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Mexique

Dimanche 31 mars 2013 7 31 /03 /Mars /2013 15:28

A Caracas, les 14 avril, Maduro va être élu président de la République avec un score peut-être plus fort que celui de Chavez. Pour tenter de se défendre, l’opposition pointe le problème de la sécurité, ce à quoi Maduro répond que justement son intention est de mettre au premier plan la lutte contre l’insécurité.

En 2005, j’avais pu constater dans le pays, la gravité du problème mais, encore à ce moment là, la réponse gouvernementale était celle de l’angélisme européen : « Résolvons les problèmes sociaux et la criminalité va disparaître ».

Les efforts sociaux n’ont pas manqué au Venezuela depuis dix ans, et la criminalité a continué d’augmenter, situation qu’il est inutile de nier sous prétexte que l’opposition en fait son cheval de bataille.

Il suffit de répondre à la dite opposition que le problème est quasi général en Amérique latine avec des augmentations plus ou moins dramatiques (et toujours niées) et qu’en conséquence le gouvernement vénézuélien n’est pas le seul responsable. Au Venezuela comme ailleurs la crise sociale est d’ordre général et non local ! Elle s’exprime chez des jeunes par la formule classique : « Il vaut mieux flamber 30 ans que trimer 70 ans ! ». A l’âge de « l’argent facile » et de diverses impunités, le crime devient un sport ordinaire qu’il suffit d’aller sanctifier auprès de la vierge des tueurs comme l’explique à merveille Fernando Vallejo.

Le laboratoire de ce phénomène est au Mexique où le PRI à présent au pouvoir, aussi corrompu que le PAN, tente, pour une part, de sauver la face par la recherche de solutions.

L’article de la Jornada que je joins témoigne d’un état des lieux et nous rappelle que la question consiste, une fois de plus, à pouvoir surveiller « l’argent sale » dont les banques aiment souvent l’odeur. Avec cette question inévitable : Le crime organisé est-il la pointe avancée du capitalisme financier actuel ? Ou alors est-il la planche pourrie que ce capitalisme fabrique contre ses propres intérêts ?

Le combat des progressistes a toujours était de pouvoir légiférer, de pouvoir instaurer des lois : c’est à mes yeux ce qu’on appelle la république. Il n’y a de loi possible qu’avec un Etat présent. Les dites lois sont de moins en moins des lois comme si la légalité avait atteint ses limites aujourd’hui, légalité pourtant plus souvent favorable aux exploiteurs qu’aux exploités.

Bref  le capitalisme a-t-il besoin de la jungle comme phase vers sa reconstruction ?

Les forces progressistes ne peuvent ni s’activer ni se rassembler de la même façon dans un univers légal ou dans la jungle ?

A suivre. Jean-Paul Damaggio

 La Jornada 31 mars 2013 : Le pouvoir des narcos

C’est la cinquième source de main-d'œuvre dans le pays, d’après  le projet de réforme juridique. Les narcos occupent trois fois plus de personnel que la Pemex

Avocats de tueurs à gages, paysans, médecins, secrétaires..

Si on ne s’attaque pas à sa structure financière, toutes les tentatives pour freiner la criminalité seront vaines.

ROBERTO GARDUÑO

La prolifération de la criminalité au Mexique, concrètement le trafic de drogue, place cette activité illégale parmi les principales sources d'emploi. Le transit de stupéfiants a généré du travail, ces dernières années, pour des milliers de personnes, encore plus que Pemex et l'industrie forestière.

Le rapport sur l'initiative de la réforme des articles huit et neuf de la loi fédérale contre le crime organisé, promue par Ricardo Monreal Ávila et Ricardo Mejía Berdeja, révèle que les activités liées au trafic de drogues représentent "le cinquième plus grand employeur du pays."

« Les estimations récentes montrent qu'au Mexique, il y a 468 mille personnes engagées par les narcos. C'est cinq fois plus que le total des employés de l'industrie nationale du bois, et trois fois plus que le personnel de Pemex, la compagnie pétrolière qui a le plus grand nombre d'employés dans le monde. Agriculteurs, voyous, justicier, chefs, avocats, médecins, secrétaires ; le trafic de drogue a besoin de tout le monde. »

 

Les promoteurs de la réforme ont également estimé que face à la participation des réseaux du crime organisé à l'économie, il fallait  un changement substantiel dans les capacités du Ministère Public fédéral, par la création d'un organe technique de renseignement financier capable d'enquêter et de poursuivre les actes ou omissions reliés au blanchiment d'argent.

La réforme vise à endiguer le crime, qui, pendant les 35 dernières années, a multiplié ses efforts pour se soustraire à l'action de la justice.

« L'infiltration des structures gouvernementales est énorme. A cela il faut ajouter les niveaux élevés de l'impunité. La criminalité organisée a réussi à manipuler, par le biais de pots-de-vin, de chantage et de menaces, une grande partie du secteur public.

Cette pénétration du crime organisé en est arrivé à un tel point dans les structures des différents ordres de gouvernement, qu’il n’est plus rare de trouver parmi les diverses polices, des protecteurs des intérêts des criminels.»

Le document fait référence aux revenus provenant du trafic de drogues qui peuvent osciller entre 25 000 et 40 000 millions de dollars par an.

« Bien que les recettes estimées ne représentent pas un gros pourcentage du produit intérieur brut (PIB), cette situation prend une autre dimension lorsqu’on apprend suivant des spécialistes, qu’au Mexique, 78 % des secteurs économiques sont infiltrés par le trafic de drogue, même si le gouvernement ne signale aucun cas de démantèlement de patrimoine dans les secteurs concernés. »

Avec cette plate-forme financière, qui reste intouchable, le crime organisé a dépassé son influence locale pour devenir un dangereux phénomène transnational.

Avec leur capacité financière et criminelle, la pègre a perfectionné ses stratégies et ses mécanismes de transfert d'énormes envois d'armes, drogues et même de personnes.

« En sachant que les réseaux de corruption et d'infiltration se sont imposés sur une majeure partie du gouvernement de l'État mexicain, ils sont ainsi une incitation importante pour maintenir et reproduire l'activité du crime organisé, aussi il est clair que sans s’attaquer aux structures financières complexes, les tentatives pour arrêter ou réduire leur capacité à corrompre seront vaines. »

La proposition d'ajout à l'article huit, vise à ce que l'unité spécialisée dans l'étude et la poursuite des crimes commis par des membres du crime organisé, dépendant du Bureau du Procureur général (PGR), « possède en plus un organisme de contrôle technique sur le renseignement financier pour enquêter et poursuivre les actes ou omissions qui donnent lieu à des opérations de blanchiment d'argent. »

« Ce corps technique ne sera pas soumis à des restrictions concernant l'appel au secret bancaire dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions d'enquête, de poursuites ou de contrôle d'actes ou d'omissions constituant des opérations sur les ressources d'origine illicite ».

En ce qui concerne l'article 9, il est proposé d'établir que le Ministère Public fédéral puisse compter sur le personnel du corps technique de renseignements financiers pour l'enquête et la poursuite des infractions sur des ressources d'origine illicite.» 

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique - Communauté : Le Sarmiento
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Jeudi 31 janvier 2013 4 31 /01 /Jan /2013 11:44

Le 30 janvier 2013 R. Aída Hernández

Voici un article du journal La Jornada pour mieux comprendre le Mexique. JPD

 

Le 30 janvier 2013 R. Aída Hernández

 Cassez, les paramilitaires d’Acteal et les femmes de Atlacholoaya

 La décision de la Cour suprême de Justice de la nation de révoquer la peine à 60 ans de prison pour l'enlèvement et participation au crime organisé, de la Française Florence Cassez, et ordonnant son immédiate libération, a polarisé l'opinion publique mexicaine et française.

Les images de cette citoyenne française reçue comme une héroïne nationale par le président François Hollande, contrastent avec les images de pleurs et d'indignation des familles des personnes enlevées. Si cette affaire a permis de nous rappellent une fois de plus les inefficacités et corruptions qui caractérisent notre système de justice, nous ne pouvons oublier que la libération de Florence Cassez a été effectuée suite aux irrégularités du procès et non pas parce que son innocence a été prouvée.

La Cour suprême a répété les arguments utilisés pour libérer en février de l'année dernière 20 paramilitaires accusés du massacre de 45 femmes, enfants et personnes âgées, qui a eu lieu en décembre 1997 dans le village d'Acteal, au Chiapas. A cette occasion, l'évêque Raúl Vera, défenseur des droits de l'homme, a fait observer: « C’est ça le rôle si minable d’une Cour suprême ? Réviser un procès, sans résultat probant pour le rétablissement de la Justice ? Et pire encore : Pourquoi on exonère des criminels de toute responsabilité ? Pour alimenter  le chaos dans ce pays bouleversé par la violence, parce que les crimes de toutes sortes auront l'impunité ?"

Dans les deux cas, la décision du Tribunal a été prise en se basant sur l'examen des procédures légales en termes de forme, et en mettant de côté les exigences de la justice pour les victimes.

Si les mêmes critères sont suivis pour consulter les dossiers judiciaires des 222 330 prisonniers qui sont au Mexique, probablement on devrait vider les prisons du pays pour « irrégularités de procédures » !

Quand prend-t-on la décision de reconnaître l'inefficacité de notre système pour libérer l'accusé ? De toute évidence lorsqu'il y a des intérêts politiques et de l'argent derrière. C’est quand l'affaire d'Acteal a été portée devant la justice internationale, accusant l'ancien président Ernesto Zedillo pour sa complicité dans le massacre, que les intellectuels et avocats liés à des groupes de pouvoir ont décidé de « réécrire l'histoire » en effectuant un « litige stratégique » pour libérer les paramilitaires.

De même, maintenant que Enrique Peña Nieto assume le pouvoir dans le cadre d'une dénonciation populaire de fraude électorale et a besoin de se légitimer devant la communauté internationale, il est décidé à nouveau d’examiner le cas de Florence Cassez et d’utiliser sa libération pour améliorer les relations avec le gouvernement français.

Pendant les cinq années que j'ai travaillé sur l'accès à la justice pour les femmes autochtones et que j'ai coordonné un atelier d'écriture au Cercle féminin de Atlacholoaya, Morelos, j'ai découvert de multiples façons d'huiler les engrenages de notre justice, avec de l'argent. Les prisons au Mexique sont remplies de pauvres, et un pays raciste et racialisé comme le nôtre, fait qu’ils ont la peau sombre ou sont d’origines autochtones (même s’ils ne sont pas toujours reconnus comme tels). Les visages clairs de la classe moyenne que l'on retrouve dans les prisons sont là parce qu'ils ont trouvé un ennemi plus puissant qu’eux, qui a décidé de les retirer de leur chemin.

Les histoires de femmes détenues sont aux prises avec des violations de leurs droits humains : femmes torturées et violées au moment de leur arrestation et contraintes de signer des aveux qui les incriminent ; des autochtones sans traducteur, et qui ne savent pas pourquoi elles sont là ; des femmes avec des procès dans cinq ou sept ans qui les maintiennent dans l'incertitude.

Quand je vois la façon de célébrer la libération de Florence Cassez je ne peux pas m’empêcher de penser à Doña Honoria Morelos, nahua de 75 ans, qui a été sept ans en prison, parce que de la drogue a été trouvée dans l'autobus où elle était, et qui se dirigeait vers la ville du Mexico. Les agents fédéraux qui l’ont arrêtée, l’accusèrent sans qu'elle ait compris de quoi elle était inculpée. Elle a passé sept ans en prison et a été ensuite libérée « faute de preuves. » Elle mourut à six mois après sa mise en liberté d’un ulcère gastrique qu’elle a développé pendant sa captivité. Je pense aussi à Florina Cantu Cano et à Caroline Tessier Cantu, mixtèques qui sont prisonnières à Atlacholoaya, à cause de “troción,” m’ont-elles dit, mais je ne sais pas ce que c’est, ni elles non plus ! Elles m'expliquent, avec leur pauvre espagnol, qu’elles ont été arrêtées pour avoir conseillé à une fille de refuser le mariage avec un homme plus âgé, ce à quoi voulaient la forcer leurs parents. Le cas de Marisol Hernandez, poétesse et conteuse également derrière les barreaux, vient aussi à mon esprit. Elle a été emprisonné par son mari après un long chemin de croix de violences à laquelle elle a tenté de mettre fin sans succès. Les officiers de police judiciaire qui l’arrêtèrent étaient des amis de son mari aussi ils la lui «offrirent » pour des violences en plus, avant de rejoindre la prison de Atlacholoaya. Marisol purge une peine de 10 ans pour tentative de meurtre. Son mari n’est accusé de rien. Je peux remplir ces lignes de multiples cas d’irrégularités dans le procès sans qui ne sont pas arrivées jusqu’à la Cour Suprême de Justice. Il faut un refonte générale du système pour qu’il fasse justice. 

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique - Communauté : Le Sarmiento
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Dimanche 27 janvier 2013 7 27 /01 /Jan /2013 16:00

Florence Cassez a pu quitter le Mexique car, par rapport à la décision précédente, un juge a basculé. Son retour en France aurait pu être l’occasion de revenir sur la situation du crime organisé au Mexique. Il n’en fut rien et le silence général sur l’évolution du monde, que traduit le drame de ce pays, reste entier. Innocente ou pas, je ne sais, ça va de soi, mais coupable elle l'est, de ne pas avoir dénoncé le crime organisé qui ravage le Mexique. René Merle offre sur son blog des commentaires de lecteurs de la Jornadapour inciter à la réflexion, et en rappelant la nature de ce journal progressiste.

Pour appuyer son effort voici la traduction d’un article publié le même jour dans le même journal. Le nom des trois bandes criminelles peut faire sourire. Il exprime en fait ce retour au Moyen-âge caractéristique de leur projet social. Des « relativistes » puissants dans nos sociétés, me diront que payer un impôt au gouvernement ou à la mafia c’est presque du pareil au même ! Se faire protéger par la police ou par des mafieux, c’est du pareil au même, et qu’entre l’esclavage et le salariat la différence est mince. D’ailleurs, et j’en conviens il serait fâcheux de laisser croire que le Moyen-âge ne fut qu’une période noire !

Le combat politique, et c’est l’héritage des deux révolutions celle des USA et celle de France, permet de concevoir le progrès : le paiement et l’usage de l’impôt, le fonctionnement de la police et de la justice sont dans cette construction de l’histoire, un mouvement vers le progrès possible (incluant de fait les régressions). Le crime organisé tue le politique or ce n’est pas parce que le politique est bien malade qu’il faut l’achever ! Toute position faible sur ce point, signe pour le peuple, son arrêt de mort, car il ainsi renvoyé au servage.

Dans des contextes différents et avec des objectifs variés, le crime organisé au Mexique, le FN en France et tant d’autres phénomènes ailleurs, deviennent les symptômes d’un mal dont la classe politique actuelle porte, chacune à sa façon, la responsabilité. La réception glorieuse d’une femme qui est peut-être une criminelle (rien à voir avec Ingrid Betancourt) va totalement dans le mauvais sens. J-P Damaggio

 Famille Michoacana, Chevaliers Templiers et Guerriers Unies

Du fait de la lutte entre groupes criminels, des patrouilles de l'armée sont à Edomex. La lutte a commencé en septembre de 2012 à Neza soulignent des sources militaires.

Gustavo Castillo Garcia, Samedi 26 janvier 2013, p. 15

Les différends qui opposent les groupes criminels de La Famille Michoacana, les Chevaliers Templiers et les Guerriers unis imposèrent à l’armée l’organisation d’opérations contre le crime organisé dans l'état de Mexico, selon des sources militaires de l'armée. Répondants aux journalistes, les militaires ont fait remarquer que de telles actions de dissuasion et de prévention, correspondent à ce qui est arrivé dans Ciudad Nezahualcóyotl en septembre 2012.

Les affrontements entre ces organisations criminelles qui ont commencé à iudad Nezahualcóyotl en septembre de 2012 puis en décembre, se sont étendues aux municipalités de Tejupilco, Teloloapan y Coyuca de Catalán, Guerrero, Michoacan et l'état de Mexico. Leurs confrontations ont laissé plus de 50 personnes tuées dans le dernier trimestre de cette année, ont déclaré les mêmes sources. Ce qui avait commencé comme un conflit pour le contrôle des drogues de synthèse dans les régions de la production des produits chimiques nécessaires, inclut désormais la distribution de ces drogues au public dans les zones de forte densité de population, où déjà avaient été identifiées et même arrêtées certaines cellules nées d’abord dans le Michoacan, ont indiqué les sources consultées.

 La Familia Michoacana fut à l'origine des Chevaliers Templiers après la mort présumée de Nazario El Chayo Moreno González, en décembre 2010, lors d'un affrontement avec des éléments de la Police fédérale. Le groupe s’est divisé et la plupart des opérateurs se sont joints aux Templiers, dirigé par Enrique Plancarte Solís et Servando Martínez. Les Guerriers unis ont émergé comme un groupe qui a réuni des gestionnaires régionaux de La Familia Michoacana agissant dans l'état de Mexico et des membres de la Beltrán Leyva [un autre groupe mafieux puissant] qui avaient leurs zones d'opérations dans le Guerrero. Parmi eux, Raúl Díaz Román, Commandant El Hierro arrêté le 7 juin 2012 par les autorités de l'état de Mexico.

 Selon les sources militaires consultées, le leader des Guerriers Unis est Mario Casarrubias Salgado, surnommé le Beau crapaud. Ils agissent dans des domaines tels que Luvianos, El Oro, San Felipe de el Progreso, Temascaltepec, Tenancingo, Tejupilco, Zacualpan et Ixtapan de la Sal, Naucalpan, Tlalnepantla, Atizapán de Zaragoza et Ecatepec. Le groupe identifié comme Guerriers Unis est aussi présent à Cuernavaca, Morelos, et le 22 octobre 2012 le Secrétariat de la Défense nationale a arrêté Erasmo Israël Sotelo Hernández, Le Froid, la chef dans la ville du Printemps Eternel.

 

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique - Communauté : Résistance 2007
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Vendredi 28 décembre 2012 5 28 /12 /Déc /2012 21:47

Voilà que je découvre cet article qui recoupe mon article précédent sur les Zapatistes. Oui, généralement les autorités tablent sur l’usure des luttes sociales : leur argument c’est de nous fatiguer en nous manipulant, en nous poussant sur 150 terrains de lutte pour nous décourager. Les Zapatistes, depuis le début, ont leur propre calendrier qui, c’est sûr, n’est pas électoral ! J-P Damaggio

 La Jornada

28 Décembre 2012 Jaime Martinez Veloz

Est-il possible de démonter les raisons de 40 mille cœurs zapatistes ?

Ils ont quitté leur communauté, la nuit précédente ; ils marchaient en silence ; en silence ils sont venus des quatre coins du sud-est mexicain ; en silence, avec une haute façon morale et disciplinée, ils sont retournés dans leurs communautés. L'action était impeccable, propre et énergique. Ils ont laissé une déclaration que le temps va déchiffrer tout comme le cours des événements, ce qui ne se fait pas à la première lecture. La déclaration a le mérite d’être cryptée tout en tant claire. Elle encadre les possibilités et une mise en garde aux gouvernements et en même temps contient des surprises et des mesures d'urgence.

Quelle est l'explication qui pourrait fournir les services de renseignement (sic) de l'État mexicain, qui disait que l'EZLN était pratiquement liquidée ? Quelle est la réponse de ceux qui prétendent que le temps détruirait les structures organisationnelles de l'EZLN ? Que pensent ceux qui ont parié sur les actions de lutte contre l'insurrection duc contre-espionnage et sur la minimisation du conflit sous forme de formules détruisant le mouvement zapatiste ?

La capacité organisationnelle et la force organique du zapatisme ne s’est pas usé avec le temps ; au contraire ils se sont renforcés et multipliés, ce qui signifie que ceux qui parie sur l'usure et sur le fait que le temps épuise les insurgés ont échoué.

Les zapatistes ne s’en étaient jamais allés ; la classe politique ne voulait pas les voir ou c’est une autre chose elle n'a pas voulu assumer ses responsabilités à leur égard ; mais ils ont toujours été là construisant à partir de la base, en organisant dans la dignité, ce que pouvoir leur a refusé : un meilleur sort pour les leurs, en dépit des limitations et des pénuries de matériaux qu’ils remplacent avec imagination et créativité. Un échantillon du dédain des forces politiques mexicains face au problème des Indigènes, en particulier dans leurs rapports avec l'EZLN, s'exprime par le fait que la Commission de la Concorde et la pacification, qui doit exister conformément à la loi pour le dialogue, la conciliation et une paix digne au Chiapas, n’est pas encore formée, ce qui montre le manque d'intérêt de toutes les forces politiques représentées au Congrès de l'Union. Il est à noter qu'au cours de ces dernières années, il n’y a eu aucune réunion de la Commission législative où il y a eu le quorum légal pour être en mesure de concevoir une stratégie qui permette de résoudre un conflit dont la complexité n'est pas mince.

Quelle explication peuvent fournir à la Nation ceux qui, en accusant l'EZLN de vouloir balkaniser le pays, sont les mêmes qui ont livré les 52 millions d'hectares (un quart du territoire national) aux sociétés minières afin que, en échange de rien, ils participent au pillage du pays pendant 12 ans qu’ils soient nationaux ou étrangers ?

Que peuvent dire ceux qui depuis le gouvernement accusent les zapatistes d'être au service d’intérêts obscurs et qui sont aujourd'hui les employés de multinationales qui se sont appropriés des entreprises ou commerces mexicains qui ont été privatisés ?

Existe-t-il une justification ou explication, modérément fondée, de la part des institutions de l'État mexicain capable d’exposer pourquoi les Indiens mexicains sont les plus pauvres parmi les pauvres, lorsque leurs villages sont installés dans les territoires immensément riches, exploités par des compagnies minières étrangères et nationales ?

La multiplication des conditions de pauvreté et la marginalisation des peuples autochtones du Mexique démontre que c'est l'État mexicain qui a échoué non seulement dans sa stratégie pour réduire les décalages en matière autochtone, mais surtout dans la construction d'une relation qui comprenne le problème autochtone, leur conception du monde, leurs besoins, leurs liens avec la terre et les ressources naturelles de leurs territoires aujourd'hui dans les mains d'entreprises privées nationales et étrangères.

Il est temps que le gouvernement comprenne, ce que cela signifie que plus de 10 millions d'Indiens subsistent dans des conditions d'inégalité et de la misère. La question autochtone n'est pas une question de programmes d'aide sociale, mais le remboursement intégral de leurs droits constitutionnels.

L'EZLN n’est pas de retour, elle n’est jamais parti, sauf que son terrain d’intervention n’est pas électoral, mais les causes profondes du Mexique profond. La balle est dans la cour des institutions de l'État mexicain, dont la réponse doit commencer en créant les conditions pour réaliser pleinement les accords de San Andrés Larráinzar, convenue entre l'EZLN et le gouvernement fédéral, qui sont la base pour la mise en place d'une nouvelle relation entre l'Etat mexicain et les peuples autochtones de notre pays. Respecter les Accords de San Andrés est la seule chose qui peut commencer à démonter les raisons de 40 mille cœurs zapatistes qui ont manifesté de façon disciplinée, hissant haut les causes qui affectent et aggravent les indigènes mexicains et de larges segments de la société mexicaine.

À toute personne ayant le désir de connaître plus :es.scribd.com/doc/80284016/Derechos-Indigenas-a-18-anos-del-Levantamiento-Zapatista.

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Jeudi 27 décembre 2012 4 27 /12 /Déc /2012 17:47

Depuis bientôt 20 ans, les Zapastistes se manifestent pas un passe-montagne. Et quand ils sortent massivement dans les rues, certains médias évoquent « le retour des Zapatistes ». Ils ont toujours été là ! La traversée de leurs expériences diverses s’est toujours raccrochée au slogan : « Aqui estamos ! ». Même s’ils furent hier plus médiatiques qu’aujourd’hui, l’essentiel tient donc en cette simple formule : « nous sommes là ». Et ils sont là, même quand ils travaillent paisiblement dans leurs campagnes tropicales ! Pour rappeler qu’ils sont là, ils usent d’un masque car ce ne sont pas eux qui sont là, mais la cause historique qu’ils représentent et qu’ils vivent ! Quelle cause ?

 Vivre comment ?

Si la classe ouvrière est la classe révolutionnaire, le message zapatiste est d’un archaïsme qui fait peur. Paysans « attardés » ils sont le passé précapitaliste et peut-être même les vestiges d’un féodalisme qui ne dit pas son nom !

Sauf que la réalité est toute autre ! Nous savons à présent, me semble-t-il, que la révolution sociale ne sera pas l’œuvre uniquement de la classe ouvrière et que l’objectif n’est pas seulement industriel. La révolution sera multiple ou ne sera pas. Elle doit non plus fixer une voie unique vers « UN autre monde de possible », mais reconnaître que la volonté de vivre libre peut s’appuyer sur le travail des champs, des villes ou d’ailleurs à partir du moment où les maîtres du monde sont renvoyés dans leurs chaumières par aller vers « d’autres mondes possibles ».

L’utopie du développement infini des forces productives comme instrument de la libération des hommes a des mérites et des limites. Les Zapatistes ne veulent en aucun cas arrêter leur culture sur l’histoire passée. Ils ne veulent pas que les femmes restent moins que des animaux chez les Indigènes. Ils ne veulent pas que les dérivés du bonheur comme la drogue ou l’alcool soit l’échappatoire à leurs malheurs. Ils ont des ambitions pour eux et la terre entière.

 Vivre debout ?

La première des ambitions c’est de vivre debout car sans l’audace révolutionnaire il n’y a pas de vie qui tienne ! Oui mais vivre debout, ce n’est pas forcément céder aux lumières de la ville (l’Amérique latine est la zone du monde la plus urbanisée). Ce n’est pas davantage refuser les bienfaits de l’électricité. Il m’est arrivé de le vérifier : on peut vivre dans un coin reculé des Andes avec le confort ordinaire allant de l’ordinateur à la machine à laver. La question n’est plus celle de posséder mais d’utiliser et de bien utiliser. Suivant le principe marxiste bien connu, il est temps que la valeur d’usage d’un produit prenne le pas sur sa valeur marchande. Cependant plus facile à écrire qu’à réaliser !

 Vivre Mexicain ?

Les Zapatistes sont des Mexicains et se revendiquent tels. Ils n’en appellent pas à une sécession, une séparation, une vie entre eux mais au droit autogestionnaire à vivre comme ils l’entendent. Leur combat dérange beaucoup de gens aussi leur dernier tract n’est pas une adresse au Président de la république (ça serait lui faire trop d’honneurs) mais « à qui de droit ». Les Zapatistes ne se sont jamais défini face au pouvoir car sur leurs terres, ils sont UN pouvoir, ils s’organisent comme un pouvoir. Ils s’adressent donc à la société car leur message a besoin d’être entendu y compris par les militants révolutionnaires qui refusent de les prendre aux sérieux et y compris par ceux qui les prennent au sérieux.

Ils savent que s’ils sont entendus, c’est tout le Mexique qui change profondément car l’histoire de leur pays, ils la connaissent au plus profond de leurs chairs.

Finalement, ils sont "fatalistes" : la société finira bien finir par les entendre !

Jean-Paul Damaggio

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Mardi 25 décembre 2012 2 25 /12 /Déc /2012 18:59

                                       communique-ezln.jpg

Communiqué EZLN

Le 21 décembre, des dizaines de milliers de zapatistes ont marché dans les rues de 5 grandes villes de l'état, Ocosingo, Palenque, Comitan, Las Margaritas et San Cristobal de Las Casas. Durant la marche ce tract a été distribué.

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire indigène-

Commandance Générale de l'armée Zapatiste de Liberation Nationale.

Mexique.

21 décembre 2012,

 A qui de droit:

 VOUS AVEZ ENTENDU?

 C'est le son de votre monde en train de s'effondrer,

C'est celui du notre qui resurgit.

Le jour qui fut jour, était nuit,

Et nuit sera le jour qui sera le jour.

 DÉMOCRATIE!

LIBERTÉ !

JUSTICE!

 Depuis les Montagnes du Sud-Est Mexicain,

Pour le Comité Clandestin Rebel Indigène - Comandance Général de l'

EZLN

 Sous-commandant insurgé Marcos,

Mexique Décembre 2012

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Mercredi 4 juillet 2012 3 04 /07 /Juil /2012 22:21

En 2006, le PRD (Parti de la révolution démocratique) représenté par AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador) a été battu de quelques voix par le parti de droite, le Parti d’Action Nationale (avec de fortes craintes de fraude). Cette année là les Zapatistes s’étaient fortement invités dans la campagne.

En 2012, le PRD uni à d’autres forces de gauche et représenté par AMLO a été battu de 7% par le Parti Révolutionnaire Institutionnel (avec quelques craintes de fraude).

La gauche serait-elle maudite ?

 

De 2006 à 2012 AMLO a conduit une campagne permanente à travers le pays jusqu’à indisposer son parti, le PRD. Finalement, nous en sommes restés au grand classique, la gauche c’est le sud du Mexique et la droite ou le centre-droit, le nord.

 

Le Mexique est un pays aux multiples cassures qui semble ne pas pouvoir se ressouder.

 

Faut-il cependant retenir de l’élection le retour du PRI ? Ce parti était-il vraiment parti ? La passion médiatique pour les présidentielles – un des instruments destructeur du politique – fait oublier les élections de députés et sénateurs. En l’an 2000 le PRI a perdu la présidence mais ne s’est pas effondré et depuis, il est toujours resté très présent au parlement. Il serait déplacé de croire qu’il est resté le même parti d’avant la coupure de l’an 2000. Au contraire, la compétition avec le PAN et le PRD l’a obligé à changer ses cadres, ses pratiques et ses objectifs.

 

Premier point : le candidat du PRI a été élu grâce à l’union avec un quatrième parti toujours oublié… les Verts. Si aujourd’hui, à la Chambre des députés, le PRI arrive tout juste à la majorité absolue (151 sièges contre 149 aux adversaires) c’est grâce à cette union.

 

Deuxième point : AMLO pensait gagner car il a réussi à fédérer toute la gauche, il a eu le soutien d’un mouvement étudiant dynamique, il avait un peu adouci ses propositions. Son échec c’est le risque d’une explosion du PRD et de toute la mouvance. Un émiettement classique à gauche.

 

Troisième point : l’effondrement du PAN tient bien sûr à l’échec de la lutte contre le crime organisé. Mais il s’agit aussi de la crise générale du pays. Les deux phénomènes s’épaulent et à ce jour personne ne sait ce que va faire le PRI. Pactiser avec quelques cartels pour éliminer les autres ? Le Mexique est à un tournant.

 

Aux Amériques, le Mexique a toujours été la plaque centrale et l’échec de la gauche, comme l’échec du PS au Chili, pose des questions fondamentales. Si l’image de l’Amérique latine c’est aujourd’hui encore en France, une image de gauche, si la victoire d’Obama aux USA pouvait éventuellement renforcer cette tendance, le compte n’y est pas.

 

Pourquoi les propositions sociales de la gauche n’emportent pas l’adhésion dans un pays où l’action sociale reste très importante ? Il y a une part de fraude mais elle ne peut pas tout expliquer. Plus que jamais, la Révolution mexicaine c’est devenu le pouvoir du crime ! Et le Mexique joue bien le rôle de plaque centrale ! La gauche est alors prise en étau : d’un côté la classe dominante (qui s’appuie sur les riches), et de l’autre la classe criminelle (qui s’appuie sur les pauvres). Pour corser l’affaire, Hillary Clinton déclara que les cartels c’étaient les nouveaux insurgés !

 

Le retour du PRI, c’est une fois de plus le choix du non-choix. J’ai observé dans le Yucatan des élus du nouveau PRI dévoués à la cause publique. Noircir le tableau ne sert à rien. Cette action militante à la base, que le PRD n’a pas les relais pour l’assurer, n’a bien sûr rien à voir avec la gestion que va mettre en œuvre ce parti au niveau national.

De toutes les contradictions existantes qui traversent tous les mouvements, une solution humaine surgira-t-elle au pays de l’homme le plus riche du monde, Carlos Slim ? Le décor des mariachis a été remplacé par les narcos films et les narcos chansons pendant qu’aux USA des Mexicanos inventent le spanglish. D’une façon ou d’une autre, la gauche est au pied du mur : si au Mexique elle n’invente pas une sortie démocratique de la criminalité organisée, cette plongée dans une forme de fascisme mangera tout le continent.

Faut-il comme en Uruguay proposer que la marijuana soit cultivée sous contrôle de l’Etat ? (comme le tabac en France quand le tabac de ce pays constituait la consommation majeure)

Faut-il comme à Rio, envoyer épisodiquement l’armée éradiquer le crime dans une guerre féroce ?

Faut-il croire comme au Venezuela que les mesures sociales suffisent pour faire reculer l’insécurité ? Le résultat n’est pas probant malgré les efforts réels.

Faut-il relancer l’économie par la mise en chantier de nouveaux gisements en tout genre donnés en exploitation aux Chinois, comme en Equateur et au Pérou ?

Finalement, le retour du PRI est un non événement, sa faible majorité à la Chambre la garantie que le débat démocratique va se poursuivre, et la poursuite du seul journal-coopérative que je connaisse dans le monde (La Jornada un des éléments d'une presse exceptionnelle) continuera de faire mon bonheur. Contre les clichés dominants.

Jean-Paul Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique - Communauté : Résistance 2007
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Vendredi 15 juin 2012 5 15 /06 /Juin /2012 14:32

Je n’oublie pas le Mexique qui va recevoir le G20 en pleine campagne électorale, une campagne très tendue qui va se conclure le 1 juillet puisque là-bas il y a un seul tour : celui arrivé en tête a gagné. Pour le moment le candidat du PRI le parti qui gouverna avant l’actuel pouvoir du PAN, fait la course en tête, mais le parti de gauche qui a réussi à s’unir derrière AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador) tente une remontée.

 

Cette campagne apparaît cependant secondaire face au véritable pouvoir, celui du crime organisé. Et pour rappeler qu’il est là les massacres continuent. Soit le pouvoir d’Etat cède, soit les balles sifflent ! Et la dernière balle à avoir sifflé a touché mortellement un journaliste à Veracruz. L’assassinat d’un journaliste, ça reste le signe le plus clair d’une stratégie politique !

Le corps de Víctor Manuel Báez Chino, journaliste à Milenio El Portal de Veracruz, et directeur adjoint du journal virtuel Reporteros Policiacos.com a été trouvé, mutilé, jeudi matin près du Palais du Gouvernement.  Le crime a été revendiqué par le groupe Los Zetas.

Une coïncidence veut que les derniers mots du journaliste furent ceci à l’adresse de son amie María Gina Domínguez Colío: « Ils ne nous imposeront pas la peur comme forme de vie. »

En un an et demi, 9 journalistes de Veracruz sont tombés sous les balles mafieuses.

Aucun coupable n’a été arrêté. Pas de problème, tout va bien…

JP Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 21:43

19 novembre 2005, Maurice Lemoine, grand spécialiste d’Amérique latine est à Montauban pour nous parler de la Révolution bolivarienne. Je lui explique mon étonnement : Le Monde diplomatique vient de publier un article de Carlos Fuentes alors que ce dernier vient de comparer Chavez à Hitler ! (voir Point Gauche ! de décembre 2005). Il est sidéré. Je lui donne la référence. Carlos Fuentes disparaîtra du Monde diplomatique mais continuera de jouer ailleurs l’homme de la belle gauche.

Carlos Fuentes est un grand romancier mais comme Octavio Paz et d’autres, il a continué de jouer l’homme de gauche avec des positions de droite. Voilà pourquoi je préfère Mario Vargas Llosa, un romancier aussi grand, mais  plus clair en politique : il se revendique clairement du centre-droit.

 

Chavez est-il un Hitler ? A moins qu’il ne soit, suivant une autre formule de Fuentes : « Un Mussolini tropical». Mais ce n’est pas là mon plus gros reproche envers Fuentes : c’est en préfaçant un livre d’un multi milliardaire et juste après le coup d’Etat qu’affronta Chavez, que Fuentes décida de diaboliser le président du Venezuela. Le 21 octobre 2006 dans un journal brésilien, Veja, Fuentes continue : « Chavez, un fasciste qui se donne des airs de gauche. »  Il se place du côté des plus riches mais joue toujours l’homme de gauche et est célébré comme tel aujourd’hui.

 

Pour moi, le président de l’Iran est un fasciste (ce n'est pas Hitler pour autant) et donc son ami Chavez pourrait en être un, sauf que Chavez est ami du président de l’Iran car « l’ennemi de mon est ennemi est mon ami ». Je refuse ce raisonnement idiot donc je pense que le fascisme de l’un n’est passé à l’autre, car ce n’est pas ça qui les unit. On n’est pas candidat à une élection de la même façon à Téhéran et Caracas (si Chavez est battu prochainement c'est le changement radical), on n’a pas accès à la même information, on ne pratique pas la même théocratie (même si depuis son cancer Chavez court les églises). Si Chavez est un Hitler alors, franchement j’ai pas compris qui était Hitler !

 

Bien sûr, c’est là une des positions extrêmes de Carlos Fuentes qui m’évite de faire un tableau plus détaillé de sa vision de la droite. Quand, va-t-on traiter l’actualité mexicaine avec sérieux…

 

18-05-2012 Jean-Paul Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique - Communauté : Résistance 2007
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 11:29

Le Sénat mexicain a attendu le départ du pape pour valider un des souhaits majeurs du Vatican : la possibilité de l’enseignement religieux dans les écoles publiques. Les députés avaient donné leur accord depuis deux ans à une modification de la Constitution permettant un recul considérable de la laïcité historique du pays. Cette nouvelle étape de la contre-révolution mexicaine a été obtenue à huit clos (par crainte de manifestations du Forum civique mexicain laïque) suite à un vote qui a uni le PRI et le PAN, la gauche ayant refusé de s’associer à cette opération, peu de temps avant les grandes élections du 1er juin.

La politique devient un jeu de mots subtil puisque c’est en ajoutant la notion de « liberté de conscience et de convictions éthiques » à l’article 24 que l’on peut en déduire, qu’en plus de l’enseignement religieux dans les écoles publiques, les églises vont pouvoir diriger des moyens de communication de masse, autant dire des chaînes de télévision. Depuis longtemps la hiérarchie catholique avait demandé cette évolution.
Simplement il faut comprendre que la liberté de conscience impose des moyens pour l’exercer donc des possibilités d’action tout comme si on a des convictions éthiques. Ce qui fait que les autorités sous prétexte de donner plus de droits aux minorités sexuelles, relance un débat qu’on connaît bien en France : dans la société de consommation manquant de valeurs, la religiosité est d’autant plus nécessaire ! D’où l’aide aux églises…

Pensez, il est arrivé que des religieux aident à l’arrestation d’un grand narco ! « On veut nous faire croire qu’une absence de religion c’est être amoral » indique Imanol Ordorika qui en appelle au droit des femmes à pouvoir décider de leur corps (formule habituelle aux Amériques pour demander le droit à l’IVG).

Sur un autre point, la journaliste Soledad Loaeza a publié un article sur cette visite du pape : « Aux yeux de dieu, nous sommes tous égaux, mais nous ne le sommes pas aux yeux du pape Benoît XVI qui nous a traité de manière particulière. Lors des visites faites en Allemagne, Australie et Etats-Unis il s’était entretenu avec les victimes d’abus sexuels de la part d’ecclésiastiques à qui on avait confié des enfants pour leur éducation religieuse. »
En effet, au Mexique il n’a vu personne ni n’a écouté personne. L’homme au cœur du scandale s’appelle Marcial Maciel, et scandale est un mot trop faible pour les crimes connus. La journaliste pense que l’oubli est surtout venu de la part des évêques mexicains et moins de la part du pape qui a eu l’occasion de condamner le coupable d’histoires honteuses.
Mais le fait est là néanmoins : le pape a considéré les Mexicains comme des enfants.

Je rappelle que le Mexique a servi de modèle aux inventeurs de la loi de 1905.
Ces événements s’inscrivent dans une histoire mondiale où on voudrait nous faire croire que la critique de telles évolutions rétrogrades constitue une atteinte aux religions.
Il s’agit du contraire : permettre la liberté religieuse c’est mettre en échec TOUS les intégrismes qu’il ne faut confondre ni avec le racisme, ni avec l’antisémitisme, ni avec la haine.

Tout comme les crises favorisent les mafias, elles favorisent les religieux de partout et combattre le système capitaliste globalement ne dispense en aucun cas d’un combat clair et précis contre les intégrismes.

Voilà pourquoi je ne comprends pas qu’après le Mexique, le Pape soit reçu à Cuba comme un homme fréquentable pour les marxistes, d’abord parce qu’il condamne le blocus des USA et ensuite parce que les églises sont du côté des pauvres. Mais je n’ai pas toujours le sens des réalités…
29 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

Par éditions la brochure - Publié dans : Mexique - Communauté : Résistance 2007
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