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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 23:14

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Razoua signataire de ce texte annonce avec ses deuxc complices la date du 18 mars 1871... JPD

 

 

Demande de Mise en accusation du Gouvernement du 4 septembre

Déposée à l'Assemblée nationale le 6 Mars 1871

PARLESCITOYENS CH. DELESCLUZE, F. COURNET & EUG. RAZOUA

REPRESENTANTS DE LA SEINE.

 

Considérant que si les désastres dont la France est la victime depuis sept mois, sont d'abord imputables à Bonaparte, à ses ministres et à ses généraux, la dictature qui s'est installée le 4 septembre à l'Hôtel-de-Ville n'en est pas moins responsable des faits qui, s'étant produits sous son administration, ont amené la criminelle capitulation de Paris, et par suite, l'abandon du territoire et de l'honneur de la France ;

Qu'en effet, le Gouvernement qui s'était donné pour mission d'organiser la Défense nationale, n'a rien fait pour justifier le mandat qu'il s'était attribué ;

Qu'au lieu de tenter le moindre effort pour délivrer nos forteresses de l'Est, il semble n'avoir eu d'autre but que de ménager leur chute afin de mieux préparer celle de Paris ;

Que, du 4 au 19 septembre, il n'a pris aucune mesure efficace pour compléter et assurer l'approvisionnement de Paris ;

Que l'investissement de Paris n'a jamais existé, à proprement parler, que dans les rapports complaisants des états-majors ; qu'à part deux ou trois positions isolées qu'une défense intelligente ne leur aurait jamais laissé occuper, les Prussiens n'avaient, quoiqu'on en ait dit, aucun travail sérieux de fortifications, comme il a été facile de s'en assurer, depuis la réouverture des communications ;

Qu'en moyenne l'armée prussienne n'a jamais compté plus de 150 000combattants autour de Paris ; que notamment, au moment du bombardement, il était de notoriété publique qu'il n'y avait pas 80 000hommes dans les lignes prussiennes ;

Que si large part qu'on fasse à l'incapacité ou à l'aveuglement des dictateurs de septembre, il est impossible de comprendre comment, avec une armée d'opération de plus de 300 000 hommes et une garde nationale sédentaire de 200 000hommes Paris, appuyé par ses forts demeurés intacts, ses redoutes et ses remparts, n'ait pu briser le cercle dans lequel il se croyait emprisonné ;

Qu'au contraire, en admettant l'idée préconçue de livrer Paris et la France aux Prussiens, pour arriver ainsi à la suppression de la République, tout devient lumineux, et la politique du 4 septembre cesse d’être une énigme; elle se rattache aux détestables inspirations du comité de la rue de Poitiers, en 1848 ;

Qu'alors s'expliquent les échecs de Châtillon, de la Malmaison, de Chevilly, du Bourget, la retraite incroyable de Champigny, l'abandon du plateau d'Avron, enfin, la tentative dernière du 19 janvier, entreprise pour dégoûter la Garde nationale et justifier la capitulation, convenue déjà depuis le 17 ;

Que, sans rechercher les motifs auxquels ont pu obéir les dictateurs du 4 Septembre, les faits parlent contre eux avec une irrésistible éloquence ;

Qu'ainsi, en maintenant en place tous les anciens généraux et états-majors de l'empire, en laissant subsister cette magistrature, dont la main sanglante s'est toujours jointe à celle de Bonaparte pour frapper les meilleurs citoyens ; en conservant dans leurs fonctions la plupart des séides du 2 Décembre, en s'entourant des monarchistes les plus compromis, le Gouvernement a donné la mesure de son éloignement pour les institutions républicaines ;

Qu'en repoussant systématiquement le concours de la population pour la défense et l'armement de la capitale ; qu'en refusant à la population parisienne le droit absolu qu'elle avait d'intervenir dans la gestion de ses intérêts et dans la direction des opérations militaires qui devaient avoir pour but de la protéger et non de la livrer ; qu'enfin, en laissant impunément crier « Vive la paix ! » par les régiments de la ligne et de la mobile, le Gouvernement a suffisamment témoigné de ses coupables projets, si dignement réalisés par la capitulation de Paris, capitulation la plus honteuse qui ait jamais été signée;

Qu'en dehors de Paris, l'action du Gouvernement n'a été ni plus loyale, ni plus efficace; que le mensonge, le charlatanisme et la mise de la vérité sous le boisseau ont été partout les instruments de règne de ces autocrates au petit pied, qui n'ont su trouver de vigueur et d'énergie que contre les républicains, et promettaient, d'un côté, aux départements, l'arrivée de l'armée de Paris, comme ils promettaient, à Paris, la délivrance par la province;

Qu'à Paris, le guet-apens du 22 janvier, les assassinats commis sur la place de l'Hôtel-de-Ville par les prétoriens de M. Trochu, confirment surabondamment la culpabilité des dictateurs du 4 Septembre ;

Les soussignés,

Représentants du Peuple, ont l'honneur de proposer à l'Assemblée nationale la résolution suivante :

« Sont décrétés d'accusation du chef de HAUTE TRAHISON les membres du Gouvernement dit de la Défense nationale, acclamés le 4 Septembre. »

 

Une Commission d'instruction de quinze membres sera nommée au scrutin par appel nominal, délivrera les mandats de dépôt contre les accusés, et procédera à l'instruction dont elle devra rendre compte à l'Assemblée dans la quinzaine de ce jour.

Si, au cours de l'instruction, la Commission d'accusation trouve qu'il y ait lieu de comprendre, dans les poursuites, des fonctionnaires quelconques de l'ordre civil ou militaire, elle est autorisée à ordonner leur arrestation, sur laquelle se réserve de statuer l'Assemblée nationale.

 

Bordeaux, 6 Mars 1871.

 

Charles DELESCLUZE, Frédéric COURNET, Eugène RAZOUA,

Représentants du Peuple pour le département de la Seine.

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