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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 14:05

 

Avec Marie-France et Manu en partant pour la réunion, Manu nous indique que sa collègue habitante de Bressols l’assura qu’il n’y avait pas de réunion sur la LGV, ou que du moins elle n’en avait pas entendu parler. Je savais qu’elle devait se tenir à la salle de Brial, hameau où je n’étais pas allé depuis les années 70 quand ma sœur y était institutrice, et nous pensions y trouver personne.

En arrivant, un grand rassemblement de voitures nous indique le lieu, une petite salle archipleine où la réunion a déjà commencé. Manifestement la foule n’avait été prévue puisque les gens se retrouvent dehors. L’animateur explique qu’au nom du rail, la LGV il l’a faut mais pas à n’importe quel prix, donc toute cette première introduction met la lumière sur le tracé. La parole est ensuite donnée à la responsable de l’association de Lacourt Saint-Pierre qui rappelle l’antériorité d’un combat qui a failli débuter par le Non à la LGV mais qui s’est transformé en Non au tracé. Au bout d’un moment, un vieux monsieur se lève dans la salle et déclare que la réunion devrait porter sur le Non à la LGV. Ce à quoi l’intervenante répond qu’elle sait en effet qu’il existe un tel courant, un courant qui vient même d’organiser une manifestation à Montauban qui du Pays Basque à Bordeaux en passant par le Tarn-et-Garonne n’a rassemblé que… 60 personnes.

Sincèrement, j’étais allé à la réunion en pensant que les échecs de la concertation avait permis d’en finir avec le débat sur le tracé, et que conformément à un communiqué de l’association de Lacourt Saint-Pierre, j’y entendrais des propos prouvant l’inutilité de la LGV, ce qui ne se démontre pas par une pirouette. En conséquence, à entendre un début de ridiculisation de l’action du Collectif Val de Garonne, mon sang n’a fait qu’un tour. En deux mots, sans demander la parole, je rappelle quelques faits que les lecteurs assidus de La Dépêche ou du Petit Journal ne peuvent connaître. (A la sortie, six personnes me dirent leur regret que cette réunion n’ait pas été du même type que celles que nous avions organisées à Montauban et Valence).

Les secrets du NON au tracé

Que ce soit clair, à partir du moment où on pense, comme tous les leaders politiques, que la ligne se fera, alors il devient normal de tenter « d’humaniser » la ligne et je rends hommage à ceux qui se dépensent sans compter pour cette humanisation. Sauf qu’aujourd’hui, à persister dans cette analyse, c’est tromper les citoyens car ce combat ne conduit nulle part. Avec le NON au tracé, c’est sûr, on ne fâche personne parmi les élites (UMP-PS-PRG-PCF), mais on fâche ceux chez qui on veut déplacer le tracé ! Nous assistons à ce faux paradoxe : là où des associations ont demandé de changer le tracé, RFF en revient au tracé initial, là où des associations n’ont rien demandé sur le changement du tracé, refusant la LGV elle-même, RFF en propose un nouveau(1) ! Un faux paradoxe, car l’essentiel c’est de semer la division.

Le dialogue s’établit

Un des mérites de la réunion, en plus de la forte participation, c’est d’avoir joué le jeu de la démocratie en distribuant largement la parole. Manuel, en tant que représentant du Collectif Val de Garonne explique pourquoi cette LGV est inutile. Oui mais, lui dit-on, le débat public a tranché cette question ! Je ne développe pas ce point maintes fois réfuté sur ce blog pour en arriver au point crucial qui a surtout motivé mon déplacement : le débat sur la gare.

Et la gare de Bressols ?

Pourquoi les discussions sur la gare sont si rares ? Monsieur le maire de Bressols étant présent, après avoir écouté les uns et les autres, apporte clairement son point de vue jouant le jeu de la démocratie sans faux-semblant. Je rappelle alors que dès novembre 2008 le Conseil général avait conçu la base logistique de Montbartier en rapport avec cette gare (2) et qu’il y a eu une bagarre à partir de novembre 2009 quand Jean-Michel Baylet a compris que son projet prenait l’eau (de par l’entrée de Bressols dans la Communauté d’agglo de Montauban et non dans la Communauté des communes Grisolles-Villebrumier qu’il contrôle). C’est là un autre point de désaccord avec le collectif de Lacourt Saint-Pierre qui considère que son antériorité dans la lutte et son refus du tracé, lui a permis d’obtenir, le 11 janvier 2010, le report de la décision finale sur le tracé concernant son secteur. Or, il suffit de lire Malvy et Baylet pour comprendre que RFF n’a pas été impressionné par l’action des associations (d’ailleurs elles n’ont pas été écoutées depuis) mais par la colère de J-M Baylet qui tenait à ce que le tracé passe sur sa future gare de Montbartier (d’où la médiatisation de l’action des Non au tracé et la censure pour toute autre action). Un monsieur, qui a par ailleurs fait un gros travail pour réfléchir au tracé, confirme qu’à présent J-M Baylet a été obligé de s’incliner, Montbartier n’était pas bien placé. Seul un journal présenta le sujet : le numéro spécial du Point ! (3)

Alors l’unité ?

Je ne m’occupe pas de l’antériorité (je ne dis pas qu’ayant écrit un bouquin, on peut y vérifier que c’est en 1995 que je posais déjà la question de la LGV), je préfère celle de l’unité dont tout le monde répète au cours de la réunion qu’elle est indispensable. Marie-France rappelle alors que le débat sur le tracé, c’est la garantie de la division, alors que le débat sur l’utilité de cette ligne, vu l’absence d’ arguments de ses défenseurs, c’est la bonne base de l’unité. Je souhaite qu’une association naisse à Bressols, et là je rejoins la responsable de Lacourt Saint-Pierre, qu’elle détermine ensuite sa position. Mais sans notre présence à cette réunion où nous n’étions pas invités, la position contre la LGV elle-même n’aurait pas pu être prise en considération. On peut dire que 70% du temps de la réunion a porté sur le tracé. Dans les réunions Val de Garonne Lomagne ça prend 10% du temps. Pour ma part, discuter sans fin du tracé est la meilleure façon de me faire fuir de cette lutte. Le cas de la lutte contre l’aéroport a été rappelé : elle n’a pas consisté à lutter pour le déplacement de l’aéroport mais à lutter pour montrer avec études à l’appui que c’est le principe même du projet qui était néfaste. Pourquoi ne pas procéder de même pour la LGV ? Je retiens le témoignage de cet employé d’Air France qui indique à partir du cas de Marseille largement étudié, que la LGV entraîne le développement des Low Cost (avions à bas prix) qui embarrassent Air France, et non la diminution de l’usage de l’avion. Dans tous les cas, avec la LGV ce sont globalement les plus riches qui y gagnent et tout le monde qui paie.

1-05-2010n-Paul Damaggio

(1) Sur le secteur dit définitif Auvillar-Castelmayran, RFF a trouvé un autre tracé qui va être présenté le 10 mai. Communiqué de presse RFF 9avril 2010 : « Secteur de l’Ouest du Tarn et Garonne (Auvillar)

Lors de la réunion de Montauban, il a été convenu qu’une réflexion complémentaire serait conduite entre RFF, les services de l’Etat et les acteurs locaux (notamment les élus des communes concernées) sur une section d’une quinzaine de kilomètres environ, d’Auvillar à Castelmayran, pour laquelle est apparue une alternative au fuseau retenu. »

(2) Le document est sur ce blog. http://la-brochure.over-blog.com/article-LGV : Décision du TetG en 2009-NaN.html

(3)La Dépêche, le 28 avril 2010, conclut ainsi un article sur l’aide aux entreprises : « Actuellement, c’est la zone logistique de Montbartier qui attise les plus grands appétits. Guy-Michel Empociello a ainsi annoncé l’arrivée d’une base logistique de 70 000 m2 avec 600 emplois à la clé. » L’absence de référence à la gare signe la mort de ce rêve. J’espère que ça signe en même temps la mort de la LGV elle-même !

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