Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:55

 Depuis toujours, Saint Jory est en Haute-Garonne un point stratégique pour le rail. C’est là que doit débuter la LGV Toulouse-Bordeaux. Les militants USV (pro LGV mais anti-tracé) d’une zone un peu plus loin luttent depuis le départ pour un « tracé » alternatif. Ce tracé renvoie donc la ligne sur d’autres maisons et suscite un déplacement de la colère. La réunion proposée était donc cruciale pour saisir l’évolution de l’action. Voici un témoignage. JPD

 

Voici un petit compte rendu de la réunion organisée hier soir par l'association USV à St Jory. Nous étions 3 du collectif Val de Garonne (Céline André, Patrick), il y avait également Claude Semin du collectif 47 et également la présence de la nouvelle asso de Campsas.

Participent à la tribune de ce débat, outre les gens de l'USV, Fançois Simon élus de EE-Les Verts au CR midi Pyrénées, et vice président de cette instance, un représentant du cabinet Claraco spécialiste des affaires ferroviaires, un paysagiste dont j'ai oublié le nom ainsi que son intervention.

François Simon est annoncé en retard et son emploi du temps l'oblige à ne pas rester longtemps. La réunion démarre donc sans lui.

C'est le porte parole de l'USV ( Mr Fourcassier) qui démarre le débat en nous faisant un petit historique pour déboucher sur les dernières propositions du COPIL qui valide, dans leur secteur, le choix du fuseau D. Il explique la position de l'USV, en désaccord sur ce fuseau et leur détermination à proposer un fuseau alternatif (appelé variante D) qui se rapproche de l'autoroute épargnant un peu plus St Jory mais qui évidement en impacte d'autres, notamment le village d'Espinasse venu en renfort bruyant assister à cette réunion. Il est bien apparu en tant que vendeur de son nouveau tracé, promoteur du projet LGV, se réjouissant d'avoir été entendu par RFF et même le ministère puisque les 2 tracés (D et sa variante) sont d'après lui toujours en débat.

 

Le commercial LGV a fait monter la température dans la salle. Les invectives commencent à fuser. On a droit à une première intervention des organisateurs, d'appel au calme et à la sérénité, chose très difficile à atteindre lorsque sa maison doit passer sous le train.

Intervention de François Simon : Il reprend les arguments développés dans leur 4 pages (le TGV mais pas à n'importe quel prix). Pas grand chose à dire, on partage. La question fondamentale c'est bien que leur position n'est pas compatible avec le vote du budget qu'ils ont approuvé au Conseil Régionl. On va tacher de lui poser la question avant qu'il s'en aille.

 

Suit l'intervention de Mr Claraco responsable du cabinet d'étude du même nom qui, pensions nous, était là pour parler de l'étude qu'ils ont mené sur la variante D. Que neni, il commence en s'adressant à Fourcassier en lui affirmant que ce n'est pas une étude qu'ils ont faite mais simplement un argumentaire sur l'idée que la proposition de l'USV pour la LGV était soutenable. Ils confortent nos positions sur les délires de RFF concernant l'occupation des lignes actuelles ainsi que sur l'évolution du trafic, il argumente sur la nécessité de renforcer le train de proximité, défend et fait la promotion du POLT, ainsi que l'utilisation des lignes existantes comme étant la meilleure solution. Il contredit Fourcassier qui nous avait affirmé dans sa présentation la nécessite de constructions de lignes supplémentaires aux lignes existantes pour assurer le cadencement sur les lignes de proximité.

Bref encore une démonstration (par un expert) de l'inutilité de ce projet LGV.

On a bien fait de venir.

 

Après l'intervention du paysagiste le débat peut commencer. La température de la salle monte toujours et commence à s'agiter.

Le maire de St Jory intervient. Il ne m'a pas apparu comme étant un défenseur du projet LGV ni des propositions de l'USV. La température continue de monter dans la salle.

Nous demandons à F Simon (avant qu'il parte) d'expliquer l'approbation du groupe EE-LV au CR au budget du CR.

Il nous explique que les groupes EE-LV de l'ensemble des quatre régions concernées par la LGV se sont entendus pour défendre une position commune.

C'est pour eux la nécessité de garder une ligne de crédit (14M€) sur le Bordeaux/Tours pour financer demain, l'amélioration des lignes existantes.

Ils ne voteront pas le protocole de financement LGV au prochain CR. (1)

Ce sera la seule question de la soirée.

Il est 23h, la température dans la salle a atteint son point de fusion. Intervention d'une dame (certainement de l'Espinasse) très en colère, à la limite de la saturation des cordes vocales qui affirme ne rien apprendre à cette soirée et invite tous les mécontents à quitter la salle. C'est ainsi qu'une trentaine de personnes se lèvent et se dirigent vers la sortie, sans oublier d'éteindre la lumière et de déclencher l'alerte (intrusion ou incendie).

Sous une telle confusion tout le monde suit : Ce sera la fin de la soirée. Patrick

 

(1)   Note JPD : Intervention de François Simon au Conseil régional du 20 décembre où en introduction il explique la nature du débat (le vote du budget) et où par deux fois il explique qu’il vote « la provision » qui pour le Bordeaux-Tours n’est pas une dépense aux calendes grecques mais une dépense en 2011 !:

« Chers collègues,

Il s’agit dans le vote du budget primitif d’uniquement voter une ligne budgétaire de provision pour la ligne LGV Tours-Bordeaux, projet Ligne Europe Atlantique (LEA).

(…)

Pour autant en cohérence avec notre position, réduire la durée du trajet entre Paris et Toulouse, nous voterons cette ligne budgétaire de provision pour ne pas être démuni au cas où le bouclage financier serait réalisé.

C’est pourquoi, si nous voterons cette provision, nous sommes déterminés à ne pas voter la convention de financement lors d’une prochaine Assemblée plénière.

http://la-brochure.over-blog.com/article-lgv-la-parole-a-ee-a-toulouse-63476261.html

Rappelons s’il le faut l’attitude tout à fait différence d’EE Aquitaine. Quant à la prochaine séance du Conseil régional (le 28 février) on nous assure que l’ordre du jour n’est pas connu. On suppose qu’il y aura le vote non sur le protocole mais sur la convention. Ils voteront contre comme indiqué le 20 décembre, contre un texte qui fixe le financement qui a été voté ! On peut tordre le réel comme le font avec de gros moyens le groupe EE LV, le vote du budget ce n’est pas tous les matins !

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans la LGV toulouse-bordeaux
commenter cet article
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:53

La Dépêche a entrepris une série d’article sur la question des transports. On a même eu droit à un entrefilet (Samedi 22 janvier) sur l’expérience en Languedoc-Roussillon du TER à 1 euro, une promesse de campagne de Georges Frèches qui entre en application de manière progressive et sérieuse. Aujourd’hui nous apprenons que la région prépare le futur et Martin Malvy précise : « Midi-Pyrénées a fortement investi dans le train en initiant un Plan rail de 800 millions d’euros afin de rénover totalement le réseau des trains régionaux reliant Toulouse aux préfectures de la région. Des études sont aussi en cours pour étudier la faisabilité d’un tram-train. Par ailleurs la Région est le premier financeur en Midi-Pyrénées pour l’arrivée du TGV à Toulouse et participe au financement des études pour l’aménagement de la gare Matabiau. » Qu’est-ce qui est étrange dans ce petit mot ? L’arrivée du TGV à Toulouse comme s’il n’y arrivait pas depuis des années ? Non, nous sommes habitués à sa confusion entre TGV et LGV ! Ce qui est étrange c’est qu’on a le coût d’un Plan rail mis à toutes les sauces (avec des montants très variables) mais pas un mot sur le coût de la LGV ! Et je ne parle pas des prévisions mais bien des dépenses en cours ! 22-01-2011 JPD

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans la LGV toulouse-bordeaux
commenter cet article
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 18:32

Jean-Michel Baylet dirigeant du PRG en sauveur de la gauche ?

Depuis que Borloo a quitté le gouvernement Jean-Michel Baylet met en œuvre une solution pour faire gagner la gauche : diviser la droite. L’opération a été conduite de main de maître au Conseil régional Midi-Pyrénées où l’adversaire de droite de Brigitte Barèges, Gérard Trémège de Tarbes, a été encouragé dans son entreprise de dissidence et a fondé un nouveau groupe. On parle beaucoup de Gérard Trémège comme futur sénateur avec l’appui du PRG.

A Montech Tarn-et-Garonne, les divisions au sein de la droite ont là aussi été célébrées par le rédacteur en chef de La Dépêche locale qui, au lendemain du premier tour où la gauche s’est trouvé presque à égalité avec la droite UMP, a appelé clairement à une union entre la droite dissidente et la gauche : « C’est en effet de rassemblement qu’il doit être question désormais pour les opposants à Valérie Rabassa. » Et en conclusion de l’article pour ceux qui ne comprendraient pas : « D’ici demain midi, clôture des inscriptions, les deux équipes devront trouver ensemble la solution à leur objectif commun. » La liste de droite (arrivée troisième) était d’accord pour fusionner avec la liste de gauche mais celle-ci a refusé.

Pour clore les indices, voici que le candidat aux cantonales, dissident de droite lui aussi, Pierre Poma, peut s’expliquer sur La Dépêche : « Dans sa présentation, Pierre Poma a cultivé sa différence jusqu’à affirmer que s’il était élu, il voterait le budget du Conseil général [présidé par J-M B] au regard des enjeux et des besoins du canton. » Qu’en pense le candidat sortant PS, Claude Mouchard ?

Jean-Michel Baylet a toujours été le champion du rassemblement mais la question reste entière : pour quoi faire ? Les slogans « Tous Contre Sarkozy » ou « Tous Contre Barèges » ne suffisent pas pour trouver une alternative à la politique de droite. Il est évident par contre qu’appuyer la dissidence de droite, c’est mettre le PRG au centre de l’échiquier politique, surtout si, avec la Confédération proposée par Borloo, le projet met des ailes.

Jean-Michel Baylet s’insurge contre le peu de place que le PS veut faire à son parti aux sénatoriales de 2011 (là où il y a proportionnelle). Serait-il difficile de gagner sur tous les tableaux ? A suivre.

26-01-2011 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 15:19

 28 janvier 2011

 Lors de mon dernier passage au Caire, le repas sur le Nil dans un bateau pour occidentaux, malgré la nourriture et la danseuse du ventre, vitrine pour classe moyenne occidentale et club Méditerranée, c’était un bateau sur un égout.

Quels étaient ces pauvres pêcheurs qui, d'une barquette, tentaient de tirer des poissons pollués de ce fleuve berceau de civilisation ?

Relisons « mendiants et orgueilleux » de Cossery, c'est le même peuple. Relisons la jeunesse de Calmoun de Max Biro et Clément Harrari, la noble Egypte s'est encore salie des détritus de Coca cola. L'élite compradores décrite par Clément a les mêmes pratiques mais est ethniquement différente et encore plus riche. Egypte mon amour …...

Sources :

« La jeunesse de Calmoun » éditions de la Brochure.

« Mendiants et orgueilleux » de Cossery...sûrement réédité

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans max biro
commenter cet article
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 14:46

 

Trois hommes

Trois hommes qui ont eu un point commun, ils aimaient les chiens mais le titre du roman de Leonardo Padura est au singulier et désigne en fait Ramón Mercader. Il s’agit de littérature mais qui, comme toute bonne littérature porte à son point extrême le politique. Et pas parce que Iván, l’écrivain raté croise sur une plage de Cuba un être éminemment politique à savoir l’assassin de Trostky.

Trostky (1879 - mort à Mexico en 1940 à l’âge de 61 ans)

Lecteur de l’immense bio de Pierre Broué[i] je ne peux pas dire que le roman de Padura apporte beaucoup sur Trostky sauf que, comme l’indique Padura, jusqu’à aujourd’hui encore, bien peu de Cubains savent l’histoire de ce héros de la Révolution d’Octobre (et de Français aussi). Pour la commodité de l’analyse je traite d’abord des trois personnages alors que le cœur du livre est leur entrelacement. Pour comprendre, indiquons que le Trotsky présenté est le Trotsky chassé d’URSS, le Trotsky persécuté, celui qui… devient trotskyste pour riposter à Staline. Il sait qu’il n’aura la vie sauve que tant que sa présence sert les intérêts de Staline. Malgré lui il est une marionnette entre les mains du dictateur, mais en même temps il veut écrire l’œuvre qui, aux yeux de l’histoire, lui permettra d’être le grand dénonciateur des crimes de ce même dictateur. Il a donc la douleur de voir mourir ceux là même qui le condamnèrent comme Zinoviev, Kamevev et les autres.

Mercader (1913 - mort à La Havane en 1979 à l’âge de 66 ans)

N’ayant pas lu la biographie écrite par son frère, je le découvre totalement. Il est plus jeune, il aurait pu être anarchiste mais devient communiste et même le communiste qui accepte d’être une marionnette entre les mains de Staline. Quatre ans avant son geste il sait qu’il se prépare à devenir l’assassin de Trostky ! Il devient le jouet du système car en fait il accepte de ne rien savoir du système. Quand, en prison, il lira Trostky, il reconnaîtra que s’il avait eu de tels éléments entre ses mains, il n’aurait pas été l’assassin. Sous une autre forme, Mercader est aussi une victime de Staline, du moins dans le roman de Padura, une victime qui au dernier moment accepte de confier son histoire à un jeune écrivain cubain, plutôt raté, plutôt perdu mais qui, d’une part à la volonté de rester à Cuba, et qui d’autre part…. aime les chiens.

Iván Cárdenas Maturell

Ici, nous entrons dans la fiction, cet homme n’ayant jamais existé. D’après Padura il est un croisement de plusieurs Cubains avec sans nul doute une forte dose d’autobiographie. Il se situe au croisement de la vie des deux personnages historiques. Il a vécu et vit encore les effets du stalinisme, il a vécu et vit en même temps les luttes pour échapper à la fois au stalinisme et aux Gringos. Sa place dans l’histoire est une actualisation de la vie des deux autres, par ce phénomène clairement déterminé dès le premier chapitre : la peur. Une peur aux multiples formes mais conduisant au même résultat : la mort, non pas la mort biologique inévitable, mais la mort de toute humanité… y compris chez Trostky.

 

La révolution ?

Une partie du peuple tunisien vient de remettre le mot à l’ordre du jour, un ordre médiatiquement célébré comme si depuis des décennies aucune manifestation n’avait chassé des présidents (d’où parfois le retour à la chute du mur de Berlin). Pendant les années 2000 il y a eu celles du Pérou et celles d’Equateur[ii], mais nous ne sommes pas dans le monde arabe. Le roman de Padura se situe au cœur de cette question historique : pour se révolter suffit-il de vouloir ? Périodiquement le petit livre de La Boétie revient dans les commentaires (je l’ai encore entendu dans la bouche de Edwy Plenel au sujet de la Tunisie) mais un livre dont on retient plus le titre (qui n’était pas Discours de la servitude volontaire mais le Contr-un) que le sens. L’immense roman de Padura rappelle qu’en fait nous sommes tous manipulés et que la première œuvre à accomplir est de comprendre qui nous manipule, les révolutionnaires étant non moins manipulés que les être soumis - simplement la manipulation n’est pas du même ordre. Si comme le démontre Marx, le monde se divise en exploiteurs et exploités, il se divise aussi en manipulateurs et manipulés, les manipulateurs ne puisant pas leur force dans la seule acceptation des manipulés. Aujourd’hui, la plus énorme des manipulations s’appelle : la mondialisation qui systématiquement fait l’impasse sur l’affrontement entre les mondialisateurs et les mondialisés (d’ailleurs mon correcteur d’orthographe ne connaît pas le mot mondialisateur).

 

La peur ?

Est-ce que la révolution consiste tout simplement à vaincre la peur ? Là est le point crucial du roman, de la vie politique et de l’avenir de l’humanité (si je puis me permettre ici une envolée inutile). Et nous revenons à La Boétie : vaincre la peur est-ce une affaire de volonté ?

Les Espagnols ont-ils manqué de volonté au point de laisser le dictateur mourir dans son lit ?

La révolution est-ce contre la peur qu’impose un dictateur ?

J’ai passé des semaines dans des familles vivant sous diverses dictatures : en Espagne, au Pérou, en Tunisie. Comment ne pas en revenir au primat de l’économique ? C’est alors qu’on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’un côté la méchante dictature et de l’autre la belle démocratie, que l’univers politique n’est pas aussi simple, et que par contre avoir ou pas de quoi manger, ça c’est pas discutable. Actuellement je participe à une lutte contre la construction d’une LGV et je puis vous assurer que la peur règne : elle va du simple fonctionnaire territorial menacé de perdre son emploi à un prof d’université qui a d’autres intérêts que seulement alimentaires. Et au grand jamais je ne vais parler de la situation française comme étant une dictature, car il faut avoir le sens de la mesure.

Dans le roman de Padura, l’homme le plus réel est Iván Cárdenas Maturell, l’être le plus fictif ! Il est présent par toute la réalité sociale qui ne lui est pas propre alors que les deux personnages historiques sont en dehors de toute réalité sociale par leur statut spécial.

Pour la Tunisie, comme pour Cuba ou l’Equateur, la question cruciale pour juger d’une révolution n’est pas de l’étudier en soi, mais dans le cadre du rapport de force imposé par les mondialisateurs ! Il s’agit de pays minuscules et en même temps de pays dans la tourmente. Le roman de Padura commence avec un ouragan qui s’appelle Iván et qui se prépare à souffler sur Cuba… puis finalement il passe à côté. On peut échapper à la peur…  pas à la manipulation. Le peuple de Tunisie peut prendre son destin en main (contrairement aux discours de soumission qui disent qu’il faut être grand pour être fort) jusqu’au point où le puissant voisin, La Libye (qui n’est pas qu’un alibi) sera tenu à distance. Juste pour l’exemple.

 

La littérature ?

En terminant les 700 pages du livre de Padura, j’ai eu envie de le comparer au Guépard de Lampedusa, une œuvre qui n’a rien à voir, sauf à nous venir d’une île, me répondrait une vieille connaissance. 26-01-2011 Jean-Paul Damaggio



[i] Pierre Broué Trotsky, 1100 pages, 1988, Fayard Des exégètes pourront par exemple comparer la phrase suivante de Broué : « La résurrection d’un être humain, c’est presque toujours un nouvel amour. Pour Trostky, dans ce Mexique des couleurs, il eut pour nom Frida Kahlo, la jeune épouse du peintre Diego Rivera », et le traitement du sujet par le romancier. Je pourrais ouvrir une rubrique : et la manipulation par les sentiments ? Le Mexique des couleurs a bon dos … !

[ii] Le 22 janvier 2000 Vargas quitta Quito, Jean-Paul Damaggio brochure de 80 pages

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans littérature
commenter cet article
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 20:37

 Quand on étudie la loi de 1905 on est fasciné par l’absence d’études sur 1906 ! Emile Poulat, historien prestigieux note même dans un colloque sur 1905 : « Les décrets d’application de la loi de 1905 n’ont jamais été étudiés ». Or la « vérité » de 1905, nous la découvrons en 1906, tout comme la « vérité » de 1848, nous la découvrons en 1852. Voilà pourquoi, ceux qui savaient qu’en 1906, ils en prendraient plein la figure, se souvenaient encore de 1851. D’où ce texte qui croise dangereusement les époques.

 

Le 22 avril 1905, à Montauban Raoul Verfeuil (futur dirigeant national du PS puis du PCF de 1920 à 1922) écrit contre le gouvernement qui a fait tirer sur les ouvriers de Limoges (un mort) :

« Décidément les gouvernements actuels se valent, que nous vivions sous un régime autocratique comme en Russie ou que nous soyons les sujets d’un roi constitutionnel  … Un Etat vaut l’autre mais pas plus ; le Tsar fusille les habitants de St Pétersbourg, le ministère Rouvier et particulièrement M. Etienne canarde les Limousins ». Puis, il continue : « La nation française tombe des hautes cimes où elle s’était élevée, dans l’ornière, dans la boue. Son gouvernement qui se dit républicain, assassine les ouvriers, de même que Napoléon III massacrait en 1851 les adversaires du coup d’Etat. »

Il écrit aussi :  « Il ne faut pas se le dissimuler. La République qui nous régit n’est qu’une république bourgeoise, moins mauvaise qu’un autre sans doute, mais pas précisément bonne ».

 

La révolte contre le coup d’Etat sera mentionnée au même moment par une autre jeune qui porta la contradiction dans une réunion de l’ancien député bonapartiste. Ce dernier répond dans une lettre du 13 juin 1905 que La Dépêche publie :

« (…) Vous reconnaîtrez que notre doctrine n’a pas été réfutée. Le citoyen Sibrac secrétaire de la Fédération de la jeunesse laïque a essayé de la contredire et dans votre compte-rendu vous lui faites un succès et lui adressez des éloges auxquels je m’associe à titre d’encouragement. Votre jeune ami les mérite. Mais en quels termes a-t-il fait le procès de l’Empire ? Il nous parle d’une victime du coup d’Etat de 1851. Cette victime est morte paisiblement dans son lit, dotée d’une bonne pension ».

 

La Dépêche avait indiqué sur ce point : « Le citoyen Sibrac signale, au souvenir indigné des démocrates, les crimes sans nombre du coup d’Etat de 1851 qui fit dans notre département de nombreuses victimes, et auquel le docteur Rolland de Montpezat, un des plus vénérés démocrates de l’arrondissement, échappa par le plus grand des hasards ».

 

Au même moment, à Montpezat, c’est le fils du citoyen Rolland, qui est assesseur de la réunion sur la séparation ! Montpezat est en pointe car la tradition républicaine de 1848 y est encore vivante, une tradition qui se retrouve tout à fait dans le combat en faveur de la loi de séparation. Une manifestation y est présentée ainsi par La Dépêche du 29 avril :

« C’est ce soir samedi que le groupe de la jeunesse laïque de Montpezat donnera la conférence annoncée : la séparation. L’entrée libre et gratuite permettra à nos adversaires politiques d’y assister et les contradicteurs seront appelés à venir formuler eux-mêmes leurs théories rétrogrades. Nous serons heureux de voir si nos conservateurs de toutes nuances et tous les gens de sacristie auront en public autant de courage que pour brandir dans quelques officines la plume rageuse de la polémique. Ils nous serons reconnaissants de mettre à leur disposition un public peut-être moins choisi mais à coup sûr plus nombreux que celui de leurs si retentissantes réunions privées. Les dames sont admises. Le comité ».

Personne ne viendra porter la contradiction tandis que l’intervenant deviendra député radical en 1936.

 

Depuis 1905, qu’avons-nous appris ? Que Jaurès a été assassiné comme Henri IV ! Que le pouvoir des clergés n’a jamais été en régression. Que les lecteurs de Jaurès peuvent vérifier qu’il avait saisi le sens de l’histoire et qu’en son sein, il voyait bien la fonction du combat démocratique. Que séparer les Eglises et l’Etat c’était la garantie de donner aux religions leur droit d’exister aux côtés de l’athéisme (où l’inverse). Je considère qu’une des grandes leçons de la Seconde République c’est la distinction entre les clergés (le pouvoir des religieux) et les religions (l’expression des croyances). Le coup d’Etat de 1851 fut aussi un coup d’Etat du Clergé contre les croyants sincères. D’où la façon dont le Second Empire s’embarqua pour le Mexique pour y soutenir le clergé, réussissant à y provoquer une révolution laïque dont le modèle … servira aux auteurs de la loi de 1905 !

 

Contrairement à d’autres, Jaurès n’a jamais imaginé que la séparation conduirait à la fin des religions ou que l’école laïque accomplirait cette mission. Les religions n’ayant jamais été le contraire de la raison, le développement de l’éducation n’a aucun effet sur leur vigueur, mais il fait reculer le pouvoir des clergés. Jaurès pensait le socialisme comme le moment historique permettant à la religion d’atteindre sa plénitude car l’homme, débarrassé de l’exploitation de l’homme, serait nu face à lui-même, un face à face qui conduit, d’après lui, vers les croyances. Sa philosophie (il était prof de philo) est aujourd’hui la plus opérante face aux réalités et à l’indispensable combat pour la laïcité. Le clergé est la béquille parfois indispensable du croyant. Le croyant est l’aliment toujours indispensable du clergé. La laïcité seule permet aux croyants de limiter le rôle de la béquille pour mieux leur éviter de se faire manger. Le catholique Lamennais fut un des premiers à le comprendre. Mais Pierre Bayle aussi qui fut protestant puis catholique puis protestant.

 

Une fois de plus, en 2005, combattre les clergés c’est donner de l’espace aux religions. Les clergés, c’est le pouvoir de quelques uns sur la collectivité. La religion c’est un homme tentant d’affronter son destin. La religion ne quittera jamais certains hommes en quête d’avenir (l’athéisme en sera le miroir). Les clergés en quête du présent ne cesseront de prendre pouvoir sur les hommes (ils détruisent toute velléité d’émancipation).

 

Depuis 1905, et surtout 1906, nous avons découvert que face aux clergés divers nous ne disposons que d’une garantie : un Etat fort. Cette constante de l’histoire explique comment, au nom de la laïcité, on peut aller vers des dictatures. Etudier la dictature d’Ataturk en oubliant le pouvoir de son adversaire, c’est étudier 1905 en oubliant 1906 en France (ce qui est la tendance plus que dominante). Quand économiquement et politiquement, l’Etat s’affaiblit alors les clergés reviennent en force. Faut-il transiger pour les ramener à la raison ? Les clergés se moquent de la raison, sinon ils se nient eux-mêmes (jamais le Pape n’admettra, au nom de la religion, les lois de la démocratie). Seul le rapport des forces peut le contraindre à accepter la laïcité (1906 est une victoire des luttes populaires). La séparation des Eglises et de l’Etat est toujours une victoire de l’Etat sur les clergés. A qui me répondra qu’il ne faut pas tous les confondre, je répète que depuis 1905 nous avons beaucoup appris. En 1905, les protestants français, marginalisés depuis des siècles, furent à la base de la loi de séparation. Aujourd’hui, ils veulent en changer, car parmi les protestants, les évangélistes voudraient que l’Etat leur construise des lieux de culte.

 

Pour le monde musulman, Fethi Benslama indique :

« Pris en tenaille entre les mouvements religieux totalitaires, les Etats despotiques et les arrangements des gouvernements démocratiques, les chercheurs de liberté du monde musulman ne trouvent même pas sur leur chemin les intellectuels européens et américains qui avaient prodigué, il y a peu de temps encore, leur soutien aux dissidents contre les systèmes totalitaires de l’Est »

Qui connaît l’histoire de Tahar Haddad pour prendre un exemple ?

Dans ces arrangements des gouvernements démocratiques je ne cesserai de rappeler l’exemple de l’épreuve optionnelle d’arabe au bac. Le plus souvent ceux qui y participent se préparent quatre mois avant en s’appuyant sur l’arabe appris à l’école coranique. Vu les textes à préparer, ils découvrent alors, stupéfaits, que l’arabe peut parler de sexualité. Qui demande un enseignement laïque de cette langue ? Personne car il ne faut pas fâcher les pouvoirs religieux.

Aujourd’hui le combat pour la laïcité est la pierre angulaire permettant de reconstruire une démocratie.

                        11-12-2005 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans laïcité
commenter cet article
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 20:10

Sur ce blog il y a une « catégorie » Tunisie moins fournie que je l’aurais souhaité. J’avais ce conte de 2002 conservé uniquement sur papier et que je récupère ici.

 

 

Le grenadier de Tunis, un conte

 

Alors qu'avec ma compagne nous étions garés sur le bord de la route, près du lac de Tunis, un Grenadier expérimenté est venu frapper délicatement sur le pare-brise de la voiture...

Avant de poursuivre ce conte, précisons de quel lac il s'agit car à Tunis nous avons à présent lac et lac. D'un côté, vers le nord, un lieu près de l'aéroport s'appelle les Berges du lac et de l'autre, vers l'ouest, des berges d'un autre lac n'ont pas de nom ; les rues y sont une suite de nombres : rue 3001, rue 3002 .... rue 4081 etc. Même à Tunis l'espace se divise entre classes sociales pourtant les classes n'existent plus (surtout dans les contes) ! Comme moyen de déplacement les dites classes vont de l'âne à la Mercédès, les Mercédès ornant plutôt les Berges du lac. L'écart est toujours impressionnant entre les modes de vie et les richesses qui les sous-tendent. Le cireur de chaussures qui a quitté l'Espagne d'aujourd'hui côtoie le pirateur informatique. Soyons juste cependant : le cireur est, là-bas aussi, en voie de disparition. Par contre, la pastèque continue d'apporter sa fraîcheur aux habitants et le prix de la pastèque se compte en millimes. Depuis quelques années à cause de la sécheresse elle est passée de 250 à 350 millimes ce qui est énorme pour les plus pauvres (avec 1000 millimes on a un dinar et avec 700 millimes on a un kilo de bonnes grenades). D'autres comptent en dinars ou en billets de 10 dinars sur lesquels, parfois, on voit encore la tête de l'ancien président : Habib Bourguiba.

 

Nous étions sur le bord de ce lac parce que nous venions du Kef et vous allez comprendre très vite l'importance de cette précision pour suivre les événements de ce conte. Le Kef est une ville de l'ouest, une ville paisible avec une Casbah rénovée où, l'été, se produisent quelques spectacles. Tout à côté, l'ancienne caserne des Français, au toit de tuiles spécialement importées de Marseille, rappelle une autre phase de l'histoire du pays. Le marché du jeudi occupe une rue en pente pour le bonheur des nombreux habitués. L'organisation y est parfaite.

 

Alors qu'avec ma compagne nous étions garés sur le bord de la route, près du lac de Tunis, pour étudier sur la carte le meilleur moyen de contourner la Médina de la capitale, un Grenadier expérimenté est venu frapper délicatement sur le pare-brise de la voiture.

 

Avant de poursuivre le récit, précisons de quel Grenadier il s'agit. A Tunis, aujourd'hui, il paraît peu vraisemblable qu'un lanceur de grenades dit grenadier interpelle une voiture à l'arrêt. Par contre, l'arbre, le grenadier, avait de multiples raisons d'être là. Il venait, par ses propres moyens, de faire la route de Testour jusqu'aux portes de la capitale mais, vu l'ultime montée abrupte, il lui fallait de l'aide pour franchir sa dernière étape. Il voulait atteindre un bâtiment très visible du point où nous étions arrêtés puisqu'il se situait tout en haut du coteau. En frappant sur le pare-brise il demanda :

- Pourriez-vous me monter jusqu'à la fac de lettres ?

- En fait, nous souhaitons monter mais nous préférerions contourner la Médina par le sud, ai-je répondu après un temps d'hésitation. Pour passer devant la fac en question, il faudrait la contourner par le nord.

Le Grenadier se changea presque en saule pleureur et faillit retourner sur ses pas. Je l'ai retenu en précisant :

- Avec une carte on peut cependant aller partout.

Lui, il était venu sans carte car il savait que pour atteindre Tunis il lui suffisait de suivre la même route. En quittant l'oued Sloughia situé à 73 km de l'arrivée, il passa sa première nuit huit kilomètres plus loin dans un cimetière militaire britannique de la Seconde guerre mondiale. Puis il alla beaucoup plus vite jusqu'à Mejez el bab. Il avait quitté son cher verger dès le ramassage des fruits pour prendre quelques jours de vacances culturelles à Tunis, afin d'y régler un point de désaccord permanent avec un olivier qui lui tenait compagnie.

Autour de Testour la campagne perd son caractère de champs immenses où le regard se noie, pour une forme « jardins » avec des haies les protégeant. A l'abri du regard, de multiples cultures se développent avec pour base le grenadier et divers légumes ; des oliviers s'y casent à l'occasion. Le Grenadier s'apparente plus à un arbuste qu'à un arbre voilà pourquoi, en se repliant mille fois, il arriva à se caser dans notre modeste voiture tout coffre déployé. En dix minutes nous avons pu atteindre la fac en entrant par la porte de derrière car le gardien compréhensif ne pouvait pas s'opposer à l'installation d'un tel arbre dans le modeste jardin qu'il garde sous ses yeux. Le Grenadier avait cependant une exigence : il tenait absolument à être près de la salle de conférence du rez-de-chaussée. Il nous demanda d'ailleurs de bien vérifier qu'elle était à l'endroit que lui avait indiqué l'olivier, fort du souvenir d'un voyage passé. De ce fait, nous fîmes un détour dans les couloirs et j'ai cru un instant être dans une école de partout, bâtiment style années 60, comme l'Université de Cajamarca au Pérou. J'ai eu la sensation que ces années furent marquées par la quête de la culture, les campagnes d'alphabétisation et qu'en conséquence des dizaines de constructions de ce type poussèrent dans le monde. Dans la salle des profs du premier étage, j'ai découvert les boîtes aux lettres des enseignants décorées d'arabesques un peu flétries et, de là, on nous fit redescendre au rez-de-chaussée pour découvrir la modeste salle de conférence. Pas de lustres aux larmes de cristal, pas de fauteuils rembourrés, pas de couleurs et décorations élégantes.

 

Les voyages touristiques devraient commencer par la visite des universités et des bibliothèques non qu'elles soient représentatives d'une société mais significatives de son avenir. « Dîtes moi le sort que vous réservez à la culture et je vous dirai comment vous allez grandir. » A la fac de lettres de Tunis les élites de demain ressemblent à la jeunesse européenne. Jeunes hommes et jeunes femmes se côtoient comme nulle part en pays arabe.

 

Le Grenadier, rassuré par notre description des lieux, se faufila entre les ibiscus, s'installa près de la salle. Arbuste plus qu’un arbre, il donne un fruit difficile à caser parmi les fruits puisqu'il est fait de graines. En latin, grana ça donne grenade, qui a la forme d'une arme ancienne et moderne. Grenade en Espagne était-ce un lieu cher à beaucoup de grenadiers ? De faux fruits, en arbustes, comment ne pas imaginer le complexe possible que le Grenadier peut ressentir devant les splendides oliviers ou palmiers ? Ce serait méconnaître la fonction considérable de la grenade dans les diverses religions. Dans les temples maçonniques trois grenades ornent l'entrée sous prétexte que la grenade est une et multiple à la fois. Une, vis-à-vis du monde extérieur. Multiple, quand on découvre ses nombreuses graines à l'intérieur. La mythologie nous en apprend beaucoup sur cet arbre. En fait sa naissance viendrait du sang versé par Dionysos au moment de sa mort d'où sans doute le caractère si rouge des graines. Une des graines permit la renaissance de Coré qui épousa Hadès sous le nom de Perséphone. Dionysos gagna alors le surnom de Dendritès ou l'Adolescent de l'Arbre, parce qu'il symbolisait la poussée de la sève. Ainsi la grenade devint le symbole de la multiplication de la vie et donc de la fécondité. Héra, déesse de la mort était représentée avec une grenade dans sa main pour dire son double rôle : la mort entraînant la vie. Pour pousser plus loin ce voisinage du grenadier avec la vie et la mort, précisons que dans l'Autre monde appelé l'Erèbe les grains du grenadier servaient de nourriture aux morts. En conséquence la religion romaine ne permit pas la consommation des grenades pendant les fêtes de Cérès. Et dire que l'arme grenade sème si souvent la mort !

Ce détour a sa raison d'être comme chaque mot posé sur ces lignes et peut-être que la raison vous en convaincra. Pour tout vous dire, le Grenadier avait appris qu’un philosophe tunisien, aussi peu ordinaire qu'il l'est lui-même, allait donner une conférence concernant le Coran.

Après avoir été cultivé, après avoir donné près de 100kg de grenades, il avait eu la permission de quitter son territoire pour aller se cultiver afin de préparer l'hiver dans de bonnes conditions. A la saison froide les grenadiers aiment se raconter des histoires pour éviter les douleurs de l'ennui aussi, chaque année, l'un des plus anciens du verger part quelques jours à l'aventure pour alimenter de ses découvertes, les veillées du quartier (il est une douleur dont il est inutile de guérir, celle provoquée inévitablement par l'acte de rébellion). Et, pour celui qui nous occupe, quelle aventure !

Comme nous l'avons vu, ses liens historiques avec la religion en faisaient un être familier du Coran mais son caractère chétif le rendait souvent hérétique. Que le palmier symbole de la virginité, et l'olivier symbole de la chasteté, entrent en discussion, et le voilà qui se sentait petit et oublié. Personne ne voulait le prendre au sérieux et, à ses réflexions, les Grandioses lui répondaient : « Mécréant ». Comme il arrive souvent, à force d'annoncer le mal, on le provoque et le Grenadier finit par se méfier de la religion. Mais pas du divin. Voilà pourquoi quand, à travers les vergers, le bruit se répandit qu'un Tunisien avait osé réécrire le Coran en le débarrassant des décombres qui empêchaient sa lecture, tous les grenadiers reprirent un brin de prestance. N'y aurait-il pas en exergue une citation du Coran qui dit ceci : « Que ne pensent-ils le Coran ? S'il était issu d'un autre que de Dieu, que de dissonances il y aurait perçues. » ? Le Coran qui nous invite à penser le Coran ? C'est une citation perdue dans la sourate 4 qui est ainsi mise en avant. Ce fragment d’une pensée du Coran, loin de la Vulgate, n'annonce-t-il pas une juste place pour des arbustes généreux ? Pour des minables ridicules ?

Bref, nous avons laissé le Grenadier là où il le voulait, sans rien lui demander de plus, car un film nous attendait. Mais, en nous voyant partir, il nous rappela :

- Et si demain matin, vous pouviez venir me chercher, pour me reconduire au bord du lac ....

- Nous reviendrons lui dis-je, nous reviendrons mais pour le moment nous filons au cinéma.

Ce jour-là un film de Yasmina Benguigui devait être projeté en ville dans le cadre des Journées de Carthage (les JCC) qui, comme son nom l'indique, se tenaient à Tunis où les projections suivaient les projections. Des films palestiniens, africains, du Maghreb ou japonais animaient énormément la ville et nous étions curieux de savoir ce que l'Algérienne avait pu mettre sous ce titre : Inch'allah dimanche. Une façon de dire deux cultures ?

A l'entrée de la petite salle, contrairement à nos prévisions, l'accès aux billets fut facile. Ce temps gagné nous permit d'aller jusqu'au grand hôtel tout proche où il était possible de récupérer le quotidien du festival. Nous souhaitions découvrir des commentaires au sujet du film découvert la veille, un film sur le cinéma et la relation au père, sur l'importance du père, sur la fin des pères. Ce film tunisien de Redha el Behi avait rassemblé une foule énorme au Colisée et au fil de la soirée il était étrange de suivre les réactions de la foule, en particulier l’enthousiasme suite à une scène où le petit héros se prend pour Bourguiba et fait crier des jeunes enfants à qui il adresse un discours enflammé : « Bourguiba, Bourguiba ». Cette scène est-elle un hommage au grand personnage, un simple reflet de l'histoire ? Bourguiba, l'adroit libérateur du pays sous domination française, a été effacé par le régime en place sans être effacé des mémoires. Sa statue a été déboulonnée mais son avenue conservée. Les Tunisiens ne savent pas comment tourner la page. Voici leur dilemme : comment laisser sur le bord de la route, avec les honneurs qui lui sont dus, un homme perdu de vue ? Faute de pouvoir le résoudre, Bourguiba n'est donc pas encore sur le bord de la route.

 

Et si l'homme était l'avenir de la femme comme ne l'a pas dit le poète ? Dans le film de Yasmina Benguigui, les hommes sont plus qu'au second plan : ils sont ridicules. La scène se passe en France après que Chirac, premier ministre de Giscard en 1974, ait décidé du regroupement familial. Pour se faire un don, un Algérien fait donc venir près de lui, sa femme, ses trois enfants et sa belle-mère. Six femmes vont apparaître fortement, habitées par une rage d'exister et habituées à exister sans rage. La belle-mère et l'héroïne constituent le centre du tableau. L'une pour la tradition et l'autre pour la révolte. A côté deux voisines. L'une, âgée, mariée à un homme effacé, vit pour son jardin. Elle voit d'un mauvais œil arriver les enfants. L'autre, séparée, semble frivole et se veut l'amie de l'héroïne mais une amie maladroite car incapable de comprendre l'Algérienne qui va tenter deux fuites, le dimanche, pendant que son mari et sa belle-mère partent suivre l'évolution du mouton prévu pour fêter l'Aïd. Le mouton d'un Marocain, ce qui désole la belle-mère qui essuie pour une fois une réplique de son fils : « En France tous les moutons sont français ! ». Au cours de sa première sortie, la jeune épouse croise par hasard la veuve d'un légionnaire mort en Algérie. Contrairement à ce qu'on peut craindre, une solidarité va naître entre ces deux femmes pourtant si différentes, solidarité qui va permettre à l'héroïne de réaliser son rêve : rencontrer une autre Algérienne de son âge. Malheureusement la rage d'exister de cette dernière est toute de soumission, aussi, en découvrant que sa compatriote veut exiger sa dignité, elle la chasse. Côté masculin, en plus du mari soumis à sa mère, en plus de son copain frivole, en plus de l'autre mari soumis à l'obsession de sa femme jardinière, un chauffeur du bus viendra jouer sa partition. Il a déjà observé la jeune Algérienne qu'il va ramener chez elle quand elle est chassée. Le spectateur imagine que les violences précédentes l'attendent. Surprise finale, son mari, ayant compris que son épouse pouvait lui échapper, décide de la défendre. Il renvoie sa mère ce qui fit dire à l'héroïne : « demain c'est moi qui amène les enfants à l'école ». Cette femme a réussi enfin à rendre son mari plus humain.

En sortant du cinéma nous avons découvert une animation exceptionnelle sur l'avenue Bourguiba là où Ibn Kaldoum tourne le dos à la Médina avec à sa droite l'Ambassade de France et à sa gauche la cathédrale. Tahar Djaout sut très bien nous expliquer la symbolique de ce lieu : « Bourguiba, possessif et intransigeant, a contraint l'illustre historien à tourner le dos à sa médina natale afin de regarder dans la direction de ce compagnon forcé». Ce compagnon forcé est Bourguiba lui-même dont la statue a été, depuis son éviction par une révolution de palais, remplacée par une horloge. Tahar Djaout précise : « On aura beau (me) dire et gloser, le nom de Habib Bourguiba restera attaché à celui de la Tunisie moderne à laquelle il a fait prendre en 1956-1957 un départ intelligent. Déjouant l'esbroufe du nassérisme et du panarabisme, Bourguiba décide avec courage — car la résistance était très grande —d'engager son pays sur la voie de la modernité, de l'ouverture à la laïcité. »

Pour le moment, une course de vieilles voitures occupait la rue mais sur un côté un homme très excité se permettait de frapper violemment sur le pare-brise d'une camionnette des forces de l'ordre. En fait, il tapait sur le grillage qui protégeait le pare-brise et personne ne lui prêtait attention. Il se mit alors à crier en arabe : « Nous avons empêché la projection de Fatma et nous empêcherons la conférence de Seddik. Les savants doivent se taire a dit Dieu. Les savants doivent craindre Dieu ». Le savant cinéaste de Fatma remettait en cause l'obligation de virginité avant le mariage et le savant philosophe remettait en cause la mort que les imams font roder autour du Coran.

Que pouvait-il se passer ? Par un effet incompréhensible la camionnette se changea brusquement en olivier d'où tombèrent des milliers d'olives. Le jeune homme se protégea comme il le put puis au bout d'un moment, avec le retour du calme, il se releva groggy en découvrant dans sa main un papier qui indiquait : « Certes Dieu vénère parmi ses sujets les savants. Le Coran ». A la lecture et je dis bien, à la lecture du papier, il vacilla.

 

En sortant de la fac, le Grenadier, que nous étions allé récupérer, découvrit avec nous une animation exceptionnelle sur l'avenue. Le Boulevard du 9 avril 1938 était encombré. Avec la voiture, nous étions arrivés à la fac de lettres (il faudrait dire de sciences sociales) par des petites rues, en se garant toujours sur la partie arrière, ce qui explique que nous n'avions pas noté cet embouteillage qui nous tenait, à présent, prisonnier. Nous étions pourtant à quelques mètres de la voie descendant vers le lac.

Le blocage semblait venir d'un invité du premier ministre à qui il fallait laisser toute priorité. Ce point de la ville est stratégique avec la Maison du parti, et les bureaux des ministères qui occupent la Casbah. A moins qu'un couloir spécial ait été établi pour faciliter l'accès à l'hôpital pour des accidentés graves.

Dans les autres véhicules, à l'arrêt à côté de nous, chacun commençait à regarder avec étonnement notre chargement. Certains souriaient, d'autres s'énervaient nous regardant comme les responsables de l'embouteillage. Le Grenadier cherchait à se faire petit. Un policier s'avança en se faufilant entre les voitures et nous demanda les papiers, très courtoisement. Une discussion s'engagea entre lui et moi.

- Vous avez un drôle de chargement ? dit-il après nous avoir rendu les papiers.

- Un simple Grenadier qui rentre chez lui, répondis-je le plus naturellement possible.

- Et d'où venez-vous ?

- De la fac de lettres !

- Les intellectuels m'étonneront toujours.

- Et si vous pouviez nous expliquer les raisons de ce bouchon ? Il arrive que même des ministres soient dans des bouchons ! Et ce bouchon a quelle cause ?

- Justement, encore un coup des intellectuels.

J'ai hésité à demander des précisions ce que le policier comprit aisément si bien qu'il continua de lui-même.

- Vous allez être libéré avant que le Grenadier ne cuise derrière sa vitre. Il suffit de laisser passer un corbillard qui va au cimetière un peu plus bas.

- J'avais pensé à tout sauf au corbillard !

- Tenez, le voici qui arrive. Si nous avons bloqué la circulation pour qu'il passe rapidement cela tient à la nature du mort et je vous explique. Vous êtes étrangers et je ne sais si vous connaissez le Coran ?

- Méfiez-vous des étrangers. Parfois ils sont des nouveaux convertis qui se veulent plus musulmans que les musulmans mais, bien que ce ne soit pas notre cas, nous connaissons un peu le Coran.

- Un homme a décidé d'enterrer les sourates du Coran !

- Non, pas possible et vous laissez faire l'enterrement du Livre ?

- Attention, il ne s'agit pas d'enterrer le Livre mais seulement le mot sourate, sinon, en effet, le coupable serait en prison. Il propose une nouvelle écriture du Coran sans sourate car il considère que la présentation traditionnelle du Livre en cache volontairement l'essence.

Je sentis que le Grenadier s'agitait un peu et le policier y vit de l'impatience. Il déclara :

- Voyez, la route se libère dans les vapeurs d'essence, si je puis me permettre ce triste jeu de mot. Je vous souhaite bonne route et n'oubliez pas, les étrangers, musulmans ou pas, sont toujours les bienvenus en Tunisie.

 

En effet, l'avenue reprenait vie et nous pûmes virer à droite pour atteindre sans mal le lieu où nous avions croisé pour la première fois le Grenadier. Nous nous sommes garés paisiblement sur le bord du lac des pauvres et je pensais, en moi-même, au Français qui venait de se faire expulser du pays où pourtant il avait été invité pour une conférence. Et si l'homme était l'avenir de la femme comme ne l'a pas dit le poète ? Le Grenadier se déplia en se libérant par le coffre ouvert. Il arriva à articuler :

- Je ne sais si votre film fut beau mais ma soirée restera un des plus grands moments de ma vie. Accepteriez-vous quelques mots à ce sujet ?

 

Le Grenadier semblait tout bouleversé et je craignais que ce ne soit un effet de la chaleur subie dans l'embouteillage mais il précisa sans que je le lui demande :

- Mon air bouleversé tient aux propos que j'ai entendus.

- Les propos du policier ?

- Non, hier soir j'ai pu suivre par les fenêtres de la salle de conférence la présentation que Youssef Seddik fit de sa derrière publication : Le Coran autre lecture, autre traduction. Même les grenades furent citées !

- J'ai la sensation d'avoir entendu ce nom de Seddik quelque part ?

- Le policier tout à l'heure en a parlé sans le citer. C'est lui qui enterre les sourates et qui commence ainsi : « Au nom de Dieu, le Tout-Maternant, le Clément ». Je ne sais si vous comprenez le sens de ce premier coup de tonnerre ?

- Je me souviens que Jacques Berque traduit : « Au nom de Dieu, le Tout miséricorde, le Miséricordieux » déclara ma compagne.

- Oui, or il savait très bien que le mot rahma avait rapport à la maternance mais placer ici la femme est devenu très vite une hérésie comme d'ailleurs expliquer d'où vient le mot allah. Parmi les trois déesses principales du panthéon arabe antique, Al-lât, figure féminine d'Allah est la déesse principale. Pour les puissants, il faudrait que les petits arbres se fassent plus petits et que les dieux éclipsent les déesses !

- Je me souviens que Jacques Berque indique que rahim c'est matrice d'où « solidarité avec les femmes » mais après une explication bizarre il propose de traduire « le tout miséricorde ».

 

Un Français comme lui, progressiste à souhait ne pouvait pas se permettre l'audace de Seddik qui brise des tabous en s'appuyant sur la pensée antérieure au Coran, la pensée grecque.

Je vis que la conversation prenait une direction étrange qui nécessitait des livres sous la main. Faute de mieux, j'ai cherché une question plus générale :

- Les femmes ne seraient donc pas là où les Dieux monothéistes ou impérialistes les mettent ? J'ai une autre question sur les rapports entre la foi et la raison, peux-tu nous en dire un brin après ta belle soirée ?

- Je devine que tu es de ceux qui ont foi en la raison ?

- La Révolution française déclara la guerre à la religion catholique en plusieurs étapes : elle fut d'abord extraite des mains du pape, puis elle fut écartée, au bénéfice de Fêtes de la Raison qui, elles-mêmes, furent remplacées par des Fêtes à l'Etre suprême. Dieu qu'on avait sorti par la porte entra par la fenêtre (il faudra écrire un livre pour montrer comment il est acrobate). Entre temps, la Raison fut la valeur de référence. Je ne sais si j'ai foi en la raison mais la raison m'oblige à douter de toutes les fois.

- Quel beau sujet de controverse nous pourrions avoir ! Le Coran n'est pas devenu le Coran sans raison et la raison dans le Coran n'est pas l'appel à la foi aveugle. « Certes Dieu vénère parmi ses sujets les savants. Le Coran ». A écouter Youssef Seddik, le plaisir de la pensée me faisait frissonner jusqu'au bout des feuilles.

- Et les Ibiscus, ils écoutèrent avec toi ?

- Non, ils ne me parlèrent que de la vie impossible à Tunis. Je ne puis croire que les bananes venant d'Equateur soient vendues à 1200 millimes le kilo. Mais ça doit être pareil à Testour, sauf qu'entre nous, dans le verger, nous parlons peu de telles banalités.

 

Nous nous sommes quittés sur ces belles paroles, le Grenadier reprenant sa route à pied et nous en voiture pour rejoindre la plus proche librairie où il n'y avait ni de livre sur l'agriculture ni le livre de Youssef Seddik. Il s'appelle Youssef Seddik, il vit en France. En Tunisie, il a toujours une part de lui-même, une part de sa famille, une part de ses raisons de vivre. Il a publié des livres en Tunisie en 1994-1995. Celui qui vient de paraître est le produit d'un éditeur français Les Editions de l'Aube et d'un éditeur algérien, les éditions Barzakh. Il est donc allé à Alger le présenter. Il a pu le faire là où les islamistes égorgent mais où en même temps l'envie de penser est soutenue par une presse très courageuse. Il n'a pu le faire à Tunis, alors que les islamistes y sont en principe très peu puissants et malgré le rêve du Grenadier. Je ne sais si l'on fait un alcool avec les grenades mais, si ce n'est pas le cas, il avait dû boire de l'alcool de figue pour arriver à imaginer ce qui n'avait pas à être et qu’il aurait voulu que soit.

Il s'appelle Youssef Seddik, il vit une autre vie en France. En Tunisie, comme partout, il appartient au Moyen-âge, à un âge d'avant les grandes lumières des philosophes français du même nom. Les Croisades se préparaient, avaient eu lieu ou venaient de passer. C'était la grande affaire de l'Occident face à l'Orient. Une grande affaire qu'on nous ressert aujourd'hui, quand nous savons tous qu'à présent l'Orient est une partie de l'Occident. Quand Bush annonce une nouvelle croisade, c'est d'une croisade à lui-même qu'il parle. Pas seulement parce que son système alimenta Ben Laden ou Saddam mais parce que le monde vit à l'heure de l'Empire global.

Il s'appelle Youssef Seddik, il vit une autre vie philosophique en France. En Tunisie, il y fut journaliste mais le journalisme n'a plus court là-bas. Alors il nous fait revivre le temps des religions comme personne. Parce qu'il a su rester de là-bas en écoutant les questions d'ici.

Il s'appelle Youssef Seddik et je scrute son visage : derrière des lunettes ses yeux cherchent l'ombre, sur sa tête ses cheveux clairsemées disent qu'il va avoir 60 ans, les traits de son visage sont peu maghrébins et ses mains parlent pour convaincre. Au son poignée une montre et sur ses épaules une chemise blanche avec autour du coup une belle cravate. Il entre dans la famille des hommes qui contrôlent leur apparence par esprit de responsabilité.

Epilogue

La Goulette est une station balnéaire passée. Son Casino n'est plus que le souvenir de sa splendeur. Un phénomène identique caractérise une petite ville située sur l'autre rive de la baie : Korbous. Nous étions sans doute au cœur des années 50 et 60 quand une bourgeoisie coloniale puis une autre, nouvellement tunisienne, s'offrirent les premiers plaisirs de la mer. Nous étions avant le tourisme de masse assoiffé d'espaces particuliers pour étendre ses immenses hôtels. La Goulette avait été station balnéaire tout en restant populaire avec son port et ses pêcheurs. Devenue ville des restaurants, elle conserve seulement deux hôtels luxes. Un lieu pour se pencher sur les controverses du Moyen-âge et je pense à celle où Ibn Kaldun s'invita : pour approcher Dieu, la lecture du Livre suffit-elle ou faut-il l'inévitable aide d'un maître ? Notre bel Occident a retenu seulement celle de Valladolid.

Plus loin, sur la corniche, les hôtels se suivent et se ressemblent dans leur statut de monde étranger écarté du monde réel. A la Goulette, le cordonnier répare les sacs et le souk ferme tard le soir, la pâtisserie propose ses délices et le poste de police surveille les allers et venues, le nouveau petit supermarché surprend et l'ancienne maternelle continue, le marchand de vin ferme le vendredi et le TGM circule tous les jours. A la Goulette aucune idée de conte doré ne peut venir frapper les imaginations. Pas de princesse en vue. La vie seulement. Un soir, une superbe land rover se gara dans la rue, visiblement elle venait de loin, du pays des sables et les quatre hommes qui en descendirent, des Allemands à les entendre, portaient les marques d'un autre rêve. Ils partirent directement vers un restaurant qu'ils connaissaient pour y écrire un conte : A la saison des dattes, un rêve fait à Tozeur. Ils ne savaient pas que Youssef Seddik était né dans cette oasis où il se décida à grandir, du temps du pouvoir de Bourguiba, en pensant que réciter ne valait pas les plaisirs de la pensée que procure la lecture.

Jean-Paul Damaggio 20-11-2002

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tunisie
commenter cet article
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 20:07

VH-au-mexique.jpg

Sommaire du livre

Napoléon III et Victor Hugo : sur l’expédition de Napoléon III au Mexique

De Gaulle, Mitterrand, Sarkozy : sur les interventions de trois présidents français au Mexique (jemlaisse deviner lequel a pmlacé Victor Hugo en première place)

Lettre au Mexique (I) (la première lettre de Victor Hugo aux habitants de Puebla)

Lettre au Mexique (II) (la deuxième lettre de Victor Hugo demandant au président du Mexique de ne pas appliquer la peine de mort à l’Empereur Maximilien).

54 pages, 6 euros, ISBN : 978 2 917154 632

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 13:52

Le lundi 24 janvier la CCS2G (lisez la communauté des communes sère garonne gimone) organisait un forum rassemblant les « acteurs économiques ». Après l’intervention du président et du conseiller général où la confusion entre le terme canton et communauté des communes fut récurrente (cette communauté est à la dimension du canton de Saint Nicolas), la parole a été donnée à Monsieur Economie du Tarn-et-Garonne : Guy-Michel Empociello (GME). Celui-ci dévoila une partie du calendrier devant conduire aux regroupements des intercommunalités. Il rappela à mon grand étonnement qu’il était « le modeste président tournant de la communauté des communes Castelsarrasin-Moissac ». J’en étais resté à son élection comme président à l’ancienneté en 2007, élection qui avait mis justement un terme à la présidence tournante, mais peut-être qu’un nouvel accord avec Bernard Dagen fait qu’il va céder son poste à la fin 2011 ! Cet élément nous rappelle la difficulté d’y voir clair dans le maquis des intercommunalités… et l’heure n’est pas à l’avancée de la transparence.

Donc le préfet va prochainement présenter son projet de carte des intercommunalités (réalisée avec l’aide du cabinet CAPMG), carte qui doit être achevée en 2013 en prévision des élections de 2014. Il y a donc un peu de temps et pour ne pas tomber sous les fourches caudines de l’obligation, « il s’agit d’afficher quelques volontés » , pense GME.

Première incertitude : la taille minimum des intercommunalités que va décider le gouvernement. Si le seuil est à 5000 habitants (un chiffre plus haut avait été évoqué) la CCS2G qui arrive à 6000 n’est pas obligée de rejoindre Castelsarrasin-Moissac (même si le personnel des ordures ménagères va être intégré en juin à cette communauté), et donc le regroupement serait moins « facile ». Mais depuis le début, les regroupements se produisent sous l’effet de la carotte financière (les dotations de l’Etat) donc, au-delà du seuil en nombre d’habitants, il faut savoir comment va fonctionner cette carotte. En y mettant les formes GME a répété qu’il souhaite aller vers ce regroupement autour de Castel-Moissac permettant de créer une communauté d’agglomération capable de faire face à Montauban.

Pour montrer le côté évolutif des critères voici le cas d’Auch. La Communauté des communes est depuis le 1er janvier 2011 communauté d'agglomération alors qu’il fait normalement 50 000 habitants et qu’il n’y en a que 30 000. Mais Auch est chef lieu du département et a accepté d'étendre le choix des compétences obligatoires, en l'occurrence les transports et la culture. « Il y a un gros avantage financier » m’indique un élu.

GME ajoute une autre incertitude quant à la répartition des compétences. Les questions économiques seraient d’ordre régional donc le département ne pourrait plus aider, mais il y aurait alors une porte de sortie : une convention avec la région permettrait de retrouver la dite compétence.

Nous sommes à moins de deux ans du nouvel édifice et le brouillard est de rigueur, brouillard complété par l’incertitude apportée par le résultat de la prochaine présidentielle. Y aura-t-il des modifications si la gauche gagne ? Sans doute mais sans remettre en cause le tournant colossal de 2014 : élections régionales, municipales et sénatoriales.

Par la suite GME a rappelé les efforts du Conseil général en matière d’aides économiques, le cas de la base logistique de Montbartier en étant le fleuron (elle serait baptisée Logistique du Grand Sud). Il s’agit de 80 millions d’euros !

Le reste de la réunion a été complété par un tableau économique du secteur et à la fin une revendication : une bretelle nouvelle à l’autoroute ou un pont pour rejoindre plus directement celle de Castelsarrasin. Etrangement personne n’a parlé de la révolution économique que peut apporter la LGV (terme absent d’une réunion sur les questions économiques !). Je me suis bien gardé de mentionner cet oubli, quelqu’un aurait alors peut-être demandé une nouvelle gare !

25-01-2011 Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans intercommunalité
commenter cet article
25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 22:50

(un ami de Haute-Normandie me transmet ce texte…°

 

                                                    La LGV et la biodiversité.

 

 

Ce petit topo est fait avec les informations apportées par Frédéric Malvaud spécialiste des questions environnementales, ancien président de HNNE (Haute Normandie Nature Environnement), membre du CESR (Conseil économique et social régional) ;

 

La première question à se poser à propos de la LGV est de quels trains avons-nous besoin, de quels transports ? Avons-nous besoin de trains qui roulent plus vite ou de davantage de trains ? Il est évident que l’arrivée des trains LGV aboutira à supprimer des trains régionaux. Or ce qu’on veut c’est qu’il y ait assez de trains mis à disposition, efficaces, accessibles à tous.  La plupart du temps, les gares qui accueillent ce type de train à grande vitesse sont excentrées d’où l’obligation de prendre des navettes pour regagner la ville et son centre. Donc l’argument du gain de temps ne tient pas, ici.  La raison principale de création de cette ligne ne serait-elle pas de favoriser les entreprises qui vont la construire ?

 

Comme on ne connaît pas le tracé de la ligne, on ne peut connaître avec précisions les dégâts qui seront causés. Mais on peut être certains que, quel que soit le tracé (actuellement il y en aurait 3 à l’étude), avec la largeur de l’emprise (espace impacté de chaque côté de la voie), les impacts sur la biodiversité seront majeurs.

En effet, la vallée de la Seine est un site unique en France, et c’est un des plus riches de la région. Il y a plus d’espèces de plantes en HN qu’en Irlande.  La vallée de la Seine comprend des pelouses sur sable, des forêts, des prairies humides, des coteaux calcaires qui regorgent d’une faune et d’une flore remarquables. Nous avons  rapidement cartographié les sites sensibles de Vernon au Havre.

Sans rentrer dans les détails, les caractéristiques de la vallée de la Seine sont dues à l’évolution géologique, à la présence de l’eau, aux dépôts accumulés au quaternaire ancien qui sont des milieux pauvres (dits oligotrophes), secs et chauds, très différents des limons riches des plateaux favorables aux cultures. Et en matière de biodiversité, un milieu pauvre crée la richesse car des espèces spécifiques sont seules à pouvoir y vivre. Il y a des différences importantes entre les plateaux et la vallée. Les écosystèmes sont différents. La présence des coteaux, la nature des sols font des certains sites des endroits dont le climat s’apparente au climat méditerranéen. On trouve par exemple une espèce d’orchidée qui vit dans le Var et qui depuis 20 ans a réussi à s’implanter là. Il y a des micros climats type méditerranéen.

 

Depuis les années 1960, les paysages ont été profondément transformés. Il y avait des zones d’interférence entre les champs/la forêt/la ville, avec présence de micro milieux éparpillés (petits prés, haies, buissons…). On n’a plus aujourd’hui que des zones uniformes juxtaposées : des champs (en agriculture intensive), une ville, une forêt (avec des alignements d’arbres, tous pareils, souvent des pins). Donc depuis les années 1960, les paysages ont été modifiés, modifiant à leur tour la vie des écosystèmes, et conduisant aujourd’hui à la disparition dramatique des beaucoup d’espèces.

La bataille des associations est de faire classer les boucles de la Seine sur le modèle de la loi de 1930 qui offrirait des contraintes supplémentaires à tout projet d’infrastructure puisque cette loi implique une «  préservation paysagère » plutôt contraignante. Si un projet ne préserve pas le paysage, il n’aboutit pas. Si cette bataille pouvait être gagnée ce serait un énorme succès. De plus ça bloquerait le projet LGV.

 En attendant, nous pouvons d’ores et déjà dire que :

 

-          le projet du Grand Paris auquel la LGV est liée est une image de l’urbanisation folle qui ne correspond pas aux besoins des gens.

-          Nous pourrons attaquer le maître d’œuvre sur l’absence d’étude alternative au projet  (jurisprudence européenne).

-          Vus les coûts du projet, il ne semble pas prêt de voir le jour.

Patrick, Anne, Jacques Louis, Frédéric, Sophie

   
Repost 0
Published by éditions la brochure - dans la LGV toulouse-bordeaux
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche