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Lundi 25 mars 2013 1 25 /03 /Mars /2013 15:09

Il est frappant de constater que chez les grands commentateurs le Front de Gauche a disparu comme si c’était quantité négligeable.

Voici une phrase du communiqué des candidats FdeG, Pierre Ripart et Anthony Auger au sujet de leur score : « Dans ces conditions, le score en progrès du Front de Gauche apparaît comme le seul signe d’espoir. » Un optimisme raisonné ?

 Sur le site PG Midi-Pyrénées je trouve ENFIN les résultats de tous les partis donnés par Jacques Sérieys :

« Le Front de Gauche connaît une progression (de 5,25% à 6,64%) de même que la candidate de Lutte Ouvrière (de 0,73% à 1,57%). ».

Mais il faut observer que par rapport à 2012, il manque deux "petits" candidats écolos et un candidat d’extrême-gauche.

 Bref, au premier tour le PS perd 9% que le Front de Gauche ne récupère pas. Donc je suis d’accord avec l’analyse de Jacques Sérieys : « L’énorme abstention de l’électorat de gauche marque plus une profonde désillusion vis à vis de la politique menée par François Hollande et le gouvernement, qu’une politisation vers les solutions que nous proposons. »

 Donc que faire ? Les candidats FdeG répondent : on continue pareil...

 Or les résultats du second tour, une fois de plus, créent l’événement. Ni le candidat FdeG, ni la candidate socialiste n’ont voulu relayer l’appel national du PS à faire barrage au FN en votant UMP.

Martine Billard explique pour le PG : « Il est hors de question d’appeler nos électeurs à voter pour un candidat UMP qui en d’autres occasions (cantonales et régionales de 1998) n’a pas hésité à pratiquer des désistements réciproques avec le FN et qui a été condamné par la justice notamment pour conflits d’intérêts. »

De son côté le candidat FdeG a déclaré :

« Entre Jean-François Mancel, représentant d’une droite extrême et Florence Italiani de l’extrême droite, il n’y a aucun choix possible pour les électeurs de gauche. »

 Le candidat de l'UMP Jean-François Mancel a remporté la législative partielle dans la 2e circonscription de l'Oise avec 51,41% des voix, contre 48,59% pour la candidate FN Florence Italiani. Comment le FN passe de 26, 5% à 48,5% ? Ce qui correspond à une augmentation de 6000 voix !

Une analyse est proposée :

Que s’est-il passé dans la 2e circonscription de l’Oise ?

Je ne connais pas son auteur Joël Gombin qui vient par ailleurs de travailler au vote FN dans le Vaucluse. Après son étude minutieuse bureau par bureau et avec des instruments précis, j’en partage les conclusions, qui tiennent en ces deux phrases :

1 - « Entre 40 et 45 % des électeurs socialistes ont voté pour Florence Italiani – et il faut remarquer que cela semble se vérifier dans toutes les communes de la circonscription. Pour le reste, ces électeurs socialistes se sont répartis équitablement entre abstention, vote blanc ou nul et vote Mancel (environ 20 % pour chaque). »

 2 – Et il faut en effet tenir compte de cette autre donnée :

« À l’inverse, il convient de noter que Florence Italiani ne fixe qu’une part relativement médiocre de son électorat de premier tour au deuxième (environ 65 %). Pour le reste, les électeurs ayant choisi le FN au premier tour se sont notamment portés sur Jean-François Mancel (environ 1800 voix) : il s’agit sans doute là d’une fraction « radicalisée » de la droite qui a voulu donner un avertissement à l’UMP (et au gouvernement) au premier tour, mais a rejoint son candidat naturel au second tour. Toujours est-il que, si tous ses électeurs de premier tour l’avaient soutenue au second tour, Florence Italiani serait la nouvelle députée de la seconde circonscription de l’Oise… »

Ce phénomène était classique autrefois y compris au deuxième tour de la présidentielle Chirac/ Le Pen : au second tour des électeurs FN volent tout de même au secours de la droite tout comme à l’époque où les candidats PCF se maintenaient au second tour, 40% de leur électorat soutenait la gauche au second.

 Autant dire que cette situation du FN est inquiétante. Très rares sont les électeurs PS mécontents qui au premier tour se portent sur le FdG, et quand leur parti est absent alors c’est la dispersion totale vers les aventures !

Mélenchon semble vouloir résoudre le problème en durcissant le ton contre le PS. Mais faut-il alors être sûr d’apparaître comme une alternative, sinon c’est le FN qui tire les marrons du feu car lui, il joue électoralement dans la cour des grands !

Même s’il est impossible de tirer des leçons générales d’une élection partielle très particulière, il me semble urgent d’engager une réflexion autour des leviers disponibles pour sortir des impasses qui sont celles de TOUTE le gauche, les responsabilités étant différentes pour ceux qui sont au pouvoir et ceux qui sont sur le bord de la route. JP Damaggio

 PS Analyse d’avril 2011 ; La gauche vote FN

Par éditions la brochure - Publié dans : front national - Communauté : Résistance 2007
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Mercredi 9 janvier 2013 3 09 /01 /Jan /2013 23:25

Publico est un quotidien espagnol intéressant et à le visiter je découvre un article avec la photo classique de Gramsci. J'ai eu du mal à le traduire, d'abord à cause de l'ironie et ensuite à cause du style. Il témoigne d'un état de la situation qui me semble important de noter. JPD

Aníbal Malvar

 http://blogs.publico.es/rosa-espinas/2013/01/09/la-tuitera-asesina/

 La Rose et les épines

Il semble que, voici deux jours, au petit matin, une tuitera [personne qui fait des twits] a été appelé à témoigner dans une caserne, sur ordre de l'Audiencia Nacional, sous l’accusation de diffusion de twits presque violents et meurtriers. Elle a tout raconté sur les réseaux sociaux. Almudena Montero - écrivaine, journaliste et scénariste-, a été quelque peu stupéfaite lorsque le procureur lui a montré le corps du crime. C'est - toujours selon la version de cette dangereuse « nínfula » du réseau - de citations textuelles du philosophe marxiste Antonio Gramsci, mort en 1937 après avoir fait six ans de prison sur un caprice de Benito Mussolini.

L'histoire de l’Almudena est fondamentalement triste. Qu’une dictature lettrée te coffre pour citer Gramsci est encore supportable. C’est la preuve que tes ravisseurs ont lu quelque chose. La répression d'analphabètes est plus douloureuse. Et plus de répression. Une justice ignorante est une loterie. Et, par coïncidence, la graisse a tendance à nous toucher toujours à eux. La culture ne donne pas la liberté lorsque les juges n'ont pas de culture. Mais bien au contraire.

La justice espagnole a toujours été très pittoresque. Nous maintenons dans la légalité et dans les votes une phalange espagnole qui marche un jour oui, et un autre qui se dénommait le coup d'État militaire sur leurs sites Web, nous permettons à des anciens ministres comme Mayor Oreja de faire l’apologie du fascisme de Franco dans les médias ("c’était une situation de sérénité extraordinaire"), nous gracions des tortionnaires de la police catalane et nous coffrons une fille qui diffuse sur le réseau les travaux du pauvre Gramsci, ce tuberculeux si violent. Très pittoresque, tout ça, je l’ai dit.

C’est sûr, ce cas d’Almudena éveille l'imagination de chacun. Il n'est pas facile de contrôler le contenu dans le réseau de près de 50 millions d'espagnols. Combien de policiers à l'Etat à l’intérieur de son taudis, collée à l'ordinateur, afin d'identifier et de capturer des lecteurs de Gramsci ? Combien ça nous coûte ? Gramsci, je crois, n’est pas si cher que ça. Mieux vaut qu’ils interdisent ses livres, que nous les brûlions sur les places. Total, j'entrevois que nous sommes en chemin pour aller d'une « situation d’une sérénité extraordinaire » à la sérénité extraordinaire qui consiste à brûler les livres.

 

Un fascisme au verbe pudique survole l’Espagne, parce qu'il n'ose pas dire son nom, mais qu’il est décidé à l’être, puisqu'il agit avec plaisir varié. Nous, nous sommes tombés amoureux. Nous aimons nous-mêmes. De notre audace à occuper les rues et assiéger le Congrès. De nos citations de Gramsci. De notre pacifisme désobéissant. Mais à la fin nous ne désobéissons pas. Parce qu'il n'y a aucune désobéissance possible à un appel de l'Audiencia Nacional. Devant une amende au hasard qui coûterait si on refusait de la payer. Devant une fraude bancaire, ce qui fait passer à la caisse ceux qui n'ont même pas un compte en banque.

 

Et là-bas, du ciel de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, l’Europe kidnappée nous donne rien de la feinte indifférence.

 

Au risque qu’on me mette dans la prison, accusé d'un crime de détournement culturel, ou quelques autres, absurde, d'importance similaire, je me souviendrai de la plus célèbre phrase d’Antonio Gramsci : "Le vieux monde se meurt. Le nouveau tarde à apparaître. Et dans ce clair-obscur des monstres surgissent". C'est sûr qu’il tarde, camarade Antonio. Quelle liberté et il semble que le mot n’est pas assez large. Ici, la fascisterie continue installée dans le clair-obscur de la sérénité extraordinaire, tandis que nous, comme je l'ai dit plus haut, nous nous aimons.

Par éditions la brochure - Publié dans : front national - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 8 janvier 2013 2 08 /01 /Jan /2013 13:56

Ciommenrt comprendre un homme de gauche qui passe dans le camp fasciste ?

 

En fait hier, je n’étais pas aux Archives départementales pour consulter La Feuille villageoise mais le fond Marcel Maurières. Malheureusement il n’a pas encore de répertoire aussi aimablement on me porte tout de même les trois premières références qui sont des livres sur l’histoire de France de 1940 à 1944. Je feuillète ainsi Des écrivains et des artistes sous l’occupation, de Gilles Ragache et Jean-Robert Ragache publié chez Hachette. Comme il y a un index je prends note de ce qui est dit de Ramon Fernandez. Gide aurait trouvé remarquable son étude sur Lamennais publié à la NRF (mais ça je le savais) puis une référence au voyage de ces intellectuels de la collaboration visitant l’Allemagne. Dès le 11 juillet 1940 Ramon Fernandez est noté comme membre de la droite musclée par son travail à La Gerbe d’Alphonse de Chateaubriant. Droite musclée pour ce soutien bien connu du PPF (Parti populaire français) de Doriot ?

 L’écrivain Dominique Fernandez a publié en 2009 un très gros livre sur son père Ramon Fernandez, sur le poids qu’à représenté pour lui, le passage au fascisme de cet homme promis à une autre destinée. Il rappelle que chercher à comprendre ne veut pas dire excuser mais peut-on comprendre ? Le dos de couverture résume ainsi le parcours : « socialiste à 31 ans, critique littéraire d’un journal de gauche à 38, compagnon de route des communistes à 40, fasciste à 43 et collabo à 46. »

 Prenons un extrait de les conclusions de son long tableau du voyage en Allemagne : « En quoi Sartre a-t-il été plus clairvoyant sur l’horreur soviétique que mon père sur l’horreur nazie ? En quoi s’est-il montré moins servile envers ses hôtes communistes que mon père envers ses hôtes national-socialistes ? Les millions de déportés en Sibérie ne pourraient-ils lui demander les mêmes comptes que les millions de gazés d’Auschwitz à mon père ? »

Sur Aragon : « En 1954, il publiait chez Denoël (ouvrage jamais réédité et pour cause), un essai, Littératures soviétiques, où il osait vanter la « liberté » des écrivains soviétiques. »

 Dominique Fernandez a voulu s’attaquer à cette question cruciale : comment devient-on fasciste ? Je n’ai pas été convaincu par sa réponse qui tient plus de la psychologie que de la politique (trop dominé par sa mère, trop de déception conjugale, remplacer le soldat qu’il n’avait pas été en 14-18…). Bien sûr le cas de Doriot est largement évoqué mais je reste sur ma faim. « Déjà en 1937, parmi les causes directes de son ralliement au PPF, je mets en première ligne l’aspect militaire des sections doriotistes. » Doriot l’ancien ouvrier qui permettait, avec son parti le PPF, a des intellectuels parfois de haut rang, une rencontre avec le peuple. « La séparation d’avec sa femme concorde avec le début de son évolution politique. La rupture conjugale amorce le dérapage vers la droite puis le fascisme [ … ] L’intérêt pour Doriot, dès la fin de 1936 ? Réflexe de noyé. »

« Il y avait chez lui cette lancinante question jamais résolue, de la patrie, des racines, et il crut trouver la solution en s’engageant dans un parti dirigé par un ancien ouvrier qui s’était rebellé contre Moscou. »

On devine tout de même en toile de fond l’évolution même du PPF qui dira d’abord « ni Moscou ni Berlin » pour finir dans les bras de Berlin.

 Bref, ne pouvant consulter facilement les archives de Marcel Maurières j’ai consulté plus sagement le cas du Boulangisme dans La Feuille villageoise où certains, en 1888, demandent des explications à l’ancien communard Rochefort, passé aux côtés du Général populiste. JPD

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Jeudi 6 décembre 2012 4 06 /12 /Déc /2012 14:43

                              le-canard.jpg

Philippe Cohen et Pierre Péan viennent de consacrer à Le Pen une imposante biographie. Je l’ai appris par Maurice Szafran dans Marianne qui n’ira pas par quatre chemins dès le titre de son article : « Jean-Marie Le Pen, la réhabilitation ». Ayant d’autres lectures en cours, je ne suis pas allé vérifier. Voilà que « Le Canard » n’est pas plus tendre pour le livre. Alors je m’inquiète. Peut-être quelqu’un m’enverra les réponses des auteurs ? Pour le moment je vous offre l’article du « Canard ». J P Damaggio

 La bio de Le Pen soumise à la torture

APRÈS tout, ce pourrait être une bonne nouvelle : le lieutenant Jean-Marie Le Pen n'a pas torturé en Algérie. Le rude soldat s'est « sans doute » laissé aller à « brutaliser » quelques suspects. Mais la gégène, la baignoire, jamais. Et, s'il lui est arrivé de laisser entendre qu'il avait bien mis la main à la pâte, c'était pure vantardise et rodomontade. C'est la thèse défendue par Philippe Cohen et Pierre Péan dans la copieuse biographie qu'ils viennent de publier (1). « Le Canard », qui fut le premier à mener une véritable enquête et à retrouver des témoins directs, ne demande qu'à en être convaincu. Hélas, sur ce chapitre au moins, le bouquin est truffé d'erreurs grossières et d'affirmations péremptoires, qui n'ont qu'un dénominateur commun elles dédouanent le fier para.

Question sans réponse

Il serait un peu fastidieux de reprendre les 25 pages de leur longue plaidoirie. Il suffit de relever que les auteurs eux-mêmes comptent pas moins de neuf témoins qui ont affirmé, souvent sous la foi du serment, qu'ils avaient été torturés par Le Pen. Cohen et Péan n'en sont aucunement troublés : tous des menteurs ! Tous arabes, il est vrai. Et, comme le disait Le Pen lui-même à la barre du tribunal, sans doute tous des tueurs du FLN « en service commandé ».

Un fieffé menteur, par exemple, cet Ali Rouchaï, qui, en 1984, raconte pour la première fois son histoire à un journaliste du « Canard ». Arrêté, torturé par Le Pen, il confie, vingt-deux ans après, des larmes dans les yeux : « Que Dieu me pardonne, j'ai craqué, j'ai donné des frères. » Enfermé dans un réduit, pris de remords, il tente alors de se trancher la gorge avec une bouteille. Lors de l'audience du 21 mars 1985, Le Pen se trahit sottement et confirme le récit : « Je lui ai sauvé la vie, à celui-là !» Et c'est exact. Le lieutenant Le Pen a bien transporté Rouchaï à l’hôpital. Le médecin qui l'a soigné racontera, beaucoup plus tard, les manœuvres dilatoires dont il a usé pour retarder le moment de rendre « son » blessé à Le Pen, qui insistait pour lui poser encore quelques questions. Donc tout est vrai. A un « détail » près.

Menteur, encore, l'ancien maître d'hôtel du maire d'Alger, Jacques Chevallier, dont Cohen et Péan ont oublié le témoignage. Arrêté par Le Pen, torturé, il est libéré le lendemain avec un œil en moins. Ce qui provoque une protestation officielle du maire auprès des autorités militaires. Au procès, « Le Canard » a produit la lettre de Jacques Chevallier.

Menteur, toujours, le commissaire Gilles, qui rédige, en 1962, une note sur les sévices au tout jeune Abdenour Yahiaoui. Là, le mensonge confine au paranormal. Devenu un paisible artisan, Yahiaoui est retrouvé à Alger à l'adresse exacte indiquée par le commissaire Gilles. Vingt-deux ans après, il habite toujours la maison familiale. Il n'a aucun lien avec le FLN. Au procès du « Canard », qui a lieu plusieurs mois avant celui de « Libération », il témoigne, sans le moindre ressentiment : c'est bien Le Pen qui s'est occupé de lui. Menteur !

Mais il est vrai que ni Cohen ni Péan n'ont assisté à ces moments terribles où, devant les juges de la 17e chambre, les torturés ont fait face à leur tortionnaire. Ils n'ont pas entendu le silence du prétoire. Ils n'ont pas senti le froid qui s'est abattu sur le public. Ah, ils avaient du talent, les menteurs !

« Que retenir de tout cela ? » se demandent les auteurs. Mieux vaut plutôt oublier les écrits des compères, que l'on a connus mieux inspirés. Oublier, par exemple, qu'ils expliquent doctement que, lors de son procès, « Libé «a été relaxé en première instance. En réalité, le quotidien a été condamné, tandis que « Le Canard », lui, était bel et bien relaxé à l'issue d'une première audience dont ils ne disent pas un seul mot. Un détail ?

L.-M. H.

(1) « Le Pen, une histoire française » (Robert Laffont)

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Samedi 24 novembre 2012 6 24 /11 /Nov /2012 11:59

Je retrouve ce texte envoyée à l’époque à la revue M qui s’appelait encore Mensuel, Marxisme, Mouvement (elle perdra ensuite les deux premiers M). J-P Damaggio

  

« …. et ils se racontaient leurs vieux souvenirs, parce que vivants au temps de l'oubli ils avaient pu se faire fils de l’histoire, fils de Jeanne dit l'un, et fils d'une vieille bataille dit l'autre.

… les voilà donc contemporains tout en restant dans la marge, fils aussi de la géographie, de la Bretagne dit l'un, du Val d’Aoste dit l'autre.

... d'où cette manière de parler, de parler et toujours de parler, de parler pour tordre le langage normé, de parler pour piéger les mots avec de l'argot dit l’un, avec du dialecte dit l'autre.

... pourtant tout les distingue, puisque, je suis nationaliste dit l'un, je suis fédéraliste dit l'autre."

 Vous l'aviez deviné, ils sont hommes politiques tous deux car la politique trafique l’histoire, vient de la marge géographique et parle tant et plus. Nos démocraties ont mis en leur cœur non pas la politique comme elle veulent le faire croire mais l'économique, aussi nos deux Marginaux tempêtent contre l'économie de nos sociétés, en s'appuyant sur les petits entrepreneurs, les petits en tout genre, ... au nom de leurs grands idéaux.

… et ils se plaignaient donc de la vie politique de leurs pays respectifs puisque les élus du nationalistes sont surtout dans les régions et pas au niveau national, alors que le fédéraliste  vient d'envoyer 80 élus au niveau national

... et pour se consoler ils pouvaient constater qu'ils avaient le même faible nombre de femmes élues. Le Français avait, en la matière, mis en piste sa propre fille tandis que l’Italien avec 6 élues peut compter six personnes de choc venant surtout du milieu enseignant. Celle du Trentin a fait sa thèse sur l'autonomisme catalan et basque (à tant que faire !) et celle de Venise aime rappeler que "le dialecte est la langue de la spontanéité et de la protestation populaire.

… et ils divaguent sur le national-populisme et le régional-populisme donc sur les différences entre France et Italie.

… ils sont toujours face à face à se raconter leurs victoires contre tous, leurs victoires contre les sales médias, les sales "cocos" et les immigrés en tout genre. Le Français ayant pris un peu d'avance en est à 14% quand l'Italien arrive à peine à 7%. Pourtant ils voient la vie en face, ils se parlent comme ils se connaissent, pour la forme. La première victoire de Jean-Marie fut "européenne" et idem pour celle d’Umberto… "les Français d'abord" dit l’un et l'autre lui répond « Priorité aux Lombards dans l'attribution d'emplois, de logements, de secours et de subventions ». Et, de préférence nationale, on tombe en préférence régionale, puis en préférence locale ... donc on tend vers l'autarcie si ridicule aujourd'hui ! ils manipulent la nostaglie, quand d'autres jouèrent aux lendemains qui chantent.

… oui, oui nous sommes ridicules et même des résidus et nous la leur mettrons à tous les intellos, les technocrasses et mafieux en notabilité et nous la leur mettrons si bien qu'ils viendront en redemander mais eux le feront avec la manière, car ils ont la manière, n'est-ce pas, ces arrivés de la bien pensée, ces prétendants en modernité."

 

Ce dialogue entre Le Pen et Bossi n'a jamais existé et pour preuve cette mise en garde du leader des Ligues: "Entre Le Pen et moi, il n’y a pas la moindre analogie. Le Pen est un produit typique de la politique française." (Paris-Match du 2 avril 92) Et il a raison Bossi, entre l'histoire de l'Italie et de la France il n'y a aucune analogie. Il n'y en avait aucune entre Mussolini et Hitler sauf qu'ils se trouvèrent d'accord pour aider Franco qui, lui n'ont plus, n'avait aucune analogie avec ses deux souteneurs puisqu'il vécut bien longtemps après leur mort. Et la preuve vous la connaissez : les seules chambres à gaz répertoriées à ce jour sont allemandes. Et pourtant…

Dans un article précédent de M, j'avais essayé de montrer que l'indispensable réflexion sur le fascisme devait tenir compte du cas italien (la moindre des politesses). La base du fascisme est nationale et toute généralisation excessive (triste universalisme bien français) est perverse. Le débat Bossi-Le Pen peut se mener en parallèle avec le refus britannique de Le Pen, ou les événements de Los Angeles, et en parallèle avec l'histoire, sans plaquer trop vite l'étiquette de fasciste qui sert parfois à tuer la pensée…

Tout tourne autour de cette question : quels clivages pour demain ? « Je ne suis ni à gauche, ni au centre, ni à droite. Je suis au-dessus des partis politiques ou, si vous préférez, je suis' contre les partis politiques. ». De qui est cette phrase ? Toujours de Bossi et pourtant de tant d'autres qui nous la présentent comme une position ORIGINALE (je préfère ne pas citer de noms). Fini les clivages religieux (?), les clivages sexuels (?), les clivages politiques (?), les clivages sociaux (merci le Jean’s) etc...

Chez les suivants : les riches contre les pauvres, les nationaux contre les étrangers, les occi­dentaux contre les barbares (de l'est par exemple), les modernes contre les anciens etc...

Et à gauche on patauge : les résistants contre les aliénés ? la révolution contre la réforme ?

 Relevons le défi en replaçant le clivage gauche/droite sur une autre orbite. D'abord pour combattre le clivage insidieux Front national / les autres (clivage insidieux puisque les Verts qui refusent celui droite/gauche admettent maintenant de s'unir contre le FN). Ensuite pour rétablir les liens mondiaux des résistants progressistes.

Pour soigner nos articulations atteintes d'arthrose, je revendique (de manière provocatrice) avec Le Pen et Bossi (au vu de leurs différences essentielles) une gauche de Quelque Part (contre la mobilité), une gauche qui Ose Humaniste (contre le populisme), une gauche qui fasse des Vertus de l'Hospitalité l'art de la lutte contre La Mafia (contre la drogue qu'il faut en partie légaliser) etc...

 

Il n'est pas dit que cette lettre puisse soigner le mal qu'elle veut dénoncer. Il est si dur de lire des Ecarts, quand on nous bassine soit avec des évidences, soit avec des dissidences.

Jean-Paul Damaggio

 

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Dimanche 16 septembre 2012 7 16 /09 /Sep /2012 12:33

A chaque fois que l’extrême-droite marque des points on assiste à un emballement médiatique, mais quand vient l’heure de l’échec de ce courant, tous les regards sont braqués sur autre chose. Donc arrêtons-nous un instant sur l’échec de l’extrême-droite aux dernières élections néerlandaises.

 

Rappelons d’abord que cette extrême-droite (PVV) fut si forte qu’elle a permis la mise en place d’un gouvernement de droite (VVD) (soutien sans participation) et que c’est elle qui a provoqué les élections en cessant son soutien, ce dont ses électeurs ne l’a pas félicité. En effet, le succès de la droite n’est rien d’autre que l’échec de l’extrême-droite ! Le PVV perd 9 sièges et le VVD en gagne 10 !

 

Or ce phénomène s’est déjà produit en Autriche où là l’extrême-droite (FPÖ) avait même obtenu des ministres en l’an 2000. Résultat, aux élections suivantes le FPÖ est passé de 26% à 10%, la droite étant passé inversement de 26% à 42%. Un peu comme si une partie importante de l’électorat d’extrême-droite se ravisait quand il découvrait que son parti est trop puissant.

 

En France, l’extrême-droite a gagné des municipalités et est intervenue dans l’élection de présidents de trois régions entre 1995 et l’an 1998. Ni les maires, ni les conseillers régionaux ayant conclu des alliances avec la droite ne furent des tremplins vers l’avenir, pour le Front national. Au contraire, en 1999, ce fut l’échec.

 

Ces échecs électoraux ne signifient en aucun cas, un recul des idées d’extrême-droite. La droite, en se radicalisant, récupère une bonne part des thématiques. Et par ailleurs en France comme en Autriche l’extrême-droite a entrepris une stratégie de reconquête.

 

La place et le rôle de l’extrême-droite ne peuvent pas s’analyser sans rapport avec la présence d’une alternative ou pas, proposée par la gauche.

 

Le cas des Pays-Bas comme celui de l’Autriche permet de relativer l’équation classique : crise économique = montée de l’extrême-droite. En 1999 quand le FPÖ a obtenu à Vienne 26% des voix, le chômage était presque inexistant ! Et les Pays-Bas sont aussi connus pour être en situation bien meilleure que l’Espagne ou même la France.

Par rapport à l’Autriche, les Pays-Bas offrent un élément supplémentaire à la réflexion : il y existe un parti de gauche extérieur à la social-démocratie. En Autriche on a souvent expliqué le vote FPÖ par la collusion permanente entre droite et sociaux-démocrates et par l’absence de toute alternative autre que l’extrême-droite.

 

Il se trouve que les dernières élections néerlandaises, contrairement à quelques sondages, ont laissé le PSP (un parti socialiste sur les positions du Front de Gauche en France mais antérieur à ce front, et constitué d’un seul parti) avec quasiment le même résultat (de 15 à 16 sièges). Il peut se consoler en devenant le troisième parti du pays puisqu’il passe devant l’extrême-droite et les chrétiens démocrates. Sauf que ce parti ne récupère pas l’échec de la gauche verte qui tombe à 3 députés après en avoir eu 10.

Les mécontents de l’Europe pouvaient donc abandonner leur soutien à l’extrême-droite pour se tourner en partie, vers le PSP, geste qui pouvaient également tenter des électeurs sociaux-démocrates dans ce pays qui avait voté non au Traité européen en 2005. Il n’en a rien été.

 

Bilan : en pleine crise de l’Europe et de l’Euro, les électeurs des Pays-Bas ont préféré appuyer essentiellement les partis traditionnels. Il n’y a donc, là non plus, aucune équation du genre : crise économique = montée de la gauche.

 

En 2013 le cas italien va nous permettre de refaire un point essentiel sur ce tgerrain.

Jean-Paul Damaggio

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Dimanche 1 juillet 2012 7 01 /07 /Juil /2012 22:49

« Claude Gilardo, le représentant de la gauche unie, retrouvera son fauteuil de conseiller général du canton de Brignoles. Une victoire très serrée, une fois encore, puisque Claude Gilardo l'emporte de treize voix. Pour rappel, l'an dernier, Jean-Paul Dispard l'avait emporté de cinq voix avant que le Conseil d'Etat n'invalide l'élection à la suite de certaines fraudes. Le maire de Brignoles est parvenu à limiter les écarts dans des communes désormais estampillées Front National comme La Celle (- 71 voix) et Camps (- 88). Il s'incline de trois voix au Val où il était arrivé en tête au premier tour. En s'imposant nettement à Tourves (+ 91) à Vins (+72) et plus difficilement à Brignoles (+ 12) Claude Gilardo gagne le droit de siéger à l'assemblée départementale pour la troisième fois. » Var Matin

 

L’élection était emblématique : depuis 2011 le FN allait-il confirmer dans cette élection partielle ? D’après le journaliste de l’Humanité, le FN n’a pas fait une campagne pensant peut-être que la confirmation serait facile. Du côté de la gauche le communiste Claude Gilardo a bénéficié de l’appui très fort du PS. Il a donc gagné. Une bonne chose qui ne peut dispenser de la réflexion car globalement on est dans le même rapport des forces qu’en 2011. Affaire à suivre ; JPD

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Mercredi 27 juin 2012 3 27 /06 /Juin /2012 11:12

Cette étude du cas de deux circonscriptions ne se veut pas polémique mais ordinaire. Dans un article précédent j’avais étudié l’ensemble des cas et vu le juste commentaire d’un lecteur, j’ai approfondi un élément.

 

Dans la deuxième circonscription du Vaucluse, le FN a eu au premier tour 13 422 voix et au second tour 17 045 voix. Il a donc gagné presque 4 000 voix entre les deux tours. Son opposant de droite est passé de 13 852 voix à 21 293 voix. Il augmente donc du double soit de 8000 voix. D’où viennent les gains ?

Les exprimés sont passés de 49 056 à 38 338. Donc par le vote blanc ou l’abstention ce sont 10 000 électeurs qui ont préféré ne pas prendre part à cette élection.

Qui sont donc ces 22 000 électeurs qui ont choisi au second tour soit de ne pas se prononcer, soit de voter FN soit de voter UMP ? En plus du candidat Nouveau Centre (1600 voix), il n’y avait que des candidats de gauche et en particulier une primaire entre le candidat officiel du PS (un Vert) et un candidat dissident PS qui, à eux seuls, représentent 17 000 voix. On peut penser que les électeurs Nouveau Centre ont voté à droite.

Il est donc facile de constater que la très grande majorité des électeurs n’ont pas suivi les consignes de « Front républicain ». Pour 10 000 électeurs ce n’était plus la peine de se déplacer (je connais un couple dans ce cas). Mais pire : pour au moins 3000 électeurs de gauche le vote FN a été retenu pour dire non à l’UMP ! Tous ceux qui veulent faire croire que seul l’électorat de droite, au second tour accepte de voter FN (contre le mot d’ordre du ni-ni des chefs de la droite) devrait se pencher sur ce phénomène que nous allons retrouver dans une circonscription voisine du Var.

 

Les similitudes que vous allez lire ne sont pas des erreurs de calcul, mais une étrange répétition qui donne à réfléchir.

Dans la sixième circonscription du Var, le FN a eu au premier tour 15 707 voix et au second tour 18 820voix. Il a donc gagné  3 000 voix entre les deux tours. Son opposant de droite est passé de 22 420 voix à 29 027voix. Il augmente donc d’un peu plus que le double soit de 7000 voix. D’où viennent les gains ?

Les exprimés sont passés de 62 893 à 47 847. Donc par le vote blanc ou l’abstention ce sont 15 000 électeurs qui ont préféré ne pas prendre part à cette élection.

Qui sont donc ces 25 000 électeurs qui ont choisi au second tour soit de ne pas se prononcer, soit de voter FN soit de voter UMP ? En plus du candidat Nouveau Centre (1400 voix), il n’y avait que des candidats de gauche et en particulier une primaire entre le candidat officiel du PS (un Vert) et un candidat dissident PS qui, à eux seuls, représentent 17 000 voix.

On peut penser que les électeurs Nouveau Centre ont voté à droite.

Comme dans la circonscription précédente la très grande majorité des électeurs a voté sans suivre aucune des consignes traditionnelles. Et, une fois de plus, environ 3000 électeurs de gauche ont voté FN ce qui représente plus de 10% de l’électorat de gauche du premier tour.

Dans le Vaucluse le FN est ainsi passé de 27 à 44% et dans le Var de 14 à 39%. Il a pu se maintenir sans avoir les 12,5% des inscrits car le candidat arrivé en deuxième position peut toujours se présenter.

 

Tous les commentateurs bavardent sur les positions des bavards, les dirigeants des partis : le PS qui appelle à faire barrage au FN avec le Front républicain, l’UMP qui appelle au ni-ni, Marine Le Pen qui veut faire barrage à tel ou tel candidat (NKM a juste tremblé e son opposant socialiste qui espérait gagner avec les voix FN l’a accusé d’avoir gagné avec les voix FN…). Ils devraient confronter ces bavardages avec les décisions précises des électeurs, et ils découvriraient une autre France pour qui le FN, sous une forme ou sous une autre, est considéré à présent comme un parti ordinaire (je n’ai pas écrit, un parti comme les autres). La caractéristique majeure c’est que sa présence au second tour, face à la droite, alimente une abstention (ou vote blanc) qui renforce l’abstention déjà forte du premier tour. Et quant au vote évident d’électeurs de gauche pour le FN au second tour, je pense qu’il existe aussi quand le duel oppose FN et PS. Je l’ai étudié dans des élections cantonales. Je maintiens que cette question est cruciale pour qui veut réfléchir à l’état et à l’avenir de notre démocratie, en dehors de la pensée bien pensante de droite ou de gauche. Jean-Paul Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : front national
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Lundi 18 juin 2012 1 18 /06 /Juin /2012 16:34

Nous avons plusieurs cas et commençons par les triangulaires où il y avait FN-UMP- et PS.

Même si les deux élus FN l’ont été dans de telles triangulaires il s’agit d’exceptions liées à la médiatisation.

 

Baisse électorale du FN dans les triangulaires

Au second tour l’électorat FN a diminué dans une faible proportion pour tenter de sauver le candidat UMP face au candidat de gauche. Le cas le plus emblématique est celui de Louis Aliot dans la deuxième circonscription des Pyrénées Orientales où il passe de 24% à 23% ce qui n’empêchera pas la victoire de la candidate PS. Pourtant dans ce département un candidat FN s’était retiré au profit du candidat UMP en signe de bonne volonté.

Dans la 6ème du Haut-Rhin le score passe de 25 à 23 (victoire de la droite) ; dans la 4ème de Moselle le score reste à 24 (victoire de la droite) ; même département dans la 7éme le score passe de 26 à 23 (courte victoire à 1% du centriste) ; dans la 1ère du Vaucluse le FN passe cependant de 24 à 28,  là où dans la 3ème Marion Maréchal passe de 34 à 42. Fallait-il que la candidate PS se maintienne elle qui passe seulement de 21 à 22% alors qu’elle avait une réserve de voix du Front de Gauche de 7% ?

Si on passe dans la 8ème du Var le score du FN passe de 23 à 22%, dans la 7éme de 23 à 23%, dans la 6ème de 22 à 20. Même phénomène dans le Gard où dans la 1ère le FN passe de 26 à 23%. C’est vrai Collard passe de 34 à 42% mais le candidat UMP passe de 23 à 15 un peu comme si son électorat avait jugé qu’il fallait se désister pour le candidat de « droite » arrivé en tête. Dans la 3ème de ce département le FN passe de 24 à 20 et reste à 25 dans la 6éme.

Si on va dans les Bouches du Rhône le FN passe de 22 à 20 dans la 10ème, de 25 à 22 dans la 15ème, de 22 à 19 dans la 8ème.

 

Très forte poussée dans les duels

Il y avait deux types de duels : soit contre l’UMP, soit contre la gauche. Dans les deux cas le score du FN explose comme aux cantonales de 2011. Une partie de l’électorat non FN (y compris au sein de la gauche) considère alors ce parti comme équivalent aux autres.

Voyons les cas de duels avec la gauche où on peut supposer que le FN rassemble l’électorat de droite :

Nous avons eu le cas du Tarn et Garonne où dans la 2ème circonscription le bond en avant du FN est le plus spectaculaire de tous les cas de figure. Il passe de 19% à 40%.

Si on va dans la circonscription de Jaurès dans le Tarn le FN passe de 17% à 33%.

Toujours face à la gauche dans la 6ème de Moselle, celle du médiatique Philippot (ex-chevènementiste) le score passe de 26 à 46. Dans la 8ème de Moselle de 20 à 35%. Dans la 3ème des Bouches du Rhône face à un divers gauche qui passe de 29 à 51, le FN passe de 29 à 49%. Il a sans doute récupéré les 20% de voix UMP mais toutes ? Face au Front de Gauche dans la 13ème le FN passe de 21 à 39 et face au PS dans la 7ème même cas de figure : de 23 à 37%. Dans la 5ème du Gard de 22 à 38%.

 

Voyons les cas de duels avec la droite où on peut se demander quel électorat rassemble le FN :

Dans la 2ème du Vaucluse où le PS s’auto-élimine avec une candidature dissidente, le FN passe de 27 à 44% face à l’UMP.

Dans la 4ème du Var le FN passe de 23 à 43%. Avec quelles voix ? Il y avait un dissident de droite qui avait fait 14% mais ces électeurs ont dû se reporter sur le candidat UMP qui passe de 32 à 56%.

Dans la 5ème du Var le FN passe de 24 à 40% alors que son concurrent de droite passe de 40 à 59. Les éliminés du 1er tour représentent surtout 21% pour le PS et 6% pour le Modem.

Exemple encore plus frappant avec la 6ème du Var où le FN passe de 24 à 39% alors qu’il n’y a eu que des éliminés de gauche ! Le gagnant UMP passe lui de 35 à 60%.

Dans la 9ème des Bouches du Rhône le FN passe de 22 à 37% face à un UMP qui passe de 35 à 62% alors que les éliminés du premier tour sont tous de gauche.

 

Conclusion

Avec les législatives nous ne sommes pas dans le cas de la symbolique de la présidentielle de 2002 où, au second tour, Le Pen a fait moins qu’au premier en pourcentage. J’ose l’écrire, l’arrivée de deux élus FN à l’Assemblée nationale (avec parité) est nettement moins grave que le 17% de Marine Le Pen à la présidentielle. Il y a et il y a eu des élus FN dans les diverses institutions et ils n’ont pas fait de miracles ni réussi à se servir de leurs postes comme caisse de résonnance. Pour trop de personnes, barrer la route à des élus FN, c’est afin de mieux se voiler la face devant une réalité électorale. J’aurai trouvé plus judicieux de faire en sorte, dès le premier tour, que la gauche soit unie dans les fiefs FN pour faire front commun, y compris au second tour, comme la candidate PS du Vaucluse qui s’est maintenue. Le problème c’est qu’on a l’impression que l’action face au FN c’est du bricolage où chacun décide pour lui-même (la candidate PS du Vaucluse a pris une décision personnelle plus courageuse que celle de deux PS s’auto-éliminant dans la circonscription voisine). Pour le second tour par exemple, le Parti de gauche a décidé d’en finir avec le « front républicain » qui appelle à voter UMP pour faire barrage au FN (stratégie du PS). Il a renvoyé dos à dos les deux partis. Je ne sais même pas si tout le Front de gauche a validé cette position, et de toute façon, même si je la partage, elle doit s’inclure dans une réflexion plus large, qui ne soit pas celle d’une veillée électorale. Elle doit admettre que des électeurs de gauche du premier tour votent y compris pour le FN afin de battre l’UMP ! La crise du politique est beaucoup plus grave que les commentateurs ne le pensent, d’autant que si j’ai beaucoup entendu parler des abstentionnistes en nombre, je n’ai rien entendu sur les votes blancs souvent massifs. Le vote FN est un signe qu’il faut analyser pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il pourrait être. Et un des signes majeurs touche aux mauvaises relations entre la classe politique et les citoyens. JPD

 

PS : Le FN lui-même peut s’interroger sur sa stratégie électorale. Les triangulaires ont visiblement un effet plus néfaste pour lui que pour l’UMP.

Par éditions la brochure - Publié dans : front national - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 15:11

Cet article prend la question par l’anecdote mais en arrive au fond de la question : le FN c’est l’argument d’autorité, argument qu’il n’est pas le seul à utiliser mais dont il a fait une politique ou plus exactement une anti-politique. JPD

 

Révolution n°225 du 22 juin au 28 juin 1984

 

HUMEUR : PARCE QUE

Michel Naudy

A la question : « Que feriez-vous si vous aviez un fils homosexuel ? », M. Le Pen 'a pas hésité : « Je ne le recevrais pas », a-t-il répliqué à la radio, avant d'ajouter : « De toute façon, mon fils ne serait pas homosexuel. »

D'abord, j'ai eu envie d'égrener :

— Que feriez-vous si vous aviez une grand-mère juive ?

— Que feriez-vous si votre fille vivait avec un Turkmène ?

— Que feriez-vous si votre épouse vous quittait pour un Ougandais ?

— Que feriez-vous si votre voisin était algérien ?

— Que feriez-vous si votre concierge était borgne, sa femme unijambiste et leur fils unique marxiste-léniniste tendance Harpo ?

Mais restons-en à ce que nous dit M. Le Pen, sans mauvais esprit, pour ce qu'il nous dit, simplement.

Donc, il ne recevrait pas son fils si... Après tout c'est son affaire. Personne n'est obligé de recevoir son fils. La loi est formelle sur ce point il n'est pas interdit de ne pas recevoir son fils. C'est, au contraire, l'individu qui voudrait lui imposer (violemment par exemple) de voir son fils qui tomberait sous le coup de la loi. Donc M. Le Pen est dans son droit.

— Oui mais... Si le fils de M. Le Pen avait moins de dix-huit ans ? Je sais, je cherche la petite bête, mais le cas peut se présenter à M. Le Pen. Il vaut mieux prévenir que guérir, n'est-ce pas ?

— Dans ce cas, finalement, c'est aussi simple : au lieu de l'empêcher de rentrer (pour le recevoir), il suffit de l'empêcher de sortir. Elémentaire.

Bon, ça suffit, « de toute façon », comme dit M. Le Pen, M. Le Pen n'a que trois filles. Et les filles, c'est bien connu...

Reste le deuxième temps de la réponse, celle où M. Le Pen se ressaisit soudain et semble trouver absurde d'avoir pu concevoir l'éventualité puisque, « de toute façon, (son) fils ne serait pas homosexuel ».

Là je dois avouer m'être interrogé. Pourquoi, selon M. Le Pen, le fils de M. Le Pen ne pourrait être homosexuel ?

Cherchons un peu.

Parce que son père l'en empêcherait. Commode, mais difficile, à moins de préconiser le retour pur et simple à la lettre de cachet, qui évitait à la fois le scandale public et le recours toujours aléatoire à la justice.

Parce que son père ne semble pas l'être. Insuffisant. Si le caractère en question n'est pas transmissible par le géniteur, son absence ne saurait l'être davantage.

Parce que son père s'estimerait fait d'un tel métal, doué d'une telle complexion, bardé de tels principes, qu'il y aurait quelque nécessité supérieure à ce que son rejeton soit épargné.

C'est ça ? On ne saura pas puisque M. Le Pen n'en dit pas plus, mais il y a quelques chances que nous soyons dans le probable, en ajoutant pour plus de sûreté et tout simplement : parce que le père du fils de M. Le Pen l'a décidé. Un point c'est tout.

Le fils de M. Le Pen ne peut être homosexuel, parce que...

Voilà atteints l'alpha et l'oméga de la pensée le pénienne, autrement formulée sur ses affiches « Les idées que je défends ? Les vôtres. » Eloge allusif de l'inavouable, puisque lui seul ose prêter sa voix à ce qui d'habitude se chuchote.

« Parce que » n'a besoin de rien ni de personne, « parce que » se suffit à lui-même, saint principe d'autorité qui ne se discute pas ne s'exposant pas. Il est, et s'en contente, frère jumeau de « c'est comme cela », cousin germain (ou plutôt celte) de « pas autrement », patriarche de la grande tribu des « puisque je te le dis».

« Parce que », en un mot, la bêtise.          Michel Naudy

Par éditions la brochure - Publié dans : front national - Communauté : Résistance 2007
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