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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 15:15

 

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Pierre Brizon, né le 16 mai 1878 à Franchesse (Allier) et décédé le 1er août 1923 à Paris, est un pacifiste français dont lamort a été évoquée ainsi par L'Humanité (communistes) et Le Populaire (socialiste). JPD

 L'Humanité 2 août 1923 : Pierre Brizon est mort

Hier matin, à 8 heures, Pierre Brizon, mourait à l'Hôtel-Dieu des suites d'un anthrax. Militant, journaliste, historien, sociologue, Brizon connaissait bien des façons de servir le prolétariat. Certes, il n'était plus des nôtres. Des différends graves l'avaient séparé du Parti. Nous n'oublions pas, cependant, que pendant un quart de siècle, Brizon mena un combat intrépide contre la bourgeoisie. Nous n'oublions pas surtout sa lutte pour la paix à l'heure où la frénésie impérialiste jetait l'Europe à l'abîme. Sur la tombe "du pèlerin de Kienthal" nous nous inclinons avec un regret douloureux. Brizon était âgé de 45 ans. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud où il avait été reçu le premier, professeur d'Ecole normale, il ne devait pas tarder à se signaler au zèle attentif des agents du gouvernement : en dix années, il n'occupait pas moins de douze postes différents aux quatre coins du pays. Elu député en 1910 par la circonscription de Moulins-Ouest, il siégea à la Chambre jusqu'en 1919. La coalition de toutes les forces bourgeoises, des radicaux aux royalistes tint alors en échec la liste du socialisme ouvrier et paysan. Brizon a publié des études approfondies sur l'Histoire du Travail et des Travailleurs, l'Apprentissage, l'Eglise et la Révolution, un Précis d'Histoire contemporaine. Sa brochure sur le Blé rouge a traduit les aspirations du prolétariat rural auxquelles il prêtait une si légitime

 Le Populaire jeudi 2 août 1923

Une pénible nouvelle qui attristera tous nos camarades, nous parvient : Pierre Brizon, ancien député de l'Allier, est mort hier matin à Paris, à l'Hôtel-Dieu, des suites d'un anthrax. Nous étions loin de nous attendre à cette disparition. Brizon était venu nous voir au Populaire, il y a peu de temps encore, et, comme toujours, il nous avait renouvelé son ardent désir de voir se rétablir l'unité prolétarienne. Le destin a voulu qu'il parte pendant que des luttes fratricides divisent encore les travailleurs.

Pierre Brizon naquit le 16 mai 1878 à Franchesse (Allier), commune dont il devait plus tard être maire. Elève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud il fut gagné aux idées socialistes dès sa jeunesse et en 1897 -il adhérait au groupe des Etudiants collectivistes. Devenu professeur d'Ecole normale, il fut déplacé maintes fois pour son attitude militante. C'est ainsi qu'il professa successivement aux Ecoles normales de Laval, La Rochelle, Alençon, où il fonda le premier groupe socialiste, et Parthenay. Puis il professa dans les écoles professionnelles d'Armentières, Voiron, Marseille, Narbonne, Clermont-Ferrand et Rennes. Elu en 1907 conseiller d'arrondissement dans son canton natal, il entrait, à la Chambre, en 1910, comme député de la 2e circonscription de Moulins. Il devait y rester jusqu'en 1919, où la liste socialiste de l'Allier fut battue par la coalition radicalo-cléricale constituée sous l'égide de. M. Gaston Vidal. C'est surtout pendant la guerre que Brizon se mit en évidence. Personne n'a oublié la position qu'il avait prise, allant à la conférence de Kienthal et portant à la tribune de la Chambre, à maintes reprises, de virulentes protestations contre la guerre et mettant en cause les responsabilités du "mauvais Président".

Même les camarades qui ne crurent pas devoir l'imiter rendirent hommage au beau courage civique dont il faisait preuve. En même temps que des encouragements lui venaient de la part de braves gens, dont trop oublièrent, lorsque le danger fut passé, les injures, les calomnies et les menaces de mort qui s'accumulèrent sur lui. La presse immonde du nationalisme dénonçait tous les jours la « trahison » de Brizon. Il tint tête avec une belle vaillance, sans que la position catégorique qu'il avait prise lui fit perdre le sens de l'intérêt socialiste. Profondément unitaire, Brizon ne combattit que la bourgeoisie capitaliste, l'unité socialiste rompue contre son gré, il ne cessa de préconiser sa reconstitution.

Avec ces sentiments il ne pouvait guère demeurer dans le Parti communiste, où il avait cru pouvoir aller après la scission de Tours. Sur l'ordre de Moscou, le Parti communiste qui a la prétention d'être « une réaction contre le socialisme de guerre » expulsa Brizon !

Depuis, dans les rangs de l'Union socialiste communiste, il avait continué à batailler pour l'unité prolétarienne, pour ce qu'il appelait dans son langage imagé «le Bloc des rouges». Orateur abondant, souvent fort éloquent, tenant sa place aussi bien à la tribune du Parlement qu'à celle des Congrès ou des réunions publiques, Brizon fut aussi un écrivain remarquable. Profondément imbu de la doctrine socialiste, possédant des connaissances étendues sur les problèmes sociaux, Brizon collabora à d'innombrables journaux socialistes. Mais il écrivit aussi des ouvrages qui resteront. Il laisse des brochures de propagande : Le Blé rouge ; En Bataille ; un Précis d'histoire contemporaine, en doux volumes ; L'Eglise et la Révolution : la France dans les temps modernes ; un volume de l'Encyclopédie socialiste la Coopération en collaboration avec Ernest Poisson ; une Histoire du Travail et des Travailleurs et L'apprentissage, ouvrages remarquables. Le Populaire adresse un adieu fraternel au bon militant qui disparaît, encore jeune, après avoir fourni un si bel effort. La classe ouvrière gardera la mémoire de ce brave cœur qui souffrit de ses souffrances et sut la défendre avec tant de courage et d'ardeur.

 

Les obsèques de Pierre Brizon auront lieu vendredi matin.

 

Note J-P D : Aucun des deux journaux ne mentionne la publication de La Vague qu'il dirigeait au moment de sa mort. Pour rappeler ce que fut Kienthal, je renvoie les lecteurs à leur moteur de recherche.

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