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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 10:51

Début 1975 certains espèrent que la hiérarchie catholique va prendre ses distances avec Pinochet (voir article ci-dessous) mais le 5 septembre 1975, le Comité permanent de l'épiscopat chilien légitimait explicitement le coup d’Etat militaire le plus sanglant de toute l'histoire du sous-continent-américain :

« Nous reconnaissons le service que les Forces armées ont rendu au pays quand elles l'ont libéré d'une dictature marxiste qui semblait inévitable et devait être irréversible. Nous croyons qu'il est juste de reconnaître que les Forces armées, le 11 septembre... ont écarté un immense obstacle à la paix... Nous reconnaissons la sensibilité manifestée par le gouvernement en faveur des vieillards, des handicapés, des enfants... Nous reconnaissons l'infatigable labeur déployé par les épouses des membres de l'Honorable Junte de gouvernement. Nous reconnaissons aussi l'infatigable activité de Madame l'épouse du Président de la République... Qu'il y ait justice partout et que le bien devienne un torrent inépuisable... » J-P Damaggio

 

Esprit : juillet-août 1975

 Les tâches des chrétiens révolutionnaires du Chili

Après vingt-deux mois d'exercice du pouvoir, la Junte militaire chilienne n'a réussi qu'à organiser la terreur : la totalité du pays est encore soumise à la législation d'exception de l'état de guerre ; le couvre-feu est toujours en vigueur ; les arrestations se poursuivent au rythme d'un millier chaque mois, et la DINA, Gestapo locale, fonctionne désormais comme une institution qui n'a de comptes à rendre à personne.

Le taux de chômage est le plus élevé jamais connu par le pays 13,3 % en mars 1975. Malgré cela, l'inflation dépasse 500 %, rythme jamais atteint, même lors de la période la plus difficile du gouvernement Allende, qui avait à faire face aux accapareurs et au marché noir. L'Eglise n'a cessé, depuis avril 1974, de prendre des distances de plus en plus grandes avec le régime militaire. Des évêques ont publiquement dénoncé la situation des travailleurs chiliens et l'effrayante dégradation de leur niveau de vie le pouvoir d'achat des ouvriers à chuté de 60 % par rapport à 1973, la malnutrition infantile règne de nouveau dans les quartiers populaires, etc.

L'isolement international de la Junte est considérable : elle a été condamnée par l'O.N.U., l'U.N.E.S.C.O., l'O.I.T, et des dizaines de commissions juridiques. Récemment, le Club de Paris, appelé à négocier la dette extérieure chilienne (4 milliards de dollars) a refusé de se réunir (1).

Dans ces conditions, le problème d'un changement de régime au Chili acquiert évidemment une actualité tout à fait imprévisible il y a quelques mois. La résistance armée — où s'était engagé le M.I.R. — a été très durement touchée par la répression, et par ses propres faiblesses ou erreurs. Les partis qui composaient l'Unité populaire se sont regroupés dans l'exil. Le poids du Parti communiste est très fort dans ce regroupement, auquel il souhaite imprimer deux directions négociations avec la Démocratie chrétienne et élimination du M.I.R. Dans l'esprit du P.C. chilien, les négociations avec la Démocratie chrétienne devraient aboutir à un front de type antifasciste, préfiguration d'un gouvernement civil constitutionnel, où les communistes sont prêts à n'être que de modestes participants. L'exclusion du M.I.R. de toute participation à un tel front correspond à la fois à la volonté du P.C. de se débarrasser d'un groupe qu'il considère comme aventuriste et au fait que le M.I.R. lui-même n'a adopté une attitude unitaire qu'après l'échec de sa stratégie de lutte armée.

La Démocratie chrétienne a observé pendant vingt mois un silence complice. Cependant, depuis mai dernier, elle semble considérer que le moment est venu de voler au secours de la victoire qu'on entrevoit. Le 12 mai, à Bogota, l'ex-président Frei proclamait la nécessité d'une alliance entre « l'humanisme chrétien et l'humanisme laïc ». Quelques jours plus tard, à Santiago, il condamnait la gestion économique de la Junte.

Dès lors, plusieurs problèmes se posent

—         L'anticommunisme d'Eduardo Frei et de la majorité de son parti est une donnée certaine : l'appel à l'union des « deux humanismes » peut donc être interprété comme s'adressant à la droite de l'ex U.P. (Radicaux et une partie du P.S.). Mais il peut être aussi entendu comme une invite à une partie à la fois modérée et moderniste de l'armée, pressée par la D.C. de se débarrasser d'éléments mussoliniens comme le général Leigh, et de constituer un gouvernement militaro-technocratique. Rien ne dit que la D.C. ait complètement perdu l'espoir d'appuyer son retour aux affaires sur les militaires putschistes.

—         Il est exclu que la Junte soit remplacée par un gouvernement de type Union populaire. La gauche doit donc compter avec la D.C. Mais quel sens peut avoir une alliance tactique du type « front antifasciste », entre des partenaires qui ont montré au cours des dix dernières années l'incompatibilité de leurs stratégies ? Bien entendu, celles-ci ont pu évoluer — c'est même souhaitable —, mais la crédibilité d'une telle alliance n'est possible que si elle a un contenu stratégique public et clair. C'est ce à quoi s'oppose de fait le parti communiste chilien. C'est ce que réclament la gauche chrétienne, le M.A.P.U. et le M.I.R.

—         L'existence ou non d'un contenu stratégique à l'alliance éventuelle de l'Union populaire et de la D.C. pèsera vraisemblablement très lourd sur l'attitude de l'Eglise, encore très méfiante vis-à-vis de la gauche et organiquement très liée à la D.C. Or l'importance acquise par l'Eglise chilienne dans la vie sociale et politique de ces vingt derniers mois lui confère un pouvoir décisif dans la recherche d'une « solution de remplacement » à l'actuel gouvernement.

C'est dans ce cadre et en fonction de ce débat qu'il faut interpréter la prise de position que nous publions de Bosco Parra, secrétaire général de la Gauche chrétienne du Chili. Rappelons que la Gauche chrétienne a été formée par des militants qui ont rompu avec la Démocratie chrétienne pour participer à l'Unité populaire, et se sont ensuite séparés de leurs compagnons du M.A.P.U. qui voulaient créer un parti marxiste. Interdite par la Junte, la Gauche chrétienne est animée par des personnalités comme Jacques Chonchol, Raphael Agustin, Gumucio, Armando Uribe, Luis Badilla (pour ne citer que ceux qui se trouvent actuellement hors de leur pays).

Aureliano BUENDIA

 1. Sur proposition du gouvernement français, la Junte militaire mènera avec chacun de ses créanciers des négociations bilatérales. Ce fait n'a pas été rendu public. Il serait intéressant de savoir ce que la France fera de la part de la dette chilienne dont elle est créancière.

 Texte de Bosco Parra 

IL faut tout d'abord démentir une infamie ; malgré les défaites qu'elle a subies sur ce terrain, la Junte fasciste persévère dans son effort et continue à se présenter comme chargée d'une mission et d'un devoir « chrétiens ». Sur ce point, il est indispensable d'empêcher l'aboutissement de ses prétentions ; les dommages que le christianisme pourrait subir s'il apparaissait lié, même de loin, à la dictature, sont immenses. Les généraux doivent être privés de toutes les formes de légitimité qu'ils s'efforcent de maintenir en recourant aux diverses églises. C'est là une tâche qui n'exigera sans doute pas de très grands efforts : jusqu'à présent, la condamnation, ou tout au moins la réserve, sont loin d'être unanimes mais à l'échelle du monde, elles ont atteint des dimensions qui devraient au moins pouvoir être maintenues.

En second lieu, il s'agit de consolider et de stimuler une évolution positive. De nombreux éléments des hiérarchies ecclésiastiques, de nombreuses communautés chrétiennes en sont venues à jouer un rôle actif dans la défense des droits humains et sociaux du peuple travailleur. Il faut reconnaître qu'au départ la situation était loin d'être la meilleure possible. Les premières réactions furent extrêmement négatives ; à ce sujet, on peut rappeler la lettre envoyée par le secrétaire de la Conférence épiscopale chilienne à ses homologues du continent, et même le document présenté par les délégués chiliens au dernier synode des évêques. Dans l'un et l'autre cas, c'est une évidente nostalgie de gouvernements antisocialistes et réactionnaires qui s'exprime : des formes d'organisation sociale fondées sur une énergique répression de l'idéologie du prolétariat sont vues comme indispensables ou tout au moins préférables du point de vue de l'expansion du catholicisme et la prédication de la foi.

Cependant, on l'a maintes fois souligné, la Junte elle-même a empêché la hiérarchie ecclésiastique d'adopter l'esprit de collaboration avec le fascisme comme thème central et unanime de sa prédication ; au contraire, ses interventions ont pour objet la torture et la misère. C'est le fascisme qui, selon un paradoxe historique fréquent, vient redonner vigueur à l'une des particularités plus importantes du processus social chilien : ii se pourrait bien que la communauté chrétienne participe à la construction du socialisme dans une mesure beaucoup plus considérable qu'on ne le pense.

Mais on ne peut faire simplement confiance au cours des événements ; les chrétiens révolutionnaires continuent leur effort de rénovation théologique et de critique évangélique à la base. Il n'est pas rare que ce genre d'activité provoque des tensions entre prêtres et laïcs de base et les hiérarchies. Dans le cas du Chili, ces tensions s'inscrivent dans le cadre du rôle, souvent important, que les Eglises ont assumé en ce qui concerne la limitation des crimes de la Junte.

C'est la déclaration Gumucio-Leighton (1) qui résume la troisième tâche. Il s'agit d'affronter, tant du point de vue politique que du point de vue idéologique, tous ceux qui, se réclamant du christianisme, apportent leur collaboration au fascisme chilien, font montre de complaisance en présence de ses aberrations ou escomptent tirer de la situation présente des avantages pour leur propre organisation politique.

Cette obligation découle pour nous d'un impératif moral très profond. Nous le disons franchement : la constitution éventuelle d'un Front unique de la Résistance ne peut nous empêcher de poursuivre cette troisième tâche. Cela signifie-t-il que nous soyons fondamentalement anti démocrates chrétiens ? Pas le moins du monde. Déjà lors de notre assemblée constituante, nous insistions sur le fait qu'il était extrêmement important que la Démocratie chrétienne se maintienne fidèle à sa vocation démocratique. Cette fidélité est possible et désirable ; mais elle pose à l'intérieur de la Démocratie chrétienne un problème qui n'est toujours pas résolu. Il ne faut pas oublier l'importance de cet enjeu pour le continent latino-américain tout entier. Ce qui se passe au Chili a de profondes répercussions en dehors du Chili. C'est à l'intérieur de la Démocratie chrétienne que doit être menée la lutte contre la collaboration avec le fascisme ; mais aucun chrétien ne peut s'en désintéresser.

Cet effort mené en direction de la Démocratie chrétienne doit être complété par un effort en direction des forces de gauche. Il s'agit d'imposer que l'alliance entre chrétiens et marxistes ne soit pas seulement tactique mais réellement stratégique. Quand nous parlons de stratégie, nous voulons signifier que, au Chili, la lutte contre le fascisme deviendra nécessairement socialiste. C'est en fonction de cet aboutissement socialiste que nous réclamons pour les chrétiens révolutionnaires une participation militante et de direction. A ce propos, nous nous trouvons actuellement en présence d'une question spécifique : de quelle manière pourra-t-on unir la plus grande quantité de forces politiques ? Certains pensent que c'est en faisant un rassemblement très large mais sur des objectifs limités à l'étape actuelle, étape par définition provisoire. D'autres pensent que c'est en appelant d'ores et déjà à la construction du socialisme, qui ne manquera pas de succéder, ou même de se conjuguer, au processus de libération démocratique.

Pour notre part, nous estimons que, en pratique, un appel à parcourir ensemble toutes les étapes du processus révolutionnaire permet d'accumuler plus de forces. Autrement dit, nous pensons que seuls ceux qui sont disposés à partager nos objectifs ultimes seront aussi prêts à nous accompagner dans les premiers moments de la lutte. Il s'agit de créer l'accord politique qui permette la constitution et le fonctionnement d'un centre politique unifié capable de conduire le peuple chilien vers son destin socialiste : tous les Chiliens, aussi bien progressistes que réactionnaires, sont parfaitement conscients que ce destin est devenu inévitable et qu'une fois le fascisme renversé, son accomplissement ne fera que s'accélérer. Ils sont nombreux les Chiliens qui ne s'incorporeront jamais à un front antifasciste parce que, au fond, ils préfèrent le statu quo ; mais ils sont encore plus nombreux ceux qui refusent de s'incorporer à un front antifasciste, parce qu'ils se méfient (et nous estimons que leur méfiance est justifiée) d'alliances qui seraient transitoires, secondaires et même frauduleuses dans la mesure où elles tairaient les points les plus importants du débat politique.

Soyons clairs : personne n'a envie de brûler les étapes. Nous savons que la réalité sociale objective impose des rythmes différents et des variations qualitatives importantes. Mais, en ce qui concerne le Chili, si l'on veut que le processus se remette en marche, il est indispensable d'avoir, à l'avance, un projet global et cohérent qui pourra servir de référence au moment où se réouvriront les perspectives populaires. Nous pensons que, dans les milieux chrétiens, au sein même de la Démocratie chrétienne, il y a des forces politiques importantes et lucides, capables d'apporter une contribution considérable à la construction du socialisme chilien ; ils ne le feront que s'ils peuvent être assurés d'avoir une responsabilité réelle dans la direction d'une gauche rénovée et plus nombreuse. Tout cela n'est évidemment pas facile. Nous avons appelé à la formation d'un front des chrétiens d'avant-garde. Cette instance n'a pas encore d'existence réellement organique ou officielle ; mais sa visée est de mieux en mieux comprise. Nous maintenons cette initiative.

Stimuler la mobilisation des masses, voilà la cinquième tâche des chrétiens révolutionnaires ; ce qui vient d'être dit favorise leur relation avec les différentes composantes de la population ; les chrétiens révolutionnaires peuvent à présent intervenir dans des secteurs de plus en plus larges ; ces facilités doivent être utilisées les efforts de la base sociale doivent être structurés, regroupés et concentrés ; les organisations existantes doivent être réanimées il faut aussi en créer de nouvelles. En ce qui concerne les milieux prolétaires et « marginaux », il s'agit d'assurer le fonctionnement clandestin, semi-légal ou légal, des organisations ouvrières ou des pobladores. Pour ce qui est de la petite-bourgeoisie et des intellectuels, la situation est différente la résistance à la Junte est devenue majoritaire ; mais les organisations sont insuffisantes, ou elles sont entre les mains de provocateurs ou de collaborateurs. Des organisations spécifiquement orientées vers la défense de la culture et des droits économiques et sociaux devront être créées. Dans l'étape préparatoire, sur la base des arguments fournis par le christianisme progressiste, le débat idéologique doit être ouvert et développé. Cette agitation conduira à l'affleurement de plus en plus significatif de crises de conscience, et les refus d'obéissance à la Junte fasciste se multiplieront.

Enfin, il est indispensable que les chrétiens révolutionnaires resserrent toujours davantage leur alliance avec le peuple Mapuche : traditionnellement, les forces politiques chiliennes l'ont largement laissé dans l'oubli. Maintenant c'est l'ensemble des Chiliens qui ont pu expérimenter dans leur propre chair ce que les militaires réactionnaires voulaient dire lorsqu'ils parlaient de « pacification du pays ». Les conditions sont donc plus favorables pour que la société chilienne tout entière se décide à payer la dette historique qu'elle a contractée auprès de la « nation » mapuche qui, tout au long de son histoire, et particulièrement à la fin du siècle dernier, fut « pacifiée » dans le feu et le sang ; il n'y a pas de politique de masse si la spécificité du problème mapuche est oubliée.

En résumé : un travail politique, idéologique et de masse qui démasque la tyrannie du fascisme, démontre la légitimité de l'insurrection qui le renversera et assure son aboutissement socialiste et libertaire voilà dans quelles directions travaillent les chrétiens révolutionnaires au Chili.

Bosco PARRA. avril 1975.

1. Rafael Gumucio, ancien fondateur et président de la Démocratie chrétienne, a quitté ce 

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