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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 21:09

Je rends hommage à Eugène Razoua. Son frère Joseph (1821-1890) mérite aussi notre attention. Curé de Puylaroque toute sa vie (1853-1890) il a écrit en 1883 un livre présenté ainsi dans le Bulletin de la Société archéologique de Tarn et Garonne. JPD

 BIBLIOGRAPHIE.

Notes et Documents pour servir à l'histoire civile et religieuse de Puylaroque (Tarn-et-Garonne), par M. l’abbé RAZOUA, curé de Puylaroque, membre de la Société. .)

Parmi les questions dont s'est toujours occupée l'humanité, celle qui paraît fixer le plus vivement son attention, est sans contredit la connaissance, de l'homme et des faits multiples qui ont signalé son passage depuis son apparition sur la terre. Aussi, principalement dans ces dernières années, s'est-on livré avec ardeur aux recherches -historiques et a-t-on recueilli avec des détails infinis les débris de tous les âges.

Après l'histoire générale des états et des provinces, on a entrepris les monographies des villes et des bourgs. L'intérêt de ces dernières semble circonscrit dans un cercle restreint ; elles n'en possèdent pas moins leur utilité pratique.

Ce sont là autant de matériaux préparés pour ces infatigables travailleurs dont le zèle et la science reconstituent l'existence fugitive des générations qui se succèdent et s'accumulent de plus en plus. Ce sont là des preuves corroborées de pièces écrites, qui éclairent d'un jour nouveau l'histoire, si souvent dénaturée par des esprits fourvoyés ou des plumes infidèles.

A ce double point de vue, l'ouvrage publié par M. l'abbé Razoua est intéressant à lire et précieux, à consulter. Son titre modeste de Notes et Documents pour servir à l'histoire civile et religieuse de Puylaroque, tient beaucoup plus qu'il ne paraît promettre.

Entrepris tout d'abord avec le seul désir de répondre au questionnaire envoyé par l'autorité épiscopale dans le but de reconstituer les archives de l'Évêché et de faciliter les études historiques sur le diocèse, ce travail s'est enrichi, peu à peu, de nombreux documents découverts dans la localité. Les minutes des notaires, les registres de l'église, quelques pièces détachées ont fourni un ample aliment aux patientes et fructueuses investigations de M. le curé de Puylaroque. Ces renseignements réunis en un beau volume, imprimé avec soin sur papier teinté et orné de planches lithographiques ont reçu les approbations des évêques d'Auch et de Montauban, prélats qui encouragent si vivement dans leurs diocèses les recherches du passé.

M. Razoua, sans faire l'historique de la cité, rappelle les diverses traces de l'occupation romaine, découvertes à Puylaroque, telles qu'inscriptions, monnaies, voies publiques. Les ruines plus récentes laissées par la féodalité, les monuments existant encore sont ensuite rapidement décrits.

Le premier des documents dont il est fait mention est emprunté aux plus sombres dates de notre histoire méridionale. En 1209 la croisade contre les Albigeois était menée avec la plus grande vigueur par les lieutenants de Simon de Montfort, au nombre desquels se trouvait l'évêque de Cahors, Gr. de Cardailhac. Le bourg de Puylaroque, appartenant au comte de Toulouse, fut détruit de fond en comble.

En 1366 la chapellenie de Notre-Dame de Grâce fut fondée par Bernard de Carit, chanoine de Paris, plus tard évêque d'Evreux et originaire de Puylaroque. En 1369 les consuls reconnurent l'autorité du roi de France. Pour récompenser leur fidélité et les services des habitants, le roi, par lettres-patentes, les exempta de tous impôts durant 10 ans.

Malgré les efforts de Jacques Desprès de Montpezat pour maintenir la foi catholique dans ses terres, la Réforme s'introduisit dans le Quercy. En 1580 les Calvinistes s'emparèrent de Puylaroque ; ils en furent chassés en 1589. Pendant la seconde moitié du XVIe siècle, les consuls font bonne garde et donnent l'éveil aux villes voisines pour éviter les surprises des armées belligérantes. En 1591 la ville fut encore assiégée plusieurs fois et avec des fortunes diverses par les troupes de la Ligue.

La seigneurie de Puylaroque fut vendue le 12 janvier 1595 par le marquis de Villars et Henri de Montpezat, son frère, au sire de La Bastide, Arnaud de Vignes. Un siècle plus tard cette seigneurie fut élevée au titre de marquisat, en raison des services rendus par la famille de Vignes en pays d'Albigeois et de Quercy.

Les nombreux documents fournis par les dernières années du XVIIIe siècle montrent l'agitation qui s'était emparée de la province à cette époque. Le cahier des doléances de la communauté de Puylaroque renferme un vœu qui, dans son laconisme, indique suffisamment là misère et la gêne de l'agriculture en 1789. «Que les impôts, y est-il dit, frappent surtout les objets de luxe ; que le laboureur, l'artisan soient ménagés et jouissent à peu de frais des objets de première nécessité.»

Les notes relatives à la commanderie de Saint-Hugues, de l'ordre de Malte, dans la juridiction de Puylaroque, contiennent Un extrait de la charte et bail à cens du territoire de Mouilhac (année 1476), dans laquelle se retrouvent, â côté des droits et réserves du cessionnaire, de nombreuses garanties en faveur des emphythéotes.

Sous l'année 1571, M. Razoua a placé la biographie d'un noble enfant de Puylaroque, le célèbre jurisconsulte Béranger Fernand. Elle a été empruntée, en grande partie, à la notice déjà publiée dans la Biographie de Tam-et-Garonne.

Mentionnons, rapidement les procès-verbaux de visites de l'évêque de Cahors, et les nombreuses ventes, donations, les baux à ferme, qui intéressent plus particulièrement certaines familles du Quercy, dont les noms se trouvent consignés dans ces actes publics.

La lecture de la plupart des testaments nous inspire cependant la réflexion suivante : Les testateurs débutent par une pensée philosophique, sur l'incertitude de la mort et des invocations à Dieu et à ses saints. Ils réclament les prières de l'Eglise et des pauvres, par la fondation d'un obit et des legs aux malheureux. Ces actes témoignent ainsi, au milieu des troubles créés par les guerres de Religion et dans un temps où l'impiété gagnait les hautes classes de la société, de l'esprit sincèrement religieux de la bourgeoisie.

L'instruction publique était moins négligée sous l'ancien régime qu'on a coutume de le dire. Un travail récent de M. l'abbé Galabert nous a fait connaître le brillant état des études au XVe siècle, dans une localité voisine de Puylaroque. Les relevés statistiques dressés par M. Razoua viennent confirmer cette opinion. Au moment de la Révolution, nous remarquons les dépenses suivantes dans l'état des charges locales de la municipalité : pour l'honoraire du régent, 150 livres ; de la régente, 100 livres ; du régent latiniste, 300 livres. Il est permis de conclure qu'un assez grand nombre d'enfants suivaient les écoles et apprenaient le latin dans cette petite ville, puisque les consuls et le syndic croient devoir insérer à un budget déjà surchargé, « une somme de 300 livres pour honoraires du régent latiniste, ledit régent s'acquittant, à la satisfaction de tous, de son devoir et étant de l'intérêt de cette communauté de le retenir. »

L'étude sur Puylaroque contient encore la liste des chapelains de Notre-Dame de Grâce, et celle des curés et vicaires des diverses paroisses, les tableaux généalogiques des familles de Carit de Labarthe, de Laburgade de Belmont, de Lavalette-Parizot, de Lavalette-Cornusson et de Vignes de Puylaroque.

Un article spécial est consacré à la relique conservée depuis un temps immémorial dans l'église principale et vénérée sous le nom de Voile de la passion.

M. Razoua donne en terminant une relation de la consécration de l'église paroissiale le 3 septembre 1878, et la description des ornements, tableaux, objets d'art et principales pièces du mobilier de sacristie, appartenant à la fabriqué de Puylaroque.

On peut comprendre, par cette analyse sommaire, l'intérêt multiple qui s'attache à la lecture de cet ouvragé. En réunissant les matériaux épars et en se bornant aux détails purement locaux, M. Razoua a apporté sa pierre au grand édifice de l'histoire nationale. Son travail, fruit de longues recherches, ne sera pas perdu.

Mais nous voudrions encore voir son exemple suivi par le plus grand nombre de ses confrères. Dans toutes les petites villes, dans toutes les paroisses, les débris du passé devraient être recueillis avec le plus grand soin. Que de précieux documents perdus trop souvent par négligence. Il n'est pas nécessaire d'écrire une monographie complète (les moins timides pourraient être effrayés), mais de fournir à l'histoire des éléments, fussent-ils difformes, non encore dégrossis et jetés au hasard, ainsi que les moellons dont on se sert un jour pour élever les plus splendides édifices. Puisse donc la louable initiative de M. Razoua rencontrer de nombreux imitateurs dans notre département.

A. BUSCON.

* Imprimerie et lithographie Forestié, 1883

 [2]L'instruction dans la seconde moitié du XV siècle à Caylus, par M. L'abbé Galabert. (Bulletin archéologique, t. "X, p. 148)

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