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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 13:30

« Le fascisme est un phénomène historiquement daté et assez précisément défini. Dire que Pétain, Pinochet voire Napoléon III seraient peu ou prou fascistes noie la notion de fascisme et ne permet en rien d'expliquer le phénomène." m’indique l’ami Gérard Frétellière.

 A ) Les anachronismes

Que le fascisme soit daté j’en conviens et ça s’appelle « le fascisme historique » sauf que la bête immonde….

Je me bats toujours contre les anachronismes du genre : « nous sommes en 1788 » mais je prétends à partir de ma définition du fascisme que le fascisme court l’histoire.

Je défends Olympe de Gouges depuis des décennies : est-ce à dire qu’on peut lui refuser le titre de féministes, à partir du moment où le concept est bien postérieur à sa vie ?

Pour l’Occitanisme, que je défends aussi depuis des décennies, certains prétendent que le terme a été inventé par Antonin Perbosc autour de 1900. Quoi qu’il en soit de l’inventeur du terme, il y a eu de rares occitanistes bien avant.

Avec Marx, le même problème a été soulevé : le communisme est-il né avec Babeuf ?

Parmi les études historiques que j’ai pu réaliser depuis 30 ans, je suis fier de seulement l’une d’elle : la réédition du texte de Marx où il ridiculise Bolivar, que j’ai accompagné d’une présentation de toutes les réactions possibles en Amérique latine. Les marxistes (pour ou contre le texte), les antimarxistes (pour ou contre le texte), les bolivariens (pour ou contre le texte), les anti-bolivariens (pour ou contre le texte) autant de cas de figure qui permettent de réfléchir à ce que Marx appelait le césarisme et que je préfère appeler le fascisme, car dans un cas la notion fait regarder vers en haut (César), et dans l’autre vers en bas (le fascio). Par rapport au texte de Marx je me situe du côté des marxistes qui défendent le texte. Et à l’adresse des marxistes qui considèrent que, sur le sujet, Marx était un ignorant, j’ai réédité aussi ce qui fut la source majeure du philosophe, l’Histoire de Bolivar par Ducoudray, un compagnon de Bolivar qui a pu suivre la nature exacte de son combat : utiliser la démocratie pour tuer la démocratie.

Je ne dis pas que tout est fascisme car je le lie à la démocratie moderne qui n’est pas vieille comme le monde.  Je rappelle : J'appelle fascisme, la capacité d'un groupe politico-social à se servir de la démocratie pour tuer la démocratie.

Et « le fascisme historique » serait si européen que les autres pays en auraient été épargnés ? Les USA n’ont jamais été gouvernés par des fascistes mais à travers l’histoire, des fascistes ont tenté d’accéder aux plus hautes marches. Et un voyage jusqu’au pays de Peron…

 

B ) Le fascisme aujourd’hui ?

Si le fascisme est daté alors n’en cherchons pas les signes actuels.

Quand Michela Marzano publie chez Larousse dans la revue Philosopher le fascisme un encombrant retour ? sort-elle des dates retenues ? Et son analyse du retour ne nous plonge-t-il pas dans des situations bien antérieures à Mussolini.

Prenons un seul point, l’idéologie de l’amalgame et je vais citer Michela Marzano qui fait d’ailleurs le lien entre fascisme et totalitarisme avec l’aide d’Hannah Arendt.

« L'idéologie de l'amalgame

Penser arriver à comprendre le fascisme en étudiant de façon rigoureuse sa doctrine ou son programme serait une erreur. Aucune doctrine cohérente ne caractérise le fascisme. Comme l'avait très bien remarqué Hannah Arendt dans la Nature du totalitarisme (1954), Mussolini «fut probablement le premier dirigeant de parti à avoir consciemment rejeté un programme formel pour le remplacer par la seule direction inspirée et l'action ». C'est pourquoi les programmes présentés ont chaque fois été flous et à géométrie variable. Le rapport avec la vérité n'avait aucune importance : ce qui comptait, c'était la capacité à emporter l'adhésion des gens. Cela ne signifie pas pour autant que le fascisme n'ait pas eu d'idéologie et qu'il se soit limité à mettre en place une politique pragmatique fondée sur des actions concrètes. Mais que la vision de l'homme, de la société et plus généralement du monde que les fascistes ont promue n'était pas cohérente et que cette incohérence volontairement entretenue leur permettait de défendre des valeurs et des principes opposés, explique au moins en partie le succès que ce régime rencontra auprès des masses.

Les fascistes ont bien compris la force de l'amalgame : dissimuler les vrais rapports de pouvoir en fabriquant des concepts contradictoires qui font diversion. Ce qui est d'autant plus efficace, explique Robert O. Paxton, lorsque l'esprit critique s'affaiblit, endormi par la propagande et la manipulation : « La manipulation de l'opinion publique par la propagande remplaçait les débats traitant des questions compliquées I...]. On pouvait très bien voir dans le fascisme un éventail de nouvelles techniques pour contrôler, gérer et canaliser les masses.» Mais qu'est-ce que la manipulation ? A-t-elle réellement disparu du monde politique avec la fin du fascisme historique ? »

Et cette idéologie, ne fut-elle pas antérieure au fascisme historique ?

 C ) Fascisme et totalitarisme

Michela Marzano laisse entendre que finalement fascisme et totalitarisme, ça serait le nom d’une même chose. Et c’est un autre débat.

Sauf erreur de ma part, la notion de fascisme est antérieure à celle de totalitarisme. Dès 1921, en France, le débat sur le fascisme traverse la société même si l’impasse est totalement faite sur le cas espagnol de Primo de Rivera. Le terme « totalitaire » puis la notion de « totalitarisme », d’après le dictionnaire historique d’Alain Rey n’apparaissent qu’en 1926 et 1936 et surtout après 1945.

Cette question de chronologie est cependant négligeable par rapport à l’essentiel.

Le fascisme est une notion politique alors que le totalitarisme est une notion globale et peut-être, est-elle globale, au point d’effacer la lutte des classes ?

L’exemple chilien a démontré à merveille que le néo-libéralisme (notion économique) peut prendre les formes politiques les plus variées à partir du moment où les formes en question aident à la destruction du politique.

Le fascisme en détruisant la démocratie par la démocratie est une forme politique.

Le néo-libéralisme en détruisant le politique par l’économique est en effet une forme totalitaire.

Les deux démarches sont suicidaires, car aucune économie n’est possible sans politique, et aucun fascisme n’est durable sans sous-entendre le retour possible de la démocratie politique.

 D ) Le peuple et la populace

Un ami craint que je ne confonde le peuple et la populace, cette dernière soutenant le fascisme et l’autre le progrès social.

Question d’importance pour les promoteurs de la démocratie quand elle est considérée comme instrument de construction de notre émancipation.

Est-ce que la populace c’est la part du peuple trompée ou manipulée ?

Est-ce que la populace c’est ce lumpenprolétariat dont Marx pointe à merveille sa capacité à servir de chair à canon pour le bénéfice de la classe dirige ante ?

 J-P Damaggio

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Published by éditions la brochure - dans René Bousquet
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