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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:38

 

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Un Egyptien optimiste ! Et lucide ! Ce n'est pas le régime Moubarak qui est tombé mais l'homme seulement sauf que ce besoin de liberté est en chacun, et qu'on ne pourra jamais revenir en arrière. Pour le moment, il comprend que le peuple ayant des besoins premiers à satisfaire (manger, se loger, la sécurité), les luttes soient en régression mais il sait qu'au plus profond de chacun la révolution a laissé des traces révolutionnaires.

Mais comment répéter "la démocratie est la solution" contre les islamistes qui disent "l'islam est la solution" et admettre le coup d'Etat contre le président élu ?

Car Morsi, comme Fujimori en 1992, a fait un auto-coup d'Etat !

L'orient face à l'occident ?

Toutes les dictatures prétendent que les droits des femmes, la démocratie etc.. ça seraient des valeurs occidentales. Et l'avion c'est occidental ?

Morsi, faut-il le rappeler à étudier aux USA et d'ailleurs c'est un des personnages du roman Chicago d'El Aswany, c'est l'étudiant qui reste avec les Turcs, ne sortant que le Week-end, et ayant été incapable en dix ans d'apprendre vraiment l'anglais.

Il sera beaucoup question de littérature, une passion que l'homme tient de son père qui ne lui a donné qu'un conseil : écrire, c'est ne pas penser à autre chose. La littérature c'est une princesse enfermée dans une forteresse et il faut cent fois chercher à ouvrir la porte avec des écrits vivants où les personnages réussissent à dicter leur loi à l'écrivain.

Bien sûr, cette passion l'oblige à rester parmi le peuple, à l'inverse d'un philosophe qui peut se mettre à l'écart. Il est menacé mais il n'a pas peur. Et pour être indépendant il exerce une profession. Il ne veut être payé par aucun gouvernement pour pouvoir rester indépendant.

Et il est tellement au sein du peuple, qu'il avait créé un parti politique qui s'appelait Basta (Kefaya en arabe). Ce parti a été le détonateur qui a ouvert la route à plusieurs autres ; il est donc moins présent.

Son dernier roman parle lui aussi d'un lieu : après un immeuble, après une ville, voici qu'il se centre sur un club. Il aime ce principe du roman s'accrochant à un lieu. La salle où il parle pourrait devenir un lieu de roman… Aux USA le lieu devient la route (c'est moi qui l'ajoute …).

Et ce lieu il l'a connu avec son père mais aussi avec les serviteurs qui lui racontaient l'autre monde, celui du sous-sol.

Non, il n'est pas membre de l'Automobile Club mais son fils oui !

Lui qui parle si bien le français (en plus de l'anglais, de l'espagnol et de l'arabe) comment apprécie-t-il le travail de son traducteur ?

Que des éloges à l'adresse de cet homme, Gilles Gauthier, dont il révèle qu'il a écrit un roman sur l'Algérie (il cherche toujours un éditeur).

Une ambiance pleine de rires, d'humour dans le cadre de la Médiathèque Cabanis.

Et de sérieux : Dostoïevski contre Gorki.

Il écrit en ce moment un roman : "La République comme si…"

On sent que l'écriture est bien avancée et je pense que l'écrivain, à partir de la situation égyptienne, va encore parler d'universel. Car partout la dose d'illusions est plus ou moins épaisse.

Il a dit "la révolution égyptienne" car il refuse le terme de "printemps arabe". Caque pays à son histoire. La Lybie par exemple n'a jamais eu d'Etat, c'est le pouvoir des tribus.

Sur ce blog vous trouverez d'autres présentations contradictoires sur El Aswany

El Aswany 2009

En 2012

El Aswany et Laferrière

Encore en 2012

 

El Aswany interdit en France en 2013

 

Comme il a été question de l'entretien publiée par Le Point j'en donne le contenu :

 Dentiste de métier, l'auteur du best-seller international L'immeuble Yacoubian, son premier roman, portrait inoubliable de la société égyptienne depuis les années 30 jusqu'au début du XXIe siècle (le livre est sorti en 2002, et en 2006 en France, puis adapté au cinéma), n'a cessé de s'engager, en écrivain et en citoyen, au côté de la révolution égyptienne : par ses articles, au sein du mouvement intellectuel Kefaya, et chaque nuit place Tahrir, où tout éclata voilà trois ans. "J'ai écrit le mot peuple pendant des années dans mes livres, dans mes articles, mais, place Tahrir, j'ai appris vraiment ce que le "peuple" voulait dire", nous confie Alaa el-Aswany, de retour en maître romancier avec Automobile club d'Égypte. Un roman merveilleusement incarné qu'il a bâti autour de ce lieu très sélect du Caire vers lequel vont converger les destins de nombreux personnages, aux prises avec l'histoire de leur pays. Sur ces années 40 souffle en effet le vent de la révolution pour l'indépendance de l'Égypte (1952), encore sous la double coupe des Anglais et d'un monarque plus soucieux de ses parties de poker et de jambes en l'air que de son peuple. Dans le rôle de l'exécutant du pouvoir absolu, le majordome égyptien du club fait régner la terreur au sein d'un personnel habitué à n'avoir aucun droit si ce n'est celui de se faire battre. Mais, peu à peu, tout se craquelle dans les relations entre serviteurs et maîtres, Égyptiens et colons. La tension de la mutation est palpable, haletante, et les personnages luttent pour des enjeux plus que jamais à l'œuvre dans le monde arabe : comment conquérir sa liberté ?

 Le Point : Qu'est-ce qui vous a conduit à situer votre nouveau roman dans l'Égypte des années 40, sous une occupation anglaise symbolisée par l'Automobile club du Caire ?

 Alaa el-Aswany : Chaque romancier porte en lui des mondes romanesques, et celui de l'Automobile club où je me rendais avec mon père, qui en était l'avocat, en est un pour moi. À la fin des années 60, j'y rencontrais des serviteurs, des cuisiniers du roi encore bien après la révolution pour l'indépendance, et ce monde qui a vécu est, à un certain moment, sorti de moi. En changeant de temps et de lieu, le romancier doit être capable de soulever les mêmes questions humaines, or j'ai retrouvé dans celles qui se posaient alors à l'Égypte celles que pose actuellement la révolution. La liberté a un prix que tout le monde n'est pas capable de payer. Entre sécurité et liberté, que choisit-on ? Entre l'occupation et l'indépendance, que choisit-on ? Entre le régime de Moubarak et la liberté, que choisit-on ?

 "Les Égyptiens sont incapables de se gouverner eux-mêmes", faites-vous dire au directeur britannique de l'Automobile club. Que répondez-vous à cette provocation d'un de vos personnages ?

 Je suis chaque personnage comme un comédien joue son rôle, ce n'est pas mon opinion mais celle d'un raciste anglais. L'Égypte a été volée pendant quatre vingts ans par les Anglais, c'était le discours du gouvernement britannique. Celui de Churchill disant "On va les aider" ! On cache ce raisonnement, mais il existe. C'est celui des Américains, attendant que l'Irak soit "capable" de gouverner. Aujourd'hui, on n'a plus besoin d'occuper les autres pays parce que les multinationales sont une nouvelle façon de le faire. Au lieu d'envoyer des soldats se faire tuer, on contrôle l'économie d'un pays comme ce fut le cas de l'Égypte, dont aucun gouvernement n'a jamais rien décidé sur ce plan.

 Que signifie, pour celui qui a écrit "la démocratie est la solution" au bas de chacune de ses chroniques (1), d'avoir approuvé la destitution par l'armée du président Morsi, élu démocratiquement ?

 Premièrement, ce monsieur, élu démocratiquement, a annulé le système démocratique le 22 novembre 2012 en déclarant que les décisions du président feront la loi en Égypte. Deuxièmement, l'intervention de l'armée s'est produite après des manifestations incroyables contre Morsi. L'armée a protégé l'Égypte d'une guerre civile. Est-ce que ça veut dire que je suis d'accord avec tout ce qui se passe ? Non. Nous avons aujourd'hui deux combats à mener: l'un contre le terrorisme des Frères musulmans, ceux qui brûlent les églises, tuent les gens et n'ont pas leur place dans la démocratie, et l'autre contre l'ancien régime de Moubarak, qui essaie de profiter de ces crises en mettant la main sur de jeunes révolutionnaires.

 Qu'en est-il aujourd'hui de votre soutien à la candidature du général Sissi, nouveau "père" de la nation ?

 Moi, j'ai un seul père, je n'ai pas besoin d'autres pères. On n'a pas fait cette révolution en Égypte pour retrouver un grand leader et un "père" en revenant à 1954, en répétant l'expérience de Nasser, qui fut un grand leader, mais un dictateur. À Sissi je pose la question suivante : soit vous êtes pour la révolution, soit vous restez lié à l'ancien régime. Le combat qui a commencé maintenant, retardé par les Frères musulmans, est celui qui se joue entre la révolution et le régime de Moubarak.

 La sexualité, libératrice ou oppressante, joue un rôle considérable dans votre livre : pourquoi cette importance donnée au sexe ?

 La littérature se débarrasse du désir et du tabou en envisageant le sexe comme une relation humaine, en montrant en profondeur ce que l'on y cherche dans les relations sexuelles, le plaisir, un père, une mère, et aussi ce qui s'y joue de peurs, de frustrations. C'est un défi littéraire que de découvrir cette zone ! Pour les lecteurs occidentaux, je pense qu'il peut y avoir une information sur cette époque peu connue, celle d'une société libérale, très ouverte, avec des élites dont la plupart étaient francophones. Cette Égypte a continué jusque dans les années 70, jusqu'au pétrole, quand les Égyptiens partis travailler en Arabie saoudite en sont revenus avec le wahhabisme, et les extrémismes. Savez-vous que la deuxième femme pilote au monde, en 1933, était égyptienne ? La condition de la femme vous dit l'état d'une société.

 Après un immeuble et un club cairotes érigés en symboles, votre prochain roman se déroulera-t-il place Tahrir ?

 (Sourire) Non. J'écris actuellement ce qu'on appelle, chez vous, une autofiction. Un livre sur moi et sur mon histoire, ma vie et Alexandrie. J'essaie de sortir du collectif... J'essaie.

 Automobile Club d'Égypte, d'Alaa el-Aswany, traduit de l'arabe (Égypte) par Gilles Gauthier (Actes Sud, 538 p., 23,50 euros).

 1. Chroniques de la révolution égyptienne (Actes Sud Babel).

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Published by éditions la brochure - dans littérature
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