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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 21:45

Conformément à nos habitudes nos publions les communiqués qui nous parviennent des divers courants. Ici un communiqué d'EE Midi-Pyrénées dont nous partageons la philosophie même s'il faudrait quelques remarques techniques de commentaires. JPD

 

 

Assemblée Plénière du 28 Février 2011 Convention de financement de la LGV

Pour rapprocher Paris de Toulouse, oui au TGV en réaménageant les lignes existantes!

Lundi 28 Février, en Assemblée Plénière les Conseillers régionaux devront voter la convention de financement de la LGV Tours-Bordeaux, première étape annoncée pour la concrétisation de la LGV Bordeaux-Toulouse, Toulouse-Barcelone.

Conformément à nos positions, nous voterons contre cette convention de financement car la seule solution pour que le TGV arrive plus rapidement à Toulouse est le réaménagement des lignes existantes.

Ecologiquement irresponsable, trop couteuse, mal financée l'option LGV est irréaliste.

Le choix d'un gouffre financier au dépens des compétences propres aux régions

A l'heure où l'Etat met à mal les ressources des collectivités par la réforme fiscale, les régions ne peuvent se permettre de prendre en charge des infrastructures nationales. A ce jour le projet de LGV Bordeaux-Toulouse est estimé au minimum à 5.2 Milliards d'euros alors que l'aménagement défendu par Europe Écologie représente au plus un milliard avec un différentiel temps sur le trajet Pairs- Toulouse de trente minutes. Il est inacceptable pour un gain de temps aussi infime de dépouiller notre collectivité au dépens de ses propres compétences (aménagement du territoire, transports régionaux...). D'autant plus lorsqu'il s'agit de financer un projet qui ne verra jamais le jour au vu de son coût pharaonique et de la réticence de collectivités de plus en plus nombreuses.

La supercherie du partenariat public privé (PPP)

Avec une participation de Vinci de seulement 29% au lieu de 50%, le PPP est une supercherie . Il s'agit là d'une privatisation rampante. La Région devra financer les travaux de la LGV puis aura l'obligation de verser un droit de passage à RFF pour faire circuler ses TER sur cette ligne! La collectivité devrait donc payer à deux reprises alors que Vinci, grâce aux garanties de l'État ne participera au final qu'à hauteur de 5% et touchera des royalties pendant 50 ans.

Un choix écologiquement irresponsable

Au delà des raisons financières, nous ne pouvons approuver la LGV au regard des dégâts écologiques que celle-ci génère.

Sur le plan de la biodiversité, les tracés choisis par RFF sont destructeurs d'espaces naturels remarquables et sensibles. Par ailleurs, les mesures compensatoires proposées ne sauraient dédommager les dégâts causés à la nature. Bien au contraire, cette démarche initie une nouvelle marchandisation, celle de la biodiversité.

Sur le plan énergétique, là encore les nouvelles lignes sont problématiques. Au delà de 250 km/h les consommations d'énergie et les nuisances sonores sont considérables.

François Simon, Vice-président, Guillaume Cros Président de groupe

Pour les élu-e-s Europe Ecologie – Les Verts au Conseil régional Midi-Pyrénées

Contact Presse : Nawel Laglaoui – 06 82 33 79 26

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 13:17

Cantonales 82 : Candidats du Front de Gauche et des Verts

 

Sur ce point il est important de revenir sur deux contextes très différents qui a d’ailleurs des conséquences pour les autres partis aussi et pour la participation électorale. En 2004, l’élection cantonale était couplée avec l’élection régionale. En Midi-Pyrénées, une liste conduite par Jean-Pierre Bataille était venu troubler l’ordre des partis habituels en unissant les Verts et d’autres autour d’une liste dite Alternative en Midi-Pyrénées qui regroupait en divers endroits un certain nombre de communistes, la majorité ayant cependant préféré aller dès le premier tour avec le PS-PRG.

 

Conséquences pratiques en terme de candidatures

Le plus simple est de présenter un tableau

Nom du canton

2004 PCF

2004 Verts

2011 FDG

2011 Verts

Beaumont

 

 

Ch Bosc

A Corbineau

Castelsarrasin

M Bonnet

 

F. Tardin

M. Kone

Caussade

Y Moreau

D. Parcellier

P. Petitel

S. Vives

Grisolles

D Pellicer

 

D Pellicer

P. Sabatier

Lafrançaise

Y Lebret

JJ Mignot

 

Ch Lagasse

Lauzerte

 

D Denis

?

D. Parcellier

Moissac 2

Manchado

 

M Reynes

A Jean

Monclar

M. Tanguy

 

 

Y  Berthome

Montaigu

Daumières

 

D Daumières

F Debarre

Montauban 1

MJ Veyres

 

R Portolès

A M Delsol

Montauban 6

 

Bonnefont

J Meignan

S Lagarde

Montpezat

 

 

 

P Georges

Saint Antonin

M Penard

P Ravailhe

JF Castel

P Leonowicz

Valence

MHatchane

P Arakelian

M. Jusnel

D Denis

 

Nous constatons côté PCF (tous les candidats sauf 2 Parti de Gauche et 1 Gauche unitaire et une citoyenne) que seulement deux cantons se retrouvent avec le même candidat. Celui de Grisolles où le membre du Conseil national du PCF, conseiller municipal de Labastide Saint Pierre va essayer de faire mieux que la dernière fois et Daniel Daumières implanté à Montaigu pour qui la tâche sera plus facile. Pour les autres cantons, uniquement des candidats nouveaux avec une candidature apparaissant à Beaumont alors qu’il n’y a plus personne à Monclar et dans trois autres cantons. Au total, avec les trois partis du Front de Gauche, le territoire est couvert comme en 2004. Ajoutons que malgré l’existence de trois partis au sein du Front de Gauche tout l’éventail de ce courant n’est pas couvert puisqu’il existe quatre candidats DVG :

José Ibarz un habitué de l’élection à Caussade.

Bernard Rey à Lauzerte, candidat déjà la dernière fois où il fut battu au second tour.

Christian Goul à Montaigu.

J M Parienté ancien maire PS de Labastide St Pierre, conseiller sortant.

 

Inversement Europe Ecologie réussit un sans faute avec des candidats partout unissant toute la mouvance écolo, et le retour d’un seul d’entre eux qui passe de Caussade à Lauzerte, Caussade ayant été en 2004 l’objet d’une basse manœuvre anti unitaire.

Observons qu’en 2004 il y avait eu trois candidats Gauche 92 et un candidat Mouvement des Citoyens, deux groupes politiques dont l’un a disparu, Gauche 92, et dont l’autre est absent après un soutien très marqué au PRG en 2007.

24-02-2011 Jean-Paul Damaggio

 

Merci d'avance à toute personne signalant une erreur.

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:54

a

Année du Mexique en France : Les Editions La Brochure ont décidé de la soutenir à leur façon, avec la sortie d’un premier livre et d’autres surprises. Avec Victor Hugo au Mexique nous avons découvert comment Napoléon III se trompa lourdement sur ce pays. Sarkozy en est l’indigne continuateur ! Cet événement a été décidé au cours du voyage de Sarkozy au Mexique à un moment où Florence Cassez était déjà en prison. La décision d’abord d’Alliot-Marie soucieuse d’attirer les regards ailleurs puis celle du président sont d’un ridicule à couper le souffle. Le texte ci-dessous que René Merle a eu l’amabilité de me passer, j’en ai lu des échos dans a presse mexicaine. Il dit des choses simples qui nous font douter de la bonne santé mentale de nos dirigeants politiques. Nous allons revenir sur le sujet avec des documents toujours plus surprenants.  JPD

 

 

Le fiasco diplomatique entre la France et le Mexique provoqué par l'intervention du Président de la République en réaction au refus d'extrader Florence Cassez, fait des vagues dans les milieux intellectuels concernés par les relations franco-mexicaines. Marianne2 publie la lettre ouverte qui circule actuellement dans les facs et les centres de recherche.

 

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

La décision de la justice mexicaine concernant le jugement de Florence Cassez a déclenché depuis quelques jours en France une série de réactions de la part du gouvernement, des partis politiques et des médias qui viennent d’aboutir à un énorme fiasco. Nous avons assisté à une montée en puissance de prises de position, depuis la déclaration de la ministre des Affaires étrangères refusant de participer aux manifestations prévues pour l’Année du Mexique en France et l’appel de Martine Aubry demandant aux collectivités locales socialistes de boycotter ces mêmes manifestations et d’annuler celles qui dépendent d’elles. Le 14 février, en dédiant l’année du Mexique en France à Florence Cassez, Nicolas Sarkozy a pris une lourde responsabilité. On ne peut demander à des artistes, des écrivains et des scientifiques français, aussi bien que mexicains, d’accepter d’être utilisés comme moyen de pression dans des affaires qui relèvent de la justice et de la diplomatie. Ce n’est pas acceptable pour nous français, pas plus que pour nos collègues mexicains. C’est un mélange des genres inadmissible qui a débouché sur la décision, logique, du gouvernement mexicain de se retirer.

 

L'année du Mexique est un événement destiné à mieux faire connaître ce pays. En aucun cas, elle ne peut être instrumentalisée par les gouvernements comme moyen de pression sur une affaire qui relève du pouvoir judiciaire mexicain et de la diplomatie française. Nous réaffirmons notre attachement aux relations scientifiques, culturelles et humaines avec des partenaires qui nous ont toujours accueilli avec respect, attention et amitié et dont beaucoup d'entre eux ont choisi de faire leurs études en France et de travailler ensuite avec nous.

 

Nous demandons au président de la République française de revenir sur sa décision de dédier l’Année du Mexique en France à Florence Cassez et réaffirmons notre amitié au Mexique.

 

Danièle Dehouve, directeur de recherche CNRS, directeur d’études EPHE

Marie-France Fauvet-Berthelot, Musée de l’Homme

Alain Musset, directeur d’études EHESS

Françoise Lestage, Professeur Université Paris-Diderot

Marguerite Bey, IEDES-Université Paris I

Claude Bataillon, CNRS

Jean Rivelois, IRD

Helios Figuerola, EREA

Gregory Pereira, CNRS

Olivia Kindl, El Colegio de San Luis, Mexique

Joëlle Chassin, Professeur Université Paris III

Julie Devineau, sociologue

Anne-Marie Vié-Wohrer, Ecole du Louvre/EPHE

Patrick Menget, directeur d’études EPHE

Anne-Marie Losonczy, directeur d’études EPHE

Marie-France Prévôt Schapira, Professeur Université Paris 8-Creda

Anath Ariel de Vidas, CNRS-EHESS

Gilles Bataillon, directeur d’études EHESS

François Lartigue, CIESAS, Mexique

Danielle Zaslavsky, El Colegio de Mexico, Mexique

Marc Thouvenot, directeur de recherches CNRS

Eliane Daphy, ethnologue, ingénieure CNRS

Valentina Vapnarsky, directrice du Centre EREA-CNRS

Karine Tinat, professeur chercheur, El Colegio de México, Mexique

Michel Tibon-Cornillot, EHESS

Irène Bellier, directrice du Laboratoire Anthropologie des Institutions et des Organisations Sociales-EHESS

Claude Stresser-Péan, ethnologue

Serge Gruzinski, directeur de recherches CNRS, Directeur d’Etudes EHESS

David Robichaux, professeur, Universidad Iberoamericana, Mexique

Brigitte Faugère, professeur, Université Paris I

Philippe Macaire, anthropologue

Martine Dauzier, professeur Université Paris Est Créteil

Hélène Rivière d’Arc, CNRS

Guilhem Olivier, UNAM-IIH, Mexique

John Landaburu, directeur de recherches CNRS

Charlotte Arnauld, directeur de recherches CNRS

Bernard Vincent, directeur d’études EHESS

Sophie Fisher, EHESS

Patrice Melé, professeur Université de Tours

Jean Meyer, CIDE, Mexique

Claudia Cirelli, UMR CITERES-Université de Tours

Chantal Cramaussel, El Colegio de Michoacán, Mexique

Isabelle Rousseau, Professeur, El Colegio de México-CERI Sciences Po Paris

Pascal Mongne, Cours Arts des Amériques, Ecole du Louvre

Nadia Prévost Urkidi, Université du Havre

Nicolas Ellison, EHESS, Toulouse

Eric Taladoire, Professeur, Université Paris I

Kali Argyriadis, IRD-CIESAS Mexique

Maria Eugenia Cossio-Zavala, professeur, Université Paris III

Annick Lempérière, Université Paris I

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 11:29

Nous reprenons ici (le lien s’obtient en cliquant sur le titre) un article utile du site… Gauche Unitaire 82. Ce mouvement a utilisé le Tarn et Garonne pour obtenir la présence de Christian Picquet au Conseil Régional Midi-Pyrénées et il y va voter quoi sur cette question ? Le site Gauche Unitairfe 82 devrait être en première ligne pour donner la réponse ! Le Parti de Gauche est cohérent puisque partout il agit contre les projets de LGV avec une position nationale sur ce sujet concernant Bordeaux-Toulouse. Sauf qu’au Conseil régional nous attendons aussi la position des deux élus de ce parti. Et enfin ce n’est pas la première fois que nous constatons que les anti-LGV privilégient les positions d’EELV à celles du Front de Gauche. JPD

 

LGV : le Front de gauche a voté contre le protocole

Mathieu Accoh / Secrétaire du Parti de gauche Pays Basque

L'article du 28/10/2010 de Cyrielle Balerdi se faisait l'écho de la déclaration des intervenants lors des 3es assises du transport à Ustaritz affirmant que seuls les élus du groupe Europe Ecologie-Les Verts au Conseil régional d'Aquitaine avaient voté contre le protocole de financement du projet de ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux qui est évidemment un préalable au projet de LGV souhaité par...

 

Je cite : «L'occasion pour le Cade de faire entendre sa voix sur la question de la LGV, au lendemain du vote par le Conseil régional d'Aquitaine (hors Europe Ecologie-Les Verts) du nouveau protocole de financement SEA GPSO du projet de ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux (cf. encadré).»

 

Or, le groupe Front de gauche (Parti de gauche, PCF) s'est lui aussi opposé à ce protocole et a voté contre. Cela a été l'occasion de rappeler que malgré une position a priori favorable au développement du transport ferroviaire et du fret ferroviaire, les conditions de mise en oeuvre de ce projet n'étaient pas compatibles avec une politique de rupture vis-à-vis des logiques marchandes du libéralisme national et européen.

 

En particulier, il a été observé par les élus du Front de gauche que le montage financier proposé était de manière évidente dans l'intérêt du groupe Vinci et des actionnaires, et beaucoup moins clairement dans celui des Aquitains. La Cour des comptes a de nombreuses fois pu dénoncer ce type de financement qui entraîne des surcoûts payés par les collectivités et éloigne les citoyens des postes de contrôle. Indépendamment des lignes LGV elles-mêmes, dont l'intérêt reste à démontrer, comme le Cade ou la Cour des comptes l'ont très justement fait remarquer.

 

Les élus du Front de gauche se sont aussi étonnés de «la non-participation dans ce dossier de la région Ile-de-France qui pourtant réunit au moins deux caractéristiques qui justifieraient sa participation : il s'agit d'une part de la région la plus riche de France, et d'autre part de la première bénéficiaire de toutes les opérations LGV car c'est elle la plus connectée.» On peut effectivement s'étonner que les Aquitains, seuls, aient à payer pour une ligne dont les Franciliens, voire l'ensemble de l'Europe, souhaitent tirer profit.

 

Tout cela alors même que le président de RFF annonce la fermeture de 4 500 km de lignes sur le réseau classique, ce qui représente 1 kilomètre sur 6 ! Combien de kilomètres sur ces 4 500 supprimés concerneront l'Aquitaine ?

 

Lors de l'intervention d'orientation budgétaire, il a été précisé par le Front de gauche que «certes, pour faire circuler moins de camions et de voitures, il y a besoin de plus de chemins de fer, mais les annonces faites nationalement vont vers des fermetures et que voyons-nous dans notre région ? L'arrivée de l'A65, la privatisation de la RN10, sa mise à 2x3 voies et l'installation du péage, ce qui tend à prouver que l'on ne veut pas en finir avec les murs de camions puisque l'on construit, on agrandit donc on reste sur les mêmes logiques.»

Ainsi, la SNCF réduit ses dessertes sur les lignes moins bénéficiaires, laissant des territoires entiers hors des progrès du développement technique et fait payer le contribuable une troisième fois lorsqu'il se rend dans une grande métropole.

 

La conclusion du groupe Front de gauche lors de la séance plénière du 25 octobre à laquelle il est fait référence a donc été, en toute logique :

«Monsieur le Président, vous le comprendrez, dans ce contexte qui privatise, appauvrit et condamne le service public, dans cette logique qui nous éloigne de plus en plus des missions historiques du service public du transport, nous voterons contre le protocole de financement.»

C'est cette position que les élus et les militants du Front de gauche défendront au Conseil régional et dans toutes les instances politiques où ils siégeront.

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:17

Pendant un temps la France a eu des colonies et elle est devenue toute entière, la mère pôle. Depuis, les temps ont changé et quelques autorités ont pensé que la France elle-même devait, sur le modèle de Parigi (on dit Paris en Français) se couvrir de mères pôles. Je ne sais si vous avez remarqué combien le suffixe pôle est à la mode. Du Futuropole au Cancéropole, tout devient pôle pour rendre aux poètes la rime facile. Hier le terme en vogue c’était espace. Dans la petite ville de Castelsarrasin, le local du PCF est devenu lui-même Espace Michel Métais. Vingt ans avant, on aurait dit « Maison Michel Métais » car tout était Maison, de celle de la Culture à celle de l’Agriculture. Il est devenu évident qu’espace c’était vider de sens le lieu… car par définition, l’espace est vide. Comme souvent en France, pour rétablir l’équilibre, les autorités tordent fortement le bâton dans l’autre sens, donc on s’accroche au pôle. Europe Ecologie aurait dû se nommer Pôle écologiste et l’avenir lui était assuré. Quant aux pôles de compétitivité qui m’entourent, ils sont le royaume des monopôles.

Oui mais qui a droit au titre de mères pôles ? Parigi bien sûr (on dit Paris en français), Marseille, Lyon, Lille, Strasbourg… ; il arrive un moment où on ne sait plus trop sauf que, par chance, la réforme des collectivités territoriales nous ramène aux efficaces définitions comptables. Dans l’exposé de la loi, tout de suite, le premier motif apparaît : « La création de métropoles consacre la spécificité institutionnelle de nos grandes agglomérations en compétition avec leurs homologues européennes et internationales. » Vous le notez, je ne sais trop que faire de l’accent circonflexe sur le ô de pôle mais c’est une question dérisoire par rapport à la compétition internationale. La barre a été mise à un regroupement de 450 000 habitants. Je suis sauvé,  j’habite à 60 km d’une mère pôle, Toulouse !

Le problème, le grand problème c’est que les Français ne l’entendent pas de cette oreille ! La loi en question commence ainsi : « Rompant avec sa tradition centralisatrice, la France a engagé, voilà près de trente ans, une mutation profonde de son mode d’organisation institutionnelle et administrative… » Pour une loi réformant les collectivités territoriales, qui vise à relancer le centralisme, toujours présent, c’est fort de café ! Multiplier les Parigi c’est multiplier ce que les Français rejettent fortement… Les chiffres pleuvent comme les PLU : 80% des 64 millions des Français vivent en ville en 2008 contre un sur deux en 1936. La tendance est là, alignez-vous ! Les minoritaires, retardataires, au panier ! A partir de combien c’est la ville ? Et quelle ville ? Et quel choix ils ont les Français, quand ils ne peuvent payer qu’un loyer le plus bas possible ? J’habite un département victime d’un exode rural pendant des décennies, perdant entre 1850 et 1990 la moitié de ses habitants, pendant que la France doublait. Depuis, la démographie y est devenue galopante et devrait l’être encore plus pour les 40 ans à venir. Un effet de la mère pôle toulousaine ! Quand ils le peuvent les Français préfèrent la vie au village ou à la campagne, à la vie en mégapole. Et ce n’est pas de l’individualisme de mauvais augure. Pendant qu’on vide les campagnes à droite, elles se remplissent à gauche ! Un Sud-ouest hier en perdition, devient un pôle de développement. C’est à n’y rien comprendre. J’aime l’urbain autant que le rural. Fils de paysan, j’ai transporté ma bouse aux chaussures dans les écoles rurales de mon département et j’en connais les charmes et les travers comme ceux de l’urbain. Tant qu’il y a des charmes et des travers, la vie circule. Quand j’entends qu’il faut une LGV à Toulouse car il y en a une à Marseille je vérifie que Panurge n’est pas loin. To Loose dans la compétition internationale, c’est foutu d’avance ! Car bien sûr la merda pôle me conduit à son bras armé, la ligne à grande vitesse qui crache sur le rural, et l’urbain aussi, au nom des intérêts supérieurs de la compétition internationale. J’ai une affection particulière pour l’Espagne et sa LGV Madrid-Barcelone, deux mères pôles d’avant-garde et j’ai noté, entre autre cadeau, que la baisse de fréquentation des Siemens qui font la liaison est atténuée par l’augmentation de ceux qui font la liaison directe. En foot, les autres villes de ce pays s’arrachent les cheveux : un seul objet le duel permanent Real-Barça. Le spectacle du foot construit les merda pôles européennes uniquement parce que le marché du foot en a besoin. Alors que la beauté du geste, là où il continue encore, c’est dans les clubs de village parfois gérés par des pharmacopoles mais parfois aussi comme une acropole. Nos acropoles, objets possibles de notre admiration, sont une pluie d’étoiles et non Vénus plus que les autres, aussi j’ai été heureux quand j’ai découvert qu’un cratère de Mars portait le nom d’un grand astronome, Monsieur Perrotin, natif d’une minuscule commune proche de la mienne, Saint-Loup (un futur pôle de la férocité ?). Quelles grandissent les métropoles mais qu’on laisse possible la vie à distance de leur polarité !

23-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:15

A évoquer les sortants (je vais évoquer les autres dans un article à suivre) autant dire qu’on va surtout évoquer les rapports intenses entre PS et PRG et les rapports au sein même de ces deux partis puisqu’ils occupent l’essentiel des postes. A la lecture des candidats le plus heureux a été sans doute l’ancien instituteur accroché sur les hauteurs de Montpezat, Raymond Massip (PRG). Autant dire qu’il sera élu au premier tour avec seulement deux candidats contre lui : celui de droite et celui des Verts.

Celui de Valence, Jean-Michel Baylet (PRG), aimerait bénéficier du même honneur, d’autant qu’il a pris comme suppléante la maire de la petite commune où il est simple conseiller municipal mais il a quatre candidats contre lui ! L’essentiel est sauf : il n’y a pas de PS.

Pour le reste les situations sont moins simples. Sylvia Pinel (PRG) sur Castelsarrasin, si elle n’a pas contre elle de candidat PS, devra affronter un membre historique du parti radical, Jean-Philippe Bésiers devenu pour l’occasion SE et qui serait soutenu par le PRG sortant qui est un des deux rares à prendre sa retraite. Pour corser l’affaire, une autre dissidente du PRG, candidate suppléante dans mon canton en 2007, a cette fois… l’étiquette UMP. Au total six candidats. Même nombre de candidats à Montaigu où Jean Lavabre (PRG) a été élu difficilement suite à une partielle mais cette fois s’il a en face un DVG, au moins il n’y a plus de candidat PS. Six candidats encore à Moissac où Guy-Michel Empociello est un de ceux qui peut bénéficier involontairement d’un maintien du FN. Il n’y a pas non plus de candidat PS.

Retour de l’ascenseur pour les deux sortants PS de Montauban qui n’auront pas face à eux de candidat PRG. Roland Garrigues (5 candidats) et Claude Mouchard (7 candidats) devraient sans peine retrouver leur siège.

Parmi les guerres PS-PRG qui sont nouvelles cette année, le cas de Beaumont où le maire PRG Jean-Luc Deprince devrait éliminer le sortant PS Odé Guirbal. Le cas à présent de Saint-Antonin Noble Val où Jean-Paul Raynal désigné par erreur comme PG sur La Dépêche est en fait un PRG qui va affronter un conseiller régional PS, Denis Ferté.

Le canton le plus spectaculaire est celui de Grisolles, celui justement où le FN va faire un grand score ! Huit candidats avec le sortant qui était PS Jean-Marc Parienté, devenu ami du PRG mais qui a contre lui un candidat PS de poids, le maire de Grisolles Patrick Marty, et une candidate PRG de poids, la présidente de l’Intercommunalité, maire en même temps de Campsas, Marie-Paule Nègre, la deuxième à pouvoir espérer la présence d’une femme en cette assemblée exclusivement masculine.

L’autre sortant qui peut se faire du souci est le seul UMP du Conseil général, Francis Bonhomme qui est cette fois devenu maire de Caussade, donc un appui de plus par rapport à sa victoire de 2004 mais la présence là aussi de huit candidats devrait disperser les voix au premier tour et pour le second tout déprendra des reports de voix à gauche puisqu’il y aura une lutte entre un PS inconnu Jérôme Fabre, un PRG Jacques Tabarly, et un DVG, José Ibarz.

Là où le PRG veut surprendre c’est à Lafrançaise où le maire, Patrick Soulhac n’en finit pas d’évoluer puisqu’il a cette fois l’étiquette PRG contre le sortant Jacques Roset SE, qui lui a pourtant permis de devenir maire… et président de l’intercommunalité. Pour Soulhac c’est peut-être la candidature de trop ! D’autant qu’on peut faire confiance à la candidate PS pour conduire une action vigoureuse dans ce canton autrefois PS.

Quant au SE de Monclar, Jean-Paul Albert il va pouvoir être élu cette fois au premier tour au vu du faible nombre de candidats (4).

Bilan sur 14 sortants

Deux ne se représentent pas : Castelsarrasin 1 et Lauzerte (un PRG et un SE)

Huit sont sûrs d’être réélus dans le contexte de division de la droite.

Il reste quatre cantons incertains : Caussade, Grisolles, Beaumont, Lafrançaise.

 

En conséquence Jean-Michel Baylet peut travailler à son rêve : réunir un grand centre national. Les cantonales sont une des marches : le MODEM en Midi-Pyrénées va appeler à voter pour les candidats PRG ou EELV. Le PRG va tenter de regagner les Hautes Pyrénées que le PS a récupéré en 2008 au bénéfice de l’âge quand le PS lui peut rêver de gagner l’Aveyron après sa victoire à Rodez en 2008.

23-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:12

En Tarn-et-Garonne, comme dans l’essentiel du pays, l’activité du FN est exclusivement électorale ce qui n’est pas dans les fonctions habituelles de l’extrême-droite. Parmi les élections, les cantonales ne sont pas les dernière qu’ils investissent. Sur 14 cantons, ils seront cette fois absents dans deux, Montpezat et Saint-Antonin mais pour le reste ils couvrent le territoire. On constate à lire les noms que nous sommes passés de la génération Le Pen Père, à celle de Le Pen Fille. Il reste bien sûr de candidats fidèles mais ils sont rares. Nous attirons l’attention des lecteurs locaux sur le cas de Grisolles où revient René Magnani. Par avance nous indiquons que ce candidat sera au second tour (il l’était déjà en 1992 !). Parmi les autres habitués nous retrouvons l’inévitable Francis Azem. Nous avons publié à La Brochure un livre sur Slimane Azem, son oncle qui n’était pas de la même mouvance. Lui aussi, candidat sur Montauban 6 a de grandes chances de figurer au second tour comme l’autre candidat montalbanais, tout neuf, Thierry Viallon. A Moissac le fidèle des fidèles, Claude Michel a accepté d’être seulement suppléant de Marie-Claude Dulac qui était apparu en 2004 sur le canton de Montpezat. Par rapport à 2004, vu la présence de suppléant-e-s il faut le double de personnes d’où l’absence sur Montpezat. Rappelons qu’en 2004 ce fut le score le plus fort du FN et Tarn-et-Garonne : 16%. Les trois derniers cantons où le FN a passé la barre des 10% à l’élection précédente sont ceux, de Valence d’Agen avec un candidat aussi nouveau que sa suppléante : Christophe Paris et Anne-Marie Delzars, de Caussade avec Philippe Digne (sa suppléante avait été candidate à Lafrançaise en 2004) et celui de Castelsarrasin 1 avec Sébastien Rodriguez aussi nouveau que sa suppléante.

Sept cantons sur 14 avec de très bons scores !

Que dire des cinq qui restent ? Sur Beaumont de Lomagne Serge Caro est nouveau (pas suppléante Yvonne Klang présente à Castel en 2004), tout comme sur Lafrançaise avec Claude Bua et Marielle Perry, un canton où le candidat n’a jamais été le même. Sans doute le mari de Nicole Lamarque est le candidat à Lauzerte : Yvon Lamarque (nouveau). Le petit canton de Monclar n’est pas oubliée avec André Paya ni celui de Montaigu avec Jacques Vallée (déjà présent en 2004).

 

Le renouvellement des candidatures n’est pas nouveau pour ce parti mais atteint une ampleur sans précédent. Nous retrouverons ce phénomène pour d’autres petites formations mais au FN le nom du candidat est tout à fait secondaire car le vote est seulement politique. Pas de clientélisme, pas de copinage, pas l’effet d’une action particulière, juste un vote pour des idées. On comprend l’effort de Claude Michel (ancien conseiller régional) car sans lui il n’y aurait eu aucune femme parmi les titulaires.

 

En plus de l’indicateur, nombre de voix (l’abstention va être forte), l’autre indicateur qu’il faudra étudier est le nombre de candidats au second tour. En 2004, en Midi-Pyrénées, ils avaient été 3 ( 1 en TetG, 1 en Ariège et 1 dans le Tarn). Rien à voir avec la région PACA (65 dont 23 dans les Bouches du Rhône, 18 dans les Alpes Maritimes et 17 dans le Var) donc l’indice sera encore plus marquant.

 

Quelques élus de ce qu’il est convenu d’appeler « la majorité départementale » se disent que le maintien du candidat FN au second tour devrait faciliter leur réélection car s’il y a du neuf pour les petits partis, signalons par avance que tous les sortants sauf deux sont à nouveau sur les rails malgré le grand âge de certains. Mais tenir trois ans de plus…

23-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 00:22

lacourt.JPG

La toute jeune et fragile association du village « Non à la LGV » a tenté le pari de ce débat sur le fond de la question : la LGV est-elle utile, et les absents doivent savoir qu’ils ont eu tort de manquer ce rendez-vous ? Il y avait 350 personnes dans ce petit village !

Comme beaucoup, Pierre Ortavent en apprenant ce projet, a d’abord pensé qu’il n’en voulait pas, puis rapidement, de fil en aiguille, il a compris que ce projet, il ne le fallait ni ici ni ailleurs. Membre de l’association « Non aux tracés » il a demandé à plusieurs reprises l’organisation d’un débat de fond, mais sans succès. On lui a répondu : « organise-le ». Il a dit : « Chiche ! » puis la mairie, amie de son association, a ajouté : « Comme tu n’es pas une association, ce sera 200 euros la location de la salle. » Alors il a travaillé à la créer cette association, il a pris les contacts pour organiser la rencontre et le bilan est simple : les absents ont eu tort d’être absents ! Son exemple va faire des petits et les élus vont découvrir qu’ils sont loin des citoyens, voire même très loin. Le conseiller général PS avait annoncé sa présence, il aurait pu écouter une argumentation qu’il ne connaît pas, il était ailleurs ! Il aurait pu défendre la sienne, la démocratie aurait fonctionné car la parole a été largement donnée à la salle, mais il n’en a rien fait. Un maire qui a la franchise pour lui a préféré annoncer la couleur : « je n’ai rien à dire ».

Je ne vais pas revenir sur les arguments de fond, ils ont été maintes fois évoqués sur cette liste (merci à Charles et aux amis du Lot et Garonne qui ont fait le voyage avec leur argumentaire) (merci à Patrick qui a représenté le collectif Val de Garonne Lomagne venu fortement en soutien), mais donner un aperçu de la discussion qui a tourné autour du problème : « que faire ? »

Première réponse : Pierre Ortavent a montré comment dans ce secteur où toute la discussion tourne depuis un an autour du tracé, jusqu’à pourrir la vie des citoyens, on pouvait réunir du monde juste en proposant un débat sur le fond. Car se braquer sur le tracé, ça divise aussitôt puisqu’il y a ceux qui n’y sont pas, et ceux qui y sont ! Dire oui aux lignes existantes réaménagées c’est pour le bien commun car, y compris les riverains actuels, peuvent trouver des solutions. Nous serions capables de construire une LGV et pas capable d’aménager les lignes existantes ? Car, comme dans les autres débats, il n’a jamais été question de dire NON à la LGV, mais OUI aux lignes existantes réaménagées !

Deuxième réponse : Le Conseil régional se réunit lundi à partir de 10 heures à Toulouse, pour ceux qui peuvent faire le voyage voilà un rendez-vous précis. Ce jour-là, la majorité du Conseil régional va mettre le doigt dans l’engrenage en votant un partenariat public privé (PPP) afin de financer le tronçon Bordeaux-Tours.

Troisième réponse : il y a des élections cantonales dans certains secteurs, la question doit être posée puisque le Conseil général du Tarn-et-Garonne va être amené à voter en avril, ce que le Conseil régional vote à présent. Et les idées ne manquent pas si les forces sont là.

Ce qui m’a étonné, c’est que personne ne nous dise : « si les finances doivent décider, nous n’y pouvons pas grand-chose ? » Réfléchir au transport ferroviaire c’est toujours un apprentissage pour l’avenir.

Toutes les forces politiques avaient été invitées : le NPA et le Parti de Gauche ont répondu présent pour aller dans le sens du refus de la LGV. Ce n’est pas surprenant puisque ces deux forces ont organisé ensemble un tel débat à Grisolles. Comment expliquer qu’aucun des autres partis politiques n’aient jamais eu cette simple démarche ? J’attends avec impatience un tel débat proposé par le PCF, le PS, le PRG. La responsable d’ATTAC était là : parce qu’elle a quitté la question stricte du sujet, elle a créé un peu d’impatience.

Convenons-en, la question n’a jamais fait l’objet d’un débat politique national parce qu’aucune force politique n’a souhaité poser de questions sur le sujet avec comme corolaire le risque du localisme alors qu' il s’agit d’avoir une vision d’ensemble. Il s’agit de plusieurs dizaines de milliards au total mais rien à voir, circulez… à grande vitesse.

22-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:57

Je suis bien sûr très sensible aux événements du monde arabe. Je n’ai pas traduit l’article ci-dessous de La Jornada pour détourner les regards mais pour continuer mon travail à la gloire de l’année du Mexique en France. Il y a trois jours, 79 personnes ont été tuées par le crime organisé dans trois villes. JPD

 

 

20 février 2011

Récemment ils ont tué un frère du fondateur du PRD, et un neveu a été séquestré dans le Nouveau Léon.

« Les narcos ont supplanté l'Etat, et je n’attends rien de la justice », dit Lucas de la Garza

La plupart des municipalités rurales du pays sont contrôlées par le crime. La police a été dépassée.

 

Monterrey, NL.

Lucas de la Garza a perdu un frère, un neveu a été enlevé et son ranch a été envahi. Il n’attend rien de la justice parce que, dit-il, « la plupart des municipalités rurales au Mexique sont contrôlés par le crime organisé. »

Il ne veut pas davantage de réparation des dégâts, parce qu’il sait que dans ce pays, « les narcos ont supplanté l'État», et il refuse aussi une protection car nous savons très bien que "tous les flics" sont véreux.

« Que faire? » Demande celui qui est l'un des fondateurs du Parti Démocratique Révolutionnaire (PRD) et idéologue de la gauche mexicaine. « Il n'ya pas de solution. Le gouvernement a échoué », a-t-il répondu « et militaires et forces de police n'ont pas réussi à développer un travail d'intelligence qui leur permette de résoudre le problème. Les narcos savent où sont tous les policiers et militaires, mais ces derniers ne savent pas où sont les criminels. Ils se rattrapent en capturant des seconds rôles. »

Lucas est assis dans son salon de sa maison. Il reste silencieux quelques minutes tout en regardant à l'infini. C'est une belle journée. Par la fenêtre, se détache sa roseraie. La passion pour la politique ne se compare pas à son amour de la culture des roses, dont il vous régalera avec finesse. Il vient juste d’offrir à sa femme un bouquet de boutons de fleurs "la paix rose" qu'il a coupé avec la rosée du matin.

Son visage reflète les tristes conséquences causées par l'assassinat de son frère Arthur, le 28 janvier. La veille, l’homme politique et homme d'affaires a été pris lors d'une réunion avec les agriculteurs. Il a été otage pendant des heures, puis ils ont jeté son corps dans un fossé sur la route de Reynosa, au kilomètre 98, à seulement 700 mètres de l'intersection avec la municipalité de Los Herrera, route utilisée pour aller à son ranch. Le corps avait un message : « Ce qui va arriver à tous ceux qui soutiennent Los Zetas. Cordialement CDEG ( Cartel del Golfo) ».

Fils de l'ancien gouverneur Arthur Boniface de la Garza

Il s'agit d'une mort inexpliquée, «  Je ne comprends toujours pas. Il n'avait de querelles avec personne, sur des problèmes fonciers ou autres, terres qu’il avait déjà laissées à ses enfants. » Le gouverneur Rodrigo Medina, qui nous a invités à le rencontrer, ne s’explique pas davantage cet assassinat. Ils ont laissé un narco message étrange. « Si mon frère avait été maire ou chef de la police, mais il n’était même pas agriculteur. Le président du syndicat, c’est son fils. »

Lucas et ses quatre frères sont les fils de l'ancien gouverneur Arthur Boniface de la Garza y Garza, un proche du général Lazaro Cardenas del Rio. Lucas a été secrétaire du gouvernement Jorge Treviño, en 1985, puis s'était éloigné du PRI pour fonder le PRD, le parti pour lequel il a été candidat au poste de gouverneur, son frère Arthur est resté au PRI, et a été deux fois député fédéral de ce parti et député local.

La proximité inhabituelle de la mort s’est installée autour de la vie d'Arthur. Il a écrit l'histoire de l’union syndicale des éleveurs des animaux et au moment de notre rencontre il écrivait un texte sur l'histoire des agriculteurs dans l'état. Nuevo León n’avait pas de propriété privée : jusqu'au XIXe siècle, 90% des terres étaient communales. Et les histoires qu'il racontait à Lucas sont intéressantes : «Il n'avait pas d'ennemis. Il aimait boire du café avec ses amis de la vieille garde politique, qui étaient célèbres dans les années 80. J'ai cherché partout qui avait pu être offensé par lui. Si ça a été, comme nous le pensons, un crime ordonné par quelqu'un, ça devrait être pour un fait grave ? Mais rien. Il n'avait de querelles avec personne. »

Arthur a été enlevé à 19 heures 30 et à 3 heures du matin il a été tué : « Il a été attaché. Il n’y avait pas de signes de torture ou de cordes ou de bandes, rien. Deux balles dans la tête, rien de plus. »

Les hypothèses vont et viennent. Certains ont dit qu’à assassiner son frère, les narcos ont voulu impliquer les autorités, mais Lucas a déclaré que ces autorités sont dépassées : «Il n’y a ni éléments sur les enquêtes ni sur la récupération des corps. Lorsque vous tuez 18 personnes par jour, qui les prend en charge ? Où les prendre ? Où vont-ils mettre autant de morts ? L'État est dépassé. Ces barbares des cartels sont les mêmes à La Laguna, Michoacán, Chihuahua, Durango ... ils sont partout. »

Régions rurales du Mexique

À 76 ans, Lucas de la Garza est un ami des amis de son frère, certains d'entre eux conservés depuis l'enfance et la jeunesse. Il est toujours entouré de gens qui l’apprécient et aiment ses conseils. Ils sont célèbres pour leurs dîners avec les intellectuels. Il est généreux, loyal et un lecteur vorace à la recherche de nouveaux livres. Sa plus grande faiblesse est d'aimer ses petits-enfants.

Il est très déçu par la direction prise par le PRD et il se lamente sur ses tentations suicidaires : où en sommes-nous arrivés ? dit-il sans ambages. Il maintient une étroite amitié avec Cuauhtémoc Cárdenas qui reste la référence importance pour la modeste gauche du Nuevo León.

L'assassinat d’Arturo n'est pas un incident que l’on peut isoler de la violence des narcotrafiquants secouant le pays: «Ce qui est arrivé à mon frère est très triste, mais la famille avait déjà subi quelque chose de plus grave. Un neveu avait été enlevé 11 jours.»

Ils le capturèrent pour lui voler la camionnette. Elle leur a été donnée sans résistance. Les criminels ont été heureux, mais l'un d'eux a réussi à dire: « Ne pleurnichez pas, vous avez une assurance ». Un autre se retourna et demanda: «Où alliez-vous ? » Il a répondu qu’il allait au ranch de son père situé dans une zone aux ordres du cartel du Golfe, en Nuevo León. À ce moment-là, les ravisseurs ont appelé par téléphone leur «commandant» qui ordonna : « Amenez-le ». Ce sont les Zetas qui l’ont enlevé. Pourquoi l’ont-ils enlevé? Ils pensaient qu’il était du cartel opposé. Ils ne demandèrent aucune rançon, ce fut une angoisse terrible. Nous avons parlé avec beaucoup de monde pour savoir s’ils savaient quelque chose, si on pouvait avoir un contact avec ces personnes pour connaître le montant de la rançon et où ils étaient. L’armée de terre l’a finalement libéré grâce à ses groupes de sauvetage. Par hasard. Il a été libéré avec d'autres éleveurs. »

Les Zetas avaient 43 camions, dont 18 abandonnés parce qu'ils ne pouvaient gravir la montagne. Les otages qui étaient attachés à ces camions furent abandonnés : «Deux camions de l'armée arrivèrent, aussitôt ils s’enfuirent. Les ravisseurs avaient été prévenus juste avant l’arrivée de l’armée et ils se mirent à courir. »

La mère de Lucas est née à Los Herrera et le père à Général Bravo. Il se souvient encore de la façon dont cette région près de la petite frontière appelée Tamaulipas était pleine de gens qui vivaient dans leurs huttes, en semant et en élevant des bovins. Il se rappelle également le monde sur les trottoirs le week-end à quête de bals à Ciudad Mier, sur la route de la frontière avec le Texas.

Ne pas céder signifie la liquidation physique

Maintenant, la zone est déserte. L'exode des personnes n'a pas cessé, les tueries sont quotidiennes, les enlèvements et l'extorsion sont chose courante, « la domination des narcos dans les régions rurales du Mexique est absolu. Qui est maître de tout ? Le cartel qui domine dans chaque région. La façon dont ils exercent le pouvoir direct, c’est en obligeant les autorités de chaque municipalité à se replier. Ne pas céder à ce qu'ils veulent ça signifie votre liquidation physique. Et personne ne peut protéger les gens. Je ne raconte pas une supposition mais une réalité sur le terrain. Dans la majeure partie de Tamaulipas et Nuevo León presque toute la puissance des narcos est plus grande que celle de l'État. C'est extrêmement grave, c’est la disparition de l'Etat en tant que tel. Dans cette usurpation d'identité, la puissance des narcos est absolue. Ils font payer des impôts y compris aux vendeurs ambulants. Dans les villes de moins de 5 000 habitants, ils font payer des impôts à tout le monde : les bars, les commerces, les entreprises. Et personne ne s'y oppose parce que les gens savent que de jouer avec eux, c’est mortel. »

Lucas a un ranch à Altamira, Tamaulipas, une autre zone contrôlée par le cartel du Golfe. Il y a deux mois, un groupe de 20 hommes est entré dans sa propriété et est resté deux semaines : «Mon ranch a été occupé à plusieurs reprises. Ils brisent les serrures et ils reviennent sans voler quoi que ce soit, sans toucher au gestionnaire. »

Il y a un mois ce fut un convoi de deux douzaines de camionnettes qui entra dans un restaurant local. L'un d'eux a demandé, « avez-vous du chocolat ? Faites-moi 20 litres ». La propriétaire a dit qu'il n'avait pas beaucoup de lait, mais qu’elle pourrait aller en chercher, « Combien de personnes avez-vous pour avoir besoin de 20 litres de chocolat ? » Ils sont une armée.

Catastrophe à la campagne

La zone de Tampico, Altamira et Soto la Marina est pire encore. Los Zetas dominent Veracruz, Huasteca, Valles, Ebano, tandis que dans le sud de Tamaulipas c’est le Cartel del Golfo: «Ici, pendant que les gens du cartel du Golfe sont là, tout est calme. Ils ne se mêlent pas avec la population civile, ils ne relèvent pas de taxes, et ne pratiquent pas l'extorsion de fonds. Les Zetas oui. Ils viennent prendre tout en main. Au moment où l'armée arrive, il n'y a personne. Qui les avertit ? L'Armée de terre s’en va et alors ils reviennent et marchent dans les rues comme si de rien n’était ! »

« Si quelque chose a été démontrée par l’échec de cette guerre, dit Lucas, c’est l'inefficacité de l'armée : la seule chose qu’a démontré l'armée c’est son incompétence, en dépit de toutes les ressources reçues. La militarisation serait dangereuse si nous disions que les soldats font ce que le pouvoir civil ne peut plus faire. Ce n'est pas le cas au Mexique. Je ne vois pas ce danger. L'inefficacité de la police et des forces de l'armée est absolument évidente. On a augmenté les dépenses mais existe-t-il une relation entre les dépenses excessives et les résultats ? Aucun. Aucun résultat. Les cartels sont encore intacts et les organismes qui, avec l'augmentation du budget aurait dû améliorer leur efficacité, ne l'ont pas fait. »

La nouvelle réalité rurale du Mexique est à l'origine d'une catastrophe, dit Lucas, « Ici la vie est interrompue. Les progrès économiques de l'organisation du pays sont cassés et très sévèrement touchés. Il ya une paralysie totale à la campagne. Ils peuvent dire que Nuevo Leon n'est pas une zone d'agriculture, or une grande partie de l’Etat a vécu de ça et de l’élevage. Ils provoquent des dégâts dans d’autres secteurs car les produits doivent être transportés or maintenant le transport est arrêté. Il faut payez un impôt pour le transport. Il n'y a pas de transport en commun gratuit. Il y a un réel pouvoir des narcos.»

La Barbarie

Un des problèmes est précisément la liberté de mouvement. Les prises d’otages du cartel du Golfe et des Zetas sur les routes secondaires, sur les autoroutes ou sur les trottoirs sont monnaie courante. Après la mort d’Arthur, ils arrêtèrent un autre frère de Lucas sur la route de Reynosa. «Ils le gardèrent quelques heures. Ils le libérèrent. Il leur a dit qu'il allait au ranch. Ils demandèrent l’ouverture du coffre de la voiture. Il y avait les aliments apportés et les sodas. Ils discutèrent entre eux puis ils conclurent : « Va-t-en tu n’es pas celui que nous recherchons. » »

L'Etat ne peut plus assurer la sécurité sur la route de Reynosa qui est de 200 km : « Dès que les forces de sécurité s’en vont, après un certain temps les camionnettes du cartel arrivent, comme cela s'est produit à China après l’assassinat de mon frère. »

Les prises d’otages du crime organisé sont bien structurées et elles ont frappé plusieurs cousins de Lucas : « il ya quelques jours ils ont arrêté un cousin venant à Soto la Marina. Il m’a dit: "Il y avait vingt camionnettes. Je pensais que c'était un accident mais rien à voir, c’était une prise d’otages du cartel du Golfe. » De plus, ce qui préoccupe les citoyens, c’est le niveau de la barbarie de la narco-violence : «La sauvagerie est sans explication et sans équivalent. Je ne pense pas que la lutte des cartels dans d'autres parties du monde ait nos caractéristiques. Soudain, un ennemi d'un autre groupe vient d'un quartier pauvre d’Apodaca, San Nicolas et de Guadalupe, où cinq jeunes sicaires vendent des agrafes – qu’est-ce qu’ils peuvent vendre dans de tels quartiers si marginalisés ? - et alors ils arrivent avec une rafale de mitraillette et tuent cinq, six garçons.

« Dans le narcofosa de Villa Juarez 80% des 54 morts avaient été battus à mort. Tuant plus de 40 personnes à mort, torturé, mutilé, pour vendre de la drogue dans les quartiers. Quel bon sens? Est-ce que ça peut se produire ailleurs? Non, répondit-il. »

Apparemment, l'escalade de la terreur, non seulement tue, mais découpe les cadavres, les dissout dans l'acide ou les mutile pour augmenter la terreur. Ils disent que c’est pour faire comprendre ce qui peut t’arriver à vendre des petites grappes de cocaïne. Je ne comprends pas. Ils sont à un bal et tuent 16 personnes en lançant une grenade dans un lieu public plein de pauvres innocents ... Cela n'a aucun sens. »

En Nuevo León, dit Lucas, l'État est absolument dépassé : «Alors, tout investissement public dans la sécurité a été inutile ? » L'échec n'est pas seulement celui de Rodrigo Medina, mais celui du président Felipe Calderon. Alors que Medina a 30% dans les sondages, Calderon est à 60%. Comment expliquer ce paradoxe ?

Citant José Saramago, Lucas nous dit au revoir :

«La victoire et la défaite ont un avantage en commun, elles ne sont jamais définitives. J'espère que l’échec de l’Etat est temporaire. »

- Est-ce qu’il passera à l'histoire, Felipe Calderon ?

- Non, cela n'arrivera pas, il ne passera pas à l’histoire.

Sanjuana Martinez

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:14

 En 1936 Louis Delmas est un jeune instituteur socialiste à Moissac. Il deviendra député, maire de Montauban et président du Conseil général du Tarn et Garonne. En 1936 il se veut tellement révolutionnaire qu’il fait publier dans le Midi Socialiste comme dans le Bulletin socialiste cet article en juillet 1936. Une histoire de drapeau au moment du grand virage « Front populaire » du PCF.

 

« Nous en sommes là : L’Humanité apprend la Marseillaise à ses lecteurs, le Parti Communiste ne sort plus le drapeau rouge sans hisser à côté le drapeau tricolore.

Tout ça, c'est des c.... comme dirait en excellent français L.-F. Céline. Qu'on nous foute la paix avec ces vieux emblèmes. Laissons à la bourgeoisie le drapeau des révolutions bourgeoises. Laissons aux nationalistes l'hymne dont les militaires ont fait leur chant de guerre.

Aux accents de la Marseillaise et sous les plis du drapeau tricolore, trop de prolétaires se sont fait tuer pour défendre les coffres-forts des capitalistes.

Notre "Internationale" et notre drapeau rouge s'opposent, irréductiblement aux symboles de la bourgeoisie.

Notre rêve, c'est de voir disparaître les idoles d'un âge révolu et les peuples réconciliés, débarrassés de leurs tyrans adopter tous le drapeau rouge, signe d'une époque nouvelle de paix et de fraternité. »

Louis DELMAS

 

Pour donner une image du débat au sein du Parti Socialiste voici la réponse d'André Hinard, fils d’instituteur, et devenu professeur de philosophie à Castelsarrasin en 1936 (1898-1985), à Louis Delmas publiée dans le Midi socialiste :

 

« Sans être bien âgé, j'ai pourtant, encore enfant, connu l'époque où faire jouer la Marseillaise sous sa fenêtre, le jour de la fête locale, en attendant "le bouquet", arborer le drapeau tricolore le jour du 14 juillet et lire tous les jours (tenez-vous bien) La Dépêche, étaient des faits tellement graves que, dans telle petite commune où mon père était instituteur, ils s’exposaient sinon à la vindicte publique du moins à la défiance et en tout cas toujours à l'excommunication !».

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