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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 21:49

Pour présenter le poème de Léon Cladel, Les Carriers, louis-g. Boursiac dont nous ne connaissons aucun autre écrit, indique (l’absence de majuscule est de lui) :

 

 

un jour, - oh ! il y a de cela bien longtemps, quelque cinquante années peut-être, - mme Julie cladel, écrivant à mon aïeul, se prit soudain à le quereller, mi-boudeuse, mi-badine, lui reprochant entre autres meschefs et vilenies de n’avoir, à elle ni à quiconque de sa connaissance, soufflé mot des va-nu-pieds.

« je ne vous donnerai plus de livres, disait-elle, vous n’en avez pas écrit un mot à léon ; nous eussions cependant désiré savoir ce que-vous pensiez de l'enterrement d'un ilote et si souvent vous n’aviez pas, dans vos campagnes, observé de pareilles scènes. »

qu’elle fut la réponse..., par ma foi, je l’ignore, car, à vous dire vrai, je vous confesserai tout de go que la conservation sous toutes ses phases et ses formes nous répugne, à quoi bon, d'ailleurs, des archives pour jacques bonhomme ? mais m'ami nous n'avons rien volé, partant rien dont il convienne de légitimer une possession malgré tout éphémère et illusoire : point de rapines ou de butin chez nous..., seulement le souvenir d'oppressions ou d'exactions sans nombre, et pour cela, je vous le jure, la mémoire certes suffit fort bien ! non, quittons aux valets de cour ou de sacristie, actes et grimoires ; les rats, leurs frères, leurs émules, les leur grignoteront ! à nous l'humilité, pour nous la sainte misère, pour nous le souvenir, pour nous les gueux !

pour nous le souvenir, et non pas certes un simple rappel machinal, mais la claire conscience ; non point un geste d'automatisme, hélas ! trop symbolique en son extériorisation, mais, battant en nos artères, propulsé avec notre sang, mêlé et confondu avec lui, un sentiment sincère et vivace et profond pour tous ces traînes-la-savate et leur barde inspiré, le maître ouvrier de plume, léon-alpinien cladel.

et puisque l'honneur nous en est réservé, à nous, interprète modeste de la plèbe, affirmons cette conviction en toute sa plénitude et tout son dynamisme actif en répondant publiquement pour notre aïeul, au cas où il ne l'aurait fait lui-même, sans crainte de fausser ses pensées, tout en donnant la nôtre !

léon cladel, voilà le grand crieur !

visionnaire de génie, il pensait, qu'aux crépuscules impériaux, si dégradants soient-ils, succéderaient des jours pleins d'humanité, car son imagination ardente ne pouvait admettre et tenir compte que les réalisations ont besoin du concours du temps. il devançait son époque, passant à enjambées de géant par-dessus les turpitudes de la nouvelle aurore républicaine ou les cataclysmes de la guerre, tout en se moquant, par l'aventure, des dégénérés ou des métèques qui n’ont avec la brillante voilée romantique qu'un point de similitude tout formel : le nom. et nous, les surgeons de la dernière heure, tendons-lui la main, à ce grand aîné, il est des nôtres. voyez-le, à soixante ans de distance, il nous annonce déjà les états-unis d'europe, ô briand ! il pulvérise tout, puissances pragmatiques et puissances de droit divin, car c'est au gouvernement de la pleine humanité qu'il éveille et convie la conscience populaire ! c'est aux masses, en effet, qu'il fait confiance; c'est aux crèves-la-faim, témoins ces carriers qui toujours misérablement luttent contre l'atome et chez qui il découvre une sensibilité qui s'inquiète et qui s'insurge contre ces vieux dogmes desséchés !

plus de gangue de résignation ; admettre la fatalité mauvaise, c'est se rendre complice de l'inclémence des cieux. avec lui, c'est la pensée libre, c'est un élan généreux qui pousse ces vaincus à s'élever jusqu'au ciel pour constater qu'il n’est là que poussière d’étoiles, queues de comètes et un père éternel... absent!!

il est notre maître ; pour lui point de connaissance qui ne soit interdite aux hommes : point d'agnosticisme. la vérité ? il la découvre dans ces multitudes qui se révoltent et qui proclament qu'elles ne peuvent perdre dieu, car elles le portent en elles :

dieu n'est plus préexistant, il n'est que l'aboutissant !

(Chalet de La Mégère, près La Lande en Quercy, 1er décembre 1929) louis-g. BOURSIAC.

du même auteur : hommage à léon cladel (1927, épuisé).

 

Dans le livre 800 auteurs (BCP TetG), Marcel Maurières avait indiqué :

Boursiac Louis G. (Moissac - )

Licencié en droit, lettres et lettres-philosophie, Louis G. Boursiac se consacre essentiellement au journalisme et collabore à de nombreux journaux et revues : Le Figaro, Revue du siècle, Notre temps, Nouvelles littéraires, Cahiers libres, Divona, Flambeau d’Egypte. En 1936, il est rédacteur en chef de Tolosa. Il est membre de la Société des Gens de Lettres, de l’Association syndicale des critiques littéraires, de la Société des écrivains de province. En 1928, il publie un roman, Le Voile d’Isis, et une fantaisie critique, Al Couffin ; la même année, paraissent un recueil de ses articles et ses interventions sur le régionalisme, et une étude sur Gustave Flaubert, critique littéraire. Après un hommage à Léon Cladel (1927), il rédige la préface d’une nouvelle édition d’une œuvre de ce dernier, Les carriers (1930) et publie, toujours en 1930, une anthologie de ce même écrivain. Pages.

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Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
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