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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 12:38

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Après vérification la mémoire d’Yves Vidaillac (voir commentaire) est meilleure que la mienne. J’ai repris les articles du journal Point Gauche ! traitant de la question. Jean-Paul Damaggio

 

Point Gauche ! n°20 (octobre 1995)

Elections Sénatoriales

 Voici le texte envoyé aux 600 grands électeurs du Tarn et Garonne pour expliquer le sens de notre candidature aux sénatoriales. Il a été mis au point au cours de la réunion du 12 Septembre.

 

Madame, Monsieur,

En présentant un candidat à l'élection sénatoriale de notre département, notre mouvement Gauche 92 a tout d'abord tenu à manifester deux choses :

n         - la cohérence de notre action

Depuis 1992, le groupe politique que nous avons constitué a participé à toutes les élections locales qui se sont présentées : régionales, législatives, et dans quelques cas, cantonales de 92 et 95 ainsi que les municipales de 95. Par ailleurs, nous animons un bimestriel qui en est à son numéro 20 et a organisé une bonne dizaine de débats divers (histoire, écologie, agriculture ...). Pour quels objectifs ?

n         - la cohérence de nos objectifs

En nous désignant du nom de Gauche 92, nous avons tenu tout d'abord à nous positionner clairement à gauche, en référence aux fondateurs de la Première République de 1792. Mais pour quelle gauche aujourd'hui ? Une gauche soucieuse de repenser ses références à partir de quelques thèmes, dont les suivants

- une démocratie plus citoyenne

on ne peut se résoudre à accepter la désaffection actuelle des françaises et des français pour la vie politique. Des mesures concrètes doivent permettre la participation plus grande des femmes, des immigrés, des jeunes aux instances de pouvoir et une lutte contre le cumul des mandats.

-' un combat plus actif contre le Front National l'histoire nous démontre que toute négligence en la matière peut conduire aux pires dérives.

- une attention plus forte aux nouvelles solidarités : face à la crise de société, il faut les faire naître pour éviter la marginalisation de groupes sociaux ou d'espaces géographiques (le Nord du Tarn et Garonne par exemple).

 

Depuis 1992, les résultats des élections ont démontré que radicaux, socialistes et communistes ne représentaient plus l'ensemble de la gauche et ils nous ont confortés dans le bien-fondé de notre démarche. Par exemple, aux dernières présidentielles, la gauche officielle a, au premier tour, atteint 31%, ce qui est loin du score atteint au second tour par Lionel Jospin.

 

Et le Sénat ?

Ces élections sénatoriales nous permettent de poursuivre notre démarche. En proposant d'abord une critique de l'institution sénatoriale, institution qui va à l'encontre des principes que nous défendons :

-           l'éloignement entre citoyens et pouvoir politique est poussé à l'extrême.

-           le mode de désignation hérité de l'histoire ne correspond plus aux réalités actuelles.

Résultat : La léthargie l'a emporté et depuis des lustres le Sénat fait figure d'institution particulièrement réactionnaire. Par exemple : en 1995, il aurait souhaité l'amnistie des commandos anti-IVG, comme en 1936 il s'opposa victorieusement au droit de vote des femmes.

Notre modeste mouvement n'ambitionne pas de proposer à lui seul les modifications capables de transformer le Sénat mais il appelle à une réflexion sur ce thème tabou. Les projets auxquels nous sommes attentifs vont de sa suppression pure et simple à une transformation démocratique : à partir du mode de scrutin, ou en changeant la référence de base. On pourrait imaginer une chambre différente s'appuyant sur le monde économique, social et associatif. A se baser sur les régions, comme le suggèrent quelques mouvements, nous risquons de répéter les tares actuelles de l'institution.

Par ces quelques mots, nous espérons vous avoir éclairé sur notre démarche qui peut élargir votre choix démocratique (chacun peut ajouter, au vote Gauche 92, un candidat de gauche de son choix, indépendamment de son origine géographique puisqu'aux sénatoriales il n'y a pas de circonscription). En Tarn et Garonne, ceux qui ne se reconnaissent pas dans les manœuvres secrètes et politiciennes ont ainsi l'occasion de le manifester.

Recevez, Madame, Monsieur, l'expression de nos respectueuses salutations.

Les candidats : Josette Damaggio-Aliès (titulaire), André Cerciat (suppléant).

 

Très grave

Sur les bulletins de vote préparés par Gauche 92 le nom du titulaire était de la même taille que celui du suppléant. Faute impardonnable qui provoqua le refus de nos bulletins que les Grands Electeurs n'ont pas reçus (pensez, s'ils avaient été induits en erreur !). Notre sens égalitaire nous perdra. En se les payant une deuxième fois, on a pu les mettre en place le jour du vote. La prochaine fois, de cette mesquinerie, nous nous souviendrons. Sûr. D'autant que le Front National n'a été traité avec la même sévérité.

 

Résultats sénatoriales 1995 en TetG:

Inscrits : 599 Votants : 596 Nuls : 14

n         F.N.: Dutertre: 8 Vincent: 3 (0,9%)

n         RPR : De Santi : 94 (16%)

n         Radical et PS : Baylet : 460, Colin: 459 (79%)

n         PCF: Petitou 30 ; Guiche 27 (4,9%)

n         Gauche 92: Damaggio-Aliès : 13 (2,2%)

 

Nous reviendrons sur ces élections dans notre prochain numéro. Dès à présent, avec l'article ci-contre, chacun peut faire des comparaisons et des analyses. Il faut aussi regarder les résultats nationaux.

 

Point Gauche n° 21

Sénatoriales (suite)

1 - Au vu des résultats. Gauche 92 devait-il être présent ? Une chose est certaine : nous avons fait une expérience de plus, pleine d’enseignements. Nous avons vérifié qu'il est plus facile de trouver un article de loi permettant le refus de nos bulletins, que d'appliquer celui souligné dans la circulaire de la préfecture et qui aurait dû aboutir au refus des bulletins du Front National. Le jour du vote, il a fallu maintenir plusieurs fois notre réclamation contre le FN pour enfin s'entendre répondre qu'elle ne serait pas prise en compte. Etrangement, nous avons été les seuls à réclamer l'application de la loi. Notre réclamation ne visait pas à troubler le déroulement du scrutin mais à montrer du doigt un parti qui agit toujours sur les marges de la loi.

2 - Côté PCF nous avons communiqué des résultats légèrement erronés : 28 et 29 voix au lieu de 27 et 30. Les Nouvelles indiquent : "Ce résultat est supérieur aux 21 voix potentielles sur lesquelles nous pouvions compter".

3 - Côté droite, on peut s'étonner que l'UDF qui a les deux députés en TetG n'ait pas eu la capacité de présenter un candidat !

4 - Même si les résultats du FN sont inférieurs aux nôtres, nous n'en tirons aucune gloire. Il faut en déduire que les "grands électeurs" se méfient du FN plus que le reste du corps électoral.

5 - Dans d'autres départements, notons des candidatures proches de notre démarche : Haute-Vienne, Sarthe où la Gauche Progressiste obtient environ 7%. Les responsables ont déclaré "Ainsi conforté, le MGP continuera à être un lieu de débats et un point d'appui pour une refondation de la gauche, refondation nécessaire pour ouvrir une perspective nouvelle".

 

Point Gauche ! n°20

Comment fabriquer un Sénateur en Tarn et Garonne

Nous débuterons notre analyse en 1968, en sachant qu'en Tarn et Garonne, chaque sénatoriale voit l'élection de deux candidats sur les postes à pourvoir. Le corps des grands électeurs comprend les députés, sénateurs, conseillers généraux, conseillers régionaux et les délégués élus par les conseils municipaux (environ 130 communes ont un seul grand électeur).

En 1968, le nombre d'exprimés était de 522 (528 inscrits) et dès le premier tour les deux radicaux emportent le morceau sous l'étiquette FGDS avec 318 voix pour Lacaze et 290 pour Laplace. Comme ils étaient sortants tous les deux, ils avaient été fabriqués sénateurs avant 68 et le restent sans problème après. Leurs adversaires avaient nom un certain Roger Rignac qui fit 146 voix et un certain Vidalot qui arriva tout de même à 133 voix. La caractéristique des opposants, c'est qu'ils étaient radicaux. Bref, la fabrication du sénateur se faisait au sein de la famille radicale. Un républicain indépendant du nom de Tauziac obtint 49 voix. A l'époque les deux communistes étaient M. Fontanié qui fit 42 voix et Clamens 40 voix.

En 1975, Giscard était devenu président et l'histoire radicale commençait à se faire oublier, si bien qu'il fallut deux tours pour remplacer l'un des sénateurs décédé. Les exprimés passèrent à 534 voix (inscrits 541) et surprise Louis Delmas qui avait été battu comme député en 73 se trouve en tête au premier tour avec 195 voix, le radical Tajan n'arriva qu'à 185 voix, le républicain indépendant Gondalma montant à 110. Jean-Louis Demeurs fit les voix classiques du PCF, à savoir 44 voix. Il fallut donc un second tour pour fabriquer le nouveau sénateur radical M. Tajan. Ce fut un duel au sein de la Gauche, M. Tajan faisant 268 voix et Louis Delmas 256. Ouf, notre radicalisme départemental frôla la défaite. Comment se firent les reports de voix au second tour ?

Nous reprenons le rythme normal des sénatoriales, un rythme sur neuf ans, qui, de 1968, nous conduit à 1977. Pierre Tajan, maire de Fabas et conseiller général est maintenant bien installé dans son fauteuil ce qui fait que dès le premier tour, il est réélu brillamment avec 300 voix sur 527 exprimés (541 inscrits). Les rondeurs chères à cet homme semblent lui avoir donné le profil idéal. Les radicaux conservent le deuxième siège avec l'apparition du montalbanais Marceau Hamecher, conseiller général élu dès le premier tour avec 264 voix. Pour Louis Delmas, la chance avait tourné puisqu'il ne fera pas les voix de 1977, tombant à 180. Son ami Henri de Marsac fait 145 voix. Pour le PCF, Marcel Guiche avec 54 voix et Pierre Juge avec 53 augmentent le score en voix et en pourcentage (de 7,8 à 9,7%). L'élection brillante des radicaux tient à l'échec de la droite présentant le maire de Nohic, monsieur André Bessières qui fait moins que les communistes : 35 voix.

Après avoir évité la question du décès surprise de Marceau Hamecher qui fait du suppléant, André Jouany de Négrepelisse un sénateur par raccroc, nous arrivons déjà au 28 Septembre 1986. La machine à fabriquer des sénateurs radicaux tourne toujours à plein régime. Quand l'un meurt (et toujours à son poste) un autre le remplace, sauf que cette fois M. Jouany a dû être poussé dehors pour faire la place à un jeune pas tout à fait inconnu, J-M Baylet. Ce dernier avait perdu en 1986 son siège de député ; il fallait bien qu'il se rattrape.

Ce 28 Septembre 1986 malgré son élection assurée, il montrera un peu de rage en découvrant qu'il lui faudrait un second tour pour gagner. Sur 582 exprimés (588 inscrits), avec 247 voix il frôla la victoire qu'il eut plus belle que jamais au second tour avec 318 voix. Mais il aurait tellement voulu réussir seul pour se venger de sa défaite imposée par Hubert Gouze aux législatives. Le sénateur Roger (1) de Saint-Sardos aura 215 voix au premier tour et 312 au second. Les socialistes décident de présenter Jean Carla et Robert Descazeaux qui font respectivement 129 et 169 voix. L'échec de Jean Carla était annonciateur de sa future déroute politique. Chez les communistes, Pierre Juge passe devant Marcel Guiche mais quelle chute 38 et 37 voix. Cependant, ce score réjouit le PCF car il dépasse "le nombre de votes que les formations politiques lui accordaient "Au PCF on ne rit pas avec les chiffres !

La droite, ayant pris son courage à trois mains, se décide enfin à aller bravement à la défaite. C'est sans doute l'ardeur de Jean Bonhomme (redevenu député pour la dernière fois) qui a poussé à cette décision. Il fera 167 voix et André Garrigue pour l'UDF, 154 voix. Au second tour la discipline de gauche fut assez exemplaire puisque Bonhomme ne gagne que 3 voix alors qu'André Garrigue le talonne avec cette fois, 166 voix.

Les élections législatives de 1988 étant revenues au scrutin par circonscription, Jean-Michel Baylet repartit en quête de son siège de député qu'il emporta avec le socialiste Jean-Paul Nunzi comme suppléant, ce qui en fit un député le jour où Jean-Michel Baylet devint ministre. Il fallait alors qu'il laisse sa place de sénateur. Ce fut fait le 31 Juillet 1988 dès le premier tour, Yvon Collin candidat PS-MRG réussissant à faire 345 voix. Marcel Guiche en l'absence de candidats socialistes fait remonter le score du PCF à 50 voix. André Garrigues resta à 135 voix pour la droite mais un dissident de droite D. Macia fit 32 voix. Pour la première fois dans l'histoire du TetG, le poste de sénateur n'est pas l'aboutissement d'une carrière politique passant par un poste de maire puis de conseiller général, mais un tremplin puisque, suite à ce succès, Yvon Collin deviendra maire de Caussade, et même conseiller général (il était adjoint à Montauban) (2).

La Rédaction

 (1) Le père de l'actuel conseiller général de Verdun

 

 

(2) En 1993 Baylet est battu aux législatives donc il redevient sénateur en 1995

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