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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 10:00

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Une bonne vingtaine de personnes ont participé à la lecture sur Camille Delthil à la Librairie Deloche. Chacun a pu découvrir l’histoire et les écrits du personnage oublié depuis des décennies. Ainsi les participants se sont replongés dans cette fin du XIXe siècle quand des poètes faisaient de la politique, quand des bourgeois s’affichaient aux côtés du peuple. A cette occasion les Editions La Brochure ont offert la réédition de deux poèmes de l’auteur de Moissac, ville où cet ancien sénateur sera présenté en mars 2012. Nous offrons aux lecteurs de ce blog un de ses textes extrêmement actuel. Bonne lecture. Jean-Paul Damaggio

Moissac 10 juillet 1897
Cent huit ans après
Lorsque nos pères prirent la Bastille, le 14 juillet 1789, il y a cent huit ans de cela, ils crurent avoir démoli avec elle tous les privilèges et tous les monopoles.
Hélas ! leur illusion ne fut que de courte durée. Les vieux abus se contentèrent de changer de nom et de costume et ils réapparurent bientôt sous une forme nouvelle à l’ébahissement du bon public.
Rien n’était fait, c’était à recommencer.
Le paysan, que la gabelle mettait en émoi, au point qu’il la chargeait de tous les maux : mauvaises récoltes, inondations, incendies, maladies, le paysan ne se regimba plus contre elle quand elle s’appela les Droits-réunis ; aujourd’hui elle est devenue les Contributions indirectes, c’est encore un progrès.
Le tribut est toujours le même, mais le nom a changé, cela nous suffit.
La taille est aussi dure aujourd’hui que jadis, mais la taille, elle aussi, a changé de nom, elle s'appelle la cote personnelle, la cote foncière, la cote mobilière, et tout cela forme un bloc d’impôts très lourd à l'échine du pauvre monde, mais très léger pour les fortes épaules des riches. La corvée est devenue les prestations, etc.
Et lorsque l'on veut demander une équitable répartition de ces impôts, le privilégié se moque du pauvre hère, comme jadis,
Certes, nous ne voulons pas dire que le peuple n'ait rien gagné à prendre la Bastille, mais il y parait peu. Jaurès le disait fort bien, l’autre jour, ce n’est pas le paysan qui profita de la vente des biens nationaux, il était en ce moment trop pauvre pour tirer parti de la situation. Ce fut la bourgeoisie, non point la militante, mais la rusée et l'usurière, c'est-à-dire la mauvaise, qui s'enrichit, sans courir aucun risque et fit la bonne affaire.
Le peuple fut le Raton qui tira les marrons du feu révolutionnaire, tandis que l'affreux singe Bertrand les croqua à sa barbe avec tranquillité.
Pendant que l’un se battait pour la gloire et pour la liberté, l'autre s'enrichissait. Et ce sont les petits-fils de ces enrichis qui, aujourd'hui, se montrent les plus durs et les plus tenaces, ne voulant rien céder de leurs privilèges, n'admettant pas qu'on puisse réformer quelque chose de ce qui est, votant contre l'impôt sur le revenu, contre le crédit agricole, contre la suppression des droits sur les boissons, en un mot, contre toutes les revendications de la démocratie.
Oui, tout a changé de nom, jusqu'à la lettre de cachet, qui s’appelle aujourd’hui le mandat d’amener, mais le fond des choses reste, à peu de chose près, le même. Les dirigeants ont changé de nom et de costume eux aussi.
Notre République elle-même ressemble à s’y tromper à une royauté, et tout comme un monarque, son Président joue à l’Altesse.
Et voyez comment vont les choses, cent huit après la prise de la Bastille, les représentants du peuple votent un crédit de 500 000 francs au chef du gouvernement pour un voyage d’agrément en Russie et refusent 100 000 francs aux misérables mineurs de la Grand’Combe.
Et l’on nous dit que la Bastille a été prise. C’est possible. Mais certainement elle a été rebâtie et il faut s’occuper de la reprendre.
Camille Delthil

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Published by éditions la brochure - dans Léon Cladel
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