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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 17:23

couv schalchli

Article 2001 de ce blogue (pour l'écrire comme les québécois) :

donc un article crucial....

 

François Schalchli débattant avec Salah Amokrane sur les divers chemins pour constituer la politique en bien commun, mon esprit vagabondait sur les pentes adversaires, celles des assassins du politique. Le politique en tant qu’invention des Grecs s’est appelée démocratie car il n’y a de POUVOIR politique possible que dans les LIMITES du pouvoir, des limites qui ne sont pas négation du pouvoir mais bien au contraire, moyens d’exercice du pouvoir.

Cette idée de démocratie n’est pas née abstraitement mais d’un constat simple : le pouvoir politique appelle logiquement l’excès de pouvoir, car ce pouvoir peut intervenir sur TOUS les éléments du social ! Surtout, bien sûr, le pouvoir qui veut le bien du peuple, qu’il soit sincère ou un effet de rhétorique : pour le bien que ne ferait-on pas !

 

Pendant des siècles les assassins du politique poussèrent à l’excès de pouvoir politique pour des intérêts de classe sociale. Ils affrontèrent ou s’allièrent avec les deux autres excès de pouvoir possibles : le pouvoir religieux et le pouvoir milita           ire. Le premier, parce que comme le politique, le religieux, au nom de sa conception du spirituel, veut tout se permettre sur les corps et sur les âmes (pour le bien de tous, évidemment !) ; le second, totalement matérialiste, parce que la contrainte de corps conditionne souvent la vie des âmes !

 

Les nouveautés du XXème siècle ont inversé les positions des assassins du politique. Ils ne poussent plus à l’excès de ce pouvoir mais à sa disparition ! La démocratie ne pourrait plus être la démocratie car en fait, il n’y a plus à limiter un pouvoir politique qu’il s’agit de balayer. Au profit de quel autre pouvoir ? Au profit d’une nouvelle alliance de l’économique, du religieux et du militaire sous les auspices du règne de la marchandise. Même les plus grands présidents des démocraties sont devenus des VRP de leurs propres multinationales !

 

Je ne prétends pas que cette inversion (cette révolution) est définitivement victorieuse (rien n’est jamais acquis même pour l’adversaire) mais que pour la combattre, les démocrates ne constitueront enfin la politique en bien commun, que si on désigne clairement les lignes de force de cet adversaire d’un nouveau genre.

Et tout d’abord : nommer cet adversaire que j’appelle capitalisme féodal. L’époque féodale n’a pas été une négation du politique mais au contraire une constitution de ce pouvoir sur des bases nouvelles où le militaire était là pour jouer la sécurité des paysans et des autres forces économiques au bénéfice des seigneurs. Ce pouvoir avait ses excès et ses limites qui s’appelaient « guerres féodales ».  Comme toujours, le peuple n’était que le sujet et non l’objet de ce pouvoir politique.

 

A l’âge du capitalisme féodal, ce n’est plus le féodal qui conduit au capitalisme mais le capitalisme qui se sert du féodal : le dieu marchandise dominant le monde il rend alors le politique vénal, et suscite par la même, une double réaction, car le politique a horreur du vide : retour d’un pouvoir religieux et retour d’un pouvoir militaire (des milliers de têtes nucléaires seraient perdues dans la nature). Cet assassinat du politique est le plus fou de tous les temps, car le capitalisme en est arrivé à un stade où il peut tout se payer.

Son ennemi le plus redoutable reste alors l’utopie de ceux qui persistent dans l’idée de constituer à nouveau le politique en bien commun.

Etrangement, et c’est là le signe d’optimisme, ces assassins du politique travaille pour des intérêts privés très précis mais leur pouvoir global devient tel, qu’en retour, ils fabriquent enfin ce bien commun si peu visible jusqu’à présent. Plus les mondialisateurs mondialisent et plus le bien commun devient évident.

Exemple : ils veulent faire de l’eau une marchandise or c’est d’autant plus une évidence, l’eau est un bien commun. Mais l’eau ne trouvera un statut de bien commun, que par la reconstitution du politique, qui ne doit en aucun cas le transformer en bien d’une classe politique, car alors on l’arracherait au pouvoir des uns pour le glisser dans celui des autres.

 

Une fois de plus, dans l’histoire du monde moderne depuis 1492, le Mexique est le lieu crucial de cet affrontement actuel. Le Mexique a été fabriqué par les deux révolutions constitutives du monde moderne, celle de France et celle des USA. La première, par l’intervention inattendue du peuple a poussé la démocratie jusqu’à l’excès de pouvoir symbolisé par Napoléon 1er ; la deuxième a poussé sa démocratie jusqu’à l’absence de pouvoir politique symbolisée par la guerre de sécession. La première s’est faite au nom du peuple et la deuxième au nom d’une indépendance qui n’était que l’indépendance des nouveaux maîtres par rapport aux anciens, d’où l’épine de l’esclavage.

La Révolution de 1848 en France tenta au nom de la fraternité une réconciliation des deux révolutions sous les auspices pratiques de Tocqueville. Réconciliation impossible qui a conduit à cette hérésie qui s’appelle « élection du président de la république au suffrage universel direct », hérésie pour la France que Tocqueville a aussitôt tenté de tempérer en limitant le mandat au nombre d’un ! D’où Napoléon III qui pour tuer la tentative de réconciliation entre les deux révolutions est allé, par son excès de pouvoir, narguer les USA en envahissant le Mexique !

Le pouvoir du président des USA ne pouvait virer en dictature d’un homme car la pente était celle de la disparition du politique. Obama vient de déclarer qu’il était pour le mariage des homosexuels juste après l’élection en France de Hollande. La différence est connue : encore aujourd’hui en France si la loi est votée, elle est pour tous ; aux USA Obama a précisé que la décision resterait entre les mains des Etats des USA, comme la peine de mort etc. Le président des USA est là pour le symbole face au monde ; aux USA même il représente bien peu de choses. Lui, mais pas le pouvoir dont il est le symbole ! Ce pouvoir économique que l’on cache pudiquement sous le nom de marché !

 

Ceci étant, pour que tienne un pays où se meurt le politique, il faut que vivent des formes de démocratie secondaires très utiles à étudier pour, contre les destructeurs du politique reconstituer ce pouvoir au nom du bien commun. Voilà pourquoi le Mexique est au carrefour. Des millions de Mexicains vivent aux USA, souvent en clandestins, et savent donc que loin des caricatures que nous connaissons en France de la vie sociale nord-américaine, ils mesurent que d’autres mondes sont possibles, y compris avec des pratiques atomisées importées des USA, mais reconstruites dans le cadre d’une perspective plus globale, plus solide, plus sociale et plus démocratique : le bien commun.

 

Le chemin sera long pour constituer enfin le politique en bien commun, pas à pas mais fermement, par hésitations mais lucidement.

13 mai 2012 Jean-Paul Damaggio

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Jacques Desmarais 15/05/2012 02:25

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