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olympe de gouges

Lundi 27 août 2012 1 27 /08 /Août /2012 16:50

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Courageuse entreprise que cette pièce de théâtre d’Annie Vergne et Clarissa Palmer, avec Gislain Geiger, Juliette Stevez et Annie Vergne.

Courageuse par la confrontation des deux éléments du titre : « Olympe de Gouges » et « porteuse d’espoir ». Olympe, la femme de théâtre, dont la vie même fut un grand théâtre, et le monde actuel pour découvrir encore et encore, l’actualité d’une œuvre trop méconnue.

C’est vrai, je n’ai pas vu la pièce pour le moment mais elle semble bâtie sur une réflexion (culturelle, sociale et politique) qui vient de si loin que j’imagine déjà les émotions qui peuvent surgir. Même la musique est originale dans le cadre d’un projet global. Tout a commencé (si début il y a) par Clarissa Palmer qui a soutenu en novembre 2010 une thèse en biographie (mention très bien) consacrée à Malesherbes et Olympe de Gouges à l’université de Buckingham. Avec sa complice et amie de toujours, Annie Vergne, les écrits d’Olympe sont confrontés par l’intermédiaire d’une jeune personnage, aux questions d’aujourd’hui.

J’encourage les lecteurs de ce blog qui sont dans la région parisienne à aller voir la pièce et à proposer si ça les chante, leur compte-rendu. JPD

Contact diffusion : Julien Séchaud/ Annie Vergne Théâtre le Guichet Montparnasse 15 rue du Maine 75014 Paris leguichetmontparnasse@orange.fr Tel 09 75 75 18 18

Du 6 septembre au 22 décembre les jeudis et samedis à 19 h 00.

Par éditions la brochure - Publié dans : olympe de gouges - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 21 août 2012 2 21 /08 /Août /2012 13:45

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Cette présentation de deux livres date sans doute d’avril 2003 et a été publiée sur L’Humanité. Claude Mazauric est un historien bien connu de la Révolution française et peut-être un des rares historiens communistes à avoir évoqué Olympe de Gouges. Pour en savoir plus nous renvoyons à la préface de René Merle de notre édition aujourd’hui épuisée du premier texte politique d’Olympe, La Lettre au peuple. JPD.

 

 

La vie est les idées de François Noël Babeuf (1760-1797) qui s’était lui-même impatronisé « Gracchus » en octobre 1794 pour illustrer le sens de son combat, suscite toujours autant d'intérêt, du moins pour quelques éditeurs n'ayant pas froid aux yeux. Pour ne remonter qu'en 1997, après les Actes des colloques tenus à l'initiative des Amis de Babeuf et à celle de la société savante de la ville où se déroula son procès et sa mise à mort, ont paru le livre de Jan Birchhall (The Spectre Of Babeuf), le recueil-essai de Lionel Bourg, l'anthologie de Philippe Riviale (2001), le livre de Jean Soublin (Je t'écris à propos de Babeuf, 2001), un numéro de la revue Cahiers d'histoire, Revue d'histoire critique(1999, n° 77) préparé par Alain Maillard... et l'on attend la publication des Babouvistes, de Jean-Marc Schiappa.

Parmi les livres que nous aimerions retenir enfin, celui de François Larue-Langlois (1), historien originaire du Québec, qui nous raconte à son tour l'histoire du Tribun du peuple. Attentif aux faits et bien informé, l'auteur narre d'une plume alerte les principaux épisodes de la vie de Babeuf et, s'il s'intéresse plus à l'activité politique de Babeuf en Picardie puis à Paris qu'à l'évolution de sa pensée doctrinale, il n'en évoque pas moins la profonde originalité. Ainsi, contre une pesante tradition qui tenait Babeuf pour une sorte de buveur de sang, Larue-Langlois montre qu'au contraire, s'il a politiquement réhabilité la rigueur jacobine, il n'a cessé d'en rejeter les détournements terroristes » et que, en ce qui le concerne, on ne peut lui imputer « aucune tuerie ni aucune violence ». Soucieux d'éviter l'anachronisme, l'auteur ne prête pas à Babeuf une idéologie «communiste» reconstruite après coup mais insiste sur l'indépendance, d'ailleurs problématique, de ses projets. Enfin, il s'interroge sur les raisons possibles qui expliqueraient le surcroît d'intérêt porté aujourd'hui au penseur et le met en rapport avec cette idée que « le retour du capitalisme à l'état sauvage sous couvert de mondialisation n'est peut-être pas inévitable ».

 

Dans un ouvrage de même format paru dans la même collection (2), Sophie Mousset s'est emparée de la figure d'Olympe de Gouges (1748­1792) pour la sauver de l'oubli. L'entreprise, même sans ignorer les efforts féministes pour rappeler ce que fut la publiciste à qui l'on doit la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, mérite d'être saluée. Fille des amours clandestines d'un aristocrate et d'une bourgeoise, Marie Gouze fut mariée à l'âge de dix-sept ans au traiteur de l'Intendant de la Généralité de Montauban, qu'elle quittera en 1767: Paris lui promettait une vie mondaine à laquelle elle se consacra avec talent et sens de l'intrigue. Intelligente, aventureuse et convoitée, Marie, à partir de 1784, se fait un nom de plume qu'elle doit à son joli tour d'écriture et à son sens aigu de l'actualité, notamment littéraire. Femme et citoyenne, se présentant comme telle, elle s'engage dans la Révolution à la fois comme auteure et comme protagoniste d'un projet ouvertement émancipateur sur le plan du droit. Ainsi plaide-t-elle en faveur de la nécessité du divorce, contre l'esclavage des Noirs, pour l'égalité politique des femmes et, enfin, contre le monopole des pères et des frères dans l'espace public. Mais cela ne l'éloigne pas des cercles libéraux de la bonne société parisienne: c'est à la reine Marie-Antoinette qu'elle présente sa Déclaration en septembre 1791, ce qui, quelques semaines après Varennes, ne saurait être mis au bénéfice de son opportunisme ! Après la reine, son choix politique la porte vers le duc d'Orléans, le célèbre et richissime Philippe­Egalité, si suspect aux yeux des démocrates républicains, puis vers les Girondins... Tant et si bien que ses insuccès d'auteure accompagnent bientôt son discrédit aux yeux des sans-culottes — hommes et femmes (Claire Lacombe). Dès ce moment, même sa passion féministe la compromet : depuis 1792, la contre-révolution essaie de couvrir derrière une rhétorique de la « sensibilité », apanage du sexe féminin, ses entreprises de déstabilisation de la République en guerre. Olympe est plus que «suspecte ».  Résultat : jugée par le Tribunal révolutionnaire, elle est la seconde femme après Marie-Antoinette à être condamnée et exécutée.

Que reste-t-il aujourd'hui du message d'Olympe de Gouges ? se demande Sophie Mousset. Une femme des Lumières qui, selon elle, «a participé à une formidable remise en question des statuts de l'homme et de la femme » mais qui a été victime de cette inégalité, maintenue et bientôt sacralisée dans le Code civil, par laquelle la révolution bourgeoise a enfermé les femmes. De Gouges aurait été victime des préjugés ou d'intérêts mal compris, au nom desquels le «monde ouvrier a réservé à l'homme l'espace public ». Demeure donc l'Olympe de la Déclaration.

Ces deux ouvrages, de François Larue-Langlois et de Sophie Mousset, ont paru dans la nouvelle collection des Éditions du Félin, « Les marginaux ». Avec une telle étiquette et ces deux premiers titres, l'éditeur entend signifier au lecteur que la marginalité d'hier est appelée à former la norme d'aujourd'hui et suggérer que la marginalité d'aujourd'hui sera la réalité de demain. Ce point de vue téléologique qui finalise l'expérience historique n'est cohérent que superficiellement. Rien n'est plus ambigu que cette idéologie du précurseur. On peut s'en réjouir s'il s'agit de Babeuf ou d'Olympe, mais qu'en serait-il si les marginaux absolutistes, théosophes, adeptes sectaires des «anti-Lumières » et de l'apocalypse régénératrice des Chevaliers du poignard apparaissaient comme des précurseurs ? Pour se libérer du préjugé, il faut tout recontextualiser et laisser l'histoire s'écrire et se réécrire avant d'en juger.

CLAUDE MAZAURIC

(1) Gracchus Babeuf, tribun du peuple, par François Larue­Langlois. Editions du Félin,

mars 2003. 13,50 euros.

(2) Olympe de Gouges et les droits de la femme, par Sophie Mousset. Éditions du Félin, mars2003. 13,50 euros.

Par éditions la brochure - Publié dans : olympe de gouges - Communauté : Le Sarmiento
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 16:43

 J’ai cherché les paroles de la chanson, sans succès. Elle est passée aujourd’hui sur France Inter, au même moment Télérama dit quelques mots. Pour le moment j’en reste là au sujet de Claire Lise. JPD


Telerama n° 3240 - 18 février 2012
 

 

Un peu de Clarika. Et d'Amélie-les-Crayons. Les amateurs d'une chanson vive, impertinente et touchante, apprécieront les références. Sans être (pour l'instant ?) aussi percutante que ses deux cousines, Claire Lise a, elle aussi, l'écriture piquante, la voix pimpante, la mélancolie délicate.
Ce quatrième album a même valeur de nouveau départ, prometteur. Elle y chante les femmes, amantes, solitaires, solaires, ombrageuses. Carrousel de visages, aussi changeants que les flux et reflux de la chance ; carrousel de sons - violoncelle, boîtes à rythmes -, comme autant de sentiments variés, parfois avariés. Ses titres ne présentent pas tous la même distinction ? Tant pis, on aime ses fièvres inquiétantes. Femme, Je suis morte, Olympe de Gouges (qu'on imaginerait bien par Zaza Fournier)... ces chansons-là ont du corps, du souffle, de la saveur. Trop de goût pour que Claire Lise s'arrête en si bon chemin.
Valérie Lehoux

 

France Inter 15 février


Partons ce matin, à la découverte de l’univers d’une jeune chanteuse de 31 ans, dont les chansons s’inspirent pour la plupart du vécu des femmes. Son nom : Claire Lise. Le titre de son album : « la chambre rouge »
Il y a comme un parfum d’interdit, de sensualité libérée qui sort de la chambre rouge de Claire Lise. Avec ce petit bout de femme, bouille de lune, le désir féminin, l’érotisme, la sexualité s’expriment avec une âpre légèreté. Et l’on réalise que cette revendication radicale du corps trouve dans la chanson, art de l’immédiateté par excellence, un bon terrain de jeu.

Extrait de « Olympe de Gouges »
Claire Lise a donc la reconnaissance du ventre et sait remercier les pionnières du féminisme comme Olympes de Gouges sans pour autant réaliser un disque sur le besoin de réactiver les conquêtes féministes. C’est une femme qui parle aux femmes, en s’adressant aussi aux hommes, qui ont toujours à apprendre de la réalité et des mystères de la sensualité du deuxième sexe, de ces corps qui changent avec la maternité, ou de ces amoureuses qui ne peuvent se résoudre à prendre congé de l’amour à 50 ans.



L’Indépendant 28 janvier


Son minois ne laisse rien deviner de ses intentions musicales ! On lui donnerait le bon Dieu sans confession, comme disent les anciens… Et pourtant, Claire Lise chante de drôles de sensations, des histoires de femmes qu'elle raconte avec justesse et surtout sensualité, voire plus. 'La petite porte', 'Enlace-moi', 'Olympe de Gouges', 'Madame' sont incontournables, comme 'If one day'.  Dans un registre pop-rock, la fragilité de sa voix contraste avec la rudesse du choc des mots. Claire Lise apporte sa fraîcheur, sa noirceur aussi. Et c'est finalement ses contrastes qui forgent son répertoire. Et son talent. Sacré bout de femme !

Par éditions la brochure - Publié dans : olympe de gouges - Communauté : Le Sarmiento
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 11:16

 « J’ahborre vos tyrans, vos cruautés me font horreur. »
Olympe de Gouges aux Noirs révoltés de 1792 (1)

 

 

Certains pensent en marchant, ou en écrivant, moi comme un des personnages d’Alphonse Daudet, je pense en parlant. En conséquence mes interventions en réunion ne sont pas là pour convaincre mais pour informer et réfléchir à haute voix. Aussi je reviens sur la philosophie d’Olympe de Gouges qui ne concerne pas qu’Olympe.
Elle dénonce les cruautés des colons dsè 1783 (elle sera victime d'ignomines de leur part) puis quand les Noirs se révoltent elle dénonce les cruautés des Noirs. Certains pour montrer son rôle précurseur vont surtout braquer le projecteur sur sa dénonciation de la situation faite aux Noirs. D’autres vont ensuite dire qu’elle renvoie dos à dos les deux cruautés. Dans les deux cas, c’est une Olympe tronquée qui est présentée. Pour donner sa position, faute d’un autre mot j’ai écrit qu’elle était « centriste » mais le centriste renvoie dos à dos l’exploiteur et l’exploité. Olympe a toujours été du côté du faible, mais sans pour autant justifier tous les actes du faible !

Quand je titre, la philosophie d’Olympe, je ne parle pas de son discours philosophique mais bien de sa philosophie de vie qui la conduit à être en conformité avec ses propres œuvres philosophiques. C’est là une autre caractéristique du personnage qui ne la concerne pas qu’elle. Elle a écrit le Bonheur primitif de l’homme dont elle dit en 1792 que c’est bien sûr une chimère comme le Contrat social et d’autres œuvres, ce qui lui permet d’ajouter :
« Les imitations de Jean-Jacques sont défigurées dans ce nouveau régime, que seraient donc celles de Mme de Gouges et celles de Brissot ? Il est aisé, même au plus ignorant, de faire des révolutions sur quelques cahiers de papier ; mais hélas ! l’expérience de tous les peuples, et celle que font les Français, m’apprennent que les plus savants et les plus sages n’établissent pas leurs doctrines sans produire des maux de toutes espèces. Voilà ce que nous offre l’histoire de tous les pays. » (2)

Sa philosophie, plutôt que centriste, pourrait-elle être désignée comme réaliste ? Un réalisme qui la conduit à s’auto dénigrer : elle affirme sans cesse qu’elle est sans talent mais qu’elle a des causes à défendre. Ce terme de réaliste ne suffit pas puisqu’elle est d’abord une activiste. Sa philosophie de l’action est enfermée dans le carcan du rousseauisme (la théorie du bon sauvage) dont lucidement elle constate que les événements le « trahisse ». On repense à Marx et à ce que des marxistes ont fait subir à son œuvre en prétendant la mettre en pratique.

Les intellectuels écrivent des chimères (et elle avec) et ils doivent savoir qu’à combattre des maux, ils produisent des maux. Olympe est donc tout simplement une idéaliste qui n’a pas compris qu’on ne fait pas une révolution sans casser des œufs ? Mais pourquoi, à s’opposer au fatalisme du système dominant faudrait-il tomber dans cet autre fatalisme faisant de la révolution un excès de massacres ?
J’entends des voix me disant tout simplement que la femme Olympe est « naturellement » une sentimentale or le combat social n’est pas affaire de sentiments. La théorie de la Nature où tout est beau et bien, une Nature malheureusement pervertie par l’homme et son avidité d’or, n’est pas le produit d’un sentimentalisme féminin !
Ni centriste, ni réaliste, ni sentimentaliste, Olympe appartient-elle à ce courant historique désigné sous le nom de social-démocratie qui voudrait seulement adoucir les tares de systèmes si puissants que leur renversement déclenche des tempêtes ?

Dans le camp des dominants, les « durs » disent : « Surtout n’adoucissons pas le système sinon l’adversaire va en profiter pour nous éliminer ! ». Et dans le camp adverse des « durs » disent : « Pinochet a pris le pouvoir au Chili et c’est très bien car l’adversaire montre ainsi son vrai visage et la révolution va pouvoir aller à l’essentiel. » Bien sûr Olympe est contre les deux extrêmes mais surtout contre le mécanisme qu’ils enclenchent car l’un appelle l’autre. Quand la France conduit une guerre sans nom en Algérie, elle se fabrique des adversaires qui sont obligés d’être très sévères dans leurs rangs, et au jour de la victoire, les forces modérées sont éliminées.

Olympe est une modérée, ça c’est sûr, mais pas une modérée pour le bonheur de la modération en soi, mais parce qu’elle sait qui paie la note à l’arrivée, à savoir le Peuple qu’elle défend. Il ne s’agit pas d’une modération qui appelle à la conciliation mais d’une modération qui met au sommet de la hiérarchie des valeurs, le respect de la vie. Position philosophique qui la conduira sur l’échafaud…

Quand Olympe considère que ce n’est pas en guillotinant le roi qu’on guillotine la royauté, l’histoire lui a donné raison. Raoul-Marc Jennar est Belge et il a été étonné en arrivant en France d’y découvrir une noblesse plus présente dans la gestion des affaires du pays, que dans son royaume de Belgique !

Olympe a tenté d’inaugurer une conception pratique de la révolution où l’analyse de la réalité concrète l’emporterait sur l’hypocrite invocation de modèles. Elle abhorre les Tyrans qui exploitent les Noirs, et la cruauté des Noirs révoltés qui tuent des propriétaires sans jugement lui fait horreur mais elle veut une révolution car elle sait que tous sont responsables mais qu’il y a des coupables, les tenants du système. Elle est finalement inclassable et c’est peut-être ça être révolutionnaire ?

Félix Castan a défendu Olympe de Gouges. Félix Castan était à la fois communiste et occitaniste. Les occitanistes le considéraient comme un faux occitaniste car communiste, et inversement les communistes se disaient, « mais comment peut-il être occitaniste ? » (depuis il y a eu des évolutions). Or chez lui, défendre Olympe, la culture occitane et l’engament communiste était une seule et même chose. Braquer le projecteur sur une dimension, c’est tronquer le personnage. Pour Olympe comme pour lui, la première démarche était celle « de l’analyse concrète de la situation concrète ». Il ne s’inventait pas une France mythique ou un Peuple mythique mais partait d’une France réelle, plurielle et à partir de ce constat on pouvait articuler une conception de la révolution. Ma différence avec Félix Castan, c’est que je ne fais pas d’Olympe une grande écrivaine, et je n’arrête pas l’analyse de la situation à un moment donné, celui de ma jeunesse par exemple. La langue occitane aujourd’hui est dans une situation radicalement différente de celle de 1950 et en tenir compte ne signifie ni baisser les bras, ni se crisper sur le passé mais agir en conséquence, ce qui supposerait une autre article.

Pour répondre à la question de départ je conclus par ces mots : « En tant qu’inclassable, Olympe est une révolutionnaire. »
02-02-2012 Jean-Paul Damaggio
1 ) dans la même préface à l’Esclavage des Noirs, de 1792
2) dans la même préface. (voir le livre Olympe de Gouges aux enfers, Ecrits sur le théâtre).

Par éditions la brochure - Publié dans : olympe de gouges
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 22:12

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D'ici 30 jours voici une nouvelle publication des éditions la brochure : 130 pages, 10 euros. Pour tout savoir, lire l'introduction ci-dessous.

 

 

Introduction
Vous lirez plus loin [dans le livre] cet extrait significatif :
« Cet ouvrage est de longue haleine, et je ne le présenterai pas du matin au soir ; je veux faire cependant mes adieux comiquement à mes concitoyens ; après avoir mis les morts au théâtre, je veux y mettre les vivants ; je veux me jouer moi-même, ne point faire grâce à mes ridicules pour ne point épargner ceux des autres ; je n’ai pas trouvé de plus vaste plan, ni de plus original que madame de Gouges aux enfers. »

Mécontente du traitement qu’on lui inflige elle imagine donc d’écrire ce livre à la troisième personne : Olympe aux enfers. Ce titre me semble résumer le contenu des textes qui vont suivre. Olympe de Gouges le répète chaque fois, il s’agit de textes écrits sans plan et sans ordre, des textes peu littéraires, mais qui témoignent parfaitement de la douleur extrême d’une femme qui n’a qu’un but, chercher le bien, et qui ne trouve, en face d’elle, que tracasseries, complots et mépris. Si c’était contre elle, elle n’en ferait pas cas, or elle veut témoigner en faveur de grandes causes, comme la situation des noirs, l’exploit de femmes peu ordinaires, et on vient lui rire au nez !
Qui, en France, hier comme aujourd’hui, connaissait ou connaît l’incroyable Egyptienne, Hypatie ? Olympe la connaissait et sa pièce est malheureusement partie en fumée. Celle sur Ninon de Lenclos par contre, nous l’avons. Qui était Ninon de Lenclos ? Olympe, on le lira, joue l’ignorante, mais elle ne l’était pas. A mes yeux, ses écrits ne témoignent pas d’un grand théâtre, d’une grande littérature (la Révolution a-t-elle laissé des grands noms de la littérature ?), mais d’une vie authentique. Ils entrent dans cette merveilleuse catégorie des textes d’histoire écrits en direct ! A montrer, sans se gêner, le fonctionnement des Comédiens français, elle fait œuvre unique !
Quand, en 1994, j’ai lu les préfaces, j’ai été aussitôt séduit par cette originalité. Mais en publiant le théâtre d’Olympe de Gouges aux Editions Cocagne en 1993, Félix Castan écrivait : « Chaque pièce est précédée ou suivie dans l’édition originale de documents sur les difficultés et les démêlés qu’elle a entraînés pour l’auteur, lesquels portent rarement sur le contenu de l’œuvre, et nous préférons les renvoyer à une section spéciale du quatrième volume des œuvres complètes. » Pour Félix Castan, ces préfaces brouillaient l’œuvre, or, le plus souvent, il cite une phrase des préfaces en guise d’introduction à l’œuvre ! J’admets mon erreur possible, mais je ne place pas les combats d’Olympe sur la planète Littérature mais sur la planète Histoire.
Dans ces textes, écrits à la première personne, on comprend pourquoi elle fut à la fois très en avance sur son temps et très en retard sur la Révolution ! Très en avance sur son temps car en tant que femme elle prend une parole qui lui est refusée, elle saccage les mœurs établies et sa dénonciation de la condition des noirs n’est pas la moindre. Très en retard sur la Révolution car elle a comme référence la Nature, et dans la Nature, les rois sont la sagesse. Elle ne se ralliera à la République que quand le roi, par sa fuite, aura démontré qu’il était du côté des forces étrangères et non du côté de la France.

Cette publication que vous tenez entre les mains, c’est presque l’accomplissement d’un rêve d’enfant. Tout n’y est pas, tout n’étant pas disponible à la bibliothèque de Montauban, mais quel souffle dans ces quelques pages.
D’abord le gros dossier autour de la pièce L’esclavage des noirs. Dans son très beau livre , Olivier Blanc, traite en détail cet épisode que je résume dans la présentation.
Vient ensuite, le dossier sur l’autre pièce, Molière chez Ninon, un écrit qui devait permettre de compenser l’échec du premier et qui en fait l’aggrave.
Avec la révolution, Olympe tente d’être dans l’actualité avec les VŒUX FORCES ou LE COUVENT en octobre 1790, un nouveau dossier qui démontre que pour elle rien ne change : ses persécuteurs restent les mêmes. Ils seront encore à l’œuvre avec sa pièce MIRABEAU AUX CHAMPS-ÉLYSÉES, qui ne sera l’heure de son triomphe. Peut-être certains attendaient-ils d’elle des sujets plus frivoles.
Les mauvais coups que reçoit Olympe peuvent varier, ils l’envoient tous aux enfers, avant l’échafaud, avec sa pièce Sur L'ENTRÉE DE DUMOURIEZ A BRUXELLES ou Les vivandiers.

Le plus souvent, pour écrire le théâtre comme les textes directement politiques, Olympe dit s’appuyer sur des songes. Visiblement elle n’a pas pu se rêver au paradis… J-P Damaggio

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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 10:50

Préface d’Olympe de Gouges au « Couvent »

 

En publiant le théâtre d’Olympe de Gouges aux Editions Cocagne en 1993, Félix Castan écrivait : « Chaque pièce est précédée ou suivie dans l’édition originale de documents sur les difficultés et les démêlés qu’elle a entraînés pour l’auteur, lesquels portent rarement sur le contenu de l’œuvre, et nous préférons les renvoyer à une section spéciale du quatrième volume des œuvres complètes. » Pour Félix Castan, ces préfaces brouillaient l’œuvre or le plus souvent, en guise de citation une phrase de la dite préface introduit l’œuvre ! Quand pour la première fois, en 1994, à la bibliothèque de Montauban j’ai eu la curiosité de lire les préfaces en question, j’ai au contraire découvert des textes au cœur de l’œuvre elle-même et au cœur de sa vie avec ici les démêlés avec son fils ! Ecrits sans ordre, il est vrai, écrits sous le coup de la colère, j’en conviens, mais d’autant plus vivants ! En attendant une hypothétique publication voici la préface à la pièce Les vœux forcés, Félix Castan ayant retenu comme titre, Le couvent. Pour faire court, il s’agit des jeunes gens forcés d’entrer au couvent, coutume que les députés de 1790 étaient à ce moment là en train de remettre en cause. J’ai mis en rouge la partie de la préface reprise par Félix Castan. JPD

 

Préface d’Olympe de Gouges au « Couvent »

 

PREFACE

 

J'ai déjà prouvé que depuis ma naissance je suis persécutée; que rien ne m'a jamais réussi, et qu'enfin les vraies jouissances me sont inconnues, quoique le Ciel m'ait fait une âme pour en goûter les délices. La littérature est une passion qui porte jusqu'au délire. Cette passion m'a constamment occupée pendant dix années de ma vie. Elle a ses inquiétudes, ses alarmes, ses tourments, comme celle de l’amour.

L'esclavage des Noirs[1] devait avoir, d'après les circonstances, le plus grand succès : ce succès fut empoisonné par des entraves effroyables et iniques. Pour faire diversion à mes tourments, j'arrivai à Versailles avec tous les Députés de la France ; je donnai aveuglément et à corps perdu dans la politique et dans la philosophie. Mes écrits patriotiques soulevèrent tous les partis naissants, contre mes bonnes vues. A peine j'étais entrée en lice avec les vrais soutiens, que les merveilleux de la Cour crièrent à l'audace, à l'entreprise, et prétendirent qu'il valait mieux que je fisse l'amour que des livres. J'aurais pu les en croire s'ils avaient été en état de me le persuader. Ils ne pouvaient m'offrir que des vices et des ridicules, je n'aime que les vertus. Cette morale et cette critique ne me corrigèrent pas, je continuai d'écrire.

On agita la question des vœux arrachés aux jeunes gens des deux sexes : cette question m'inspira mon Drame des Vœux Forcés. Tous les Prêtres qui se sont distingués sur cette matière me fournirent les moyens d'établir 1e caractère du Curé de mon Drame: J'arrachai une plume de l'aile de chacun. L'éloquence et l'érudition de MM. Talleyrand, Sieyès, et surtout la pureté religieuse de M. l'Abbé Goutes, me donnèrent de quoi m'étendre sur ce caractère. L'Abbé Maury m'inspira celui de mon Grand-Vicaire. Mais il faut être juste, je n'en ai fait que la charge ; le véritable Abbé Maury[2] a bien plus d'esprit que mon Grand-Vicaire. Victime du fanatisme, comme on l'apprendra par les suites, ce sujet dut me sourire plus qu'à tout autre ; aussi je le traitai rapidement. J'en ai puisé les matériaux dans le sein de l'Assemblée Nationale. Je le communiquai à un grand nombre de personnes à Versailles ; tous m'en firent le plus grand récit ; tons m'engagèrent à le faire représenter ; mais on craignait la censure malgré le premier rayon de la liberté. Aucun Auteur n'avait encore porté ce sujet au Théâtre. Il fallait donner l’essor à la grande question qui s'agitait à l'Assemblée Nationale: Ma Pièce pouvait peut-être y contribuer : mais d'original que j'étais, l'art du sort l’irrévocable arrêt qui me poursuit, voulut me faire paraître imitateur.

Je portai ce Drame au Théâtre de MONSIEUR, Foire Saint-Germain, vers le mois de Février 1790. Ce Spectacle le reçoit, mais il nie demanda un temps très long pour le représenter : je le retirai pour le donner au Théâtre du Palais- Royal. On me le garda deux mois sans m'en donner aucune nouvelle. Je communiquai un second manuscrit à M. Monvel, qui trouvait cette Pièce charmante, et je pouvais l'en croire. Il me témoigna le plaisir qu'il aurait de jouer le rôle du Curé et certes mon intention était bien de le lui offrir ; mais l'implacable d'Orfeuille, acharné comme un Comédien Français contre mes Pièces, trouva prétexte sur prétexte. On me demandait un troisième Acte, je le croyais assez nécessaire, mais tous ces délais commençaient à me fatiguer.

Mon fils me prend le manuscrit, et, pour mon malheur, va le porter à un Théâtre Français, Comique et Lyrique.

Il était écrit que tout ce qui porterait le nom de Théâtre François me serait funeste. On reçoit avec transport cette Pièce (c’est la première, dit-on, et la seule dramatique qui se soit représenté sur ce Théâtre). Quelques fussent les instances de mon fils, j'avais de la peine à me décider. Il amène un des Directeurs chez moi : je consens à lui donner ma Pièce : il me prie de la faire censurer au plus vite. Mon Censeur était M. Duport-Dutertre[3], Lieutenant de Maire alors et Ministre de la Justice aujourd'hui. Il pointilla beaucoup sur les licences ; il approuva l'Ouvrage et le jugea en connaisseur. Son approbation m'indiqua même tous les changements que j'y ai faits ; le style avait besoin d'en être châtié, je le savais, puisque c'était le brouillon qui avait été censuré. Je me remis donc après ma Pièce, quelque fût mon dégoût pour la correction, et, après l'avoir revue de nouveau, je la livrai au Directeur, ne voulant pas aller aux répétitions de ce Théâtre. Il me demanda la permission d'y faire des coupures et de changer quelques mots par-ci par-là. Je lui en donnai une aveugle, et ma Pièce aurait été défigurée si je n'avais redemandé mon manuscrit. J'appris qu'il s’était avisé de vouloir intercaler une scène de sa façon, et qu'elle était si mauvaise, si étrangère à l'action et au sujet de mon Drame, que les Acteurs étouffaient de rire en la lisant. Vraisemblablement cet homme avait de, vues cette Pièce ; car il engagea mon fils, assez subtilement, pour en accélérer, la représentation, de s'en déclarer l'Auteur avec lui, mais de me laisser ignorer ce projet. Mon fils y consentit comme un étourdi. Eh bien, dit-il, nous allons nous en dire les Auteurs tous deux, elle marchera plus vite. Soit, lui dit-il, pourvu qu'elle se joue tout de suite. La Pièce se joue et a le plus grand succès.

J'étais à la campagne : à mon arrivée, j'apprends cette nouvelle, et je vois affiché à ma porte : Les Vœux Forcés, par Mme de Gouges et M. Labreux… ! Par Mme de Gouges et M. Labreux, m'écriai-je d'une voix sépulcrale : Depuis quand suis-je associé pour une production Dramatique ? Tout le monde ouvre les yeux aussi bien que moi. Je crie au meurtre ! au viol ! au plagiat ! à la Justice ! ... Oh ! oui à la Justice, rien n'était organisé. Ma Pièce allait toujours son train. Faire un procès à des misérables, c'est se couvrir d'ignominie. Des personnes plus modérées et désintéressées, et connaissant ma fatalité, me disent, pour me consoler :

« Cet accident vous sert bien ; si vos ennemis vous en avaient su l'Auteur, on l'aurait fait tomber, ou ils seraient parvenus à en arrêter la représentation.»

Vous avez raison, leur dis-je, et m'efforçant, pour étouffer en moi le cri de 1a Nature, j'ai abandonné ce Drame à sa destinée. Il est arrivé à quatre-vingt représentations. Aujourd'hui je reprends ma progéniture un peu épuisée ; mais je lui ai donné une nouvelle vigueur par un troisième Acte, j'ai mis plus d'action dans le dialogue, plus de pureté dans le style. Je me propose actuellement de faire représenter cette Pièce sur un autre Théâtre. J'ose croire qu'elle est propre à figurer sur tous. Messieurs les Directeurs du Théâtre Français, Comique et Lyrique, voudront bien me rendre compte de la recette, dont je destine une part d'Auteur aux Soldats de Château-Vieux, et me rendre compte du vol manifeste de la moitié de la gloire de cet ouvrage, me reproduire, surtout, t'approbation qui leur a permis de la représenter.

 

Je demande actuellement aux Lecteurs, à tous les Auteurs nés et à naître, si jamais ils ont éprouvé, et si jamais aucun éprouvera un brigandage de cette espèce. Il est cruel pour un homme, il est atroce pour une femme : car, dans cette matière il est plus commun qu'un homme donne à une femme ; mais qu'un homme vole une femme !!! cela n'est pas ordinaire. Certes je ne suis pas surprise de ce misérable vol, et l'on me forcera à la fin de croire que j'approche des grands talents puisque tous les jours on me pille.

Plusieurs Savants ont fait la remarque que l'Esclavage des Noirs avait fait des petits, comme la Coquette fixée ; j’ai reconnu aux Italiens, dans plusieurs Pièces des scènes tout-entières. Dans Zélia, dans la fameuse Zélia, du Théâtre de la rue de Louvois, l’Auteur ne s’est pas même donné la peine de déguiser le Roman de M. de Saint-Frémont, mais il a eu l’art, au-dessus de moi, de faire vivre les deux rivales. Il faut croire que M. Dubuisson aime la polygamie, et que dans ce moment il veut introduire ce goût en France. Il n'aura pas grande peine, je pense ; mais moi, qui veux tout ou rien, j'ai eu grand soin de faire mourir la plus ancienne. J'ai trouvé ce moyen plus dramatique, plus théâtral, et surtout plus moral. J'ai conçu ce drame dix ans avant celui de M. Dubuisson. Il a eu le temps de le parcourir, puisqu'il est imprimé depuis cinq ans ; et je vois avec plaisir qu'un expert dans l'art d'écrire, un Auteur consommé, n'a pas dédaigné, non-seulement d'imiter une ignorante, mais de lui prendre encore l'intention, les aveux, et exactement les mêmes phrases. Il faut convenir, M. Dubuisson, que vous avez cru mon Drame enfoui dans les ténèbres, et vous avez vu sans doute avec peine un si joli Roman disparaître de la scène. Vous voudrez bien permettre qu'après sou succès je tâche au moins de ramener sur l'eau l'Esclavage des Noirs. Je conviens que ma Pièce n'a aucun rapport avec cette duplicité d’intérêt, j'ose dire sagement conduit ; vous avez volé seulement le Roman, grand bien vous fasse. Je préfère réclamer à restituer. Vous, et M. de Labreux, me feriez bien caution, et bien d’autres, que je n'ai pas besoin du bien d'autrui ; certes vous pourriez me faire longtemps de semblables vols avant de me ruiner, et l'on ne sait que trop que ma grande fortune dans ce genre est l’Embarras des Richesses. Si quelque Financier, amateur d'esprit et de gloire d'autrui, voulait faire l'acquisition de mille et un manuscrits, je suis prête à traiter avec lui à bon compte et sérieusement, je serais bien femme à conclure marché et même à garder le secret quand mes Pièces auraient le plus grand succès : mais quand on me les vole ! c'est une autre paire de manches, comme disent les bonnes gens.

Me voilà assez vengée, et j'espère bien, qu'à l'avenir, on me demandera mes Pièces plus loyalement, plus légalement, et qu'on me fera la loi avec une bonne quittance. Je déclare que je ne donne plus ni aux Auteurs, ni aux Acteurs, ni au Public, mes ouvrages. Le mauvais que l’on paye est toujours bon : le bon que l’on donne est toujours mauvais. J’ai appris à faire un proverbe de cette expérience. Il m’a pris fantaisie de faire fortune, je veux la faire, et je la ferai.

Je la ferai dis-je, en dépit des envieux, de la critique et su sort même : car je vois bien qu’il faut que je lui montre les dents si je veux reprendre ma revanche. Je vois aussi que notre vie n'est qu'un jeu, et que celui qui ne sait pas calculer perd toujours. J'ai appris mathématiquement à vivre à mes dépens.

Je finis par demander justice au Public pour mes folles productions : lui demander de l'indulgence, ce serait trop ; mais si j'obtiens cette justice, ce sera beaucoup pour moi.

En lisant cette Préface je m’aperçois qu'il est impossible de livrer à l'impression un brouillon sans être revu et corrigé. C’est assez mon usage pour les Préfaces. Ainsi, je rappelle celle-ci à l’indulgence du Lecteur, quoique je paraisse la braver plus haut.

 



[1] Un pièce d’Olympe de 1884, qu’elle modifia avec la révolution et essaya de faire jouer.

[2] Abbé Maury (1746-1817) Au même moment un pamphlet de Hébert dénonce « la vie privée de l’abbé Mlaury »

[3] Louis François Duport-Dutertre 1754-1793, homme politique français

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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 20:00

 

Une délibération municipale votée à l’unanimité à Montauban, qui peut intéresser nos fidèles lecteurs amoureux d’Olympe de Gouges. Il serait regrettable que l’appel se fasse seulement en circuit fermé. La Brochure fera une proposition. JPD

 

 

Délibération municipale

Monsieur Philippe MAURIN donne lecture du rapport suivant :

Mesdames, Messieurs,

Dans le cadre des manifestations consacrées à Olympe de Gouges, la Ville de Montauban souhaite renouveler l'attribution d'une bourse visant à valoriser par des actions concrètes, les idées de l'œuvre de l'auteur de la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ».

Un appel à projet va être lancé à partir d'un thème développé par Olympe dans son œuvre : la lutte pour la reconnaissance des femmes en tant qu'individu autonome, citoyenne indépendante, créatrice d'œuvres, défendant des causes.

Il s'agira de proposer le portrait de femme d'hier ou d'aujourd'hui, femme méconnue ou non reconnue à sa juste valeur (non pas simplement comme femme de..., sœur de..., fille de...), et dont l’œuvre reflète une cause, un combat, un engagement.

Conformément au règlement de participation, le prix de la bourse Olympe de Gouges 2012 de la Ville de Montauban sera décerné à :

- Un artiste dont le parcours exemplaire nécessiterait un soutien financier.

- Une association qui en France ou à l'étranger œuvre en faveur de l'expression des femmes

- Une œuvre réalisée par un homme ou une femme dont le sujet illustrerait l'affirmation d'Olympe.

Les candidats devront déposer leurs dossiers avant le lundi 9 janvier 2012, ces dossiers seront examinés par un jury, dont le choix sera fondé sur les critères suivants : la pertinence, la pérennité, le rayonnement, le nombre de personnes concernées, la cohérence du budget prévisionnel, le calendrier ou l'échéancier de la mise en œuvre.

Les trois premiers projets retenus seront défendus par leurs auteurs en février 2012, devant le jury qui retiendra le lauréat, celui ci recevra une bourse de 10 000 € qui devra contribuer à la mise en œuvre de son projet.

Au vu des éléments ci-dessus, il vous est demandé de bien vouloir, conformément à l'avis de la commission des Finances :

- autoriser Madame le Maire à lancer l'appel à projet de la bourse Olympe de Gouges 2012, conforme au règlement annexé à la présente délibération,

- dire que les crédits nécessaires seront inscrits au Budget 2012,

- décider de verser au lauréat retenu, la somme de 10000€, pour la mise en conformité de son projet. ADOPTES A L'UNANIMITÉ

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Mercredi 30 mars 2011 3 30 /03 /Mars /2011 17:31

Avec le thème « femmes et cinéma » en allant d’Agnès Varda à Camille Claudel nous avons croisé deux mondes totalement opposés. D’un côté, dans Les plages d’Agnès, la cinéaste joue sa vie sous un angle créatif et paisible, alors que dans Camille Claudel si l’univers artistique est tout aussi créatif, la dimension tourmentée est bien connue. Pour le premier film, avec toute son érudition, Pierre Cadars avait situé Agnès Varda, dans une histoire du cinéma encore très peu féminine du côté des réalisateurs. Il a commencé par rappeler qu’encore en 1976, il surveillait les épreuves du Certificat d’études où pour les filles il fallait répondre à la question « comment préparer un biberon ? » et pour les garçons « comment fonctionne une roue ? » !

Pour le second film Guy Chapouillé (pilier de l’ESAV qui, l’après-midi, avait accompagné la découverte de beaux films), puis le réalisateur Bruno Nuytten nous ont permis d’approcher de l’intérieur ce film ancien mais toujours moderne, Camille Claudel. Approcher de l’intérieur signifie que derrière le couple Rodin-Claudel, il y avait Nuytten-Adjani. Le film est né sur le tournage de Barocco, du Tarn-et-Garonnais Téchiné où il y avait déjà Depardieu-Adjani en 1976 et Marilyn Goldin comme scénariste, personnages clefs de Camille Claudel. Adjani tenait à cette idée de film et après un parcours plein « d’incongruités » il sortira. Il y aurait pu y avoir une suite avec les rapports Paul Claudel et Camille Claudel.

Je ne connaissais rien de Bruno Nuytten mais son témoignage plein d’humanité, de prudence, de respect a, je pense, marqué les esprits.

Directeur de la photographie Bruno Nuytten a d’abord connu le monde du cinéma par l’œil du cadreur. Pour Camille Claudel, face aux refus essuyés, il accepta de prendre la plume, « ce qu’il n’avait pas fait depuis les rédactions du lycée », puis il se promena avec quatre cents pages sous le bras, et les producteurs les uns après les autres refusèrent de faire un film sur une artiste, jusqu’à ce qu’enfin son "scénario", donnant l’impression qu’on pouvait en tirer quatre épisodes pour Antenne 2, lui apporte les financements. Bien sûr ce scénario a ensuite été travaillé aves d'autres. La sculpture étant au centre du sujet, il lui a fallu trouver six sculpteurs pour aider à sa réalisation, car il n’était pas question de prendre des exemplaires d'un musée, ni d’en faire des copies.

Autant de détails qui mettaient en perspective le film projeté, et sa réalisation. Ce film projeté lui-même a posé des problèmes. Une copie a été retrouvée à la cinémathèque de Toulouse mais après vérification « l’antiquité » n’avait pas passé les épreuves du temps. Une forme DVD a fait fonction mais elle-même n’était pas à la mesure du film ! La projection a cependant était bonne avec, il est vrai, des gris plutôt noirs.

A une question du public Bruno Nuytten a accepté de répondre en révélant un peu de sa vie : enfant il a vécu, côté direction, dans un asile de « folles ». Il se souvient très bien qu’à noël les enfants du personnel recevaient un cadeau des personnes soignées et il a eu un ours en peluche avec des morceaux de tissus à l’intérieur. Pour lui, la folie, c’était les morceaux de tissus.

Une œuvre d’art comme Camille Claudel n’est pas une œuvre "froide" d’historien, mais un entrecroisement émotionnel entre les espoirs, le passé et le présent. Elle permettra enfin une large reconnaissance de l’artiste (une école de Montauban prendra ensuite son nom) et nous renvoie en 2011 à l’histoire même d’Isabelle Adjani.

Isabelle Adjani pourrait être l’invitée vedette de la prochaine édition des journées. Les combats de sa vie se croisent souvent avec ceux d’Olympe de Gouges.

Deux soirées très émouvantes qui en annonçaient d’autres puisque les journées ne s’arrêtaient pas là.

 

Olympe de Gouges a été présente par le rappel de l’article 11 de sa célèbre déclaration des droits de la femme. Je remercie Guy Chapouillé de l’avoir fait car, dans le contexte de la soirée, il prenait une autre dimension.

« Article 11

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de la femme, puisque cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. Toute Citoyenne peut donc dire librement, je suis mère d'un enfant qui vous appartient, sans qu'un préjugé barbare la force à dissimuler la vérité ; sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi. »

On peut constater sur ce point que l’article n’est pas une transformation d’un article de la déclaration officielle mais une question totalement vue sous l’angle féminin. En clair cet article signifie que la mère d’Olympe aurait dû pouvoir déclarer le nom de son père. Camille Claudel aurait pû être « fille-mère » mais elle a préféré avorter. J’avoue que je n’avais pas vraiment noté la belle formule : « cette liberté assure la légitimité des pères envers les enfants. » !

29-03-2011 Jean-Paul Damaggio

 

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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 01:15

Déjà la cinquième édition des Journées Olympe de Gouges ! La Dépêche reste toujours aussi silencieuse sur le sujet or le programme continue d’être très riche (voir sur le site de la mairie de Montauban). Le thème de cette année porte sur Femmes et cinéma et le film d’ouverture a été celui où Agnès Varda raconte sa vie dans « Les plages d’Agnès ». Coïncidence : Félix Castan a été cité au début parmi ceux qui ont fait découvrir Olympe. Il a aussi fait des efforts avec Monsieur Poulanges pour faire connaître Agnès Varda au cours d’une très belle rétrospective sur laquelle l’occasion me commande de revenir plus tard.

En ce 28 mars, le film a bénéficié d’une présentation érudite du thème des journées, présentation faite par Pierre Cadars, qui fut un des piliers de la Cinémathèque de Toulouse. Comme dans les autres arts mais pour des raisons peut-être plus spécifiques, les femmes ont été rejetées de la réalisation cinématographique et même si elles sont aujourd’hui 12% à exercer cette fonction dans leur profession, elles restent marginales. C’est que le métier de réalisateur est un métier qui demande beaucoup de virilité pour diriger une équipe…

Etrangement, dans cet univers difficile Agnès Varda, venant de la photographie, a su s’imposer sans aucune formation de base, sans être cinéphile au départ, peut-être par l’effet d’une certaine naïveté. Habitante de Sète, elle se trouva très jeune face à la maison de Jean Vilar et c’est un peu avec son aide qu’elle commença à côtoyer les artistes en photographiant sur le festival d’Avignon dès 1948.

Que dire du film qui a été ensuite projeté ? Un témoignage émouvant sur la vie populaire comme sait la montrer depuis son premier film la courageuse Agnès. A sa façon, si on élargissait la notion des « Justes » liée à la Seconde guerre mondiale, elle y aurait sa place : elle a fait passer à la postérité toute une classe sociale chassée des écrans. Pourtant le film m’est apparu trop téléphoné, peut-être parce que je connais trop la cinéaste. Les trouvailles techniques, qui vont des miroirs sur la plage au début, à la plage installée en ville ensuite, me produisent le même double effet : de l’émotion et un goût d’inachevé.

Ce testament, après celui tourné sur l’enfance de son mari, juste avant qu’il ne décède du sida en 1990, m’apparaît tout autant indispensable qu’insuffisant. Par la conclusion, il s’agirait de découvrir une femme habitée par le cinéma, quand je trouve que le film montre une femme habitée par le peuple. Le retour sur les souvenirs, leur mise en scène pour tenter l’impossible désir de les revivre, les retrouvailles avec les amis, autant de faits qui ne conduisent ni à la nostalgie ni à l’indifférence. Agnès a eu envie de se regarder marcher en arrière après avoir peut-être trop foncé vers l’avant. Si, comme elle l’indique « l’émotion ne se contrôle pas », et, comme elle le montre quand elle découvre un fou de petits trains (un ferropathe si je me souviens bien du mot) là où elle devrait s’émouvoir en retrouvant la maison de son enfance, je pense qu’elle a cru que le film viendrait trop en se faisant. Je n’ai pas senti le déclic. J’avoue que j’avais eu la même sensation avec Les Glaneuses.

 

Les Journées se poursuivent demain avec le film Camille Claudel de Bruno Nuytten. Je ne peux que renvoyer aux quelques lignes de la lettre à Léon Cladel de septembre 1990 qui concluait mon livre Qui a tué Léon Cladel ? :

« Après une réunion, vers 19 h, avec un ami nous sommes allés autour d’un apéro, discuter photographie et élections municipales. En lui annonçant que j’allais voir Camille Claudel, le film de Bruno Nuytten, nous plaisantâmes sur le rapport phonétique Claudel-Cladel. Tu n’as pas connu [je m’adresse donc à Cladel] le cinéma mais sache que beaucoup l’appellent le 7éme art quand pour d’autres il n’est qu’une vulgaire industrie (n’aurais-tu pas été de ceux-là ?). Il s’agit d’images qui bougent et qui parlent. Cet art a été longtemps très populaire mais le film se vendant maintenant en conserves, le cinéma risque de s’effacer devant la télé. Le film en question permettait de « revoir » une artiste oubliée (en fait une artiste présente), oubliée comme tu l’es. Vers la fin, Camille Claudel, alors enfermée dans son monde, rencontre une journaliste qui tente d’engager le dialogue. Camille craint qu’il ne s’agisse d’une envoyée de Rodin, l’homme qu’elle hait autant qu’elle l’a aimé, venue, plus pour l’espionner que pour l’interroger. Camille avait un peu raison puisque la journaliste était aussi secrétaire du sculpteur et s’appelait… Judith Cladel. Par ta fille, ton nom apparaissait dans les interstices de notre société. »

28-03-2011 JPD

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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 23:23

 

Au Conseil Général du Tarn et Garonne le groupe féministe La Barbe est venu interrompre une séance pour dire avec ironie sa révolte devant l’absence de femmes dans ce Conseil général. Le texte de leur intervention a été publiée par le Petit Journal. Le site de La Barbe : www.labarbelabarbe.org

Nous étions à Montauban et le groupe aurait pu se référer à Olympe de Gouges.JPD

 

Action de La Barbe

 

« Femmes et élues ? Pour que cesse cette imposture !

Messieurs les Conseillers, La Barbe vous félicite !

Contre les sirènes de la parité, vous êtes à l'avant-garde et votre résistance nous honore. Ainsi, aucune femme n'a pu s'immiscer dans vos rangs! C'est exceptionnel en France, puisque qu'avec l'Ariège vous êtes les deux seules assemblées départementales à avoir résisté à la présence des femmes. Encore Bravo.

Que chacun et chacune reste à sa place, telle est la devise de La Barbe.

Depuis la loi dite "sur la parité" du 6 juin 2000, les femmes s'infiltrent dans nos instances politiques locales ; conseils municipaux 35%, conseils régionaux 47,6%, les chiffres font frémir. En outre, face à la réduction des mandats régionaux et départementaux de 6000 à 3000 pour 2014, n'oublions pas cette vérité terrible : une place pour une femme est une place en moins pour un homme. Comment nos élus pourront-ils dans ces conditions conserver les charges électives multiples indispensables la conduite avisée des affaires publiques?

Heureusement, tous ceux qui préfèrent la mâle assurance d'un véritable professionnel à l'amateurisme de ces intrigantes reprennent aujourd'hui espoir. Le projet de réforme des collectivités territoriales peut en effet, en généralisant le scrutin uninominal pour les conseillers territoriaux, stopper la lamentable féminisation de notre République.

Ce mode de scrutin que de bonnes âmes qualifient d'archaïque, La Barbe au contraire l'appelle cloue de ses vœux !

Il vous reste cependant une dernière élection départementale en mars prochain, et pour finir en beauté, nous comptons sur vous pour faire à nouveau barrage à toute créature femelle voulant s’immiscer dans vos rangs.

Jean-Michel, Odé, Francis, Christian, Denis, Jean-Marc, Étienne, Jacques, Robert, Joël, Bernard, Jacques, Guy, Hervé, Guy-Michel, Pierre, Jean, Raymond, François, Jean, Jean-Paul, Léopold, Jean- Paul, Roland, José, Michel, Ghislain, Alain, Claude, Jean-Pierre vous êtes les gardiens de l'ordre naturel des choses. Tenez bon, et gardez espoir, car le vent peut tourner ! La Barbe !

 

Sur 30 élus, le Conseil Général du Tarn et Garonne compte 30 hommes... et aucune femme »

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