Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 14:39


Par anticipation ? Dans Galindez, Vargas Llosa est cité ! Il est cité dans le chapitre qui concerne Cuello, l’homme à qui Mario dédie La Fête au bouc ! Juste une anecdote ? José Israel Cuello montre à Muriel le livre du successeur de Trujillo à la tête de Saint Domingue, Balaguer : « M. le président écrit, oh ce n’est pas un Vargas Llosa mais lui aussi écrit, et les yeux de Cuello rapetissent un peu pour chercher un passage qui puisse te convenir. »

Cuello est un ancien secrétaire général du parti communiste dominicain et le chapitre que Manuel lui consacre me semble être un des plus beaux chapitres, un tournant du roman.
Je comprendrais plus tard que Vargas Llosa n’est pas là tout à fait par hasard. Quand George Tyras interroge Manuel sur Pasionaria et Galindez il lui fait remarquer que leur portrait n’est pas univoque qu’il y a démythification et Vazquez Montalban répond :
« Oui ; Mais c’est aussi un travail pour ne pas tomber dans les pièges des Semprun et compagnie qui font du porte à porte pour s’excuser d’avoir été communiste : « Pardonnez-moi, j’étais communiste mais je vous prie de ne pas m’en tenir rigueur. » Je crois que Semprun tout autant que Vargas Llosa agissent ainsi du haut d’un certain complexe de supériorité qui leur fait penser que beaucoup de gens sont devenus marxistes par leur faute, et qu’ils doivent donc demander pardon. Et, si ça se trouve, il n’y a peut-être pas grand monde qui le soit resté par leur faute, non ? Cela me gêne assez du point de vue esthétique, et dans ce livre j’ai voulu remettre les choses à leur place. Et il me semble que j’ai accompli là mon étape en ce qui concerne la mémoire historique, tu ne crois pas ? »

Qui peut contester ce constat ? Oui Semprun et Vargas Llosa ont tenté d’écrire des hauteurs des pouvoirs quand Vazquez Montalban a toujours écrit des profondeurs des bas-fonds. La position prise n’est en soi la preuve de rien, le romancier peut être grand quelque soit le statut qu’il ambitionne. Vargas Llosa et Semprun ont en effet cherché à arpenter les allées des pouvoirs les plus divers et ont construit ainsi une œuvre. Le Péruvien Bryce Echenique qui écrit non des bas-fonds de la société mais de ses propres bas-fonds psychologiques, utilise comme Manuel l’ironie, et à une question sur Mario il a répondu : « Il est toujours bien en cour… ».

Pourquoi Manolo a-t-il tant aimé Cuello : « José Israël est un insulaire brun et courtaud avec de grands yeux noirs et une ironie qui transpire sur tout sur son visage barré d’une moustache poivre et sel. » A ce moment là Manuel avait aussi l’ironie et la moustache poivre et sel… Luis Verdad

Par éditions la brochure - Publié dans : vazquez montalban - Communauté : Le Sarmiento
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