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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 13:21

Dans le cadre du festival de cinéma espagnol de Montauban nous avons vu ce film qui est une traversée du Mexique par des immigrants et que le compte-rendu du Monde décrit très bien. J'ajoute seulement deux observations : les trois jeunes sont pris au cœur d'un phénomène global, et flics et gangsters provoquent des réactions dont il faut noter la différence.

Ce phénomène global apparaît quand on voit des centaines d'immigrants sur un train (dans le générique le réalisateur donne le nom de 600 personnes) et quand le train est arrêté par la police tout le monde tente de fuir dans une débandade générale. Puis quand le train suivant contient la même foule et qu'il est arrêté par les gangsters alors tout le monde descend sagement. Pourquoi ? Les flics ne tirent pas sur les immigrants, mais les gangsters le feraient sans hésitation contre le moindre des fuyards. Aujourd'hui le Michoacan est à feu et à sang et la question mexicaine n'est pas seulement celle du mur à la frontière. La film permet de vivre au rythme de ce Mexique dramatique mais sans se repaître dans la violence. JPD

 

"La Jaula de Oro" : la traversée de l'enfer, du Chiapas à la Californie

LE MONDE | 24.05.2013 à 09h35 • Par Thomas Sotinel

 Il ne faut surtout pas croire que vous avez vu ce film. Il y a quatre ans, Sin Nombre (sans nom), du cinéaste états-unien Cary Fukunaga, racontait l'histoire de deux jeunes gens qui partaient du sud du Mexique pour gagner clandestinement les Etats-Unis. La Jaula de Oro ("La cage dorée"), premier long-métrage d'un cinéaste espagnol installé au Mexique, Diego Quemada-Diez, suit le trajet de trois adolescents qui quittent le Chiapas dans l'espoir d'arriver à Los Angeles.

La différence entre les deux films ne tient pas tant à la nationalité des réalisateurs qu'à leurs façons respectives de faire. Là où le Californien mettait en scène un spectacle, Diego Quemada-Diez parvient à faire de cette odyssée une fiction qui jamais ne relâche son emprise sur la réalité, un film où le suspense n'est pas le fait des caprices du scénario, mais l'effet naturel de l'histoire banale et terrible qu'on vous raconte.

Originaires du Guatemala, Juan (Brandon Lopez) et Sara (Karen Martinez) ont déjà réussi à passer la frontière avec le Mexique. Pris dans une rafle avec un jeune Indien qui ne parle pas un mot d'espagnol, Chauk (Rodolfo Dominguez), ils sont expulsés vers le Guatemala. Les policiers se moquent bien que Chauk parle tzotzil, ce qui fait de lui un natif du Chiapas, Etat du Mexique. Faute de papiers d'identité, lui aussi est expulsé.

Commence alors la lente remontée vers le nord du trio. Les incidents, les catastrophes qui en sont les stations ne surprendront pas tout à fait. Policiers et gangsters suivent ces groupes de migrants comme les carnassiers suivent les ruminants migrateurs. A chaque étape, les plus vulnérables sont séparés du groupe. Le jeune cinéaste met en scène cette fatalité avec une espèce de naturalisme qui distingue sa manière de faire des adeptes du style semi-documentaire.

Une singularité encore appuyée par le travail des trois acteurs. D'habitude, les metteurs en scène de fictions aussi proches du réel ont à choisir entre le naturel des amateurs et le métier des professionnels. Dans le premier cas, l'épaisseur des personnages en souffre, dans le second, l'impact du témoignage est atténué. Diego Quemada-Diez a trouvé dans son trio des interprètes étonnants de nuances et de profondeurs.

Dans le rôle de Chauk, Rodolfo Dominguez se tire d'une position inhabituelle : il parle souvent, toujours en tzotzil, et ses propos restent incompréhensibles à qui ne parle pas cette langue qui est celle d'un demi-million d'habitants du Chiapas. Pas de sous-titres, pas de traducteur commodément placé sur son chemin par le scénario. Sans comprendre rien de ses paroles, on devine grâce à son expressivité la joie de vivre qui le pousse, le désespoir qui l'a fait quitter les siens. Très sèchement, le film égrène les épreuves que traversent les personnages.

Lors de la présentation du film à Cannes, mercredi 22 mai, Diego Quemada-Diez a expliqué qu'il avait réalisé La Jaula de Oro parce que "les gens (lui) ont demandé de raconter leur histoire". De fait, son histoire à lui colle au plus près de la réalité de ce voyage infernal qui doit mener à l'intérieur de la "cage dorée" du titre.

La force de La Jaula de Oro vient de la confrontation entre ces personnages, qui ont la grâce de l'imaginaire, et la violence extrême que la fermeture de la frontière entre Sud et Nord a engendrée. Sans jamais sombrer dans les excès mélodramatiques (Sin Nombre) ou horrifiques (le récent Heli, d'Amat Escalante, présenté en compétition) d'autres films qui ont exploré ce territoire ravagé, Diego Quemada-Diez parvient à une justesse irréprochable, nourrie de sa colère d'artiste et de témoin.

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Published by éditions la brochure - dans Mexique
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