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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 11:28

Cette intervention à la Chambre a été reprise dans les Cahiers du bolchévisme. Elle recoupe des tas d'autres déclarations de Renaud Jean pour qui le fascisme a la campagne était un risque insupportable. Son engagement antifascite n'a pas été étranger à sa prise de position hésitante en 1939 quand Hitler et Staline signent le pacte. JPD

 

 

Pour le Front populaire à la campagne
Discours prononcé à la séance du 11 août 1935
La lutte que nous menons en France contre le fascisme ne nous donnera la victoire que si nous sommes capables de gagner le fascisme de vitesse dans la conquête des paysans. Les paysans jouent, en effet, dans notre pays, un rôle particulièrement important, à la fois par leur nombre et par leur expérience politique. Malgré le dépeuplement des campagnes, ils forment encore 37 % de la population totale, c'est-à-dire de beaucoup la catégorie professionnelle la plus nombreuse. Ils prirent à la Révolution de 1789 une part très active. Dans de nombreux départements, ils résistèrent, les armes à la main, au coup d'Etat du 2 décembre 1851. Ils votent depuis près de cent ans et, à ce titre, à plusieurs reprises lors du 16 mai, du boulangisme, de l'affaire Dreyfus, ils ont contribué à barrer la route aux entreprises de la réaction. J'ajouterai que, par l’exemple des vignerons en 1907, ils ont montré qu'ils sont capables de mouvements de masse susceptibles, s'ils se conjuguaient avec l'action de masse de la classe ouvrière, d'emporter le régime, ou bien, s'ils s'opposaient aux mouvements de masse de la classe ouvrière, de permettre à la classe capitaliste de triompher. Enfin, il ne faut pas oublier que les salariés de certaines corporations, qui constituent l'armature du régime, comme les cheminots, sont en grande partie d'origine paysanne, et que l'état d'esprit des membres de leur famille et de leurs amis restés au village exerce sur leur propre état d'esprit une influence sérieuse. Il en est de même des forces de répression : agents de police, gendarmes, gardes mobiles, en très grand nombre fils et frères de paysans.
La situation des paysans
Or, depuis plusieurs années, en France, comme dans tous les pays capitalistes, les paysans sont la proie d'une crise dont la gravité n'a pas de précédent. Quelques chiffres suffiront pour tracer la courbe du prix de leurs produits. Le blé valait, avant la guerre, de 25 à 27 fr. les 100 kilos; il atteignit en 1926, 230 à. 240 fr, ; il vaut aujourd'hui de 75 à 78 fr. Le vin valait avant la guerre, de 20 à 25 fr. l’hectolitre ; il atteignait, il y a quelques années, 300 fr. l’hectolitre. Il vaut aujourd’hui 40 à 45 fr. Une paire de bêtes d travail valait avant la guerre de 800 à 1000 fr. : elle atteignit, il y a quelques années 8000 à 10000 fr. ; elle vaut aujourd’hui de 2000 à 3000. Certes, les cours des produits que le paysan achète ont baissé en même temps que les cours des produits agricoles, mais dans des proportions beaucoup plus faibles. A tel point qu’aujourd’hui le paysan qui vend ses propres produits de deux à trois fois les prix de 1914, paie de quatre à cinq fois les prix de 1914 tout ce qui lui est nécessaire. Conséquence : les économies réalisées durant les années favorables ont disparu ou disparaissent. Le paysan s’endette. Sans la résistance paysanne, les saisies et les ventes se seraient multipliées. Et la crise ne frappe pas seulement ceux que nous appelons les paysans travailleurs (métayers, fermiers et petits propriétaires). Dans les régions de vignobles, dans les régions forestières en particulier, de grands exploitants sont ruinés à la fois par la chute des cours des produits et par la baisse des prix de la terre. Tel vignoble du Midi, acheté deux millions en 1930, ne trouve pas de preneur aujourd'hui pour 300.000 francs. Il est évident que le prix payé dans ce cas en 1930, correspondait à une spéculation assez risquée. Mais, avec une amplitude plus ou moins grande, partout les prix de la propriété terrienne s'effondrent sans que les paysans sans terre puissent en profiter, puisque la crise a détruit leurs économies. Naturellement, les exploitants qui emploient des salariés ont dès le début de la crise, cherché soit par des réductions de salaires de personnel, soit par des compressions de personnel, à en rejeter le poids sur la main d’œuvre qu’ils emploient. Partout, le salaire des ouvriers agricoles a subi des réductions énormes. Le nombre des chômeurs augmente dans leurs rangs. Et comme les caisses de chômage n'existent pas dans les communes rurales, ces chômeurs ne reçoivent aucun secours. Ajoutons pour être complet, que des dizaines de milliers d’artisans et de petits commerçants des campagnes contraints, pour conserver leur clientèle, à consentir des crédits de plus en plus élevés au moment où le chiffre de leurs affaires se réduit de mois en mois, se débattent dnsles mêmes difficultés que les paysans.

Les lois sur les blés et sur le vin
Telle est rapidement résumé la situation.
Que les gouvernements aient voulu, en 1929 ou 1930, la chute des cours des produits agricoles, c’est incontestable car cette chute était nécessaire à la réduction des salaires de la classe ouvrière et à la baisse des prix de revient des produits industriels. Mais il est également incontestable que, depuis longtemps, les gouvernements essaient d’enrayer cette chute dont les conséquences les inquiètent.
Ils ont eu d’abord recours au relèvement des tarifs douaniers. Puis à partir de 1932, ils ont inauguré une politique de contingentement. Mais leurs tentatives les plus intéressantes sont celles concernant le blé et le vin, car elles constituaient deux essais d’organisation et de direction des marchés de ces produits.
En moins de dix-huit mois, le parlement a voté cinq lois sur les blés. Les quatre premières, en juillet et décembre 1933 et mars et juillet1934, tendant à la fixation et à l’application d’un prix minimum et la cinquième, en décembre 1934, par la suppression du prix minimum pour la récolte de 1935, constatant l’échec des quatre autres. Pour le vin, trois lois : juillet 1931, juillet 1933, décembre 1934. Ici, il ne s'agissait pas de fixer légalement un prix minimum, mais d'obtenir pratiquement ce prix en limitant la production aux environs de 70 à 75 millions d'hectolitres, grâce à un ensemble de mesures supprimant les plantations nouvelles, établissant le blocage et la distillation obligatoire, pénalisant les rendements élevés. L'échec a été aussi complet pour le vin que pour le blé. Quant à la récente législation sur la viande et le lait, elle est tellement insignifiante qu'elle mérite à peine d'être mentionnée.
 
Les campagnes du parti
Notre Parti communiste, soit en tant que parti, soit par son soutien à la Confédération des paysans travailleurs et par son action dans cette organisation, a formulé en face de la crise des revendications immédiates aussi bien pour chaque branche de la production agricole que pour chaque catégorie de paysans travailleurs. Au Parlement, sur tous les problèmes agricoles, il a pris une position nette et l'on peut dire que, du point de vue parlementaire, à peu près tout ce qui était possible a été fait. Malheureusement, son action parmi les masses n'a pas toujours été au niveau de son action parlementaire.
Dans les discussions des lois sur le blé et sur le vin, nous avons opposé des contre-projets aux textes gouvernementaux. Dans les discussions des articles de ces projets, nous avons à plusieurs reprises obtenu des satisfactions partielles. Mais, je l'ai déjà dit, sur ces deux problèmes cependant de premier ordre, notre action parmi la masse n'a pas été à la hauteur de notre action au Parlement. La campagne contre le brigandage du blé avec les deux mots d'ordre complémentaires : payez vos impôts, vos fermages, vos dettes avec du blé évalué au cours légal ou bien ne les payez pas; un milliard de crédit aux petits et moyens producteurs, cette campagne n'a été entreprise que sur quelques points. Elle n'a été menée à fond nulle part. Notre campagne de février et mars dernier, contre les dispositions de la loi sur la viticulture, dangereuses pour les petits vignerons et les polyculteurs, bien que commencée par des meetings puissants, et bien que le gouvernement soit actuellement conduit à accorder par décrets-lois la plupart des revendications que nous avions formulées, ne nous a pas permis d'augmenter sensiblement notre influence.
Nous devons en dire autant de notre action en faveur des fermiers et des métayers et de la résistance aux saisies et aux ventes organisées par nous. Notre Parti a occupé une bonne place dans la discussion des deux lois portant révision des baux à ferme votées en avril 1933 et en juin 1935. Comme ces lois ne comportaient pas la réduction automatique du montant des baux et qu’en somme le montant de la réduction devait dépendre du rapport des forces entre les propriétaires et les fermiers, nous avons dans plusieurs départements, en fomentant et en dirigeant la résistance des fermiers, contribué aux réductions obtenues. Notre action en faveur des métayers, dans le Sud-Ouest en particulier, n’a certainement pas été étrangère aux concessions consenties par les propriétaires. C'est, enfin, le Parti communiste qui, le premier, a posé au Parlement la question des saisies et des ventes et demandé leur suspension, cependant qu'en Bretagne, dans les Landes, dans le Lot-et-Garonne, dans la Dordogne, dans la Sarthe, dans l'Yonne, dans d'autres départements encore, les communistes étaient à la tête des paysans qui, employant des tactiques diverses, ont rendu les ventes impossibles et obtenu leur suspension de fait.
Sur d'autres problèmes encore — calamité agricole, tabacs, impôts — notre Parti a, à la fois, suivi une ligne juste et mené une action efficace. Et, cependant, son influence sur les paysans ne s'est pas sensiblement élargie. La situation de la Confédération générale des paysans travailleurs est exactement la même. Depuis 193O, le nombre de ses adhérents, le nombre des abonnés à la Voix Paysanne n'a pas varié. Reculs passagers, suivis de progrès également passagers. Au total, nous marquons le pas. Et cela, en dépit d'une politique, dans l'ensemble juste, et du dévouement absolu de nombreux militants de notre base.
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Le fascisme à la campagne
Le piétinement doit finir et d'autant plus vite que, dans la bataille engagée entre le fascisme et l'antifascisme, ce sont sans doute ceux qui auront obtenu le concours actif de la masse paysanne qui l'emporteront.
Le paysan français est anti réactionnaire. Dans sa majorité, il a depuis longtemps échappé à l'influence du clergé. Il comprend plus ou moins clairement que le capitalisme a remplacé les anciens ordres privilégiés contre lesquels ses ancêtres se battirent. Aussi, obéissant en quelque sorte aux souvenirs confus qui restent en lui des souffrances et des révoltes de ses pères a-t-il résisté, dans l'ensemble, à l'emprise des organisations ou des partis à tendances fascistes, avouées ou cachées.
Il faut ajouter, d'ailleurs, que ces organisations et ces partis sont assez mal placés pour aborder les paysans avec succès.
Tous les partis politiques de droite se sont associés à la législation dont le paysan constate aujourd'hui la faillite. Quant à ceux de leurs membres qui, prévoyant cette faillite, ont pris position contre cette législation, ils n'ont pas apporté le moindre programme concret Croix de feu, Jeunesses Patriotes, Solidarité Française — non seulement n'ont que très peu d'attaches à la campagne, mais sont également incapables de formuler le commencement d'un programme.
Et ceci est plus curieux encore, le Parti agraire et paysan, constitué en 1929, est dans la même situation.
Ce parti qui a essayé de créer une mystique paysanne, anti-ouvrière et qui y a partiellement réussi, ce parti, qui comme notre camarade Rochet l’a déjà dit a réalisé des manifestations importantes, n’a pas, en effet, à proprement parler, de programme paysan. Il n’a pas de position claire sur les problèmes du fermage et du métayage. Sur des problèmes comme celui du blé et du vin, son unique représentant à la Chambre des députés s'est la plupart du temps abstenu. Il n'a participé à aucune des très nombreuses discussions agricoles dont la Chambre a été le théâtre au cours des dernières années. Et son mutisme s'explique, non pas par insuffisance, mais parce que le Parti agraire, incapable de choisir entre le métayer et le propriétaire, entre l'ouvrier agricole et le grand exploitant, influencé par certains gros transformateurs de produits agricoles, dominé bien souvent par des préoccupations électorales, ne peut vivre que dans l'équivoque. Après avoir été un des éléments constitutifs du Front paysan, groupant toutes les organisations de droite, et après avoir comme tel soutenu l'agitateur Dorgères, royaliste camouflé, personnage suspect, le Parti paysan semble aujourd'hui s'en être retiré. Quant à Dorgères, ses violences de langage ne parviennent pas à cacher aux paysans son absence de programme précis ni à leur faire oublier son agitation ultra-réactionnaire d'hier.
En résumé, les partis et organisations de réaction, malgré la démagogie de langage de certains d'entre eux, leurs promesses vagues sur la revalorisation, leurs formules sur l'organisation de la corporation, n'ont apporté rien de nouveau à la campagne.
Mais que se passerait-il si demain ils dressaient un programme comportant l'annulation des dettes ou tout au moins le moratoire, certaines améliorations pour les métayers et les fermiers, la suspension des saisies et des ventes, des crédits, toutes mesures ne constituant pas pour le grand capital un danger mortel, et que, d'ailleurs, une fois au pouvoir, ils seraient libres de ne pas appliquer ? Déjà, les grandes organisations viticoles réclament le moratoire pour dettes et des crédits à faible intérêt.
Si demain les fascistes français avaient l'intelligence de dresser un pareil programme, de le diffuser dans les campagnes désorientées par la crise, en mettant en œuvre tous les moyens d'expression que le capital qu'ils servent peut leur fournir, personne ne peut affirmer que l'esprit anti réactionnaire du paysan français résisterait à cette offensive.
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L'organisation de l’anti fascisme à la campagne
Nous devons donc, sans perdre une minute, profiter du délai que nous procure l'inintelligence des commanditaires, des fascistes français pour organiser solidement l'anti fascisme à la campagne. J'étais chargé récemment, par la Confédération Générale des paysans travailleurs et par notre Parti communiste, de dire au rassemblement national antifasciste du 14 juillet la nécessité de constituer, dans le délia le plus bref, un Front paysan populaire anti fasciste. Mais comment constituer ce front ? Et autour de qui ce front se constituera-t-il ?
La Confédération générale des paysans travailleurs n’est pas capable de grouper autour d’elle la masse des paysans. Il est probable que si les crises qu’elle a subies depuis sa création en 1929 lui avaient été épargnées elle serait devenue une véritable organisation de masse. Aujourd’hui, il est trop tard. Depuis 1939, je l’ai indiquée, elle marque le pas. L'action qu'elle a menée et que j'ai résumée n'a en rien augmenté ses effectifs. Toute l'agitation menée par elle en février et en mars dernier dans la Gironde, le meeting de Sainte-Foy la Grande, qui groupa cependant 7.000 ou 8.000 manifestants, ne lui ont pas valu 50 adhérents. Le paysan approuve les mots d'ordre de la C.G.P.T., mais il n'y adhère pas, parce qu'il la considère comme une organisation communiste. Et rien ne nous permet d'espérer que cette situation puisse rapidement se modifier. Un nouveau congrès convoqué par la Confédération Générale des paysans travailleurs ne donnerait pas des résultats sensiblement supérieurs à ceux du congrès de mai 1934.
Plus jeune que la Confédération des paysans travailleurs, la Confédération Nationale des paysans, influencée par les socialistes, est dans une situation encore pire. Ses dirigeants n'ont en effet, aucune notion de l'action de masse. Ils n'ont même pas songé, comme la C.G.P.T. l'a fait, à s'opposer aux saisies et aux ventes. Ils n'ont rien fait pour mobiliser les paysans contre le brigandage du blé, Ils paraissent actuellement ignorer la gravité de la crise viticole, qui peut demain soulever dans le Midi des centaines de mille de vignerons. Ils n'ont qu'un souci : celui de diffuser le plan de rénovation agricole conçu par l'un d'entre eux. Et lorsque, fin 1934, la C.G:P.T. a engagé des pourparlers avec eux en vue de l'organisation en commun de l'action revendicative que les circonstances exigent, c'est de leur plan que les dirigeants de la C.N.P. nous ont parlé.
Quant aux organisations paysannes régionales, départementales ou locales, influencées par telle ou telle formation politique antifasciste ou par tel ou tel membre de ces formations politiques, il s'agit avant tout d'organisations à base commerciale. Ceux qui les dirigent ou les influencent n'en escomptent que quelques avantages d'ordre électoral.
Au total, à quelques exceptions près, même dans les départements où les paysans votent en majorité contre la réaction, il nous est impossible, dans les conditions actuelles, de mobiliser les masses paysannes pour l'action antifasciste.
Et cependant, nous devons tout tenter pour rendre cette mobilisation possible et prochaine. Nous y parviendrons si nous obtenons de tous ceux qui, parmi les antifascistes, organisations ou personnalités, ont de l’influence sur les paysans, qu'ils en prennent avec nous l'initiative.
La Confédération Générale des paysans travailleurs est prête à s'associer à tout rassemblement des masses paysannes contre le fascisme. Par ailleurs, les communistes dirigent un assez grand nombre d'organisations paysannes non adhérentes à la C.G.P.T. ou participent à leur direction. J'ai déjà dit que la C.N.P. est dirigée par des hommes appartenant ou ayant appartenu il y a peu de temps au Parti socialiste. D’autre part, plus encore que nos camarades communistes, les socialistes dirigent des organisations paysannes. Le camarade Thorez vous a dit quelle est l’étendue actuelle du front populaire anti fasciste. En dehors du parti communiste et du parti socialiste, il englobe non seulement les trois partis socialistes de France, Républicain socialiste et Socialiste français mais aussi une grande fraction du parti radical. De nombreux parlementaires radicaux ont participé aux rassemblements du 14 juillet, soit en province, soit à Paris. Or, le Parti radical reste le grand parti des paysans de France. En dehors de ces organisations ou fractions d'organisations, d'autres groupements plus faibles, bien que n'adhérant pas officiellement au Front populaire, exerçant dans les milieux paysans une influence dont nous devons tenir compte, peuvent aussi être conduits à se rallier au mouvement antifasciste.
Le total des paysans influencés par ces groupements n'est certainement pas inférieur à deux millions, peut-être même atteint-il trois millions. Si nous savons rapidement les rassembler, le fascisme ne passera pas à la campagne. Il ne s'agit pas de couper en deux le Front populaire, d'un côté les ouvriers, de l'autre les paysans mais de fournir au Front populaire actuellement constitué et qui reste presque exclusivement ouvrier et citadin la possibilité de s'étendre rapidement à la campagne. Pour obtenir ce résultat, notre Parti a lancé l'idée d'un congrès paysan national. Il a soumis cette idée aux représentants des partis ou fractions de partis adhérents au Front populaire. Aucune objection n'a été formulée par ceux à qui nous nous sommes adressés. Mais, jusqu'à ce jour, nous ne pouvons enregistrer aucun commencement de réalisation.
Le congrès paysan national grouperait les représentants des organisations paysannes déjà constituées, les représentants des paysans non organisés, les parlementaires antifascistes des arrondissements paysans, en un mot tous les antifascistes qui, à un titre quelconque, sont qualifiés pour parler au nom des paysans.
Le congrès paysan national aurait le double but:
1° Adopter un programme revendicatif qui deviendrait le programme paysan du Front populaire — aussi bien son programme d'agitation et de propagande qu'éventuellement son programme de gouvernement. Dans la discussion de ce programme les communistes défendraient les revendications de la conférence générale des travailleurs : réduction des baux à ferme; révision de la législation sur le métayage; interdiction des saisies et des ventes; crédits et allocations de crise. Mais ils ajouteraient, à propos de certains problèmes d'importance capitale et susceptibles de déterminer l'attitude des paysans à l'égard du fascisme et de l’antifascisme, comme les problèmes du blé et du vin, les formules positives tendant à l'organisation du marché en faveur des paysans travailleurs monopole d'Etat du commerce des blés, réglementation de la production du vin. Toutes les limitations et les restrictions supposées de ces mesures frappant les capitalistes de la terre. Une pareille plate-forme de revendications serait de nature de rallier au Front populaire non seulement les paysans influencés par les partis politiques antifascistes, mais même de nombreux paysans actuellement classés à droite. Le gouvernement du Front populaire qui entreprendrait la réalisation immédiate de ce programme pourrait compter sur l’appui des masses paysannes contre toutes les offensives du fascisme. Naturellement, les communistes participeraient à la discussion du programme avec l’esprit de conciliation et la volonté de réussir qu’ils ont manifestés dans la préparation du rassemblement du 14 juillet.
2° Des constituer à la tête l’organisme et de préparer à tous les degrés la constitution des organismes adhérents au Front populaire chargés de diriger la campagne de propagande et d'agitation en faveur de ce programme, d'assurer la coordination des efforts des organisations paysannes déjà existantes, de préparer le rassemblement de masses des paysans aussi bien pour l'action en faveur de leurs revendications que pour la lutte antifasciste.
La dispersion actuelle des personnes qualifiées pour provoquer la création de l'organisme qui convoquera le congrès fixera sans doute le renvoi au mois d'octobre des travaux préparatoires. Ce retard est d'autant plus fâcheux que les, événements risquent d'aller vite. Cependant, si en octobre, nous obtenons l'adhésion des personnalités sur lesquelles la composition du Front populaire nous permet de compter, si, comme elles l'ont fait pour le rassemblement du 14 juillet, ces personnalités utilisent, en faveur du congrès, les journaux dont elles disposent, comme nous utiliserons la presse communiste et l’organe de la Confédération Générale des paysans travailleurs, si elles obtiennent que les partis et les organisations auxquels elles appartiennent mettent au service de la préparation du congrès leur influence parmi les paysans, bientôt dans les campagnes de France, se dressera un barrage contre lequel viendront se briser toutes les espérances et tous les assauts du fascisme. Renaud Jean

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