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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 09:52

 J’aurai aimé rencontrer la nouvelle maire de la ville, Susana Villarán, dont, depuis son élection, la gestion est critiquée de tous côtés. Faut-il une « zone rose » dans la ville pour y concentrer la prostitution comme elle le souhaite ? Son refus catégorique des OGM est-il tenable aux Amériques ? Elle indique : « Les produits OGM nous empêcheraient de profiter des avantages que la nature et sa mega-biodiversité nous offrent dans notre pays. Notre agriculture « organique », à la source de notre gastronomie serait sévèrement affectée par les OMG. »

Une telle rencontre suppose des relations, une carte de presse ou je ne sais quoi. Donc je me contente de capter la vie quotidienne et après la photo Keiko-Chavez la réplique ne s’est pas faite attendre : des extraits d’un entretien entre Humala et une diplomate vénézuélienne ont été publiés sur El Comercio ! L’entretien ne révèle aucune collusion, pas plus que les mains de Keiko sur les hanches de Hugo, mais la bataille politique est là présente.

Et puis, il y a ce rendez-vous unique avec Arguedas et dès ce matin j’ai filé au Museo de la Nación pour avoir des places et merveille des merveilles, demain dimanche à 11 h 30, je vais découvrir “La agonía de Rasu Ñiti”, un ballet à partir d’une nouvelle de l’écrivain publiée en 1962. J’avais dit partir en abandonnant Cladel mais, en fait on ne part jamais, on emporte toujours avec soi ses propres obsessions, et il se trouve que José María Arguedas est un cladélien international. Plutôt que de le démontrer, je vais m’en tenir à ce que j’apprends ici, car, à rester soi-même en voyage, l’expérience est tout de même largement formatrice, d’autant que j’ai emporté tout Arguedas dans mes bagages.

Rasu Ñiti, je l’ai lu dans une édition de poche de 1988 publiée à Madrid et si j’osais j’en donnerais une traduction vu qu’elle ne fait que dix pages.

Mais gardons ce rêve pour plus tard. Pour le moment je sais que le spectacle sera l’œuvre du ballet national du Pérou et que l’orchestre accompagnera en direct les artistes sous la direction de Fernando Valcárcel. Que du plaisir en perspectives !

Il y a bien longtemps j’ai raté dans ce beau Museo une expo du peintre équatorien Guyasamin et je m’en suis voulu. Comme excuse j’ai le fait que, se situant loin du centre de la vielle ville, il faut un effort particulier pour y aller… sauf bien sûr à louer un hôtel dans le secteur, celui de la moderne Lima du nom de Miraflores.

Aller de la Place d’armes jusqu’à Javier Prado peut se faire en bus pris dans la zone devant l’ancienne université côté avenue Abancay, ou en taxi nettement plus cher. L’axe est alors el paseo de la Republica qui nous rapproche de la mer, et juste avant l’avenue Benavides, il faut descendre pour aller au Musée. A présent je suis plus familiarisé avec le franchissement de telles « frontières ».

 

En Amérique latine le fait est toujours surprenant dabs les capitales : le passé y fait totalement contraste avec le « moderne ». D’un côté les rues de l’hispano-amérique et de l’autre les avenues de l’amérique-amérique avec banques, gratte-ciels, hôtels made in USA, bref des Miraflores identiques du sud au nord.

Et l’élection présidentielle de 2011 reflète ce contraste : le Pérou ancien de Humala contre le Pérou moderne de Keiko. Ce Pérou moderne a forcément le soutien de forces populaires qui bénéficient des retombées : gardiens de banque, serveurs des Mac Do, employés d’hôtel etc. Une couche pas plus riche que les autres déshérités mais qui a la sensation de toucher du doigt « le monde exclusif » où par un bel hasard il espère accéder.

Le monde des vieilles villes est plus proche du monde des bidonvilles qui constituent d’autres villes dans la ville. Là réside les soutiens essentiels d’Humala, des soutiens qui font peur à la classe moyenne car ce peuple en quête de dignité est présenté souvent comme un ogre désireux d’avaler les privilèges. Toute division de la société plaçant le peuple face aux élites s’appelle du populisme (de droite ou de gauche suivant les intentions visées). La seule division réelle place le peuple soumis face au peuple révolté, une révolte qui n’a jamais été « naturellement » le fait de la misère.

 

Pour le centre-ville, en France nous avons eu un temps cette tendance : des centres en décrépitude loués à des marchands de sommeil. Mais l’installation en périphérie du commerce populaire, les choix touristiques, ont incité les autorités à installer dans des rues piétonnes le commerce de luxe, des banques et, de rénovations en rénovations, les centres ont pu allier l’ancien (pour la façade) et le moderne (pour l’intérieur). L’architecture témoignera toujours de choix politiques et sociaux. 21-05-2011 J-P Damaggio

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