Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 16:31

Après l'annonce du décès, le récit des obséques par Le Populaire (socialiste) et L'Humanité (communiste).

 

Le Populaire 4 août

LES OBSEQUES de PIERRE BRIZON

Comme Longuet l'a dit dans son discours d'adieu, si Pierre Brizon était mort pendant la guerre, c'est cent mille hommes qui auraient suivi sa dépouille mortelle. Hier, c'est un cortège restreint qui, à une heure peu propice, a accompagné Brizon au fourgon qui l'a emporté vers la terre natale où il va dormir, son dernier sommeil. La saison et l'heure de la cérémonie expliquent, pour une part, que quelques centaines de militants seulement se soient rencontrés derrière le modeste corbillard. Mais ces citoyens, hier compagnons de lutte, appartenant aujourd'hui à des fractions rivales, pouvaient quand même s'apprécier dans l'indifférence de la foule le résultat de ce divisionnisme contre lequel Brizon s'éleva si justement.

C'est précédé du drapeau de l'Union socialiste communiste et d'une pancarte de l'A. R. A. C.-que le cortège alla de l'Hôtel-Dieu à la gare de Lyon, salué par les passants dont beaucoup ignoraient le nom du socialiste qui partait pour toujours. Derrière le frère et la belle-sœur du défunt, qui conduisaient le deuil, nous avons pu noter la présence de Alexandre Blanc, Chaussy et Ringuier, députés ; Jean Colly, conseiller municipal ; Jean Longuet, Hubert Rouger, Sixte-Quenin, Emile Dumas, Pierre Laval, anciens députés ; Grandvallet, Doizié, Restiaux, Jean-Louis Boucherie, Pécher, Nantillet, Nowina, Grandidier, Marius Hagmann, Aulagnier, Amouriaud, directeur de « Travail » coopérative des ouvriers tailleurs ; Georges Pioch, Daniel Renoult, Charles Lussy, Auclair, Servantier, Raoul Verfeuil, etc., etc.

LES DISCOURS

Lorsque le corps eut été déposé dans le fourgon, Alexandre Blanc prit le premier la parole, en son nom personnel, dit-il, et au nom de Raffin-Dugens, pour dire un adieu ému à son ancien compagnon du Congrès de Kienthal. Après Blanc, Georges Pioch parla au nom de l'Union socialiste communiste. Ce fut un émouvant et magnifique hommage, qu'avec son beau talent Pioch rendit à Pierre Brizon, au combattant de la paix qui lutta, en plein parlement, à des heures redoutables contre les fauteurs de deuils et de ruines.

Notre directeur Jean Longuet parla en suite au nom des amis du Parti socialiste. Il retraça à grands traits la vie de Brizon depuis son adhésion au groupe des étudiants collectivistes. Il rappela les persécutions que valut à Brizon son apostolat socialiste, sa propagande incessante, son œuvre d'écrivain et d'orateur. Et, après Pioch, il magnifia aussi le courage avec lequel, pendant la guerre, Brizon défendit la cause de la paix et du socialisme international. Rappelant la passion unitaire qui avait animé Brizon jusqu'à son dernier souffle, Longuet termina en exprimant l'espoir que bientôt se reconstitue l'unité prolétarienne.

C'est par un vibrant appel à cette unité prolétarienne que le citoyen Brodel, parlant au nom des libres penseurs et des anciens combattants du Nord, termina les discours. Souhaitons que les paroles qu'il fit entendre à un auditoire mêlé portent leurs fruits. Franchesse fera dimanche à son ancien élu dès obsèques dignes de lui. Nous prions la famille de Pierre Brizon d'accueillir toutes nos condoléances et nos camarades de l'Allier de recevoir le témoignage de notre fraternelle sympathie eu ce deuil qui les atteint plus particulièrement.

 

L'Humanité 8 août

Les obsèques de Pierre Brizon

Un drapeau, rouge, une pancarte, un char funéraire de troisième classe derrière lequel suivent une centaine de personnes. Le corps de Pierre Brizon, de l'Hôtel-Dieu à la gare de Lyon, traverse Paris.

Arrivé à la gare, le cortège a encore diminué et c'est au milieu des bruits divers des manœuvres et des wagons qui s'entrechoquent, que notre ami Alexandre Blanc prononce son discours :

Je viens, non pas comme représentant d'un parti, mais en mon nom personnel et au nom de mon vieux camarade Raffin-Dugens, apporter, l'expression de nos regrets émus, sur le cercueil de celui qui fut notre compagnon de Kienthal. Peu de temps après la conférence pacifiste qui nous valut les accusations les plus injurieuses et les calomnies les plus grossières, Pierre Brizon donnait lecture à la Chambre d'une déclaration où nous disions pourquoi nous repousserions désormais tous les crédits dits militaires.

Dès lors, ce fut une lutte de tous les jours. Vingt fois, Brizon, guidé par sa raison autant que par son cœur; monta à la tribune pour réclamer les pourparlers de paix et la fin la plus proche du carnage.

Chaque, fois, une hostilité d'abord sourde, se déchaînait en tempête. Soutenu par son petit groupe d'amis, Brizon continuait à clamer la vérité et sa voix dépassait le cercle du Palais-Bourbon. S'il était le député le plus attaqué à la Chambre, il était le plus aimé dans les tranchées, et le plus populaire dans les familles. Hélas ! L'ingratitude est chose humaine ! Il l'éprouva lorsqu'en 1919, il fut, dans son département qui lui était si cher, et comme tant de ses collègues du Parti, battu par une immorale coalition de radicaux et de réactionnaires.

Cette ingratitude le meurtrit, mais ne le découragea pas. En dehors du Parlement, il continua, par le journal et par la réunion publique, sa propagande ouvrière et anti- militariste. Son horreur de la guerre s'exhalait dans chaque ligne, dans chaque parole.

La mort, le prend, encore jeune, dans la maturité de son talent et la plénitude de sa foi. Les milliers de malheureux dont il plaida si chaleureusement la cause, partagent aujourd'hui, j'en suis certain, notre douleur commune.

Aussi, je me permets de les associer à nous dans l'hommage que nous rendons a Pierre Brizon, défenseur inlassable de la Paix des Peuples !

 Georges Pioch, Longuet et Brodel parlent ensuite. Puis un grincement roule. Le wagon est fermé, on le scelle. C'est fini.

 

Brizon. Pierre Brizon, celui qui fut, l'a-t-on assez dit, « un moment de la conscience humaine » et l'espoir de milliers de victimes de la grande tuerie, avait droit au moment de sa mort et quelles que fussent les circonstances présentes à plus de reconnaissance de la part de ceux pour lesquels, en 1917, il risquait, avec Alexandre Blanc et Raffin-Dugens, le poteau de Vincennes.

 

Note J-P D : On notera que dans un cas c'est le drapeau de l'Union socialiste communite qui est présenté et dans l'autre le drapeau rouge. Dans les deux cas les articles ne sont pas signés mais pour celui de L'Humanité il s'agit sans nul doute d'Alexandre Blanc qui avec Raffin-Dugens étaient les deux soutiens de Brizon à Kienthal. Le 3 août dans L'Humanité Alexandre Blanc rappelera dans un article qu'il signe les mérites de Kienthal.

Partager cet article

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans raoul verfeuil
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure
  • Le blog des Editions la Brochure
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche