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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 15:22

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 J’ai déjà croisé Luis Sepúlveda à La Librairie La Renaissance à Toulouse. C’était je pense pour le Marathon des mots en 2009 mais je ne trouve pas l’article que je n’ai pas manqué de rédiger alors.

Pourquoi est-il aujourd'hui à un festival de littérature policière ? En France on dit le polar, mais le noir devient jaune en Italie et en Amérique latine ils disent la littérature noire qui est autre chose encore, car c’est une communauté de vue d’écrivains nés comme lui en 1949 d’Eterovic à Paco Ignacio Taibo II. C’est ainsi qu’installé à Hambourg, Luis a eu besoin un jour, sur injonction de son personnage qui tenait absolument à passer par Mexico, de l’aide du flic si cher à Paco Ignacio Taibo II. Le Mexicain qui était entrain d’écrire un bio du Che a concédé à le lui prêter pour un chapitre, à condition de retrouver l’homme intact, car il était déjà fortement handicapé. Les critiques ont contesté cette façon de se prêter des personnages comme d’autres se prêtent des chaussures.

Luis Sepúlveda raconte et le public rigole.

 Sepulveda est-il Chilien ?

Il est né par hasard dans l’Hôtel Chile qui se situe au Chili mais à part ça, en référence à une phrase de son grand père, il est « de l’endroit où il se sent le mieux ». Et il est Chilien en tant qu'il est du Chili qu'il aime le mieux, il est de ce qu’il aime le mieux au Nicaragua, en Allemagne, en France ou en Argentine. Il n’est pas du Chili actuel où « toute la classe politique est exécrable ». La référence au grand-père nous renvoie au début du livre : Le Neveu d’Amérique, qu'il raconte à merveille.

« Un

Le billet pour nulle part fut un cadeau de mon grand- père. Mon bizarre et terrible grand-père. Je venais tout juste d'avoir onze ans, je crois, quand il m'a donné ce billet.

Nous marchions dans Santiago un matin d'été. Le vieux m'avait déjà payé six limonades et autant de glaces qui me gonflaient l'estomac et je savais qu'il guettait le moment où j'aurais envie d'uriner. Peut-être se faisait-il véritablement du souci pour mes reins lorsqu'il me demanda :

— Alors, petit ? T'as pas envie de pisser, bordel ? Avec tout ce que tu as bu !...

Ma réponse logique, celle que j'avais l'habitude de sou­ligner en serrant les jambes, aurait dû avoir l'accent d'une affirmation dramatique. Et lui, crachant le mégot de Fanas qui pendait à ses lèvres, aurait soupiré avant de s'exclamer sur le ton le plus didactique :

— Attends, petit. Attends et retiens-toi jusqu'à ce qu'on trouve la bonne église. »

 Luis Sepúlveda raconte et le public rigole.

 Et l’écriture pour les enfants ?

Il pleuvait ce jour là à Hambourg et après avoir pris à la bibliothèque les livres pour ses enfants, il est entré s’abriter dans un café où il a commencé à les lire ; là il a compris qu’il devait écrire pour eux. Une tâche si difficile qu’il se jura de ne pas recommencer ! Mais l’heure des petits-fils est arrivée et la relation grand-père/petit-fils incite à une autre façon de voir le monde (le père est pour une part l'autorité) donc il a recommencé pour un livre à paraître d’ici la fin de l’année sur l’escargot qui se demande pourquoi il est si lent.

Car l’écriture a commencée par cette question du petit-fils observant un escargot et demandant : « Mais pourquoi est-il si lent ? » Et la réponse n’est pas simple !

Pour son premier livre a destination des enfants (Luis Sepúlveda préfère parler de petits hommes), après chaque chapitre il présentait son travail à ses enfants et leur bande de copains. Les critiques ne manquaient ! La difficulté consiste à être à la fois réaliste tout en ouvrant l’imagination. La littérature pour enfants s’adresse souvent à des crétins. Lui veut insuffler dans de tels textes, les valeurs qui sont les siennes : défendre  le faible, respecter la parole donnée etc. L’imagination des enfants lui semble surréaliste.

 Le vieux qui lisait des romans d’amour

La question fut inévitable : comment en est-il arrivé à ce roman ? Le vieux est-il une part de son grand-père ? Non, c’est autre chose. Il raconte alors comment au moment de quitter le Chili (en 1977) il refusa de partir en Europe et se retrouva en Argentine, Uruguay, Brésil, Paraguay autant de pays où il ne pouvait rester à cause des dictatures présentes. Il arriva alors à Lima où il n’y avait pas la même dictature mais où il y avait déjà beaucoup de Chiliens. A Lima il rencontra l’écrivain équatorien Adoum [un merveilleux poète] qui réussit à lui obtenir un visa pour l’Equateur et là, travaillant chez les Shuars, il rencontra vraiment le vieux qui vivait seul dans la forêt amazonienne, un vieux avec lequel il s’est découvert quelque parenté : pas de pays à se mettre sous les pieds, pas d’amour réel si ce n’est celui à lire la littérature…

 Et l’Espagne d’aujourd’hui ?

 

Là, on sent que Luis est habité par une colère profonde. On ne peut pas attendre l’écriture d’un roman pour lutter. La situation est dramatique : malgré sa notoriété il se sent censuré avec des articles qui lui sont payés mais pas publiés. Luis Sepúlveda est citoyen avant d’être écrivain et en tant que citoyen il a une émission de 5 minutes sur une radio, toutes les deux semaines ! Il accuse un manque de culture politique du peuple espagnol. On sent qu’il craint « le congélateur » où les pouvoirs veulent mettre les résistances. Il a une émission de cinq minutes dont je donne les réféfences par ailleurs. Jean-Paul Damaggio

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