Partager l'article ! PG : Les langues régionales: PG : Les langues régionales Le Parti de Gauche vient étrangement d’animer les d ...
La Brochure 82210 Angeville
Tel O5 63 95 95 30
PG : Les langues régionales
Le Parti de Gauche vient étrangement d’animer les débats au sein des défenseurs des langues régionales. Vous trouverez ci-dessous la déclaration que je vais commenter.
1 ) « Le Parti de Gauche est interpellé… » : je suis bien lacé pour savoir que le parti de Gauche est interpelé sur la question des lignes à grande vitesse sans que son bureau national n’avance la moindre proposition claire. Le plus souvent le parti de Gauche s’en tient au « programme partagé » avec le PCF pour se montrer unitaire. Donc pourquoi tout d’un coup des positions de principe sur le sujet ?
2 ) « Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale. » Si un débat n’a strictement aucun lien avec le contexte d’offensive libérale, c’est bien celui-là ! La question des langues régionales est ancienne comme le rappelle le premier point de l’argumentaire. Sous-entendre que la mise en concurrence des territoires c’est nourrir les langues régionales, ça relève de la bouffonnerie.
3 ) « Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine. » Voilà les grandes déclarations ! Le PG s’il était cohérent, revendiquerait un enseignement public de l’arabe (afin de ne pas laisser ce travail aux religieux) et cet enseignement bénéficierait surtout aux enfants parlant en partie cette langue… Nous savions Mélenchon attaché à la république mais l’égalité n’est pas républicaine sinon je crains qu’au nom de cette république on refuse tout droit de vote aux immigrés puisque le vote est lié à la nationalité. Donc là aussi, attention, ne donnons pas un droit particulier, même si pour le moment les étrangers de la communauté européenne ont eux ce droit de vote…
4 ) « Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. » Si le français est en danger ce n’est pas sous la pression des langues régionales mais de l’anglais.
5 ) « C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues: par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité. » J’entends mes amis occitanistes crier : la langue régionale c’est du latin ! Cette phrase du Parti de Gauche confirme une incompréhension totale de l’enseignement des langues ! Je le redis : enseigner en France l’arabe ou le japonais ce n’est pas la même chose.
6 ) Quant aux principes et propositions, ils me rappellent que le PS finance très souvent l’enseignement privé au-delà même de la loi sans qu’une dénonciation claire provienne du B.N. du parti de Gauche.
Conclusion :
Les langues régionales sont en France au bord du gouffre du fait d’une transformation sociale telle (disparition des paysans et de la sociabilité qui va avec) que les locuteurs anciens ont été mis sur la touche avant de pouvoir (ou vouloir) transmettre leur culture. Elles n’ont jamais été un danger pour la république, pour l’égalité, sauf chez ceux qui ont du peuple une vision abstraite. Cette déclaration ne me surprend pas : elle a le triste mérite d’alimenter les incompréhensions, là où il aurait fallu avancer des constats ouverts à l’analyse. J’ai cru relire une déclaration du PCF au temps de sa plus grande gloire, un parti qui a fini par évoluer un peu sur la question.
J-P Damaggio
A propos des langues régionales et minoritaires
Le Parti de Gauche est parfois interpellé sur la question des langues régionales et/ou minoritaires et leur enseignement. Nous voulons, avec cet argumentaire, affirmer et préciser notre position de principe sur ce thème.
La France s'est dotée, depuis les années cinquante, d’un cadre législatif protecteur pour les langues régionales.
L’apprentissage des langues régionales et minoritaires est possible dans l’enseignement public : basque, breton, catalan, occitan, corse, tahitien, ainsi que 4 langues mélanésiennes. Les langues régionales et minoritaires sont prises en compte pour l’obtention du bac.
Rien donc n'empêche dans les textes la pratique des langues régionales pour celles et ceux qui le souhaitent.
Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale.
En particulier, la réforme des collectivités territoriales constitue l'un des dispositifs de ce projet de concentrations imposées, renforçant la concurrence et les inégalités entre les territoires et nourrissant les inégalités sociales. De plus, la question d'un acte III de la décentralisation est aujourd'hui ouverte dans le débat public. Cette contre-réforme et ces projets ne font qu’obéir aux directives européennes qui visent à transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée.
La droite mène cette offensive libérale, elle qui orchestre la grande braderie du service public de l'éducation nationale : suppressions de postes, marchandisation et mise en concurrence avec l'enseignement privé qui se voit accorder toujours plus de privilèges. Ainsi s'organise l'accès aux savoirs sous conditions de fortune, qui renforce les inégalités sociales devant l'accès au droit à l'éducation.
Les arguments qui sont avancés pour aller encore plus loin dans l'enseignement public des langues régionales ne sont pas recevables pour nous.
L'antagonisme entre les principes républicains et la prise en compte d'un patrimoine culturel et linguistique, avancé par certains, est factice : parce que nous sommes toutes et tous différents, tout en étant avant tout des semblables, nous avons besoin d’égalité. Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine.
Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays. Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. Le français doit être la langue de référence unique dans l'ensemble du service public d'éducation.
C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues : par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité.
Nos principes et propositions :
Le PG réaffirme son attachement aux principes républicains qui sont évidemment compatibles avec la valorisation de tout patrimoine culturel.
Le PG s'oppose au projet libéral de l'Europe des régions qui vise à la mise en concurrence des territoires et affaiblir le rôle régulateur des états. Pour le PG, l'Etat devrait d'ailleurs être un rempart contre la dérégulation néolibérale qui détruit les solidarités et les services publics.
Le PG rappelle son attachement à l’attribution exclusive des fonds publics à l’enseignement public.
Le PG réaffirme son attachement à l’apprentissage par toutes et tous de la langue française dès le plus jeune âge comme garantie de la cohésion nationale et s'oppose à l'institution de droits particuliers pour des groupes particuliers. Nous réaffirmons l'unité et l'indivisibilité de la République par la préservation d’un langage commun.
Le PG n'est pas pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires car elle impose d'introduire des droits particuliers pour une catégorie de citoyens.
Le PG est favorable à l’enseignement des langues minoritaires de manière optionnelle dans le cadre du service public d'éducation.
Le PG réaffirme que le français est la langue administrative et la langue véhiculaire commune.
Octobre 2011
Derniers Commentaires