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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 12:46

Nous recevons de Tahar Ben Guiza cet article publié en Tunisie sur le journal “La Presse” du dimanche 6 février 2011, et qui est une réponse à un émail d'un de ses amis français qui lui demandait ce que il pense de la Révolution tunisienne. Tahar Ben Guiza est un philosophe qui vient de publier un nouveau livre et que nous connaissons bien. Nous reviendrons sur ce texte et sur son livre. JPD 

 

 

 

Penser notre modernité à partir de nous-mêmes

par Tahar Ben Guiza, dimanche 6 février 2011

A ta question sur ce que je pense de ce qui se passe dans mon pays, je réponds qu’il est difficile de penser une histoire en train de se faire. La déformation rationaliste que j'ai me laisse penser qu'il y a en Tunisie les conditions nécessaires pour qu'une révolution civile éclate. Elles sont nécessaires, mais pas suffisantes, car tout événement véritable est une création imprévisible et inattendue. La révolution tunisienne a été un événement que personne n’a prévu bien que tous les Tunisiens l’espéraient. Or, si cet événement majeur dans l’histoire de la Tunisie moderne est une révolution, ce n’est pas seulement par le fait qu’elle a écroulé une dictature totalitaire, mais bien parce qu’elle a été créative de nouvelles valeurs, de nouvelles formes d’être dans le monde qui ne peuvent être comprises sans une sortie courageuse des schémas habituels et des compréhensions formatées. Bien que je n'aime pas beaucoup parler «d'inconscient collectif», il me semble que cette révolution — qu'aucun parti ni aucun leader n'a conduit— trouve quand même ses racines dans ce qui est devenu naturel dans le comportement des Tunisiens : tel que le respect des femmes (Code du statut personnel), le respect de la liberté des individus (une philosophie de l’individualisme), et de l’égalité face à la loi (la séparation des pouvoirs). Ces comportements sont la conséquence de l’intériorisation des valeurs de la modernité que l’Etat tunisien de l’indépendance a réussi à faire partager par tous les Tunisiens. Ainsi, ceux qui connaissent un peu la Tunisie savent qu’entre 1956 et 1963, le pays a vécu le bouleversement le plus marquant de son histoire, une sorte de révolution sereine la faisant passer d’une société traditionnelle, attachée au passé, à une société moderne regardant vers l’avenir. Par l’éducation de l’homme tunisien, prise en charge par l’Etat depuis l’Indépendance, la Tunisie a réussi, en une cinquantaine d’années, à réaliser l’une des révolutions les plus importantes du monde : celle qui a vu passer le taux de natalité d’une moyenne de 7.096% (en 1956) à 2,013 % (aujourd’hui). Certes, le changement est venu par le haut, mais le Tunisien a montré une capacité certaine d’ouverture et d’adaptation aux valeurs de la modernité.

En tout état de cause, la société tunisienne peut être dite moderne simplement parce que nous constatons, aussi bien dans le comportement des individus que dans les institutions sociales, un intérêt constant pour l’avenir. Cet intérêt signifie la prise en ligne de compte, dans la vision que développent les individus de leur vie, d’ambitions, de projet, de programme et de planification pour réaliser des objectifs vers une meilleure situation sociale, professionnelle, familiale ou politique.

Toutefois, l’intérêt pour l’avenir, est plus que cela, il est une dynamique qui touche les institutions économiques, sociales, politiques, culturelles et éducatives à travers la mise en place de mécanisme de régénération, de restructuration, d’efficacité et de progrès. La culture des projets intègre l’altérité en son sein, la critique dans sa démarche et la rénovation de son paradigme de conception et de réflexion. Regarder vers l’avenir, c’est en définitive, accepter la continuelle remise en cause des outils, des méthodes, des démarches, des paradigmes établis et des modèles consacrés. C’est se faire, selon le mot de Carlo Ginzburg, l’inventeur du concept de «micro-histoire», «l’avocat du diable».

Pour les Tunisiens, il s’agira donc de penser notre modernité à partir de nous-mêmes, de notre propre vision, de notre propre point de vue. Cela nécessite, de notre part, un changement paradigmatique qui rénove notre méthode de travail, notre manière de nous penser, de nous imaginer et de communiquer entre nous. La réalisation de ce changement de fond nécessitera une articulation harmonieuse entre le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. La société tunisienne moderne d’avenir ne sera donc pas le décalque de l’une des sociétés occidentales, mais la réalisation d’un modèle que les Tunisiens eux-mêmes ont travaillé à réaliser.

C’est dans cet esprit qu’il est pertinent de penser la révolution tunisienne. Ainsi, si les citoyens tunisiens se sont révoltés, ce n’est pas parce qu’ils souffrent du chômage ou du manque de nourriture, comme certains bien-pensants français le disent, mais parce qu’ils ont soif de liberté et d’équité.

Maintenant, si certains de nos amis français soulignent que sans l’armée cette révolution n’aura pas pu exploser, c’est, entre autres, pour ne pas sortir de leurs schémas postcoloniaux selon lesquels, il est impensable de réfléchir hors du cadre du centre et de la périphérie. Schéma que l’on retrouve d’ailleurs dans l’histoire des idées qui décrit souvent la pensée arabe comme une parenthèse sans grande importance et, somme toute, insignifiante : Comment est-il possible que la petite Tunisie fasse sa propre révolution par ses propres moyens ? Allons donc, ce n’est pas sérieux. Ces gens-là sont soumis, ils ne se révoltent jamais. Ou alors, ils sont terroristes parce qu’ils sont musulmans !

On l’oublie souvent, la Tunisie a été le seul pays arabe à avoir été gouvernée, depuis trois siècles, par des civils. Ben Ali est une exception qui confirme la règle. Ce qui s’est passé en Tunisie n’est pas un coup d’État, mais une révolution populaire qui a eu besoin du soutien de l’Armée. Exactement de même manière avec laquelle a été fondé l’Etat des Husseinites en 1705 lorsque les notables de Tunis ont fait appel à Hussein Ben Ali pour venir assurer la sécurité publique du pays. Maintenant, si l’Armée a permis aux Tunisiens de se débarrasser de leur dictateur, c’est bien parce que celle-ci est républicaine et en harmonie avec son peuple.

Le propre de cette révolution baptisée «révolution du jasmin» et qui est en réalité une «révolution de la liberté» est d’avoir été une révolution pacifique. Certes, des personnes ont été tuées, mais c’est l’ancien dictateur qui a commandité le massacre.

La démocratie permettra-t-elle la prise du pouvoir du courant dit «islamiste»? Cela n’est pas exclu. Mais faut-il le rappeler, le terreau de prédilection de ce courant est l’ignorance et la peur. La révolution tunisienne a été celle des jeunes dont le profil est loin d’être celui de poltrons ignorants.

Par ailleurs, une démocratie qui se respecte interdira à ceux qui veulent faire de la propagande politique d’utiliser les mosquées pour recruter leurs adhérents. Les Tunisiens devraient rester vigilants sur ce point capital.

En tout cas, je trouve les discours des dirigeants islamistes tunisiens d’un modernisme et d’un pragmatisme étonnant. D’abord, ils se font appeler le parti «Al Nahda tunisienne» (la renaissance tunisienne). Ils ne remettent pas en cause le Code du statut personnel et se présentent en défenseurs de la démocratie.

Le fait que la révolution tunisienne n’ait pas de leader est une grande chance pour la Tunisie. C'est le peuple qui est le leader. Personne ne peut prétendre aujourd’hui se présenter en sauveur, ni Ghanouchi (islamiste) ni Marzouki (de gauche)… La raison communicationnelle n’a jamais été aussi bien illustrée. Cela sera donc l’occasion de développer une vraie démocratie. Les Tunisiens font montre d’un civisme émouvant. Une touriste italienne qui a eu le courage de se mêler à la foule a été émue par la délicatesse des jeunes qui avaient «peur pour elle».

Pourquoi le cacher, je suis fier de ma tunisianité parce que nos jeunes, par leur révolution, n’ont pas seulement réitéré les valeurs de la révolution française et de l’esprit des lois, ils sont allés plus loin en défendant la thèse de la nécessité de séparer les quatre pouvoirs : le pouvoir législatif, le pouvoir juridique, le pouvoir exécutif et le pouvoir médiatique. Car la révolution du jasmin a été, en grande partie possible, grâce à Internet et plus précisément, au réseau social Facebook. Aujourd’hui, 1/5e des Tunisiens est sur Facebook (plus de 2 millions d’inscrits). Or, cette révolution a été possible parce que le niveau d’instruction des Tunisiens leur permet de s’ouvrir au monde.

T.B.G.

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 12:42

 

Pour une conférence je vais devoir revenir sur le Front populair. Depuis des années, je ne fais rien d’autre que de reprendre les études réalisées. C’est le lot de l’âge. Comme, par chance, il existe des logiciens OCR, je peux aller piocher de vieux textes qui ont sombré avec la mort de divers ordinateurs incompatibles qu’il m’est arrivé d’avoir depuis 1985. Avec cette lettre au philosophe Henri Lefebvre (1901-1991) je retrouve l’esprit avec lequel j’ai préparé le soixantième anniversaire du Front Populaire. Je  n’ai pas une virgule à changer. JPD

 

1er Septembre 1996

Cher Henri Lefebvre

Aujourd'hui le soleil a écarté les nuages jusqu'à me permettre d'aller à la piscine nager et lire le dernier Roa Bastos. Que faisais-tu, il y a 60 ans, et quel temps éclaira ta journée ? Ce n'était pas un dimanche mais un mardi. Et en ce temps-là, la Fête de l'Huma se déroulait le dernier dimanche d'Août. La droite vous y a vu à Garches, avec des chéchias. Tu y étais à Garches ? En tant que philosophe marxiste ou en tant que conseiller municipal communiste de Montargis tu devais y être. Peut-être, à la fête, fidèle à tes talents, naquit un nouvel amour que le 1 septembre tu savourais encore.

A moins que tu ne te sois plongé dans l'écriture. A 35 ans tu entreprenais ton premier livre seul. J'ai cru deviner que les plaisirs de l'amour te donnaient la force de te plonger dans les plaisirs de l'écriture pour accoucher de livres douloureux comme le nationalisme contre les nations

 

Aujourd'hui au soleil de septembre, j'aurai dû encore une fois me plonger dans ton livre publié en 1988, mais sans plus de succès qu'en 1937.

Tu dis t'être mis sur la touche en 36. Comment ! Au moment de la montée en puissance de l'action populaire, tu te sentais étranger au mouvement ! Cependant, tu n'étais pas sur la touche pour regarder passer le train mais pour élaborer la riposte aux vrais dangers de l'heure. Ton originalité tenait à ta position par rapport au fascisme. Contre les thèses de l'Internationale qui ne voyait dans le fascisme qu'un épiphénomène facile à détruire pour la conscience de la classe ouvrière, tu pensais que cette même conscience pouvait céder aux pires tentations. La lutte contre la barbarie prévisible supposait donc une action réfléchie particulière. Et tu avais cette position car tu avais vu sur place. Hitler a l'œuvre. Tu n'as jamais aimé les nuages (qui sont parfois des dogmes) ni pour la hauteur qu'ils donnent, ni pour le masque qu'ils constituent. Ce sont les contradictions réelles de la vie qui t'ont toujours mobilisé. Mais je préfère te citer largement :

« Au Front populaire, j’y ai participé de toutes les manières possibles ! J’ai été à la mer et à la forêt de Fontainebleau avec des groupes de jeunes J’ai assisté à cette découverte de la nature. Ça me paraissait tout à fait passionnant, une expansion de la culture populaire ouvrière qui était d’ailleurs difficile à assimiler par elle. C’était un choc dont on ne se rend pas compte, cette culture qui était constituée autour de la seule idée du travail et qui tout d'un coup va s’ouvrir sur nature et le loisir ? Mais effectivement, je n’ai jamais cru que l’alliance des démocraties amènerait la paix. Avec la guerre d’Espagne je sentais venir la guerre mondiale. C’était terrible pour moi parce que je ne disais pas un mot pour rabattre la jubilation des garçons et des filles avec lesquels je me suis promené. Moi, je me disais qu’il y avait beaucoup d’illusions dans cette joie. Je considérais la guerre comme inéluctable parce que, quand une stratégie est en place elle doit aller jusqu’au bout, elle a sa logique. Le Front populaire était venu trop tar' pour des préparatifs stratégiques déjà en place. J’étais donc d'un pessimisme de plus en plus profond certains m’appelaient la "Cassandre marxiste.»

Tu écrivais aussi : « La guerre prochaine (ou du moins possible) sera ultra-impérialiste ; son objectif politique ne sera pas la conquête, la colonisation ou la surexploitation des vaincus, mais leur destruction pure et simple, dirigée par une caste de spécialistes militaires. » Tu prenais le risque d'avoir raison à l'avance !

En 1994, Pascal Ory publia un livre immense sur "Culture et politique sous le signe du Front populaire 1935-1938''. Plus de mille pages avec ce titre "La belle illusion". On pourrait presque croire qu'il fait référence à l'illusion que tu mentionnes. Je ne vais rien t'apprendre en t'informant que tu n'es pas cité une seule fois. Il n'est pas bon d'avoir été un précurseur. Il faut avoir raison quand l'ordre de la raison vient des autorités. Fraternellement.

Jean-Paul Damaggio

 

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 23:07

Les Verts du Conseil Régional Midi-Pyrénées ne sont pas gentils avec ceux qui votent CONTRE le financement de Bordeaux-Tours (le SICOVAL de Toulouse par exemple) car eux ont une solution plus intelligente qui à l’immense inconvénient de faire croire un peu partout (car ils ont de gros moyens d’information, je l'ai vérifié) que le Conseil Régional Midi-Pyrénées n’a pas voté le financement de Bordeaux-Tours ! Martin Malvy avait dit qu’il ne voterait le financement de Bordeaux-Tours qu’avec des garanties assurant la réalisation de Bordeaux-Toulouse. Il a fini par VOTER, comme le Grand Toulouse, le financement de Bordeaux-Tours, donc ça veut dire qu’il est sûr que BORDEAUX-TOULOUSE se fera ! C’est ça l’enjeu crucial de l’histoire. Avec le paiement de Bordeaux-Tours en Midi-Pyrénées, ça impliquera le paiement de Bordeaux-Toulouse. C’est ça le piège de l’immense organisation du GPSO. Donc, après l’erreur des Verts du Conseil régional M-P pour le budget 2011 ils n’ont qu’un moyen pour se rattraper : annoncer qu’ils ne voteront pas la ligne LGV du budget 2012. Le reste est du verbiage. Pour le moment nous faisons les additions de ceux qui refusent de voter en espérant qu’elle soit la plus salée possible pour arrêter le projet. Rappelons que le tracé est fait, la convention signée avec VINCI, le seul moyen qui reste pour couler cette LGV Bordeaux-Tours c’est le blocage financier et même les minoritaires en votant NON encouragent d’autres à faire pareil.

 

Voici encore l’extrait de leur déclaration qui revient car à se répéter c’est vrai ça paye :

« Concernant les 14 millions provisionnés au budget pour 2011 sur la LGV entre Tours et Bordeaux, nous n’avons pas déposé d’amendement pour retirer cette ligne et nous tenons à nous en expliquer. Nous nous sommes engagés dans ce combat politique contre tous avec l’objectif de le gagner, et donc que le TGV arrive à Toulouse par les lignes existantes. Ces 14 millions sont placés sur un compte et ne seront pas dépensés au moins jusqu’en 2017. Ce choix nous permet par contre aujourd’hui de ne pas être accusé[sic] de promouvoir un second aéroport dans la région toulousaine justement car nous proposons d’affecter ces 14 millions sur le réaménagement des lignes. »

 

 

 

1 – « Nous nous sommes engagés dans ce combat politique contre tous avec l’objectif de le gagner, et donc que le TGV arrive à Toulouse par les lignes existantes. » Cet engagement date seulement de novembre 2010. Encore en septembre 2010 nous en étions, dans un texte d’Europe Ecologie, à une LGV Castelsarrasin-Agen ! De la modestie camarades !

2 – « Ces 14 millions sont placés sur un compte et ne seront pas dépensés au moins jusqu’en 2017. » D’une part il ne faut pas dire 14 millions mais dire la somme totale soit 102 millions dont 14 millions est le premier versement pour l’an 2011 comme le demande la Convention de financement avec Vinci. La date du versement a peut-être été renégocié mais peu importe, c’est de l’argent pour la LGV. La Communauté d’Agglomération de Montauban a voté le financement et peut-être versera aussi en 2017 mais l’argent ira à la LGV. Et là personne n’ergote pour savoir la date du versement. De la sincérité camarades !

3 – « Ce choix nous permet par contre aujourd’hui de ne pas être accusé[sic] de promouvoir un second aéroport dans la région toulousaine justement car nous proposons d’affecter ces 14 millions sur le réaménagement des lignes. » Encore un dernier tour de passe puisque dans son intervention François Simon a ridiculisé lui-même l’idée du nouvel aéroport désigné comme impossible et tout d’un coup les 14 millions tombent dans l’escarcelle du réaménagement des lignes existantes. C’est trop tordu pour être honnête. La vérité camarades ! JPD 8-02-2011

 

Voici la déclaration en entier et je ne commente pas les pirouettes sur les TER, car le PS, le PCF et j’en passe sont les champions pour nous embrouiller sur le Plan Rail.

 

Chers amis,

Nous communiquons ce message à destination des associations qui se battent contre les nouvelles Lignes à Grande Vitesse. Nous tenons à vous expliquer ici que le vote du groupe Europe-Ecologie au Conseil Régional Midi-Pyrénées en faveur du Budget Primitif 2011 ne renie en rien la position que nous tenons depuis le début. Nous vous invitons à lire l’intervention complète de François Simon qui synthétise parfaitement les arguments défendus et annonce même notre position future quant à la convention de financement, qui sera à l’ordre du jour prochainement.

Il est utile de faire ici le bilan de nos actions sur la question lors des différentes assemblées de notre institution. C’est en assemblée plénière du 8 novembre 2010 qu’a été proposé aux élus régionaux le vote d’une autorisation de programme d’objectif à hauteur de 102 millions d’euros pour le financement de la LGV entre Tours et Bordeaux. Vous savez qu’Europe-Ecologie a été le seul groupe politique à voter contre ce rapport, l’argumentaire reste archivé sur notre site internet. Lors de cette même assemblée plénière, il a été proposé aux élus régionaux d’augmenter la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP), comme le prévoit la loi Grenelle 2, afin de financer les seuls projets LGV. Par un dépôt d’amendement, nous avons obtenu que les recettes de cette nouvelle taxe puissent être affecté à d’autres financements de transports durables, comme le prévoit d’ailleurs cette même loi.

Cette recette représentera, pour l’année 2011, 29 millions d’euros. Grace à notre amendement, le Conseil Régional Midi-Pyrénées a donc pu affecter 12,6 millions supplémentaires à destination du plan rail, ce qui n’est pas rien pour le budget primitif 2011. Concernant les 14 millions provisionnés au budget pour 2011 sur la LGV entre Tours et Bordeaux, nous n’avons pas déposé d’amendement pour retirer cette ligne et nous tenons à nous en expliquer. Nous nous sommes engagés dans ce combat politique contre tous avec l’objectif de le gagner, et donc que le TGV arrive à Toulouse par les lignes existantes. Ces 14 millions sont placés sur un compte et ne seront pas dépensés au moins jusqu’en 2017. Ce choix nous permet par contre aujourd’hui de ne pas être accusé de promouvoir un second aéroport dans la région toulousaine justement car nous proposons d’affecter ces 14 millions sur le réaménagement des lignes. 

Le compte à rebours est lancé malgré nous.

Nous invitons donc l’ensemble des associations à continuer de manifester leur mécontentement et proposer la seule alternative possible : le réaménagement des lignes existantes. 

La prochaine étape pour nous au Conseil Régional Midi-Pyrénées sera le vote de la convention de financement pour Tours-Bordeaux, vote pour lequel il n’y aura aucune surprise : le groupe Europe-Ecologie s’opposera.

Guillaume CROS, Président du groupe Europe-Ecologie

François SIMON, Vice-président du Conseil Régional Midi-Pyrénées

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 15:52

 

A l’approche des futures cantonales j’ai cru que le débat sur les conseillers territoriaux allait être relancé mais, mais nous le vérifions tous les jours, une seule élection intéresse les médias, l’élection présidentielle. Or la « révolution » de 2014, avec élections cantonales et régionales d’un coup, doublée d’une élection municipale et intercommunale va changer des tonnes d’habitudes… pour que rien ne change.

Deux mandats pour le prix d’un

Aujourd’hui un maire, conseiller régional et général doit abandonner un mandat. Demain ça ne sera plus le cas. De manière tonitruante Sarkozy avait annoncé que pour des raisons d’économie et d’efficacité il allait diminuer de moitié la somme des conseillers généraux et régionaux. Beaucoup d’hommes politiques de divers horizons crièrent au scandale. Comment un conseiller général pourrait en même temps gérer la région ? se lamentait un président de région, président par ailleurs d’une intercommunalité et de neuf autres présidences ! En fait la première guerre c’était contre la diminution du nombre d’élus. Bilan, la diminution est au mieux de 25%, et les nouveaux élus dotés de plus de pouvoirs vont bénéficier d’un salaire nettement meilleur (surtout pour les anciens conseillers généraux).

Prenons un exemple local : Sylvia Pinel va devenir conseillère générale et va donc devoir abandonner un mandat puisqu’elle est député et conseillère régionale. Elle va laisser celui de conseillère régionale sauf si un recours lui permet de gagner du temps jusqu’en 2012 date à laquelle elle pourrait abandonner son poste de député pour le fils de Jean-Michel Baylet. En 2014 elle va être à nouveau candidate conseillère territoriale sur le même secteur de Castelsarrasin… et sera donc en même temps au département et à la région. Il n’y a plus là de cumul de mandat ce qui pourrait lui permettre d’être, en 2014, conseillère territoriale, présidente de l’intercommunalité Castel-Moissac… et sénatrice.

En clair, l’élite politique prend du poids sans que ce soit une source d’économie ni d’efficacité comme on va le voir.

 

La victoire des notables

Sur ce point Sarkozy avait cru pouvoir taper fort en proposant un mode de scrutin à un tour donnant ainsi une prime à l’UMP. En réalité nous en revenons au mode de scrutin des élections cantonales mais sur un redécoupage de la carte des « cantons » qui devront en moyenne avoir 10 000 habitants. Ce mode de scrutin a donné la France des notables qui vont se sentir plus notables que par le passé vu l’élargissement de leurs pouvoirs. C’est l’enterrement des espoirs donnés par la gauche avec l’élection du Conseil régional à la proportionnelle intégrale (pour 1986), proportionnelle que la même gauche avait cependant réduit en 2001 pour l’élection de 2004. La proportionnelle a ses inconvénients comme tout mode de scrutin mais quand je compare la représentativité des sensibilités politiques dans les Conseils généraux de Midi-Pyrénées et le Conseil régional, la différence est phénoménale. Avec le conseiller territorial, c’est la vieille France (dans ce qu’elle a de plus sclérosé) qui va l’emporter, celle là-même qui fait une place la plus réduite possible aux éluEs.

Prenons un exemple local : sur le secteur de Beaumont de Lomagne, si l’actuel maire de la ville, M. Deprince est élu conseiller général comme il l’espère en 2011 (c’est un canton où généralement le maire du chef-lieu perd aux cantonales), il sera désigné pour devenir conseiller territorial de l’intercommunalité Lavit-Beaumont pouvant laisser à l’actuel conseiller général de Lavit le poste de président de l’intercommunalité.

 

Le lot de consolation

Ma dernière surprise est venue du manque de débats, polémiques, critiques concernant le mode de scrutin pour l’intercommunalité. Afin d’y permettre, à l’inverse de la Région et du Département, une représentativité plus large des courants d’opinion, la proportionnelle est très fortement élargie puisqu’elle sera en place dans les communes au-dessus de 500 habitants. L’élection au suffrage universel direct du conseiller communautaire suppose qu’on en arrive à une France totalement intercommunale et sur des frontières stables. D’où le travail de cartographie actuel… Donc sur des listes municipales à parité beaucoup plus nombreuses, les candidats à l’intercommunalité seront fléchés et comme les élus sont à la proportionnelle sur la moitié des sièges, on aura une évolution de la classe politique locale mais une évolution faible.

Pourquoi autant de bruit pour rien ?

La réforme des collectivités territoriales inscrite au journal officiel en décembre 2010 est souvent mise à toutes les sauces. En particulier il y a un point qui soulève les grands cris de la gauche et qui concerne la transformation des financements et tout particulièrement de la taxe professionnelle. Il faudrait que quelqu’un nous fasse une étude sur la façon dont les Conseils régionaux en 2011 se sont engouffrés dans la taxe dite « TIPP Grenelle » qui leur a été accordée, à savoir augmenter la taxe sur les carburants pour le bénéfice direct du Conseil régional, ce qui augmente la variabilité des prix du carburant entre régions (certaines régions on préféré augmenter les cartes grises mais de toute façon c’est la voiture qui est la vache à lait). Face à toutes ces réformes qui on fait crier, qu’en sera-t-il demain après la victoire de DSK ? Ces quelques notes ne tendent qu’à pousser à la discussion au moment des cantonales. Il est souvent reproché à l’extrême-gauche d’être improductive car elle ne fait que du « contre » mais sur ces questions institutionnelles la gauche (pas seulement le PS) a seulement fait du contre pour aller dans le sens du vent anti-sarkozy.

Vu l’évolution du secteur privé, je suis persuadé que la gestion de l’Etat a besoin de transformations profondes, que les services publics qui cumulent à présent les « tares » du public et du privé ne sont plus adaptés (ils ne sont plus publics), que le redécoupage de la France, et des niveaux de compétences des institutions est salutaire mais tout ceci devrait faire l’objet d’un débat public clair, large, net et approfondi, et non l’objet de manœuvres politiciennes obscures et dérisoires. Voilà des questions que les médias ne posent jamais.

7-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 15:49

moissacLGV.jpg

Pour améliorer la ligne existante, RFF donne deux exemples : Port Sainte-Marie et Moissac. Avec le cas de Moissac nous pouvons découvrir la façon de procéder de RFF. Ils proposent un tracé en jaune qui permettrait de passer la vitesse de 110 à 160 km/h sur les petits kilomètres de la traversé de la ville en notant : proposition pas humainement admissible. (en bleu la ligne actuelle) Comment ne pas être d’accord avec leur conclusion vu que le nouveau tracé passe en pleine ville !

Comme s’il n’y avait pas d’autre solution d’aménagement ? Car en l’occurrence la vitesse ne peut pas être le critère majeur ! Si la courbe est en zone rurale, il y a le problème de la gare, c’est vrai. Mais il serait possible d’aménager la ligne actuelle pour la rendre moins bruyante sans qu’en effet il y ait augmentation de la vitesse. Améliorer la ligne ne peut pas se faire d’un seul coup de crayon !

Mais tout est bon pour inciter les gens à s’en remettre à la LGV qui elle ne va traverser aucune zone urbaine…. faisant peu de dégâts pas humainement admissible. JPD

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 15:47

 L’ennui avec les blogs, c’est qu’ils mettent en avant l’actualité par rapport à l’histoire d’autant qu’il est facile d’effacer le passé (un seul clic suffit). Sur ce blog, nous n’effaçons pas, y compris les erreurs qui y furent publiées (simplement nous signalons l’erreur). Concernant le sujet d’aujourd’hui, comme concernant la démarche des Editions La Brochure, vous pouvez saisir le principe de fonctionnement. Sur le livre Non à la LGV, nous avons publié le premier tract d’Europe Ecologie pour que ne s’efface pas ce moment de la lutte, toutes les évolutions restant permises. Par la suite nous avons publié tous les textes d’Europe Ecologie afin que chacun juge sur pièce. Mais nous y avons mis nos commentaires.

 

1 - Avant les élections régionales

Le 21 février après le premier tract commenté d’Europe Ecologie sur le sujet LGV distribué à la manif de Castelsarrasin : LGV : la position d’Europe Ecologie il y a eu le 25 février 2010 une amélioration : LGV : Du mieux chez les Verts

 

2 – Après les régionales

Le 10 juin il y avait du nouveau chez Europe Ecologie : Europe Ecologie et la LGV (suite) puis après l’été est arrivé l’automne au moment où Europe Ecologie annonce sa position en faveur d’un shunt entre Castelsarrasin et Agen, une idiotie : LGV : Les Verts se font cohérents ? position très différente de celle des Verts Aquitaine : LGV : Tours-Bordeaux et Europe Ecologie Aquitaine

A ce moment-là le dossier est passé des mains de Gérard Onesta à celles de François Simon. Ainsi nous avons eu droit à la position d’hiver après le Conseil régional du 8 novembre LGV : Position EE Midi-Pyrénées , LGV : Intervention de François Simon position qui reprenait les idées que nous défendions depuis janvier 2010.

C’est suite à cette évolution qu’enfin Europe Ecologie a accepté de nous recevoir mais le rendez-vous a mis tout de même un mois avant d’être effectif avec le compte-rendu LGV : Position EE Midi-Pyrénées , un compte-rendu qui n’a pas été contesté et qui indiquait une démarche totalement différente de cette qui sera adopté pour le vote du budget, une semaine après.

C’est la séance du Conseil régional le 20 décembre : LGV : Des nouvelles d’Europe Ecologie Les Verts avec le 21 décembre LGV : La parole à EE à Toulouse  et le commentaire suite à leurs mensonges  LGV : Contradictions D'EELV Midi-Pyrénées

Le plus beau c’est la suite : LGV : Un article de Libération le 30/01/2011 où Europe Ecologie Midi-Pyrénées se lance dans une bataille de la communication où ils révèlent qu’ils n’ont pas voté le budget.

A ce jour, depuis les Régionales, en Tarn-et-Garonne un seul parti politique a organisé par lui-même un débat sur la LGV : le Parti de Gauche avec le NPA, à Grisolles. D’accord ou pas avec eux, c’est un fait. Le PCF qui a au Conseil régional depuis des années, le poste de vice-présidence aux transports n’a pas osé le faire, pas plus que le PS, l’UMP, Europe Ecologie ou d’autres.

Il reste à découvrir une promesse venue d’un chargé de mission d’Aquitaine d’Europe Ecologie : le recours devant le tribunal administratif des décisions concernant les délibérations sur la LGV. C’est une belle proposition car de telles délibérations sortent de la compétence des Conseils régionaux. Il pourrait y avoir ensuite la même démarche pour les Conseils généraux et les Communautés de communes ou d’agglomérations. A suivre, l’action continue. 7-02-2011 Jean-Paul Damaggio

P.S. : Sur notre blog nous ne faisons aucune fixation sur tel tout tel parti, nous essayons de donner un tableau général car nous ne soutenons qu’une chose, le refus de la LGV et le combat pour les lignes existantes.

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 21:05

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La réalisatrice espagnole de ce film, Icíar Bollaín Pérez-Mínguez (né à Madrid le 12 juin 1967) est surtout une actrice qui depuis 1983 a participé à 25 films dont Tierra y Libertad de Ken Loach. Je retiens ce film car le compagnon d’Icíar est l’Ecossais Paul Laverty, le scénariste de Ken Loach… et de Même la pluie. De plus Iciar Bollain a publié un livre sur Ken Loach en 1996 : Ken Loach, un observador solitario Madrid, El País-Aguilar.

Le film croise deux événements : la lutte à Cochabamba en faveur de la nationalisation de l’eau qui avait été confiée à une entreprise française, et les luttes des indiens au moment de la conquête. Pour assurer ce croisement est mis en scène un réalisateur et son producteur qui arrivent à Cochabamba pour réaliser un film sur l’histoire ancienne mais le tournage est bousculé par la lutte populaire d’autant que l’acteur essentiel du film devient aussi un acteur de la lutte de 2001 ! Autre particularité, les personnages évoluent au cours du tournage, comme si la lutte économique du peuple de Cochabamba pouvait gagner… et en plus changer les consciences. Télérama (n° 8 janvier 2011) note une faiblesse du film, la fin un peu rapide et maladroite. L’observation me paraît exacte mais cette faiblesse est de peu d’importance par rapport au défi du film car la question qu’il pose reste entière : un artiste plongé dans la réalisation d’une œuvre peut-il se laisser rattraper par l’actualité jusqu’à abandonner l’œuvre en cours ? Celui qui joue le réalisateur a ce mot à un tournant du film : « nous on produit un film qui restera dans l’histoire alors que la révolte du jour sera vite oubliée. » De toute façon la révolte empêche la réalisation du film… Et je suis allé dans mes archives pour retrouver une trace écrite au sujet de la révolte sur l’eau qui a été le déclencheur d’un mouvement qui s’est conclu en 2006 par la victoire de Moralès à la présidence de la république de la Bolivie. JPD

 

 

« L’autre combat, celui de l’eau, débuta en 2001 par une révolte populaire à Cochabamba quand les nouveaux propriétaires capitalistes de l’eau décidèrent d’augmenter les tarifs de 200%. Le héros de cette lutte, Oscar Olivera préféra rester loin de la politique pour garder intacte la capacité de révolte. A Cochabamba il existe « los regantes » qui sont des paysans auto-organisés depuis des centaines d’années quant à l’utilisation savante de l’eau. Ils furent la base militante qui permit de riposter aux attaques des multinationales par une Coordination de l’eau dont Oscar Olivera est devenu la référence. Le fonctionnement démocratique de cette lutte reste exemplaire. Avec elle, l’heure de la revendication des nationalisations est revenue. A celle de l’eau, s’ajoute celle des hydrocarbures et celle des mines. D’une lutte à l’autre, d’une révolte à la suivante, la Bolivie peut beaucoup nous apprendre mais ici je délaisse les questions économiques pour m’en tenir au mot rayé du vocabulaire politique français d’aujourd’hui : « nationalisation ».

La question nationale aux Amériques

Pour les Boliviens le terme de nationalisation est « d’évidence » même si deux nationalisations précédentes échouèrent. La référence à la nation est une référence glorieuse et non pas honteuse. La porte de sortie de la misère s’appelle : récupération par l’Etat des richesses nationales afin de provoquer une redistribution des richesses. Dans toutes les Amériques, de la nationalisation au nationalisme, la démarche saute aux yeux. Du cas du Québec, tentant depuis des années de se constituer en nation, au cas bolivien en quête plutôt d’une dignité nationale, on peut passer par le Pérou où dernièrement le candidat Ollanta lança un Parti nationaliste, par l’Equateur avec le candidat Rafael Correa (résultat de la présidentielle le 26 novembre) et s’arrêter un instant au Venezuela où la révolution bolivarienne ne fait pas mystère de son nationalisme. En Europe, il est de bon ton de faire glisser ce nationalisme affiché, vers l’infâme populisme, sans chercher à comprendre. Or, aux Amériques, la décolonisation a commencé voici très longtemps, avec la création des USA (où le nationalisme n’est pas moins fort qu’ailleurs) pour s’achever autour de 1820 avec la victoire finale de Bolivar sur les Espagnols. En deux cents ans, l’indépendance s’est transformée en nouvelle colonisation. En conséquence le nationalisme existe en tant que récupération d’une mémoire historique des luttes populaires : Tupac Amaru, Bolivar, Zapata, Sandino et d’autres. C’est vrai aussi pour les zapatistes qui s’opposent à toute revendication du genre : « indépendance du Chiapas ». Ils inscrivent leur revendication autonomiste dans la nation mexicaine qu’il serait fatal d’affaiblir face au géant voisin. » 26-11-2006

 

Depuis Rafael Correa est toujours au pouvoir en Equateur, Evo Moralès en Bolivie et la réflexion sur la nationalisation est toujours en cours. Nationaliser peut conduire à la corruption comme à la libération. Le débat continuera d’être crucial pour des millions d’êtres humains. Le film nous y renvoie. 6-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 18:56

    4 fev janvier 2011

La jeunesse de Calmoun page 5

 

            « Il se revoit enfant sur le balcon de la Maison de ses parents à Héliopolis, le balcon d'en face était tout proche, de la rue montait une clameur. Il voyait comme hier, la foule, les drapeaux rouges, le fleuve à ses pieds de petit garçon de cinq ans, les grands tissus qui flottaient, un cri que dans un premier temps, on ne distinguait pas dans la clameur, était scandé puis psalmodié : « Saad,Saad ».toute sa vie  le sentiment de fraternité et d'exaltation monterait en lui lors des mouvements populaires, première scène d'un immense opéra »

 

Sous le tilleul du Gers Clément, nous a parlé de son Egypte. Clément Harari avec ce souvenir est revenu sur la première victoire de l’indépendance, le pays subissant à la fois la domination truque et anglaise. Les luttes ont produit aussi l'immense tornade nassérienne et voici que l'océan se gonfle. Tout peut arriver.

 

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:56

Face aux défenseurs de la rénovation des lignes existantes RFF vient de produire enfin un argumentaire pour leur enlever toute crédibilité. Le document, sous son aspect technique, est d’un ridicule qui fait peur (en bleu les éléments de RFF).

 

La LGV contre la rénovation de la ligne existante

 

Projet de qui ?

D’entrée nous apprenons : « Un projet porté par l’Etat, inscrit dans une politique de développement durable et visant à mettre en valeur le Sud-ouest » avec « Loi du 3 août 2009: l’Etat financera 2000 kms de LGV, dont Bordeaux-Toulouse ».

Or l’Etat finance très peu et en fait le projet est surtout porté par les grands élus régionaux qui n’apparaissent à aucune page du descriptif sans doute pour les protéger. Toutes les études démontrent que la mise en valeur n e concerne pas le Sud-Ouest mais Paris, Bordeaux et à la limite Toulouse !

 

Le gain de temps ?

Bordeaux-Toulouse : gain de temps 43 minutes.

Bordeaux-Agen : gain de temps 15 minutes.

A l’heure où les habitués du TGV sur LGV Tours-Paris ont d’importants retards (comme d’autres) l’argument du temps gagné me semble ridicule en soi. Par ailleurs, pour protéger les défenseurs du territoire il n’est pas fait mention du Toulouse-Paris direct (il en existe un pour le moment) qui est seulement évoqué dans les réunions toulousaines où là RFF ne cache pas que c’est l’avenir (comme le Madrid-Barcelone direct qui se développe plus que celui qui s’arrête en route).

 

Gain en voyageurs ?

Gain en millions de voyageurs : 0,5 avec ligne rénovée ; 2,5 millions avec LGV.

Ce chiffre fait sourire car il masque un autre phénomène considérable. Sur le trajet Bordeaux-Toulouse comme sur d’autres, la LGV récupère par force les voyageurs des TEOZ. Tentez d’aller de Tours à Paris sans prendre le TGV sur LGV et vous comprendrez la différence ! Il faudrait donc donner la diminution du nombre de voyageurs sur le POLT pour comprendre le gain en question, car en effet, la rénovation de la ligne existante prendrait peu de monde au POLT sauf si sa dégradation se poursuivait ce que nous refusons puisque nous pensons au contraire qu’en économisant sur la ligne Bordeaux-Toulouse on peut faire plus pour le POLT. Quant au gain sur l’avion il sera toujours lié au prix des places d’un côté par rapport à l’autre, objet qui ne donne lieu à aucune information. Et l’information a été mise en contradiction avec d’autres documents moins optimistes.

 

Gain en nombre de trains

Vu la diminution du fret engagé depuis des années on peut supposer que la ligne existante a eu droit à un trafic plus important. On constate en fait qu’on passerait de 15 à 23 TGV ce qui correspond à la récupération du trafic par Limoges et ce qui confirme donc que le gain de voyageurs viendrait surtout de la concurrence interne à la SNCF ! Il serait donc impossible de faire circuler 7 trains de plus sur la ligne existante ? L’augmentation en matière de TER n’est pas depuis 5 ans aussi pharamineuse que celle espérée et elle concerne de toute façon que des tronçons très courts :Langon-Bordeaux et Montauban-Toulouse.

 

Le financement aménagement de la ligne :

Enjeux et coûts : aménagement de la ligne actuelle

Coût de l’aménagement de la ligne actuelle Bordeaux-Toulouse : 1,2 Md € (CE 2009)

Ces coûts englobent :

- Bordeaux - Hourcade : augmentation de capacité (ajout 1 voie, 2 sauts-de-moutons)

- Bordeaux - Agen (135 kms) : relèvement de vitesse à 220 km/h sur 29 kms et 180 km/h sur

37 kms (suppression de 48 passages à niveau, reprise de certaines courbes)

- Agen – Montauban (70 kms) : relèvement de vitesse à 220 km/h sur 19 kms et 160 km/h sur

20 kms (suppression de 6 passages à niveau, reprise de certaines courbes)

- Montauban - Saint-Jory (35 kms) : doublement des voies avec fortes contraintes (zones

urbaines, jumelage canal des deux mers)

- 50% des coûts pour l’aménagement à 4 voies au Sud de Saint-Jory

- Aménagement des gares existantes d’Agen et Montauban

 

Au sujet de l’aménagement deux exemples sont donnés, Port Sainte-Marie et Moissac pour montrer avec cartes à l’appui que cet aménagement n’est pas humainement admissible !

Or, la construction de la LGV va provoquer une montagne de destructions plus importantes et elle est humainement admissible sans doute pour les autres avantages : gain de temps de voyageurs etc…

 

Par ailleurs ces dépenses sont bénéfiques pour tous. La suppression des passages à niveau par exemple est une dépense – qu’il faudra faire de toute façon – au profit de tous les automobilistes et au profit de tous les trains TER y compris. Dire 4 voies au sud de Saint-Jory est une bonne chose mais ce n’est rien de plus que le projet avec LGV.

 

Financement LGV :

Coût total de la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse : 4,3 Mds € (CE 2009)

Ces coûts englobent :

- 50% des coûts du tronc commun avec Bordeaux-Espagne (ligne nouvelle et aménagements en gare de Bordeaux-Saint-Jean pour le débranchement des GPSO)

- la réalisation de la ligne nouvelle Bordeaux-Toulouse et la construction des gares nouvelles

d’Agen et Montauban

- la liaison intergares à Agen

- 50% des coûts pour l’aménagement à 4 voies au Sud de Saint-Jory

- le raccordement Sud-Sud (Toulouse-Bayonne sans passer par Bordeaux)

Coût au km du même ordre de grandeur pour GPSO que pour la LGV Tours-Bordeaux (environ 20 M€/km)

 

Avec le 20 millions d’euros au kilomètre, j’ai le plaisir de découvrir enfin le document mentionné par Europe Ecologie quand nous les avons rencontrés à Toulouse et qu’ils devaient nous envoyer. Même si la construction de Perpignan Figueres a un gros tunnel, j’indique que les chiffres officiels donnent 32 millions d’euros au kilomètre… pour la seule construction donc sans les frais d’études, les expropriations et les aménagements induits. Il me semble plus juste de comparer avec une ligne qui vient d’être achevée qu’avec une liste qui est projetée.

Cette donnée est donc largement minimisée et je ne vois pas pourquoi il n’y a que 50% pour le tronc commun Bordeaux-Espagne. Pour ne pas inquiéter les habitants rien n’est dit sur l’origine du financement (les collectivités territoriales) ni sur le choix du PPP pour Bordeaux-Toulouse, choix qui a été rappelé en réunion publique à Toulouse par RFF. Le PPP c’est forcément un coût supplémentaire pour le bénéfice des actionnaires qui attendent au moins un retour en investissement de 15%.

 

L’avenir du TGV sur LGV

« Halte aux idées reçues : les lignes TGV ne sont pas déficitaires ! »

Pour une fois je suis d’accord avec le GPSO les lignes TGV ne sont pas déficitaires, mais le document qu’ils proposent, montre par contre la tendance à la baisse des revenus, tendance qui ne va que s’accroître ! La montée des péages, la montée des prix du billet, tout inquiète la SNCF qui malheureusement, avec le tout LGV, voit son avenir s’assombrir en tant que service public de transport. Et le document du GPSO n’est pas de nature à nous rassurer car il confirme ce que nous savons : une sous-estimation des coûts et une surestimation des avantages, le tout pour convaincre des élus qui doivent passer à la caisse et ainsi scier la branche sur laquelle ils sont assis.

4-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 13:13

 Dans le Limousin, au Conseil régional, le Front de Gauche est uni avec le NPA dans un groupe « Limousin Terre de Gauche ». Voici, pour le thème de notre rubrique, leur compte-rendu du vote du budget intervenu le 16 décembre. Ils indiquent qu’ils n’ont que dix minutes pour s’exprimer quand la majorité a beaucoup plus puisqu’il y a le temps de parole de l’exécutif qui n’est pas compté dans le temps de parole des partis. Indiquons pour les « rassurer » qu’en Midi-Pyrénées, il y a le temps de parole du président qui a présenté le budget, le temps de parole de la vice-présidente qui a présenté le budget et ensuite un temps de parole à la proportionnelle pour les partis. La droite ayant dépassé son temps a été privé d’un intervenant mais quand la gauche a pris la parole et a largement dépassé son temps, elle a pu continuer. De plus nous constatons que le compte-rendu est fait par chapitre. On a même la présentation des désaccords au sein du groupe « Limousin Terre de Gauche » au sujet du vote pour les aides à l’aéroport. Combien Midi-Pyrénées donne pour les aéroports ? Futilité mon brave… Bref, merci pour cette clarté qu’on aimerait voir ailleurs pour éviter les polémiques inutiles et les mensonges désagréables. JPD

 

Séance plénière du 16 décembre 2010

Après le NPA (Stéphane Lajaumont) en juin et le PG (Laurence Pache) en octobre, c’était au tour de la composante PC d’intervenir au nom du groupe.

 

« La grande vitesse pour le Limousin :

Auparavant, je souhaite exprimer notre point de vue sur l’évolution du –dossier- barreau LGV qui va trouver une première traduction budgétaire. J’en profite pour redire qu’aucune position sur ce dossier sensible ne mérite la moindre diabolisation à l’encontre des « pour » ou des « contre ». Tout le monde dans cette affaire, me semble-t-il, se positionne, en conscience, au regard des intérêts de notre région et de son avenir. Je le précise d’autant plus que la décision de la majorité régionale de participer au financement de la LGV Sud-Europe Atlantique et d’approuver le tracé proposé par RFF, susceptible d’être soumis à enquête publique, ne clôture pas le débat. Non seulement en raison du rejet du tracé par les municipalités concernées Poitiers et Limoges exceptées, mais aussi en raison du fait que le financement du projet est loin d’être globalement acquis, Poitou-Charentes, la Creuse, la Corrèze n’ayant pas donné leur accord, et l’état n’assumant pas ses responsabilités financières en matière d’infrastructure nationale.

Le débat n’est pas clos, en raison aussi de la présence en son sein d’hypothèses alternatives. La dernière, la plus retentissante, appartient à la présidente de Poitou-Charentes. Ségolène Royal va désormais beaucoup plus loin que son refus de concourir au financement d’un barreau Limoges-Poitiers. Elle a fait adopter hier par son assemblée un texte dont j’extrais le passage suivant « la région Poitou-Charentes approuve bien entendu la demande du Limousin d’une desserte par un transport ferroviaire à grande vitesse, mais elle demande à RFF d’étudier en alternative à la création d’une LGV, l’aménagement de la ligne actuelle pour l’adapter à la circulation des trains TGV. Cette solution présenterait l’avantage de desservir les territoires traversés à partir de Bellac et Montmorillon et améliorerait l’ouverture du Limousin vers la façade atlantique et les échanges entre les villes de Poitiers et Limoges (...). La région Poitou-Charentes demande à l’Etat de garantir la réalisation par RFF de l’étude d’une solution alternative et des études socio-économiques complètes permettant d’apprécier la pertinence économique du projet ».

En clair le projet mis sur les rails par l’épouse d’un président de la république est promis au déraillement par une autre femme politique aspirant à devenir Présidente de la République ! Les porteurs du projet du barreau Limoges-Poitiers ont toutes les raisons d’être inquiets et vous, Mr le Président du Limousin vous êtes bien inspirés en demandant que notre Conseil Régional soit remboursé des sommes qu’il investit dans la LGV Sud Europe Atlantique si le barreau Limoges-Poitiers ne voyait pas le jour ! Mieux vaut tout prévoir, en effet...

Pour notre part nous sortons renforcés dans l’exigence de peser de tout notre poids régional en faveur de l’élaboration et la mise en chantier d’une modernisation complète de l’axe historique POLT, intégrant la mise en circulation de matériels adaptés à la grande vitesse. Cette alternative est selon nous immédiatement à l’ordre du jour. Elle est au cœur du mémorandum de l’Association Urgence-Polt, que nous soutenons y compris dans sa partie consacrée au tracé LGV Paris, Clermont, intégrant l’hypothèse du contournement de Vierzon et de la ramification dite du « Y renversé », que les thuriféraires du barreau Limoges Poitiers serait bien inspirés de considérer sérieusement. L’important c’est que le Limousin ne se retrouve pas dans la position du cocu ferroviaire !

 

Concernant l’aménagement du territoire, de nouveaux crédits d’étude pour le barreau LGV Limoges-Poitiers ainsi que des crédits pour le financement du tronçon TGV Tours-Bordeaux étaient inscrits au budget (cette TIPP additionnelle, votée avec l’habillage «Grenelle de l’environnement » permet de ponctionner près de 8 millions d’euros supplémentaires aux Limousins, pour un projet qui n’est pas le train de tous !). Les élus LIMOUSIN TERRE DE GAUCHE, conformément aux engagements de campagne, ont bien sûr voté contre (Europe-Ecologie aussi). Christian Audouin avait consacré une large place de son discours introductif à cette question.

 

Aéroports : La participation au financement par la Région des aéroports de Limoges et Brive a donné lieu à des votes différents dans le groupe. Stéphane Lajaumont, Véronique Momenteau, Pascale Rome et Laurence Pache, estimant source de gaspillage et de pollution la présence de deux aéroports en Limousin ont voté contre. J. Ratier et C. Audouin jugeant que le transport aérien était un atout pour le développement du Limousin tout en regrettant la concurrence qui ne manquera pas de se développer entre les deux structures, ont voté pour les crédits pour l’aéroport de Limoges et se sont abstenus pour Brive. »

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