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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:12

En Tarn-et-Garonne, comme dans l’essentiel du pays, l’activité du FN est exclusivement électorale ce qui n’est pas dans les fonctions habituelles de l’extrême-droite. Parmi les élections, les cantonales ne sont pas les dernière qu’ils investissent. Sur 14 cantons, ils seront cette fois absents dans deux, Montpezat et Saint-Antonin mais pour le reste ils couvrent le territoire. On constate à lire les noms que nous sommes passés de la génération Le Pen Père, à celle de Le Pen Fille. Il reste bien sûr de candidats fidèles mais ils sont rares. Nous attirons l’attention des lecteurs locaux sur le cas de Grisolles où revient René Magnani. Par avance nous indiquons que ce candidat sera au second tour (il l’était déjà en 1992 !). Parmi les autres habitués nous retrouvons l’inévitable Francis Azem. Nous avons publié à La Brochure un livre sur Slimane Azem, son oncle qui n’était pas de la même mouvance. Lui aussi, candidat sur Montauban 6 a de grandes chances de figurer au second tour comme l’autre candidat montalbanais, tout neuf, Thierry Viallon. A Moissac le fidèle des fidèles, Claude Michel a accepté d’être seulement suppléant de Marie-Claude Dulac qui était apparu en 2004 sur le canton de Montpezat. Par rapport à 2004, vu la présence de suppléant-e-s il faut le double de personnes d’où l’absence sur Montpezat. Rappelons qu’en 2004 ce fut le score le plus fort du FN et Tarn-et-Garonne : 16%. Les trois derniers cantons où le FN a passé la barre des 10% à l’élection précédente sont ceux, de Valence d’Agen avec un candidat aussi nouveau que sa suppléante : Christophe Paris et Anne-Marie Delzars, de Caussade avec Philippe Digne (sa suppléante avait été candidate à Lafrançaise en 2004) et celui de Castelsarrasin 1 avec Sébastien Rodriguez aussi nouveau que sa suppléante.

Sept cantons sur 14 avec de très bons scores !

Que dire des cinq qui restent ? Sur Beaumont de Lomagne Serge Caro est nouveau (pas suppléante Yvonne Klang présente à Castel en 2004), tout comme sur Lafrançaise avec Claude Bua et Marielle Perry, un canton où le candidat n’a jamais été le même. Sans doute le mari de Nicole Lamarque est le candidat à Lauzerte : Yvon Lamarque (nouveau). Le petit canton de Monclar n’est pas oubliée avec André Paya ni celui de Montaigu avec Jacques Vallée (déjà présent en 2004).

 

Le renouvellement des candidatures n’est pas nouveau pour ce parti mais atteint une ampleur sans précédent. Nous retrouverons ce phénomène pour d’autres petites formations mais au FN le nom du candidat est tout à fait secondaire car le vote est seulement politique. Pas de clientélisme, pas de copinage, pas l’effet d’une action particulière, juste un vote pour des idées. On comprend l’effort de Claude Michel (ancien conseiller régional) car sans lui il n’y aurait eu aucune femme parmi les titulaires.

 

En plus de l’indicateur, nombre de voix (l’abstention va être forte), l’autre indicateur qu’il faudra étudier est le nombre de candidats au second tour. En 2004, en Midi-Pyrénées, ils avaient été 3 ( 1 en TetG, 1 en Ariège et 1 dans le Tarn). Rien à voir avec la région PACA (65 dont 23 dans les Bouches du Rhône, 18 dans les Alpes Maritimes et 17 dans le Var) donc l’indice sera encore plus marquant.

 

Quelques élus de ce qu’il est convenu d’appeler « la majorité départementale » se disent que le maintien du candidat FN au second tour devrait faciliter leur réélection car s’il y a du neuf pour les petits partis, signalons par avance que tous les sortants sauf deux sont à nouveau sur les rails malgré le grand âge de certains. Mais tenir trois ans de plus…

23-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 00:22

lacourt.JPG

La toute jeune et fragile association du village « Non à la LGV » a tenté le pari de ce débat sur le fond de la question : la LGV est-elle utile, et les absents doivent savoir qu’ils ont eu tort de manquer ce rendez-vous ? Il y avait 350 personnes dans ce petit village !

Comme beaucoup, Pierre Ortavent en apprenant ce projet, a d’abord pensé qu’il n’en voulait pas, puis rapidement, de fil en aiguille, il a compris que ce projet, il ne le fallait ni ici ni ailleurs. Membre de l’association « Non aux tracés » il a demandé à plusieurs reprises l’organisation d’un débat de fond, mais sans succès. On lui a répondu : « organise-le ». Il a dit : « Chiche ! » puis la mairie, amie de son association, a ajouté : « Comme tu n’es pas une association, ce sera 200 euros la location de la salle. » Alors il a travaillé à la créer cette association, il a pris les contacts pour organiser la rencontre et le bilan est simple : les absents ont eu tort d’être absents ! Son exemple va faire des petits et les élus vont découvrir qu’ils sont loin des citoyens, voire même très loin. Le conseiller général PS avait annoncé sa présence, il aurait pu écouter une argumentation qu’il ne connaît pas, il était ailleurs ! Il aurait pu défendre la sienne, la démocratie aurait fonctionné car la parole a été largement donnée à la salle, mais il n’en a rien fait. Un maire qui a la franchise pour lui a préféré annoncer la couleur : « je n’ai rien à dire ».

Je ne vais pas revenir sur les arguments de fond, ils ont été maintes fois évoqués sur cette liste (merci à Charles et aux amis du Lot et Garonne qui ont fait le voyage avec leur argumentaire) (merci à Patrick qui a représenté le collectif Val de Garonne Lomagne venu fortement en soutien), mais donner un aperçu de la discussion qui a tourné autour du problème : « que faire ? »

Première réponse : Pierre Ortavent a montré comment dans ce secteur où toute la discussion tourne depuis un an autour du tracé, jusqu’à pourrir la vie des citoyens, on pouvait réunir du monde juste en proposant un débat sur le fond. Car se braquer sur le tracé, ça divise aussitôt puisqu’il y a ceux qui n’y sont pas, et ceux qui y sont ! Dire oui aux lignes existantes réaménagées c’est pour le bien commun car, y compris les riverains actuels, peuvent trouver des solutions. Nous serions capables de construire une LGV et pas capable d’aménager les lignes existantes ? Car, comme dans les autres débats, il n’a jamais été question de dire NON à la LGV, mais OUI aux lignes existantes réaménagées !

Deuxième réponse : Le Conseil régional se réunit lundi à partir de 10 heures à Toulouse, pour ceux qui peuvent faire le voyage voilà un rendez-vous précis. Ce jour-là, la majorité du Conseil régional va mettre le doigt dans l’engrenage en votant un partenariat public privé (PPP) afin de financer le tronçon Bordeaux-Tours.

Troisième réponse : il y a des élections cantonales dans certains secteurs, la question doit être posée puisque le Conseil général du Tarn-et-Garonne va être amené à voter en avril, ce que le Conseil régional vote à présent. Et les idées ne manquent pas si les forces sont là.

Ce qui m’a étonné, c’est que personne ne nous dise : « si les finances doivent décider, nous n’y pouvons pas grand-chose ? » Réfléchir au transport ferroviaire c’est toujours un apprentissage pour l’avenir.

Toutes les forces politiques avaient été invitées : le NPA et le Parti de Gauche ont répondu présent pour aller dans le sens du refus de la LGV. Ce n’est pas surprenant puisque ces deux forces ont organisé ensemble un tel débat à Grisolles. Comment expliquer qu’aucun des autres partis politiques n’aient jamais eu cette simple démarche ? J’attends avec impatience un tel débat proposé par le PCF, le PS, le PRG. La responsable d’ATTAC était là : parce qu’elle a quitté la question stricte du sujet, elle a créé un peu d’impatience.

Convenons-en, la question n’a jamais fait l’objet d’un débat politique national parce qu’aucune force politique n’a souhaité poser de questions sur le sujet avec comme corolaire le risque du localisme alors qu' il s’agit d’avoir une vision d’ensemble. Il s’agit de plusieurs dizaines de milliards au total mais rien à voir, circulez… à grande vitesse.

22-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:57

Je suis bien sûr très sensible aux événements du monde arabe. Je n’ai pas traduit l’article ci-dessous de La Jornada pour détourner les regards mais pour continuer mon travail à la gloire de l’année du Mexique en France. Il y a trois jours, 79 personnes ont été tuées par le crime organisé dans trois villes. JPD

 

 

20 février 2011

Récemment ils ont tué un frère du fondateur du PRD, et un neveu a été séquestré dans le Nouveau Léon.

« Les narcos ont supplanté l'Etat, et je n’attends rien de la justice », dit Lucas de la Garza

La plupart des municipalités rurales du pays sont contrôlées par le crime. La police a été dépassée.

 

Monterrey, NL.

Lucas de la Garza a perdu un frère, un neveu a été enlevé et son ranch a été envahi. Il n’attend rien de la justice parce que, dit-il, « la plupart des municipalités rurales au Mexique sont contrôlés par le crime organisé. »

Il ne veut pas davantage de réparation des dégâts, parce qu’il sait que dans ce pays, « les narcos ont supplanté l'État», et il refuse aussi une protection car nous savons très bien que "tous les flics" sont véreux.

« Que faire? » Demande celui qui est l'un des fondateurs du Parti Démocratique Révolutionnaire (PRD) et idéologue de la gauche mexicaine. « Il n'ya pas de solution. Le gouvernement a échoué », a-t-il répondu « et militaires et forces de police n'ont pas réussi à développer un travail d'intelligence qui leur permette de résoudre le problème. Les narcos savent où sont tous les policiers et militaires, mais ces derniers ne savent pas où sont les criminels. Ils se rattrapent en capturant des seconds rôles. »

Lucas est assis dans son salon de sa maison. Il reste silencieux quelques minutes tout en regardant à l'infini. C'est une belle journée. Par la fenêtre, se détache sa roseraie. La passion pour la politique ne se compare pas à son amour de la culture des roses, dont il vous régalera avec finesse. Il vient juste d’offrir à sa femme un bouquet de boutons de fleurs "la paix rose" qu'il a coupé avec la rosée du matin.

Son visage reflète les tristes conséquences causées par l'assassinat de son frère Arthur, le 28 janvier. La veille, l’homme politique et homme d'affaires a été pris lors d'une réunion avec les agriculteurs. Il a été otage pendant des heures, puis ils ont jeté son corps dans un fossé sur la route de Reynosa, au kilomètre 98, à seulement 700 mètres de l'intersection avec la municipalité de Los Herrera, route utilisée pour aller à son ranch. Le corps avait un message : « Ce qui va arriver à tous ceux qui soutiennent Los Zetas. Cordialement CDEG ( Cartel del Golfo) ».

Fils de l'ancien gouverneur Arthur Boniface de la Garza

Il s'agit d'une mort inexpliquée, «  Je ne comprends toujours pas. Il n'avait de querelles avec personne, sur des problèmes fonciers ou autres, terres qu’il avait déjà laissées à ses enfants. » Le gouverneur Rodrigo Medina, qui nous a invités à le rencontrer, ne s’explique pas davantage cet assassinat. Ils ont laissé un narco message étrange. « Si mon frère avait été maire ou chef de la police, mais il n’était même pas agriculteur. Le président du syndicat, c’est son fils. »

Lucas et ses quatre frères sont les fils de l'ancien gouverneur Arthur Boniface de la Garza y Garza, un proche du général Lazaro Cardenas del Rio. Lucas a été secrétaire du gouvernement Jorge Treviño, en 1985, puis s'était éloigné du PRI pour fonder le PRD, le parti pour lequel il a été candidat au poste de gouverneur, son frère Arthur est resté au PRI, et a été deux fois député fédéral de ce parti et député local.

La proximité inhabituelle de la mort s’est installée autour de la vie d'Arthur. Il a écrit l'histoire de l’union syndicale des éleveurs des animaux et au moment de notre rencontre il écrivait un texte sur l'histoire des agriculteurs dans l'état. Nuevo León n’avait pas de propriété privée : jusqu'au XIXe siècle, 90% des terres étaient communales. Et les histoires qu'il racontait à Lucas sont intéressantes : «Il n'avait pas d'ennemis. Il aimait boire du café avec ses amis de la vieille garde politique, qui étaient célèbres dans les années 80. J'ai cherché partout qui avait pu être offensé par lui. Si ça a été, comme nous le pensons, un crime ordonné par quelqu'un, ça devrait être pour un fait grave ? Mais rien. Il n'avait de querelles avec personne. »

Arthur a été enlevé à 19 heures 30 et à 3 heures du matin il a été tué : « Il a été attaché. Il n’y avait pas de signes de torture ou de cordes ou de bandes, rien. Deux balles dans la tête, rien de plus. »

Les hypothèses vont et viennent. Certains ont dit qu’à assassiner son frère, les narcos ont voulu impliquer les autorités, mais Lucas a déclaré que ces autorités sont dépassées : «Il n’y a ni éléments sur les enquêtes ni sur la récupération des corps. Lorsque vous tuez 18 personnes par jour, qui les prend en charge ? Où les prendre ? Où vont-ils mettre autant de morts ? L'État est dépassé. Ces barbares des cartels sont les mêmes à La Laguna, Michoacán, Chihuahua, Durango ... ils sont partout. »

Régions rurales du Mexique

À 76 ans, Lucas de la Garza est un ami des amis de son frère, certains d'entre eux conservés depuis l'enfance et la jeunesse. Il est toujours entouré de gens qui l’apprécient et aiment ses conseils. Ils sont célèbres pour leurs dîners avec les intellectuels. Il est généreux, loyal et un lecteur vorace à la recherche de nouveaux livres. Sa plus grande faiblesse est d'aimer ses petits-enfants.

Il est très déçu par la direction prise par le PRD et il se lamente sur ses tentations suicidaires : où en sommes-nous arrivés ? dit-il sans ambages. Il maintient une étroite amitié avec Cuauhtémoc Cárdenas qui reste la référence importance pour la modeste gauche du Nuevo León.

L'assassinat d’Arturo n'est pas un incident que l’on peut isoler de la violence des narcotrafiquants secouant le pays: «Ce qui est arrivé à mon frère est très triste, mais la famille avait déjà subi quelque chose de plus grave. Un neveu avait été enlevé 11 jours.»

Ils le capturèrent pour lui voler la camionnette. Elle leur a été donnée sans résistance. Les criminels ont été heureux, mais l'un d'eux a réussi à dire: « Ne pleurnichez pas, vous avez une assurance ». Un autre se retourna et demanda: «Où alliez-vous ? » Il a répondu qu’il allait au ranch de son père situé dans une zone aux ordres du cartel du Golfe, en Nuevo León. À ce moment-là, les ravisseurs ont appelé par téléphone leur «commandant» qui ordonna : « Amenez-le ». Ce sont les Zetas qui l’ont enlevé. Pourquoi l’ont-ils enlevé? Ils pensaient qu’il était du cartel opposé. Ils ne demandèrent aucune rançon, ce fut une angoisse terrible. Nous avons parlé avec beaucoup de monde pour savoir s’ils savaient quelque chose, si on pouvait avoir un contact avec ces personnes pour connaître le montant de la rançon et où ils étaient. L’armée de terre l’a finalement libéré grâce à ses groupes de sauvetage. Par hasard. Il a été libéré avec d'autres éleveurs. »

Les Zetas avaient 43 camions, dont 18 abandonnés parce qu'ils ne pouvaient gravir la montagne. Les otages qui étaient attachés à ces camions furent abandonnés : «Deux camions de l'armée arrivèrent, aussitôt ils s’enfuirent. Les ravisseurs avaient été prévenus juste avant l’arrivée de l’armée et ils se mirent à courir. »

La mère de Lucas est née à Los Herrera et le père à Général Bravo. Il se souvient encore de la façon dont cette région près de la petite frontière appelée Tamaulipas était pleine de gens qui vivaient dans leurs huttes, en semant et en élevant des bovins. Il se rappelle également le monde sur les trottoirs le week-end à quête de bals à Ciudad Mier, sur la route de la frontière avec le Texas.

Ne pas céder signifie la liquidation physique

Maintenant, la zone est déserte. L'exode des personnes n'a pas cessé, les tueries sont quotidiennes, les enlèvements et l'extorsion sont chose courante, « la domination des narcos dans les régions rurales du Mexique est absolu. Qui est maître de tout ? Le cartel qui domine dans chaque région. La façon dont ils exercent le pouvoir direct, c’est en obligeant les autorités de chaque municipalité à se replier. Ne pas céder à ce qu'ils veulent ça signifie votre liquidation physique. Et personne ne peut protéger les gens. Je ne raconte pas une supposition mais une réalité sur le terrain. Dans la majeure partie de Tamaulipas et Nuevo León presque toute la puissance des narcos est plus grande que celle de l'État. C'est extrêmement grave, c’est la disparition de l'Etat en tant que tel. Dans cette usurpation d'identité, la puissance des narcos est absolue. Ils font payer des impôts y compris aux vendeurs ambulants. Dans les villes de moins de 5 000 habitants, ils font payer des impôts à tout le monde : les bars, les commerces, les entreprises. Et personne ne s'y oppose parce que les gens savent que de jouer avec eux, c’est mortel. »

Lucas a un ranch à Altamira, Tamaulipas, une autre zone contrôlée par le cartel du Golfe. Il y a deux mois, un groupe de 20 hommes est entré dans sa propriété et est resté deux semaines : «Mon ranch a été occupé à plusieurs reprises. Ils brisent les serrures et ils reviennent sans voler quoi que ce soit, sans toucher au gestionnaire. »

Il y a un mois ce fut un convoi de deux douzaines de camionnettes qui entra dans un restaurant local. L'un d'eux a demandé, « avez-vous du chocolat ? Faites-moi 20 litres ». La propriétaire a dit qu'il n'avait pas beaucoup de lait, mais qu’elle pourrait aller en chercher, « Combien de personnes avez-vous pour avoir besoin de 20 litres de chocolat ? » Ils sont une armée.

Catastrophe à la campagne

La zone de Tampico, Altamira et Soto la Marina est pire encore. Los Zetas dominent Veracruz, Huasteca, Valles, Ebano, tandis que dans le sud de Tamaulipas c’est le Cartel del Golfo: «Ici, pendant que les gens du cartel du Golfe sont là, tout est calme. Ils ne se mêlent pas avec la population civile, ils ne relèvent pas de taxes, et ne pratiquent pas l'extorsion de fonds. Les Zetas oui. Ils viennent prendre tout en main. Au moment où l'armée arrive, il n'y a personne. Qui les avertit ? L'Armée de terre s’en va et alors ils reviennent et marchent dans les rues comme si de rien n’était ! »

« Si quelque chose a été démontrée par l’échec de cette guerre, dit Lucas, c’est l'inefficacité de l'armée : la seule chose qu’a démontré l'armée c’est son incompétence, en dépit de toutes les ressources reçues. La militarisation serait dangereuse si nous disions que les soldats font ce que le pouvoir civil ne peut plus faire. Ce n'est pas le cas au Mexique. Je ne vois pas ce danger. L'inefficacité de la police et des forces de l'armée est absolument évidente. On a augmenté les dépenses mais existe-t-il une relation entre les dépenses excessives et les résultats ? Aucun. Aucun résultat. Les cartels sont encore intacts et les organismes qui, avec l'augmentation du budget aurait dû améliorer leur efficacité, ne l'ont pas fait. »

La nouvelle réalité rurale du Mexique est à l'origine d'une catastrophe, dit Lucas, « Ici la vie est interrompue. Les progrès économiques de l'organisation du pays sont cassés et très sévèrement touchés. Il ya une paralysie totale à la campagne. Ils peuvent dire que Nuevo Leon n'est pas une zone d'agriculture, or une grande partie de l’Etat a vécu de ça et de l’élevage. Ils provoquent des dégâts dans d’autres secteurs car les produits doivent être transportés or maintenant le transport est arrêté. Il faut payez un impôt pour le transport. Il n'y a pas de transport en commun gratuit. Il y a un réel pouvoir des narcos.»

La Barbarie

Un des problèmes est précisément la liberté de mouvement. Les prises d’otages du cartel du Golfe et des Zetas sur les routes secondaires, sur les autoroutes ou sur les trottoirs sont monnaie courante. Après la mort d’Arthur, ils arrêtèrent un autre frère de Lucas sur la route de Reynosa. «Ils le gardèrent quelques heures. Ils le libérèrent. Il leur a dit qu'il allait au ranch. Ils demandèrent l’ouverture du coffre de la voiture. Il y avait les aliments apportés et les sodas. Ils discutèrent entre eux puis ils conclurent : « Va-t-en tu n’es pas celui que nous recherchons. » »

L'Etat ne peut plus assurer la sécurité sur la route de Reynosa qui est de 200 km : « Dès que les forces de sécurité s’en vont, après un certain temps les camionnettes du cartel arrivent, comme cela s'est produit à China après l’assassinat de mon frère. »

Les prises d’otages du crime organisé sont bien structurées et elles ont frappé plusieurs cousins de Lucas : « il ya quelques jours ils ont arrêté un cousin venant à Soto la Marina. Il m’a dit: "Il y avait vingt camionnettes. Je pensais que c'était un accident mais rien à voir, c’était une prise d’otages du cartel du Golfe. » De plus, ce qui préoccupe les citoyens, c’est le niveau de la barbarie de la narco-violence : «La sauvagerie est sans explication et sans équivalent. Je ne pense pas que la lutte des cartels dans d'autres parties du monde ait nos caractéristiques. Soudain, un ennemi d'un autre groupe vient d'un quartier pauvre d’Apodaca, San Nicolas et de Guadalupe, où cinq jeunes sicaires vendent des agrafes – qu’est-ce qu’ils peuvent vendre dans de tels quartiers si marginalisés ? - et alors ils arrivent avec une rafale de mitraillette et tuent cinq, six garçons.

« Dans le narcofosa de Villa Juarez 80% des 54 morts avaient été battus à mort. Tuant plus de 40 personnes à mort, torturé, mutilé, pour vendre de la drogue dans les quartiers. Quel bon sens? Est-ce que ça peut se produire ailleurs? Non, répondit-il. »

Apparemment, l'escalade de la terreur, non seulement tue, mais découpe les cadavres, les dissout dans l'acide ou les mutile pour augmenter la terreur. Ils disent que c’est pour faire comprendre ce qui peut t’arriver à vendre des petites grappes de cocaïne. Je ne comprends pas. Ils sont à un bal et tuent 16 personnes en lançant une grenade dans un lieu public plein de pauvres innocents ... Cela n'a aucun sens. »

En Nuevo León, dit Lucas, l'État est absolument dépassé : «Alors, tout investissement public dans la sécurité a été inutile ? » L'échec n'est pas seulement celui de Rodrigo Medina, mais celui du président Felipe Calderon. Alors que Medina a 30% dans les sondages, Calderon est à 60%. Comment expliquer ce paradoxe ?

Citant José Saramago, Lucas nous dit au revoir :

«La victoire et la défaite ont un avantage en commun, elles ne sont jamais définitives. J'espère que l’échec de l’Etat est temporaire. »

- Est-ce qu’il passera à l'histoire, Felipe Calderon ?

- Non, cela n'arrivera pas, il ne passera pas à l’histoire.

Sanjuana Martinez

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:14

 En 1936 Louis Delmas est un jeune instituteur socialiste à Moissac. Il deviendra député, maire de Montauban et président du Conseil général du Tarn et Garonne. En 1936 il se veut tellement révolutionnaire qu’il fait publier dans le Midi Socialiste comme dans le Bulletin socialiste cet article en juillet 1936. Une histoire de drapeau au moment du grand virage « Front populaire » du PCF.

 

« Nous en sommes là : L’Humanité apprend la Marseillaise à ses lecteurs, le Parti Communiste ne sort plus le drapeau rouge sans hisser à côté le drapeau tricolore.

Tout ça, c'est des c.... comme dirait en excellent français L.-F. Céline. Qu'on nous foute la paix avec ces vieux emblèmes. Laissons à la bourgeoisie le drapeau des révolutions bourgeoises. Laissons aux nationalistes l'hymne dont les militaires ont fait leur chant de guerre.

Aux accents de la Marseillaise et sous les plis du drapeau tricolore, trop de prolétaires se sont fait tuer pour défendre les coffres-forts des capitalistes.

Notre "Internationale" et notre drapeau rouge s'opposent, irréductiblement aux symboles de la bourgeoisie.

Notre rêve, c'est de voir disparaître les idoles d'un âge révolu et les peuples réconciliés, débarrassés de leurs tyrans adopter tous le drapeau rouge, signe d'une époque nouvelle de paix et de fraternité. »

Louis DELMAS

 

Pour donner une image du débat au sein du Parti Socialiste voici la réponse d'André Hinard, fils d’instituteur, et devenu professeur de philosophie à Castelsarrasin en 1936 (1898-1985), à Louis Delmas publiée dans le Midi socialiste :

 

« Sans être bien âgé, j'ai pourtant, encore enfant, connu l'époque où faire jouer la Marseillaise sous sa fenêtre, le jour de la fête locale, en attendant "le bouquet", arborer le drapeau tricolore le jour du 14 juillet et lire tous les jours (tenez-vous bien) La Dépêche, étaient des faits tellement graves que, dans telle petite commune où mon père était instituteur, ils s’exposaient sinon à la vindicte publique du moins à la défiance et en tout cas toujours à l'excommunication !».

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 13:01

Le journal Le Républicain avait une rubrique signé Camparol qui état en fait Paul Rolland. J'y reviendrai. JPD

Merci à ceux qui peuvent améliorer la traduction

 

So que se dis

Dimenche pasat, à Niso, se tenio uno acampado coumunisto. Thorez i èro vengud. E, dins aquelo vilo ount, i a qualquos annados, lous quites radicals èroun pas agajats de boun èl, lous ouratours d'esquerro siasquèroun escoutats ambé gauch per mai de 15.000 persounos.

E aqui qu'aquel pople estounat vejet mountar sus l'estrado un jouve curat de 25 ans, l'abat Daumas. Aqueste, sens trastejar, diguèt qu'èro de tout cor ambe lous que mascanhoun.

I a à pariar, apoudet, que pensam pas del mèmes biais sur la religiu, mès aco i fa res. Moun mestre Jesus-Christ, quand proumetio als paures bougres lou Paradis, lour demandabo brico de crebar de fam sus aquesto terro.

E l'abat Daumas fasquèt lou proucès d'aquelis falses crestians que fan lou sinne de la crouts, ban counfesar e coumuniar, mès que pensoun qu'à elis, e se trufoun deis que mancoun de tout. Diguèt que calho se debarrassar d'aquelo soucietat capitalisto pouirido que sousco qu'à sous plazers et que sab recoucar que lous mots de caritat e d'Evangeli, mès que se gardo plan de far quicom mai.

E aprèp aber dich que s'atendio à tout so que i poudrio far soun abesque, mès qu'aco lou fario pas cambiar, dis à Thorez :

"Abetz oufrit la man à toutis lous ornes de bouno voulountat, prenetz la meuno !"

Crezi pas que valgue la peno d'aproundre qu'aquel curat siasquet aplaudit à tout petar ples que l'abiu auzit. Camparol (27 Juin 1936)

 

Traduction :

Dimanche dernier, un rassemblement communiste avait lieu à Nice. Thorez y était venu. Et, dans cette ville où, il y a seulement quelques années, même les radicaux n'étaient pas regardés d'un bon œil, les orateurs de gauche furent écoutés   par plus de 15.000 personnes.

Voilà que ce peuple étonné vit monter sur l'estrade un jeune curé de 25 ans l'abbé Daumas. Celui-ci, sans hésiter, déclara qu'il était de tout cœur avec ceux qui mascagnent. Il y a à parier, ajouta-t-il, qu'en matière de religion nous ne voyons pas les choses de la même manière, mais ça ne fait rien. Mon maître Jésus-Christ, quand il promit aux pauvres le Paradis, il ne leur demanda en aucun cas de crever de faim sur cette terre. Et l'abbé Damnas fit le procès de ces chrétiens qui font le signe de la croix, vont à confesse et communient, mais qui ne pensent qu'à eux et se moquent de ceux qui manquent de tout. Il déclara qu'il fallait se débarrasser de cette société capitaliste pourrie qui ne pensent qu'à ses plaisirs et qui sait répéter les mots de charité et d'Evangile, tout en se gardant bien de faire autre chose.

Et après il dit qu'il s'attendait à tout ce que pouvait lui faire son évêque, il en garderait néanmoins ses idées et déclara à Thorez :

"Vous avez offert la main à tous les hommes de bonne volonté, prenez la mienne !".

Je ne crois pas qu'il vaille la peine d'ajouter que ce curé fut applaudi à tout rompre par ceux qui l'avaient écoutés.

 

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 12:58

  rajaud.jpg

Espagne

Maurice Rajaud avec les Brigades internationales

Le Républicain du 14 novembre 1936

"Maurice Rajaud. ouvrier du bâtiment, vient d'être tué dans les rangs des milices espagnoles. Il était âgé de 25 ans.

Dans un élan généreux, par un acte mûrement réfléchi, il s'engagea comme mitrailleur dès le début septembre, et c'est à ce poste que le 10 du même mois il a trouvé une mort glorieuse sur le front de Huesca en Catalogne.

Son souvenir restera avivé de reconnaissance et d'admiration pour son esprit de sacrifice et de courage, trait essentiel de son caractère.

Il n'est personne à Caylus qui ne se souvienne du geste d'abnégation dont fit preuve Rajaud, lors de l'accident du pont d'Auvergne, quand un camion chargé de gaz butane tomba dans le ravin. Rajaud se précipita et sauva le chauffeur d'une mort certaine, quelques instants avant l'explosion.

Une récompense de la fondation Carnegie sanctionna son dévouement.

Aujourd'hui, à son tour, Rajaud est victime de ce même dévouement à la cause altruiste.

Honneur à sa mémoire.

A sa mère Mme Rajaud et aux siens, le Secours Rouge, dont il était membre, et tous ses nombreux amis adressent avec le témoignage de leur vive sympathie, leurs biens sincères condoléances."

 

Note :

Le Républicain du Tarn et Garonne étaitd à ce moment là un hebdomadaire soutenant la gauche. J’avais par ailleurs interrogé l’épouse d’un militant majeur dans le secteur de Caylus, Laguépie, Saint-Antonin, Fernand Granier qui m’indiqua sur ce sujet : "Quant au camarade de Caylus qui fut tué en Espagne, oui. je le connaissais. C'était un camarade et un voisin - Maurice Rajaud - il était communiste, c'est tout ce que je sais."

Il semblerait donc qu’avant son départ en Espagne il vivait à Laguépie. JPD

 

Complément à l’article : Maurice Rajaud de Caylus

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 21:49

 

                                               Deux articles qui présentent la situation

 

Le Moniteur

Contournement de Nîmes et Montpellier : RFF invite les candidats à préciser leur offre

FV | 15/02/2011

Suite à la signature le 7 février du protocole d'étape validant le cadre du Contournement de Nîmes et Montpellier, RFF lance le dialogue compétitif avec chacun des trois groupements candidats pilotés par Bouygues TP, Eiffage et Vinci Concessions.

 

Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des Transports, a signé lundi 7 février, à Montpellier, le protocole d'étape entre les partenaires financeurs de la future ligne à grande vitesse du contournement entre Nîmes et Montpellier pour le fret et voyageurs.

Le cadre du Contournement de Nîmes et Montpellier étant validé, Réseau Ferré de France (RFF) a convoqué les trois groupements candidats pour la première session du dialogue compétitif et approfondi.

Vers la conclusion du contrat de partenariat

Cet échange avec les candidats durera 7 semaines. Les groupements remettront leur offre finale cet été, et RFF désignera l'attributaire pressenti du contrat à l'automne 2011.

Le contrat porte sur le financement, les études, la construction et la maintenance de la nouvelle ligne à grande vitesse. En contrepartie, le groupement retenu recevra des financements publics et des loyers versés par RFF. L'organisation des circulations restera sous la responsabilité de RFF.

Construction de deux nouvelles gares

Le projet s'étend désormais à la construction de deux nouvelles gares au Contournement de Nîmes et Montpellier pour la desserte de deux agglomérations : à Manduel, pour Nîmes et dans le secteur Odysseum, pour Montpellier. Au final, il permettra de mettre Paris et Montpellier à 3 heures l'une de l'autre, d'augmenter les circulations TER entre Nîmes et Sète et d'éloigner les trains de fret des centres villes. « En franchissant cette nouvelle étape, RFF affirme sa volonté de faire aboutir le meilleur projet possible pour le Languedoc Roussillon, dans le cadre de nos Grands projets Ferroviaires Méditerranéens, estime Hubert du Mesnil, Pdg de RFF. Maillon essentiel de la liaison Italie - Espagne, ce projet offrira un progrès majeur pour la circulation des voyageurs régionaux et des marchandises ».

80 km de long

D'une longueur de 80 km, ce projet comprend à la fois, la réalisation d'une section de 60 km de ligne à grande vitesse entre Manduel (à l'est de Nîmes) et Lattes (à l'ouest de Montpellier), 10 km de liaison sur la rive droite du Rhône et 10 km de raccordements vers Saint Brès, Lattes et Manduel.

Première phase de la réalisation de la ligne à grande vitesse mixte fret et voyageurs entre Nîmes et Perpignan, ce projet s'inscrit dans le prolongement de la ligne à grande vitesse Méditerranée et de la concession franco-espagnole Perpignan-Figueras mise en service fin 2010, qui assure la connexion entre le réseau français et européen avec le réseau ibérique.

Les objectifs

Ce projet permettra d'accroitre l'attractivité du transport de voyageurs à grande vitesse vers le sud de la France, tout en libérant des sillons sur la ligne actuelle pour augmenter significativement l'offre des trains régionaux de voyageurs. Il favorisera également le développement du corridor « D » entre Valence-Lyon-Turin et Budapest pour le fret européen. Plus largement, cette ligne à grande vitesse qui combine l'activité fret et voyageurs, permettra à l'horizon 2016, d'accroître l'attractivité du transport ferroviaire français et européen en s'inscrivant dans une perspective de développement durable mise en avant par le Grenelle de l'Environnement.

 

 

Midi-Libre

Dimanche 6 février 2011

LGV : Doutes sur les LGV Montpellier-Perpignan et Provence

  FRANCE - Ce dimanche sera paraphé à Montpellier un protocole d’étape pour le financement de la ligne nouvelle du contournement de Nîmes et Montpellier. Cette signature survient à point : le colossal programme de construction du Grenelle laisse élus et professionnels perplexes, les caisses étant vides et le réseau ferré classique à bout de souffle : RFF manque d’argent même pour entretenir les voies anciennes (17 % d’impasse budgétaire).

Le projet de Schéma national des Infrastructures de Transport (Snit) confirme 2 000 km d’ici 2020, puis 2 500 km par la suite. Total : cent milliards d’euros ! tout simplement Pharaonique. La ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, néanmoins, rassure : « On demande des participations aux collectivités territoriales, parce que ça leur permet de se développer. » Mais le cas de la LGV Tours-Bordeaux donne à réfléchir. Le financement de ce projet de 7,8 mds € n’est pas bouclé après des mois de négociations.

Les collectivités commencent à dire qu’elles ne pourront pas suivre, tandis qu’un appel au privé menace d’une forte hausse du prix des billets. Quant à RFF, gestionnaire des voies, il ne peut plus s’endetter que si les investissements sont rentables. Ce qui ne semble souvent plus le cas.

Du coup, on entend qu’une partie des projets ne seront jamais réalisés. Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP), glisse qu'« il n’y aura peut-être jamais de LGV » Marseille-Nice. Il est vrai qu’avec ses collègues il a choisi l’option la plus chère à... 15 milliards d’euros. « Ce programme de LGV, c’est comme si on construisait de nouvelles ailes à un château dont on n’aurait pas les moyens de refaire les toitures », note un cadre de la SNCF. François Fillon, lui, refuse que l’on sacrifie le réseau existant aux LGV.

En Languedoc, ce doute vise bien sûr la future LGV Montpellier-Perpignan. Là encore, c’est l’option la plus chère qui a été choisie, fret et très grande vitesse : 5 à 6 milliards d’euros. Phasable... ou infaisable ?

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 15:45

Histoire de Réalville

 

Franchement, pourquoi un s à Lastoursville ? Car le nom de cette ville du Gabon est en hommage à un Français qui s’appelait de Lastours. Un natif de Montauban mais en fait un homme qui passa son enfance dans le château familial à Réalville. Et hier soir, au débat que j’ai animé à Cayrac on a fait, entres autres vagabondages, ce chemin de Réalville jusqu’à Lastoursville car un des participant, dont le grand-père a travaillé pour le château de Lastours se retrouve avec un fils marié à une Gabonaise qui, comme ceux de l’endroit où elle habite, voue une admiration pour l’explorateur de Lastours ! N’est ce pas génial de retrouver ainsi l’histoire ?

C’est par un texte d’internet que nous apprenons :

http://www.annales.org/archives/x/rigail/rigail.html

 

Rigail-de-lastours-3

 

« La vie de François Rigail de Lastours, compagnon de Savorgnan de Brazza. par le Dr Joseph Vassal

Ce texte a été publié dans La Géographie, 1931, LVI, pp. 310-329

En descendant l'Ogooué, je me suis arrêté devant la tombe de François Rigail de Lastours, au poste d'honneur où il est mort et qui porte son nom. Devant ces tuiles disjointes que la brousse envahit, j'avais pensé qu'il fallait rendre hommage à sa mémoire. Il fut un collaborateur de Pierre Savorgnan de Brazza dans la conquête et l'organisation du Congo français.

Pour m'acquitter, je n'avais trouvé, dans les bibliothèques que des traces insignifiantes. Mais la piété d'une sœur veillait. Des documents, des lettres étaient conservés comme des « reliques ». Mme Dupré de Pomarède les a mis à ma disposition pour rédiger cet article.

Jacques-Marie-François Rigail de Lastours était né le 26 mai 1855, à Montauban, de Antoine-Paul-Léonce et de Laure-Pauline- Antoinette Delort. Il appartenait à une ancienne famille protestante du pays. Ainsi qu'en témoigne le « livre de raison », que les familles de religion réformée tiennent à jour et conservent de père en fils, la généalogie des de Lastours se poursuit pendant dix générations. La ville de Montauban, aux annales glorieuses, qui compte tant de fils célèbres, a tenu à revendiquer François de Lastours parmi les siens.. Une plaque commémorative a été apposée sur la maison natale, aux allées Mortarieu, le 3 décembre 1912.

Il passa son enfance au château de Lastours, à Réalville, proche de Montauban, partageant ses jeux avec ses trois sœurs, Charlotte, Marguerite et Suzanne. Les parents moururent de bonne heure, François fut élevé par son oncle maternel, M. Delort, officier de marine en retraite, dont l'influence fut prépondérante et détermina sa vocation coloniale. »Cette rencontre à Cayrac qui a rassemblé dix-huit personnes a permis un échange tous azimuts, sur le chemin entre Réalville et Lastoursville. Un échange émouvant pour moi car Cayrac et Réalville sont le paysage de mon enfance. Un échange qui dépassa largement le thème, la Troisième République, pour aller du moyen-âge à l’actualité. Un échange qui rassembla l’ouvrier et le noble, le paysan et l’autodidacte, la spécialiste et le curieux, une diversité assez unique. J’en ai acquis la certitude qu’à nos portes il y a partout des choses magnifiques à étudier, à creuser, à partager… ce qui n’interdit pas d’aller loin !

 

Pourquoi faut-il que sur cette famille, il soit si difficile d’arriver à trouver des documents ?Debat-Cayrac.JPG

 

La commune de Cayrac a un axe « noble », la rivière Aveyron mais c’est une commune sans village. La commune de Réalville a un axe « minable » la rivière La Lère mais c’est un beau village. La Lère ressemble à un modeste ruisseau or ce fut un axe de communication nord-sud de longue date comme le confirma le débat. Du temps des romain, au Moyen-âge, pendant et après la révolution, puis une route nationale, une voie ferrée, une autoroute… comme si l’histoire se répétait. Peut-on écrite l’histoire de la Lère ?

 

Pas loin de la Lère, le jeune François a beaucoup joué, il lui est venu des rêves d’explorateur et un explorateur ce n’était pas forcément un colonisateur. Il va mourir très jeune de maladie comme son père va mourir jeune d’un accident de chemin de fer. Ces hommes voués à la connaissance seront tués par leur passion !

 

Pourquoi chercher très loin ce qu’on n’arrive pas à voir sous nos yeux ? Il est évident que le jeune Réalvillois qui arrive à Lastoursville sans connaître l’histoire… ne la verra pas, il se demandera simplement : pourquoi ne pas écrire simplement Lastourville ?

De Réalville à Caylus

Parce que le hasard fait bien les choses, l’ami Pierre Caors évoqua au détour d’une phrase un autre des natifs du village épris par les mêmes passions, Pommarède qui, ayant observé les sols aux alentours de Caylus comprit la présence de phosphates.

Les phosphorites du Quercy comprennent les gisements de phosphate de chaux exploités entre 1870 et 1914 dans le Tarn-et-Garonne, principalement les cantons de Caylus, de Caussade, de Saint-Antonin qui possèdent quatre types de dépôts de phosphorites, souvent en masse concrétionnée, parfois en masse compacte dite ostéotite. Un article nous éclaire :

http://www.annales.org/archives/cofrhigeo/phosphate-midi.html

Nous apprenons : « 1.- Découverte et exploitation. A. Thévenin, qui publia en 1903 une thèse de Doctorat-ès-Sciences sur la bordure sud-ouest du Massif Central, excellente pour son époque, dit que c'est "vers 1865" que M. Pommarède avait découvert le premier gisement à Cos, aux environs de Caylus. La "Statistique" mentionnée ci-dessus dit que M. Poumarède fit sa découverte en 1869 à la ferme de Pendaré (qui est aussi dans la commune de Caylus, à 2 km de Cos). Enfin des recherches récentes ont fait apparaître que Jean-André Poumarède, pharmacien, médecin et chimiste à Caussade écrivit le 4 janvier 1867 au Préfet du Tarn-et-Garonne : "J'ai l'honneur de vous communiquer que je viens de faire une découverte qui peut avoir une certaine importance pour l'agriculture et la paléontologie" »

Une fille de Lastours s’est mariée avec un Pomarède qui n’est donc pas Poumarède.

Ci-dessous : phosphatière à Caylus.

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De Réalville à Caussade

La question des chapeaux de paille mériterait elle aussi une étude ample, précise pour voir par exemple comment Réalville où elle se développa quelques temps rata, sans doute pas désintérêt de ses élus hobereaux, le développement de cette industrie phare à Caussade et Septfonds. J’ai déjà étudié une partie du dossier dans une brochure sur Miss Cantecor et les chapeaux, en constatant que comme pour les minières de Bruniquel ou les phosphates de Caylus, le monde des travailleurs n’a pas la côte dans l’histoire locale.

En conclusion, il n’y a rien de tel que ce type de dialogues pour avoir envie d’aller plus loin… même si parfois on n’y arrive pas.

Si la soirée avait été enregistrée j’aurais pu écrire un livre sur le sujet.

19-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 12:41

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Le dessin de Jean-Marie Courtot a été publié en mai 1990 dans un des dix journaux qu’il m’est arrivé de créer. Il s’appelait Vivre et Lutter et dura deux ans. Pourquoi est-il toujours d'actualité ? Aujourd'hui ceux qui croyaient que la mort du chef serait la mort du FN pensent quoi ?

                                               Amicalement, Monsieur Mélenchon…

 

Des années 1970 à 1996, le PS s’est renforcé sur sa gauche avec des militants du PSU, de la LCR ou du PCF (la dernière vague fut celle de Charles Fiterman). Puis à partir de 1992 à aujourd’hui on a assisté à une frange de gauche ayant quitté ce même PS avec la naissance du Mouvement des Citoyens puis celle du Parti de Gauche et sa « révolution citoyenne ». En 1994 j’ai contribué à l’organisation d’un débat avec Anicet Le Pors qui participa avec Chevènement à l’expérience des Européennes de 1994, un échec qui obligea ce dernier à reporter ses espoirs sur la présidentielle de 2002, en laissant de côté celle de 1995. Aujourd’hui, je partage et soutiens un certain nombre de positions du Parti de Gauche mais, par ces quelques mots je tiens à attirer l’attention sur deux types d’actions qui me semblent contre-productives.

 

Le rapport au PS

Je considère qu’un manque de clarté du PCF sur ce point lui a été préjudiciable pour avoir refusé d’analyser une double réalité. En 1981, quand on posait la question à Georges Marchais de savoir ce qu’il ferait au second tour, il éludait la réponse en rappelant qu’il pouvait tout aussi bien être en tête de la gauche. Aujourd’hui quand on pose la même question à J-L Mélenchon je l’ai entendu répondre : « nous sommes au début de la campagne, il peut y avoir des surprises », sous-entendu « je peux aussi être en tête de la gauche ». Comme pour Marchais et tant d’autres après lui (j’ai entendu les mêmes propos dans la bouche de Bové en 2007), laisser entendre qu’on aspire à être au second tour, c’est contre-productif car l’électorat de gauche qui veut chasser aujourd’hui Sarkozy, pense très majoritairement (même celui qui soutient Mélenchon) que seul le PS peut y réussir. Ils pensent : « Si Mélenchon est en tête de la gauche, c’est tout bénéfice pour l’UMP. » Le phénomène du « vote utile » n’est pas qu’une astuce politique du PS pour ramener à lui des brebis égarées. C’est un souhait réel de millions de citoyens, un souhait que je ne partage pas, mais que je ne renvoie pas pour autant dans le néant politique.

Face à ce débat on m’a souvent répondu que, dans touts les cas, aller à une élection « c’est pour gagner » (une façon de gonfler les militants qui pourtant ne sont plus des ballons). Dans ce cas il faut adhérer au PS… Ayant toujours appartenu à « l’autre gauche » j’en ai déduit qu’aller aux élections c’était pour lancer des idées, des pratiques, des propositions… et s’organiser. La Coupe de France de foot permet à de petits clubs de battre des grands, mais ensuite les petits savent bien que entrer chez les grands, ça passe par une série de marches bien définies.

Rien à voir avec la tactique politique, mais bien avec la stratégie.

En janvier 1981 j’ai écouté un membre notoire du Comité Central du PCF annoncer avec sérieux, et de justes éléments mathématiques (les résultats des Européennes de 1979), que Marchais serait devant Mitterrand. Tous les participants à cette réunion ont été abasourdis par la myopie politique de ce « dirigeant ». Bien sûr, c’était là le rêve de Giscard dont la télé fit de Marchais une vedette, et c’était le rêve de l’ambassadeur d’URSS qui, entre les deux tours, rendit une visite ostensible à Giscard. Pour gagner des voix sur la gauche, Marchais ne cessa de rappeler les évolutions à droite de Mitterrand (bien réelles) puis après la victoire du PS, les mêmes dirigeants se firent les champions de la participation gouvernementale… jusqu’en 1984 quand le PCF entra dans une nouvelle vague antisocialiste.

Pour « l’autre gauche » le positionnement ne peut être ni celui de l’opportunisme, ni celui du sectarisme. Il ne me semble pas contradictoire de critiquer les positions du PS (oui disons le clairement, Huchon vient de trahir la gauche avec sa signature du Grand Paris) et de constater, vu le rapport de forces, qu’il appartient au PS de battre l’UMP ce qui n’est pas une fin en soi, ni une étape vers le bonheur, mais la responsabilité des électrices et des électeurs.

Comparez les grands médias de 2006 et ceux de 20011 et vous verrez qu’hier ils étaient TOUT Ségolène et que cette fois ils ont décidé que DSK la remplacerait. En conséquence la question n’est plus de savoir quel sera le résultat des primaires, DSK a déjà gagné. Je comprends tout à fait que le contexte actuel conduise des millions de personnes à le soutenir pour les deux tours. On ne décide pas de la réalité. Analysons là, prenons nos responsabilités, et chacun ensuite à son libre arbitre. En envoyant DSK au FMI Sarkozy pensa s’en débarrasser, il s’est peut-être trompé là aussi ! Le passage de DSK par le FMI le rend crédible en tant que remplaçant de Sarkozy… or il semble prêt à continuer la même politique. Deux questions qui conduisent à la suivante : sa candidature peut-elle renforcer l’autre gauche ?

Je rappelle qu’en 2002, au début de la candidature Chevènement, les sondages étaient de l’ordre de 16% pour lui, ce qui incitait l’homme à jouer de plus en plus la carte « gaulliste » car quand on lui demandait : « si vous êtes élu président, avec quels éléments du parlement vous gouvernerez ? » il ne pouvait pas répondre : « avec les députés du Mouvement des citoyens. »

J’en conviens, le Parti de Gauche a lui inauguré une ère nouvelle avec la réalisation du Front de gauche. N’ajoutons pas des illusions à des illusions ! Le PCF aujourd’hui peut aller de fédérations assujetties au PS, à d’autres plus rénovatrices et d’autres totalement éclatées, il n’est plus une entité unie - tout comme on assiste au sein du PS à des guerres féodales (je prends le Puy de Dôme par exemple). On verra dans les cantonales des candidats du PCF contre des candidats du PG ! « L’autre gauche » continue d’être très largement émiettée et ce phénomène n’a pas été arrêté par la naissance du Front de gauche (sauf pour les amateurs de façade). Des dirigeants du PCF ayant bien compris qu’aujourd’hui, l’essentiel c’est plus les législatives que la présidentielle, il serait peut-être utile que Mélenchon n’inverse par la donne en pensant que l’essentiel c’est plus la présidentielle que les législatives. Bien sûr, on me répondra encore : « fausse opposition » ! Si les deux scrutins sont en effet liés (à cause d’une infamie du PS plaçant les législatives à la remorque des présidentielles) ils sont aussi très distincts.

Le rapport au FN

Encore une fois, certains font comme si l’histoire n’existait pas. Début 1987, sur une petite chaîne de télé soucieuse de sa pub, un débat opposa Lajoinie (candidat du PCF pour l’élection de 1988), et Jean-Marie Le Pen. Ce débat enregistré sur cassette a circulé dans les réunions de cellule du PCF pour démontrer aux militants que Lajoinie avait mis K.O. Jean-Marie Le Pen en révélant sa vraie nature. C’était une époque où PCF et FN avait la même influence électorale. J’ai alors décidé de quitter le PCF car je pensais que tout débat avec le FN est contre-nature, et qu’ainsi aucune extrême-droite ne pouvait être K.O. Inutile de rappeler la suite des trajectoires politiques des deux hommes. Or voilà que je revis le même scénario (une tragédie se faisant comédie ?) avec le débat Mélenchon-Marine, et les leçons qui s’en suivent sur le journal du PG dans un édito de Lapierre : « Le Pen K.O. continuons le boulot », au moment où les sondages donnent 19% à Marine et 5% à Mélenchon (relativiser les sondages ne peut signer les exclure de la réalité). Il ne serait pas respectueux de confondre l’extrême-droite d’hier très activiste dans la rue, et celle d’aujourd’hui qui dort dans les consciences. A trois jours de la fin du dépôt des candidatures aux cantonales, dans mon département on est en droit de croire qu’il sera totalement absent, vu qu’il ne fait aucune apparition, aucune annonce, or je sais très bien qu’il sera présent avec des scores importants. L’extrême-droite n’est pas le résultat d’une argumentation insuffisante pour le dénoncer, car elle ne joue pas dans la cour du rationalisme. Elle est l’effet d’un vide laissé par la gauche toute entière, or la politique ayant horreur du vide, il se remplit de voix FN. En février 34 combattre l’extrême-droite c’était tenir la rue de manière unitaire face à elle. En 2011, ça n’est possible que si la gauche sort de son suicide quotidien. Non, non et non ce n’est pas Sarkozy qui roule pour le FN. Sarkozy fait la politique qui est la sienne et je refuse de lui reprocher d’être ce qu’il est. Je ne m’insurge pas devant ce qu’il est ! Il assume parfaitement sa fonction ! Je m’insurge par contre en constatant la réalité d’une gauche sur la défensive, voire absente en termes de réponse populaire à des crises réelles. Une gauche qui se défausse sur le méchant Sarkozy ! J’ai entendu des amis dire : « il faudrait relancer Ras l’Front ». Non camarades, il faudrait enfin tirer les leçons de l’échec de Ras l’Front ! Comme de l’échec de SOS Racisme etc. Marine Le Pen a beau annoncer que c’est la droite qui par sa politique lui permet de gagner, c’est faux.

Au second tour, l’électorat du FN vole rarement au secours de la dite droite, car lui ne craint pas d’être en tête de la droite ! Il s’agit d’un électorat révolté, en rupture avec le système démocratique. L’électorat d’extrême-gauche et de l’autre gauche se reporte au contraire largement sur la gauche au second tour, et craint de la gêner au premier. C’est une réalité historique qu’il faut analyser. Voilà pourquoi, y compris au sein d’une gauche désorientée, mettre Mélenchon et Marine sur le même bateau est une honte : à cause de ce que représentent les deux personnages et encore plus à cause d’une confusion criminelle entre les deux électorats. Je ne prétends détenir aucune vérité, j’écris à partir d’une expérience politique de 40 ans pendant laquelle j’ai essayé de contribuer à la naissance d’une autre gauche, écologiste, socialiste et républicaine, ce que j’appelle encore d’un mot assassiné, le communisme ! 19-02-2011 Jean-Paul Damaggio

 

 

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 12:39

Depuis le mois de mai 2010 j’essaie de faire comprendre que le tournant des opérations LGV c’est le bouclage financier d’un montage fou du GPSO. Petit à petit la question est sortie des couloirs, quelques personnes dont le site de l’association LEA a accepté de diffuser la convention de financement et aujourd’hui tout l’édifice tremble car la question des délais est cruciale et le stratagème de Ségolène Royal risque d’être le grain de sable qui casse la machine. Vous pouvez comparer ci-dessous deux comptes-rendus différents de la commission permanente qui vient de se tenir en Poitou-Charentes, celle d’un militant anti LGV (allez sur le site vous aurez les dessins en plus en cliquant sur le titre) et celle de Sud-Ouest. La lecture des différences a son utilité.

On comprend mieux à présent la colère d’Alain Rousset traitant les anti LGV de « débiles ». En fait il ne digère pas l’attitude de sa voisine ! Bien sûr, tout n’est pas joué et l’affaire n’en est pas à son dernier rebondissement. JPD

 

« Dans l’espoir d’une envolée de pigeons plumés dans toutes les régions. A nous d’y travailler, non ?

LGV SEA : Coup de fusil en Poitou Charentes, et envolée de pigeons plumés ?

Le texte mis en délibération à la séance plénière du Conseil Régional de Poitou Charentes a finalement été approuvé à une courte majorité pour ce qui s’agit d’un prêt à l’Etat, et une large majorité quand aux conditionnalités concernant les dessertes régionales.

« Si l'Etat, à cause d'une mauvaise gestion, a les caisses vides, il doit trouver ailleurs qu'en frappant les contribuables de la Région les ressources financières pour payer les infrastructures dont il a la charge", poursuit le texte. » Si la LGV est concédée à une entreprise privée, c'est que celle-ci en attend" des bénéfices liés aux "travaux" et à "l'exploitation", poursuit le communiqué selon lequel "il n'est pas acceptable que les bénéfices soient privatisés et que les pertes ou les investissements relèvent de la collectivité" explique Ségolène Royal . (Investir)

«La collectivité n'a pas à financer un projet qui est concédé au privé, explique Françoise Coutant. Or, si la région fait un prêt à l'Etat, au final, ce n'est pas le concessionnaire privé, Vinci, qui paiera, mais bien le contribuable». La proposition de prêt a toutefois été entérinée par 30 voix contre 25. (Nouvelle République)

Une des conditions du texte mis en délibération était : « garantie de réalisation des études alternatives au projet de Ligne à Grande Vitesse Poitiers Limoges. »

Dans un rapport émis le 13 décembre 2010, le Conseil Régional avait déjà émis un avis défavorable à la réalisation d’une nouvelle infrastructure dans un couloir déjà impacté par deux infrastructures de transport (RN 147, et TER), d’autant que cette infrastructure apporte de gros inconvéniants aux territoires impactés sans aucun avantage. La mise à l’étude d’une solution alternative avait été demandée à l’Etat et RFF.

La balle est dans le camp de l’Etat. Acceptera t’il cette proposition d’avance de 95 Millions € à l’Etat, avance conditionnée par des engagements en matière de dessertes du territoire et de réalisation d’études de solutions alternatives au projet aberrant LGV Poitiers Limoges ?

Comment réagirons les autres collectivités territoriales, qui pourtant majoritairement de gauche, se sont jusqu’à présent aplati sans résistance face à ce chantage financier de l’Etat au sein d’un PPP (Partenariat Pigeon Plumé) contraire à l’éthique républicaine ( bien public) concédé au profit du privé mais payé lourdement par le contribuable ? »

 

Article de Sud Ouest

LGV Tours-Bordeaux : Ségolène Royal veut accorder un prêt à l'Etat

Sud-Ouest 19 février 2011 07h20 | Par Patrick Guilloton

Nouveau coup d'éclat pour Ségolène Royal. La présidente de la  Région Poitou-Charentes a décidé que la LGV ne se ferait qu'à ses conditions.

Voilà un mois, Ségolène Royal affirmait que la région Poitou-Charentes ne mettrait pas un sou pour financer la LGV Tours Bordeaux, estimant que ce chantier de 7 milliards d'euros relevait de la seule compétence de l'État.

Hier, à Poitiers, ce dossier est revenu sur le tapis lors d'une commission permanente. Et par une sorte de stratagème, la présidente de Poitou-Charentes a tenté de relancer la balle dans le camp de l'État. Après avoir noté avec conviction que cette infrastructure concédée au groupe Vinci ne devait pas coûter au contribuable régional  - "il n'est pas acceptable que les bénéfices soient privatisés et que les pertes ou les investissements relèvent de la collectivité" a-t-elle lancé -, elle a proposé que l'assemblée décide d'octroyer à l'État un prêt sous forme d'avance remboursable d'un montant de 95 millions d'euros.

Il est en effet demandé à la région de verser au pot 103 millions; déjà 8 millions ont été débloqués pour les études. Avant d'ouvrir sa bourse, Ségolène Royal veut avoir la garantie signée que les gares de la région seront bien desservies et que les conditions environnementales seront assurées.  Elle attend également que le ministre des Transports cesse de dénoncer les "pseudo-entraves" dont la région se rendrait coupable.

Lors de cette discussion, Ségolène Royal ne s'est pas privée de critiquer l'attitude de certains présidents de Région ayant versé leur participation avec empressement. Hier, à l'heure du déjeuner, si les oreilles d'Alain Rousset ont fortement sifflé, il ne faut pas qu'il s'inquiète. C'est normal. Reste désormais à savoir quelle va être la réaction de l'État à cette proposition pour le moins originale.

Ségolène Royal a du faire face, pour imposer ses vues, à une opposition renforcée... des Écologistes, composante pourtant intégrée à la majorité régionale. Ces derniers ont fait valoir que s'ils n'étaient pas opposés à la grande vitesse, ils n'entendaient pas voir la Région se substituer à l'État, dont c'est la compétence. Lors du vote du volet financier de la délibération, leurs votes se sont joints à ceux de l'opposition de droite. Il n'a été approuvé que par 30 voix contre 25.

"Mme Royal a décidé contrairement à ses engagements de ne pas participer au financement (...) de la ligne LGV Tours-Bordeaux", a déploré dans un communiqué l'intergroupe d'opposition (UMP, NC, MPF, CPNT et Parti Chrétien-Démocrate).

"L'opposition s'inquiète vivement du blocage du projet alors que toutes les autres collectivités concernées par la ligne ont donné ou vont donner (...) leur accord pour le financement de ce projet "de la décennie"", conclut le texte.

Le chantier de la LGV Tours-Bordeaux est estimé à quelque 7 milliards d'euros. La mise en service de la ligne, qui doit mettre Bordeaux à 2 h 05 de Paris, est prévu fin 2015-début 2016.

 

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"Ségolène ou les positions à géométrie variable". Elle s'engage en signant le protocole de la LGV en août 2009, certes contrainte et forcée de céder à un chantage, mais elle signe ! Elle fait inscrire les autorisations de programme nécessaires dans le budget de la région ! Elle signe le 4 janvier 2011, une convention pour la formation des poitevins avec la société chargée de construire la LGV ! Elle trouve aujourd'hui un nouveau subterfuge pour signer ! mais sous condition..... Les Ecologistes ne sont plus maintenant contre les LGV, mais ce n'est pas à la région de payer......c'est aussi ce que Ségolène claironne, c'est de la compétence de l'Etat..... Certes, c'est de la compétence de l'Etat. Mais pourquoi alors la région Poitou-Charentes participe-t'elle au financement d'autres compétences de l'Etat (Enseignement Supérieur......) ? Pourquoi signe-t'elle les Contrats de Projets qui la font participer à part égale avec l'Etat ?....... Faut-il rappeller que quelque soit la compétence" Etat ou Région" le financement sera toujours tiré de la poche du contribuable. Si l'Etat paie seul, il saura bien prendre l'argent où il est c'est à dire dans notre poche et il saura bien créer un "impôt " ou une taxe quelconque pour ne pas augmenter celui sur le revenu qui est plus sensible et plus visible.

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