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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 11:44

La prime aux sortants reste très forte au moment des municipales… surtout quand les sortants n’ont pas d’opposants comme ce fut le cas dans la moitié des communes du Tarn-et-Garonne. Il y a cependant des conseillers généraux qui doivent s’inquiéter quant aux futures cantonales.

Jean Cambon battu à Nègrepelisse, Denis Roger battu à Verdun sur Garonne, Guy Hébral à Molières, Raymond Massip peut-être battu à Montpezat tout comme Bernard Dagen (Castelsarrasin) et éventuellement Pierre Guillamat (Moissac), Roland Garrigues, G. Descazeaux et Cl. Mouchard à Montauban ; la liste est un peu longue.

 Bien sûr il y a les imbattables, Francis Garrigues à Lavit (pas d’opposants), Jean-Michel Baylet à Montjoi (pas d’opposants), Etienne Astoul à Villebrumier (pas d’opposants), Jean Lavabre à Montaigu (pas d’opposants).  

 Ils gagnent face à des opposants : J-L Deprince à Beaumont, Joël Capayrou à Saint-Nicolas de La Grave, Jacques Tabarly à Septfonds, Jean-Paul Albert à Monclar,  Patrick Marty à Grisolles. Quelques conseillers générzaux n'étaient pas candidats : Jean-Paul Raynal, Dominique Sardeing-Rodriguez, Jean-Pierre Quéreilhac, Jacques Roset, Léopold Viguié.  

JPD

 

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 11:42

Toute élection municipale a ses dimensions locales, ses questions de personne, ses rapports de force atypique mais je prétends, avec un livre à l’appui, qu’une fois ces aspects balayés, le cas de Montauban est révélateur de phénomènes globaux et cette fois je trouve cette confirmation dans les ces deux résultats :

1 ) l’échec du PS et ses alliés ne bénéficient pas à « l’Autre gauche »

2 ) la présence du FN ne nuit que très peu aux résultats de la droite.

 Point 1

Dans l’histoire de France, municipales ou pas, les résultats électoraux au sein de la gauche ont engendré deux phénomènes : le succès du PS s'accompagnait du succès du PCF ou le succès du PS se faisait sur le dos du PCF.

Depuis les municipales de 1983 nous sommes dans le deuxième cas de figure. Un cas de figure qui n’a fait que s’amplifier, le PCF persistant à penser qu’à un moment ou un autre, l’échec du PS amènerait son propre succès.

Puis en 2009 un espoir nouveau arrive, le Front de Gauche. Pour la première fois, une tendance du PS fait scission en se tournant vers le PCF pour relancer un projet politique global. Auparavant il y avait bien eu la scission Chevènement mais elle avait tourné court ; avec Mélenchon l’avenir devait changer d’horizon.

Pour les municipales de 2008 à Montauban, la liste Montauban Citoyenne était une annonce de ce phénomène, le PCF local acceptant enfin de ne pas se joindre au PS dès le premier tour pour d’abord se compter dans le cadre d’une liste ouverte.

 En conséquence en 2014 le phénomène a pu être amplifié et le rassemblement s’est élargi comme nulle part ailleurs pour aller d’EELV au NPA (existe-t-il un autre cas en France ?) tout en gardant sa dimension citoyenne et avec la même tête de liste.

Bilan, si cette liste résiste bien, elle ne récupère pas les déçus de la liste PS et alliés !

Je ne pense pas que le 1,7% de la liste LO soit le petit manque qui aurait permis d'arriver comme je le pensais, à 15%.

Ce problème n’est pas circonstanciel, anecdotique mais bien structurel.

 Il mérite d’être posé clairement, sans tabou, je veux dire politiquement. Je n’ai pas la solution pour changer inévitablement le cours de cette histoire qui concerne d’ailleurs toutes les forces progressistes d’Europe. Aucun échec du PS et ses alliés ne fera le bonheur du Front de Gauche. L’idée majeure de Mélenchon (passer devant le PS) est une fausse perspective. De toute façon, le PCF a été longtemps électoralement devant le PS sans que la France bascule dans le camp progressiste !

 Je ne sais comment mais le Front de Gauche doit séparer son projet, de toute référence à la gauche historique, car le clivage droite/gauche n’a plus aucune pertinence. Que le PS fasse sa vie et que « les progressistes » se donnent leur propre projet sans avoir comme première référence le succès électoral.

Si depuis 1983 aucun effort n’a été tenté dans ce sens, c’est que la tâche est difficile, les mots eux-mêmes n’existant pas pour la nommer. J’emploie le terme « progressiste » mais je sais que la notion de «progrès» elle-même est une impasse en soi. Le clivage progressistes / réactionnaires ne peut plus exister puisque de toute part la société est en ébullition.

Comme dans le nom « Montauban Citoyenne » il existe la référence aux « citoyens » que justement Chevènement a mis en valeur en 1994 en créant le Mouvement des Citoyens. Mais en voulant dépasser ainsi le face à face droite/gauche, par le clin d’œil au gaullisme Chevènement s’est égaré et a fini par rentrer au bercail socialiste.

Bref, je pense que tout le temps employé par Mélenchon pour dénoncer Hollande devrait plutôt être employé pour enraciner un projet qui reste invisible pour les citoyens ordinaires malgré des efforts locaux comme « Montauban citoyenne ». Sauf que la visibilité est peu évidente quand au second tour on pense pouvoir s'allier avec le PS pour gouverner avec lui. Depuis 1992 je plaide pour des alliances sans solidarité de gestion (sans participation aux responsabilutés) mais la nuance est-elle compréhensible pour les citoyens ?

 Point 2

Montauban n’est pas la ville la plus FN du Tarn-et-Garonne mais la présence électorale de ce courant, dès 1984, permet de mesurer son implantation, et sa réalité. Ce parti a été présent aux municipales de 1995 et 2001 mais pas en 2008. Son retour en 2014 donne donc à l’élection une tonalité s’inscrivant mieux dans le schéma national.

Puisque la droite reste forte et la gauche faible, est-ce que le FN prend ses voix à gauche ? Il faut d’abord balayer cette analyse qui fait l’impasse sur l’abstention. Quand en 1984 le FN surgit dans l’élection européenne au moment où le PCF dégringole une conséquence mathématique simpliste en a fait déduire à beaucoup qu’une part de l’électorat PCF était passée au FN. Erreur d’analyse totalement visible à Montauban où le FN fut plutôt fort dans une commune où le PCF a été historiquement faible ! Je penche plutôt pour une existence du vote extrême-droite antérieure au succès du FN mais qui était abstentionniste et donc invisible. Aujourd’hui les invisibles sont beaucoup plus à gauche et c’est là aussi une preuve de la fin du clivage droite/gauche : généralement le peuple de gauche avait la « religion » du vote ! D’où vient cet ancrage du FN dont les résultats étaient considérés anecdotiques en 1984 ? D’un fait très simple : il refuse toute alliance avec la droite et la gauche. Il n’a pas de programme réel mais un positionnement permanent : il est hors-système.

Observons cependant que le score n'est pas à la hauteur des espérances FN. Thierry Viallon pensait à 20% et Patrice Charles à Moissac qui fait 19% le dit clairement : "Ces résultats sont quelque peu décevant". Mes médias s'excitent sur quelques cas de figure mais en réalité le FN est arrivé à son maximum. Il va y avoir des élus municipaux FN à Montauban et Moissac sans que pour autant que ça beaucoup de chose. Aux dernières législatives les commentateurs avaient fait grand bruit sur l'élection de deux députés FN : leur bilan aujourd'hui ?

Je suis de ceux qui pensent qu'il ne faut ni dramatiser ni minimiser un score électoral qui comme tous les scores mérite un analyse paisible.

 Donc pourquoi le succès FN ? Car ce parti reste hors-système. Encore une fois La Dépêche du Midi laisse entendre "qu'une rumeur enflait hier soir dans les couloirs de l'hôtel de ville d'un possible rapprochement avec la sortante dans le cadre d'un arrangement dont il [Thierry Viallon] ne veut pas entendre parler."

A aucun moment, politiquement un tel arrangement n'était possible sauf à entretenir la confusion sur ce qu'est le FN.

Mélenchon a beau répéter qu’en dénonçant le PS, il peut lui aussi être considéré hors-système, le soir du premier tour de la présidentielle il a annoncé son désistement sans condition pour Hollande, ensuite il a annoncé qu’il pouvait être le premier ministre de Hollande un président qui se devait de tenir compte de l’apport de son électorat dans sa victoire. Jamais Marine Le Pen n'appellera à voter Sarkozy ou UMP sinon c'est son capital électoral qui s'effondrerait !

 Sauf que LO qui est aussi hors-système n’a jamais pu s’imposer durablement.

La politique d’Hollande autant que l’enracinement du FN sont à interroger pour la construction du projet progressiste.

Quant au succès relatif de Brigitte Barèges (il n'y a pas de liste centriste au premier tour)  il nous rappelle que la droite est toujours là. Je prétends que si en 2001 La Dépêche a soutenu seulement du bout des lèvres Roland Garrigues, cette fois elle en a fait beaucoup trop, une stratégie contre-productive. Mais là aussi, au-delà du contexte local si demain Moudenc l’emporte à Toulouse, ça sera un point à prendre en compte pour faire le bilan de l'opinion. Jean-Paul Damaggio

 

 

2008

% 2008

2014

% 2014

Inscrits

37605

 

39675

 

Exprimés

25264

67,18 

25636

64.61%

UMP

11074

43,83

11 471

44,75%

PS et alliés

8467

33,51

7 183

28,02%

Montauban Citoyenne

2644

10,47

3 037

11,85%

Centre

1702

6,74

 

 

SE

1377

5,45

 

 

LO

 

 

442

1,72%

FN

 

 

3 503

13,66%

 

 

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 17:18

Le gouvernement a proposé une liste de nuances qui a fait problème en éliminant le "SE" (sans étiquette" et en divisant les listes Front de Gauche et Parti de Gauche.

Donc a donc comme nuance : LEXG (extrême-gauche), LFG (front de gauche), LPG (parti degauche), LCOM (communiste), LSOC (socialiste), LUG (union de la gauxche), LDVG (divers gauche), LVERC (verts), LDIV (divers), LMDM (Modem), LUC (union du centre), LUDI (UDI), LUMP (UMP), LUD (Union des droites), LDVD (divers droites), LFN (FN), LEDX (extrême-doite).

 La réponse est pour chaque département sur le site de wikipédia qui a dû avoir accès au site du gouvernement. Par exemple vous avez ici les étiquettes à Moissac où en effet on a bien la liste Guillamat étiquetée UDI !

Un erreur par contre : la liste Garrigues est déclarée PS-PCF-EELV mais sur le document officiel Union de la Gauche (une modification a été faite ensuite)

 L'UDI est en pointe dans le département avec des listes à Castelmayran (Clemente), Labastide du Temple (Kléber-Leygue), Cazes Mondenard (Guilloteau), Corbarieu (Thierry), Malause (Marie-B Maerten), Molières (Sahuc) Monclar qui fait fort avec deux UDI (Albert et Povert). La liste Barèges est UDI-UMP sur Wikipédia qui renvoie au document officiel où en fait c'est Union de la droite.

 Inversement à Labastide St Pierre comme à Escatalens, Septfonds, Saint Nicolas de la Grave, Pompignan, Orgueil, ils sont tous DVG. A Lamagistère c'est même trois listes DVG !

A Bressols Ibres s'est étiqueté DVD alors que dans une émission radio on pouvait l'écouter vanter les mérites du gouvernement !

 Une liste socialiste à Corbarieu. Une autre à Saint Antonin mais le conseiller régional socialiste a préféré aller sur l'autre liste étiquetée LDVG ! A Villebrumier la liste socialiste n'est plus conduite par Etienne Astoul mais par J-L Marty. Liste socialiste dans le même canton à Nohic.

Une liste Parti de Gauche à Réalville.

Liste UMP à Monteils.

J-P Damaggio

 

P.S. La Dépêche rendant compte des résultats a donné les étiquettes officielles.

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 14:15

Jaime-Roldos.jpg

"Né à Guayaquil, Aguilera était un réformateur, et sa politique à l'égard des compagnies pétrolières américaines lui attirèrent nombre d'ennemis en particulier en 1981, où il présenta au congrès équatorien sa nouvelle loi sur les hydrocarbures. Roldós et sa femme fondèrent Partido Pueblo, Cambio y Democracia. Il fut président de l'Équateur de 1979 à 1981 pendant un bref affrontement militaire qui opposait son pays au Pérou en 1981. Il est mort dans le crash d'un avion en 1981 près de la frontière péruvienne. Les huit autres passagers sont morts également dans le crash." Wikipédia France

 Comme chaque année, nous publions ici un écho du festival de cinéma latino-américain qui se tient à Toulouse[1] avec un coup de projecteur sur le magnifique documentaire concernant la mort de Jaime Roldós qui nous raconte en réalité deux morts étranges : celle de l’accident d’avion du président de l’Equateur et celle du mésusage ensuite de son nom dans la politique de ce pays.

Cet accident intervenu le 24 mai 1981 a pu passer inaperçu en France, le pays étant pris par sa propre actualité, en conséquence le documentaire permet de revisiter une histoire méconnue. Nous quittons ainsi le cas Pinochet ausculté sous tous les angles pour le modeste Equateur où la politique est finalement une question familiale.

 L’histoire

Au tournant des années 78, Carter ayant assis sa présidence, la politique des USA change et les dictatures des Amériques vont peu à peu disparaître. L’Equateur sera pionnier en la matière grâce à des divisions importantes dans l’armée, divisions provoquées par les luttes populaires. Une partie de l’armée ne veut plus servir d’armée de répression. Mais une autre partie se fait le relais de l’opération Condor et il n’est donc pas surprenant d’apprendre que la première mort violente du court mandat de Roldós est celle d’un militaire loyaliste.

Jaime Roldós est présenté dans le film, avec documents à l’appui, comme un adversaire déterminé des dictateurs et tout indique que sa mort a été commanditée par les maîtres de l’opération Condor conduite par l’union Pinochet-Viola (dictateur argentin) mais le grand mérite du film n’est pas de chercher des coupables mais seulement de remettre le président dans une histoire plus large.

Cette histoire a été masquée et l’intérêt du film c’est d’abord les secousses qu’il produit là où les événements se sont produits. Avec le parti politique né après la mort de Jaime, le Parti Roaldiste ce fut un hold-up organisé par le beau-frère pour attirer sur lui la popularité du jeune disparu. Un hold-up qui a masqué à la fois le combat de Roldós et les raisons de sa mort.

Comprendre

A chercher des coupables tout porte à désigner des responsables or pour le réalisateur, l’essentiel c’est de comprendre l’enchaînement des faits ce qui donne au documentaire un suspens plus global qu’un film ordinaire. Chaque morceau du puzzle se met en place non pour une lecture univoque, mais pour au contraire une approche aux multiples entrées. C’est exactement comme l’introduction hésitante pour désigner le point de départ de la mort. Voilà une œuvre d’art qui réussit l’exploit de rendre simple un enchaînement, sans en masquer à aucun moment la complexité ! Un pari gagné sans doute parce que les réalisateurs Manolo Sarmiento et Lisandra Rivera débutèrent les recherches en 2006, pour le 25 ème anniversaire de la mort de Jaime Roldós et le terminèrent seulement en 2013 !

Je ne sais si je vais être capable de rendre cette complexité mais je tiens à essayer.

Nous ne sommes pas face à un système mais face à des contradictions au sein de l’armée, au sein de l’appareil d’Etat, au sein du peuple, au sein des partis, au sein de chaque individu.

Nous ne sommes pas face à un système qui élimine l’action des individus même si finalement l’action des individus peut être broyée par un système.

Dans un entretien sans complaisance avec le réalisateur j’ai relevé quelques éléments qui vont éclairer mon propos.

 La parole au réalisateur

Jaime Roldós a été remplacé par son suppléant Osvaldo Hurtado toujours vivant. Pourquoi n’est-il pas interrogé ?

Le réalisateur considère que ce qui compte ce sont les faits, les actes, en conséquence, Hurtado, en nommant ensuite comme ministre de la défense l’Amiral Sorroza (représentant de forces conservatrices que Jaime voulait révoquer), en acceptant la version de la mort fournie par les militaires (un simple accident), a eu une position claire. Seule l’histoire compte, pas les propos qu’ensuite cet homme pourrait tenir sur l’histoire.

Les personnes interrogées appartiennent aux éléments périphériques.

Même question pour le fameux Sorroza et même réponse : d’une part il semble qu’il soit mort et d’autre part, le fait historique c’est ce qu’il a dit à la commission d’enquête en 1982.

 Oui mais pourquoi ne pas avoir donné la parole à Jaime Galarza Zavala, l’homme qui a écrit un livre sur le sujet, livre évoqué par un des personnages dans le film[2] ?

Et en effet, le spectateur imagine, quand ce livre apparaît, qu’ensuite nous aurons la version de ce chercheur, mais ce n’est pas le cas et ce n’est pas le cas dans la réponse du réalisateur à la question posée :

« - Nous avons bien sûr rencontré Jaime Galarza et nous l’avons interrogé. Il a beaucoup d’informations. C’est une source secondaire comme tant d’autres témoignages que nous n’avons pas pu mettre dans le documentaire final. Notre film n’a pas les mêmes objectifs que son libre. Il prend une autre direction mais cependant nous respectons ses critères et nous reconnaissons son rôle important pour la remise en cause de la vérité officielle. »

 J’en suis réduit à soupçonner que Galarza avait pour but d’établir une nouvelle vérité face à la vérité officielle alors que pour le film, l’objectif est moins la quête de vérité que le développement de la capacité à mettre en relation des événements. Le film dure deux heures, une heure pour éclairer (et non résoudre) l’accident mortel, et une heure pour étudier aussi la deuxième mort qui, sans doute, dans le livre de Galarza doit être absente (mais bien sûr j’aimerai vérifier).

 Le film est interdit en Equateur dans les salles possédées par Supercines dont le propriétaire est israélien (30% des places dans le pays) : les dirigeants demandèrent de voir le film avant de le projeter ! Or dans le film est reprise la dénonciation féroce par Roldos de León Febres Cordero lié à l’industrie militaire israélienne dont l’Equateur a acheté des K-fir[3]. Y-a-t-il un lien entre les deux faits ?

Par cette question et cette réponse on vérifie le souci professionnel de Sarmiento qui répond seulement : « Je ne sais pas. » Quand il ne sait pas, il ne fait pas d’hypothèses, de bavardages, il ne sait pas, et point à la ligne.

 Autre exemple avec cette question posée : est-ce que la mort en six mois et toujours par accident d’avion du président du Panama Omar Torrijos, du président de l’Equateur, du Ministre de la défense du Pérou Miguel Hoyos et de deux ministres de la défense de l’Equateur fut une coïncidence ? Impossible de donner une réponse.

 Les enfants du président

Le président meurt avec son épouse et ils laissent trois orphelins : deux filles et un garçon qui témoignent pour le présent. Un fille qui vit au Mexique pense plus à sa thèse sur l’évolution du salaire des ouvriers mexicains qu’à l’histoire de son père. L’autre montre de la bibliothèque familiale les œuvres complètes de Bolivar. En fait une des figures du film, c’est le fils destiné à être l’héritier et qui s’est destiné au rôle de comédien, un comédien qui se moque du pouvoir alors qu’il avait tout pour accéder au pouvoir comme le fera son oncle, un frère de sa mère, qui va créer un parti du nom de Roldos !

C’est ainsi que le documentaire est plein d’humanité, de sensibilité et en même temps d’information historique majeure. Le beau-frère Abdala Bucaram (qui sera peu de temps président) prétend connaître les responsables de la mort et s’insurge qu’on ne soit pas venu l’interroger. Une fois de plus il aurait voulu utiliser le cas Roldos au profit de sa propre image qui, le film le montre dans une séquence est l’inverse de celle de Jaime. Magnifique ce film car il lutte contre les bavards : les images suffisent quand, après des années de recherches elles sont choisies au millimètre

Jean-Paul Damaggio



[1]Nous avons déjà évoqué deux films sur le chili qui vont passer à Caussade : unet deux

[2] Richelieu Levoyer, commandant général de l’Armée dans le gouvernement de Roldós. Il évoque la possibilité d’un attentat.

[3]En 1981 Le Pérou envahit l’Equateur et aussitôt l’Equateur est obligé d’acheter des armes pour se défendre. Reagan devenu président autorise aussitôt l’achat d’avions israéliens ce qui entraîne des dépenses qui ne permettent plus les mesures sociales d’où les grèves qui vont se produire… Dans le film Raúl Falconí, ambassadeur d’Equateur à l’OEA pour le gouvernement de Roldós pense que cet affrontement a été fabriqué et il montre les contradictions mêmes au sein de l’équipe du président, le ministre des affaires étrangère lui donnant des ordres opposés à ceux de Jaime.

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 21:25

WALMART-copie-1.jpgour_walmart_strikers.jpg

 Le géant de la grande distribution aux USA s'appelle Wall Mart et l'entreprise n'est pas si vieille. Née au début des années 1950 en Arkansas elle a progressé petit à petit jusqu'à devenir le géant d'aujourd'hui. Toujours propriété de la même famille Walton !

Le syndicalisme y est interdit mais des femmes ont réussi à poursuivre la firme devant les tribunaux pour discrimination car elles sont payées moins que les hommes pour le même travail. D'années en années les tribunaux ont donné raison aux femmes tout en considérant que la plainte avait valeur collective. La Cour suprême a fini par arrêter le processus.

Les luttes n'ont pas cessé pour autant. Aujourd'hui, pour la 87 ème anniversaire du syndicaliste César Chávez un film vient de sortir et le souvenir de cet homme est appelé au secours par des femmes de Wart Mart en grève. Les succès de César sont toujours dans les mémoires et aboutirent en 1975 à l'Agricultural Labor Relations Act.

 Le fait étrange c'est que les paysans d'hier, syndiqués par César, sont aujourd'hui des employés indirects de Wall Mart qui conditionne tout de la production à la distribution. JPD

  

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 17:05

Election Intercommunale en TetG

 

Intercom

Président

fonction

Position

Monclar

J-P Albert

Maire de Monclar

DVD

Caussade

F-Bonhomme

Maire de Caussade

UMP

Lavit-Beaumont

F. Garrigues

Maire de Lavit

Centre

Lafrançaise

P. Soulhac

Maire de Lafrançaise

?

Caylus-St Antonin

A. Massat

Maire de Varen

PS

Lauzerte

 

 

 

Montaigu

 

 

 

Castel-Moissac

B. Dagen

Maire de Castel

DVD

Labastide St Pierre

Mme Mègre

Maire de Campsas

PRG

Montauban

Mme Barèges

Maire de Montauban

UMP

Valence

J-M Baylet

Elu à Montjoie

PRG

Montech

J. Moignard

Maire de Montech

PS

Nègrepelisse

J. Cambon

Maire de Nègrepelisse

DVG

Verdun

D. Roger

Maire de Verdun

PRG

Lavilledieu

 

 

 

Saint Nicolas

J-M Bence

Maire de St Aignan

PS

 Tous se représentent et je pense que tous espèrent garder le poste même si sur Caylus Saint-Antonin il doit y avoir débat au sein du PS entre Massat et Denis Ferté conseiller régional candidat sur la liste du maire sortant de Saint-Antonin.

Comme le répéta sur CFM le maire de Bressols le poste intercommunal n'est pas électif, il n'entre pas dans le cumul de mandats car sans doute ce n'est pas un mandat sauf qu'à présent il devient électif alors ne faudrait-il pas l'inclure dans le cumul des mandats ?

Pour Lauzerte-Montaigu il y a regroupement.

Pour Lavilledieu il y a eu un changement ces derniers jours mais je ne retrouve pas l'info.

 

Jean-Paul Damaggio

Dictionnaire des intercommunalités

en Tarn et Garonne en 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 14:17

Library.gif

 

17 216 habitants, tous dans la zone urbaine avec 40 ans d'âge en moyenne pour un revenu familial moyen de 55 387 dollars un peu mieux que dans l'Etat.

Voilà le premier portrait de la population de cette ville du Colorado. Mais pourquoi Durango ? A.C. Hunt passant par là (bien après l'arrivée massive des chercheurs d'or en 1860) au moment où il fallait trouver un nom, pensa à Urango qui en basque signifie "ville de l'eau" et c'est devenu Durango. L'info du site de la ville a été reprise par Le Routard.

Une eau indispensable comme toujours à l'industrie du cuivre pour la ville proche de Silverton, l'eau qui coule dans la rivière Animas.

Comme dans toute la région on compte surtout des Blancs (80%) et 10% d'Hispaniques. La troisième catégorie, ce sont les Indiens qui représentent tout de même 7%.

Je n'entre pas dans le détail du comptage de lesbiennes et de gays.

Pour la religion 54% de catholiques, les Mormons n'étant que 10%, les Baptistes 5%. et parmi la centaine d'églises du pays ils sont 6% à l'International Church of the Foursquare Gospel. J'avoue ne pas avoir repéré celle-ci dans ma liste des années passées. Même après les Presbytériens qui sont 4%, il reste 20% pour les autres religions.

Le chômage est surveillée de près avec une hausse spectaculaire de 2008 à 2011 (de 3% à 7,5%) mais la crise serait-elle en recul, le chômage est redescendu à 5% ?

C'est en visitant Durango qu'une fois de plus j'ai découvert qu'en France on ne savait plus rien inventer. La fameuse "école de la seconde chance" est une importation des USA et ça s'appelle Second Chance School. A Durango, le collège public à 1504 élèves et l'école de la deuxième chance 88.

Il y a deux collèges privées mais pour la super élite : 51 élèves dans la GRACE PREPARATORY ACADEMY OF DURANGO et 88 élèves dans la COLORADO TIMBERLINE ACADEMY.

Les six écoles élémentaires ont en moyenne 400 élèves.

Comme partout la qualité de l'air est surveillée en permanence.

En politique la ville est plutôt démocrate.

Je m'étonne toujours de la forte présence de radio locales.

Comme partout mon lieu de référence c'est la bibliothèque (voir la photo). Le 3 mars de 6 h 45 à 7 h 45 c'était la célébration des luttes féministes avec un film sur l'histoire de 1963 à 1970. Les rois du BlueGras seront à Durango les 11,12 et 13 avril. A suivre. JPD

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 13:53

FN-2001.JPG

 

Carte des candidats FN aux municipales de 2001.

 

En 2001, le soir du premier tour, les Montalbanais-es ont eu droit à deux surprises : le bon score du FN et le mauvais score de la liste Garrigues. La carte donnée en image rappelle qu’à ce moment là le FN est très faible en France car il sort des élections européennes de 1999, où il avait eu le plus mauvais score de son historie à cause de la guerre avec un Mégret cependant laminé. Elle rappelle qu’en situation de faiblesse le FN dans le Sud-Ouest et le Sud-est est le parti de trois zones : les vallées de la Garonne et du Rhône et le pourtour méditerranéen. Notons en passant que ceux qui tireront les leçons des municipales devront se souvenir de l’échec FN en 2001 qui s’est transformé en présence au second tour en 2002 ! Preuve que les municipales, pas plus que les Européennes ne donnent une vision juste de ce parti.

 Quant à l’échec de la liste Garrigues, il était surprenant car Jospin alors au pouvoir avait une bonne côte de popularité, la liste se présentait avec un bon bilan et l’adversaire était alors totalement inconnu.

Puis arriva le débat télé de l’entre deux tours et là, contrairement à ce que pense Garrigues ce n’est pas lui qui a perdu l’élection, ni Barèges qui l’a gagnée, mais le candidat FN qui a été totalement nul, son électorat volant alors au secours de Barèges.

 Donc 2014 s’annonce comme une répétition avec deux différences notoires : le FN est dirigé à présent par un homme sachant se tenir devant les caméras, et Roland Garrigues a une réserve de voix avec la liste Rassemblement Montauban Citoyenne. Ajoutons une différence peut-être anecdotique : le rôle de La Dépêche qui cette fois a décidé de jouer à fond la carte Roland Garrigues. Comment ? En mettant en avant le Front national !

 Qui, en Tarn-et-Garonne, sait qu’il y a localement deux listes FN en 2014 ? Si pour Montauban le FN a eu droit à une présence constante sur La Dépêche, pour Moissac ce fut l’inverse alors qu’au départ il y a bien eu une référence à Patrice Charles, mais c’était quand le journal pensait qu’il n’arriverait pas à faire une liste et qu’en conséquence il fallait se montrer attentif à ce parti.

 On me dira que je ne peux me plaindre du fait que, pour Montauban, une place équitable ait été donnée dans le journal de la démocratie à TOUS les candidats (j’aimerai la même équité sur d’autres sujets). Pourquoi pas, si la même démarche avait été utilisée pour les autres communes importantes ! Ce fut le cas pour Castelsarrasin, mais rien pour Moissac, Caussade, Beaumont, Grisolles etc.

 Je n’ai jamais été favorable à la stratégie anti-FN précédente de La Dépêche : le silence.

Je ne suis pas non plus favorable à la complaisance !

Hors page de présentation des idées des uns et des autres, le journal a par exemple a donné la parole par des entretiens, à des candidats des deux listes de gauche : quand a-t-il posé cette simple question : le FN est-il un parti comme les autres ?

Je ne conteste pas la présentation des idées FN mais le fait qu’à aucun moment Thierry Viallon n’a été dénoncé comme l’homme sans programme, le porteur d’une idéologie dangereuse.

Bien sûr, des amis me diront que FN et Barèges c'est du pareil au même ce que je conteste radicalement tout comme je contexte le fait qu'on dise le matin PS et droite c'est la même chose pour le soir s'allier au second tour avec le PS. Je ne plaide pas pour le sens des nuances mais pour l'analyse du sens du politique. Que Thierry Viallon devienne conseiller municipal ne changera rien, il ne s'agit donc de brandir un épouvantail.

 Sauf qu’il existe cette autre différence avec 2001 : une partie de l’électorat de gauche, mécontent de François Hollande, a du mal à envisager un report de voix sur des candidats gouvernementaux. Le bon score attendu de Montauban citoyenne va entraîner une fusion qui devra se faire rapidement (vu les délais injustes imposés par la loi : pourquoi pas comme pour la présidentielle 2 semaines entre les deux tours ?)) et qui sans doute conditionnera ce report de voix, à partir des concessions affichées.

 La bataille du second tour sera donc complexe puisque cette fois c’est Brigitte Barèges qui n’aura pas de réserve de voix. En 2008 ce fut la même chose, toutes les autres listes ayant appelé à voter contre elle, mais son adversaire n’est plus Claude Mouchard (qui se réserve pour la présidence du Grand Montauban) peut-être moins apte à rassembler qu’un Roland Garrigues, soutenu par le grand quotidien.

 Il existe cependant un point étrange : pas l’ombre d’un sondage public pour Montauban. Or, quand on a Manuel Valls au Ministère de l’Intérieur on ne me fera pas croire que La Dépêche est sans estimations et si elles avaient été bonnes, un sondage aurait été lancé. Surtout si on se souvient que le quotidien en a lancé un pour régler l’affaire de la tête de liste à Montauban ! Les militants PS avait décidé de l’organisation de primaires puis un sondage ayant montré que Garrigues était en meilleure position, Mouchard s’est incliné et Garrigues a été retenu avec la députée à ses côtés, une députée qui ne pourra devenir ministre car à ce moment-là Roland Garrigues serait obligé de laisser un mandat comme son ami Moignard. Jean-Paul Damaggio

 P.S. : Rappelons qu’aux dernières législatives, sur la deuxième circonscription c’est le FN qui a été présent au second tour, assurant ainsi une victoire facile à Sylvia Pinel.

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 11:45

Plus que pour tout autre élection, le rôle de la presse locale est important au moment des municipales. Et le cas de Moissac permet de révéler quelques infos. Voici un texte du blog de Nunzi :

 "Le Front national demande en urgence une réunion du Conseil municipal suite à un  vilain poulet de la liste PRG… On aura tout vu!

Mais attention à ne pas franchir la ligne jaune.  Il est des assertions qui sans preuves deviennent de la diffamation pure et simple.

Que les choses soient claires : NON la mairie n’a jamais acheté pour faire sa pub des numéros du "Petit journal". Et si Empociello, Guillamat, Charles ou un autre veulent se risquer à ce jeu là, ils en répondront devant les tribunaux.

Par ailleurs, pour que les choses soient claires, la mairie, pendant les six ans du mandat qui s’achève a payé 96000 euros à La Dépêche du Midi, et 40000 euros au Petit Journal. Tout cela au titre des insertions publicitaires et des petites annonces. Rien de plus!

Pour le coup, Guillamat et consorts ont perdu une bonne occasion de se taire! Et ne lui en déplaise, personne n’a qualité parmi les candidats à la mairie pour interdire à un journal de distribuer gratuitement certains de ses numéros. Les gratuits sont même devenus un modèle économique en matière de presse."

 

Cette transparence devrait être obligatoire !

Combien le Conseil général donne à La Dépêche et au Petit Journal chaque année ? Pour l'un on connaît la réponse mais pour l'autre ?

Même question pour la mairie de Montauban et ailleurs.

Même question pour les radios. Radio Totem par exemple s'affiche comme média sans subvention.

Certains reprochent au Petit Journal la distribution d'exemplaires gratuits qui sont toujours des invendus. A chacun sa stratégie publicitaire.

 Le blog de Nunzi nous apprend par exemple que la liste Bousquet à Valence est inscrite officiellement UDI. N'est-ce pas bon à savoir ?

Jean-Paul Damaggio

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 11:50

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Dans son livre, Les orateurs de la Législative et de la Convention : l'éloquence parlementaire pendant la Révolution française, Louis Blanc donne ce portrait du Prussien étrange Anacharsis Cloots. En fait j'aurai aimé trouver le livre de George Avenel dont Marx avait conseillé la lecture mais ce portrait a quelque intérêt au sujet d'un homme assez  unique. Marx rappelle que le conflit Danton-Robespierre n'était pas surtout franco-français mais en lien avec les alliances possibles : Danton avait un œil du côté des Anglais et Robespierre du côté des Prussiens. Ce qui n'empêcha pas Robespierre de contribuer à la mort du Prussien Cloots. Voici le texte de Louis Blanc. JPD

 

"Les Hébertistes eurent souvent pour interprète, quoiqu'il ne se confinât dans aucun parti, le cosmopolite voltairien Anacharsis Cloots.

La vie de cet enthousiaste a déjà été contée avec esprit, avec trop d'esprit même, par un des plus érudits critiques de la Révolution[1]. M. Avenel a voulu mettre en scène Cloots et ses contemporains : tout son livre, outrant le lyrisme de Michelet, est une restitution politique des figures et des paroles, des attitudes et des propos, dans la rue, dans le club, dans l'Assemblée. Rien n'est admirable d'abord et rien n'est inquiétant ensuite comme ce mélange du possible et du réel, des citations littérales et des propos supposés, où la fantaisie devient à la longue une hallucination, un cauchemar. Et pourtant la science et la bonne foi de l'écrivain sont également solides : ses analyses des pamphlets et des discours de Cloots, exactes et complètes, donnent une idée juste, quoiqu'un peu embellie, de ce Prussien qui fut plus Français que les Parisiens, plus chauvin que les batailleurs de la Gironde.

Né à Clèves, riche, baron, il parla et pensa en français, avant de balbutier cette langue allemande qu'il dédaigna. Son idole fut Voltaire, qu'il connut à Paris en 1777, et dont il adopta avec enthousiasme le rationalisme militant. A vrai dire, il ne quitta Paris, de 1777 à 1789, que pour des voyages, et il s'était fait un nom dans les salons philosophiques, par sa verve sceptique, sa candeur allemande, ses belles manières et surtout par son livre voltairien, Certitude des preuves du Mahométisme (1780), où il réfutait l'apologie du christianisme de l'abbé Bergier. Plutôt pamphlétaire qu'orateur, il joua dans la Révolution un rôle bruyant, contesté, mais sincère et honorable, mettant sa fortune au service des idées nouvelles, s'intitulant tour à tour gallophile et orateur du genre humain[2] . Il professa d'abord, en philosophie, le déisme ; puis, avec Hébert, ce naturalisme dont la cérémonie païenne du 10 août 1793 et la fête de la Raison furent les plus éclatantes manifestations. En politique, il prêcha le cosmopolitisme, le rayonnement de l'idée parisienne, la république européenne, demandant que sa patrie devint un département français. Les desseins guerriers de la Gironde le rapprochèrent d'abord de Brissot et de Mme Roland : son culte pour Paris, qu'il adorait, l'entraîna dans le mouvement à la fois municipal et cosmopolite dont les hommes de la Commune furent les chefs et qu'interpréta le Père Duchesne.

Toujours rêvant, souriant, discutant, imprimant, il traversa la Terreur avec l'air d'extase d'un illuminé, aujourd'hui acclamé pour ses bons mots voltairiens, demain sifflé pour ses incohérences germaniques. Le meilleur de son talent est dans ses factums politiques, si sages et si fous : Anacharsis à Paris (1790), l'Orateur du genre humain (1791), la République universelle (1792), Ni Marat ni Roland (1793).

On n'a que des fragments des discours qu'il prononça dans sa fameuse querelle philosophique avec l'abbé Fauchet. Mais rien n'est plus connu que son adresse à la Constituante, au nom des députés du genre humain. Voulant rendre sensibles ses théories cosmopolites, il réunit, à la veille de la grande fédération, un certain nombre d'étrangers de tous les pays[3], proscrits ou voyageurs, qu'il mena, dans leurs costumes nationaux, devant l'Assemblée qu'il appelait le concile œcuménique du monde (19 juin 1790) : « A nous aussi, dit-il, il est venu une grande pensée, et osons-nous dire qu'elle fera le complément de la grande journée nationale? Un nombre d'étrangers de toutes les contrées de la terre demandent à se ranger au milieu du Champ-de-Mars, et le bonnet de la liberté, qu'ils élèveront avec transport, sera le gage de la délivrance prochaine de leurs malheureux concitoyens. Les triomphateurs de Rome se plaisaient à traîner les peuples vaincus, liés à leurs chars; et vous, messieurs, par le plus honorable des contrastes, vous verrez dans votre cortège des hommes libres dont la patrie est dans les fers, dont la patrie sera libre un jour par l'influence de votre courage inébranlable et de vos lois philosophiques. Nos vœux et nos hommages seront les liens qui nous attacheront à vos chars de triomphe. — Jamais ambassade ne fut plus sacrée. Nos lettres de créance ne sont pas tracées sur le parchemin ; mais notre mission est gravée en chiffres ineffaçables dans le cœur de tous les hommes ; et, grâce aux auteurs de la déclaration des droits, ces chiffres ne seront plus inintelligibles aux tyrans. » Cloots et son groupe d'étrangers obtinrent un succès d'enthousiasme ; ce n'est que plus tard qu'on tourna cette démarche en ridicule.

Admis au titre do citoyen français en même temps que Payne, Priestley, Schiller et autres écrivains d'étrangers, il prit une part plus active à la politique intérieure et poussa les Jacobins à sortir de la légalité contre la cour. Mais ses idées cosmopolites taisaient toujours le fond de son éloquence, comme dans le discours qu'il prononça a la barre de la Législative pour demander l'apothéose de Gutenberg: « La république universelle des Français fera des progrès plus rapides et plus heureux que l'église universelle des chrétiens. La catholicité d'un catholicisme éternel l'emportera sur la catholicité d'un principe sacerdotal. L'erreur prosterne tous les Musulmans vers la Mecque ; la vérité relèvera le front de tous les hommes fixant les yeux sur Paris... L'art de Gutenberg sera désormais notre principal véhicule. Ce grand art vous a faits, non pas les mandataires de 83 départements, ni de 6,000 cantons, mais les représentants de 26 millions d'individus; il vous fera un jour les représentants d'un milliard de frères. L'univers, casé en mille départements égaux, perdra le souvenir de ses anciennes dénominations et contestations nationales, pour conserver éternellement la paix fraternelle sous l'égide d'une loi qui, n'ayant plus à combattre des masses isolées et redoutables, ne montrera jamais la moindre résistance nulle part. L'univers formera un seul État, l'État des individus unis, l'empire immuable de la Grande-Germanie, la république universelle. »

 Ainsi rêvait Cloots : député de l'Oise à la Convention, il y parla peu, mais il présida le comité diplomatique, sans exercer d'ailleurs une grande influence sur la politique étrangère de la République. Son silence ne fut pas tout à fait volontaire : quand il voulait s'inscrire pour la parole, toutes les formalité du règlement se dressaient contre lui. Enfin, le 26 avril 1793, il put prononcer un immense et nuageux discours sur les bases constitutionnelles de la république du genre humain. On ne l'écouta pas. « Autour de l'orateur, dit M. Avenel d'après le Journal français, c'était un immense bourdonnement de sons articules: il y avait récréation. Bureau, droite, centre allaient, venaient pour leurs affaires, ou se promenaient pour leur digestion, ou se groupaient pour rire ou bavarder, sur le Jugement île Paris, par exemple, grand succès à l'Opéra. lies plaisantins seuls songeaient au philosophe », et lui lançaient des brocards. Méconnu à la Convention, il se lança de plus en plus dans le mouvement hébertiste, décidant Gobel à abdiquer, présidant les Jacobins à l'époque de la fête de la Raison, et, chose plus grave ! attaquant la personne même de Robespierre en termes nets et crus. Celui-ci le fit rayer du club (22 frimaire), non seulement comme étranger, mais comme conspirateur ; et, quelques jours après, il obtint de la Convention un décret qui, en excluant les étrangers, ôtait à Cloots son mandat de représentant du peuple. Arrêté dans la nuit du 7 au 8 nivôse, il fut condamné avec les hébertistes, sans avoir eu la liberté de se défendre, et montra devant la guillotine une sérénité philosophique. L'orateur du genre humain avait de la prestance et de la voix ; sa parole plaisait au peuple, quoique diffuse et souvent obscure. Mais il trouvait des mots, des accents, et par moment sa verve parisienne faisait oublier ses germanismes de pensée et de parole[4].



[1] Anacharsis Cloots, par Georges Avenel, Paris, 1865, 2 vol. in-8

[2] ) Il s'était baptisé, en 1790, du nom d'Anacharsis. Saint-Just lui en fit un crime, dans son discours du 23 ventôse an II, où il raille « ceux qui ont la modestie d'usurper les noms des grands hommes de l'antiquité. » « Cette affectation, dit-il, cache un sournois dont la conscience est vendue. Un honnête homme qui s'avance au milieu avec l'audace et l'air tranquille de la probité n'a qu'un nom comme il n'a qu'un cœur. »

[3] (1) M. Avenel a prouvé que ce n'était pas là, comme on l'a dit, une mascarade, mais une manifestation sérieuse de trait étrangers.

[4] Néologue audacieux, il hasarda le premier le mot nihiliste, dans son Opinion sur les spectacles (Avenel, il, 328). On pourrait aussi rattacher au parti d'Hébert deux hommes de valeur fort inégale: Léonard Bourdon et Fouché. Mais ce furent de médiocres orateurs.

 

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