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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 14:38

 LGV-la-droite.jpg

Le Petit Journal dans son édition du 5 mars en Tarn et Garonne publie un article à la gloire de la droite au Conseil régional Midi-Pyrénées qui aurait sauvé la France d’une « catastrophe économique ». J’enrage chaque fois que je constate qu’un dossier aussi monumental sert à des fins politiciennes. « La seconde surprise est venue des élus du Parti radical de gauche de Jean-Michel Baylet qui, pour d’obscures et incompréhensibles raisons ont emboîté le pas à leurs collègues d’extrême-gauche. » L’Extrême-Gauche (en l’occurrence le Front de Gauche) s’est abstenu et pas plus que le PRG n’a mis en minorité le PS de Martin Malvy.

Ce mensonge grossier se double d’un autre : en Midi-Pyrénées un seul département est détenu par la droite et son président a expliqué au Conseil régional qu’il s’abstenait (donc comme le PRG et le FdeG) et qu’à Rodez le Conseil général ne donnerait pas un centime à la LGV !

Comble d’ignominie, l’article ne dit pas que la droite a voté avec Malvy un complément à la délibération comme quoi si Ségolène Royal obtient que l’Etat rembourse l’avance faite, alors celui-ci devra faire pareil pour Midi-Pyrénées, position combattue par la droite en Poitou-Charentes mais acceptée à Toulouse !

 

Côté journal du Conseil régional qui vient de tomber dans les boîtes aux lettres, il ya une présentation du budget. Là, le mensonge est par omission !

La tribune du PRG indique : «Tout en intégrant ces contraintes [imposées par l’Etat] et grâce à une gestion saine, ce budget 2011 demeure ambitieux et innovant. Il respecte les engagements pris devant les Midi-Pyrénéens de développer et d’aménager durablement le territoire sans perdre de vue la solidarité et en préservant l’avenir. Les crédits affectés à la LGV Toulouse-Paris en sont une illustration. C’est un projet majeur pour Midi-Pyrénées. Mais il doit être conduit en concertation avec les élus locaux et les populations concernées. Dans cet esprit et à l’initiative des élus PRG, le Conseil régional a adopté un vœu demandant à l’Etat et à RFF, de prendre en compte les difficultés qui subsistent à l’occasion du tracé définitif, de prévoir une bonne intégration environnementales, de s’engager à accorder de justes compensations aux riverains impactés [difficultés qui motivent l’abstention au moment du vote de la convention le 28 février]. »

Le groupe PS indique de son côté :

«Même si nos regrettons le mode de sollicitation des collectivités nous assurons les paiements pour la LGV, car Toulouse doit faire partie de ce grand réseau européen de TGV. »

 

D’une part nous avons la confirmation que le 20 décembre les premiers paiements ont bien été décidés par toute la gauche réunie, une vérité qui nous a valu quelques insultes ici ou là, pour l’avoir précisée. Mais aucune des deux tribunes ne précisent que c’est pour Bordeaux-Tours et pour un PPP, et elles évitent de donner le montant total de cet investissement qui est à la fois immense (102 millions d’euros), et négligeable quand il faudra y ajouter le financement de Bordeaux-Toulouse (on peut tabler sur un milliard d’euros). Par contre, quand il s’agit de parler du plan Rail le PS donne un chiffre : 850 millions sans dire sur combien de temps, la part régionale, et que c’est de sa compétence, ce qui n’est pas le cas de la LGV !

10-03-2011 Jean-Paul Damaggio

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 13:28

Une jeune femme filme sa grand-mère et en contre-point enregistre un entretien avec la célèbre féministe Benoîte Groult. Un documentaire parfaitement bien monté, émouvant de bout en bout et qui ose poser des questions simples souvent négligées.

Sa projection à Moissac en présence de la réalisatrice et à l’initiative du CDIFF fut un moment important dans le cadre des actions autour du 8 mars.

La première question du documentaire touche à des femmes qui furent « monnaie d’échange » comme l’explique si bien de son côté Wassyla Tamzali. La grand-mère n’a pu épouser celui qu’elle aimait car les deux familles étaient fâchées d’où, chez cette femme, une double vie qui en a résulté : la vie rêvée face à la vie réelle, une vie d’autant plus rêvée que la vie réelle devenait si dure. La réalisatrice Marjory Déjardin, en obtenant cette confession de sa grand-mère de 82 ans réussit un tour de force en plaçant côte à côte deux histoires très différentes qui n’en font qu’une.

Côté populaire, sa grand-mère couturière et immigrée italienne, Angela Ferrucci, qui subira un avortement clandestin pour en finir avec les naissances successives.

Côté bourgeoisie, la célèbre romancière issue de la grande bourgeoisie parisienne, l'écrivaine Benoîte Groult, qui montre comment est né petit à petit sa conscience féministe.

Le lien, entre d’un côté la grand-mère filmée en pleine action, et la bourgeoise filmée en plan fixe sur fond noir, tient aux communautés de préoccupations. Les femmes face à leurs corps, à leurs sentiments, à leurs amours appartiennent à un monde que les hommes, par souci de domination, renvoient souvent au néant. Exemple frappant : Angela rappelle ce dimanche soir quand elle apprit qu’enfin les députés venaient de voter à la majorité la loi sur l’IVG. Elle se mit à pleurer et son mari ne comprenait pas pourquoi de telles larmes. Incontestablement, ce tournant de l’histoire – pour lequel des millions de femmes luttent encore dans le monde – ne pouvait pas induire les mêmes réactions des deux côtés de la frontière des sexes. Aussi, la réalisatrice avoue son incompréhension quand, dernièrement, elle croisa dans Paris une manifestation anti-IVG !

Parmi les rêves de la grand-mère il y a celui de son Italie où elle aurait voulu vivre. La réalisatrice expliquera à Moissac, que cette Italie, n’est pas exactement l’Italie mais plus largement cette volonté d’entretenir au fond d’elle-même une autre vie que celle qu’elle a vécue. D’ailleurs dans le film Angela insiste : « Oh ! je ne voudrais pas revivre cette vie que j’ai vécue ! ».

Et pour donner force au film, Marjory a demandé à sa grand-mère de lui réaliser une robe de mariage. Au départ elle refuse car elle se sent incapable d’entrer dans une telle aventure avec à l’appui des arguments sérieux. Mais la petite-fille est tenace et la grand-mère cède en conséquence le film ne pouvait mieux se terminer que sur la jeune femme habillée par l’œuvre de sa grand-mère dont une amie lui a dit qu’elle était une artiste. La réalisatrice est une intermittente du spectacle qui est également tenace quant à sa volonté de montrer son art propre.

Ce qui me permet de pointer un décalage entre les propos de Benoîte et le film. La féministe dont le langage cru a pu en surprendre plus d’un, indique que le rapport à ses petites-filles est faible : « Il y a entre les deux générations, le gendre et parfois le gendre disparaît… ». Le film démontre au contraire qu’entre une grand-mère et une petite fille il peut y avoir un lien très fort, très riche et porteur d’avenir.

Télérama n°3189 a rendu compte de ce documentaire (p.115) au moment de sa diffusion sur la chaîne Planète dans un article qui se conclut ainsi : « Jamais ce film sensible ne fait montre d’un quelconque manichéisme, et c’est sa grande force. Douées d’un sens commun de l’à-propos, les deux femmes peuvent s’enorgueillir de laisser derrière elles une nouvelle génération d’affranchies. »

Marjory Déjardin, pour s’affranchir, a dû autoproduire son film. Elle a refusé les idées imposées qui interdisent de filmer en gros plans les personnes âgées qui sont rayées de la carte. Elle a conduit son œuvre là où elle voulait aller et à ce titre elle me fait penser à un jeune italien qui a pendant plusieurs années autoproduit ses films avant de devenir Palme d’or à Cannes, j’ai nommé Nanni Moretti. Bon vent à cette réalisatrice.

10-03-2011 Jean-Paul Damaggio

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 13:27

Parfois les élections se suivent et se ressemblent mais, pour cette fois, pas à Falguières pour les cantonales de Montauban 1.

En 2004, dans ce canton, le PRG pensa en finir définitivement avec Roland Garrigues grâce à une campagne très vive de Thierry Deville passé depuis au partyi de Borloo. Battu à la mairie, au poste de député, Roland Garrigues était considéré comme politiquement fini. Sa victoire de 2004 renversa la série d’échecs précédents : Falguières, hameau de Montauban, a rappelé que son enfant vedette était toujours en course.

En 2011, Jean-Michel Baylet a fait le déplacement à Falguières dans l’ombre de Martin Malvy, pour soutenir les candidats du PS dont Roland Garrigues. Alain Baute en déduit dans La Dépêche : « La campagne a pris un coup d’accélérateur. » Quelle campagne ?

En réalité, les cantonales de 2011 ne sont qu’un jeu d’enfant par rapport à la date cruciale de 2014, et c’est cette campagne qui a pris un coup d’accélérateur.

Rappelons à ceux qui n’anticipent pas aussi bien que Jean-Michel Baylet, qu’en 2014, ce dernier (comme la majorité des conseillers généraux sortants) siègera à la Région que Martin Malvy abandonnera. Les futurs conseillers territoriaux seront les représentants de supers cantons et certains ont beau crier contre la loi sur la réforme des collectivités territoriales, le PS ne dit jamais qu’il la remettra en cause, au contraire il travaille, avec le PRG en Tarn-et-Garonne, a un découpage qui lui soit le plus favorable possible. Dans tous les cas, la loi sur le cumul des mandats sera détournée puisque d’un coup, Baylet et ses amis auront deux mandats pour le prix d’un.

10-03-2011 Jean-Paul Damaggio

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 13:25

Le PS à Grisolles

Complément de l'article précédent.



Un article de la Dépêche du Midi du 9 mars sous la signature d’A.B. (Alain Baute) nous informe : « Le conseil fédéral du PS scandalisé par l’exclusion de J-M Parienté… par Paris ».

Le contenu de l’article est différent du titre. L’exclusion demandée par la Fédération du PS est conforme aux règles de ce parti qui furent appliquées par exemple en 1986, quand Hubert Gouze décida de se présenter aux élections législatives, contre la liste de gauche conduite par J-M Baylet. En réalité ce n’est pas le Conseil fédéral du PS qui s’insurge mais Etienne Astoul, président du groupe socialiste au Conseil général et suppléant du sénateur Jean-Michel Baylet (dont il est souvent la voix). Quand la gauche l’emporta en 1997, Etienne Astoul a cru un instant que Baylet devenant ministre, il allait pouvoir en guise de remerciements, siéger enfin au Sénat.

Par contre, dans la présentation du canton de Castelsarrasin, il apparaît tout à fait normal que le PRG ait exclu Jean-Philippe Bésiers, d’une très vieille famille radicale, qui a maintenu sa candidature contre Sylvia Pinel du PRG, dont « la candidature est bien comprise de la municipalité » (La Dépêche) élue en 2008 contre la liste de gauche et celle de Jean-Philippe Bésiers. Deux poids, deux mesures !

10-03-2011 Jean-Paul Damaggio

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 19:54

Le financement de la LGV soumis à conditions

Un article de Sud-Ouest

 

La participation de la Dordogne au projet de LGV Tours-Bordeaux n'est plus acquise.

Bernard Cazeau vient d'adresser une lettre à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement. Elle concerne la participation financière du Département au financement des travaux de construction de la future LGV devant relier Tours à Bordeaux. Il lui précise que l'engagement de principe pris par la Dordogne il y a deux ans est désormais assorti de conditions.

Le veto du préfet de région

Car « des changements majeurs sont intervenus depuis, au premier rang desquels la réforme fiscale et le gel de dotations de l'État aux collectivités, qui brident les capacités financières du Département, particulièrement en matière d'investissement », note le président du Conseil général.

Les conditions sont liées aux aides de l'État dans des dossiers jugés plus importants en Dordogne que cette ligne grande vitesse Sud-Europe-Atlantique. Sont ainsi cités la RN 21 à moderniser et « le contournement autoroutier de l'est de l'agglomération de Périgueux ». Sur ce point, le Département souhaite qu'un avenant à la concession de l'A89 soit passé avec ASF. La préfète y était favorable, mais le préfet de région semble beaucoup plus réticent. « Il m'a récemment informé que cette solution ne pouvait être envisagée, au prétexte que tout nouveau tronçon autoroutier devrait désormais faire l'objet d'un nouvel appel d'offres, indépendamment de sa situation et de sa longueur », précise Bernard Cazeau qui ne comprend pas cette volte-face, si ce n'est pour justifier le refus de l'État de s'engager dans ce projet.

Avion : une aide en baisse

Autre dossier sensible, le soutien de l'État au déficit de la ligne aérienne Périgueux-Paris à compter du 31 mars. Or, les nouvelles ne sont pas bonnes. Le maire de Périgueux vient en effet de recevoir une lettre du directeur du transport aérien l'informant d'une réduction de l'aide. « Elle était de 55 % sur 50 % des recettes. Elle va passer à 35,75 % sur 32,5 % des recettes », explique ainsi Michel Moyrand qui voit ainsi ses craintes confirmées. Un autre point fait encore plus bondir les élus. « Les passagers pré-acheminés de Bergerac ne seront pas pris en compte dans le calcul de ce financement », note Bernard Cazeau dans sa missive. Michel Moyrand signale qu'il a saisi la préfète. Un assouplissement a été promis. Une nouvelle lettre dans ce sens est donc espérée.

La dernière condition concerne la demande d'une subvention de 1,2 million d'euros pour la réfection de la piste de l'aéroport de Bergerac. Il s'agit d'une mise aux normes de sécurité exigées par l'Aviation civile.

Afin d'aborder tous ces sujets, le président Bernard Cazeau sollicite donc un rendez-vous avec la ministre. Celle-ci organise dès jeudi prochain une réunion pour finaliser la convention de financement de la future LGV. Si rencontre il y a, elle devrait donc intervenir rapidement.

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 14:05

Pourquoi les commentateurs politiques passent-ils toujours d’une présentation abstraite de la mondialisation à une évocation folklorique du local ? Et en France, quoi de plus folklorique que Marseille ? C’est ainsi que la famille Guérini, usant de la « fierté » locale, peut retourner à son profit, comme Bernard Tapie hier, ce qui ailleurs passe pour de l’escroquerie pure et simple. Malheureusement, depuis des années, en divers lieux et pour divers partis, électrices et électeurs n’ont pas hésité à réélire des politiciens condamnés ! Alors ?

Marseille

Tout le monde sait que la fédération PS de Marseille n’est que la partie visible d’un iceberg volumineux incapable de fondre sous le coup des chaleurs de l’actualité. En conséquence, épiloguer sur la part politicienne du rapport Montebourg sert de masque supplémentaire à l’analyse de fond d'un pant de la mondialisation : qu’est-ce que la corruption aujourd’hui, à Marseille, en France et dans le monde ? Puisqu’il s’agit du parti socialiste certains se penchent sur la différence de traitement, par la direction du parti, entre le cas Georges Frêche et celui des Guérini, sans se demander s’il ne s’agit pas de deux situations peu semblables. J’ose prétendre, sans défendre un seul instant Georges Frêche, que le clientélisme, le népotisme appartiennent à la vieille France alors que Marseille, depuis longtemps annonce le futur du pays. Dans un débat télé, un connaisseur de Marseille a lâché le nom de Sabiani et des années 30. Qui a pu saisir la référence ? Seuls les lecteurs du polar de René Merle, Treize reste raide[i], qui avait donné lieu à un article de ce dernier dans Libération (14-04-1998), ont pu comprendre comment, du fascisme des années 30 au vote FN des années 90, une tendance lourde circule dans les rues de la ville. René Merle indiquait alors : « Aujourd’hui l’épisode sabianiste est presque oublié. Mais on peut se souvenir que ce fascisme méridional a voulu capter le radicalisme social d’origine populaire, récupérer la protestation contre l’injustice sociale. » Douze ans après, ce propos n’est-il pas prémonitoire ?

Suis-je loin des Guérini ? Du mythe du « midi rouge » ?

La corruption se divise en deux éléments : les corrupteurs (qu’on oublie) et les corrompus (qu’il faudrait plaindre). Le système mafieux n’est pas l’effet du PS, mais le PS étant dominant dans les Bouches du Rhône, le système existant a investi le PS. Si le RPR hier, ou l’UMP aujourd’hui, avait été dominant (comme dans d’autres villes de la région PACA) c’est ce parti qui aurait croisé les corrupteurs (ne parlons pas ici du cas de Nice).

Notre siècle

Pourquoi, partout dans le monde, les peuples s’insurgent contre les corrupteurs, sans pouvoir imposer leur volonté ? Comment expliquer que de Caracas à Moscou, de Marseille à Tunis, de Rome à Managua, les pouvoirs soient face au même problème, qu’ils usent ou combattent, mais qui les ronge de toute façon, la corruption ? S’agit-il d’une perte générale de morale ? L’histoire est connue : en Italie, une opération « main propre » au cours des années 90, a obligé le socialiste Craxi à fuir chez son copain Ben Ali, qui vient à son tour d’être victime d’une opération main propre, pendant que l’Italie « nouvelle » est dirigée par un homme aux mains encore plus sales que celles de ses prédécesseurs ! Je ne rappelle pas cet événement pour signaler que la révolution tunisienne (ou d’autres) est vouée à l’échec, mais pour insister sur les tendances de fond de notre siècle. Elles sont de trois ordres qui s’autoalimentent et toutes visent à mettre à mal les vestiges issus de la révolution française : la montée en puissance de l’économie parallèle (au grand désarroi du capitalisme producteur), l’émergence d’extrême-droite diverses (et cette diversité en fait la force), le retour des féodaux contre les aristocraties établies. Les Guérini sont des féodaux qui peuvent faire de Martine Aubry leur vassale (ce n’était pas le cas de Frêche) ; leur stratégie alimente l’extrême-droite (qui se donne des airs de pureté) ; la dite extrême-droite use des vestiges de la démocratie pour tuer la démocratie ! La boucle est bouclée et les pendus sont légions.

Les Arabes

René Merle rappelait dans l’article de Libération « la vieille tradition de droite extrême, régionaliste, royaliste, maurassienne, vive par exemple dans la Vendée provençale rhodanienne ». L’écart entre les positions de Mistral et celles des félibres rouges, surtout de l’Hérault, n’est pas qu’anecdotique. Dans cette tradition, il y a le rejet de l’Arabe. Les révolutions tunisiennes puis égyptiennes auraient pu changer la donne en montrant un visage nouveau de ces peuples, mais le miroir qu’elles renvoient des complicités des dirigeants européens avec les dictatures (je n’ai pas écrit avec la facilité coutumière, occidentaux) écrase encore plus nos mœurs officielles. Après avoir été à la source de milliers d’émigrés, la Tunisie va-t-elle nous donner des leçons de démocratie ?

Marseille est le sismographe de toute cette mutation, lieu de la crise profonde à travers son port, son industrie, lieu au cœur de la méditerranée, doté en plus en France d’une fonction a-parisienne en tant que seconde ville du pays ! Montebourg ne fera que passer, l’iceberg lui, continuera son chemin. J’aimerais tant qu’il soit sondé minutieusement, l’iceberg !

09-03-2011 Jean-Paul Damaggio



[i] Treize reste raide, René Merle, 1997, Gallimard, 237 pages

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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 12:24

Depuis 25 ans j’étudie, à partir du cas rural du Tarn et Garonne, l’évolution du score électoral du Front national. Sur ce parti que peut-on d’ailleurs étudier d’autre ?

Depuis le début l’analyse des hommes politiques se limite à ce constat : voilà un vote éphémère. De l’éphémère qui dure, d’où l’analyse de substitution : à la disparition de Le Pen ce parti tombera dans l’oubli. Caramba : non seulement Le Pen assure la succession de sa fille mais il le fait sans heurts ! Tout parti politique tangue quand il faut en changer le dirigeant mais pas le Front national qui sait tirer les leçons de son histoire. La scission Bruno Mègret avait été le coup le plus dur enregistré par le FN mais le MNR n’ayant pas pu percer, le FN a repris le flambeau de la représentation unique de l’extrême-droite.

Voilà que pour la première fois de l’histoire, les sondages placent Marine Le Pen en tête de l’élection présidentielle et les réactions de la classe politique continuent d’être au ras des pâquerettes. Pour aujourd’hui j’en retiens deux.

Pour le PS, son porte-parole Benoît Hamon ose taper en touche ! Sarkozy ne récolterait que ce qu’il a semé ! Au moment où le cas de la Fédération PS des Bouches du Rhône vient nous rappeler que ce parti traîne quelques casseroles qui font le jeu du FN ! Le vote FN sanctionne en réalité les échecs passés de la gauche et les échecs actuels de la droite. On ne peut me répondre que face aux fantasmes qui hantent l’électorat frontiste il n’existe aucune politique possible. Voilà un débat qui mériterait un approfondissement.

Je préfère pour le moment en arriver à la deuxième réaction, celle de Jean-Luc Mélenchon, qui m’est apparue totalement sidérante.

D’une part, il dénie aux sondages toute valeur en révélant qu’il en connaît un qui place le père noël en tête. Dans le cadre d’une élection présidentielle (donc sur un très vaste électorat unique) et par rapport à des partis en place, je suis prêt à prouver que les sondages témoignent d’une réalité sérieuse. Et de toute façon, même sans sondage tout observateur comprend que la situation est totalement favorable à ce parti. Sarkozy avait réussi en 2007 à plomber les résultats de Le Pen mais s’il y a éphémère, c’est là, car tout un chacun savait qu’il ne pourrait pas solutionner les problèmes sociaux, et que le retour du bâton serait une remontée du FN à partir du moment où celui-ci a serré les rangs pour passer indemne la tempête. Quant à la gauche, a-t-elle pu arrêter la réforme des retraites ? La gauche, c’est aussi le mouvement syndical dont la déliquescence est pire encore que le mouvement politique ! De boutiques en chapelles, de courants en farces, d’égos en zéros, la gauche patauge et use de faux fuyants face à toutes les questions posées par la crise. Les désaccords au sein de la gauche sont naturels, inévitables, et même très sains dans une démocratie mais quand la tactique prend le pas sur la stratégie et tue dans l’œuf les débats clairs alors un politiquement correct se met en place qui rend l’ambiance boueuse.

Mais Jean-Luc Mélenchon, à ce déni de la réalité (la tendance en faveur du FN) en ajoute un autre encore pire : « Pourquoi voudriez-vous que la France soit le seul pays à vouloir un président fasciste ? » Marine Le Pen en tête de la présidentielle ce n’est pas Marine Le Pen présidente ! Et il ne sert à rien de dramatiser après avoir minimisé ! Les élections cantonales vont nous ramener à la réalité du FN : il se maintient au second tour chaque fois qu’il le peut faisant ainsi élire des candidats de gauche ravis. Il ne pratique pas la stratégie des alliances car il ne cherche pas à tout prix la victoire électorale. Avec le nouveau mode de scrutin des régionales en 2010 il a perdu des sièges comme il en perdra encore avec le mode de scrutin des conseillers territoriaux. Et pourtant, il est encore là ! Pas pour accéder au pouvoir mais pour pourrir la vie politique… déjà bien pourrie !

En réalité, ce nouveau coup de colère de Jean-Luc Mélenchon tient à une réalité toute simple : en tant que candidat Front de gauche à la présidentielle il voit venir l’appel au vote utile du premier tour qui va le ramener au 2% de Marie-George Buffet ! Exemple typique où face à un problème concret, un homme politique tente de prendre la tangente. Je suis prêt à dénoncer le « vote utile » mais à condition de ne pas transformer les sondages en guignols et le vote FN en épouvantail. Face au FN, j’ai publié en 2007 une brochure pour tirer quelques leçons du passé, c’est à cet effort que je vais à nouveau me consacrer.

6-03-2011 Jean-Paul Damaggio

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 12:32

A la réunion que j’ai animé à Cayrac, la destruction du château de Lastours fut mentionnée tout comme l’Histoire des Croquants d’Hubert Delpont. En travaillant sur 1936 je retrouve ce texte…

 

 

Le pillage du château de Montpezat (30 Janvier 1790)

La Dépêche du Midi, 26 mars 1936

 

Dans les mois qui suivirent la prise de la Bastille et la nuit du 4 août 1789, qui supprima les droits féodaux, les paysans se jetèrent sur les châteaux pour brûler les documents qui établissaient ces droits.

Il en fut ainsi à Montpezat-de-Quercy où le marquis de Lostange possédait un château. Ce marquis était sénéchal et gouverneur du Quercy et colonel du régiment Royal-Picardie en garnison à Angers.

Ayant émigre, sa correspondance fut saisie, en février 1793 à son domicile, à Paris. Ces lettres se trouvent aujourd'hui aux archives nationales, dans le fonds du comité de sûreté générale.

Les événements de Montpezat y sont racontés dans plusieurs de ces lettres signées de Malaval, avocat; Prax, notaire; Depeyre-Lestrade. L. de Saint-Mart curé doyen.

En voici quelques extraits :

« Le samedi 30, nous entendîmes sonner le tocsin à Saux et à Lamagdelaine. Dans l'instant, on vint nous avertir que des brigands venaient saccager Montpezat. En effet, quelque temps après, nous aperçûmes sur le Falhal (hauteur qui domine Montpezat au nord) une troupe de ces mauvais sujets qui descendirent à grands pas... Ils se trouvèrent environ deux cents... se transportèrent devant la porte du château qu'ils eurent bientôt enfoncée, vont directement aux archives. en enfonçant deux portes de fer, et se mettent à déchirer, couper avec leurs couteaux, les titres parchemins, en jettent les morceaux par la fenêtre... Fatigués de déchirer parchemins et papiers, ils prennent ce qui restait, les jettent dans le puits du château, démantèlent ledit puits et font tomber les pierres dedans sur les livres, « papiers et parchemins » pour les noyer et pourrir dans l'eau...

« Je prends le parti de faire battre la générale pour ramasser notre milice nationale, il n'y eut environ qu'une vingtaine qui se rendirent, les autres étaient liés avec ces brigands. »

Cette scène dura de 10 heures du matin à 6 heures du soir. Le maire Raynal, qui se présenta en livrée consulaire (robe rouge et noire), fut impuissant à les arrêter. Les mutins revinrent le lendemain dimanche et se firent délivrer d'autres papiers par un sieur Barthe.

Celui-ci, effrayé, se retira à Caussade et Malaval, avocat fendiste, à Villefranche-de-Rouergue d'où il écrivit au marquis pour lui annoncer lui aussi les faits énoncés ci-dessus par le notaire Prax dans une lettre du 2 février.

Huit jours plus tard, Depeyre-Lestrade écrit qu'il a fait murer la grande porte du château « pour empêcher que le dégât augmente ».

Il ajoute : « On a brûlé la semaine dernière le château du Colombier (commune de Caussade)... On nous a envoyé ici vingt-cinq hommes du régiment de Languedoc, en garnison à Montauban; il (sic) doit repartir vendredi et rester à Caussade; il a ordre de venir à notre secours à la première réquisition; tout ce régiment est distribué comme ça dans les environs. On arrêta dimanche dernier à Monclar, à trois lieues de Montauban, un chef de bande qui soudoyait les paysans à vingt sols par jours pour aller incendier les châteaux; il prétendait qu'il en était chargé par le roi... »

Un autre homme de confiance du marquis de Lostanges, l'avocat Pélissier de la Batut, lui confirme tous ces désordres par une lettre de Saint-Alvère (Dordogne) du 5 février. En post-scriptum, il écrit que le château de Cantemerle, près de Molières, a été saccagé et que celui de Lastours, près de Réalville, a été incendié dans la nuit du 1er au 2 février. — V. M.

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 12:30

Clovis et Jeanne Hugues

Clovis Hugues

Ci-dessus deux liens parmi d’autres, sur le site de René Merle, où uk revient sur le cas de Clovis Hugues que j’ai croisé comme ami de Léon Cladel. J’en profite pour apporter ma contribution à la connaissance de ce poète. JPD

 

Clovis Hugues par René Lacôte

Lettres Françaises 1953

Clovis Hugues poète politique et félibre

QUAND les livres coulants se vendaient trois francs, on trouvait, partout pour six sous des Poésies choisies de Clovis Hugues, dont l'éditeur était la « Librairie des publications à 5 centimes » : j'en garde un exemplaire qu'un lecteur fervent fit relier. Clovis Hugues eut même le privilège de voir inaugurer de son vivant (et il mourut à 55 ans) la rue qui porte son nom, dans le XIXe arrondissement, pour honorer avec le poète du Droit au bonheur le combattant de la Commune de Marseille et le premier élu du Parti Ouvrier Français. Quel poète, après Victor Hugo qui venait de mourir, connut à cette époque une telle popularité ?

Il avait fait ses débuts poétiques au fort Saint-Nicolas, Communard de dix-neuf ans détenu pour quatre ans. Il restait le même homme à la Chambre et dans ses vers, dont la conception s'exprimait en cette formule : « La poésie n'est grande que si elle complète le rêve par l'idée, l'idée par l'action ». Ce qu'on aimait dans son œuvre était l'accent des Châtiments, mis sur-des thèmes actuels qui en renouvelaient le besoin. Comme il n'avait pas tout le génie de son Maitre, qu'importait qu'il chantât ce que tout le monde pensait ! Le critique se tire d'affaire en décrétant qu'il « délavait en vers le programme de son Parti ›, ce qui le condamna sans appel, à la faveur du mallarmisme régnant. Gustave Khan, un raffiné, ne cessait pourtant de défendre la poésie de Clovis Hugues. Il la définissait par « un mélange de talent vigoureux, d'exquise simplicité, de bonté profonde et, on peut prononcer le mot puisqu'il fut tribun, de solidarité profonde avec tout ce qui frémit de beauté au souffre d'inquiétude ou de misère ».

Clovis Hugues reste l'un des meilleurs parmi nos poètes politiques. Encore faut-il qu’on le lise, et nous en reparlerons, Il demeure à notre portée, malgré le silence dont on l'entoure encore. Lemerre a notamment une édition de Poésies choisies qui parut il y a vingt ans, assez différente d'ailleurs de son édition à six sous, établie par l'auteur afin, disait-il, que le peuple « suspende la lyre au faisceau des outils. »

On sait bien de quoi l'art pour l'art entendit triompher, et comment il y parvint quelque temps. Qui pensait à célébrer le centenaire de Clovis Hugues, que nous signalions ici, il y a un peu plus d'un an ? A peine quelques félibres, car il a laissé, dispersée et introuvable, une œuvre provençale de tout premier plan. Les raisons des félibres ne sont pas toujours bonnes, mais celles de l'Ecole des Alpillcs étaient excellentes si j'en crois la conférence admirablement documentée que fit M. Marcel Bonnet devant ce groupement. M. Bonnet est un homme patient et prudent, qui s'est mis en quête des textes les plus oubliés à seule fin d'en donner lecture. La leçon de ces textes ne peut manquer de remettre en cause, parmi les félibres abusés, l'orientation même du Félibrige depuis si longtemps faussée.

Après Mistral qui n'en est pas innocent, on a fait du Félibrige une machine de guerre fasciste. Mistral, qui supportait Clovis Hugues, ne l'aimait guère ; il transmit en héritage aux grognards de son Empire la besogne frauduleuse à faire des anthologies de l'histoire. Selon Marius André, bon apôtre, lorsque Clovis Hugues écrivait- en provençal, « le naturel de la race, -tout ce - qui fait le fond immortel de tout homme bien né reprenait le dessus et il envoyait au diable ses théories sociales et politiques françaises. ». A-t-on suffisamment colporté cette fable sans pouvoir recourir aux textes !

La poésie provençale n'est qu'une partie de l'œuvre de Clovis Hugues, mais fort importante dans ce mouvement. Il y a dans ces chants de Provence un réalisme que Mistral n'a pas. Clovis Hugues n'est pas toujours clairvoyant, mais il est aussi loin de l'idéalisme provençal de Mistral que de l'Intellectualisme occitan d'aujourd'hui. Il n'y a pas, chez lui, qu'un repos aux sources de sa vie, puisque celles-ci sont prises dans tout leur contexte social et national (et point seulement paysan selon l'Evangile de la secte) et puisque, enfin, Clovis Hugues a su donner à la poésie provençale ses plus beaux chants révolutionnaires, en occupant dans sa lutte tout le terrain du Félibrige et bien au-delà.

Dans la langue nationale, il a repris aux faussaires et remis dans sa vraie lumière l'épopée nationale de Jeanne d'Arc. Félibre, il rend leur pleine réalité aux valeurs du Félibrige, en n'abandonnant pas même à leur vanité les totems régionaux qu'il recharge d'aspirations populaires. L'olivier, puisqu'il faut bien ici un exemple, l'Olivier, l'arbre sacré de Mistral et le symbole de la terre provençale, est un symbole aussi, pour unir les hommes, au-delà de la provence.

Et peréu cantaras, troulaire, Diras la nature e per ti fraire, Qu'ensigno à la terra avuglado Dins lou sang rouge dis armodo. La Pas, la Forço e leu Travai !

(Et tu chanteras aussi, poète, —Dans la nature et pour tes frères, — L'olivier rayonnant — Qui enseigne à la terre aveuglée —Dans le sang rouge des aimées — La Paix, la Force et le Travail).

Cette conception du Félibrige était alors assez commune pour qu'avant de pouvoir l'étouffer Mistral se plaignit d'être entouré de « rouges ». C'est si vrai que, lorsque aux côtés de Clovis Hugues les Marseillais envoyèrent un deuxième socialiste révolutionnaire à la Chambre (qui n'en comptait qu'une douzaine), c'est encore un félibre qu'ils choisirent, Antide Boyer,

Est-ce donc encore un hasard si le Félibrige, utilisant à sa propre gloire un nom et quelques poèmes choisis, ne nous a jamais donné l'édition complète de l’œuvre provençale, à laquelle Clovis Hugues songeait à la veille; de sa mort sous le titre Lis Oulivado ! On sait comment tout le socialisme, et même toute idée républicaine, ont été rayés de l'histoire du Félibrige. Ils reparaissent aujourd'hui dans les travaux objectifs des chercheurs, ils reparaissent même chez quelques poètes et conteurs, et le travail de M. Bonnet n'aura pas été vain s'il aboutit à l'édition de Lis Oulivado, prévue depuis quarante-cinq ans, et qui peut si puissamment contribuer à balayer l'édifice maurrassien.

(1)        Marce Bonnet : Le citoyen Clovis Hugues, poète provençal. Eole des Alpilles. à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

 

 

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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 20:21

Assemblée Plénière du 28 février 2011 du Conseil Régional Midi-Pyrénées

Pour le groupe Front de Gauche :PCF-PG-GU

Intervention de Guilhem SERIEYS

 

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Vous connaissez l’implication des élus du Front de gauche pour le transport collectif, pour le rail, comme élément central de la planification écologique, seul moyen d’action politique pour assurer la transition vers un mode de développement alternatif au tout libéral et respectueux de l’environnement.

Notre région s’est fortement impliquée pour rattraper notre retard d’infrastructures de Transports, en témoigne notre plan rail, le plus important de France. Nous avons plus que doublé le nombre de dessertes quotidiennes, mis en place une offre cadencée en matière d’horaire de renouvellement du  matériel, de politique tarifaire attractive.

Nous avons fait la preuve par l’exemple, en Midi-Pyrénées, que nos concitoyens sont disposés à utiliser les transports collectifs si ces derniers sont adaptés, cadencés et ne se traduisent pas par une perte de temps en comparaison de la voiture.

Un consensus s’est développé ici, il y a quelques années, d’une part contre un second aéroport et d’autre part autour de la perspective de la LGV Toulouse-Paris comme élément d’alternative et de substitution à la voiture et à l’avion.

Mais nous devons regarder l’évolution du dossier en face, pas avec un LGVisme béat. Clairement, le temps de trajet entre Toulouse et Paris est trop long, 5h17. Et le temps de trajet entre Toulouse et Barcelone encore plus long en regard des enjeux de notre territoire et pour nos concitoyens. Nous n’abordons pas la question de la LGV en soi car elle ne peut résumer les enjeux qui sont les nôtres aujourd’hui.

Nous abordons la question de la LGV dans le cadre d’une bataille politique globale pour le transport collectif , pour le rail.

Pour la première fois, nous est soumise pour discussion et vote la convention de financement du tronçon Tours-Bordeaux. Je le dis clairement. Il est une chose de payer en partie à la place de RFF et de l’Etat des infrastructures qui relèvent de leurs compétences.

Il en est une autre, d’accepter ici, un mode de financement en Partenariat Public Privé où les collectivités locales payent et un groupe financier qui va générer des profits. Le concessionnaire participe au financement à hauteur de 29% puis bénéficierait pendant 50 ans des péages d’utilisation de l’infrastructure.

Nous ne voterons pas ce protocole qui est soumis au vote aujourd’hui.  Nous nous abstiendrons en affirmant notre opposition au PPP, déclinaison de la construction libérale de l’Europe du Traité de Lisbonne. Nous sommes pour l’extension du service public ferroviaire, nous sommes pour renationaliser ce qui a été filialisé en 1996, c'est-à-dire RFF, nous ne mettrons pas un doigt de plus dans la logique de privatisation du rail. Et pour la partie Bordeaux-Toulouse, nous souhaitons une position claire de la majorité régionale contre dans l’hypothèse d’ un financement en PPP.

Je le dis concernant la perspective Bordeaux-Toulouse. Nous poserons dans les discussions d’autres éléments précis au delà du mode de financement à retenir.

La LGV ne peut prendre du sens du point de vu de l’intérêt général que si elle permet une extension du service ferroviaire, pas si elle implique une diminution du service global. Il est urgent d’avoir des réponses précises de l’Etat et de la SNCF.

Par exemple, quels sont les engagements de la SNCF concernant l’utilisation de la voie actuelle Bordeaux-Toulouse. On sait bien qu’il est difficile de faire tout coexister sur la voie actuelle avec des TER à 6O km/heure de vitesse commerciale. La LGV prendrait du sens avec en parallèle une grande politique du fret. Mais quel avenir au Fret public national et quelle planification concernant le fret des trains longs sur l’axe Bordeaux-Toulouse-Marseille ? Quelle continuité de Bordeaux-Toulouse dans un schéma de relation sud France et sud Europe vers Narbonne Marseille, Lyon, Barcelone ? C’est la réponse à ces questions, entre autres, qui permet de mesurer l’impact écologique de la construction d’une autre voie même si une étude plus précise doit être réalisée sur l’impact environnemental direct de la LGV. J’ajoute que RFF doit la transparence sur les tracés, sinon comment s’étonner que les populations se considèrent écarter de ce débat public.

Autre question : Quelles garanties sur le maintien et le développement des réseaux secondaires et des autres liaisons avec Paris ? Quel avenir pour Béziers-Neussargues ? Quel avenir au POLT ?  Liaisons nationales ou addition de TER ? Quand on voit aujourd’hui  la quasi-absence du POLT sur les centrales de réservation, on peut être inquiet. Si on considère que notre pays a besoin d’un service public ferroviaire pour l’égalité des citoyens et le progrès écologique et social, il faut que le réseau de transport soit maillé, organisé. Il faut maintenir et mettre en relation les 32000 km de lignes. Cela n’est pas compatible avec la concentration du réseau sur les lignes assurément rentables.

Si la rentabilité de la LGV nécessite  la diminution du reste du service ou un coût des billets exorbitant, nous devons au plus vite réajuster notre positionnement.

Est-ce la LGV pour le reste du réseau, ou la LGV contre le reste du réseau ? Seuls des engagements contractuels avec l’Etat et la SNCF peuvent y répondre. La majorité régionale doit porter fermement ces batailles d’intérêt général.

Les élus du Front de Gauche prendront leurs responsabilités en fonction des engagements pris par l’Etat et la SNCF.

Nous demandons qu’aucun engagement supplémentaire ne soit pris par la Région tant que la clarté ne sera pas faite sur les éléments que j’ai énoncé.

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