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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 21:54

J’étais jeune et parmi les journalistes qui m’ont appris à lire j’ai toujours compté Michel Naudy. Il était au cœur de la presse du PCF, et avait une plume trempée dans une encre fabuleuse. Après 1981 je l’a vu passer à la télé comme Michel Cardoze, au parcours assez similaire, mais à la nature moins rebelle.

C’était le temps de la crise du PCF et du PS ce qui donna la naissance en 1988 à un nouvel hebdomadaire appelé Politis. Parce que Michel Naudy était de la partie, je me suis mobilisé comme jamais je ne l’ai fait pour un journal dont les lecteurs étaient «propriétaires ». J’ai attendu avec impatience le premier numéro (21 janvier 1988) sans imaginer que 40 numéros plus tard ça serait la douche froide. Le 9 décembre 1988, voici exactement 24 ans, j’ai lu le dernier article de Michel Naudy et la semaine suivante voici le petit mot de Bernard  Langlois :

«Une crise de direction couvait à Politis, qui a fini par éclater. Des démissions s’en sont suivies, dont certains journaux ont paré. Une mission du Conseil de surveillance a souhaité tenter une médiation et permettre certains démissionnaires de revenir sur leur décision. Nos actionnaires seront informés plus en détail sur la situation dès que cette mission aura accompli la tâche qu’elle s’est fixée. En attendant Politis continue et entend rester le journal libre et engagé qu’il a toujours été. En allant dans le sens d’une plus grande ouverture d’esprit et d’une qualité professionnelle plus grande. Les lecteurs seront juges. » B. L.

 Les lecteurs-actionnaires ne seront jamais juges car ils ne seront jamais informés. J’ai envoyé un mot à Bernard Langlois qui m’a répondu comme si j’étais un chien ! C’est seulement aujourd’hui 9 décembre 2012 que j’apprends, sous la plume de Michel Soudais, la raison de cette crise que Bernard Langlois a refusé d’expliquer.

« Cette collaboration [entre Soudais et Naudy] a duré une dizaine mois. Car, fin 1988, une vilaine crise interne est venue se greffer sur les difficultés financières que Politis affrontait comme toute entreprise de presse naissante. Pour faire simple, la querelle portait sur le positionnement du journal. Fallait-il le recentrer vers l’ensemble des courants et des cultures de gauche ? Ou renforcer son côté rebelle ? Ce dernier choix était celui de Michel Naudy. Au sein du directoire de quatre membres qui assumait la direction collégiale de Politis, et dont il faisait partie, les deux options étaient à égalité, deux contre deux. Dans la rédaction, cela se jouait à douze contre douze. Les statuts de l’entreprise avaient donné une voix prépondérante au président du directoire, Bernard Langlois, qui en usa. C’est ainsi que Michel Naudy a quitté Politis avec Rémy Galland, autre rédacteur en chef membre du directoire, suivi par dix journalistes, après une ultime AG, particulièrement houleuse. »

 Depuis j’ai appris que Michel Naudy vivait en Ariège et j’aurais aimé le rencontrer mais ça ne se fera pas. Etrangement il entrera puis quittera le Parti de Gauche dans les mêmes conditions que pour Politis : dans le silence. Je n’avais pas été attristé par la crise de Politis mais par la façon de la présenter. Il existe toujours une gauche qui demande le débat démocratique à mille occasions sauf pour parler d’elle-même réduisant ainsi un débat de fond à une querelle de personnes. De ce fait le communiqué du Parti de Gauche est un morceau d’anthologie d’un siècle que je voudrais oublier :

« Michel Naudy a mis fin à ses jours dimanche dernier. Michel a eu plusieurs vies militantes. Il a été successivement, et tout à la fois, communiste, même après être parti du PCF, et profondément républicain, d’esprit libertaire également. Il a été en réalité un résistant au sens premier du terme. Sa carrière de journaliste a d’ailleurs profondément pâti de son engagement sans fard ni calcul. Le communiqué du SNC-CGT que nous reproduisons ci-après, le dit : sa liberté de ton, ses qualités d’investigation, son indépendance vis-à-vis du pouvoir et du monde de l’argent, l’ont conduit à être mis sur la touche par France 3. Il a profondément souffert de ne plus pouvoir exercer ce métier au sein du service public, mais il a sans cesse poursuivi son travail d’enquêtes journalistiques, qu’on pouvait retrouver dans les livres, dont il a été l’auteur.

En tant que responsable du MARS (Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale), Michel a également été l’un des fondateurs du Parti de Gauche. Nos chemins se sont séparés sans que nous puissions y remédier, ni parfois le comprendre vraiment. Mais l’homme était entier, avec les immenses qualités que cela suppose et le côté tranchant et définitif que cela implique parfois. Nous avons regretté de ne pas avoir poursuivi ce chemin ensemble. Surtout, Michel souffrait. Sans doute trop puisqu’il nous a quittés. Sa voix, son humour, sa culture immense, son tempérament manqueront à beaucoup de monde en Ariège, où il vivait, et ailleurs. Le Parti de Gauche lui rend hommage et adresse ses condoléances sincères et fraternelles à ses deux fils Jean-Baptiste et Martin, ainsi qu’à sa famille et ses amis. » (le gras est de moi)

 Ne pas pouvoir le comprendre ? Un habitant à l'acent rocailleux de son Ariège natale est difficile à comprendre quand Paris est aux commandes… JP Damaggio

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édouard 13/12/2012 14:05

Bonjour

Michel Naudy intervient dans "les nouveaux chiens de garde" une trentaine de secondes à partir de la douzième minute. C'est là:
http://www.dailymotion.com/video/xpj5bo_les-nouveaux-chiens-de-garde-les-10-premieres-minutes_shortfilms#.UMmz4sVU2Sq

Peut-être intervient-il encore,je n'ai pas vu le film. Je viens de le commander chez Fakir (plutôt que sur Amazon).

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