé. Mais la "désacralisation" finale éclaire la démarche initiale et lui donne un sens nouveau.

C'est dans le domaine de la création cinématographique qu'il a transporté la question de la langue :

le cinéma conçu comme langue de la réalité, langue universelle, et dans ce domaine il a inventé une forme qu'il a appelée cinéma de poésie.

Mais Pasolini a peut-être inventé une nouvelle forme en poésie, celle qu'il a écrite en langue italienne, tout comme les Troubadours qui n'avaient pas de modèles, ont inventé une forme nouvelle.

Si, comme le dit Jacques Roubaud, membre du groupe OULIPO et auteur d'un essai sur l’art poétique des Troubadours (La fleur inverse), "la poésie la plus contemporaine, pour survivre, doit se défendre de l’effacement, de l'oubli, de la dérision par le choix d'un archaïsme" (lui-même choisissant l’archaïsme du Trobar), alors la démarche de Pasolini, qui avait implicitement repris cet archaïsme-là, devient inaugurale, si l'on admet qu'il a inventé une forme poétique nouvelle.

Christina Le Bars

 

Commentaire JP Damaggio : Avec l’ami René Merle combien de fois avons-nous partagé sur Pasolini ? Et combien de contre-sens sur le sujet chez les occitanistes ? Un jour je parlerais des paysans et de Castan.

http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=363

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 20:02

 

 

Edito du n°21 de Mostra , tribune anti-centraliste

 

"La Culture occitane, c'est le premier grand espace culturel unifie qui s'installe a l’ouest de l’Europe. La culture occitane est une expression riche et originale, capable de constituer un pôle de dialogue au sein des cultures de France...

Le Carrefour d’Occitanie est un exemple pour les autres régions occitanes, il devrait permettre de mener à bien la Décentralisation Culturelle qui est souhaitée par tous."

Pierre Dassau Inspecteur Général au Ministère de la Culture

 

Soyons concrets...

LE ROMAN DUNE ACTION MULTIPLE

On inventorie, dans cette livraison spéciale de Mostra, neuf structures de travail collectif, également productrices de faits et d'idées.

Tout a commencé en 1953, à l’occasion d'une exposition de Lucien Andrieu, au Musée Ingres. Première grande exposition rétrospective d'un peintre de 78 ans, deux ans avant sa mort. On m'avait demandé une conférence à la Maison du Peuple, sur son oeuvre, qui avait fasciné toute une génération de jeunes intellectuels, d'écrivains et de peintres montalbanais.

Andrieu, c'était notre identité commune, notre raison de n’être pas dépaysés dans Montauban.

La même année, un groupe pictural s'est formé dans la foulée, et le premier Ciné-Club de cette ville a été organise de manière très large.

Des Comités se sont créés un à un, dans les divers secteurs de la vie intellectuelle, qui peu à peu prirent figure d'expériences de laboratoire, confirmant leur orientation et élaborant par étapes leur ligne et leurs thèses. Il faut, un tiers de siècle plus tard, apprendre à lire ces expériences distinctes et éclairer leur développement, au travers de textes datés, qui ont jalonné leur histoire. Elles entretiennent un rapport avec le même milieu urbain, quoiqu'elles se nourrissent en ordre dispersé des questions qui agitent chaque secteur particulier.

Le Carrefour d'Occitanie qui les relie, en respectant leur indépendance, (une structure de service et d'impulsion mise en place en 1984) se situe au point d’intersection de la politique nationale de décentralisation culturelle et du mouvement de renaissance culturelle occitane, considérées dans leur solidarité essentielle, dans leur réciprocité indissociable, dans leur conditionnement mutuel.

14.06.87 Felix-Marcel Castan

Terminologie : les structures ont parfois changé de nom au cours de leur histoire, notamment le Festival de Montauban qui s'est successivement appelé Festival du Languedoc, Festival de Montauban, Festival d'Occitanie, avant de revenir à son nom le plus naturel.

 

Commentaire J-P Damaggio :

Un travail d’analyse critique autour de l’oeuvre de Félix Castan pourrait prendre comme base, les raisons de ce changement de terminologie dont il est aisé de convenir qu’il n’a rien d’accidentel à partir du moment où Castan lui-même en est à l’origine. Et que dire de cette boucle bouclée sous l’appellation « nom le plus naturel » ? Dans le numéro en question de Mostra, parmi les textes historiques Castan publie justement une biographie du dit festival écrite en 1977. Pour résumer, cette histoire renvoie à une conception de l’urbain, de la ville, de la capitale et de la contre-capitale. Et il y aurait beaucoup en dire en lien avec les travaux d’un des trois philosophes de référence de Félix Castan : Henri Lefebvre.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:49

                                   Madame,

 

J’ai écouté hier soir à Labastide Saint Pierre l’exposé sur la LGV et, bien que sans art pour passer de la pommade, j’en reconnais le sérieux, la clarté et l’aspect courageux car il est rare que des élus se lancent dans un exercice aussi périlleux. Vous aviez de quoi démontrer le sens de vos efforts et les résultats obtenus. La remise en cause de RFF a été constante pendant tout l’exposé.

Voilà que quand on pose la question sur l’utilisation des lignes existantes, en guise de réponse, vous lisez l’argumentaire creux de RFF, comme si tout d’un coup leur parole devenait parole d’évangile. Si, dans de telles réunions, on passait autant de temps à démontrer le caractère creux de ce discours (car je n’écris pas creux sans une tonne d’arguments), qu’on en passe à discuter du tracé, je suis sûr que les associations locales et les citoyens verraient le sujet sous un autre œil.

 

Quant à l’argument en faveur de la LGV, donné par le maire de Labastide Saint-Pierre, à savoir que la LGV prend 40% du trafic aérien intérieur, si on passait autant de temps à en discuter, qu’on en passe sur le tracé, il serait aisément démonté. Il a cité le cas de Marseille-Paris, il y a aujourd’hui le cas de Madrid-Barcelone et c’est vrai 40% du trafic aérien est détourné. Mais c’est une seule face du réel. Que se passe-t-il ensuite ? Les « Low Cost » arrivent et reprennent des parts de marché, car la question n’est pas le train ou l’avion mais : « à quel prix est le billet ? » Comme nous sommes dans une société où il faut dérouler le tapis rouge aux riches, les mêmes qui veulent construire la LGV font des cadeaux fiscaux considérables aux entreprises Low Cost qui cassent les prix ! En même temps, le gouvernement actuel vient de décider que RFF peut doubler le péage payé par la SNCF quand le TGV qui circule sur les voies, est à double étage (ce qui est le cas sur Paris-Marseille) et le billet va donc augmenter. Comment peut-on faire des projections sur l’évolution du nombre de passagers sans en faire sur le prix du billet ? Enfin, dernier élément que je connais bien : la LGV s’adresse surtout, comme le dit RFF, « aux élites circulatoires » qui utilisent de plus en plus la vidéoconférence. La SNCF est prête à réduire actuellement de 30% son offre TGV ! Pour le moment, vis-à-vis de nos enfants si souvent mentionnés, il y a une chose de sûre : ils devront payer pendant 40 ou 50 ans une dette énorme, et quant à prendre ensuite le TGV avec l’argent qui leur restera c’est beaucoup moins sûr pour 80% de la population.

 

Je comprends que les élus puissent dire : « la LGV risque de se faire donc le rôle des élus c’est de travailler au meilleur tracé » mais ils peuvent dire aussi : « La LGV est un projet ridicule (avec arguments à l’appui) mais au cas où elle se ferait les élus sont obligés de travailler au meilleur tracé ». Je suppose que vous saisissez la nuance. Et comme il y a élus et élus - ceux qui ont peu de pouvoirs (vous l’avez répété : vous êtes là pour consultation) et ceux qui, sur ce point, ont TOUS les pouvoirs (je parle des présidents des Régions) - si les élus de la base font remonter avec les associations qu’il est temps d’arrêter ce gouffre financier inutile, alors il s’arrêtera. Bien cordialement. Jean-Paul Damaggio

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:48

Collectif de villages du Val de Garonne et de la Lomagne ,  10 mai 2010 .

 

Monsieur le représentant de l’Etat ,

 

Au vu de l’ordre du jour de cette réunion il semble que vous refusiez toujours de comprendre l’objectif de notre action. En effet, vous nous conviez à une présentation d’un fuseau alternatif de la LGV, alors que notre mouvement, vous le savez, s’oppose à la réalisation de ce projet. Vous débattez sur la forme, nous voulons débattre sur le fond !

Cette réunion n’est qu’une preuve supplémentaire du mépris adressé à toute forme d’opposition à ce projet dont le débat public, n’a pas démontré l’utilité publique, d’autant que ce fuseau nous a été présenté comme définitif depuis le 11 janvier 2010 !

 

 La LGV ni ici ni ailleurs, le TGV doit passer sur les lignes existantes.

 

Quelques points, cependant , nous semblent essentiels d’être rappelés :

n  le débat public n’a pas démontré l’utilité publique de ce projet.

n  lors de la manifestation du 20 février il a été remis une motion à M. le sous préfet qui est restée sans aucune suite (et surtout sans aucune  concertation) .

n  le 4 mars RFF annule la réunion avec les associations sans explication et prévoit son report à début mars (nous attendons toujours ce rendez vous)

n  le 8 avril 2010 l’Asep de Castelmayran sollicite un recours gracieux concernant les arrêtés AP210-322-323 auprès de Mr le préfet en lettre AR, requête restée sans réponse .

n  le 22 avril 2010 Mr Pascal Martin et d’autres associations  se  résignent à contester ces arrêtés devant le tribunal administratif (dossier en cours ).

 

n  Devant l’aggravation de la crise internationale et notamment européenne nous demandons que soit enfin actualisé le coût de ce projet (évalué en 2005 ! ) ; il nous semble primordial d’avoir les chiffres réels de cet investissement.

n  En comparaison nous demandons l’étude et le chiffrage par un organisme indépendant d’une ligne LGV-TGV Toulouse Paris circulant sur des voies existantes modernisées passant par les gares de Montauban et d’Agen.

n  Par votre absence de réactions sur les points précédents, vous montrez que vous ne nous avez ni compris, ni entendus jusqu’à présent. Nous restons disponibles pour des discussions sur les points que nous soulevons et non sur l’emplacement du fuseau.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:27

réunion à la sous-préfecture

Les délégués des associations Val de Garonne, Lomagne à la sous-préfecture.

 

Quand un tracé définitif devient provisoire… jusqu'à quand ?

Réunion à la sous-préfecture de Castelsarrasin pour présenter les résultats d la réunion du 7 mai aux « attardés » de la campagne soit 3 représentants par associations. Quelques maires sont dans la salle : ayant été convoqués les jours précédents, un à un, pour être informés, ils connaissent bien le sujet.

A la tribune le sous-préfet et trois représentants de RFF ou de bureaux d’études travaillant pour RFF. En plus, le représentant technique de l’Etat regroupant DDE et DDA. Pas de journaliste à l’horizon car de toute façon une réunion comme celle-là n’existe pas. Le préfet a été d’autant plus audacieux de la convoquer.

Le sous-préfet prend la parole (le préfet est ailleurs) et, sachant à qui il a affaire, propose un petit laïus pour rappeler l’intérêt général de la LGV, tout en indiquant que la décision se prend ailleurs, et qu’en conséquence, ce n’est pas de ça qu’il faut discuter, d’autant que le débat de 2005… et patati et patata.

Le sous-préfet sait par avance qu’il n’y a pas d’infrastructure nouvelle sans habitants impactés mais voilà « l’évolution de la société nécessite de grand équipements » et blablabla.

Bref, venons en au fait : comment décider d’un fuseau ? Celui dont il s’agit avait été acté mais voilà, des éléments nouveaux sont venus éclairer les esprits de RFF et la parole est donnée aux techniciens qui vont tout expliquer.

Dans la salle ça ronchonne un peu. « Mais l’intérêt général c’est quoi ? » le sous-préfet répond : « Autrefois on a construit des voies ferrées et on a bien vu depuis que c’était l’intérêt général. » ; « Les techniciens sont-ils venus sur le terrain ? ». Le sous-préfet préfère terminer les explications avant de se lancer dans le jeu des questions. « Mais sur votre schéma où est Dunes ». Le personnage se mélange les pinceaux. Sa présentation est incompréhensible sauf que nous sommes déjà renseignés : le nouveau fuseau va passer près de l’autoroute. A la question du coût, quelques esprits se réveillent : « Et à combien est évaluée l’économie ? » Le présentateur hésite : « On n’en est pas là » puis il se ravise car si on parle d’économie c’est qu’on a une idée, alors il ajoute « 100 à 150 millions ». Il y aura peut-être un tunnel à Auvillar. Et pour les champs de noisetiers, il faudra sans doute faire des préemptions de terrain pour éviter de nouvelles plantations.

« Le débat public a-t-il tranché ? » «Mais oui bien sûr… »

Distribution de l’argumentaire préfectoral envoyé aux maires.

Je suis à côté de Jean-Marie Bence, le maire de Saint-Aignan, président de l’intercommunalité, qui est devant, à l’inverse des autres maires installés au fond. Dès que la parole est à la salle, et même un peu avant, il a levé le doigt. Il a finalement la parole et confirme ce qu’il a déjà écrit depuis plusieurs mois : « Il faut une étude indépendante pour vérifier si le passage par les lignes existantes n’est pas préférable à la LGV. » Il conteste les chiffres donnés par RFF sur les temps de parcours avec trains sur la ligne existante rénovée et sur la LGV. Les représentants des associations, très impressionnés, applaudissent.

Pour ne pas reprendre la réponse classique de RFF, son représentant ridiculise les lignes existantes. Pensez, construites en 1852 pour rouler à 40 km/h comment pourraient-elles servir le TGV ! Et là, l’argument frappant que je n’attendais pas : « à Moissac il faudrait la déplacer d’un brin et détruire ce qui reste de l’abbaye ! » Je crois rêver devant tant de mauvaise foi. Monsieur, depuis des lustres cette ligne a fortement évolué et pourrait évoluer davantage, si elle n’était pas laissée à l’abandon comme d’autres ! Mais je me tais, j’attends l’intervention du représentant du collectif qui, en effet, prend la parole pour lire une déclaration qui va être publié. Un texte bref, clair, simple qui reprend nos arguments de base. Et comme convenu, dès la fin de son propos, tous les délégués des associations se lèvent d’un bloc pour quitter la séance sans attendre la réponse. Si partout le temps passé à discuter du tracé avait été employé à discuter du fond de la question il y a longtemps que la LGV serait morte et enterrée. J’ai la sensation que nous avons joué notre rôle : écouter autant que faire se peut pour informer les habitants inquiets sans tomber dans l’engrenage du débat infini qui conduit trop à cautionner ce que l’on combat. 11 mai 2010 J-P Damaggio

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 13:24

 

Phase 1 pour la zone A, suite à la réu du 7 mai à Montauban

Les pro-LGV avaient besoin de relever la tête par un coup de théâtre et c’est fait de belle manière : envoi d’une lettre aux maires « concernés » avec argumentaire pour répondre à ceux qui disent OUI aux lignes existantes, et surtout, grandiose réunion sur le tracé avec compte-rendu dans La Dépêche (pour la zone A c’était vendredi et pour la zone B c’est aujourd’hui). A la différence du Petit journal, le grand quotidien régional a des journalistes professionnels qui font souvent un bon travail, mais sur les sujets sensibles c’est la catastrophe. Je réponds donc au texte de Thierry Dupuy sur le sujet.

1er phrase :

« Le projet de ligne à grande vitesse qui doit mettre Montauban à moins de 3 heures de Paris à l'horizon 2020-2030 accélère tous azimuts en mai. » Rappelons donc une fois de plus que la commande de Martin Malvy à RFF c’était Toulouse-Paris en trois heures à moindre prix, ce à quoi les techniciens ont répondu par un tracé qui indique 3h 04 sans aucun arrêt entre Toulouse et Paris. S’il y a arrêt à Montauban (8 au mieux) ce sont 7 minutes de perdues plus un arrêt à Bordeaux, 20 minutes et déjà nous sommes presque à 3 h 30 Montauban-Paris, une distance qui sera toujours plus longue à couvrir que le direct Toulouse-Paris malgré les onze minutes du trajet Toulouse-Montauban. Qui a-t-il de déshonorant à écrire que le projet va mettre Montauban à 3 h 30 de Paris ? D’autant qu’avec les modifications qui interviennent (enfouissements) la tendance est à l’augmentation du temps de trajet… et du prix ! Je retiens cependant au positif l’information sur les délais : 2020-2030, ce qui n’a rien à voir avec le 2018 de l’Express ! Je note en passant que les défenseurs des victimes potentielles du tracé pourraient avoir une pensée pour les victimes actuelles, je veux parler des personnes contraintes de vendre un bien en ce moment et qui sont proches ou dans le fuseau : pour les années qui viennent la perte est au moins de 30% quand elles trouvent un acheteur !

Suite pour une zone :

« Sur le secteur Auvillar, on a un temps marché sur la tête en changeant de tracé. Il faut un tracé adapté une bonne fois pour toutes avec des compensations, en traitant bien les situations. » Là le journaliste cite Jean-Michel Baylet pour une question dont je rendrais compte en détail demain. Voilà un tracé sur un secteur définitif validé par le COPIL du 11 janvier, donc par JMB, et qui subitement ne devient plus définitif ! On va y marcher sur les pieds ? En fait il fallait un tracé moins couteux pour compenser les dépenses nouvelles sur le secteur Pompignan, Lacourt-Saint Pierre.

Suite pour le coup de théâtre

« Par exemple, la ligne évitera finalement le hameau de Bénis à Castelsarrasin, où une cinquantaine de maisons devaient sauter. » Le maire de Castelsarrasin avait déjà annoncé (voir sur ce blog lettre ouverte à Bernard Dagen) que la ligne passerait « au fond de Bénis ». Sauf que pour le moment nous n’en sommes pas à définir la ligne mais le fuseau de 1000 m et dans le fuseau de 1000 m les nuisances restent les mêmes. Il y a ceux qui espéraient être sur la ligne pour bénéficier d’une indemnisation et partir loin et ceux qui préféraient rester en disant tant pis pour les nuisances.

Et la photo d’illustration ?

Grâce à la photo, on découvre la présente de Madame Barèges la députée maire de Montauban qui a dû discuter de l’emplacement de la gare de Bressols, mais par un incroyable effet du hasard rien n’est dit de son propos. Quant à RFF nous vérifions ce que nous savions : ils sont là pour appliquer les décisions des commanditaires ! En fait, comme toujours les non dits sont nettement plus important que les dires !

Et le titre de l’article ?

« LGV dernière ligne droite » est un trait d’humour qui veut nous faire croire que le 31 mai nous pouvons rentrer chez nous, les carottes seront cuites, le tracé de 1000 m étant acté. A dix ans du premier coup de pioche l’affaire serait entendue ? Bien sûr, il y a des personnes qui vont être prises de cours en apprenant qu’à présent elles sont dans le fuseau mais elles seront présentes pour la discussion sur le fuseau de 500 m, d’autres seront très présents pour la DUP (déclaration d’utilité publique) et quant à l’appel d’offres il sera à peine la dernière ligne droite d’une LGV qui ne se fera pas à l’arrivée. Messieurs, où en êtes-vous du montage financier ? Où en est RFF des son déficit ? Où en est la SNCF qui programme une diminution de 30% du service TGV ? C’est la fable du corbeau et du renard : le corbeau flatte les associations qui disent non au tracé pour qu’il en fasse une bouchée, mais pendant ce temps ceux qui disent non à la LGV préparent encore leurs rendez-vous, en sachant que c’est toujours difficile mais jamais inutile.

10-05-2010 Jean-Paul Damaggio

 

L’article

LGV dernière ligne droite : La Dépêche du Midi

Publié le 08/05/2010 03:47 - Modifié le 08/05/2010 à 07:34 | Thierry Dupuy

Hier, Fabien Sudry, préfet du Tarn-et-Garonne a réuni tous les élus concernés par le tracé proposé le mois dernier par Réseau Ferré de France. Objectif : préparer le comité territorial qui retiendra le 17 mai à Toulouse l'itinéraire, puis le comité de pilotage prévu à Bordeaux le 31 mai qui validera définitivement le dossier avant de le transmettre à la décision du ministre.

Globalement, toutes les collectivités se rejoignent sur un point : il est vital de réaliser la LGV et sa gare en Tarn-et-Garonne.

N'empêche ! RFF doit réaliser des études complémentaires pour limiter l'impact sur les paysages et les populations. Certains points ont déjà été améliorés, d'autres devront l'être. Par exemple, la ligne évitera finalement le hameau de Bénis à Castelsarrasin, où une cinquantaine de maisons devaient sauter. A Lacourt-Saint-Pierre et Montbeton, il est question maintenant de traverser les communes en passage enterré. « Il y a encore du chemin à parcourir pour arriver à de bonnes propositions avant le 17 mai. Sur le secteur Auvillar, on a un temps marché sur la tête en changeant de tracé. Il faut un tracé adapté une bonne fois pour toutes avec des compensations, en traitant bien les situations. Comme, par exemple, celle de Pompignan », a lancé Jean-Michel Baylet, sénateur et président du conseil général. « Les communes concernées par le passage de la ligne souhaitent que des points techniques soient approfondis pour limiter au maximum les impacts sur les populations », a insisté Sylvia Pinel, députée du Tarn-et-Garonne. Enfin, le préfet a souligné que le tracé de la LGV « n'était pas facile dans le département », mais que l'équipement représenterait ensuite un « atout considérable pour le développement»

 

Communiqué de « nonauxtracés »07 mai 2010 DES AVANCEES !!

Tous nos efforts semblent enfin porter leurs fruits !

Quelques bonnes nouvelles suite à la réunion d'aujourd'hui à la préfecture. Le fuseau au Nord de Lacourt St Pierre a été retenu mais il s'agirait désormais d'un passage en tranchée sur tout le village jusqu'au "Pradas". Notre argumentation et notre insistance sur le fait que le village de Lacourt St Pierre ne devait pas se retrouver enclavé entre deux buttes a été entendu et soutenu par TOUS les élus présents. Bénis serait sauvé avec un tracé qui passerait plus au Sud. Il ne faut donc pas baisser les bras mais au contraire maintenir la pression car c'est une petite victoire  qui nous redonne espoir pour la suite!!! Nous sommes aussi en train de nous battre pour des expropriations à 150 mètres et non pas à 25m. C'est grâce à tous ceux qui se sont mobilisés depuis le début que les choses avancent peu à peu !

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:23

Témoignage d’un habitant qui a souhaité prendre la plume. Il fait écho à l’autre témoignage ramené de Layrac. Toute la discussion sur les enjeux économiques ne peut faire oublier les réactions sentimentales qui surgissent. Nous livrons donc ce conte à votre lecture. JPD

Je suis le deuxième fils d’une famille d’exploitants agricoles depuis plusieurs générations ; elle se situe aux quatrièmes terrasses de la Garonne, à la limite de la Lomagne ; pays magnifique de vallons et coteaux. Mon frère a pris la suite de l’exploitation agricole ; j’ai dû abandonner ma terre natale pour me rapprocher des industries et zones urbaines, afin de trouver du travail ; mais la nostalgie de mon village me fait revenir dès possible chez mes parents et mon frère pour me ressourcer.

On ne cesse de dire à qui veut bien l’entendre qu’il faut redonner vie à nos villages ; qu’il faut maintenir le plus longtemps possible les personnes âgées dans leur environnement ; que cela coûte moins cher à la société.

Pour cela, afin d’assurer un confort de vie, nos élus ne cessent de trouver des solutions pour maintenir les populations sur place à grands renforts de frais, aménagements divers, multiservices, tout à l’égout, salle polyvalente, regroupement scolaire et j’en passe !

Moi, pris par la nostalgie du pays, après réflexion, je me dis : « je vais engager des frais de déplacement, des heures de trajet, mais je vais retourner vivre auprès de mon clocher ». Oui mais ! Mon frère était prêt à me céder un terrain afin d’édifier un logis pour ma famille ; mais n’étant pas agriculteur, pas de permis de construire.

Autre possibilité : sur ma commune il y a un POS ou un PLU qui me redonne un espoir… de courte durée. La LGV passe à proximité avec toutes les nuisances qu’elle engendre surtout l’écho sonore dans les vallées. Adieu projet ; adieu doux rêve !

Mon frère pour sa part va avoir son exploitation partagée en deux par une clôture infranchissable (si ce n’est après un long détour : plus de km ; plus de pollution). Comment va-t-on lui restituer les terres impactées et remembrer les superficies ?

Et dans cette situation nous sommes nombreux. Il y a même un artisan maçon dont le fils lui a succédé, propriétaire d’un terrain à bâtir dans un cadre verdoyant qui souhaitait construire une maison (qu’il appelle de maçon) avec des matériaux nobles du pays : pierres – briques foraine rouge – charpente traditionnelle, le tout dans le style du patrimoine local. Mais ce projet là aussi tombe à l’eau !

Alors oui, au service public mais pas à n’importe quel prix. Avec un peu plus de réflexion on peut souvent faire mieux. J’ai une pensée profonde pour tous ces gens qui ont anticipé mon souhait et sont déjà là ; avec un choix de vie qu’ils ont choisis malgré les inconvénients du déplacement ; à ce jour ils ont des prêts à rembourser, une perte de valeur foncière bâtie dans le cas où la ligne LGV passerait devant ou derrière leur demeure, et bientôt les nuisances. Adieu mon village au clocher, aux maisons sages ! … Vous avez dit progrès ? !

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