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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 21:36

Le Monde n'a jamais aimé le patron du groupe La Dépêche et le prouve cette fois encore. C'est qu'en effet, il a des raisons… J- P Damaggio

  

LE MONDE | 12.06.2014 à 11h25 • Par Hélène Bekmezian

Au dire d'un haut fonctionnaire travaillant dans le secteur, c'est bien d'un « domaine sinistré » qu'a hérité Sylvia Pinel, la ministre du logement et de l'égalité des territoires, nommée le 2 avril en remplacement de Cécile Duflot. Alors que la loi relative à l'accès au logement et à un urbanisme rénové (ALUR) s'enlise et peine à entrer en application, le secteur reste plus que jamais en crise et la nomination de cette élue radicale de gauche ne témoigne pas d'un grand volontarisme du gouvernement sur le sujet.

Au sein de la majorité, cette diplômée en droit de 36 ans est loin de faire l'unanimité, et rares sont les collègues prompts à la défendre. A l'évocation de son nom, les uns font la moue quand d'autres se mettent carrément à rire ; pour tous, il est simplement évident que Sylvia Pinel ne doit son portefeuille – ou presque – qu'au fait d'être femme, radicale de gauche et proche de Jean-Michel Baylet, le président de son parti. Et au fait que ce dernier a été mis en examen la veille du remaniement, empêchant son entrée au gouvernement. Comment expliquer autrement qu'elle ait été l'une des rares de l'équipe Ayrault à être promue à la faveur de la nomination de Manuel Valls à Matignon, passant de ministre déléguée à l'artisanat, au commerce et au tourisme à ministre de plein exercice chargée d'un large domaine ? D'autant qu'elle était loin d'avoir brillé dans ses précédentes fonctions.

La grogne avait éclaté à l'été 2013 : les « poussins », un collectif d'autoentrepreneurs hostiles au projet de loi qu'elle préparait, mènent alors la fronde et mettent la ministre en difficulté. « Le simple fait qu'on ait émergé montre qu'elle a raté sa mission », assure Grégoire Leclercq, président de la Fédération des entrepreneurs, qui se souvient de rendez-vous « lunaires » avec une ministre figée sur la feuille de route donnée par Matignon : « On s'asseyait autour de la table, elle ouvrait son cahier, lisait un discours pendant quinze minutes en donnant son point de vue, puis nous demandait de réagir. »

A la rentrée, le dossier est confié en urgence au député socialiste Laurent Grandguillaume qui, en l'espace de deux mois, met tous les acteurs autour de la table et atteint une solution de compromis saluée par tous. « Il a réussi à trouver un point d'équilibre que je n'avais pas eu le temps de trouver », se défend Sylvia Pinel, quand Jean-Michel Baylet vole à son secours en dénonçant « les lobbies et les poujadistes » qui graviteraient autour de ce ministère.

 

DES « AMIS » DU « PRÉSIDENT BAYLET »

Entre le sénateur du Tarn-et-Garonne au caractère bien trempé et la ministre discrète, voire farouche, c'est une histoire qui remonte à presque toujours. Les parents, Michel et Nicole Pinel, étaient tous deux élus locaux et des « amis » du «président Baylet », comme l'appelle Sylvia Pinel. Une famille modeste, des parents exploitants agricoles, une « volonté farouche de s'en sortir et une ardeur au travail », assure Jean-Michel Baylet.

Rien d'étonnant, donc, à ce que le président du conseil général du Tarn-et-Garonne l'embauche à ses côtés, à 24 ans, avant de la promouvoir chef de cabinet puis de l'imposer pour les élections locales. Elue députée en 2007 à 750 voix près, Sylvia Pinel échoue aux cantonales de 2011 avant de se faire réélire en 2012, avec 60 % des suffrages, face à une candidate du Front national. Elle entre à l'Assemblée « en continuant à rembourser [ses] prêts étudiants », mais en sort sans laisser de souvenir mémorable, et elle-même n'en tire comme première fierté que de s'être « battue pour la reconnaissance des groupes parlementaires minoritaires à l'Assemblée ».

Investie dans la campagne de François Hollande en 2012, la jeune députée a d'abord traversé « un petit moment de panique » quand, une fois élu, il lui a proposé d'entrer au gouvernement. Là encore, sur les conseils de Jean-Michel Baylet qui considère d'ailleurs que la jeune femme « fait partie des gens qui seraient légitimes pour accéder à la présidence du PRG ».

Si Sylvia Pinel assure ne pas être totalement étrangère aux questions de logement, sa nomination n'a pas enthousiasmé les foules. « Sur le coup, j'étais effondré », raconte un haut fonctionnaire du secteur qui se demande encore « pourquoi le président n'a pas choisi Thierry Repentin qui était la personne dont on avait besoin ». Spécialiste du sujet, ce dernier était ministre des affaires européennes dans le gouvernement Ayrault, poste dont il a été débarqué pour laisser la place à Harlem Désir.

Même si Matignon semble vouloir piloter en direct le logement, « il faut un ministre fort », insiste Christophe Caresche, député PS spécialiste du sujet, qui attend les mesures de simplification que doit bientôt présenter la ministre. « C'est un risque important de la mettre à ce poste. On sent que c'est une femme sous pression », reprend un haut fonctionnaire.

 

De son côté, Sylvia Pinel entend les critiques mais assure ne pas être « déstabilisée ». « La vie politique est faite de jaloux. Il est normal que les radicaux aient une place et ce n'est pas moi qui vais combattre la parité », répond-elle. Il est vrai qu'après le départ des écologistes l'exécutif se retrouve bien obligé de recomposer et de consolider une majorité avec ce qu'il a. Quitte à mettre en péril un secteur-clé de l'économie française.

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