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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 18:35

Les Amis de Renaud Jean viennent de tenir leur assemblée générale et préparent minutieusement les festivités du soixantième anniversaire de sa mort en 1961. J’en ai ramené l’article ci-dessous qui nous rappelle que Renaud Jean n’était pas seulement le défenseur des paysans mais un penseur politique à part entière et un homme soucieux du dialogue. Nous tenterons de retrouver l’article de La Petit Gironde (journal auquel a succédé Sud-Ouest) auquel il répond en deux points : en expliquant l’évolution du PCF et en défendant l’Union soviétique. Il avait compris dès 1937 que la France serait la première victime du fascisme. La réponse par « l’assistance mutuelle » était d’autant plus faible que dans la pratique c’était celle des reculs constants des démocraties face au fascisme. A lecture de cet article qui reprend les idées essentielles du député, on peut deviner qu’il ait été surpris par le pacte entre Hitler et Staline, ce qui entraîna le dramatique partage de la Pologne. Avant de donner son opinion sur le sujet il aurait aimé connaître les arguments de l’Union soviétique. Il n’a pas pu. Mais à chacun son opinion JPD

 

Reproduction fidèle d’un article du journal Le Travailleur du Lot et Garonne des 18 et 25 Septembre 1937

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Réponse à un adversaire

                                                          Comment on trahit la Paix et son Pays.

 

Excusez-moi, Monsieur, de vous répondre publiquement. Mais ma réponse ne sera pas inutile à d’autres qui ne m’ont pas écrit. Excusez aussi mon sous-titre. Il ne serait blessant que s’il n’était pas vrai. Et vous allez voir, hélas ! qu’il est vrai.

Toute votre lettre tient, en somme, en deux reproches, ou plutôt à deux accusations.

‘’Vous ne croyez pas à la volonté de Paix des communistes. Vous ne croyez pas à la volonté de Paix de l’Union Soviétique ‘’.

Et, c’est ce qui sans que vous le vouliez, vous conduit à trahir à la fois la Paix et le Pays.

Examinons d’abord l’accusation que vous dirigez contre le Parti Communiste. Il y a dites-vous, un tel abîme entre la politique du Parti Communiste de 1933 et sa politique présente, que vous ne pouvez croire à la sincérité d’un pareil revirement. Etes-vous certain de l’existence de l’abime dont vous parlez ?

En matière de politique extérieure, le Parti Communiste n’a jamais eu, n’aura jamais eu qu’un but : La Paix. La paix est menacée aujourd’hui comme elle était dans les années qui suivirent immédiatement la guerre. Elle l’est même beaucoup plus. Mais la menace ne vient plus du même côté. C’est toute l’explication de la politique du Parti Communiste hier et aujourd’hui.

Dans les années qui suivirent la guerre, le danger principal pour La paix résultait de la politique de l’Entente. L’Hitlérisme n’est pas né par génération spontanée. Il est le produit direct des fautes – pour certaines je devrais dire des crimes – commises par l’Entente depuis l’Armistice : écrasement de la Révolution allemande ; politique stupide de réparations, qui n’a apporté à la France que des haines ; occupation de la Ruhr ; refus de désarmer alors que, d’après Foch lui-même, l’Allemagne avait rempli les conditions fixées par le traité de Versailles.

Ceux qui ont soutenu cette politique, refusant à la République allemande les concessions que, depuis, ils ont dû consentir à Hitler, montrant ainsi au peuple allemand, déjà si enclin à l’admettre, qu’on n’obtient rien que par la force, ceux-là portent en grande partie la responsabilité de la situation actuelle.

Et le Parti Communiste qui se dressait contre cette politique, demandant la révision, par les vainqueurs eux-mêmes, du traité de Versailles (seul moyen d’en éviter la révision par contrainte), l’abandon de tous ces projets absurdes : accords de Londres, plan Dawes, plan Young, qui prétendaient faire payer l’Allemagne jusqu’aux environs de l’an 2000, le désarmement général aussi bien parmi les vainqueurs que parmi les vaincus. Le Parti Communiste qui, pour son action contre cette politique, accablé de condamnations à la prison et à l’amende, fût placé pendant des années dans une quasi-illégalité. Le Parti Communiste luttait pour La Paix. Mais aujourd’hui, c’est ailleurs que les nuages s’accumulent et que le tonnerre gronde. En grande partie par la faute des vainqueurs de 1918, Hitler est le maître de l’Allemagne. Il s’est débarrassé des clauses financières du traité de Versailles, il a réoccupé la zone démilitarisée, il arme sur terre, sur mer et dans les airs, et son livre ‘’ Mon combat ‘’ aussi bien que ses discours, ne laissent aucun doute sur l’usage qu’il compte faire de son armée et de ses flottes. Il s’est associé à Mussolini qui, après s’être emparé de l’Abyssinie, est en train, à demi avec lui, de conquérir l’Espagne, ainsi que les points stratégiques et décisifs du bassin Méditerranéen. En Extrême-Orient, le Japon, dont les liens avec l’Allemagne raciste et l’Italie fasciste sont connus, se livre contre la Chine à une agression nouvelle. Aujourd’hui, la menace de guerre est le fait des Etats fascistes...

Certes, le Parti Communiste aurait pu mettre tous les pays capitalistes dans le même sac. Il aurait pu dire : la menace Hitlérienne et Mussolinienne est la conséquence de vos fautes. Vous avez fait Hitler, vous avez favorisé Mussolini, débrouillez-vous avec eux !

Le Parti Communiste aurait pu aussi, en matière de politique intérieure tenir, à l’égard des partis bourgeois divisés, un langage semblable, il aurait pu au lendemain de Février 34, mettre radicaux et droitiers dans le même sac et s’enfermer dans un commode isolement. Mais la conséquence aurait été que la réaction ou le fascisme gouvernerait en France. Tout comme sans la politique de rapprochement, d’assistance mutuelle des peuples pacifiques contre la guerre et les fauteurs de guerre, politique préconisée par le Parti Communiste, mais insuffisamment pratiquée, les Etats fascistes auraient déjà déclenché une nouvelle guerre mondiale.

En résumé : Jusqu’en 1933, le Parti Communiste voulait La Paix et luttait pour La Paix. Depuis 1933, le Parti Communiste continue à vouloir La Paix et à lutter pour elle. Si sa politique a changé, c’est parce que la menace a changé de direction. Je tourne mon parapluie du côté d’où vient la pluie...

Je crois avoir clairement répondu, Monsieur, à la première de vos accusations. Les communistes veulent La Paix, ils luttent pour La Paix. Ils s’efforcent de faire face à tous les dangers de guerre. Si ces dangers se déplacent, leur parade se déplace aussi. Durant les années où le principal danger de guerre résultait de la politique impérialiste de l’Entente, les communistes se dressaient contre cette politique. Depuis que le principal danger de guerre est le fait des Etats fascistes, c’est contre les Etats fascistes que les communistes se dressent pour défendre La Paix.

Et remarquez bien, que la politique suivie par les communistes ne ressemble en rien à celle de Gribouille. Ils ne demandent pas, pour éviter la guerre, de la faire aux Etats fascistes. Ils ne demandent, contre ces Etats, aucune mesure spéciale. Ils ne réclament aucune « croisade idéologique »’. Ils proposent simplement, conformément au programme du Front Populaire, que soit développée la politique d’assistance mutuelle, ouverte à tous, Etats fascistes compris.

En même temps, poussant jusqu’au bout la logique, ils votent les crédits de guerre. Ils n’ont jamais voté un sou pour la politique génératrice de guerre pratiquée par l’Entente dans les années qui suivirent la paix de Versailles.

En revanche aujourd’hui, tout en préconisant, contre la guerre et les Etats fauteurs de guerre, le barrage de l’assistance mutuelle, ils ne marchandent à notre pays aucun moyen de défense.

Je vous avoue que tout cela me parait fort clair, et je suis curieux de savoir ce que vous trouverez à objecter.

Or, il est tout aussi aisé de répondre aux accusations que vous portez contre l’Union Soviétique. Sur ce point, votre lettre n’est en somme qu’un résumé des articles de politique étrangère de notre presse de droite, parfois aussi hélas ! de notre presse dite de gauche.

Nos réactionnaires plus ou moins fascistes – et vous vous faites dans votre lettre leur écho – ne peuvent pas nier les projets guerriers de Mussolini et de Hitler. Il n’est pas facile de nier l’évidence ! Mais ils s’efforcent de masquer cette volonté de guerre du fascisme et du racisme, d’atténuer par avance les responsabilités de Hitler et Mussolini dans la guerre qu’ils préparent, en prêtant à l’Ukraine Soviétique des intentions identiques.

Pour n’en citer qu’un exemple : vous ne trouverez pas dans (le journal) La Petite Gironde un seul article de politique extérieure où, tout en dénonçant la menace Hitlérienne ou Mussolinienne, l’auteur ne laisse entendre que la politique de l’Ukraine Soviétique constitue une menace aussi grave. De sorte qu’à lire La Petite Gironde et autres journaux réactionnaires, l’Union Soviétique veut la guerre tout autant que le fascisme et le racisme...

Pour répondre à cette accusation, il me suffira de vous poser les questions suivantes : Où sont les territoires que, pour les avoir conquis par la force, l’Ukraine Soviétique est conduite à les défendre par la force ? Et puisque vous parlez comme La Petite Gironde de «croisade idéologique » : Où et quand, le gouvernement de l’Union Soviétique a-t-il, comme Hitler et Mussolini le font tous les jours, déclaré qu’il ne tolérerait pas que tel ou tel pays se donne la forme de gouvernement qu’il lui plait ?

La vérité c’est que l’Union Soviétique n’a besoin ni de terres, ni de matières premières, ni de débouchés ; parce que la construction socialiste qu’elle poursuit exige La Paix.

Par conséquent, vos journaux et vous-même, portez contre l’Union Soviétique une accusation sans preuves. Vous vous livrez contre elle à une abominable calomnie. Et ainsi, vous trahissez à la fois La Paix et la France. Vous trahissez La Paix parce que le brouillard de vos mensonges favorise les fauteurs de guerre !

Un homme passe sur la route. Au coin d’un bois, un autre homme se prépare à l’attaquer. Si vous prêter aussi au premier des intentions d’agression, vous travaillez pour l’agresseur véritable car en lui fournissant une justification, vous lui permettez par avance de se disculper. Vos calomnies contre l’Union Soviétique détournent du danger réel l’attention des peuples qui, demain seraient jetés aux charniers si les Etats pacifiques ne se ressaisissaient pas. Vos calomnies contre l’Union Soviétique ouvrent les voies de la guerre.

Mais, vous ne trahissez pas seulement La Paix, vous trahissez également la France car c’est, en premier lieu, contre la France que le fascisme et le racisme préparent leur mauvais coup. Oh ! il est certain qu’Hitler convoite l’Ukraine. Mais, il est tout aussi certain qu’entre l’Allemagne et l’Union Soviétique se trouve la Pologne – soit près d’un millier de kilomètres -, que les villes russes, à cause des distances, seraient plus vulnérables à l’aviation allemande, que l’aviation soviétique est la première du monde... Tandis que Paris est à une heure de vol des avions de bombardement du Reich.

Voyez la carte ! Croyez-vous que lorsque Hitlériens et Mussoliniens s’installent à Irun, s’emparent de provinces basques, s’efforcent de conquérir toute l’Espagne, occupent le Maroc espagnol et les Baléares, essaient de s’emparer de la Méditerranée, croyez-vous que ce soit l’Union Soviétique qu’ainsi ils menacent ? Drôle de chemin que de passer par Madrid pour aller à Moscou, de Rome ou de Berlin.

La menace fasciste et raciste est, avec une telle évidence, dirigée en premier lieu contre la France, que pour ne pas la voir, il faut être volontairement aveugle.

Mais, fermer volontairement les yeux sur le danger de mort dirigé contre lui, c’est trahir son pays !

Renaud JEAN

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 17:31

Les sénatoriales en TetG, c’est seulement pour 2014n mais nous avons complété cet article d’un ami, publié en 1995, pour que nos lecteurs suivent le parcours de sénateurs, dont on dit que l’un d’eux pourrait devenir président du Sénat en 2011. JPD

  

Nous débuterons notre analyse en 1968 en sachant qu'en Tarn et Garonne, chaque sénatoriale voit l'élection de deux candidats sur les postes à pourvoir. Le corps des grands électeurs comprend les députés, sénateurs, conseillers généraux, conseillers régionaux et les personnes élues par les conseils municipaux (environ 130 communes ont un seul grand électeur).

En 1968, le nombre d'exprimés était de 522 (528 inscrits) et dès le premier tour les deux radicaux emportent le morceau sous l'étiquette FGDS (1) avec 318 voix pour Lacaze et 290 pour Laplace. Comme ils étaient sortants tous les deux, ils avaient été fabriqués sénateurs avant 68 et le restent sans problèmes après. Leurs adversaires avaient nom un certain Roger Rignac qui fit 146 voix et un certain Vidalot qui arriva tout de même à 133 voix. La caractéristique des opposants, c'est qu'ils étaient ... radicaux. Bref, la fabrication du sénateur se faisait au sein de la famille radicale. Un républicain indépendant du nom de Tauziac obtint 49 voix. A l'époque les deux communistes étaient M. Fontanié, adjoint à Montauban, 42 voix et Clamens, le maire de Verdun sur Garonne, 40.

 

En 1975, Giscard était devenu président et l'histoire radicale commençait à se faire oublier, si bien qu'il fallut deux tours pour remplacer l'un des sénateurs décédé. Les exprimés passèrent à 534 voix (inscrits 541) et surprise, Louis Delmas (maire PS de Montauban) qui avait été battu comme député en 73 se trouve en tête au premier tour avec 195 voix, le radical Tajan n'arriva qu'à 185 voix, le républicain indépendant Gondalma montant à 110. Jean-Louis Demeurs adjoint à Moissac fit les voix classiques du PCF, à savoir 44 voix. Il fallut donc un second tour pour fabriquer le nouveau sénateur radical M. Tajan. Ce fut un duel au sein de la Gauche, M. Tajan faisant 268 voix et Louis Delmas 256. Ouf, notre radicalisme départemental frôla la défaite. Comment se firent les reports de voix au second tour ? L’léectorat communiste s’est-il reporté sur le socialiste ?

 

Nous reprenons le rythme normal des sénatoriales, un rythme sur neuf ans qui, de 1968, nous conduit à 1977. Pierre Tajan, maire de Fabas et conseiller général est maintenant bien installé dans son fauteuil ce qui fait que dès le premier tour, il est réélu brillamment avec 300 voix sur 527 exprimés (541 inscrits). Les rondeurs chères à cet homme semblent lui avoir donné le profil idéal. Les radicaux conservent le deuxième siège avec l'apparition du montalbanais Marceau Hamecher, conseiller général élu dès le premier tour avec 264 voix. Pour Louis Delmas, la chance avait tourné puisqu'il ne fera pas les voix de 1977, tombant à 180. Son ami Henri de Marsac fait 145 voix. Pour le PCF, Marcel Guiche avec 54 voix et Pierre Juge avec 53 augmentent le score de leur parti en voix et en pourcentage (de 7,8 à 9,7%). L'élection brillante des radicaux tient à l'échec de la droite présentant le maire de Nohic. Monsieur André Bessières qui fait moins que les communistes : 35 voix.

 

Après avoir évité la question du décès surprise de Marceau Hamecher qui fait du suppléant, André Jouany de Nègrepelisse un sénateur par raccroc, nous arrivons déjà au 28 Septembre 1986. La machine à fabriquer des sénateurs radicaux tourne toujours à plein régime. Quand l'un meurt (et toujours à son poste) un autre le remplace, sauf que cette fois M. Jouany a dû être poussé dehors pour faire la place à un jeune pas tout à fait inconnu, Jean-Michel Baylet. Ce dernier avait perdu en 1986 son siège de député ; il fallait bien qu'il se rattrape ! Ce 28 Septembre 1986 malgré son élection assurée, il montrera un peu de rage en découvrant qu'il lui faudra un second tour pour gagner. Sur 582 exprimés (588 inscrits), avec 247 voix il frôla la victoire qu'il eut plus belle que jamais au second avec 318 voix. Mais il aurait tellement voulu réussir seul pour se venger de la défaite imposée par Hubert Gouze (nouveau maire PS de Montauban depuis 1982) législatives ! Le sénateur Roger de Saint-Sardos aura 215 voix au premier tour et 312 au second. Les socialistes décident de présenter Jean Carla et Robert Descazeaux qui font respectivement 129 et 169 voix. L’échec de Jean Carla était annonciateur de sa future déroute politique. Chez les communistes, Pierre Juge passe devant Marcel Guiche mais quelle chute : 37 voix. Cependant ce score réjouit le PCF car « il dépasse le nombre que les formations politiques lui accordaient "Au PCF on ne rit pas les chiffres si bien qu’en 1995 quand le PCF tombe à 27 et 30 voix nous lirons : « Ce résultat est supérieur aux 21 voix potentielles que nous pouvions espérer. »

La droite ayant pris son courage à trois mains décide enfin d’aller bravement à la défaite. C’est sans doute l'ardeur de Jean Bonhomme (redevenu député pour la dernière fois) qui a poussé à cette décision et qui fera 167 voix ; André Garrigue pour l'UDF, 154. Au second tour la discipline de gauche fut assez exemplaire puisque Bonhomme ne gagne que 3 voix qu'André Garrigue le talonne avec cette fois, 166 voix.

 

Les élections législatives de 1988 revenues au scrutin par circonscription Jean-Michel Baylet repartit en quête de son siège de député qu'il emporte avec le socialiste Jean-Paul Nunzi comme suppléant ce qui fit de ce dernier un député, le jour où Jean-Michel Baylet devint ministre. Il fallait alors qu'il laisse sa place de sénateur (donc il est élu du 28 septembre 1986 au 16 juin 1988). Ce fut fait en Juillet 1988 dès le premier tour, Yvon Collin (2) candidat PS-MRG réussissant à faire 345 voix. Marcel Guiche en l'absence de candidat socialiste a remonté le score du PCF à 50 voix. André Garrigues resta à 135 voix pour la droite, mais un dissident de droite Macla fit 32 voix. Pour la première fois dans l'histoire du TetG, le poste de sénateur n'est pas l'aboutissement d'une carrière politique passant par poste de maire puis de conseille général, mais un tremplin puisque grâce à ce succès, Yvon Collin deviendra maire de Caussade puis conseille: général de ce canton en 1992 (il était adjoint à Montauban).

En 1993, Jean-Michel Baylet perd à nouveau son poste de député. Une chance, les nouvelles sénatoriales se déroulent en 1995 et Jean-Michel Baylet redevient sénateur avec son ami Collin (79% soit 460 et 459 voix). Il y aura un seul candidat de droite : De Santi 94 voix et 16%, le PCF présentera Yannick Petitou et Marcel Guiche (4,9%), Josette Aliès pour Gauche 92 obtiendra 13 voix soit 2,2% et le FB 3 voix soit 0,9%.

Depuis cette date le calme plat règne sur les sénateurs du département. Yvon Collin aura été sénateur de 1988 à 2014 (26 ans) et Jean-Michel Baylet devrait battre son record car en 2014 il en reprendra pour six ans avec dit-on Sylvia Pinel qui après avoir été la plus jeune député pourrait bien être la plus jeune sénatrice.

Pepe Carvalha

(1)   FGDS : un regroupement de la gauche non communiste qui servira de tremplin à Mitterrand alors membre d’un petit parti.

(2)  Ses fonctions sont considérables. En plus de président du groupe des élus du Rassemblement démocratique et social européen, il est Président du groupe d'études sur l'aviation civile, Membre du groupe chasse et pêche, du groupe d'études fruits et légumes, du groupe d'études postes et communications électroniques, du groupe d'études du sport, du groupe d'études de la vigne et du vin. Pour les Groupes interparlementaires d'amitié (il a toujours eu une prédilection pour cette activité) il est Président du groupe France-Népal, Président délégué du groupe France-Arabie saoudite-Pays du Golfe. Il a d’autres fonctions comme Vice-Président de la Commission spéciale sur le Grand Paris, Membre du Comité stratégique de l'Agence du service civique, Membre du Conseil d'administration de l'Agence française de développement, Membre du Conseil d'orientation stratégique du fonds de solidarité prioritaire (anciennement : Comité directeur du Fonds d'aide et de coopération). Ouf…

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 16:27

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Quand on parle de la LGV beaucoup prétendent que le sujet n’est devenu d’actualité qu’en 2009. Surtout ceux qui contrôlent les moyens d’information et sont insensibles aux réflexions de la société. En Tarn-et-Garonne un groupe politique avait débattu du sujet en 1995 et publié le résultat de ses cogitations. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil sauf que si depuis 1995 les forces progressistes avait développé ce débat la LGV serait morte et enterrée depuis longtemps. JPD

 

                                                   Point Gauche ! n°16 janvier-février 1995

« Et le dossier TGV ? Le TGV, par son confort, ses avantages et naturellement sa rapidité vise à faire concurrence à la route, voire à l’avion. Sur ce point son développement nous paraît un bon outil. Là, où il ne faut pas perdre de vue un équilibre, c’est quand cet outil est poussé au maximum avec la création à tout prix de lignes spéciales. Pour une ligne Toulouse-Paris permettant au TGV se plus grande rapidité, il faudrait une ligne spéciale qui aille au moins au-delà de Bordeaux (quelques projets sont à l’étude). Dans certains cas, on évoque la création de gares spéciales. L’efficacité sociale ne permettrait-elle pas au moyen terme entre la mise en  valeur des avantages propres à l’outil et son harmonisation avec les autres trains ? Pour trop pousser dans le sens du TOUT vitesse, ne sacrifie-t-on pas des lignes comme Agen-Périgueux qui tout en rendant des services moindres peuvent aider au maintien de la vie locale ? La concentration citadine autour de points précis et réduits n’est-elle pas un gâchis au regard de ce que la plupart des Européens du Nord nous envient : le vaste tissu local qui manifestement va devenir une des richesses du prochain siècle ? » Objectif Gauche 92

 

Sur la même page, il y avait le dessin ci-dessous :

PGau2

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 16:22

http://membres.multimania.fr/simorre/linha/paisans.htm

 

En cherchant sur internet des textes sur Renaud Jean je suis tombé sur celui-ci, de 1996, dont petit à petit j'ai pensé en connaître l'auteur....

 

Que ce soit clair, le paysan dont je parle est le petit et moyen paysan propriétaire. Le Sud-Ouest de la France est très représentatif de cette réalité qui, longtemps, fut seulement un espoir, avant de devenir aujourd'hui un poids (pas toujours cependant).

Voici deux citations de 1850 de deux personnages mondialement connus dont je préfère taire le nom par respect pour eux.

_ "La classe paysanne, celle qui représente la barbarie au sein de la civilisation".

_" Il faut avoir connu les paysans français de cette année 1848 pour se rendre compte de toute la force de leur incurable stupidité."

La représentation du paysan et les raisons des injures

Les deux citations ci-dessus ne sont que gentillesses dans le flot constant des injures subies par les paysans depuis des décennies. Pourquoi de telles injures ? Jusqu'à quel pont furent-elles méritées ? Les paysans ne firent-ils pas de même contre les citadins ? Comment cette vieille histoire aurait-elle de l'intérêt au moment où les coupures ville/campagne se réduisent ?

Ce n'est pas parce qu'on guillotine un roi que le principe du roi quitte les têtes et ce n'est pas parce que le monde paysan s'intègre aux règles fixées par l'industrie que meurent les vieilles incompréhensions. Au contraire.

Donc, disons-le nettement, l'histoire a besoin d'être réécrite pour que chacun y retrouve sa dignité. Par exemple, en 1848 il y eut autant de paysans révolutionnaires que de citadins révolutionnaires. Je suis prêt à le démontrer pour le Tarn-et-Garonne. Je ne veux pas cautionner pour autant les discours paysans (ou le plus souvent prêtés aux paysans car ils n'accédèrent que rarement aux micros) qui répondirent aux injures par des injures. Ils furent encouragés à le faire par tous les adeptes du vieux principe : "diviser pour régner". Que les fausses querelles ne nous masquent pas les vrais problèmes, et entre autres les vrais problèmes que posent les fausses querelles.

Et tout commence par le plus difficile

Cette reconversion de l'histoire que j'appelle de mes vœux, je propose de l'entamer à partir de la culture. Tout le monde le sait, les paysans étaient analphabètes, sales, violents, écrasés par le travail, égoïstes etc.

Barbarie que tels propos ? Ne soyons pas schématiques, certains esprits sont plus condescendants comme Yves Jean, universitaire spécialiste des questions rurales : "Traditionnellement chaque société locale était pourvue d'une culture spécifique, d'un patois, de coutumes, de relations de voisinages et d'une vie collective très fortement influencée par les agriculteurs, ce qui donnait leur homogénéité à ces sociétés." (1996). Les condescendants aiment toujours évoquer l'homogénéité ancienne face à la dispersion actuelle or, de tout temps, la lutte des classes traversa la moindre campagne. Oui, les paysans avaient leurs légendes, leurs chants, leurs poètes, leurs danses, leurs fêtes et leurs langues et ce n'était pas résiduel mais au contraire la base indispensable sur laquelle se construisait la culture savante. Ce n'était pas particulier mais universel dans le sens où bien des légendes se ressemblent sur la planète, dans le sens où tous dansent sans qu'il n'y ait eu personne pour "animer" cette activité etc.

Sans tomber jamais dans la nostalgie

Laissons les réflexions sur le bon vieux temps d'autrefois aux radoteurs. Si je veux réhabiliter le passé ce n'est pas pour me délecter du souvenir. Quand je vois des bucoliques d'aujourd'hui pleurer sur la belle odeur du fumier, je sais qu'ils ne rêvent qu'à cause de fausses représentations. Le monde actuel vit de fausses représentations qui perpétuent ainsi les divisions d'hier en fantasmes de demain.

La profonde coupure historique imposée par ce siècle suscite la nostalgie qui a ses mérites comme ses limites. Le mérite c'est qu'il faut cultiver la mémoire et je me régale à entendre les anciens rappeler leurs souvenirs. Il est des civilisations où les personnes connaissent par cœur des tas de chansons. Les limites c'est qu'il faut éviter de croire que le passé était uniquement le souvenir que l'on en a. Parler des paysans conduit très souvent à la plus perverse des nostalgies car le souvenir du passé n'existe que dans peu de livres, de films, d'archives etc. On peut difficilement confronter une mémoire orale et des documents écrits (voir l'histoire de l'introduction de la pomme de terre). Et si documents il y a, souvent ils émanent de sources truquées par les paysans eux-mêmes, qui se méfièrent toujours des traces écrites. En conséquence, le mieux est de se tourner activement vers le futur.

Ouvrons un chantier profitable à tous

La culture paysanne, une fois admise sa réalité et sa valeur, il reste à en saisir la logique millénaire et à voir en quoi, au moment où les paysans perdent leur rôle de paysans, elle peut nous aider à mieux inventer le futur.

Soyons clair, le futur qu'on nous prépare dans certains cabinets d'experts en farces et attrapes, je le vomis par avance. Des sommes colossales sont investies pour nous rendre amorphes, obéissants, soumis et fatigués. On comprend pourquoi : la logique économique qui nous domine appelle toujours plus de misères pour le plus grand nombre, et plus de prouesses pour les nouveaux féodaux. Alors il faut prévenir la révolte.

Ce que j'appelle "le futur à inventer" c'est celui qui sortira de nos mains, pas celui qu'on nous offre comme une sucette. Et pour inventer, il faut toujours inventer un rythme et la conscience du dit rythme.

Claude Sicre serait mieux placé que moi pour évoquer la question et sans doute le ferait-il tout autrement. Le rythme n'est pas la pulsation cardiaque dont je ne sous-estime pas l'importance mais un mouvement et un moment collectif. Il n'y a rien de plus rythmé aujourd'hui que le journal télévisé, rythme qui s'impose si fort qu'il conditionne bien des activités. J'ai tendance à penser que le rythme de chaque époque circule par la parole et si vous pensez que je suis loin des questions paysannes je vais y revenir au rythme lent de la conversation de l'homme avec son cheval. J'aurais pu choisir un autre thème comme l'interrogation de la propriété, de la liberté ou des biocarburants mais pour une fois j'ai préféré m'en tenir à l'essentiel. Je vous laisse apprécier ma conception de l'essentiel.

Le rythme paysan

L'invention de l'agriculture brisa le rythme du nomade pour créer celui du sédentaire. Sa vie n'était plus l'interminable et hasardeux voyage dans l'espace mais l'interminable et hasardeuse installation dans le temps. Vous le savez, l'heure est à la mobilité ce qui, loin d'être une originalité française, correspond au crédo des managers made en USA. Le rythme paysan d'ici ou d'ailleurs, comme celui des amérindiens, est un rythme circulaire dicté par le retour des saisons et qui n'a rien à voir avec l'horlogerie. D'où les historiens qui nous répèteront que l'histoire se répète. Il ne s'agit pas pour moi du rythme naturel mais du rythme du travail : parfois à la campagne il faut faire la pause et parfois il faut donner un coup de collier. Un rythme complexe avec des accélérations. Il me semble que Cl. Harmelle dans un livre sur Saint-Antonin dit l'essentiel du phénomène :

"La répétition de ce face-à-face (paysans-citadins) et de ce malentendu tient sans doute au fait que c'est un débat qui n'oppose pas seulement les individus et les groupes sociaux (ruraux-urbains) mais qui divise aussi chacun en son for-intérieur. Deux temporalités économiques, deux modes de vie s'opposent là où chacun cherche confusément le miroir de son désir. D'un côté des flux monétaires accélérés, liés aux instances territoriales abstraites (l'Etat, les grandes villes, le capital...) de l'autre des cycles très lents, à la fois discontinus (les saisons, les rythmes du travail) et inscrits dans une temporalité très longue où se conjugent les rythmes de la transmission patrimoniale et de la biologie."

L'industrie est arrivée avec son rythme linéaire banalisée par la chaîne de montage. C'est le rythme de l'accumulation, du "toujours plus", à savoir toujours plus vite, plus fort et toujours plus riche. En seulement deux siècles, l'industrie a épuisé culturellement sa force de novation. A ceux qui pensèrent que la classe ouvrière allait remplacer la classe paysanne, la logique économique actuelle (et ça dépasse le fait qu'elle soit capitaliste) répond que si en effet la disparition en nombre des paysans fait penser à la fonte des neiges au printemps, les ouvriers ne prennent pas leur place car les machines sont là pour les écarter.

Donnons-nous du rythme

La civilisation à bâtir doit retrouver en premier, l'éloge de la lenteur. Celle qui obligea le paysan à attendre la récolte. Pensez à l'investissement que ça représentait 6.000 ans avant Jésus-Christ, de semer des graines ! Manger au jour le jour, en suivant par la chasse et la cueillette, les nourritures salvatrices, n'avait rien à voir avec le projet agricole globalement annuel au départ (les premières cultures furent les céréales). Pour l'art de la lenteur, les cultures paysannes ont beaucoup à nous apprendre et à partir d'elles nous avons du travail pour les transposer dans notre présent.

La civilisation à bâtir doit chercher la pluralité. Un jour un technicien soviétique crut utile de déclarer : "Il n'existe pas de différence de nature entre industrie et agriculture et en conséquence les techniques industrielles sont transportables à la campagne." Il ne faisait que répéter le discours classique aux USA où l'agriculture est par tradition une branche de l'industrie. L'uniformisation du monde à ses avantages mais les appellations contrôlées aussi. Le Roquefort permet de se nourrir d'histoire et pas seulement de se remplir l'estomac. Les savants de Bruxelles tentèrent d'éliminer les "marques" agricoles au moment même où, industriellement, des marques se protègent des contrefaçons. Il faudrait que le jambon de Bayonne puisse se produire à Munich mais que les chaussures Nike ne puissent se copier.

La civilisation à bâtir doit respecter à la fois ce temps qui nous vient de la nature (peut-être s'agit-il de la respiration) et celui produit par l'histoire des hommes (on dit qu'il vibre en numérique). Ce double respect doit faire reculer l'atomisation des choses pour globaliser la vie d'une nouvelle manière, globalisation sans laquelle on perdrait toujours plus le sens du réel. Ce double respect peut conduire à la création des diverses identités indispensables pour munir nos actions de points de repères efficaces : identité culturelle et personnelle. Le rythme appelle inexorablement un besoin de communauté se détournant en identité.

La civilisation à bâtir doit se saisir de l'indépendance. Mais sur ce point, il faudrait interroger le rapport spécifique des paysans à la propriété. J'entends par indépendance la capacité pratique de chacun à participer ou pas au rythme social recherché. L'indépendance ne fut pas celle de tous les paysans mais celle du propriétaire comme celle de l'artisan. Cependant l'indépendance ne découle pas mécaniquement d'un statut économique. Il y faut aussi la volonté culturelle.

La civilisation à bâtir sera culturelle ou alors elle oscillera entre la jungle et le zoo. Et là aussi interroger le monde paysan est source de réflexions fondamentales. Un beau jour à Paris, rue de Lappe, des Auvergnats firent le bonheur quotidien de danseurs inépuisables. Ils venaient de leur campagne avec un accordéon et faisaient du musette. A Oran, le Raï a suivi le même chemin sauf que la ville a su récupérer cette musique pour la garder vivante alors que Paris après avoir profité de l'accordéon en a organisé l’enterrement. Chez les paysans indépendants (les plus pauvres ne pouvaient rien et les plus riches ont toujours préféré singer la ville) la culture faisait partie intégrante du travail et du lieu et en bref, de la vie. On ne retrouvera jamais cette interférence qui évitait la culture-vernis ou la culture-virtuose. Mais il faut avancer une rencontre possible entre les rythmes nouveaux (travail-vacances ; activité-retraite ; sédentarité-mobilité) et la culture en construction. Quel type de tourisme, d'emploi, d'habitat ? Pourquoi ne pas réfléchir au temps de travail en terme de rythmes du travail à moins qu'on ne veuille intensifier le travail jusqu'à ce qu'on vomisse ? Je crois tout à fait avec Sicre que la culture sans folklore c'est comme faire du pain sans le blé. Même s'il n'en faut plus qu'un, il faudra toujours le cultivateur de blé. En ce vingtième siècle, des folklores sont nés de par le monde, le jazz ou le tango. A nous de nous rappeler que le futur n'est pas l'impossible et que la vie mérite qu'on la cultive avec des charrues électroniques s'il le faut. Pour le bonheur commun

Les paysans sont parmi nous

Voici brièvement quelques échos de mes activités récentes témoignant de ce que je comprends sous le vocable "paysan".

- 28 septembre : A Larrazet réunion de préparation des journées du 9 et 10 novembre. Je retrouve Monsieur Astoul, professeur d'histoire, qui parle du sujet qu'il adore : l'organisation des paysans en syndicats avant même la Révolution de 1789 et ceci dans tous les villages de la région. Sa découverte démontre la contradiction flagrante entre la méconnaissance du phénomène et son ampleur extraordinaire. Le livre le plus complet et le plus beau sur les "Paysans en révolution" en France, a été écrit par le soviétique Anatoli Ado et a eu un mal fou à trouver un éditeur en France alors que tout le monde reconnaît qu'il est d'une valeur exemplaire.

- 19 octobre : A Montauban, dans un débat, un ami m'indique que pour parler de 1936 il ne faut pas oublier le poids colossal à l'époque de la paysannerie réactionnaire. J'ai alors répondu en évoquant le cas d'un paysan révolutionnaire du Lot-et-Garonne, Renaud Jean qui bien que communiste et bien que vivant dans une circonscription paysanne fut élu au premier tour en 1936. Personnage extraordinaire à qui on doit l'Office du blé, un absent des livres d'histoires. J'aime le portrait qu'il fait de sa mère (j'aurais été triste si je n'avais rien dit en quatre pages sur la paysanne) : "Je revois ma mère un jour d'été lorsque j'avais déjà dix-huit ou vingt ans. Nous ne nous levions guère avant l'aube mais à peine debout, elle était à l'ouvrage. Soins à la volaille pendant que chauffait la pâtée qu'elle portait ensuite aux cochons. En temps de moisson, nous partions aux champs tous ensemble. Elle avait une faucille plus légère que les nôtres et cependant nous ne la distancions guère. A 7 heures nous rentrions à la maison pour le premier déjeuner. Nous n'avions pas encore de puits. Pendant que j'allais chez le voisin remplir la cruche d'eau fraîche et que mon père allait à l'étable, ma mère cuisait en hâte le jambon et les œufs ou réchauffait les quelques restes de la veille..."

- 20 octobre : A Cordes un homme parle d'une musique qui s'appelle le "son cubain" et dont il indique qu'il est au croisement de la rumba, du boléro et de la musique paysanne des petits propriétaires paysans. La Sierra Maestra de Cuba est à la fois le lieu des petits paysans indépendants, la base de trois révolutions et le creuset d'une invention musicale. Je ne m'étonne plus que La Havane (plus rangée) ait été préféré à Santiago de Cuba (plus fantasque) comme capitale.

- 22 octobre : A Montauban je vais chercher des photos prises à Lagrasse dans l'Aude et sur l'une d'elle, on voit Sicre et Marti qui lisent une feuille. Que dit cette feuille ? Il s'agit d'un texte que Marti se propose de lire le soir au concert pendant que les Fabulous l'accompagneront à leur façon. Et le soir avec une émotion intense Claude Marti donnera lecture d'un texte à la mémoire de la révolte des vignerons en 1976. Il aurait voulu le savoir par cœur mais il conserva la feuille.

- 29 octobre : A Castres, je découvre une expo photo sur les révoltés du Chiapas, cette région du Mexique où des hommes masqués inventent une révolution. Qui sont les zapatistes? Des paysans et un point c'est tout. Sur une photo, la plus belle à mes yeux, on voit quelques couples de danseurs qui évoluent dans la selva. Dommage le photographe n'a pas pris les musiciens.

- 2 novembre : A Bruniquel, je vais chercher le bois chez un paysan de 70 ans qui vit seul depuis toujours et qui pourrait être l'archétype du sauvage. Il s'agit tout au contraire de quelqu'un qui connaît un tas de choses, qui est abonné à plusieurs journaux et qui est ouvert au monde par l'intermédiaire de la télévision (il choisit ses émissions). Il ne se souvenait plus dans la conversation, du nom de la période ayant précédé le magdalénien. Il parle toujours occitan et n'oublie jamais de se réapprovisionner en eau de vie de prune qui accompagne son café.

- 8 novembre : A Guerret, haut lieu de révoltes paysannes, je participe à un colloque syndical (le SNU-ipp) sur l'école rurale, ouvert par Claude Julien. La place me manque pour en rendre compte. Sachons par contre que les professionnels de l'étude rurale ne manquent pas. Ils me font sourire.

Jean-Paul Damaggio (décembre 1996)

A titre indicatif voici ma bibliothèque paysanne :

1- Basile Kerblay : Du mir aux agrovilles, Institut d'Etudes Slaves, 1985

2- Walbeck Rochet : Vers l'émancipation paysanne, Editions Sociales, 1952

3- Bernard Lambert : Les paysans et la lutte des classes, Seuil 1970

4- Collectif : Les campagnes françaises, Editions Sociales 1983

5- Fabrice Nicolino : Le tour de France d'un écologiste, Seuil, 1993

6- Emmanuel Maffre-Baugé : Face à l'Europe des impasses, Privat, 1979

7- Gilles Allaire, Michel Blanc : Politiques agricoles et paysanneries, Le Sycomore, 1982

8- Philippe Simmonot : Ne m'appellez plus la France, Olivier Orban, 1991

9- Jean Cazalbou : Fos mémoire d'un village pyrénéen, Privat, 1982

10- Norman Wyner : Harry Ferguson, Desclée de Brouwner, 1964

11- Barry Commoner : L'encerclement, Le Seuil, 1972

12- Clause Michelet : Cette terre est la nôtre, Presses Pocket, 1982

13- Manuel Plana : Pancho Villa, Casterman-Giunti, 1993

14- Collectif : La campagne autrement dite, Foyers Ruraux, 1989

15- Pierre Le Roy : Les agricultures françaises, Armand Colin, 1993

16- Nikita Harwich : Histoire du chocolat, Editions Desjon-quières, 1992

17 - Gabriel Audisio : Des paysans, Armand Colin, 1993

18- Collectif : Dictionnaire des idées reçues sur l'agriculture, Syros 1993

19- Michel Launay : Paysans Algériens, Le Seuil, 1963

20- Daniel Tacet : Un monde sans paysans, Pluriel (Hachette), 1992

21- E. Grenadou : Grenadou, paysan français, Le Seuil, 1966

22- Balzac : Les paysans, Folio

23- Zola : La terre, Folio

24- Eugène Le Roy : Jacquou le Croquant, Livre de poche

25- Jean-Louis Trassard : Traquet Motteux, Le Temps qu'il fait, 1994

26- Louis Molinier : Un militant languedocien raconte, 1979

27- Philomen Mioch : Les tribulations d'un ouvrier agricole, 1984

28- Yannicx Le Bourdonnec : Des paysans heureux, Flammarion, 1994

29- Louis Malassis : Nourrir les hommes, Flammarion, 1993

30- Jacques Chauvin : Naissance des divinités, naissance de l'agriculture, CNRS, 1994

31- Gérard Belloin : Renaud Jean, le tribun des paysans, Editions de l'Atelier, 1993

32- Jean Lespiau : Luttes paysannes landaines, MODEF, 1995

33- Anne Rassat : Fille de laboureur (deux tomes), L'amitié des livres, 1984

34- Daniel Fabre et Jacques Lacroix : La vie des paysans au 19 ème siècle, Hachette, 1973

35- Claude Marti et Jean-Pierre Chabrol : Caminarèm, Robert Laffont, 1978

36- Sandino (du Nicaragua) : Pensée vivante, La Brèche, 1984

37- Michel Ragon : Les coquelicots sont revenus, Albin Michel, 1996

38- Bernard Revel : Montredon les vendanges du désespoir, Loubatières, 1996

39- Jean-Paul Damaggio : Des paysans sont de sortie, 1995

40- François de Ravignan : L'avenir du désert, Atelier du gué, 1996

41- Anatoli Ado : Paysans en révolution (1789-1794), Société des Etudes Robespierristes, 1996

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 13:59

lefebvre 2 lefebvre.jpg   

 

 Hugues le Thierry a déjà publié des ouvrages sur la question aux Editions lyonnaises, Chroniques sociales, 7 rue du Plat, 69288 Lyon cedex O2.

 

Les ouvrages ici évoqués vont paraître aux Editions L’Harmattan.

Pour le premier : Sauve qui peut la ville voici la quatrième de couverture :

« Lethierry a fondé une nouvelle école de pensée en France : la french theorie Lefebvre, faisant pour Lefebvre ce que François Cusset a fait pour Foucault, Derrida, Deleuze and Co ».

Merrifield, Environment and Planning.

 

S’adressant à un large public (spécialistes ou pas) les auteurs s’interrogent sur notre actuel « droit à la ville », le combat contre les aliénations, pour une réappropriation de l’humain, contre la ghettoïsation, la segmentation de l’espace scolaire, pour un pouvoir plus collectif.

Tout un programme qui ne reste pas dans les seules "idéalités" et intéressera tant les acteurs sociaux que les urbanistes et éducateurs de terrain, soucieux de réhabiter et de réhabiliter l’espace.

Les auteurs

Le coordinateur, Hugues Lethierry, chercheur indépendant, est connu pour ses nombreux ouvrages sur l’humour et aujourd’hui la philosophie sociale.

G. Busquet, L. Costes, J-Y. Martin, A. Mutuale, A. Querrien, S. Sangla, C. Revol sont des universitaires et/ou des urbanistes reconnus.

 

Pour Maintenant Henri Lefebvre la quatrième de couverture indique : Certains naissent de façon posthume… C’est le cas d’Henri Lefebvre (1901-1991), en un sens, puisque après avoir transité par les USA, il revient en France, la crise étant son élément. En quoi, des idées émises par lui peuvent-elles nous aider à construire des possibles, des utopies concrètes ?

Avec Lethierry nous trouvons pour ce livre, Léonore Bazinek, Armand Ajze,berg, et Michael Lowy.

 

Nous reviendrons sur les ouvrages à parution. En attendant vous pouvez lire divers ouvrages de Lethierry sur l’humour ou sur l’histoire des écoles normales, un type d’établissement où il enseigna, à Rodez.

Jean-Paul Damaggio

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 15:49

Voici une des conditions de la Région Poitou-Charentes pour la signature de la convention de financement Bordeaux-Tours :

 

 

"Précise que la participation de la Région Poitou-Charentes à la Lignes à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique d’un montant de 103 000 000 d’euros, non révisable, non actualisable, prenant la forme d’une avance remboursable, sera versée lorsque les garanties demandées ci-dessus seront acquises."



L’Etat peut-il être d’accord ? Non. Donc on peut en déduire que la signature est sans conséquence ?

Or en même temps la délibération se conclut ainsi :

 

 

"Autorise la Présidente à signer un protocole préalable avec l’Etat et RFF sur les engagements prévus ci-dessus ainsi que les deux conventions jointes après la modification pour tenir compte des demandes ci-dessus et engagement de l’Etat et RFF sur les retours attendus ."

 

Toute la question est la suivante : si elle signe la convention, RFF sera-t-il en droit de demander sa part même si les autres conditions ne sont pas assumées ?

J’avoue que ce feuilleton dépasse mon entendement. 13-02-2011 Jean-Paul Damaggio

P.S. : J’ai posé,  la question simple sur le site du Conseil régional Poitou-Charentes : la région va-t-elle payer ? et j’attends la réponse.

 

                                         En attendant des explications plus claires voici deux articles

La Nouvelle République du 13 février :

Vienne point chaud

LGV : la semaine de toutes les confusions 13/02/2011

Le conseil régional, le conseil général... tous devront se prononcer cette semaine sur le financement de la LGV SEA. Gare aux fausses notes.

Aux collectivités, maintenant, de financer leur part...

Une fois de plus, elle a jeté le trouble. Semé le doute. Et parfois récolté l'incompréhension. Ségolène Royal, la présidente du conseil régional Poitou-Charentes, avait d'abord annoncé qu'elle céderait « au chantage » de François Fillon, le Premier ministre, acceptant ainsi de financer la LGV SEA (Bordeaux-Poitiers-Paris), pour éviter à Poitiers de perdre un précieux raccordement. Puis, volte-face, tout récemment. La Région financera, oui, mais à condition que cette enveloppe ne soit qu'une avance... remboursable par l'État.

Les '' couacs '' de Poitiers-Limoges

Cette déclaration a fait bondir plusieurs cadors du PS départemental. Alain Claeys, le député maire de Poitiers, fervent partisan - et financeur - de la LGV, craint que les positions très politiques de la présidente viennent perturber un projet déjà sacrément avancé. « Poitiers a impérativement besoin de cette ligne Bordeaux-Paris pour son développement et son avenir, dit-il. Comme du projet Poitiers-Limoges. »

Poitiers-Limoges, justement. Tiens, tiens, Ségolène Royal, sur ce dossier-là, prend moins de raccourcis. Elle y est opposée. Tout simplement. Comme la plupart de ses proches, élus Verts et socialistes. Le maire de Poitiers, lui, y est favorable. Avec toujours la même optique : définitivement désenclaver Poitiers et l'ouvrir, surtout, vers l'Est. La position de la présidente de Région a également irrité son homologue du Limousin, socialiste, lui aussi.

Au conseil général de la Vienne, la partition semble être plus limpide. Les élus du sud du département dont le territoire serait traversé par la ligne Poitiers-Limoges sont contre. Les autres, de gauche comme de droite, semblent y être acquis. La LGV SEA pose moins de problème. Seule Ségolène Royal...

Les deux assemblées auront à se prononcer cette semaine sur le financement de la LGV SEA. Pas forcément dans un concert de louanges...

Jean-Yves Le Nezet

 

Sud-Ouest 2 février Par Jean-Bernard Gilles

Royal négocie encore sa contribution à la LGV

La présidente de la Région Poitou-Charentes défend bec et ongles ses dossiers régionaux. La convention financière n'est pas encore signée

Ségolène Royal a plutôt pour habitude de prendre l'initiative pour déstabiliser ses contradicteurs, voire ses partenaires. Elle aime avoir la main.

La façon dont elle use, alternativement, de la menace et de la recherche de compromis dans ce dossier LGV l'atteste. Elle témoigne de sa volonté de négocier bec et ongles des contreparties aux 103 millions d'euros qui lui sont demandés au titre de la part du financement public de la future ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux.

La menace NKM

Lundi, à Poitiers, elle indiquait qu'elle ne financerait pas cette ligne. Elle la considère comme un racket fait aux collectivités locales hors de leurs compétences.

Le dossier est toutefois loin d'être clos. En fait, la présidente de la Région Poitou-Charentes réagissait publiquement à une lettre qu'elle a reçue quelques jours plus tôt de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Comme l'avait fait à l'été 2009 le Premier ministre François Fillon, la ministre de l'Écologie et des Transports indique qu'un refus de paiement entraînerait « une remise en cause de la consistance du projet ». Les dessertes de Châtellerault, du Futuroscope, de Poitiers et d'Angoulême, annexées à la convention, sont en ligne de mire. Nul doute que l'ex-finaliste à l'élection présidentielle n'apprécie guère ce genre de chantage.

Le prix de la signature

Le lendemain, la patronne du Conseil régional prend la plume. Elle liste alors une série de revendications et demande une réponse rapide, « au moment où le débat est engagé sur la participation des collectivités locales au financement de la LGV Sud Europe Atlantique ». Elle souhaite accélérer la mise en place de dessertes TER cadencées et plaide pour un calendrier précis de travaux. Elle réclame aussi des sillons ferroviaires aujourd'hui affectés à la future autoroute ferroviaire (fret) entre Niort et Saintes, reliées aujourd'hui par une voie unique. Une réunion a eu lieu hier sur tous ces points à la direction des infrastructures à Paris. Ségolène Royal plaide aussi pour la prise en charge par Réseau ferré de France des frais de transports de substitution lorsque les travaux nécessitent la mise en place de cars, comme entre Angoulême et Saintes.

Dernière ligne droite

Comme les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, la Communauté urbaine de Bordeaux, l'agglomération de La Rochelle et la Région Midi-Pyrénées (lire notre édition du 21 janvier), Poitou-Charentes négocie donc ferme dans la dernière ligne droite. Rappelons que 57 collectivités locales apportent 1,6 milliard d'euros sur les 7,4 milliards du coût total du projet.

À l'agenda de la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes figure aussi un entretien prochain avec le concessionnaire Lisea. Ils parleront emploi et formation professionnelle. Lisea a déjà créé quelque 350 emplois dans la région. La construction de la ligne devrait occuper entre 1 000 et 1 500 emplois dans le génie civil. Nul doute que Ségolène Royal ne négligera pas ce volet régional d'un dossier décidément bien long à être finalisé.

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 14:38

Voici un article du 2 janvier 1939 publié dans La Dépêche du Midi. On remarquera que les articles d'hier étaient plus long que ceux d'aujourd'hui et que le retour sur l'histoire à quelques mérites. Un article colonialiste... Entre l'indépendance voulue par Le Destour et le risque de soumission à l'Italie fasciste, la France était là sauf qu'on s'aperçoit en même temps qu'en fait la France pactice avec les fascistes et comme il est dit, que le slogan Liberté Egalité Fraternité n'est pas toujours au premier plan... JPD

 

article de Claire Charles-Geniaux

 

Les manifestations, « spontanées », celles-là, qui viennent d'avoir lieu en Tunisie, prouvent jusqu'à quel point les Tunisiens qui comprennent environ 2 00 000 de musulmans et une centaine d'israélites ont lié leur destin à celui de la France.

En avril denier, certains incidents regrettables dus à quelques individus travaillés, par la propagande fasciste auraient pu donner à penser que les Tunisiens supporteraient impatiemment la tutelle de la France. Comme j'en exprimais ma surprise à mes amis musulmans, il me fut répondu que ces exaltés, d'ailleurs fort peu nombreux, avaient été désavoués par toute la population qui ne se souciait nullement d’être « protégée » par l'Italie! Si quelques destouriens, rêvaient d'indépendance, les gens de bons sens, sachant très bien que leur pays est encore incapable de se gouverner seul, entendent demeurer sous l'égide de la France.

Après la démonstration à la résidence des membres du grand conseil, le chérif Tidjani, engagé volontaire pendant la guerre, a tenu à exprimer directement au président du conseil, en son nom personnel comme en celui de la grande confrérie Tidjania dont il est le chef, et des anciens combattants, la fidélité à la France : « Nous sommes heureux sous la tutelle française, humaine et juste, et nous ne tenons nullement à confier notre sort à des dominateurs s’inspirant des théories racistes et totalitaires d'une barbarie et d'une iniquité qui répugnent à notre dignité d'hommes, à nos croyances égalitaires musulmanes, et aux principes de fraternité sociale pratiquée par la France à l'égard des musulmans.

 

Quant aux juifs dont beaucoup sont naturalisés, il n’est pas besoin de dire avec quel effroi ils verraient une puissance qui, à la suite de l'Allemagne nazie, fait profession de racisme, devenir maîtresse de la Tunisie. L'Italie, d'ailleurs, n'avait pas attendu le nouveau crédo de la « Difesa della razza » pour persécuter les juifs. Il y a deux ans, les juifs de Tripolitaine subirent d'ignominieux traitements. Les commerçants israélites ayant refusé d'ouvrir leurs magasins le jour du sabbat alors que leurs anciens maîtres arabes et turques leur avaient toujours permis de le respecter, furent emprisonnés et cruellement fouettés devant la population italienne et indigène, « cordialement invitée à ce spectacle hautement réjouissant » ainsi que le portaient les affiches. Tout récemment des commerçants tunisiens revenant de Tripolitaine ont certifié que plusieurs boutiques juives venaient d'être pillées.

Un musulman, très Français d'esprit et de cœur, et occupant à Tunis une haute situation, m'a fait part des impressions qu'il a recueillies au cours d'un voyage en Libye. Il a voulu découvrir ce qui se cachait sous la brillante façade de la colonisation fasciste afin d'établir des comparaisons entre la manière française et la manière italienne de « protéger l'Islam ». Ses observations ont autrement de portée que celles des journalistes et écrivains français qui avaient accompagné le duce au cours de son « triomphal » voyage en Libye et qui semblaient avoir reçu le mot d'ordre de déclarer que tout y était merveilleux !

Au point de vue matériel, me dit cet ami tunisien, l'Italie a fait indiscutablement un très gros effort d'autant plus remarquable qu'il s'est poursuivi au cours de ses difficultés internationales et pendant, la guerre d’Ethiopie. La ville est jolie, traversée par de belles et larges avenues, bordées de grandes et imposantes construction avec des squares et des jardins publics nombreux. Propreté méticuleuse aussi bien dans la nouvelle ville italienne que dans la ville arabe.

Si ce Tunisien avait été jusqu'en Cyrénaïque, peut-être aurait-il vu au pied des ruines de la ville grecque de Cyrène, quelques milliers de Tripolitains parqués entre des fils du fer barbelés : spectacle qui avait surpris et ému M. Louis Bertrand, cependant peu suspect de tendresse pour les Arabes, et grand admirateur du Duce.

Mais si la façade matérielle est splendide, s'empresse d'ajouter ce musulman, je n'en dirais pas autant au point de vue humain. La population, aussi bien italienne qu'indigène, est courbée sous un régime de fer qui s'exprime par la formule suivante rappelée à tous en caractères gigantesques, sur d'immenses banderoles de tissu blanc clouées aux balcons des monuments ou en guirlandes électriques, lumineuses, la nuit : « Croire ! Obéir ! Combattre ! » Je préfère celle de la France : « Liberté ! Egalité ! Fraternité ! » alors même qu'elle n'est pas toujours rigoureusement appliquée, Et cet avocat qui a fait son droit à Toulouse, s'indigne de ce régime dictatorial, totalitaire, qui n'admet ni discussion, ni critique, ni résistance : il faut croire aveuglément au Duce, obéir passivement et combattre pour lui ! Mais si la population est composée d'esclaves, l'esclave italien n'en est pas moins le maître de l'esclave arabe, Les Arabes qu’il a interrogés, m'apprend-il encore, aussi bien les jeunes que les vieux, les citadins que les campagnards, se sentent très malheureux; ils souffrent atrocement d'être tenus complètement à l'écart de l'évolution intellectuelle, politique et sociale qui transforme le monde de l'Islam. Aucun journal arabe, égyptien, syrien ou tunisien ne franchit les frontières tripolitaines : aucune liberté de réunion, de pensées ou autres « fariboles démocratiques » ne sont tolérées. Ils ont seulement le droit de se soumettre à la triple obligation de : Croire, obéir et combattre ! Pour une population chevaleresque et foncièrement indépendante comme la Tripolitaine, subir ce joug est un véritable martyre.

Cet homme clairvoyant regrettait que le gouvernement français n'ait pu envoyer deux cents Tunisiens faire ce même voyage en Tripolitaine : les Destouriens les plus véhéments en seraient certainement revenus en criant : Vive la France !

C'est ce cri qui a retenti à Tunis au lendemain des étranges déclarations de la Chambre italienne, accompagné de quelques bris de glace : cela, de la part d'Italiens antifascistes qui saisirent l'occasion de se venger ainsi de l'assassinat de leur camarade Miceli (1) tombé en septembre 1937, sous les coups des cadets de la marine cordialement reçus par les autorités françaises. Cet odieux attentat qui sembla à, tous les Français au courant des questions tunisiennes bien symptomatique des visées italiennes, est demeuré impuni !

Il serait curieux de savoir si les riches juifs livournais entre les mains, desquels se trouve le gros commerce, et qui se montraient agressivement fascistes, ne vont pas se tourner vers la France à présent que le Duce persécute les israélites? Presque tous les Italiens installés en Tunisie et qui s'élèvent à 94.000 environ, appartiennent aux classes pauvres : beaucoup sont des ouvriers syndiqués et, par conséquent, violemment antifascistes ce qui provoque les fureurs du journal italien « L'Unione »

Comme le remarque M. Duran-Angliviel, membre du Grand Conseil, l'Italie sait fort bien que la France ne lâchera pas la Tunisie, mais elle reprend sa thèse irrédentiste sous une forme plus accentuée. « dans le dessein de perpétuer et de renforcer une italianité dont l'importance l'autorisera quelque jour plus favorable, à intervenir, sous le prétexte de protéger une minorité d'origine, de langue et de tradition italiennes ».

Minorité qui se trouve parfaitement heureuse en Tunisie française.

Il n'y a qu'une réponse à faire aux vociférations de Rome : la Tunisie est une affaire franco-tunisienne. Tous les étrangers au même pas, en Tunisie comme en France ! ».

L'amitié et la collaboration entre Français et Tunisiens s'en trouveront grandement renforcées.

Claire-Charles GENIAUX (2)

 

(1) Belle occasion de rappeler le souvenir de Giuseppe Miceli assassiné à Tunis le 20 septembre 1937, à l’âge de 22 ans par des cadets italiens qui avaient débarqués en visite au port de la Goulette et qui avaient été reçus en grande pompe par les autorités françaises et tunisiennes (banquets, décorations...). L’assassinat de ce jeune syndicaliste et communiste italien a été organisé par les soldats fascistes puisqu’ils se sont dirigés vers le local des antifascistes, et ont tué le seul gardien du lieu par une balle en plein cœur (une réunion des dirigeants du groupe avait été programmée puis repoussée au dernier moment). 20 000 personnes suivront le cercueil. Trois cadets furent arrêtés puis relâchés discrètement vers l’Italie. C’est un des millions d’exemples qui montre la "mollesse" des autorités françaises face à l’Italie fasciste, mollesse qui aura des graves conséquences en Espagne où sévissent les mêmes barbares.

Lire : La Méditerranée fasciste : l’Italie musolinienne et la Tunisie, Juliette Bessis

 

(2) Claire-Charles GENIAUX (1879-1971) est une écrivaine prolifique dont nous retiendrons par rapport à cet article l’ouvrage L’âme musulmane en Tunisie, 1934

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 15:54

 

Après avoir vu la pièce de théâtre, après avoir lu et relu le livre pour publier Au carrefour Wajdi Mouawad, je viens de voir le film de Denis Villeneuve qui s’intitule : Incendies. Le cinéma donne au texte de Wajdi Mouawad des paysages, des bruits, des réalités que le théâtre n’a pas à évoquer. Le film est donc une œuvre en soi, une œuvre dont nous avons en main un dessous des cartes affiché, puisqu'il y a la référence à la pièce. Et le jeu artistique mérite ce va-et-vient rendu possible entre les obsessions de Mouawad et celles de Villeneuve, un va-et-vient qui, me semble-t-il, nous concerne tous. Je vais me limiter à deux cas de figure qui touchent au statut de l’histoire et à celui de la culture.

La répétition dans l’histoire

Une des obsessions communes tient à la «répétition » de l’histoire. Le montage du film fait ressortir autrement que la pièce ce retour : d’une fille qui cherche son père, à une mère qui cherche son fils. Dans la pièce, le phénomène apparaît dans une plus grande diversité avec la mère qui « investit » dans l’éducation de ses enfants, comme la grand-mère avait "investi" dans la sienne. Le retour de l’histoire, dont la répétition renvoie au culte des mythes, le retour de ses permanences qui nous surdétermineraient, voilà deux phénomènes qui conditionne la lutte pour la liberté à la capacité d'à affronter ce « poids » de l’histoire. On découvre comment la fille doit vaincre, y compris les réactions de son frère, pour vérifier que la mort n’est pas une fin, comme l’explique le notaire du passé. Le film transforme d'ailleurs le notaire comique de la pièce en un notaire bon enfant, et son étude notariale comprend les dossiers du grand-père, du père et les siens mais ils seront sans suite car il n’a pas d’enfant, d’où sans doute l’explication de son attention envers les enfants de sa secrétaire.

Sans développer ce point, je considère que tout artiste a vocation à privilégier l’histoire en tant que cycle pour que son œuvre entre ainsi dans l’histoire, pour qu’elle devienne chef d’œuvre éternel de la civilisation. Tout politique va privilégier au contraire l’histoire dotée d’un sens, une histoire qui deviendrait un progrès inévitable (les conservateurs pensent l’histoire comme stable afin que tout change pour que rien ne change et se masquent aujourd’hui au moyen des termes « réforme »... et révolution  ). Une révolution n’est plus alors le retour d’une révolution mais une avancée de l’histoire, une indépendance s’ajoutant à une indépendance.

Dans le film qu’il est peut-être plus émouvant encore de découvrir au moment où les peuples de Tunisie et d’Egypte réussisent à chasser leurs dictateurs, on constate que malgré les deux contextes très différents (Moyen-Orient dans la guerre, et Canada dans la paix), l’histoire à titre individuel, familial passe par les mêmes chemins.

La disparition d’Antoine

Denis Villeneuve fait disparaître totalement un personnage cher à Mouawad : Antoine. Cette constatation n’est pas un reproche mais une façon de faire apparaître que le cinéaste a tenu à évacuer une des obsessions majeures de Mouawad.

Qui est Antoine ? Antoine Ducharme est l’infirmier qui a soigné l’héroïne, Nawal, et qui ensuite est devenu un homme de théâtre. C’est en parlant avec lui que Jeanne nous apprend l’essentiel : sa mère a commencé à se taire le 20 août 1997 après avoir suivi les procès du Tribunal International. Situation totalement différente dans le film : la découverte de l’homme recherchée a lieu à la piscine avec les trois points sur le pied, alors que dans la pièce c'est par le jugement des criminels  !

Mouawad fait circuler cette autre obsession classique : la culture ne serait-elle pas un masque qui cache la vie, parfois en la soulageant ? L’héroïne n’est autre que la femme qui chante, la femme qui se sauve par le chant, le chant lui permant d’affronter la vie. Un fil conducteur circule autour de la « distance » culturelle qui généralement se traduit au cinéma par la technique du film dans le film, une façon de montrer les dessous du décor. La culture jouant un double rôle : elle calme les plaies mais masque le réel, et au final on ne sait quel est le bénéfice.

Prenons cette photo qui court le long du film : elle apparaît comme un élément du réel, or dans la pièce elle est étudiée et déchiffrée par le dénommé Antoine, homme de culture qui faisait écouter de la musique à Nawal. Cette photo est-elle un instrument de l’environnement culturel ou un témoignage du réel ? Comme souvent dans la vie nous sommes face à de fausses oppositions car en fait, dans la pièce, comme dans le film, ce sont des hommes de la vie qui peuvent lire les détails significatifs de la photo !

En conclusion, disons que la pièce tire les obsessions vers une interrogation de l’articulation vie/culture (la première étant dominante) alors que le cinéma contraint de montrer la vie tire les obsessions vers une interrogation de l’articulation histoire familiale/histoire sociale (la première étant dominante). 13-02-2011 Jean-Paul Damaggio

 

Info québécoise :

Incendies franchit le seuil des 150 000 entrées en France

La Presse canadienne   10 février 2011  Cinéma

Paris — Le film Incendies de Denis Villeneuve s'apprête à franchir le cap des 150 000 entrées en France.

Quatre semaines après avoir pris l'affiche sur les écrans français, le long métrage tiré de la pièce de Wajdi Mouawad confirme son succès, continuant sa carrière avec une constance remarquable. Le film en était mardi soir à 140 000 spectateurs. Au rythme où vont les choses, il a de bonnes chances de finir sa course autour des 300 000 entrées, estime-t-on.

Incendies avait connu des débuts très prometteurs lors de sa première journée d'exploitation, le 12 janvier. La tendance s'est maintenue puis renforcée dans les jours suivants, tant et si bien que le film, au lieu de perdre des salles comme cela se produit normalement au bout d'un moment, en a gagné plusieurs chaque semaine. Hier, il a ainsi entamé sa cinquième semaine sur 95 écrans, 25 de plus qu'il y a un mois!

Au Québec, Incendies connaît un regain d'intérêt depuis qu'on a appris sa nomination pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

En France, cette information n'a pas eu le même retentissement et n'a sans doute pas pesé sur la fréquentation des salles. La sortie de ce long métrage sans vedettes signé par un réalisateur inconnu (auquel est tout de même associé le nom de Wajdi Mouawad) a été accompagnée par une solide campagne d'affichage puis portée par une critique très enthousiaste. Mais au final, comme toujours dans ces cas-là, c'est le bouche à oreille qui en a assuré le succès.

«Je lis les blogues, les commentaires sur les sites de cinéma, j'entends les spectateurs, je parle aux responsables de salles: le bouche à oreille est très fort», explique Isabelle Dubar, la patronne de Happiness, qui distribue le film en France.

Pour elle, le succès tient donc en quelques mots: un bon film avec un sujet fort. «Au final, dit-elle, c'est le film qui l'emporte.»

Au box-office québécois, Incendies vient de franchir le seuil des 3 millions de dollars. Une vingtaine de copies ont été ajoutées après l'annonce de sa nomination aux Oscar (pour un total de 33 salles).

Hier, on annonçait que le film est finaliste dans 10 catégories pour la remise des prix Jutra.

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 15:22

Voici un autre texte ancien d'une certaine actualité pour qui veut voir la réalité en face. JPD

 

7 mars 1996

 

Lettre à André Suarès

 

C'est Emile Antoine Bourdelle qui m'a conseillé de vous écrire. Comme vous, il est mort depuis longtemps, mais les lettres pleines d'émotions que vous avez échangées avec lui, entre 1922 et sa mort, nous restent, et elles m'incitent à écrire ces quelques mots.

Tout tient en cette date largement oubliée aujourd'hui : le 7 mars 1936. Voici 60 ans exactement.

Vous avez été bouleversé et par l'événement et par la réaction des Français. Votre éditeur, Bernard Grasset, décida le 9 mars que votre livre enfin sous presse irait au pilon. Et vous avez été d'accord. Quelle douleur ! Quelle folle douleur ! Votre livre, Vues sur l'Europe confirmait l'actualité. Avec Bourdelle vous avez parfois évoqué ce don de "voyance" qui n'a rien à voir avec le charlatanisme mais avec votre grande conscience du monde. Les charlatans, voilà d'ailleurs le type classique de vos ennemis.

Vous étiez dans le maigre camp des défenseurs de l'esprit et vous hurliez parce que l'esprit disparaissant. L'homme perdait son histoire, sa culture. Comme Bourdelle, vous ne faisiez pas dans la dentelle et on peut toujours trouver dans vos formules de guerre, des cibles malheureuses issues parfois d'une vision trop européenne du monde.

Le drame infini c'est que l'histoire vous a donné raison sur toute la ligne et quand, en 1939, on accepta de publier votre livre, il était trop tard : l'infamie, le mensonge, les atrocités, les cruautés, toute la bestialité humaine allait dévaster la planète comme jamais.

Vous étiez juif, sans être religieux, et cet état vous rendit, peut-être plus que d'autres, sensible à ce qui se tramait en Allemagne.

Vous étiez sensible et extrémiste et dans une époque où les extrêmes prenaient le premier rang, vos phrases à la hache, vos sirènes syntaxiques, vos hurlements de rage auraient dû réveiller l'intelligence.

J'ai écrit "vos formules de guerre" mais il s'agit d'une guerre à la guerre quand arrive l'heure où la paix a besoin de la force. Votre livre a été refusé aux lecteurs français surtout à cause du chapitre 20 : vous y décriviez l'Apocalypse que Mein Kampf nous promettait. Votre livre a été refusé aux lecteurs français pour ne pas fâcher encore plus le méchant Hitler. J'ai lu comme vous les formules savantes qu'usaient les journaux pour donner une sucette à Mussolini. Pour ne pas repousser ce truand vers l'extrême-droite, il fallait l'amadouer. Le pauvre ! L'Italie n'avait pas de colonie, il fallait bien que le Duce s'en donne une en Ethiopie et maintenant que c'était fait en ce mois de mars 1936, il fallait passer l'éponge et espérer que l'avenir le rendrait sage. La S.D.N. pouvait abroger les sanctions prises contre notre voisin dont vous avez tant étudié la culture, sans doute autant que la culture allemande.

Vous aviez lu Mein Kampf et vous aviez noté :

« A l’étranger, il est à peine croyable qu'on doute de sa malfaisance et qui Hitler trouve encore une excuse. On feint de croire que l’homme de Mein Kampf n’est pas celui qui règne sur l'Allemagne désormais : on soutient qu’en dix ans il a dû changer et n'être plus si sauvage. Quel aveuglement […] Il déclare qu’il a besoin de dix ans pour rendre le peuple allemand capable de faire la guerre et d’exterminer la France ; qu’il faut offrir une paix pour dix ans à ceux qu’on sera en mesure d’anéantir le onzième Et vous hésitez à lui refuser l’assurance et le délais qu’il vous propose ? »

 

Le 7 mars 1936 (qui entraîna le 9 mars et le reste) Hitler provoquait la remilitarisation de la Rhénanie et la France préparait des élections. Elections que connurent aussi deux autres pays : l'Allemagne où le dit Hitler obtint 98,79% (parfois la précision des chiffres a son importance) et l'Espagne qui le mois avant (le 16 février) vit le succès démocratique du Frente popular.

En France la révolte se produira au cours des mois de mai et juin 36. Tout le monde sait que la défaite de la France en Mai 40 est une revanche préparée dès Juin 36.

Le 7 Juin 1936 à la Chambre des députés, Xavier Vallat, député de l'Ardèche, accède à la tribune. L'ambiance monte de quelques degrés quand il évoque 1934, pour condamner la présence au gouvernement de Pierre Cot. Les communistes crient : Chiappe ! Chiappe ! Chiappe ! en prison ! L'extrême-droite répond : A Moscou! A Moscou ! Puis ce sera l'explosion suite aux mots suivants :

« C’est la première fois que ce pays gallo-romain sera gouverné par un juif. »

Léon Blum tente de quitter l'hémicycle puis se ravise. Le président de l'Assemblée, Herriot, proteste :

« J’ai le regret d’avoir à vous dire M. Vallat que vous venez de prononcer des paroles inadmissibles Je vous prie de les retirer. »

 

Et Vallat qui, en ce jour historique, tient le scandale au bout de ses lèvres Insiste :

« Je n’entends pas oublier la solidarité qui m’allie à mes frères d’armes israélites mais je tiens à dire tout haut ce que tant de gens pensent tout bas. Pour gouverner ce pays de paysans, il vaut mieux un homme sorti du peuple qu'un autre dont la grande intelligence ressort surtout de l’étude du Talmud ! »

Hurlements, vacarmes. Dans la rue l'extrême-droite crie : « la France aux français »

Mais tout ce que je viens d'écrire, vous le savez mieux que moi cher Suarès, alors venons aux faits, aux raisons exactes de cette lettre.

A étudier cette année charnière, on ne peut sortir indemne de l'épreuve. D'un côté une révolte ouvrière en France qui révèle de façon exemplaire, une pure soif de justice et de l'autre les nuages noirs des pouvoirs quelconques qui calculent l'horreur.

Blum avec sa faiblesse habituelle devant la décision grave, calcule les éventuels mauvais coups des radicaux et pour les prévenir, il abandonne l'Espagne républicaine.

Staline calcule les attentats auxquels il dit avoir échappé et pour les prévenir il fusille à tour de bras suite à des procès odieux.

Hitler calcule les risques de son expansion programmée.

Franco calcule et considère qu’il se doit de garder Madrid pour la fin de la guerre. Son avancée victorieuse sera méthodique c'est-à-dire criminellement méthodique.

Mussolini calcule les bénéfices de sa victoire en Ethiopie. Dans son cirque, sur le plan intérieur comme extérieur, il quitte le statut du clown pour celui du dompteur.

Roosevelt calcule le nombre de voix qui doit lui assurer une réélection probable mais pas certaine.

1936, année cruciale : celle de tant de rages et d'espérances ... et aussi celle de tant de calculs !

A étudier cette année charnière, je me dis qu'aujourd'hui en 1996 on n'est pas sorti de l'auberge car nous vivons l'âge de la pensée instantanée celle qui tue l'histoire pour se dire libre. Tous ceux qui se soulevèrent contre la soumission, restent des amis que sans cesse nous devons cultiver. Ensemble, ayons du cœur à lutter. Respectueusement.

Jean-Paul Damaggio

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 15:12

 

En Midi-Pyrénées la vie est très calme sur la question du financement de Bordeaux-Tours. Je défie quiconque de trouver un seul article sur le sujet dans La Dépêche du Midi. Inversement, Sud-Ouest fait feu de tout bois et les résultats sont surprenant. La Communauté urbaine de Bordeaux s'incline mais elle a gagné quoi ? Une convention spéciale qui dit quoi ? Je n'arrive pas à comprendre...

 

Sud-Ouest 10 février 2011

 

LGV : la CUB et RFF enterrent la hache de guerre

Au terme d'âpres négociations, un accord a été trouvé     

Dans le sillage de Michel Héritié, le maire d'Ambarès-et-Lagrave - la commune la plus impactée par le passage de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Tours - de nombreux élus de la rive droite ont peu apprécié l'attitude de Réseau Ferré de France en ce qui concerne les travaux d'aménagement visant à minimiser l'impact de la ligne (isolations phoniques…). À tel point que Vincent Feltesse, président PS de la CUB, avait réuni les uns et les autres sur le terrain pour tenter d'accorder les violons. Mais cela n'a pas suffi, puisque les discussions se sont poursuivies dans un climat que l'on qualifiera d'âpre, entre commune et RFF. Le dernier conseil de CUB n'avait d'ailleurs pas voté la convention qui liait les deux parties (soit une somme de 17 millions d'euros qu'injectera la CUB). Le vote a été ajourné et renvoyé au conseil de CUB de vendredi. Une manière d'accroître la pression sur RFF. Il semble que la méthode ait porté ses fruits puisque le fameux protocole d'accord entre État, CUB et RFF a été signé. C'est donc sans une ombre au tableau que le conseil de CUB votera la convention de financement du tronçon Tours - Bordeaux de la ligne à grande vitesse Sud-Europe-Atlantique.

 

Dans un article du 21 janvier on y apprend que le 28 février le Conseil régional Midi-Pyrénées va voter la Convention de financement alors qu’à la question posée aux divers groupes politiques, il ne nous a été répondu à ce jour que le point à l’ordre du jour, c’était le schéma régional des transports. Mais en quoi cette Convention pourrait-elle différer de celle votée par Pierre Cohen, l’ami de Malvy au Grand Toulouse, début décembre 2010 ?  

 

21 janvier Tours-Bordeaux

Tours-Bordeaux : Pas de TGV avant 2017

Il faudra plus de six ans pour construire la ligne nouvelle. Et les négociations continuent. Avec de gros contributeurs publics.

Ce n'est pas gagné. Le contrat de concession pour la construction et la maintenance de la ligne nouvelle à grande vitesse entre Tours et Bordeaux n'est toujours pas signé. Comme le dit une source financière proche du dossier, « on est bien dans la dernière ligne droite, mais personne ne sait quelle est sa longueur ».

Il faudra soixante-seize mois depuis la signature du contrat de concession entre Réseau ferré de France et Lisea, le groupement conduit par la société Vinci, jusqu'à la mise en service de la ligne, soit six années et deux mois. Elles ne seront pas de trop, car il s'agit, rappelons-le, de construire 302 kilomètres entre Tours et Bordeaux, un investissement supérieur à 7 milliards d'euros. Ce qui, au mieux, mettrait Bordeaux à peine à plus de deux heures de la gare Montparnasse, pour le printemps 2017.

Conditions landaises

Après moult reports, l'hypothèse d'une signature à la fin du mois de février est aujourd'hui avancée. Elle donnerait un feu vert aux travaux. Mais il faut que les 57 collectivités du Grand Sud-Ouest sollicitées aient délibéré.

Il semble clair que les négociations continuent bel et bien avec certains gros contributeurs. Les Pyrénées-Atlantiques, la Région Poitou-Charentes et le Conseil général des Landes réservent en effet encore leur signature. Et celle-ci est essentielle à la signature du contrat de concession. « Nous ne sommes pas au bout de la négociation sur la Pau-Oloron et la gratuité de l'échangeur de Saint-Jean-de-Luz-Sud », indique Max Brisson, vice-président du Conseil général à Pau. Henri Emmanuelli, lui, veut obtenir, pour le lancement de travaux vers l'Espagne, un accord similaire a celui négocié par Martin Malvy pour le prolongement de la LGV Bordeaux-Toulouse.

La convention financière du Tours-Bordeaux est aussi soumise à l'assemblée plénière de la Région Midi-Pyrénées, le 28 février. « L'intérêt général va bien finir par s'imposer », estime Bernard Uthurry, vice-président de la Région Aquitaine. Nombreux sont ceux qui l'espèrent depuis des mois. Dernière ligne droite ?

Dès ce matin, Vincent Feltesse, président de la CUB et Michel Héritié, le maire d'Ambès feront le tour des chantiers et présenteront les avancées obtenues dans cette négociation, et notamment la convention spéciale qui liera Ambarès et RFF.

 

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